Divinae institutiones (Institutions divines) (page 22)

Lactance · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — eglise/lactance · 47 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Nec tamen moveat quemquam, quia saepe factum est, et fieri potest, ut philosophus aliquis deorum suscipiat sacerdotium: quod cum fit, non tamen conjungitur philosophia cum religione; sed et philosophia inter sacra cessabit, et religio, quando philosophia tractabitur. Illa enim religio muta est, non tantum, quia mutorum est, sed quia ritus ejus in manu et digitis est, non in corde, aut lingua, sicut nostra quae vera est. Idcirco et in sapientia religio, et in religione sapientia est. Ergo non potest segregari; quia sapere nihil aliud est, nisi Deum verum justis ac piis cultibus honorare. Multorum autem deorum cultus non esse secundum naturam, etiam hoc argumento colligi potest et comprehendi: Omnem Deum, qui ab homine colitur, necesse est inter solemnes ritus et precationes patrem nuncupari, non tantum honoris gratia, verum etiam rationis; quod et antiquior est homine, et quod vitam, salutem, victum praestat, ut pater. Itaque et Jupiter a precantibus pater vocatur, et Saturnus, et Janus, et Liber, et caeteri deinceps; quod Lucilius in deorum concilio irridet:

Ut nemo sit nostrum, quin pater optimus divum; Ut Neptunus pater, Liber, Saturnus pater, Mars, Janus , Quirinus pater, nomen dicatur ad unum.

Quod si natura non patitur, ut sint unius hominis multi patres (ex uno enim procreatur) ergo deos etiam multos colere contra naturam est, contraque pietatem.

Unus igitur colendus est, qui potest vere pater nominari. Idem etiam dominus sit necesse est; quia sicut potest indulgere, ita etiam coercere. Pater ideo appellandus est, quia nobis multa et magna largitur: dominus ideo, quia castigandi ac puniendi habet maximam potestatem. Dominum vero eumdem esse, qui sit pater, etiam juris civilis ratio demonstrat. Quis enim poterit filios educare, nisi habeat in eos domini potestatem? Nec immerito paterfamilias dicitur, licet tantum filios habeat: vindelicet nomen patris complectitur etiam servos, quia familias sequitur, et nomen familiae complectitur etiam filios, quia pater antecedit: unde apparet eumdem ipsum, et patrem esse servorum, et dominum filiorum. Denique et filius manumittitur tamquam servus, et servus liberatus patroni nomen accipit, tamquam filius. Quod si propterea paterfamilias nominatur, ut appareat eum duplici potestate praeditum, quia et indulgere debet, quia pater est, et coercere, quia dominus; ergo idem servus est, qui et filius; idem dominus, qui et pater. Sicut igitur naturae necessitate non potest esse nisi unus pater, ita nec dominus nisi unus; quid enim faciat servus, si multi domini diversa imperaverint? Ergo contra rationem contraque naturam sunt religiones multorum deorum; siquidem nec patres multi possunt esse, nec domini: deos autem et patres, et dominos nuncupari necesse est.

Teneri ergo veritas non potest, ubi homo idem multis patribus dominisque subjectus est, ubi animus in multa dispersus, huc atque illuc divagatur. Nec habere ullam firmitatem religio potest, quando certo et stabili domicilio caret. Cultus igitur deorum veri esse non possunt, eodem modo, quo matrimonium dici non potest, ubi mulier una multos viros habet sed haec aut meretrix, aut adultera nominabitur; a qua enim pudor, castitas, fides abest, virtute careat necesse est. Sic et religio deorum impudica est incesta, quia fide caret, quia honos ille instabilis et incertus, caput atque originem non habet.

Si les premiers qui ont pris le nom de sages ne l'ont pas été en effet, et si les seconds qui n'ont point fait difficulté d'avouer qu'ils ne l'étaient pas, ne l'étaient pas en effet, il s'ensuit nécessairement qu'il faut chercher ailleurs la sagesse. D'où vient que tant d'excellents esprits qui l'ont cherchée avec tant de soin, durant tant de siècles, ne l'ont put trouver, si ce n'est qu'ils l'ont cherchée hors des limites où elle se renferme? Ils ont fait divers voyages pour découvrir le pays où elle s'était retirée; elle est cependant quelque part, et il est évident que Dieu, par un ordre incompréhensible, a caché ce trésor sous l'apparence de la folie. Je me suis souvent étonné de ce que Pythagore et Platon, qui sont allés jusqu'en Egypte et en Perse pour apprendre les cérémonies et les mystères de la religion de ces pays-là, sous lesquels ils se doutaient que la sagesse était cachée, ne sont pas allés dans la Judée qui était plus proche d'eux et où ils pouvaient uniquement trouver la sagesse. Je me persuade qu'ils en furent détournés par la divine providence, de peur qu'ils ne connussent la vérité, parce que la justice de Dieu et la véritable religion devaient encore alors être cachées aux étrangers. Dieu avait résolu d'envoyer dans les derniers temps un grand maître, qui ôtât la vérité à la nation ingrate et perfide des Juifs pour la révéler aux autres. C'est ce que je me propose de faire voir dans ce livre-ci, après néanmoins que j'aurai montré la liaison directe qu'il y a entre la religion et la sagesse.

