La Guerre des Juifs (page 9)

Flavius Josèphe · Histoire

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — historiens/Flajose · 18 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

2. [590] Il aspirait déjà au commandement et à de plus hautes destinées, mais le manque d'argent l'arrêtait. Comme Josèphe prenait plaisir à son caractère entreprenant, Jean le persuada d'abord de lui confier la reconstruction des murs de sa ville natale, affaire où il réalisa de gros bénéfices aux dépens des riches citoyens[291].

Ensuite il imagina une comédie raffinée : sous prétexte que tous les Juifs de Syrie répugnaient à faire usage de l'huile qui ne leur était pas fournie par leurs coreligionnaires, il obtint le privilège de leur en livrer à la frontière. Il achetait donc quatre amphores d'huile pour un statère tyrien, qui vaut quatre drachmes attiques, et revendait la demi-amphore pour la même somme. Comme la Galilée produit beaucoup d'huile et que la récolte avait été excellente, Jean, ayant le monopole d'en vendre de grandes quantités à des populations qui en manquaient, fit des profits immenses et il en usa aussitôt contre celui qui les lui avait procurés[292].

Comptant que, s'il réussissait à écarter Josèphe, il obtiendrait lui-même le gouvernement de la Galilée, il ordonna aux brigands de sa bande de renchérir d'audace dans leurs incursions ; à la faveur de l'anarchie ainsi produite dans la contrée, il espérait de deux choses l'un : ou le gouverneur accourrait à la rescousse - alors il le tuerait bien dans quelque embuscade ; ou il laisserait faire les brigands - alors il calomnierait Josèphe auprès de ses concitoyens. Enfin, il faisait répandre depuis longtemps le bruit que Josèphe trahissait la cause nationale en faveur des Romains : bref, il multipliait les machinations de tout genre pour le perdre.

3[293].

[595] Sur ces entrefaites, quelques jeunes gens du bourg de Dabarittha[294], qui faisaient partie des postes établis dans la grande plaine, tendirent une embuscade à Ptolémée[295], intendant d'Agrippa et de Bérénice : ils lui enlevèrent tout le convoi qu'il menait avec lui et qui comprenait beaucoup de riches vêtements, quantités de coupes d'argent et 600 statères d'or. Comme ils ne pouvaient disposer en secret d'un pareil butin ils portèrent le tout à Josèphe, alors à Tarichées. Celui-ci blâma l'acte de violence commis envers les gens du roi et déposa tous ces objets chez Annéos[296], le citoyen le plus considérable de Tarichées, dans l'intention de les renvoyer à leurs légitimes propriétaires quand l'occasion se présenterait. Cette conduite lui attira les plus grands dangers. Les pillards, mécontents de n'avoir obtenu aucune part du butin, et devinant la pensée de Josèphe, qui allait livrer aux princes le fruit de leur exploit, parcoururent nuitamment leurs villages et dénoncèrent à tous Josèphe comme traître ; ils remplirent aussi de tumulte les villes voisines, en sorte qu'à l'aurore cent mille hommes en armes s'attroupèrent contre lui. La multitude assemblée dans l'hippodrome de Tarichées poussait des cris de fureur : les uns voulaient lapider, les autres brûler vif le traître ; Jean excitait la populace[297], et avec lui Jésus, fils de Sapphias, alors premier magistrat de Tibériade. Les amis et les gardes de Josèphe, déconcertés par cet assaut de la multitude, s'enfuirent tous à l'exception de quatre[298] ;

Josèphe, qui était encore couché, fut réveillé au moment où déjà l'on approchait les torches. Ses quatre fidèles le pressaient de fuir[299] ; mais lui, sans se laisser émouvoir par l'abandon général ni par le nombre des assaillants, se précipita dehors ; après avoir déchiré ses vêtements et répandu des cendres sur sa tête, il croisa ses mains derrière son dos et se fit attacher son épée à son cou. A cette vue, ses familiers et surtout les habitants de Tarichées furent saisis de pitié, mais les gens de la campagne et ceux du voisinage que gênait sa présence l'invectivaient, le sommaient de leur apporter incontinent l’argent du public et de confesser le prix de sa trahison : car ils jugeaient d'après sa contenance qu'il ne nierait aucun des crimes dont on le soupçonnait et qu'il n'avait organisé tout cet appareil de pitié que pour s'assurer le pardon. Tout au contraire, cette humble attitude n'était de sa part qu'un stratagème : s'ingéniant à diviser ceux qui se déchaînaient contre lui, il demanda la parole comme s'il allait avouer tous les crimes qui les échauffaient tant[300], et, quand il l'eut obtenue : « Ces trésors, dit-il, ma pensée n'était ni de les envoyer à Agrippa, ni de me les approprier moi-même; loin de moi d'avoir pour ami celui qui est votre adversaire, ou de regarder comme un gain ce qui préjudicie à l'intérêt commun. Mais comme je voyais, citoyens de Tarichées, que votre ville avait grand besoin d'être mise en état de défense et qu'elle manquait d'argent pour la construction de ses remparts, comme d'ailleurs je craignais que le peuple de Tibériade et les autres cités ne cherchassent à mettre la main sur ce butin, j'avais décidé de garder en cachette cet argent pour m'en servir à reconstruire votre muraille. Si vous n'êtes pas de cet avis, je vais faire apporter devant vous les trésors qu'on m'a confiés et les abandonner au pillage de tous ; si, au contraire, vous jugez que mon projet était bon, ne punissez pas votre bienfaiteur[301] ».

4. [608] A ces mots les habitants de Tarichées l'acclamèrent, mais ceux de Tibériade et le reste l'accablèrent d'injures et de menaces. Puis les uns et les autres, laissant Josèphe, se prirent de querelle entre eux. Dès lors, confiant dans ceux qu'il s'était déjà conciliés - le nombre des citoyens de Tarichées allait jusqu'à quarante mille, - il s'adressa plus hardiment à toute la multitude. Il critiqua vivement leur précipitation, promit de fortifier Tarichées avec l'argent disponible, et cependant de mettre aussi en état de défense les autres villes l'argent ne manquera pas, s'ils combattent, d'accord avec lui, ceux de qui l'on peut en tirer, au lieu de se laisser exciter contre celui qui le procure.

5. [610] Là-dessus, la majeure partie de la foule trompée s'éloigna, quoique grondant encore, mais deux mille[302] hommes armés se disposèrent à attaquer Josèphe. Il réussit à les prévenir et à se sauver dans son logis, qu'ils entourèrent avec des menaces. Alors Josèphe employa contre eux une nouvelle ruse. Il monta sur le toit, calma de la main leur tumulte et demanda à savoir l'objet de leurs réclamations. La confusion de leurs clameurs, dit-il, l'empêche de les entendre ; il fera tout ce qu'ils voudront s'ils envoient dans la maison une délégation pour s'entretenir tranquillement avec lui. En entendant ces paroles, les notables entrèrent dans la maison avec les magistrats[303]. Là il les entraîna dans la partie la plus reculée de son logis, ferma la porte d'entrée et les fit tous fouetter de verges jusqu'à mettre à nu leurs entrailles. Pendant ce temps, la foule restait massée autour de l'habitation trouvant que les délégués plaidaient bien longuement leur cause. Tout à coup Josèphe fit ouvrir les battants de la porte, et l'on vit revenir ces hommes tout sanglants, spectacle qui inspira une telle terreur à la foule menaçante qu'elle jeta ses armes et se débanda.

6[304].

[614] Ces événements redoublèrent la haine de Jean, et il prépara contre Josèphe un nouveau guet-apens. Prétextant une maladie, il écrivit à Josèphe pour le supplier de l'autoriser à prendre les eaux chaudes de Tibériade. Josèphe, ne soupçonnant pas la perfidie, manda à ses lieutenants dans cette ville de donner à Jean l'hospitalité et de pourvoir à ses besoins. Celui-ci, après avoir joui de ces bous traitements pendant deux jours, exécuta son dessein : il corrompit les citoyens par des mensonges ou de l'argent et chercha à les détacher de Josèphe. Silas, que Josèphe avait préposé à la garde de la ville, informé de ces menées, s'empressa d'écrire à son chef tout le détail du complot. Josèphe, dès qu'il eut reçu la lettre[305], se mit en route, et, après une rapide marche de nuit, arriva dès l'aurore à Tibériade. La masse des citoyens vint à sa rencontre : quant à Jean, bien que l'arrivée inopinée de Josèphe lui inspirât quelque inquiétude, il lui envoya un de ses familiers, se prétendant malade, alité et empêché ainsi de lui rendre ses devoirs[306].

Puis. pendant que Josèphe assemblait dans le stade les habitants de Tibériade et commençait à discourir au sujet des nouvelles qu'il avait reçues, Jean envoya secrètement des soldats avec l'ordre de le tuer. Mais le peuple, en les voyant dégainer leurs épées, poussa une clameur ; à ces cris, Josèphe se retourne : il voit le fer menacer déjà sa gorge, saute sur le rivage - car il était monté, pour haranguer le peuple, sur un tertre haut de six coudées - et, s'élançant avec deux de ses gardes[307]

sur une barque mouillée tout proche, il gagne le milieu du lac.

7. [620] Cependant ses soldats, saisissant rapidement leurs armes, coururent contre les conjurés. Alors Josèphe, craignant de soulever une guerre civile et de perdre la ville par la faute de quelques envieux, envoya dire à ses hommes de se borner à veiller à leur propre sûreté, de ne tuer personne, de ne rechercher aucun coupable[308].

Ils se conformèrent à ses ordres et se tinrent en repos, mais les habitants des alentours, ayant appris le guet-apens et le nom du conspirateur, s'ameutèrent contre Jean, qui se hâta de regagner Gischala, sa patrie. Les Galiléens accoururent se ranger auprès de Josèphe, ville par ville ; de nombreux milliers de soldats, armés de toutes pièces, protestaient qu'ils étaient là pour punir Jean, l'ennemi public ; qu'ils brûleraient avec lui sa ville natale qui lui avait donné asile. Josèphe les remercia de leur sympathie, mais contint leur élan, préférant vaincre ses ennemis par la raison plutôt que de les tuer. Il se contenta donc de faire dresser la liste nominative des Juifs des diverses villes qui avaient suivi Jean dans sa défection - leurs concitoyens mirent le plus grand zèle à les lui dénoncer - puis fit proclamer par le héraut que tous ceux qui dans les cinq jours[309]

n'auraient pas quitté Jean verraient piller leurs biens et brûler leurs maisons avec leurs familles. Par ce moyen il obtint aussitôt la défection de trois mille[310]

hommes qui vinrent jeter leurs armes à ses pieds ; avec le reste, environ deux mille Tyriens[311]

fugitifs, Jean, renonçant aux hostilités ouvertes, revint à des complots plus dissimulés[312].

