Ruy Blas (page 5)
Je n’ai passé là-bas que des instants fort courts.
Voilà trois jours que j’ai quitté Madrid.
La Reine, à part.
Voilà trois jours que j’ai quitté Madrid.Trois jours !
Elle fixe un regard plein de trouble sur Ruy Blas.
Ruy Blas, à part.
C’est la femme d’un autre ! ô jalousie affreuse !
― Et de qui ! ― Dans mon cœur un abîme se creuse.
Don Guritan, s’approchant de Ruy Blas.
Vous êtes écuyer de la reine ? Un seul mot.
Vous connaissez quel est votre service ? Il faut
Vous tenir cette nuit dans la chambre prochaine,
Afin d’ouvrir au roi, s’il venait chez la reine.
Ruy Blas, tressaillant.
À part.
Ouvrir au roi ! moi !
Haut.
Ouvrir au roi ! moi !Mais… il est absent.
Don Guritan
Ouvrir au roi ! Moi ! Mais… il est absent.Le roi
Peut-il pas arriver à l’improviste ?
Ruy Blas, à part.
Peut-il pas arriver à l’improviste ?Quoi !
Don Guritan, à part, observant Ruy Blas.
Qu’a-t-il ?
La Reine, qui a tout entendu et dont le regard est resté fixé sur Ruy Blas.
Qu’a-t-il ?Comme il pâlit !
Ruy Blas chancelant s’appuie sur le bras d’un fauteuil.
Casilda, à la reine.
Qu’a-t-il ?Comme il pâlit !Madame, ce jeune homme
Se trouve mal…
Ruy Blas, se soutenant à peine.
Se trouve mal…Moi, non ! mais c’est singulier comme
Le grand air… le soleil… la longueur du chemin…
À part.
― Ouvrir au roi !
Il tombe épuisé sur un fauteuil. Son manteau se dérange et laisse voir sa main gauche enveloppée de linges ensanglantés.
Casilda.
― Ouvrir au roi !Grand Dieu, madame ! à cette main
Il est blessé !
La Reine.
Il est blessé !Blessé !
Casilda.
Il est blessé ! Blessé !Mais il perd connaissance.
Mais vite, faisons-lui respirer quelque essence !
La Reine, fouillant dans sa gorgerette.
Un flacon que j’ai là contient une liqueur…
En ce moment son regard tombe sur la manchette que Ruy Blas porte au bras droit.
À part.
C’est la même dentelle !
Au même instant elle a tiré le flacon de sa poitrine, et, dans son trouble, elle a pris en même temps le morceau de dentelle qui y était caché. Ruy Blas, qui ne la quitte pas des yeux, voit cette dentelle sortir du sein de la reine.
Ruy Blas, éperdu.
C’est la même dentelle !Oh !
Le regard de la reine et le regard de Ruy Blas se rencontrent. Un silence.
La Reine, à part.
C’est la même dentelle !Oh !C’est lui !
Ruy Blas, à part.
C’est la même dentelle ! Oh ! C’est lui !Sur son cœur !
La Reine, à part.
C’est lui !
Ruy Blas, à part.
C’est lui !Faites, mon Dieu, qu’en ce moment je meure !
Dans le désordre de toutes les femmes s’empressant autour de Ruy Blas, ce qui se passe entre la reine et lui n’est remarqué de personne.
Casilda, faisant respirer le flacon à Ruy Blas.
Comment vous êtes-vous blessé ? c’est tout à l’heure ?
Non ? cela s’est rouvert en route ? Aussi pourquoi
Vous charger d’apporter le message du roi ?
La Reine, à Casilda.
Vous finirez bientôt vos questions, j’espère.
La Duchesse, à Casilda.
Qu’est-ce que cela fait à la reine, ma chère ?
La Reine.
Puisqu’il avait écrit la lettre, il pouvait bien
L’apporter, n’est-ce pas ?
Casilda.
L’apporter, n’est-ce pas ?Mais il n’a dit en rien
Qu’il eût écrit la lettre.