Le culte des dieux n'est nullement conforme à la sagesse, comme je l'ai fait voir dans le premier livre, non seulement parce qu'il abaisse au-dessous des créatures les plus terrestres l'homme, qui est descendu du ciel, mais aussi parce qu'il ne contient aucunes maximes qui servent à la réforme des mœurs et à la conduite de la vie; et qu'au lieu de se rapporter à la connaissance de la vérité, il ne se termine qu'à un ministère purement extérieur. Il n'appartient point à la véritable religion, parce qu'il ne donne aucun précepte de vertu et de justice, et ne nous rend point meilleurs. La philosophie ne nous conduisant pas à la religion, n'a garde de contenir la sagesse. Dieu, qui gouverne le monde et qui comble continuellement les hommes de ses bienfaits, veut qu'ils lui en rendent des actions de grâces: aussi n'y a-t-il ni piété, ni sagesse sans reconnaissance. La philosophie et la religion sont séparées parmi les païens ; ceux qui font profession de s'adonner à l'étude de la sagesse ne s'ingèrent point du service des dieux, et ceux qui sont employés au ministère des temples n'entreprennent point d'enseigner la sagesse. Il paraît par là qu'ils n'ont point de vraie sagesse ni de vraie religion. Voilà pourquoi leur philosophie n'a pu comprendre la vérité, et pourquoi leur religion n'a pu rendre raison de son culte, parce qu'il n'en a en effet aucune.

Quand la sagesse et la religion sont unies, elles sont toutes deux véritables. Notre religion doit être éclairée; parce que nous sommes obligés de connaître ce que nous adorons ; mais notre connaissance doit aussi être agissante, c'est-à-dire qu'elle nous doit faire pratiquer le bien que nous connaissons. Mais où est-ce que la sagesse et la religion sont unies, si ce n'est où l'on n'adore qu'un Dieu, et où les prêtres qui lui offrent des sacrifices enseignent la sagesse ?

Que personne ne doute de la vérité de ce que je dis, sous prétexte qu'il se peut faire, et qu'il est même peut-être arrivé, que les philosophes ont été prêtres des dieux. Alors la philosophie a été oisive durant l'exercice de la religion, et la religion est demeurée muette pendant que la philosophie a parlé. Cette religion-là est en effet muette, non seulement parce que les idoles qu'elle révère le sont, mais aussi parce que tout son exercice consiste dans les mains et non dans la langue ni dans le cœur comme celui de la noire. La sagesse est parmi nous dans la religion, et la religion dans la sagesse : elles ne se séparent point. Etre sage n'est autre chose que de rendre à Dieu le culte qui lui est dû. Pour ce qui est du culte de plusieurs dieux, il est contraire à la nature, comme il est aisé de le prouver par cet argument. Dans les prières que l'homme fait à Dieu, il l'appelle père, et il en doit user ainsi non seulement par honneur, mais par raison, parce que Dieu est supérieur à l'homme, et qu'il lui donne la vie et les aliments qui la conservent.

C'est donc pour cela que Jupiter, Saturne, Janus, Bacchus et les autres, sont appelés pères par ceux qui les prient, ce dont Lucilius se moque dans l'assemblée des dieux, comme d'une extravagance qui rendrait les dieux les pères communs de tous les hommes et tous les hommes les enfants communs de tous les dieux.

