Satires (page 21)
SATIRE VI
1. Convenium, pactum et sponsalia sont trois choses distinctes. Convenium est l’entrevue du jeune homme, soit avec la jeune fille qu’il demande en mariage, soit avec ses parents. C’est ce que nous appelons la recherche. Pactum est le résultat des stipulations et des conditions du mariage, ou le contrat. Sponsalia exprime la promesse solennelle par laquelle les époux sont accordés, c’est-à-dire les fiançailles.
2. Ce conseil ironique ne peut être qu’un sarcasme contre Posthumus.
3. Le mot tollere est consacré dans ce cas et les semblables. C’était la coutume, chez les Romains, que l’enfant, dès qu’il était né, fût déposé à terre, pour être relevé par le père, quand celui-ci le reconnaissait. S’il n’était pas relevé par lui, il était regardé et traité comme illégitime. C’est ce qui explique ce vers de l’Andrienne : Quidquid peperisset decreverunt tollere.
4. L’auteur désigne particulièrement le coffre de Latinus, comme nous dirions le sac de Scapin. Latinus était un mime célèbre qui vraisemblablement représentait dans quelque farce les terreurs d’un adultère surpris par le mari.
5. Les fêtes de Cérès, connues sous un grand nombre de dénominations, et particulièrement sous celles d’Eleusines et de Thesmophories, n’étaient célébrées que par des femmes chastes et de jeunes vierges.
6. Les nouveaux mariés suspendaient la porte de leurs maisons, des guirlandes de lierre, de myrte, de lauriers, etc.
7. Il y avait longtemps que les poètes ne croyaient plus aux dieux qu’ils avaient inventés, et le moment approchait où les peuples n’allaient plus reconnaître qu’un seul principe, qu’une seule cause des phénomènes de la nature. Comment une croyance aussi simple, aussi sublime, n’aurait-elle pas triomphé de ce polythéisme ridicule qui s’écroulait de toutes parts, et que l’on abandonnait même aux sarcasmes de la satire ? Sénèque ne se montre pas plus respectueux envers le dieu du capitole. Quid ergo est quare apud postas salacissimus Jupiter desierit liberos tollere ? Ultrum sexagenarius factus est, et illi lex papia fibulam imposuit ?
8. Subitum et miserabile longum, sont des expressions relatives aux gestes et aux attitudes des pantomimes ; mais en quoi y sont-elles relatives, et quel en est le sens exact ? C’est ce qu’il serait assez difficile de déterminer. Attendit marque l’attention et les efforts avec lesquels ces divers mouvements sont exécutés.
9. Il s’agit de l’intervalle qui se trouvait entre les jeux mégalésiens et les jeux plébéiens. Ceux-ci, institués à l’occasion de la concorde rétablie entre le sénat et le peuple, se célébraient le 15 novembre ; les antres, fondés par Junius Brutus, en l’honneur de la grande déesse, étaient fixés au 14 avril. Les grandes représentations scéniques étaient interrompues pendant ces mois. C’était aux jeux mégalésiens et plébéiens qu’on jouait les comédies les plus estimées. Celles de Térence le furent toutes aux jeux mégalésiens, à l’exception des Adelphes et de Phormion.
10. Les acteurs qui se produisaient nus en public, avaient une espèce de ceinture, subligar, subligaculum, sans laquelle, dit Cicéron, personne n’aurait osé se montrer sur la scène.
11. Les atellanes, ainsi appelées du nom d’Atella, ville de Campanie, où elles avaient pris naissance, étaient des tragédies mêlées de sérieux et de plaisant. L’exode y était ce que c’est chez nous la petite pièce. Le rôle d’Urbicus était celui d’Autonoé, mère d’Actéon, ou peut-être l’une des bacchantes. Les mimes jouaient indifféremment les rôles d’hommes ou de femmes.
12. Mot à mot il en coûte cher aux femmes pour rompre l’anneau de ces histrions. L’infibulation était une opération pratiquée pour empêcher les gladiateurs, les acteurs, et quelquefois même les jeunes gens, d’avoir commerce avec les femmes.
13. Ce Lentulus avait probablement trois noms, et s’appelait Postumus Ursidius Lentulus.
14. Pâris, célèbre pantomime, qui parvint à inspirer de l’amour à Domitia Augusta, femme de Domitien, qui la répudia pour ce motif. On prétend que Pâris fut condamné à mort par l’empereur.