Il envoya donc secrètement[313]

des émissaires à Jérusalem pour dénoncer Josèphe, alléguant les grandes forces que celui-ci avait réunies, et prétendant qu’il ne tarderait pas à venir s'établir tyran de la capitale, si on ne le prévenant. Le peuple, qui prévoyait ces calomnies, n'y attacha pas d'importance ; il en fut autrement des principaux citoyens et de quelques magistrats : animés par l'envie, ils envoyèrent sous main à Jean les sommes nécessaires pour lever des mercenaires et faire la guerre à Josèphe. Ils décrétèrent aussi entre eux de le révoquer de ses fonctions de gouverneur. Cependant, comme ils ne pensaient pas qu'un décret suffirait, ils envoyèrent deux mille cinq cents hommes armés[314]

avec quatre personnages de marque : Jozar[315]

fils de Nomicos, Ananias fils de Sadoc, Simon et Judas, fils de Jonathas[316], tous beaux parleurs ; ils étaient chargés de détourner de Josèphe la faveur du peuple ; si le gouverneur se présentait spontanément, ils avaient ordre de lui laisser rendre ses comptes ; s’il voulait se maintenir de force, de le traiter comme un ennemi public. Les amis de Josèphe lui mandèrent que des troupes marchaient vers la Galilée, mais ils ne purent lui en indiquer les motifs, car ses adversaires avaient délibéré à huis clos. Aussi, comme il n’avait pu se mettre sur ses gardes, quatre villes firent cause commune avec ses ennemis, dés qu’ils apparurent :

Sepphoris, Gabara [317a] , Gischala et Tibériade. Cependant, même ces villes[317], il les ramena promptement, sans recourir aux armes ; puis, par ses habiles manœuvres, il mit la main sur les quatre commissaires et sur leurs principaux soldats et les renvoya à Jérusalem. Le peuple s’irrita fortement contre eux, et les aurait massacrés, eux et leurs mandants. s'ils ne s'étaient hâtés de prendre la fuite.

8[318].

[632] Jean, dans sa crainte de Josèphe, se tint désormais enfermé dans l'enceinte des murs de Gischala. Peu de jours après, Tibériade fit de nouveau défection. Cette fois, ce fut le roi Agrippa que les habitants appelaient. Il ne se présenta pas à la date convenue, mais ce jour là précisément un petit détachement de cavaliers romains se montra ; sur quoi les bourgeois bannirent Josèphe par la voix du héraut. La nouvelle de cette défection parvint aussitôt à Josèphe dans Tarichées ; comme il venait d'envoyez tous ses soldats pour fourrager[319], il ne voulut ni partir seul contre les révoltés, ni rester les bras croisés, de peur que les gens du roi, profitant de son retard, n'occupassent la ville ; car même le lendemain il ne pouvait agir, à cause de l’obstacle u sabbat. Il imagina donc de venir à bout des révoltés par la ruse. A cet effet, ayant fait fermez. les portes de Tarichées pour empêcher que son projet ne s'éventât, il rassembla toutes les embarcations qu'on découvrit sur le lac - il s'en trouva deux cent trente[320], chacune montée par quatre matelots seulement - et fila avec cette escadre vers Tibériade. Restant assez loin de la ville pour que les habitants eussent peine à reconnaître le vide des bâtiments, il laissa ceux-ci flotter au large et, seul avec sept gardes de corps armés [320a], il s’avança à la vue de tous. En l’apercevant du haut des remparts, d'où ils l'insultaient encore, ses adversaires furent saisis d'effroi et s’imaginèrent que toutes les barques étaient remplies de soldats bien armés : ils jetèrent leurs armes et, agitant des rameaux de suppliants, le conjurèrent d'épargner la ville.

9. [638] Josèphe leur lança force menaces et reproches : « pourquoi, ayant d'abord soulevé la guerre contre Rome, consumaient-ils leur énergie en luttes intestines ? n’était-ce pas combler les vœux de leurs ennemis ? quelle folie ensuite de s'acharner à détruire l’agent de leur sécurité ! quelle imprudence de fermer leur cité à celui qui en a élevé les murs ! » Cependant il se déclare prêt à recevoir des députés qui présenteront leur défense et lui garantiront l'obéissance de la ville. Aussitôt, dix citoyens, les plus qualifiés de Tibériade, descendirent : il les emmena assez loin sur un des bâtiments, puis il invita cinquante autres membres du Conseil, les plus notables, à s'avancer pour lui donner, eux aussi, leur parole. De prétexte en prétexte, il se fit amener tous les notables les uns après les autres, censément pour conclure un accord. Au fur et à mesure que les barques se remplissaient, il ordonna aux pilotes de voguer à toute vitesse vers Tarichées et d’enfermer ces hommes dans la prison. Il s’empara ainsi de tout le Conseil, qui comprenait six cents membres, et de deux mille autres citoyens, qu’il ramena à Tarichées sur ses barques.

10. [642] Ceux qui restaient sur le rivage désignaient à grands cris un certain Clitos comme le principal auteur de la défection et exhortaient le gouverneur à faire peser sur lui sa colère. Josèphe, bien résolu à ne tuer personne, ordonna à un de ses gardes nommé Lévi de descendre à terre pour couper à Clitos les deux mains. Le soldat, craignant de tomber seul au milieu d’une troupe d'ennemis, refusa de marcher. Alors Clitos, qui voyait Josèphe bouillant de colère sur sa barque et tout prêt à s'élancer lui-même pour le châtier, le supplia du rivage de lui laisser une de ses mains. Le gouverneur accepta, à condition qu'il se coupât l'autre lui-même : Clitos, tirant son glaive de la main droite, se coupa la gauche, tant Josèphe l'avait terrifié. Tel fut le procédé par lequel, avec des barques vides et sept gardes, il enchaîna tout un peuple et ramena Tibériade sous son autorité. Mais peu de jours après, la ville ayant de nouveau fait défection en même temps que Sepphoris[321], il la livra au pillage de ses soldats. Cependant il réunit en bloc tous les biens des citoyens et les leur restitua. Il procéda de même à Sepphoris : après avoir dompté cette ville, il voulut lui donner, par le pillage, une leçon, puis en lui rendant ses biens, reconquérir son affection[322].

XXII

1. Préparatifs de guerre à Jérusalem. – 2. – Excès de Simon Bargioras en Acrabatène et en Idumée.

1. [647] Ainsi s'apaisèrent les troubles de Galilée : la guerre civile terminée, on s'y occupa de préparer la lutte contre les Romains. A Jérusalem, le grand pontife Anan et tous ceux des puissants qui ne penchaient pas pour Rome mirent en état les murs et beaucoup de machines de guerre. Dans toute la ville on forgeait des traits et les armures complètes ; les jeunes gens se livraient à des exercices réglés[323] ; tout était plein de tumulte. Une affreuse consternation avait saisi les modérés, beaucoup se lamentaient, prévoyant les désastres futurs. Il y eut des prodiges de funeste augure pour ceux qui aimaient la paix ; ceux, il est vrai, qui avaient allumé la guerre les tournaient à leur gré. Bref, l'aspect de la ville, avant même l'attaque des Romains, était celui de l'agonie. Cependant Anan songeait à ralentir un peu les préparatifs guerriers et à ramener au bien commun les factieux et l'égarement de ceux qu'on appelait les zélateurs ; mais il succomba à la violence, et nous montrerons dans la suite quelle fut sa fin.

2. [652] Dans la toparchie de l’Acrabatène, Simon, fils de Gioras, rassemblant un grand corps de révolutionnaires, se livra à des déprédations. Non content de piller les maisons des riches, il maltraitait encore leurs personnes et annonçait de longue main qu’il aspirait à la tyrannie. Lorsque Anan et les magistrats se décidèrent à envoyer contre lui une armée, il s'enfuit avec sa bande chez les brigands de Masada ; il resta là jusqu'à la mort d'Anan et de ses autres adversaires, et, en attendant, dévasta tellement l'Idumée que les magistrats de cette province, exaspérés par le grand nombre des meurtres et les pillages incessants, finirent par lever une armée et mettre garnison dans les villages. Tel était alors l'état de l’Idumée.

livre

I livre III

[1] Chapitre I Ant. jud., XVII, 8, 4 (§ 200) - 9, 3 (§ 218). Les événements racontés dans ce chapitre se placent au mois d'avril 4 av. J.-C. La Paque tomba cette année le 11 avril.

[2] Ces grands banquets funèbres appartiennent au judaïsme post-biblique : on a voulu cependant en trouver l'origine dans quelques textes prophétiques (Jérémie, XVI, 7 ; Ezéchiel, XXIV, 17; Osée, IX, 4). Cf. aussi II Sam., 3, 35.

[3] τὰ τέλη. Il s'agissait surtout, comme le montre Ant., 205, des droits perçus pour les ventes et marchés.

[4] Judas et Matthias. Voir livre I, XXXIII, 2.

[5] Joazar, de la famille de Boéthos (Ant.. XVII, 164).

[5a] Nous lisons avec la première main de Laurentianus μετ' αὔτὸν (et non μετ' αὐτοῦ). Cf. Ant. 212.

[6] Chapitre II Ant., XVII, 9, 3 (§ 219) - 7 (§ 249).

[6a] Ant., XVII, 219, il est appelé Πτόλλας (d'autres mss. ont πολλοὺς).

[7] Plus exactement procurator Cæsaris (Καίσαρος ἐπίτροπος τῶν ἐν Συρίᾳ πραγμάτων. Ant., XVII, 221), c'est-à-dire procurateur du fisc impérial dans cette province.

[8] Varus ne se rendit pas directement à Antioche, mais passa d'abord par Jérusalem pour y laisser une légion (infra. Liv. II, III, 1).

[9] Voir Liv. I, XXXII, 7

[10] πολλοὶ τῶν συγγενῶν. On pourrait être tenté de prendre le terme ici et quelques lignes plus bas (et dans Nicolas fr. 5) au sens hiérarchique (hauts dignitaires), et non au sens littéral ; mais cf. infra, II, VI, 1, où le sens de parents est clair.

[11] τὴν μητέρα καὶ τὸν ἀδελφὸν. Bien que le texte soit amphibologique, il s’agit probablement, comme l'ont pensé la plupart des interprètes, non de la mère de Nicolas, mais de la mère d'Antipas, la Samaritaine Malthacé, qui était aussi celle d'Archélaüs (cf. Liv. I, XXVIII, 4).

[12]

30 mai, 4 av. J.-C.

[13] L'emplacement exact de l’hippodrome est inconnu. Schick (Der Tempel in Jerusalem, p. 199) le place au-dessous de l'angle S-O. du parvis du Temple. Le passage correspondant de Ant., XVII, 255 parait altéré. D'après ce texte, le premier camp juif aurait été établi depuis le mur Nord du Temple jusqu'au mur Sud, sur le flanc Est de l'enceinte sacrée (?).

[14] D'après Ant., XVII, 264, Sabinus trouva 400 talents, non compris les sommes volées par la soldatesque.

[15] On a remarqué (Hœlscber. Quellen des Josephus, p. 31) que la mention des Sébasténiens (c'est-à-dire des colons de Samarie-Sébasté), qui se trouve ici et ailleurs, manque dans les passages correspondants des Antiquités.

[16] Ces exhortations s'adressaient seulement à ceux des Juifs qui avaient passé au parti des Romains (Ant., XVII, 267).

[17] Chapitre IV Ant., XVII, 10, 4 (§ 269) - 8 (§ 283).

[18] Cf. liv. I, X, 5

[18a] τοῖς τὴν δυναστείαν ζηλοῦσιν, expression obscure, sens douteux.

[19] Cf. Tacite, Hist., V, 9 : Post mortem Herodis, nihil expectato Caesare, Simo quidam regium nomen inuaserat (Après la mort d'Hérode, et sans attendre les ordres de César, un certain Simon avait usurpé le nom de roi).

[20] Les mss. ont βηθαραμινεσθα, βηθαραμαθου; dans Ant. 277 on lit Ἀμμαθόις ( = Ἀραμάθοις) . Il s'agit de la localité appelée jadis Beth-haram (Josué. XIII, 27 ; Nombres, XXXII, 36), ensuite Beth-Ramtha (Talmud de Jérusalem, Scheblith, 38d) et qui, reconstruite par Hérode Antipas, prit le nom de Julias ou Livias (Ant., XVIII, 27 : βηθαραμφθᾶ). Cf. Schürer, II2, p. 167.