Que s'il est contre la nature qu'un homme ait plusieurs pères, il est contre la nature et contre la piété qu'il adore plusieurs dieux;

il ne doit adorer que celui qu'il peut appeler véritablement son père et son seigneur. Dieu est père parce qu'il répand sur nous les biens en abondance; il est seigneur parce qu'il a un pouvoir absolu de nous châtier. Tout père est seigneur par le droit civil ; il ne pourrait élever ses enfants s'il n'avait sur eux un pouvoir absolu. C'est pour cela qu'on appelle père de famille ceux mêmes qui n'ont point d'enfants. Le nom de père s'étend jusqu'aux esclaves, et le nom de famille s'étend jusqu'aux enfants. Le même homme est le père de ses esclaves et le seigneur de ses enfants; il affranchit son fils de sa puissance aussi bien que ses esclaves, et un esclave affranchi prend le nom de son patron, de la même manière qu'un fils prend le nom de son père. On l'appelle père de famille pour marquer le double pouvoir qu'il a entre les mains, et pour l'avertir d'user quelquefois de l'indulgence d'un père, et quelquefois aussi de la rigueur d'un maître. L'esclave est comme le fils de son maître, et le maître est comme le père de son esclave. Comme par l'ordre de la nature on ne peut avoir qu'un père, on ne peut aussi avoir qu'un maître. Que ferait un serviteur qui aurait plusieurs maîtres, desquels il recevrait en même temps des commandements différents? Le culte de plusieurs dieux est donc également contraire à la raison et à la nature, puisque les dieux doivent être appelés et nos pères et nos seigneurs, et qu'il est impossible que nous en ayons plusieurs.

L'homme ne peut arriver à la connaissance de la vérité, quand il a l'esprit partagé et qu'il obéit à plusieurs pères et à plusieurs maîtres. Une religion qui n'a point de demeure stable et certaine ne peut subsister. Le culte qui nous soumet à plusieurs dieux ne peut être véritable, non plus que le mariage qui lierait une femme à plusieurs hommes. Ce ne serait pas une femme légitime, ce serait ou une adultère ou une prostituée qui n'aurait ni pudeur, ni chasteté, ni fidélité, ni vertu. Ainsi la religion qui sert plusieurs dieux est une impudique et une infâme, qui n'a point de fidélité et qui ne leur rend point d'honneur certain ni solide.

De sapientia itidem et religione, atque de jure patris et domini.

Quibus rebus apparet, quam inter se conjuncta sint sapientia et religio: sapientia spectat ad filios, quae exigit amorem; religio ad servos quae exigit timorem. Nam sicut illi patrem diligere debent et honorare, sic hi dominum colere ac vereri. Deus autem, qui unus est, quoniam utramque personam sustinet, et patris, et domini; et amare eum debemus, quia filii sumus, et timere quia servi. Non potest igitur nec religio a sapientia separari, nec sapientia a religioni secerni; quia idem Deus est, qui et intelligi debet, quod est sapientiae, et honorari, quod est religionis. Sed sapientia praecedit, religio sequitur: quia prius est, Deum scire, consequens, colere. Ita in duobus nominibus una vis est, quamvis diversa esse videatur. Alterum enim positum est in sensu, alterum in actu. Sed tamen similia sunt duobus rivis ex uno fonte manantibus. Fons autem sapientiae et religionis, Deus est: a quo hi duo rivi si aberraverint, arescant necesse est; quem qui nesciunt, nec sapientes esse possunt, nec religiosi.

Sic fit, ut philosophi, et qui deos colunt, similes sint aut filiis abdicatis, aut servis fugitivis; quia neque illi patrem quaerunt, neque hi dominum: et sicut abdicati haereditatem patris non assequuntur, et fugitivi impunitatem: ita neque philosophi immortalitatem accipient, quae est regni coelestis haereditas, id est summum bonum, quod illi maxime quaerunt, neque cultores deorum poenam sempiternae mortis effugient, quae est animadversio veri domini adversus fugitivos suae majestatis ac nominis. Deum vero esse patrem, eumdemque dominum, utrique ignoraverunt, tam cultores deorum, quam ipsi sapientiae professores: quia aut nihil omnino colendum putaverunt, aut religiones falsas approbaverunt, aut, etiamsi vim potestatemque summi Dei intellexerunt, ut Plato, qui ait unum esse fabricatorem mundi Deum, et M. Tullius, qui fatetur hominem praeclara quadam conditione a summo Deo esse generatum; tamen ei debitum cultum tamquam summo patri non reddiderunt, quod erat consequens ac necessarium. Deos autem neque patres, neque dominos esse posse, non tantum multitudo, ut supra ostendi, sed etiam ratio declarat: quia neque fictum esse a diis hominem traditur, neque deos ipsos antecedere originem hominis invenitur; siquidem fuisse in terra homines, antequam Vulcanus, et Liber, et Apollo, et ipse Jupiter nascerentur, apparet. Sed neque Saturno fictio hominis, neque Coelo patri ejus assignari solet.