L’histoire parle aussi d’un autre Pâris qui fut encore un pantomime fameux, sous le règne de Néron. Ce prince voulant qu’il lui apprit à danser, le fit mourir parce qu’il ne réussissait pas.
15. Pour bien entendre cette expression, il faut savoir que les Romains avaient deux manières de faire leur barbe : l’un, en la coupant jusqu’à la peau, ce qu’ils appelaient radere ; l’autre, en la coupant sur un peigne, et seulement en partie, ce qu’ils appelaient tondere. Les jeunes gens conservaient leur barbe jusqu’à vingt et un ans, époque à laquelle ils en faisaient offrande à quelque divinité. Ils continuaient ainsi à la tondre jusqu’à l’âge de quarante ans, et c’est alors qu’ils commençaient à se raser pour paraître moins vieux.
16. Accepta rude veut dire si Sergius avait pris son congé, s’il avait cessé d’être gladiateur, il ne serait plus qu’un Véïenton, qu’un époux aux yeux d’Hippia. Rudis était le nom d’une baguette que l’on donnait aux gladiateurs qui obtenaient leur congé.
17. Ce mot signifie trois choses dans les écrits des anciens,
1° Une excroissance de chair que les poulains nouveaux-nés ont quelquefois sur le front. 2° Une certaine liqueur qui coule des parties naturelles d’une jument en chaleur. 3° Une herbe d’Arcadie qui, selon Théocrite, avait la propriété de mettre les chevaux en fureur.
18. Les formules ordinaires du divorce étaient Collige sarcinulas ; exi ; vade foras ; res tuas tibi habeto ; res tuas tibi agito. Les époux qui voulaient divorcer, ne pouvaient le faire qu’en présence de sept citoyens romains, outre l’affranchi qui devait faire la déclaration.
19. Cette Bérénice soupçonnée d’un inceste avec Agrippa, son frère, est la même qui fut tendrement aimée de Titus.
20. Mustaceum était une espèce de gâteau restaurant, donandum crudis, que l’on donnait à ceux qui avaient des crudités.
21. Le jour des noces, le mari offrait à son épouse des pièces d’or et d’argent dans un bassin. Celles dont parle Juvénal portaient l’empreinte de Domitien qui, ayant vaincu les Daces et les Germains, avait pris les surnoms de Dacique et de Germanique.
22. Cette multiplicité de divorces n’est pas une hyperbole ; c’est un fait attesté par l’histoire. Sénèque remarque que, de son temps, les femmes ne dataient plus des consulats, mais des différents maris dont elles avaient changé.
On avait coutume de graver sur le tombeau des femmes, le nom de leurs maris.
23. Dans les exercices athlétiques, on enfonçait en terre un pieu d’environ six pieds, contre lequel les athlètes encore novices se formaient aux principes de leur art, luttant contre ce pieu, l’épée ou un bâton à la main.
24. Les jeux floraux, ainsi nommés de Flora, célèbre courtisane qui avait légué au peuple romain le produit de ses débauches. Ils étaient devenus si licencieux que les courtisanes s’y rendaient toutes nues, au son de la trompette.
25. Crurisque sinistris dimidium tegmen, Indique l’usage où étalent les soldats romains, et les gladiateurs qui les imitaient, de n’armer que la partie de la jambe gauche que l’on présente en avant dans un combat singulier. Cette armure était une espèce de bottine qui montait jusqu’au genou. La cuisse gauche se trouvait couverte par le bouclier.
26. On pourrait être surpris que Juvénal ne laisse passer aucune occasion de citer honorablement Quintilien, tandis que celui-ci, en parlant des satiriques, ne fait aucune mention de Juvénal. C’est un motif de plus à l’appui du sentiment de ceux qui pensent que Juvénal n’a écrit ses satires que sous le règne d’Adrien, époque à laquelle Quintilien était déjà mort.
27. Homo sum veut dire : je suis sujette aux faiblesses de l’humanité. Vir et femina sunt uterque homo.
28. L’usage des parfums était porté à un tel excès, qu’on en mettait même dans le vin, et qu’il en coûtait cher, ajoute Pline, pour se procurer une boisson amère.