[21] On voit bien quel fut le sort de quatre frères, mais il y en avait cinq (cf. 3 plus haut). On peut se demander si Josèphe ne s'est pas mépris sur le langage de sa source et si, au lieu de quatre frères, Athrongéos n'en avait pas trois seulement ; l'aîné dont il est ici question serait alors le prétendant lui-même.

[22] Chapitre V = Ant., XVII, 10,9 (§ 286) - 11,1 (§ 299).

[23] Un régiment (ala) de cavalerie (composé d'auxiliaires) comptait ordinairement 500, plus rarement 1.000 chevaux. Il ne faudrait pas conclure du texte de Josèphe que chaque légion était toujours accompagnée de deux alæ ; il ne faut pas non plus confondre cette cavalerie indépendante avec les escadrons (turmæ) légionnaires proprement dits (liv. III, VI, 2) qui ne comptaient que 120 chevaux.

[23a] Il faut corriger d'après cela les texte des Ant. § 288, τῷ υἱῷ παραδοὺς (quelques manuscritsd insèrent ici καὶ) ἑνὶ τῶν αὐτοῦ φιλων

[24] Emplacement exact inconnu.

[25] Σαπφώ dans le Bellum, Σαμφώ dans la plupart des mss. des Ant., § 290. Site inconnu

[26] Cf. supra, IV, 3. Il s'agit de la ville nommée plus tard Nicopolis, au S.-E. de Lydda, et non, comme on l'a prétendu, de l'insignifiante bourgade à 61 stades de Jérusalem (Luc, XXIV, 13). Varus a longé la montagne du N. au S. avant de pénétrer au cœur de la Judée.

[27] Fils du frère d'Hérode tué à Jéricho (cf. liv. I, XVII, 1).

[28] La « guerre de Varus », mentionnée (C. Apion, I, § 35), paraît avoir laissé un souvenir dans la tradition rabbinique sous le nom de polemos shel Asveros (lire Varos ?) : cette guerre, d'après Seder Olam, in fine, aurait précédé de 80 ans celle de Vespasien.

[29] Chapitre VI = Ant., XVII, 11 (§ 299-323). Voir aussi Nicolas fr. 5 (FHG. III,354). Il y a un souvenir de l'ambassade juive contre Archélaüs dans une parabole de l'Évangile de Luc, XIX, 19 suiv.

[30] Josèphe ne mentionne pas l'ambassade des cités grecques, venues pour réclamer leur liberté (Nicolas, 5, 24). Nicolas donna le conseil à Archélaüs de ne pas combattre leur demande.

[31] Il s'agit du second retour, sous Esdras, que Josèphe, on se le rappelle, place au temps de Xerxès (Ant., XI, 5).

[32] Les mss. ont Ζήνωνος, mais cf. supra, I, 398 et Ant. XVII, 134. Le reste du territoire de Zénodore forma la principauté d'Abila dont le tétrarque Lysanias (II) est mentionné dans plusieurs textes (Luc, III, 1; CIG. 4521 etc.). Cf. Schürer, I, 719.

[33] Les mss. ont τὰ περὶ ιννανω (ou ιναν), la traduction latine innam vicum. La leçon ἴαμνιαν (mss. V. C) est une conjecture sans valeur. Iamnia fut donnée à Salomé (plus bas) et l'on ne saurait songer à une autre Iamnia dans la Haute-Galilée (Vita, c. 37 ; Bell. II, 573). La conjecture Πανίαδα (Graetz, Schürer) s'appuie sur Ant. XVII, 139 (testament d'Hérode), et c'est probablement le district de Panias que l'évangile de Luc (III, 1) a en vue quand il mentionne l'Iturée parmi les possessions de Philippe. Ailleurs Josèphe ajoute à la liste de ses provinces la Gaulanitide (Ant., XVII, 189).

[34]

600 talents d'après Ant., 320.

[35] Sans doute Roxane et Salomé.

[36] 1.500 talents d'après Ant., 323. Mais le chiffre de Guerre paraît préférable. Hérode n'avait couché Auguste dans son testament que pour 1,000 talents (liv. I, XXXII, 7), et en avait légué 500 aux enfants et amis de l'empereur.

[37] Ainsi Auguste ratifia dans ses grandes lignes le dernier testament d'Hérode (liv. I, XXXIII, 8 et Ant., XVII, 81) ; le principal changement concernait le titre royal d'Archélaüs.

[38] Chapitre VII. Sections 1 et 2 = Ant., XVII, 12 (§ 324-238). Sections 3 et 4 = Ant., XVII, 13 (§ 339-354).

[39] C'est le nom grec de Pouzzoles.

[40] Entendez les gens de Mélos qui avaient accompagné l'imposteur en Italie. Le texte parallèle des Ant., § 331 précise ce détail.

[41] Voir liv. I, XXIII, 3.

[42] C'était un affranchi d'Auguste (Ant., 332; Suétone, Aug., 67)

[43] Ce récit diffère notablement de celui des Ant., 332 suiv. Là Célados se laisse duper, et c'est Auguste lui-même qui décèle la fourberie et arrache à l'imposteur la dénonciation de son complice. Josèphe avait-il d'abord mal compris Nicolas, ou le texte est-il altéré ?

[44] Il semble que l'ouvrage de Nicolas s'arrête ici. A partir de cette date jusqu'aux faits immédiatement antérieurs à la révolte de 66, le récit de Josèphe, en ce qui touche les affaires juives, est sec et succinct.

[45] Chez les Allobroges, dit Strabon, XVI, 2, 46. - Plus tard on montrait pourtant sa tombe près de Bethléem (Jérôme, Onomast., p. 101, éd. Lagarde).

[46] On ne s'étonnera pas trop de voir un prince juif consulter les Chaldéens puisque en plein IVe siècle Raba et Abaï en faisaient autant (Berakot,

56 a).

[47] Dans le récit parallèle des Antiquités (§ 342-348) Archélaüs est déposé la 10e année de son règne (6 après J.-C.) et non la 9e et le nombre des épis est modifié en conséquence. La date des Antiquités est confirmée par Dion Cassius, LV, 27. (La Vita § 5 mentionne aussi l'an 10 d'Archélaüs). Le songe d'Archélaüs, mauvais pastiche de l'histoire de Joseph, paraît être une aggada essénienne, comme il y en a plusieurs dans Josèphe. Il a dû les recueillir pendant son séjour chez Banous.

[48] Voir liv. I, XXIII, 1 ; XXIV, 2 ; XXV, 1 et 5 ; XXVI, 5. Après le supplice d'Alexandre, Hérode avait renvoyé à Archélaüs Glaphyra et sa dot (hiver 7-6 av. J.-C.), mais en gardant les enfants issus du mariage.

[49] Juba II, roi (?) de Numidie en 29 av. J.-C., échangea ce royaume en 25 av. J.-C. pour la Maurétanie. Il avait épousé en premières noces Cléopâtre Séléné, fille d'Antoine et de la grande Cléopâtre. On a prétendu que ce mariage durait encore en 5 ap. J.-C. à cause d'une monnaie de Juba de l'année régnale 31, où Müller (Numism. de l'ancienne Afrique, n° 88) croyait distinguer la tête de Cléopâtre ; mais c'est en réalité le buste du jeune Ptolémée fils de Juba Mommsen (Eph. epig., I, 277 ; Dieudonné, Rev. numism., 1908, p. 361, n° 79).

[50] C'est une erreur. Juba II, comme le prouvent le langage de Strabon et les dates de ses monnaies (jusqu'à l'an 48), n'est mort qu'en 23 ap. J.-C. (cf. Cagnat, Bull. du Comité des mon. hist. 1889, 388). Glaphyra a donc été probablement répudiée (Müller, FHG. III, 466). On a rattaché son mariage avec Juba et son divorce à l'expédition d'Arabie, préparée par Caius César, à laquelle ce roi aurait pris part (?)

[51] Inconnue d'ailleurs.

[52] Le lévirat ou mariage d'un frère avec la veuve de son frère est interdit par le Lévitique, XVIII, 16 ; XX, 21. Cette interdiction ne s'appliquait, d'ailleurs, qu’au cas où le défunt avait laissé des fils : or, Glaphyra en avait eu deux d'Alexandre. (Dans le cas contraire, le mariage était au contraire obligatoire d'après Deut., XXV, 5 suiv. Et il était regardé comme tel encore à l'époque de Josèphe : Marc, XII, 19, etc.). Dans Ant., 341, Josèphe insiste sur le fait que Glaphyra avait des enfants. Le mariage avec Juba ne compte pas au point de vue juif.

[53] Section 1 = Ant., XVIII. 1, 1 ,§ 2-10). Année 6-7 ap. J.-C.

[54] τοὺς ἐπιχωρίους. Il faut entendre par là non les Galiléens - puisque la Galilée faisait partie du territoire d'Antipas - mais les Juifs, seuls soumis à l'impôt par suite de l'annexion de l'ethnarchie d'Archélaüs. - On a voulu parfois identifier notre Judas avec Judas fils d'Ezéchias qui saccagea en 4 av. J.-C. l'arsenal de Sepphoris (supra, IV, 1) ; « sicherlich identisch » dit Schürer, I, 486. Mais cette identité, contestée par Purves (Hastings, Dict. of the Bible, s. v.), est fort peu vraisemblable. Judas fils d'Ezéchias est un brigand, fils de brigand ; Judas « le Galiléen » (il était en réalité, d'après Ant., XVIII, § 4, originaire de Gamala en Gaulanitide, district du territoire de Philippe) est plutôt un docteur fanatique, σοφιστής, le fondateur de la « secte » des zélotes ou qannaïm. Il est à remarquer qu'aucun des fils de Judas le Galiléen ne s'appelait Ezéchias (leurs noms sont donnés Guerre, II, XVII, 8 ; Ant., XX, 102), ce qui eût été le cas s'il s'agissait de Judas fils d'Ezéchias. - L'issue de la révolte de Judas nous est racontée par Luc, Actes des apôtres, 5, 37 : il fut tué ( ἀπώλετο) et tous ses partisans dispersés (διεσκορπίσθησαν) .

[55] Appréciation excessive, corrigée Ant., XVIII, § 23 suiv. où l'on voit que la secte fondée par Judas s'accordait sur tous les points de doctrine avec les pharisiens et ne s'en distinguait que par un zèle ardent pour l'indépendance nationale identifiée avec la théocratie.

[56] Sections 2-14 (tableau des sectes) = Ant., XVIII, 1, 2-5 (§ 11-22) où l'auteur renvoie expressément à son développement plus étendu ἐν τῇ δευτέρᾳ βίβλῳ τοῦ Ιουδαικοῦ πολέμου. Les renseignements donnés ici sont de première main (Josèphe avait fait un stage dans les trois « sectes » (Vita c. 2), mais ont été quelque peu arrangés pour être plus intelligibles au public gréco-romain. -L'exposé de Josèphe sur les Esséniens est reproduit textuellement par Eusèbe (Hist. eccl., I, 5 ; Praep. evang., IX, 3), en substance par Porphyre, De abstinentia, IV, 11 suiv.).

[57] On est tenté de croire que Josèphe établit un lien entre la sévère discipline des Esséniens (ὃ δὴ καὶ δοκεῖ σεμνότητα ἀσκεῖν) et leur nom. Peut-être le dérivait-il (comme la plupart des modernes) de l'araméen hasaya « les dévots », Cf. Philon, II, 632 Mangey = καλοῦνται Ἐσσαῖοι παρὰ τὴν ὁσιότητα (Schürer croit que Philon dérive le nom des Esséniens du grec ὅσιος ; c'est peu vraisemblable).

[58] Sur la prohibition du mariage par les Esséniens cf. aussi Philon, Il, 633 Mangey ; Pline l'ancien, V, 17 « gens aeterna, in qua nemo nascitur ».

