Liber Manualis (Manuel pour mon fils) (page 5)
» Expliciunt (4). CHAP. XLI. Coniparai§ion des vertus ffae te iirocurcront les sept dons du Saint-Esprit et les Huit Béatitudes. Ces Huit Béatitudes, et les sept dons du Saint-Esprit, je t'en ai déjà parlé. J'ai voulu maintenant les analyser et leséclaircir selon mes faibles moyens, pour les faire péné- trer-dans ta jeune intelligence. J'ai préféré cette humble méthode aftn que, peu capable encore d'une forte nourri- ture, et comme au régime du lait, tu puisses peu à peu t'élever des éléments aux connaissances supérieures et goûter le mets sujjrême, Dieu. En m'occupant des Huit Béatitudes, mon fils, je n'ai pas osé me conformer à l'ordre et à la majesté du texte de l'Evangile, car je n'en suis pas digne. Je ne me suis attachée qu'cà mesurer mes explica- tions à ta jeunesse. Faible femme, je te donne en Jésus- Christ, à toi enfant, du lait seulement. Je te donne à boire, et non à manger. Je commencerai par la simplicité d'esprit, pour que tu puisses approcher dans toute la pureté de la conscience de Celui de qui émanent les saintes richesses ; et pour que tu parviennes à la perfection de l'homme dont le prophète a dit : « Voici l'Homme : son nom est l'Orient. » L'Orient, parce que, resplendissant dans le ciel, il a voulu accepter notre pauvreté et nous racheter de son s;iug. Si nous en sommes dignes, il fera inscrire notre nom dans le ciel avec les saints (1) P, coinedi tu xcis. Four comeditus sis, qui est lui-même pour come- das. (2) P, Divitiœ. Pour Divites. (3) Ma?r, V, 3. (4) Ce mot manque dans P. [XLI] (1). • [Item, coniparatio de seiitcni donis et octo bcatitudineM virtiituin eouferciitium (2) tibi.] Has ergo octo (3) beatitudines parcium (4) cum septem (5) gratiis (6) Sancti Spiritus oopulatus (7), et a me tibi cons- criptas, ita dirimere ntqiie elucidare volui, ut secuiidum parvitatem sensis (8) intelligentiœ meœ, ad te, puerum, piieriliter maie (9) desliuare. Et nundmn (10) ut solido cibo capax, sed iu similitudine lactis degustans, per gradus ascendentium (11) paulatim, ex minimis ad majorum(12) faciliùs scandere valeas, cibumque gustare supernum, illum videlicet cibum de quo dicit Psalmista : « Gustate et videte, quoniam suavis est Dominus : beatus vir qui sperat et qui confidit in eo(13), mentemque suam semper po- nens(14) in illo.
» Has namque l)eatitudines, lîli, non ita ordinabiliter(15] secundum textum evangelice dignitatis ausa fui componere, quia nec digna [sum], sed (16), ut dixi, secundum mensuram pubertatis tua3. Tanquam parvula parvulum (17) in Christo lac [et] potumdedi, non escam. A paupertate spiritus incipiens, ut ad Illum qui est dives, (1) Ce n" de chapitre a été omis dans P, qui passe de xl à xlii. N donne XXXVIII.
(2) Pour virtutes conferentibus , (3) P, vni.
(4) Pour octo beatitudinum partes, (5) P, VII.
(6) P, gratia.
(7) P, co'pulatas, b. 1.
(8) P, sensus, b. 1.
(9) P, malui, b. 1.
(10) P, non .
(11) Pour ascendens .
(12) P, majora, b. 1.
(13) Psabn., xxxiii, 9.
(14) Pour ponit.
(15) Ce mot n'appartient pas au latin classique.
(16) Su)n manque dans N, et sed manque dans P- (17) VoMV parvuîo .
a quo omnes sancte (1) et juste i2i procediint divitice, sine inolestiam (3) lesionis(4) lUKiuam. rum pura sinreraque conscientia possis accedere, et in plenitudine (.")) perfec- tionis illius perveniro viri de quo ait Propheta : « Ecce vir, Oi'iens nomen ejus (6;. » Oriens, quia, splendens ex alto (7j, precioso sanguine nos redemit suo. accipiens pauperta" tem nostram, ut nos divitiis ditaret suis. Atque nomen nostrum, si abti (8) fuerimus et digni, in coelum (9) jubet transsci'ibi (10) cum sanctis, sicut ipse ait : « Gaudete et exultate : merces enim vestra ropiosa est ajmd Deum (11). » Et itpui : "CrMudelo. ipii;! lunnina vestrn scripla sunt in cœlo |-2i. )' - rilAP. XEII.