29. Cette horreur n’est point une invention de la fable. Quand l’histoire n’en offrirait pas d’exemples, le Lévitique seul en fournirait la preuve. On ne porte pas de lois contre des crimes qui n’ont jamais existé. Mulier non succumbet jwmento, nec miscebitur ei. Liv. 18, v. 20. Mulier quae succumberit Jumennto, simul interficietur cum eo. 20, v. 15.
30. Cette infâme chanteuse n’était autre chose que le trop fameux Clodius qui, dans sa jeunesse, épris d’une passion criminelle pour Pompéia, femme de César, fut surpris, déguisé en femme, dans la maison de César lui-même, où l’on célébrait les mystères de la Bonne Déesse.
31. Cicéron avait composé un livre en l’honneur de Caton d’Utique. César irrité des éloges donnés au plus grand homme de son siècle, en composa un autre plus volumineux, dans un sens contraire, et qu’il intitula l’Anti-Caton. C’est la longueur de cet ouvrage qui a donné à Juvénal l’idée plus que bizarre de son indécente comparaison.
32. C’était la couronne accordée aux vainqueurs dans les jeux capitolins, institués par Domitien, à l’imitation des jeux olympiques, et dans lesquels des prix étaient proposée tous les cinq ans aux athlètes, aux musiciens, et même aux orateurs, aux historiens et aux poètes.
33. Parmi les différents exercices employés à Rome par ceux qui fréquentaient les bains, pour s’exciter à suer, il y en avait un qui consistait à balancer longtemps dans ses mains, avec un certain mouvement, une lourde masse de plomb.
34. L’oenophore contenait dix-huit pintes, mesure de Paris, Le setier, douze cyathes. Le cyathe servait à mesurer le vin ou l’eau que l’on versait dans les coupes appelées pocula.
35. La comparaison de cette femme avec un serpent est d’autant plus heureuse que, suivant Aristote et Pline, le serpent a une grande avidité pour le vin. Qu’on ne croie pas qu’il y ait la moindre exagération dans cette peinture. Les femmes, sur ce point, le disputait aux hommes, et Sénèque n’en parle pas avec moins d’indignation que les satiriques. On trouve dans Martial
Nec coenat prius aut recumbit
Quam septem vomuit deunces.
36. Dusaulx, qui trouve ce vers en général très mal expliqué, ne l’explique pas mieux que les autres. La femme qui l’emporte sur les grammairiens et les rhéteurs, qui compare Homère et Virgile, qui parle de philosophie, qui approfondit les préceptes de Palémon, qui sait par cœur de vieux vers que son mari ne connaît pas, est toujours la même. Elle n’est pas plus bavarde au commencement qu’à la fin du passage ; et la conjonction nam, qui parait inexplicable au traducteur, n’offre aucune difficulté réelle. Voici le sens de l’auteur : Ce n’est pas tout, elle ose disputer du souverain bien : elle définit le juste et l’honnête ; car, de la littérature à la philosophie il n’y a qu’un pas, et puisqu’elle désire passer pour éloquente, il faut aussi qu’elle porte la tunique retroussée, qu’elle immole un pourceau à Sylvain, etc., c’est-à-dire, il faut qu’elle soit philosophe.
37. Les hommes seuls sacrifiaient à Sylvain, qui était le génie des hommes, comme Junon, celui des femmes. Celles-ci ne fréquentaient pas les bains publics, où les gens du peuple étaient admis pour le quart d’un as.
............Dum tu quadrante lavatum,
Rex, ibis.
dit Horace, en se moquant d’un stoïcien.
Il est probable que les philosophes, amis de la retraite et des forêts, rendaient un culte particulier à Sylvain.
38. On croyait le lait d’ânesse propre à entretenir la peau plus blanche et plus douce. Poppée en prenait des bains entiers. Pline assure que dans ses voyages, cette princesse n’avait jamais moins de cinq cents ânesses à sa suite.
39. Qu’Isis mérite le nom de Lena, que lui donne Juvénal, et que son temple ait été l’asile, le rendez-vous de tous les amants et de tous les adultères, c’est ce qui résulte assez clairement de ces vers de l’art d’aimer
Non fuge linigenae memphitica templa Juvenca :
Mulias ilia facit quœ fuit ipso Jovi.