Quod si nullus eorum, qui coluntur, formasse a principio atque instituisse hominem traditur; nullus igitur ex his pater hominis nuncupari potest, ita ne Deus quidem. Ergo fas non est venerari eos a quibus non sit homo generatus; quia neque a multis generari potest. Unus igitur ac solus coli debet, qui Jovem, qui Saturnum, qui Coelum ipsum, terramque antecessit. Is enim necesse est hominem figuraverit, qui ante hominem coelum terramque perfecit. Solus pater vocandus est, qui creavit; solus dominus nuncupandus, qui regit, qui habet vitae ac necis veram et perpetuam potestatem; quem qui non adorat, et insipiens servus est, qui dominum suum aut fugiat, aut nesciat, et impius filius, qui suum verum patrem, vel oderit, vel ignoret.

Oracula prophetarum sunt inspicienda; et de temporibus eorum, atque judicum et regum.

Nunc, quoniam docui sapientiam et religionem non posse diduci, superest ut de ipsa religione ac sapientia disseramus. Sentio quidem, quam sit difficilis de rebus coelestibus disputatio: sed tamen audendum est, ut illustrata veritas pateat, multique ab errore atque interitu liberentur, qui eam sub velamine stultitiae latentem aspernantur ac respuunt. Sed prius quam incipiam de Deo et operibus ejus dicere, mihi pauca de prophetis ante dicenda sunt, quorum testimoniis nunc uti necesse est; quod in prioribus libris ne facerem, temperavi. Ante omnia, qui veritatem studet comprehendere, non modo intelligendis prophetarum vocibus animum debet intendere, sed etiam tempora, per quae quisque illorum fuerit, diligentissime inquirere; ut sciat et quae futura praedixerint, et post quos annos praedicta completa sint. Nec difficultas in his colligendis inest ulla; testati sunt enim sub quo quisque rege divini Spiritus fuerit passus instinctum. Multique scriptos libros de temporibus ediderunt, initium facientes a propheta Moyse, qui trojanum bellum septingentis fere annis antecessit. Is autem, cum per annos quadraginta populum rexisset, successorem habuit Jesum, qui septem et viginti annis tenuit principatum.

Exinde sub Judicibus fuerunt per annos trecentos septuaginta. Tum mutato statu, reges habere coeperunt: quibus imperium tenentibus per annos quadringentos quinquaginta usque ad Sedechiae regnum, oppugnati a rege Babylonio, captique Judaei, diuturnum servitium pertulerunt; donec septuagesimo post anno eos Cyrus major terris ac sedibus suis redderet, qui per idem tempus in Persas suscepit imperium, quo Romae Tarquinius Superbus. Quare cum omnis temporum series, et ex Judaicis, et ex Graecis Romanisque historiis colligatur, etiam singulorum prophetarum tempora colligi possunt; quorum sane ultimus Zacharias fuit, quem constat sub Dario rege, secundo anno regni ejus, octavo mense cecinisse. Adeo antiquiores etiam Graecis scriptoribus prophetae reperiuntur. Quae omnia eo profero, ut errorem suum sentiant, qui Scripturam sacram coarguere nituntur, tanquam novam et recens fictam, ignorantes ex quo fonte sanctae religionis origo manaverit. Quod si quis collectis perspectisque temporibus, fundamentum doctrinae salubriter jecerit, et veritatem penitus comprehendet, et errorem cognita veritate deponet.

Deus omnipotentem genuit Filium; atque de eo testimonia Sibyllarum et Trismegisti.

Deus igitur machinator constitutorque rerum, sicuti in secundo libro (scilicet, cap. ) diximus, antequam praeclarum hoc opus mundi adoriretur, sanctum et incorruptibilem spiritam genuit, quem Filium nuncuparet. Et quamvis alios postea innumerabiles per ipsum creavisset, quos angelos dicimus, hunc tamen solum primogenitum divini nominis appellatione dignatus est, patria scilicet virtute ac majestate pollentem. Esse autem summi Dei Filium, qui sit potestate maxima praeditus, non tantum congruentes in unum voces Prophetarum, sed etiam Trismegisti praedicatio, et Sibyllarum vaticinia demonstrant. Hermes in eo libro, qui ὁ λόγος τέλειος inscribitur, his usus est verbis:

ὁ Κύριος καὶ τῶν πάντων ποιητὴς ὃν Θεὸς καλεῖν νενομίκαμεν, ἐπεὶ τὸν δεύτερον ἐποίησε θεὸν ὀρατὸν καὶ αἰσθητὸν δὲ φημι οὐ διὰ τὸ αἰσθέσθαι αὐτὸν, περὶ γὰρ τούτου οὐκ ἔστι πότερον αὐτὸς αἴσθοιτο, ἀλλ' ὅτι εἰς αἴσθησιν ὑποπέμπει καὶ εἰς νοῦν. Ἐπεὶ τοῦτον ἐποίησε πρῶτον, καὶ μόνον, καὶ ἕνα, καλός δέ αὐτοί ἐφάνη, πληρέστατος πάντων τῶν ἀγαθῶν, ἡγίασέ τε καὶ πάνυ ἐφίλησεν ὣς ἴδιον τόκον.