[59] Philon, II, 458 et 632-3 Mangey, confirme et précise le communisme des Esséniens. Ils n'avaient pas non plus d'esclaves (Ant., XVIII,21).

[60] αὐχμεῖν doit être pris ici dans le ce sens et non pas dans le sens dérivé "être sale" : on verra plus loin section 5, quel fréquent usage les Esséniens faisaient des ablutions.

[61] Comme les prêtres juifs. Beaucoup de coutumes esséniennes s'expliquent par l'idée d'un sacerdoce général.

[61a] Les manuscrits ont ἀδιαίτεροι πρὸς ἁπάντων εἰς τὰς χρείας ἕκαστοι, ce qui signifierait : indistinctement chargés des services pour tous. Nous traduisons la conjecture de Bekker αἰρετοί.

[62] Il ne faudrait pas conclure de là que les Esséniens « adoraient » le soleil, mais qu'ils le considéraient comme le représentant, l'émanation de la splendeur divin : c'est cette conception (peu juive) qui explique aussi l'usage rapporté plus loin en VIII, 9.

[63] D'après Ant., XVIII, 22, ce boulanger et ce cuisinier auraient qualité de prêtres : ἱερεῖς ἐπὶ ποιήσει σίτου τε καὶ βρωμάτων. C'est à tort que saint Jérôme (Adv. Jovinian, II, 14) attribue aux Esséniens l'abstention du vin et de la viande : le contraire résulte de ce qui est dit en dessous.

[64] Schürer suppose qu'il s'agit de robes de lin (comme les ceintures citées plus haut).

[65] Hérode lui-même s'était incliné devant la répugnance des Esséniens pour le serment ; cf. Ant., XV. 371. Mais cette règle subissait une exception lors de l'entrée dans la confrérie.

[65a] Ceci est en contradiction avec le § 138, où il est dit qu'au bout d'un an il se rapproche davantage de la δίαιτα de la secte. Josèphe s'est mal exprimé : la δίαιτα du § 137 ne représente sans doute que le régime amimentaire et l'obligation du travail.

[66] On verra plus loin la destination de cette hachette.

[67] τὰς συμβιώσεις. Ce pluriel ne permet pas de traduire, comme on le fait d'ordinaire, « la vie en commun ».

[68] τοῖς κρατοῦσιν, non pas les préposés de la secte, mais les autorités constituées en général. Cf. Ant., XV. 374, où l'Essénien Manahem dit à Hérode : tu règneras, car Dieu t'en a jugé digne.

[69] On ne voit pas bien ce que le brigandage (ou, selon Lucius, les menées révolutionnaires) vient faire ici. Il ne peuL davantage être question du vol des livres sacrés (Kohout).

[70] On peut conjecturer d'après cela que l'angélologie si développée du judaïsme rabbinique est en partie d'origine essénienne.

[71] D'où l'on doit conclure que la préparation des mets décrits plus haut était soumise a des prescriptions rituelles encore plus sévères que celles de la nourriture kascher ordinaire.

[72] Moise.

[73] Même prohibition dans le Talmud de Jérusalem (Berachoth, III, 5), mais seulement pendant la prière. Cette superstition doit avoir une origine lointaine.

[74] Le soleil, est-il dit au contraire dans le Testament des XII Patriarches (Benjamin, c. 8), n'est pas souillé par l'ordure, mais la purifie (Schürer, II4, 667).

[75] Josèphe n'a pas l'air de se douter que tout ce cérémonial (y compris la hachette) n'est que la reproduction des préceptes du Deutéronome, XXXV, 13-15. Seule l'ablution filiale n'a pas de parallèle dans ce texte.

[76] Ces quatre classes seraient, selon Schürer, les enfants (supra, § 120), les deux degrés de noviciat et les adeptes proprement dits. Cela est fort douteux.

[77] On a souvent contesté la véracité de ce tableau des croyances esséniennes. Zeller et d'autres, qui l'admettent, reconnaissent dans cette doctrine un reflet du dualisme des Pythagoriciens et peut-être des Perses.

[78] Josèphe lui-même cite trois exemples de prédictions esséniennes réalisées : Judas (Guerre, I, III, 5), Simon (II, VII, 3), Manahem (Ant., XV, 372 suiv.).

[78a] δοκιμάζοντες μέντοι τριετίᾳ τὰς φαμετὰς, ἐπειδὰν τρὶς καθαρθῶσιν εἰς πεῖραν τοῦ δύνασθαι τίκτειν, οὕτως ἄγονται Texte sûrement corropu. Il faut corriger ou τριετίᾳ en τριμήνῳ ou τρὶς en ἀεί, constanti pugnatione, dit la vieille traduction latine.)

[79] Philon ne connaît pas cette variété d’Esséniens.

[80] Entendez : la Providence (Josèphe parle ad usum gentilium).

[81] Manière très inexacte de traduire la doctrine de la résurrection des corps.

[82] Section 1 = Ant., XVIII, § 27-28; 31-33; 36.

[83] 4/5 ap. J.-C.

[84] D'après Ant., XVIII, 31, Salomé mourut sous le procurateur Ambivius (10-13 ap. J. C.). Aux localités léguées par elle à Livie ce texte ajoute la ville d'Archélaïs.

[85] On ne comprend pas ce chiffre (qui est également donné Ant., XVIII, 32). En comptant, de la mort de César (15 mars 44 av.) jusqu'à celle d'Auguste (19 août 14 ap. J.-C.), on obtient 57 ans, 5 mois et 4 jours. En comptant de l'ouverture du testament de César (17 mars), comme le propose Gardthausen (Augstus und seine Ziet, II, 856), le nombre des jours devient exact, mais celui des mois reste toujours faux. Peut-être le texte copié par Josèphe donnait-il les nombres en chiffres, et le chiffre E (5) aura été lu F (6).

[86] La Julias de Gaulanitide, l'ancienne Bethsaïda (à l'E. du Jourdain et du lac) a reçu non nom, d'après Ant., XVIII, 28, en l'honneur de Julie, fille d'Auguste (exilée 2 av. J.-C.), Schürer en conclut que sa fondation est antérieure à cette date. La Julias de Perée portait le nom de l'impératrice Livie (Ant., XVIII, 27), devenue Julia par l'adoption testamentaire d'Auguste ; cette ville est plus ordinairement appelée Livias, nom qu'elle a dû recevoir à sa fondation.

[87] Sections 2 et 3 = Ant., XVIII. § 35 ; 55-59. Le gouvernement de Pilate se place de 26 à 36 ap. J.-C.

[88] Expression impropre. Ant., XVIII, 55, dit plus exactement : les bustes de César, plantés sur les enseignes.

[89] Section 4 = Ant., XVIII, § 60-62.

[90] Ce passage est avec Matthieu. XXVII, 6, le seul texte où le Trésor du Temple soit désigné sous le nom de Κορβονᾶς (du mot korban = tabou, consacré).

[91] 200 stades d'après Ant., § 60 (300 d'après Eusèbe, H. E. II, 6). On a voulu concilier ces données en prétendant que la Guerre a en vue tout l'aqueduc restauré par Pilate (depuis le Ouadi Aroub), tandis que les Ant. ne visent que la partie inférieure, depuis les « étangs de Salomon ». Cf. Schürer. I4, 490.

[92] Section 5 = Ant., XVIII, § 161-223, récit très détaillé, mais où il n'est pas question d'une accusation portée par Agrippa contre Antipas. Le voyage et l'incarcération d'Agrippa se placent en 36 ap. J.-C.

[93] Son cocher Eutychos (Ant., 179 suiv.). Le propos, d'après Ant., 168, fut tenu non pas à souper, mais en voiture.

[94] D'après Ant., § 224 : 22 ans, 5 mois et 3 jours (mais la traduction latine donne 6 mois). Les deux indications, provenant évidemment de la même source (ici encore le chiffre F est devenu E), sont d’ailleurs inexactes : Tibère a commencé à régner le 19 août 14 (mort d'Auguste) et est mort le 16 mars 37 (le 26 selon Dion), donc il a régné 22 ans, 6 mois et 22 jours.

[95] Section 6 = Ant., XVIII, § 237 ; 240-256.

[96] Agrippa devint roi peu après mars 37. Philippe était mort en 34 ; pendant trois ans ses Etats furent rattachés au territoire provincial.

[97] An 38-9 ap. J.-C.

[98] Les mss. ont tous Σπανίαν Ἰσπανίαν. D'après Ant., § 252, Hérode fut exilé à Lyon en Gaule (ce qui ne nous autorise pas à corriger Σπανίαν en Γαλλίαν avec Niese). On a voulu concilier ces données contradictoires en supposant qu'il s'agit de Lugdunum Convenarum (Comminges) dans les Pyrénées !

[99] D'après Ant., 247 suiv., Agrippa ne vint pas lui-même, mais envoya son affranchi Fortunatus.

[100] Sections 1 à 5 = Ant., XVIII, § 261-309. Il est à remarquer que le récit de Guerre omet toute mention de l'intervention d'Agrippa dans l'affaire des statues, Josèphe n'aura connu ce détail que plus tard.

[101] Deux seulement d'après Ant., 262 (et Philon, Legat. ad Caium, 30).

[102] Automne 40 ap. J.-C. Mais la chronologie exacte est incertaine, Philon place les évènements de Ptolémaïs au moment de la moisson (été 40). Schürer, I3, 506, note, fait durer toute l'affaire 18 mois.

[103] Bélus chez Pline, XXXVI, 190 et Tacite, Hist., V, 7. Aujourd'hui Nahr Naaman. L'emplacement hyalogène aurait d'après Pline 500 pas (de longueur ?). - Toute cette digression sur Ptolémaïs et ses curiosités manque dans les Antiquités.

[104] Un colosse égyptien ?

[105] Josèphe réunit ici en un seul épisode ce qui dans les Antiquités, fait l'objet de deux scènes, l'une à Ptolémaïs (§ 263 suiv.), l'autre à Tibériade (§ 270 suiv.).

[106] Quarante selon Ant. § 272.

[107] Détail omis dans Antiquités.

[108] Ce délai n'est pas indiqué dans Antiquités - Caligula fut assassiné le 24 janvier 41.

[109] Sections 1 à 5 = Ant., XIX, 201-277. A la différence du chapitre précédent, ici c’est le récit de Guerre qui semble exagérer le rôle d'Agrippa dans l'avènement de Claude.

[110] Même chiffre dans Ant., XIX,

201. En réalité 3 ans et 10 mois (18 mars 37 à 24 janvier 41). La traduction latine à 6 mois.

[111] Quatre d'après Ant., XIX. 188. Il s'agit des cohortes urbaines.

[112] Texte corrompu.

[112a] Nous traduisons ὁμόσαντας : plusieurs mss. ont ὁμονοήσαντα c'est-à-dire quorum consensu in imperium esset ascitus

[113] C'est-à-dire l'Abilène et divers cantons du Liban (Ant., XIX, 275).

[114] Cet Hérode reçut en effet le titre de roi et le rang prétorien (Dion, LX, 8). Bérénice était sa seconde femme ; en premières noces il avait épouse Mariamme, fille de Joseph II (neveu d'Hérode le Grand) et d’Olympias, fille d'Hérode le Grand (Ant., XVIII, 134).

[115] Sur le flanc nord de la ville, qu'elle enveloppait d'un vaste circuit.

[116] Au commencement de l'an 44. - En réalité, si Agrippa n'acheva pas la muraille projetée, c'est qu'il en fut empêché par Marsus, gouverneur de Syrie (Ant., XIX, 327).