40. Ces tuniques de lin étaient couleur de feuilles de vigne sèches ; c’est ce que signifient les racines du mot xerampelinas.
41. Par le mot cadurcum on entend une espèce de matelas, faite à Cahors, ville de la Gaule. Les peuples de cette contrée étaient renommés pour ce genre d’industrie. Les femmes qui célébraient les fêtes d’Isis devaient, pendant neuf jours, s’éloigner de leurs maris, et elle, ne pouvaient manquer à cette loi, sans se rendre coupables d’un adultère religieux qui exigeait une expiation solennelle. La déesse Isis était représentée avec un serpent sur la tête.
42. Les éphémérides sont des tables qui marquent l’état du ciel pour chaque jour. Juvénal dit plus luisantes que l’ambre, parce qu’un livre souvent feuilleté jaunit sous les doigts.
43. Les uns, par ce crebrum poppysma, entendent le bruit que fait le chiromancien, en frappant dans la main de celle qui le consulte les autres, le son de l’argent qu’il exige d’elle ; quelques autres enfin, les fréquentes caresses qu’il lui demande à compte.
44. Les femmes galantes qui voulaient cacher les fruits de leurs amours, les faisaient exposer sur les bords du lac Vélabre : et c’est là que s’adressaient aussi celles qui voulaient donner à leurs maris des enfants qu’elles n’avaient point portés.
45. Pontia, fille de T. Pontius, commit, en effet, ce crime affreux.
46. Mithridate, vaincu tour à tour par Sylla, Lucullus et Pompée.
SATIRE VII
1. Si cet éloge regardait Domitien, il faudrait l’avouer, l’auteur de la satire du turbot se serait démenti d’une manière peu honorable pour son caractère et pour ses principes : heureusement, il n’est pas tombé dans cette contradiction, ou du moins rien ne le démontre. Ce fut bien à l’occasion du fameux vers Prœfectos Pelopro, etc., qu’il fut exilé ; mais ce vers dirigé contre Pâris, ne s’appliquait pas moins directement à un autre courtisan, favori d’Adrien, dont l’histoire ne nous a pas conservé le nom ; et, comme le dit l’ancien scholiaste, auteur de la vie de notre poète, il fut soupçonné d’avoir à dessein, en parlant du temps passé, fait allusion au temps présent.
2. L’auteur reproche aux Romains d’accorder aux aventuriers de l’Asie mineure, des grâces et des honneurs dont les gens de lettres étaient privés, ce qu’il appelle altera Gallia était une province voisine du Pont-Euxin, nommée Galatie ou Gallo-Grèce, parce qu’elle fut longtemps habitée par des Gaulois et par des Grecs.
3. Les feuilles du laurier, selon les anciens, procuraient l’enthousiasme et l’esprit prophétique.
4. On plaçait dans les bibliothèques publiques et particulières, mais surtout dans celle d’Apollon Palatin, les bustes et les statues des grands poètes et des grands orateurs.
L’épithète macra indique la maigreur ordinaire aux gens d’étude.
Quant au lierre, il était spécialement consacré aux poètes.
5. Janua se dit de la porte d’une maison de particulier. Porta, de celle d’une citadelle ou d’une ville.
6. L’orchestre était l’endroit le plus voisin du théâtre. Anabathra, répondait à ce que nous appelons les loges. Les bancs, subsellia. étaient placés au milieu de l’enceinte, à peu près comme ceux de nos parterres.
7. Le poète donne l’épithète d’intactam à la tragédie d’Agave, soit parce que Pâris en avait acheté la première représentation, soit parce que cette pièce n’avait pas encore été mise en scène.
8. Aurum semestre désigne la qualité du tribun militaire dont les fonctions duraient six mois, et qui donnait le privilège de porter l’anneau d’or.
9. Lacerne n’était point un cocher de l’empereur Domitien, mais un conducteur de chars dans les jeux du cirque. Ces conducteurs de chars se partageaient en quatre factions qui avaient chacune leurs partisans, et qui se distinguaient aux quatre couleurs différentes de leurs habits, d’où elles prenaient les noms de Russata, Prasina, Alba, Veneta. Domitien y en ajouta deux autres sous la dénomination de Aurata et Purpurea. Lacerne appartenait la faction Russata, et c’était celle que l’empereur favorisait.