La Reine, à part.
Qu’il eût écrit la lettre.Oh !
À Casilda.
Qu’il eût écrit la lettre. Oh !Tais-toi !
Casilda, à Ruy Blas.
Qu’il eût écrit la lettre. Oh ! Tais-toi ! Votre grâce
Se trouve-t-elle mieux ?
Ruy Blas.
Se trouve-t-elle mieux ?Je renais !
La Reine, à ses femmes.
Se trouve-t-elle mieux ? Je renais !L’heure passe,
Rentrons. — Qu’en son logis le comte soit conduit.
Aux pages au fond du théâtre.
Vous savez que le roi ne vient pas cette nuit ?
Il passe la saison tout entière à la chasse.
Elle rentre avec sa suite dans ses appartements.
Casilda, la regardant sortir.
La reine a dans l’esprit quelque chose.
Elle sort par la même porte que la reine en emportant la petite cassette aux reliques.
Ruy Blas, resté seul.
Il semble écouter encore quelque temps avec une joie profonde les dernières paroles de la reine. Il paraît comme en proie à un rêve. Le morceau de dentelle, que la reine a laissé tomber dans son trouble, est resté à terre sur le tapis. Il le ramasse, le regarde avec amour, et le couvre de baisers. Puis il lève les yeux au ciel.
La reine a dans l’esprit quelque chose.Ô Dieu ! grâce !
Ne me rendez pas fou !
Regardant le morceau de dentelle.
Ne me rendez pas fou !C’était bien sur son cœur !
Il le cache dans sa poitrine. — Entre don Guritan. Il revient par la porte de la chambre où il a suivi la reine. Il marche à pas lents vers Ruy Blas. Arrivé près de lui sans dire un mot, il tire à demi son épée, et la mesure du regard avec celle de Ruy Blas. Elles sont inégales. Il remet son épée dans le fourreau. Ruy Blas le regarde avec étonnement.
Scène QUATRIÈME.
RUY BLAS, DON GURITAN.
Don Guritan, repoussant son épée dans le fourreau.
J’en apporterai deux de pareille longueur.
Ruy Blas.
Monsieur, que signifie ?…
Don Guritan, avec gravité.
Monsieur, que signifie ?…En mille six cent cinquante,
J’étais très-amoureux. J’habitais Alicante.
Un jeune homme, bien fait, beau comme les amours,
Regardait de fort près ma maîtresse, et toujours
Passait sous son balcon, devant la cathédrale,
Plus fier qu’un capitan sur la barque amirale.
Il avait nom Vasquez, seigneur, quoique bâtard.
Je le tuai. —
Ruy Blas veut l’interrompre, don Guritan l’arrête du geste, et continue.
Je le tuai. —Vers l’an soixante-six, plus tard,
Gil, comte d’Iscola, cavalier magnifique,
Envoya chez ma belle, appelée Angélique,
Avec un billet doux, qu’elle me présenta,
Un esclave nommé Grifel de Viserta.
Je fis tuer l’esclave et je tuai le maître.
Ruy Blas.
Monsieur !…
Don Guritan, poursuivant.
Monsieur !…Plus tard, vers l’an quatre-vingt, je crus être
Trompé par ma beauté, fille aux tendres façons,
Pour Tirso Gamonal, un de ces beaux garçons
Dont le visage altier et charmant s’accommode
D’un panache éclatant. C’est l’époque où la mode
Était qu’on fît ferrer ses mules en or fin.
Je tuai don Tirso Gamonal.
Ruy Blas.
Je tuai don Tirso Gamonal.Mais enfin
Que veut dire cela, monsieur ?
Don Guritan.
Que veut dire cela, monsieur ?Cela veut dire,
Comte, qu’il sort de l’eau du puits quand on en tire ;
Que le soleil se lève à quatre heures demain ;
Qu’il est un lieu désert et loin de tout chemin,
Commode aux gens de cœur, derrière la chapelle ;
Qu’on vous nomme, je crois, César, et qu’on m’appelle
Don Gaspar Guritan Tassis y Guevarra,
Comte d’Onate.