[117] Plus exactement il avait possédé 4 ans (37-40) les tétrarchies de Philippe et de Lysanias, un an celle d'Hérode (cf. Ant.,

XIX. 351).

[118] Fille de Phasaël, neveu d'Hérode le Grand (Ant., XVIII, 131) et de Salampsio, fille d'Hérode et de la première Mariamme.

[119] Il avait 17 ans (Ant. XIX, 354).

[120] Environ 44-45 ap. J. C

[121] Environ 46-48.

[122] En 48 (Ant., XX, 104).

[123] Elle portait le nom de sa mère, une princesse d'Emèse, fille de Sampsigeramos (Ant., XVIII, 135).

[124] Tigrane et Alexandre II. Tigrane fut fait roi d'Arménie par Auguste en 11 ap. J.-C., mais bientôt déposé. En 60 ap. J.-C., un fils d'Alexandre II, également nommé Tigrane, reçut la même dignité.

[125] Section 1 Ant., XX, 104.

[126]

49 ap. J.-C.

[127] Ventidius Cumanus (Tac., XII, 54), 48-52 ap. J.-C.

[128] Remarquer ce présent qui parait indiquer que Josèphe copie une source antérieure à la ruine du Temple. Eusèbe (Chron., II, 152, Schœne) a suivi le récit de Guerre.

[129] Cf. Horace, Serm. I, 9, 69 : hodie tricesima sabbata: vin’ tu Curtis Iudaeis oppedere? (Note de R. Harmand).

[130] D’après Ant., 110, ils se concentrèrent à la tour Antonia.

[131] 20.000 selon Ant., XX, 112 (l'un et l'autre chiffre semblent excessifs).

[132] Section 2 Ant., XX, 113-117.

[133] Béthoron, à 5 lieues de Jérusalem (cent stades selon Ant., 113), dans un défilé que traverse la route de Joppé.

[134] Ant., 113, en fait des insurgés.

[135] Il semble qu'il manque ici un mot correspondant aux notables des Ant., 114.

[136] Ce dernier trait manque dans le récit des Antiquités.

[137] Sections 3 à 7 = Ant., XX, 118-136. Ces évènements sont aussi racontés par Tacite, Ann., XII, 54, mais de façon assez différente.

[138] Γιναῆς dans Ant., XX, 1190 (aujourd'hui Djenin ?)

[139] « Sur les confins de Samarie et de la Grande plaine » (Ant., 118).

[140] C'est-à-dire un Juif habitant la Galilée. - D'après les Antiquités, il y eut rixe et plusieurs pèlerins furent tués.

[141] Ant., 119, dit formellement qu'il avait été acheté par les Samaritains.

[142] Ce dernier nom est omis dans Ant., 121.

[143] Au S.-E. de Sichem.

[144] Et 4 cohortes (Ant., 122).

[145] A Samarie, d'après Ant., 129. La leçon de Guerre paraît préférable.

[146] Cinq (dont le chef) d'après Ant., 130.

[147] Ant., 131, l’appelle le « stratège Ananos », c'est-à-dire capitaine du Temple. Ce texte omet Jonathas.

[148] Le récit des Antiquités ne précise pas le nom de la fête. D'après la Guerre, il faudrait donc admettre que ces troubles ont duré une année entière (Pâque 51 à Pâque 52 ?)

[149] Section 8 = Ant., XX, 137-138; 148-150.

[150] Antonins Félix (Tacite, Hist., V, 9), 52-60 ap. J.-C. D'après Tacite (Ann., XII, 54), il aurait déjà été procurateur de Samarie à l'époque où Cumanus l'était de Galilée. Cf. Schürer, I4, 570.

[151] On ne sait pas au juste ce qu'il faut entendre par là. Ailleurs (Bell., II, 481 et Vita, c. 11) Josèphe mentionne un certain Varus, ministre d'Agrippa, descendant de Sohémos, tétrarque du Liban. Sohémos avait obtenu en 38 le pays des Ituréens (Dion. LIX, 12) ; à sa mort (49) ce territoire fut incorporé à la province de Syrie (Tac.. XII, 23). On suppose que son fils (?) Varus en garda une partie, qui fut, en 53, donnée à Agrippa. Ce Varus serait identique au ministre d'Agrippa ou le père de ce ministre (Kohout).

[152] Mêmes chiffres dans Ant., 148. Claude a régné du 24 janvier 41 au 13 octobre 54 : le calcul est donc ici tout à fait exact.

[153] Section 2 = Ant., XX. 158-161.

[154] Ant., 159, ne nomme pas Abila, qui n'est pas la ville du Liban, ni celle de la Décapole (Tell Abil), mais probablement une petite ville voisine du Jourdain, non loin de Jéricho, au territoire planté de palmiers (Ant., IV, 176 ; Bell., IV, 438). Contra, Schürer, II4, 163. Julias est, bien entendu, la ville de Pérée mentionnée supra, IX, 1 (Livias).

[155] Plus exactement : il confirma (supra, XIII, 8).

[156] Eléazar, fils de Dinæos, supra. XII, 4.

[157] Section 3 Ant., XX, 163-166; 186-187. Dans le récit des Antiquités le meurtre de Jonathas est attribué aux machinations de Félix.

[158] Du latin sica, poignard recourbé comme le sabre perse, selon Ant., XX, 186. Mais le mot sicarius signifiait depuis longtemps assassin (cf. la Lex Cornelia de sicariis, sous Sylla). Le mot a souvent dans la Mishna ce sens général.

[159] Section 4 = Ant., XX, 167-168.

[160] Il est fait allusion à ces faux prophètes, qui veulent montrer Dieu dans le désert, dans Matthieu, XXIV,

26 (ce qui précise la date de cet évangile).

[161] Section 5 Ant., XX, 169-172.

[162] Ce chiffre manque dans Ant. D'après les Actes des apôtres, XXI, 38, l'Egyptien n'avait que 4,000 sectaires. Comme Paul, à la Pentecôte 58, fut pris pour cet aventurier, l'affaire se place peu avant cette date.

[163] Section 6 Ant., XX, 172 (abrégé).

[164] Section 7 Ant., XX, 173-178.

[165] Ant., 173, donne un argument tout différent : lorsque la ville s'appelait Tour de Straton, elle ne renfermait pas un habitant juif.

[166] Il s'agit, bien entendu, des troupes auxiliaires, qui formaient alors seules la garnison normale de la Judée : ala des Sébasténiens, cohortes de Césaréens et de Sébasténiens, etc. Cf. Schürer, I4, 461.

[167] Les Antiquités ne parlent pas de cette députation ordonnée par Félix. L'affaire se place en 59-60. Cf. Schürer, I4, 578.

[168] Section 1 Ant., XX, 185-188 (Festus) ; 204-207, 215 (Albinus).

[169] Porcius Festus (60-62 ?) mourut dans l'exercice de ses fonctions. Son successeur Lucceius Albinus était déjà en Palestine à la tête des Tabernacles de l'an 62. Le jugement porté sur Albinus dans les Antiquités (notamment § 204) est plus favorable que dans la Guerre : il ne délivre que les petits délinquants, et seulement à la nouvelle de son remplacement par Florus.

[170] Section 2 Ant., XX, 252-257. (Ici cesse le récit parallèle des Antiquités).

[171] Il arriva dans l'automne 64 ou le printemps 65.

[172] Pâque 65 (?) ap. J.-C.

[173] Monstrueuse exagération qui annonce les chiffres fantastiques de toute la suite du récit.

[174] Avril-mai 66. Les mois macédoniens employés par Josèphe sont en général les équivalents des mois du calendrier lunaire juif (Xanthicos = Nisan, mars-avril ; Artemisios = Iyyar, avril-mai, etc.). Toutefois cette question est vivement controversée : on a prétendu que dans bien des cas le mois macédonien n'est qu'une traduction du mois romain (calendrier solaire). (Cf. Schürer, I. p. 756 suiv., qui est disposé à admettre des exceptions, suivant la source utilisée par notre historien). La décision de Néron sur l'affaire de Césarée est d'ailleurs bien antérieure à la date indiquée (cf. Ant., XX. 183 Suiv.) : elle doit avoir été rendue en 62, puisque Pallas, qui prit part à la délibération, est mort cette année. Ce qui est vrai, c'est que depuis la nouvelle de cette décision l'animosité des Juifs de Césarée contre les Syriens ne fit que croître et s'exaspérer μέχρι δὴ τὸν πόλεμον ἐξῆψαν (Ant., 184).

[175] La victime, même pure, immolée par un païen, souille un lieu consacré comme le ferait une charogne (Mishna, Houllin, I, 1).

[176] Peut-être parce que les Juifs étaient en retard du paiement de l'impôt (infra, XVI, 5).

[177] Expression exagérée. Il semble bien qu'il n'y eût que 5 cohortes à Césarée (Ant., XIX, 365) et Florus n'a certainement pas emmené toute la garnison (2 cohortes rejoignirent quelques jours après).

[178] Sans doute les pelotons de cavalerie (à raison de deux par cohorte) attachés aux cohortes auxiliaires.

[179] Le marché de la ville haute, c'est-à-dire du quartier S.-O. C'est le même qui est mentionné dans le liv. I, XII, 2.

[180] Plusieurs manuscrits ont 630, chiffre invraisemblable.

[181] Tibère Alexandre, qui avait été précédemment procurateur de Judée et dont le frère Marc avait été fiancé à Bérénice.

[182] Le palais d'Hérode, et non celui de Bérénice (infra. XVII, 6).

[183] Il s'agit d'un vœu de naziréat, comme celui de la reine Hélène et de saint Paul, mais réduit à la durée minima de 30 jours qui, semble-t-il, était de règle pour les naziréats accomplis ou achevés en Terre sainte (Mishna, Nazir, III, 6).

[184] D'après Niese : le 3 juin 66.

[185] Le croquis ci-contre rend compte de la manœuvre de Florus

[186] L’expression du texte (κρατῆσαι) est équivoque : elle donnerait à croire qu’Antonia était aux mains des Juifs, ce qui n’est pas le cas.

[187] Entendez qu'ils démolirent les toits du portique à l’angle N.-O., par où la garnison d'Antonia pouvait descendre sur la colonnade et en occuper tout le pourtour.

[188] Il s'agit des troupes placées directement sous le commandement de Florus et qu'il avait amenées l'avant-veille : on voit par ce passage qu'elles ne se composaient que d'une seule cohorte. Florus donna une des deux cohortes arrivées de Césarée en dernier lieu.

[189] Quelques manuscrits ont Politianus, mais Vita, § 121, donne également Νεοπολιτανός (il est ici qualifié de tribun d'une aile de cavalerie.

[190] Jamnée n'est pas sur la route directe de Césarée à Jérusalem; on a supposé un détour intentionnel.

[191] C'est-à-dire jusqu'à la fontaine (au S. de la ville) dérivée de la source de ce nom.

[192] C'est-à-dire sans dépasser la grille (τρύφακτος) qui séparait le parvis extérieur du péribole intérieur, interdit aux païens sous peine de mort.

[193] La ville haute (au S.-O.) était séparée par un ravin de la colline du Temple. Sur le « glacis » de la ville haute, bordé par l'ancien mur de David (Guerre, V, 144), se trouvait le Xyste (terrasse au sol dallé ou aplani), relié à la colline d'en face par un pont qui aboutissait vers le milieu du portique O. (Guerre, VI, 325). Le palais des Asmonéens s'élevait sur une éminence à côté (à l'O.) du Xyste, et Agrippa s'y était construit un appartement d'où la vue plongeait sur le Temple (Ant., XX, § 189 suiv.). Les mots πρὸς τὸ πέραν τῆς ἄνω πόλεως sont d'ailleurs loin d'être clairs, et plusieurs commentateurs placent le Xyste sur la colline même du Temple.