< '»»nifn»'»i« <ii |i«>iiv <!»• »»>•'•» i'«'f îiMiiiitt'Ul*'. n^rf î'>»i«J«' »!«• i< ■(• rlMiiii !•.■ i)'r\isl<' ni •l;iiis I' ni dniis \'.ni;ii>< ii imi TBt question aux UiJtles. A la. (al)l(- dt: P il est intitule ; Lt quomodo esse possis immaculâtus,juvante Deo, ostendo. A la table de N il porte le duniéro XLl. ot le premier frag- ment de ce ms. nous a conservé une partie de son titre : Et quomodo esse possis ad Les tables de N et de P placent ce chapitre après le ch;i]i. XLIII. L'étude du texte du ^lanuel nionlre quïl faut le placer avant.)
(1) P, sanctœ.
(2) P, Jicstœ. (3) P, 7nolestia. (4) P, îœsionis. (5) Pour plenitudinem. (6) Zach., VI, 12. (7) P, ex aUa . (8) P, apti. (9) Pour cœlo. (10) P, scribi. (11) Matt., V, 12; Lw-w, vi, i3. (12; Liicœ, X, 20. [XLIL] [Ut quoniodo esse possU inimaculatu», Juvante Deo, osteudo.J (Manque.) CHAP. XLTII. A.\is pour que tu puisses devenir un lionime parfait. Mf'Uiciix le juste ([ui. i)endaut qu'il est encore sur la terre, fouir la l)ou<' <'l 1<' limon. Son nom i^st doyÀ (^crit ;ui royaume céleste. Si tn v(Mi\. mon tils. s;iv(»ij- ([iM^h's sont les vertus qui li.i |)i-iii-nrciii 1rs iiir|»iiis;i))l<'v richcsM's lin royauriir tir iM'Mi. <'conl<' le prophète demnnrlant ;'i Dien qui habitera M»ii l;il)rni;ii |i' ^i (jiiisr rr|H.ser;i >iiis;i iiioiila,L;ne s;icr<'e. Laumeratiuu lies passages de l'Ecrilurf où se trouvent le? réponses de Dieu. Ces réponses sont au nombre de 15, fai- sant connaître chacune une vertu distincte. L'honunc qui possédera ces vertus olitiendra la réconq>ense éternelle. [XLTII.] Ut vir perfectus ^sse valeas adnioneo (1). Beatus ille vir qui, oh meritis dignis, adhuc terram(2) pergradiens (3), cœnoque et limo pedeni (4) conterit suc (5). Etjam nomen suum in regnuni habet transscriptum (6) supernum. (1) Ce titre ne se trouve que clans P. I^e u» du cha]). est xl daus N. (2) P, terra. (3) P, progrediens. (4) P, pede. (5) .Je propose de lire ainsi cette phrase : Beatus adhuc per terrain gradient, cœnum et limum pede conterit suo. (6) P, œternitatis scriptum. • Item ejusdem XL[III]. 8i lîosse vis, fili, qiialis sit ille vir, vel quales habeat vir- ilités lit taliter(l) ditetur, agmen copiilans dignitatum, et possessoratque friiitor sit regno tabernaculo Dei, audi Pro- phetani, ({uasiper similitudinem interrogatiouis ita dicen- tem : « Domine, quis habitabit in tabernaculo tuo, aud (2) qnis requiescet in monte sacro (3) tuo (4) ? Volo ut osten- das. » En (5) interrogationem audivimus. Sed quid ei res- ponderit Dominus scire et intelligero debemus. Ait nam- que :xl(6i; i(7), « Qui ingreditur sine macula (8); »
u. « Qui operatur justiciam (9) »; ni, « Qui loquitur veritatem ( 10) »; nu. " Qui non agit (11) in lingua sua dolum (12) » ; v. « Qui non lacil proximo(13) maluni (14) » ; vi, « Qui non jurât ul eum decipiat (15) »; vu, « Qui pe(c)cuniam ad (h)usura[m] non ladjcommodat (16) »; vni, « Qui obprobrium non intulit inproximo(17) »; vnii,« Qui munera super innocentemflS)»; X, « Qui inlatas injurias patienter tolérât (19) »; (Le septiè- me fraijtnent de N se termine ici/ xi, « Qui innocens est maiiibus r20) »; xn, « Qui mundus est corde et castus cor- Ci) P, talis. (2) P, aut. (3) P, sancto. (4) Paalni,, xiv, 1. (5) P, Et. (6) Ce chiffre ne sigûitîe rien, à moins qu'on ne le lise xv, qui est le nombre des réponses. (7) Les chiffres romains i, ii, m, etc., qui précèdent chaque réponse, doivent se lire primo, secundo, tertio, etc. (8) Psa l m., xiY, 2. (9) IbicL (10) Psalm., XIV, 3. Ces quatre mots ne se trouvent que dans P. (11) Pour egit. (12) Psalm., XIV, 3. (13) P, procûùno suo. (14) Psalm., XIV, 3. (15) Psalm., XIV, 4. (16) Psalm., XIV, 5. (17) Pour in proxirnum. (18) P, non accepit. Psalm., xiv, 5. (19) Souvenir de Eccli., iv, 9. (20) Psalm.* xxin, 4. pore(lj»; xiii, « Qui polest transgredi et non luerit trans- gressas (2)»; xnri, « Qui valet facere maliim et non fece- rit(3) »; xv, « Qui pauperi in quo valuerit manum porrexit suam (4) ». Iste in excelsa tabernaculorum Dei secunis potest habitare, et pro eo quod hona illius stabilita sunt in Deo, ad nihilum deductus est in conspectu ejus malignus. Iste in operibus perse verans dignis, timentes Deum glori. ficat semper. CHAP. XLIV. Des combinaisons du nombre sept flans leur rapport avec le parclou des injures. Les sept dons du Saint-Esprit et les huit Itéaliludes des évangélistes forment un total de trois fois cinq. Les calcu- lateurs disent : « Sept fois un font sept ; sept fois deux font quatorze. Ajoutez un et vous avez quinze. » De même, tu dis: « Sept fois sept font quarante-neuf . Ajoutez un et vous avez cinquante.