Ruy Blas, froidement.
Comte d’Onate.Bien, monsieur. On y sera.
Depuis quelques instants, Casilda, curieuse, est entrée à pas de loup par la petite porte du fond, et a écouté les dernières paroles des deux interlocuteurs sans être vue d’eux.
Casilda, à part.
Un duel ! avertissons la reine.
Elle rentre et disparaît par la petite porte.
Don Guritan, toujours imperturbable.
Un duel ! avertissons la reine.En vos études,
S’il vous plaît de connaître un peu mes habitudes,
Pour votre instruction, monsieur, je vous dirai
Que je n’ai jamais eu qu’un goût fort modéré
Pour ces godelureaux, grands friseurs de moustache,
Beaux damerets sur qui l’œil des femmes s’attache,
Qui sont tantôt plaintifs et tantôt radieux,
Et qui, dans les maisons, faisant force clins d’yeux
Prenant sur les fauteuils d’adorables tournures,
Viennent s’évanouir pour des égratignures.
Ruy Blas.
Mais — je ne comprends pas.
Don Guritan.
Mais — je ne comprends pas.Vous comprenez fort bien.
Nous sommes tous les deux épris du même bien.
L’un de nous est de trop dans ce palais. En somme,
Vous êtes écuyer, moi je suis majordome.
Droits pareils. Au surplus, je suis mal partagé,
La partie entre nous n’est pas égale : j’ai
Le droit du plus ancien, vous le droit du plus jeune.
Donc vous me faites peur. À la table où je jeûne
Voir un jeune affamé s’asseoir avec des dents
Effrayantes, un air vainqueur, des yeux ardents,
Cela me trouble fort. Quant à lutter ensemble
Sur le terrain d’amour, beau champ qui toujours tremble,
De fadaises, mon cher, je sais mal faire assaut,
J’ai la goutte ; et d’ailleurs ne suis point assez sot
Pour disputer le cœur d’aucune Pénélope
Contre un jeune gaillard si prompt à la syncope.
C’est pourquoi, vous trouvant fort beau, fort caressant,
Fort gracieux, fort tendre et fort intéressant,
Il faut que je vous tue.
Ruy Blas.
Il faut que je vous tue.Eh bien, essayez.
Don Guritan.
Il faut que je vous tue. Eh bien, essayez.Comte
De Garofa, demain, à l’heure où le jour monte,
À l’endroit indiqué, sans témoin, ni valet,
Nous nous égorgerons galamment, s’il vous plaît,
Avec épée et dague, en dignes gentilshommes,
Comme il sied quand on est des maisons dont nous sommes.
Il tend la main à Ruy Blas, qui la lui prend.
Pas un mot de ceci, n’est-ce pas ? —
Le comte fait un signe d’adhésion.
Pas un mot de ceci, n’est-ce pas ? — À demain.
Ruy Blas sort.
Don Guritan, resté seul.
Non, je n’ai pas du tout senti trembler sa main.
Être sûr de mourir et faire de la sorte,
C’est d’un brave jeune homme !
Bruit d’une clef à la petite porte de la chambre de la reine. Don Guritan se retourne.
C’est d’un brave jeune homme !On ouvre cette porte ?
La reine paraît et marche vivement vers don Guritan, surpris et charmé de la voir. Elle tient entre ses mains la petite cassette.
Scène CINQUIÈME.
DON GURITAN, LA REINE.
La Reine, avec un sourire.
C’est vous que je cherchais !
Don Guritan, ravi.
C’est vous que je cherchais !Qui me vaut ce bonheur ?
La Reine, posant la cassette sur le guéridon.
Oh ! Dieu, rien, ou du moins peu de chose, seigneur.
Elle rit.
Tout à l’heure on disait, parmi d’autres paroles, —
Casilda, — vous savez que les femmes sont folles, —
Casilda soutenait que vous feriez pour moi
Tout ce que je voudrais.