[194] Sur la source et l'exactitude des renseignements statistiques donnés par Josèphe dans ce discours cf. Friedlaender, De fonte quo Josephus B. J. II, 16, 4, usus sit (Kœnigsberg, Lectionsverzeicbniss 1873); Domaszewski, Die Dislokation des rümischen Heeres im J. 66 n. Chr. (Rh. Museum, 1892, p. 207-218).

[195] Allusion au canal de l'Athos et au pont sur l'Hellespont.

[195a] En lisant avec Naber εἰρηνεύσαντα, au lieu de ἐρευνήσαντα, on obtient un sens moins satisfaisant

[196] L'Achaïe formait depuis 27 av. J.-C. une province sénatoriale, gouvernée par un proconsul de rang prétorien. Josèphe ne tient naturellement pas compte de la « liberté » des Grecs proclamée en 67 par Néron.

[197] Chiffre probablement exagéré (Ptolémée n'en compte que 140), mais qui concorde avec celui de Philostrate, Vie des sophistes, II, 1, 4 Didot.

[198] Renseignements inédits. Les 3,000 hommes sont ou des cohortes auxiliaires, ou des détachements d'une légion de Mœsie. C'est à tort que Villefosse (art. Classis du Dict. des antiq., p. 1234b) y voit les équipages de la flotte de l'Euxin (classis Pontica). L'occupation militaire de ces contrées paraît dater de l'an

63 ap. J.-C. (déposition de Polémon II).

[199] Détachés de l'armée de la Mœsie, dont relevait la Thrace.

[200] Il s'agit de l'armée de Mœsie, qui comprenait deux légions : VIII Augusta et VII Claudia (cette dernière fut, en 70, transférée en Germanie). Josèphe ne parle pas de la légion de Pannonie, XIII Gemina.

[201] La légion XI Claudia (la VIIe, jadis aussi en Dalmatie, ayant été ramenée en Mœsie sous Néron).

[202]

15. Ce sont les pagi, subdivisions des civitates.

[203] Depuis la constitution de la province Narbonnaise (121 av. J.-C. ?) jusqu'à la fin des campagnes de César il s'est écoule environ 70 ans.

[204] Il s'agit des deux cohortes urbanae (XVII et XVIII) stationnées à Lyon, cf. Tacite, Hist. I, 64 ; Mommsen, Hermes, XVI, 645; Dessau, Inscr. latinae selectae, I, n° 2130. Domaszewski ne tient compte que de la XVIIIe.

[205] « Plus de 800 villes » selon Appien. loc. cit.

[206] La VI Victrix. Quant à la X Gemina, qu'on trouve en Espagne sous Néron et de nouveau sous Galba (Tac. Hist. V, 16), il y a lieu de croire qu’entre

66 et 68 elle a été détachée en Germanie.

[207] En comptant la X Gemina, détachée de l’armée d'Espagne.

[208] Exagération colossale, mais qui a des analogies ailleurs (cf. Pline, IV, c. 30).

[209] II Augusta, IX Hispana, XIV Gemina Mania Victrix (rappelée en 68), XX Valeria Victrix.

[210] Par exemple la fille de Tiridate, en 63 ap. J.-C. (Tac., XV, 30). Cf. aussi Dion, LXII, 23.

[211] La III Augusta, stationnée dans la province sénatoriale d'Afrique. On voit que c'est à tort que Domaszewski signale l'oubli de cette légion par Josèphe.

[212] Sept millions selon Diodore, I, 31. Il faut ajouter 300,000 âmes pour Alexandrie.

[213]

7 ou 8 seulement d'après Strabon, XVII, 1, 8.

[214] Ainsi l'Égypte fournissait alors le tiers, l'Afrique les deux tiers du blé nécessaire à l'alimentation de Rome. Le total était de 60 millions de boisseaux (cf. Aurel Victor, Epit. 1, qui donne 20 millions pour la part de l'Égypte).

[215]

III Cyrenaica et XXII Deiotariana.

[216] Plus exactement : dont la dynastie (Hélène et ses fils) s'était convertie au judaïsme (cf. Ant., XX, 1,2). L'Adiabène était vassale des Parthes et, à ce titre, avait combattu avec eux en Arménie contre les Romains sous Néron.

[217] Cf. Ant., XIV, § 63 suiv.

[218] Ce sont presque les mêmes expressions que chez Strabon, XIV, 7, 2 (Textes relatifs au judaïsme, n° 51) et Sénèque (ibid., n° 145).

[219] Ce long discours est certainement le plus remarquable dans toute l’œuvre de Josèphe, à la fois par l'habile rhétorique et par l'abondance et la précision des renseignements concernant l'empire romain et en particulier son organisation militaire. On ne saurait, quoi qu'on en ait dit, y voir un document authentique, le discours même prononcé à cette occasion par Agrippa : ces détails minutieux n'auraient d'ailleurs nullement intéressé son auditoire. Mais il n'est pas facile de déterminer à quel auteur, évidemment contemporain, Josèphe a pu emprunter ce morceau. Peut-être devons-nous tout simplement voir ici la main d'un de ces grammairiens grecs très instruits, probablement alexandrins, que Josèphe a eus pour collaborateurs dans son premier ouvrage.

[220] Les tributs recueillis, dans le début de la section 1, sont ceux du district de Jérusalem : maintenant il s'agit de faire rentrer ceux des autres districts (toparchies). Il semble d'après cela que le sanhédrin de Jérusalem servit d'intermédiaire fiscal entre le trésor impérial et toute la contrée pour la perception des impôts directs (Schürer, IIb, 236).

[221] En Idumée, au S.-O. et tout prés de la mer Morte, aujourd'hui Sebbeh.

[222] Ce capitaine (στρατηγός) ou segan avait la surveillance supérieure de l'ordre matériel dans le Temple ; dans la hiérarchie, il venait immédiatement après le grand pontife. Cf. Schürer, II4, 320. Eléazar était bien fils du grand prêtre Ananias (Ant., XX, 208).

[223] Ce sacrifice quotidien, institué par Auguste (Philon, Leg. ad Caium, c. 23), consistait en deux agneaux et un taureau ; les frais en étaient supportés par le fisc impérial selon Philon, par le « peuple juif » selon Josèphe (C. Ap., II, 6), probablement au moyen d'un prélèvement sur le tribut de la Judée (E. Meyer).

[224] La porte incrustée de bronze, située à l'Est du parvis des femmes (porte de Nicanor ?)

[224a] Nous lisons λειτουργοί avec la plupart des mss. (ληστρικοί P)

[225] Saül et Costobaros étaient frères (infra, XX, 1) ; ils s'étaient rendus coupables d'exactions (Ant., XX, 214). Antipas est inconnu.

[226] 2.000 d'après les mss. PAL, 3.000 d'après d'autres.

[227] Philippe est qualifié ailleurs (Vita, c. 11) de ἕπαρχος (lieutenant) du roi. Jacime avait été « tétrarque » du roi Agrippa (Ier ou II ?) (Guerre, IV, 81) ; il était fils de Zamaris, qui, sous Hérode, mena une colonie en Batanée (Ant., XVII, § 29). Waddington a cru retrouver le nom de Darius dans l'inscription de Deir esch Schair (Le Bas III, 2135), mais cf. Dittenberger, Oriens graecus, n° 422.

[228] Cf. Lévitique, 6, 12. D'après la Mishna (Taanith, 4, 5) la corvée du bois était repartie sur 9 jours, par familles, mais le jour principal était le 15 Ab, où contribuaient les prêtres, les lévites, et tous ceux de descendance inconnue.

[229] Malgré cette expression, il ne semble pas qu'il s'agisse d'un édifice distinct, mais des parties nouvelles ajoutées par Agrippa à l'ancien palais des Asmonéens, sur le Xystos (Ant., XX, 189). Les Archives étaient voisines de l'Akra et du palais du Conseil (Guerre, VI, 354), mais l'emplacement exact est inconnu.

[230] τὴν ἀνωτέρω αὐλήν, évidemment le Palais d'Hérode, au N.-O. de la ville haute.

[231] Le 15 Loos = Ab (juillet-août). Mais si la Mishna place avec raison la fête de la Xylophorie le 15, il s'agirait plutôt du 16.

[232] Sur Judas le Galiléen voir supra, VII, 1.

[233] Sur le mur d’enceinte du palais (haut de 30 coudées) et les tours qui le garnissaient, cf. Guerre, V, 177.

[234] Ces tours étaient situées au N. de l'enceinte du palais.

[235] Gorpiéos (Eloul = août-septembre) La conduite de Philippe, général d'Agrippa, parut suspecte, et il fut envoyé à Rome pour se justifier (Vita, c. 74).

[235a] Nous lisons οἰκείῳ δημίῳ avec Destinon, Naber, etc. Les mss. ont δήμῳ

[235b] Nous ne comprenons pas les mots ἐπὶ τὰς ὀργάς que la plupart des mss. ont après δῆμος .

[236] La pente Sud de la colline du Temple.

[237] Interprétation peu vraisemblable. L'apologiste fait ici tort à l'historien.

[238] ἕπαρχος. Le commandant d'une cohorte auxiliaire est en principe un préfet (Tacite, Hist., II, 59; Digeste, III, 2, 2, pr.). - La capitulation de la garnison romaine paraît avoir eut lieu le 17 Eloul (Gorpiéos) : c'est à ce jour que la Megillath Taanith (§ 14) place « l'évacuation » de Juda par les Romains.

[239] Nicodème, de la traduction latine, est peut-être préférable.

[240] C'est-à-dire probablement le 17 Gorpiéos 66 (voir la note du chapitre précédent)

[241] L'énumération qui suit décrit un cercle autour de Sébaste. Les expéditions partirent les unes de la Pérée, les autres de la Galilée et de la Judée.

[242] Kedesch, au N.-O. du lac Mérom. Cf. Guerre, IV, 105.

[243] Ou plutôt les villages de leur banlieue. De toutes les villes énumérées, il semble que les Juifs n'aient réellement pris que Gaza et Anthédon.

[244] Voir aussi, sur cet épisode de Scythopolis. Vita, c. 6, § 26.

[244a] Nous traduisons comme s'il y avait παρ' ὑμῶν (conjecture de Hudson, au lieu de καθ' ὑμῶν des mss.). Plus loin, au lieu de αὐτούςn nous lisons également avec Husdon, ὑμᾶς .

[245] Les mss. l'appellent ici Νόαρος, mais c'est bien le même personnage qui est appelé plus haut Οὔαρος dans le chapitre XIII, 8, de ce même livre. C'est aussi cette forme que donne Vita, § 49 suiv.

[246] Evidemment le roi Sohémos d'Emèse, que nous retrouverons plus loin. S'autre part, d'après Vita, § 52, Varus était ἔγγονος Σοέμου τοῦ περὶ τὸν Αἴβανον τετραρχοῦντος. Il faut en conclure que le roi d'Emèse était de la même famille qu’un ancien tétrarque ou « roi » d'Iturée qui régna de 38 à 49 (Dion, 59, 12 Tac., XII. 23). Varus n'était certainement pas le fils (comme le veut Schürer), mais plutôt le petit-fils (ἔγγονος) de ce tétrarque.

[247] Entendez : des Juifs de Batanée (cf. Vita, § 56).