10. C’est le début du livre XIII des métamorphoses d’Ovide, dans lequel Ajax et Ulysse se disputent les armes d’Achille.
11. Vas pelamydum, un vase rempli de petits poissons hachés et assaisonnés.
L’explication que donne Achaintre, des mots Afrorum epimenia, quoique la traduction ne l’ait pas suivie, n’en est pas moins plausible. Ils ne désignent rien autre chose, selon lui, que la distribution faite tous les mois par les Romains aux derniers de leurs esclaves, d’une certaine quantité d’oignons ou d’autres légumes de cette espèce ; on sait que les esclaves d’Afrique étaient ceux qu’ils estimaient le moins.
12. Observons avec quel soin Juvénal, en parlant des avocats, emploie tous les termes du barreau spondere, servir de caution. Conturbare, devenir insolvable, Deficere, faire banqueroute.
13. Mot à mot : si rien ne bat sous la mamelle gauche de ce jeune Arcadien. L’Arcadie était fameuse par ses lacs.
Arcadiœ pecuaria rudere credas.
Perse, sat. 2.
14. Les foudres et les tempêtes avaient épouvanté Annibal, et rompu deux fois l’ordre de bataille de son armée.
15. Chryrogone et Pollion étaient des rhéteurs et non des comédiens, comme quelques-uns le pensent.
16. La lunule, ornement de la chaussure des sénateurs, était une espèce de boule ou agrafe qui avait la forme de la lettre C. Isidore de Séville prétend qu’elle exprimait le nombre de sénateurs créés par Romulus.
17. Ventidius Basses, après avoir été captif et muletier, devint successivement tribun du peuple, préteur, consul et souverain pontife. Il triompha des Parthes.
Servius Tullus Hostilius était né d’une esclave. C’est à lui que se rapporte la première partie du vers :
Servis regna dabunt, captivis fata triumphos.
18. Cette injure de Rufus s’adressait peut-être moins directement au style de Cicéron, qu’à sa conduite avec les Allobroges, dans la conjuration de Catilina.
19. Il paraît que les Romains, au temps de Juvénal, mettaient une grande importance à cette futile érudition, et qu’ils prenaient plaisir à embarrasser les grammairiens par une foule de questions de cette espèce. Tibère voulait qu’on lui apprit quelle était la mère d’Hécube ; quel nom portait Achille parmi les femmes chez lesquelles il s’était réfugié ; ce que chantaient les sirènes, et quel avait été le nombre des rameurs d’Ulysse.
20. Le peuple obtenait, pour les cochers, cinq pièces d’or, lorsqu’il le demandait.
SATIRE VIII
1. Les Romains conservaient les images de leurs ancêtres dans des armoires. Ces images étaient de cire ; et, dans les jours de fête publique et particulière, on les exposait dans le vestibule de la maison. Des guirlandes de fleurs, partant de la première de ces images, qui était la souche de la famille, allaient se placer successivement sur toutes les autres, et, par leurs différentes ramifications, les embrassant et les enchaînant entre elles, formaient dans un certain ordre ce que nous appelons l’arbre généalogique.
2. On avait confié à la famille des Fabiens, qui se prétendait originaire d’Hercule, le soin de l’autel élevé par Évandre, en l’honneur de ce dieu. Fabius Maximus, à cause de ses victoires sur les peuples de la Provence, du Languedoc, du Dauphiné et de quelques autres contrées des Gaules, connues sous le nom d’Allobroges, avait transmis ce titre à sa famille.
3. Les grands d’Athènes, se vantaient d’être issus de Cécrops, comme les Romains, de descendre d’Énée. De là le proverbe Cecrope generosior.
4. Domitien, c’est-à-dire ses généraux, avait vaincu les Bataves ; mais cette nation opprimée plutôt que soumise, exigeait la présence d’une armée toujours prête à réprimer ses mouvements.
5. Chérippe est le nom supposé de quelque habitant d’une province romaine, auquel le poète conseille de vendre à l’encan le reste de ses effets, soit pour en soustraire le produit à l’avidité d’un nouveau gouverneur, soit pour acquitter ses impôts. Il l’engage, dans tous les cas à se taire, et à ne pas faire à Rome un voyage inutile pour se plaindre.