Don Guritan.
Tout ce que je voudrais.Elle a raison !
La Reine, riant.
Tout ce que je voudrais. Elle a raison !Ma foi,
J’ai soutenu que non.
Don Guritan.
J’ai soutenu que non.Vous avez tort, madame !
La Reine.
Elle a dit que pour moi vous donneriez votre âme,
Votre sang…
Don Guritan.
Votre sang…Casilda parlait fort bien ainsi.
La Reine.
Et moi, j’ai dit que non.
Don Guritan.
Et moi, j’ai dit que non.Et moi, je dis que si !
Pour votre majesté, je suis prêt à tout faire.
La Reine.
Tout ?
Don Guritan.
Tout ?Tout !
La Reine.
Tout ?Tout !Eh bien, voyons, jurez que pour me plaire
Vous ferez à l’instant ce que je vous dirai.
Don Guritan.
Par le saint roi Gaspar, mon patron vénéré,
Je le jure ! ordonnez. J’obéis, ou je meure !
La Reine, prenant la cassette.
Bien. Vous allez partir de Madrid tout à l’heure
Pour porter cette boîte en bois de calambour
À mon père, monsieur l’électeur de Neubourg.
Don Guritan, à part.
Je suis pris !
Haut.
Je suis pris !À Neubourg ?
La Reine.
Je suis pris !À Neubourg ?À Neubourg !
Don Guritan.
Je suis pris !À Neubourg ?À Neubourg !Six cents lieues !
La Reine.
Cinq cent cinquante. —
Elle montre la housse de soie qui enveloppe la cassette.
Cinq cent cinquante. —Ayez grand soin des franges bleues !
Cela peut se faner en route.
Don Guritan.
Cela peut se faner en route.Et quand partir ?
La Reine.
Sur-le-champ.
Don Guritan.
Sur-le-champ.Ah ! demain !
La Reine.
Sur-le-champ.Ah ! demain !Je n’y puis consentir.
Don Guritan, à part.
Je suis pris !
Haut.
Je suis pris !Mais…
La Reine.
Je suis pris !Mais…Partez !
Don Guritan.
Je suis pris !Mais… Partez !Quoi ?…
La Reine.
Je suis pris !Mais… Partez !Quoi ?…J’ai votre parole.
Don Guritan.
Une affaire…
La Reine.
Une affaire…Impossible.
Don Guritan.
Une affaire… Impossible.Un objet si frivole…
La Reine.
Vite !
Don Guritan.
Vite !Un seul jour !
La Reine.
Vite !Un seul jour !Néant.
Don Guritan.
Vite !Un seul jour !Néant.Car…
La Reine.
Vite !Un seul jour !Néant.Car…Faites à mon gré.
Don Guritan.
Je…
La Reine.
Je…Non.
Don Guritan.
Je… Non.Mais…
La Reine.
Je… Non.Mais…Partez !
Don Guritan.
Je… Non.Mais… Partez ! Si…
La Reine.
Je… Non.Mais… Partez ! Si… Je vous embrasserai !
Elle lui saute au cou et l’embrasse.
Don Guritan, fâché et charmé.
Haut.
Je ne résiste plus. J’obéirai, madame.
À part.
Dieu s’est fait homme ; soit. Le diable s’est fait femme !
La Reine, montrant la fenêtre.
Une voiture en bas est là qui vous attend.
Don Guritan.
Elle avait tout prévu !
Il écrit sur un papier quelques mots à la hâte et agite une sonnette. Un page paraît.
Elle avait tout prévu ! Page, porte à l’instant
Au seigneur don César de Bazan cette lettre.
À part.
Ce duel, à mon retour il faut bien le remettre.
Je reviendrai !
Haut.
Je reviendrai !Je vais contenter de ce pas
Votre majesté.
La Reine.
Votre majesté.Bien.
Il prend la cassette, baise la main de la reine, salue profondément et sort. Un moment après on entend le roulement d’une voiture qui s’éloigne.