[248] D'après le récit détaillé de la Vita (§ 49 suiv.), Varus aurait médité de supplanter Agrippa. Dans cette pensée il intercepta les messagers entre Philippe, général du roi, et Agrippa, et, pour se gagner un parti, persécuta les Juifs. L'ambassade de soixante-dix notables de Batanée (c'étaient des Juifs d'origine babylonienne, établis à Ecbatane) avait été provoquée par lui ; après les avoir massacrés sur leur chemin vers Césarée (Neronias), il attaqua les Juifs de Batanée qui s'enfermèrent dans Gamala avec Philippe, puis voulut exterminer les Juifs de Césarée. C'est alors qu'Agrippa le destitua et le remplaça par Æquus Modius (§ 61)

[249] Cf. Guerre, liv. I, XXI, 4.

[250] D'après le C. Apion, II, 4, § 35, ce quartier leur aurait déjà été assigné par Alexandre.

[251] Et non, comme dit Josèphe, « le gouverneur de la ville » ὁ τῆς πόλεως ἡγεμών . Tibère Alexandre était préfet (vice-roi) d'Égypte.

[252] Plusieurs mss. ont cinq mille.

[253] Les quartiers d'Alexandrie étaient désignés d'après les premières lettres de l'alphabet grec (Philon, In Flaccum, 8).

[254] Il y avait quatre légions en Syrie (Tacite, Ann., IV, 5) : Cestius avait donc tiré des trois autres légions 2,000 x 3 = 6,000 hommes et non 2,000, comme l'écrit Schürer, I3, 604.

[255] Antiochus IV Epiphane, roi de Comagène depuis 38 ap. J.-C.

[256] Roi d'Emèse depuis l'an 54.

[257] Suivent les mots (suspects) ἡ καλεῖται ἀνδρῶν « surnommée la ville des hommes ». L'emplacement de cette ville est aujourd'hui occupé par le village de Kaboul.

[258] Probablement le Djebel Daidaba, au Nord de la plaine d'Asochis

[259] La Bible mentionne plusieurs places fortes de ce nom (qui signifie forteresse). L'identification la plus probable est avec l'Aphek des Philistins, I Rois 4, 1, ou celui des Cananéens, Jos., 12, 18.

[260] 15-22 Tisri, octobre 66.

[261] Au N.-O. après la sortie du défilé de Bethoron. C'est l'ancienne Gibéon de l'Ecriture, aujourd'hui El Djeb. Dans Ant., VII, 11, 7 (§283), la distance indiquée n'est que de 40 stades.

[262] Ce roi, converti au judaïsme comme toute sa famille, avait succédé à son frère Izatès en 62.

[263] C'est-à-dire un Juif de Babylonie, établi en Batanée.

[264] Texte fort douteux.

[265] Probablement la colline de Schafat, à1,500 m. au N.-O. de la ville. Le nom Scopos est grec et signifie l'Observatoire. Cf. Guerre, V, 67. Tel était aussi, selon Josèphe (Ant., XI, 8, 5), le sous du nom en hébreu.

[266] On lit depuis Reland τὴν καὶ Καινόπολιν (καὶ τὴν Καινόπολιν mss.) ἐκλήθη δ' ἐπιχωρίως Βεζεθὰ τὸ νεόκτιστον μέρος, ἡ μεθερμηνευόμενον Ἑλλαδι γλώσσῃ Καινὴ λέγοιτ' ἂν πόλις. Des doutes ont été exprimés par H. Weil (Rev. des et. Grecques, 1896, p. 28) sur l'authenticité de ce dernier texte, parce que Guerre V, 246, paraît distinguer Bézétha de la Ville neuve et que Βεζεθὰ ne signifie pas Ville neuve, mais, semble-t-il, « lieu des oliviers ». - Les Juifs avaient évacué le 3e mur (mur d'Agrippa), trop faible pour être efficacement défendu. Cestius se heurta contre le 2e mur (mur Nord), qui ceignait la Ville haute.

[267] Le praefectus castrorum était une sorte de quartier-maître général, chargé en même temps du commandement supérieur du génie.

[268] Insinuation probablement gratuite.

[269] Jonathas est sans doute le grand-prêtre dont la mort a été racontée plus haut (XII, 3 de ce livre).

[270] Entendez, comme toujours, les modérés.

[271] Apparemment différent du praefectus castrorum Turranius Priscus nommé plus haut.

[272] Déjà nommé (XIV, 5 de ce livre).

[273] La descente de Béthoron-dessus (Betour el foka) sur Béthoron-dessous (Betour et takhta), distants d'un kilomètre, avec une différence d'altitude de 150 mètres. Ce passage a été le théâtre de nombreuses déroutes (Josué, 10, 10 ; I Rois, 13, 18 ; I Macc., 3, 24.

[274] Béthoron-dessous, au seuil de la plaine d'Emmaüs.

[275] Dios = Marchesvan, octobre-novembre 66. L'avènement de Néron datant du 13 octobre 54, il est probable que Josèphe se trompe et que la bataille de Béthoron eut déjà lieu dans la 13e année de Néron. On a voulu tirer de ce lapsus des conclusions à perte de vue sur le système chronologique de notre historien (Niese, Hermes, 1893,

208 ; Unger, Ac. Munich, 1896,

383) qui sont avec raison rejetées par Schürer, I3, 605.

[276] D'après Vita, § 46 suiv., Philippe se serait sauvé plus tôt, cinq jours après la capitulation du palais royal (6 Gorpiéos).

[277] Cf. infra., IV, § 140.

[278] Anan, fils d'Anan, avait été créé souverain pontife par Agrippa II sous Albinus (Ant., XX, 197) ; il appartenait au parti sadducéen et inaugura son pontificat par le supplice de Jacques, frère de Jésus.

[279] Nous lisons avec Hudson Ἀνανίου au lieu de Νέου ou Ναίου des mss. Eléazar est le capitaine du Temple si souvent mentionné plus haut.

[280] Au N.-O. de Gophna, dans la « montagne d'Ephraïm ».

[281] C'est notre historien. Voir Vita, c, 7, le caractère prétendu pacifique qu'il assigne à sa mission.

[282] Gamala était située dans la Gaulanitide, fort à l'Est du Jourdain.

[283] Cf. Vita, § 79.

[284] Voir l'énumération des places fortifiées dans Vita, § 187-188, qui présente quelques différences avec celle-ci. Les cavernes près du lac sont, comme l'indique ce texte, les cavernes d'Arbéles, déjà mentionnées au temps d'Hérode (voir liv. I, XVI, 2).

[285] Affirmation d'autant plus suspecte que Sepphoris venait de recevoir Césennius Gallus à bras ouverts (supra, XVIII, 11). Dans la Vita, § 30 suiv., Josèphe raconte qu'il eut quelque peine à empêcher les Galiléens de saccager Sepphoris à cause des engagements de cette ville envers Cestius. Cf. aussi Vita, § 104 suiv. Sepphoris resta toujours de cœur avec les Romains et les rappela dès qu'elle le put.

[286] En réalité Jean était dés le début un ennemi déclaré de Josèphe et fortifia Gischala sans le consulter (Vita, § 45 et 189).

[287] Formule au moins singulière et qui semble indiquer que Josèphe n'avait guère pénétré le secret de l'organisation militaire.

[288] Il y en avait donc 40.000 en réserve puisque le nombre total était de « plus de 100.000 » (cf. supra., XX, 6).

[289]

250 suivant plusieurs manuscrits.

[290] D'après Vita, § 372 (c. 66), Jean avait dans sa bande des mercenaires de Tyr même. Le portrait tracé dans la Guerre est d'ailleurs plus chargé que celui de la Vie : d'après cet opuscule (voir c. 10), Jean est un citoyen influent et considéré de sa ville natale (Gischala, aujourd'hui el-Djisch, dans la Galilée du N., sur le parallèle du bord Sud du lac Mérom, et tout près du territoire tyrien) ; il s'efforce même d'abord de retenir ses concitoyens dans l'obéissance de Rome et ne forme sa « bande » que lorsque les peuples voisins ont incendié et pillé sa ville natale.

[291] D'après Vita, c. 13, Jean obtint de Josèphe (ou plutôt des commissaires adjoints à celui-ci) la permission de vendre le blé impérial, épars dans les villages de haute Galilée, pour subvenir à cette reconstruction.

[292] Ici encore le récit de Vita (c. 13) diffère un peu. Il ne s'agit plus de tous les Juifs de Syrie, mais seulement de ceux qui sont enfermés dans Césarée de Philippe. D'après Vita, § 75, le ξέστης (1/96 de métrète) d'huile valait à Césarée une 1/2 drachme, à Gischala 1/20 de drachme, soit la proportion 10 à 1. D'après notre texte Jean vend une demi-amphore le prix que lui ont coûté 4 amphores : la proportion est donc de 8 à 1 seulement. (Le statère tyrien, de poids phénicien, vaut d'ailleurs sensiblement moins que 4 drachmes attiques : 4 drachmes attiques de bon poids pèsent 17 gr., le statère n'en pèse guère que 14. Josèphe assimile probablement la drachme au denier romain, qui, au temps de Néron, pesait gr. 3,40).

[293] Sections 3-5 Vita, c. 26-30 (§ 126-148).

[294] Village au pied N.-O. du Tabor.

[295] A la femme de Ptolémée, d'après Vita, § 126.

[296] Annéos n'est pas nommé dans Vita, § 131, qui, en revanche parle de deux amis d'Agrippa Jannée et Dassion, à qui Josèphe aurait confié la prise pour la resituer à leur maître. Quelques éditeurs identifient Jannée et l'Annéos de Guerre.

[297] Dans le récit détaillé de la Vita, Jean ne figure pas.

[298] D’un seul (Simon) selon Vita, § 137.

[299] D'après Vita, § 137, Simon aurait au contraire conseillé à Josèphe de se tuer !

[300] Nous croyons avec Destinon que le texte présente une lacune.

[301] Nous traduisons le texte amendé par Hudson et Gobet : εἰ δὲ (mss. μὴ) καλῶς ὑμῖν ἐβουλευσάμην (μὴ) κολάζετε τὸν εὐεργέτην

[302] Six cents seulement d'après Vita, § 145.

[303] Vita, § 147, ne parle que d'un seul délégué. En revanche le traitement qu'il subit aurait été plus atroce : on lui trancha une main et on la lui suspendit au cou !

[304] Sections 6-7, jusqu'au § 626 = Vita, c. 16-21 (§ 81-103). Mais la Vita place tout cet épisode de Tibériade avant l'affaire de Tarichées (sections 3-5). Il est d'autant plus difficile de décider entre les deux versions qu'elles ne s'accordent pas sur le point de savoir si Jean joua un rôle dans cette dernière affaire (cf. la note sur § 599). Si vraiment il y prit part, on ne conçoit pas bien qu'il ait eu l'impudence de demander ensuite (§ 614) une faveur à Josèphe.

[305] Il était alors au village de Cana (Vita, § 86).

[306] D'après Vita, § 91, Jean vint en personne à la rencontre de Josèphe.

[307] Le garde Jacob et un citoyen de Tibériade, Hérode (Vita, § 96).

[308] Rien de ceci dans Vita. En revanche il y est dit que les Galiléens veulent détruire Tibériade.

[309] Vingt jours d'après Vita, § 370.

[310] Ou 4.000 (Vita, 371).

[311] 1.500 d'après Vita, 372. C'est d'après ce texte que je corrige Σύρων de Guerre en Τυρίων.

[312] Tout cet épisode final est placé par Vita (c. 66) beaucoup plus tard, après le conflit de Josèphe avec les envoyés du Sanhédrin de Jérusalem, avec raison, ce semble, car il n'est pas probable que Jean eût auparavant des forces aussi considérables.

[313] Fin de la section 7 (§ 629 - 631) = Vita, c. 38-64 (§ 189-335), récit beaucoup plus circonstancié.

[314] Neuf cents seulement d'après Vita, § 200.

[315] Ἰωεσδρον mms. Ἰώζαρον Vita, 324, etc. Nomicos est un nom bien suspect.