Sibylla Erythraea in carminis sui principio, quod a summo Deo exorsa est, filium Dei Ducem et Imperatorem omnium his versibus praedicat:

Et alia Sibylla praecipit hunc oportere cognosci: Αὐτὸ σὸν γίνωσκε Θεὸν Θεοῦ υἱὸν ἐόντα. Videlicet ipse est Dei Filius, qui per Salomonem sapientissimum regem divino spiritu plenum locutus est ea quae subjecimus: « Deus condidit me in initio viarum suarum, in opera sua ante secula. Fundavit me in principio, antequam terram faceret, et antequam abyssos constitueret; priusquam prodirent fontes aquarum: ante omnes colles genuit me Deminus; fecit regiones, et fines inhabitabiles sub coelo. Cum pararet coelum, aderam illi; et cum secerneret suam sedem, cum super ventos faceret validas nubes, et cum confirmatos poneret montes sub coelo: quando fortia faciebat fundamenta terrae, eram penes illum disponens. Ego eram, cui adgaudebat; quotidie autem jucundabar ante faciem ejus, cum laetaretur orbe perfecto. » Idirco autem Trismegistus δημιουργὸν τοῦ Θεοῦ dixit, et Sibylla σύμβουλον appellat, quod tanta sapientia et virtute sit instructus a Deo Patre, ut et consilio ejus, et manibus uteretur in fabricatione mundi.

Fortasse quaerat aliquis hoc loco, quis sit iste tam potens, tam Deo carus, et quod nomen habeat, cujus prima nativitas non modo antecesserit mundum, verum etiam prudentia disposuerit, virtute construxerit. Primum scire nos convenit, nomen ejus ne Angelis quidem notum esse, qui morantur in coelo, sed ipsi soli, ac Deo Patri; nec ante id publicabitur, ut est sanctis litteris traditum, quam dispositio Dei fuerit impleta. Deinde nec enuntiari posse hominis ore; sicut Hermes docet, haec dicens:

Αἰτία δὲ τούτου τοῦ αἰτίου ἡ τοῦ θείου ἀγαθοῦ βούλησις, ἢ θεὸν προήνεγκεν, οὗ τὸ ὄνομα οὐ δύναται ἀνθρωπίνῳ στόματι λαληθῆναι.

Ἔστι τις, ὦ τέκνον ἀπόῥῤητος λόγος σοφίας, ὅσιος περὶ τοῦ μόνου κυρίου πάτων, καὶ προεννοουμένον Θεοῦ, ὃν εἰπεῖν ὑπὲρ ἄνθτρωπόν ἐστι. Sed quamvis nomen ejus, quod ei a principio pater summus imposuit, nullus alius praeter ipsum sciat, habet tamen et inter Angelos aliud vocabulum, et inter homines aliud. Jesus quippe inter homines nominatur: nam Christus non proprium nomen est, sed nuncupatio potestatis et regni; sic enim Judaei reges suos appellabant. Sed exponenda hujus nominis ratio est propter ignorantium errorem, qui eum immutata littera Chrestum solent dicere. Erat Judaeis ante praeceptum, ut sacrum conficerent unguentum, quo perungi possent ii, qui vocabantur ad sacerdotium, vel ad regnum. Et sicut nunc Romanis indumentum purpurae insigne est regiae dignitatis assumptae: sic illis unctio sacri unguenti nomen ac potestatem regiam conferebat. Verum, quoniam Graeci veteres χρίεσθαι dicebant ungi, quod nunc ἀλείφεσθαι, sicut indicat Homericus versus ille:

Αὐτοὺς δὲ δμωαὶ λοῦσαν, καὶ χρῖσαν ἐλαίῳ ; ob hanc rationem nos eum Christum nuncupamus, id est, unctum, qui hebraice Messias dicitur. Unde in quibusdam graecis scripturis, quae male de Hebraicis interpretatae sunt, ἡλειμένος scriptum invenitur, ἀπὸ τοῦ ἀλείφεσθαι. Sed tamen utrolibet nomine rex significatur: non quod ille regnum hoc terrenum fuerit adeptus, cujus capiendi nondum tempus advenit; sed quod coeleste ac sempiternum, de quo disseremus in ultimo libro. Nunc vero de prima ejus nativitate dicamus.

De ortu Jesu in spiritu et in carne; de spiritibus et testimoniis Prophetarum.

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