La Reine, tombant sur un fauteuil.
Votre majesté. Bien.Il ne le tuera pas !
fin du deuxième acte.
ACTE TROISIÈME.
RUY BLAS.
PERSONNAGES
RUY BLAS.
LA REINE.
DON SALLUSTE.
DON MANUEL ARIAS.
LE COMTE DE CAMPOREAL.
LE MARQUIS DE PRIEGO.
COVADENGA.
ANTONIO UBILLA.
MONTAZGO.
UN HUISSIER DE COUR.
UN PAGE.
CONSEILLERS PRIVÉS.
La salle dite salle de gouvernement, dans le palais du roi à Madrid.
Au fond, une grande porte élevée au-dessus de quelques marches. Dans l’angle, à gauche, un pan coupé fermé par une tapisserie de haute lice. Dans l’angle opposé, une fenêtre. À droite, une table carrée, revêtue d’un tapis de velours vert, autour de laquelle sont rangés des tabourets pour huit ou dix personnes correspondant à autant de pupitres placés sur la table. Le côté de la table qui fait face au spectateur est occupé par un grand fauteuil recouvert de drap d’or et surmonté d’un dais en drap d’or, aux armes d’Espagne, timbrées de la couronne royale. À côté de ce fauteuil une chaise.
Au moment où le rideau se lève, la junte du Despacho Universal (conseil privé du roi) est au moment de prendre séance.
Scène PREMIÈRE.
DON MANUEL ARIAS, président de Castille. DON PEDRO VELEZ DE GUEVARRA, COMTE DE CAMPOREAL, conseiller de cape et d’épée de la contaduria-mayor. DON FERNANDO DE CORDOVA Y AGUILAR, MARQUIS DE PRIEGO, même qualité. ANTONIO UBILLA, écrivain-mayor des rentes. MONTAZGO, conseiller de robe de la chambre des Indes. COVADENGA, secrétaire suprême des îles. Plusieurs autres conseillers. Les conseillers de robe vêtus de noir. Les autres en habit de cour. Camporeal a la croix de Calatrava au manteau. Priego la toison d’or au cou.
Don Manuel Arias, président de Castille, et le comte de Camporeal causent à voix basse, et entre eux, sur le devant du théâtre, les autres conseillers font des groupes çà et là dans la salle.
Don Manuel Arias.
Cette fortune-là cache quelque mystère.
Le Comte De Camporeal.
Il a la toison d’or. Le voilà secrétaire
Universel, ministre, et puis duc d’Olmedo !
Don Manuel Arias.
En six mois !
Le Comte de Camporeal.
En six mois !On le sert derrière le rideau.
Don Manuel Arias, mystérieusement.
La reine !
Le Comte de Camporeal.
La reine !Au fait, le roi, malade et fou dans l’âme,
Vit avec le tombeau de sa première femme.
Il abdique, enfermé dans son Escurial,
Et la reine fait tout !
Don Manuel Arias.
Et la reine fait tout ! Mon cher Camporeal,
Elle règne sur nous, et don César sur elle.
Le Comte de Camporeal.
Il vit d’une façon qui n’est pas naturelle.
D’abord, quant à la reine, il ne la voit jamais.
Ils paraissent se fuir. Vous me direz non, mais
Comme depuis six mois je les guette, et pour cause,
J’en suis sûr. Puis il a le caprice morose
D’habiter, assez près de l’hôtel de Tormez,
Un logis aveuglé par des volets fermés,
Avec deux laquais noirs, gardeurs de portes closes,
Qui, s’ils n’étaient muets, diraient beaucoup de choses.
Don Manuel Arias
Des muets ?
Le Comte de Camporeal.
Des muets ?Des muets. — Tous ses autres valets
Restent au logement qu’il a dans le palais.
Don Manuel Arias.
C’est singulier.
Don Antonio Ubilla, qui s’est approché d’eux depuis quelques instants.
C’est singulier.Il est de grande race, en somme.