[316] Au lieu de Judas, la Vita, 197, etc., nomme Jonathas.

[317a] Les mss. ont Γάδαρα ou Γάμαλα; la vraie leçon est donnée par Vita, 203.

[317] Excepté Gischala.

[318] Sections 8-10 = Vita, c. 32-35. La Vita place cette révolte de Tibériade entre le guet-apens de Tibériade et la mission du Sanhédrin.

[319] D'après Vita, § 159, il les avait renvoyés chez eux pour y célébrer le sabbat (qui tombait le lendemain).

[320] Trois cent trente d'après les manuscrits PA.

[320a] ἀνόπλους mss., ἐνόπλους Destinon : cette conjecture paraît nécessaire.

[321] Nous lisons avec les meilleurs mss : μετὰ δ' ἡμέρας ὀλίγας Σεπφωρίταις συναποστᾶσαν (à savoir Τιβεριάδα). Après ὀλίγας M et C insèrent Γίσχαλα, mais cette ville n'a jamais été conquise par Josèphe. Le texte original portait peut-être τὴν πόλιν dont Γίσχαλα serait une glose erronée.

[322] La prise et le pillage de Tibériade auxquels il est fait ici allusion se placent d'après la Vita (c. 64) auparavant, à savoir immédiatement après le renvoi des commissaires du San-hédrin. C'est vers le même moment que Josèphe prend et « sauve » Sepphoris (c. 67). - Ces divergences chronologiques entre la Vita et la Guerre sont troublantes. La Guerre, rédigée plus près des évènements, semble en général mériter la préférence ; mais on ne comprend pas que Josèphe, ayant sous les yeux son premier ouvrage, ne s'y soit pas conformé dans la Vita ou n'ait pas signalé les « corrections » qu'il y apportait.

[323] Nous lisons avec Niese τακταίς (iussis dans la trad. latine) au lieu de ἀτάκτοις. Ce dernier mot pourrait cependant avoir le sens insolite de « démesurés, excessifs ».

livre I livre III

Flavius Josephe, GUERRE DES JUIFS, livre 3.

GUERRE DES

JUIFS

introduction

livre I

livre II

livre IV

livre V

livre VI

livre VII

texte numérisé et mis en page par François-Dominique FOURNIER

texte grec ajouté dans les notes le 27 avril 2006 (F.-D. F)

GUERRE DES JUIFS

Flavius Josèphe

texte grec

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LIVRE III

Depuis la prise du commandement par Vespasien jusqu’à la soumission de la Galilée (67 ap. J.-C.)

Avertissement : Ce livre raconte l'histoire de la guerre depuis la désignation de Vespasien comme général de l'armée romaine jusqu’à la prise de Tarichées (8 Gorpiéus = septembre 67), c'est-à-dire, en somme, la campagne de Galilée.

I

1. Inquiétude de Néron à la nouvelle des évènements de Judée. – 2-3. Il désigne Vespasien pour prendre le commandement.

1. [1] Quand Néron apprit les revers survenus en Judée, il fut saisi, comme de juste, d'un secret sentiment de stupeur et d'alarme, mais au dehors il ne fit voir qu'arrogance et colère. « Ces malheurs, disait-il, étaient dus à la négligence des généraux plutôt qu'à la valeur des ennemis ». La majesté de l'empire lui faisait un devoir d'affecter le dédain pour les épreuves les plus fâcheuses et de paraître élever au-dessus de tous les accidents une âme dont ses préoccupations trahissaient cependant le désordre.

2. [3] Il se demandait, en effet, à quelles mains il confierait l'Orient soulevé, le soin de châtier la révolte des Juifs et de prémunir les nations voisines déjà atteintes par la contagion du mal. Il ne trouva que le seul Vespasien qui fût à hauteur de la situation et capable de supporter le poids d'une Si lourde guerre. C'était un capitaine qui avait bataillé dés sa jeunesse et vieilli sous le harnais ; longtemps auparavant il avait pacifié et ramené sous l'obéissance de Rome l'Occident ébranlé par les Germains ; ensuite il avait par son talent militaire ajouté à l'empire la Bretagne jusque-là presque inconnue et fourni ainsi à Claude, père de Néron, les honneurs d'un triomphe qui ne lui avait guère coûté de sueur.

3. [6] Tirant de ce passé un heureux présage, voyant d'ailleurs en Vespasien un homme d'un âge rassis[1], fortifié par l'expérience, avec des fils qui serviraient d'otage à sa fidélité et dont la jeunesse épanouie serait comme le bras du cerveau paternel, poussé peut-être aussi par Dieu, qui dès lors préparait le destin de l'empire, il envoie ce général prendre le commandement en chef des armées de Syrie, sans omettre de lui prodiguer toutes les cajoleries, les marques d'affection, les encouragements à bien faire que réclamait. la nécessité présente. D'Achaïe, où il se trouvait auprès de Néron, Vespasien dépêcha son fils Titus à Alexandrie pour en ramener la quinzième légion[2] ; lui-même, après avoir passé l'Hellespont, se rendit par terre en Syrie. où il concentra les forces romaines et de nombreux contingents auxiliaires, fournis par les rois du voisinage.

II

1-3. Tentatives infructueuses des Juifs contre Ascalon. – 4. Vespasien à Ptolémaïs ; soumission des Sepphorites.

1. [9] Cependant les

Juifs. après la défaite de Cestius, enflés par ce succès inattendu, ne pouvaient contenir leur élan, et, comme emportés par le tourbillon de la Fortune. ne pensaient qu'à pousser la guerre plus loin. Leurs meilleurs combattants se rassemblèrent en toute hâte et coururent contre Ascalon. C'est une ancienne ville, éloignée de cinq cent vingt stades de Jérusalem[3], qui avait toujours été odieuse aux Juifs. Aussi en firent-ils l'objet de leurs premières attaques. Trois hommes, remarquables par la vigueur physique et la capacité, dirigeaient l'expédition : Niger, de la Pérée, Silas de Babylone et Jean l'Essénien. Ascalon avait de solides murailles, mais presque point de défenseurs ; toute la garnison consistait en une cohorte d'infanterie et une aile de cavalerie commandée par Antonins.

2. [13] L'ardeur des

Juifs leur fit faire tant de diligence qu'ils tombèrent sur la ville comme si elle eût été à portée de main. Cependant Antonius ne se laissa pas surprendre. Informé de leur approche, il fit sortir sa cavalerie de la place, et, sans s'émouvoir ni du nombre ni de l'audace des ennemis, soutint avec fermeté leurs premières attaques et repoussa ceux qui se ruaient contre les remparts. On voyait aux prises des guerriers novices avec des soldats exercés, des fantassins avec des cavaliers, l'indiscipline avec la cohésion, un armement de fortune avec un équipement régulier et complet ; d'une part, des mouvements dirigés par la colère plutôt que par la réflexion, de l'autre une troupe docile, manœuvrant avec ensemble au moindre signal. Aussi les assaillants furent-ils aisément défaits ; une fois leurs premiers rangs rompus par la cavalerie, ils prirent la fuite. Les fuyards tombent sur ceux qui, plus en arrière, prenaient encore leur élan contre les murailles ; ils s'embarrassèrent les uns les autres, jusqu'à ce qu'enfin tous, brisés par les charges répétées de la cavalerie, se dispersèrent dans la plaine. Celle-ci était vaste et tout entière propre aux chevauchées, circonstance qui fournit un puissant avantage aux Romains et favorisa le carnage des Juifs. Car les cavaliers, devançant les fuyards, faisaient ensuite volte-face, fondaient sur les pelotons épais qu'agglomérait la panique, et les sabraient en masse ; d'autres petits détachements, se retirant çà et là en désordre, se laissèrent cerner : les cavaliers galopaient autour d'eux en les abattant sans peine à coups de javelots. Les Juifs, malgré leur multitude, se sentaient isolés dans leur détresse ; les Romains, au contraire, malgré leur faible effectif, s'imaginaient, dans l'entraînement du succès, l'emporter sur l'ennemi même en nombre [3a]. Cependant, les uns s’acharnaient contre leur défaite, dans la honte de la débandade et l'espoir d'un retour de fortune ; les autres, sans se lasser, voulaient pousser à bout leur victoire ; ainsi le combat dura jusqu'au soir, et dix mille cadavres juifs, dont ceux de deux généraux, Jean et Silas, jonchèrent le champ de bataille. Les autres, la plupart blessés, se réfugièrent avec Niger, le seul survivant des généraux, dans une bourgade d'Idumée nommée Challis[4]. Du côté des Romains, il n'y eut que quelques blessés.

3. [22] Cependant, loin qu'un si grand échec abattit la fierté des Juifs, la douleur ne fit que redoubler leur audace. Négligeant les cadavres étendus à leurs pieds, le souvenir de leurs premiers succès les entraîna dans un nouveau désastre. Sans donner seulement aux blessés le temps de guérir, ils rassemblèrent toutes leurs forces, et, plus nombreux, avec plus de fureur, revinrent à l'assaut contre Ascalon. Mais la même inexpérience, les mêmes désavantages militaires leur valurent la même infortune. Antonius avait dressé des embuscades sur le chemin ; ils y tombèrent inconsidérément ;

environnés par les cavaliers avant d'avoir pu se ranger en bataille, ils perdirent de nouveau plus de huit mille hommes ; tout le reste s’enfuit avec Niger, qui se signala dans la retraite par de nombreux actes de courage. Pressés par les ennemis, ils s'engouffrèrent dans la forte tour d'un bourg nommé Belzédek[5].

Les soldats d'Antonius, ne voulant ni user leurs forces devant une citadelle presque inexpugnable, ni laisser échapper vif celui qui était à la fois le chef et le plus brave des ennemis, mirent le feu à la muraille. En voyant la tour en flammes, les Romains se retirèrent tout joyeux, persuadés que Niger avait péri ; mais celui-ci, sautant en bas de la tour, s'était sauvé dans le souterrain le plus reculé de la forteresse. Trois jours après, des gens qui, en gémissant, cherchaient son cadavre pour l'ensevelir, entendirent soudain sa voix et le virent paraître à leurs yeux. Ce fut pour tous les Juifs une joie inespérée : ils pensèrent que la Providence divine leur avait conservé leur chef, en vue des luttes à venir.

4. [29] Cependant

Vespasien avait rassemblé ses forces à Antioche, capitale de la Syrie, ville qui, par sa grandeur et sa richesse, est la troisième du monde soumis aux Romains[6]. Il y trouva le roi Agrippa qui l'y attendait avec ses propres troupes. Le général en chef se dirigea vers Ptolémaïs. Près de cette ville, il vit venir à sa rencontre les gens de Sepphoris en Galilée, qui, seuls de cette contrée, montrèrent des sentiments pacifiques ; préoccupés de leur sûreté et connaissant la puissance romaine, ils n'avaient pas attendu l'arrivée de Vespasien pour donner des gages à Cæsennius Gallus[7] et reçu ses assurances ainsi qu'une garnison romaine. Maintenant ils firent un accueil chaleureux au général en chef et lui offrirent un concours empressé contre leurs compatriotes. Sur leurs instances, Vespasien leur donna d'abord pour leur sûreté autant de cavaliers et de fantassins qu'il jugea nécessaire pour résister aux Juifs, s'ils les attaquaient ; il estimait, en effet, que la prise de Sepphoris aurait pour la suite des opérations une importance décisive, car c'était la plus grande ville de Galilée, forte par son assiette et par ses remparts, qui en faisaient comme la citadelle de la province tout entière.

III

1-2. Description de la Galilée. – 3. La Pérée. – 4-5. Samarie et Judée. Royaume d’Agrippa.

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