» En ajoutant ainsi une miiu'i à d'autres nombres, tu arriveras sans retard à un nombre puissant. Tu dis encore : « Sept fois onze font soixante- dix-sept ; sept fois soixante-dix font quatre cent quatre- vingt-dix. » Et de même : « Quatre fois un font quatre: quatre fois deux font huit. Ajoutez-y sept et vous avez quinze. « Au sujet de ces combinaisons . un sage dit de même : « Prenons sept et huit. » Tu dis encore : Trois fois trois font neuf. Ajoutez un et vous avez dix. « Etc. Il serait trop long , mon iils , de t'explif[uer en détail l'^s différentes signilications de ces calculs , mais je t'en dirai ({uclques mots pour (|ue tu n'y demeures pas étranger. Quand on dit sept fois sept, on provoque chacun de nous à la plénitude de la réparation. Si l'on y ajoute une unité, on exprime par ce total la grâce du Saint-Esprit, nous cor- (1) Souvenir de Prov., xx, 9. (2) Eccli., XXXI, 10. (3) Eccli., XXXI, 10. (4)Sou venir de Eccli. ^ vu, 36. rigeant. pour la rémission de nos péchés, on nous faisant faire réparation. C'est le pardon du psaume cinquantième, que l'on récite dans Tannée du jubilé, année de rémission et d'absolution. Quand on dit sept fois onze . cest pour la seule recommandation de ton corps, qu'obtiendra ta répa- ration volontaire. Quand on dit sept fois soixande-dix , c'est pour que tu remettes aux autres les injures dont ils se seront rendus coupables envers toi. Le calculateur dit : « quatre-cent-quatre-vingt'dix » comme s'il disait : « celui- là est mon frère plus qu'aucun de mes proches ou des au- tres hommes. » , Il faut pardonner non seulement les actions , mais en- cote les paroles dirigées contre toi. En luttant à travers les quinze degrés des sept dons et des huit béatitudes , tu t'élèveras peu à peu , mon fils , et je t'y exhorte , au sommet de la perfection , ainsi qu'on parvient au nombre cent en comptant de la main gauche à la main droite. En effet, les plus habiles calculateurs comp- tent les nombres avec les doigts de la main gauche jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf.
Mais lorsqu'ils parviennent au cen- tième , ils arrêtent immédiatement la main gauche et , joyeux , ils élèvent la main droite pour le nombre cent. Sur ce calcul au moyen des deux mains , tu trouveras écrit : « Ma tête reposera sur sa main gauche, et de la main droite il me serrera contre lui. » Que représente ici la main gauche, mon fils, sinon la vie présente, où chacun de nous se fatigue ? Et que réprésente la main droite , sinon la pa- trie céleste ? Que le Christ qui tonne du haut des cieux daigne prolonger ta douce vie jusque dans son éternité , en t'inspirant le bien à travers les (|uatre-vingt-dix-neuf degrés des calculateurs. Que celui qui a prolongé de quinze ans la vie du roi Ezéchias , prolonge heureusement la tienne , s'il est possible , pour de longues années. Que sa volonté soit faite. Amen. Avec la grâce de la sainte Trinité . qui vit dans les siè- cles des siècles, et avec la grâce du Saint-Esprit, ici se ter- minent ces béatitudes. Simbjiits. XLTV. [De septeui coiupoti (1) partibiis.] ^Septem namque dona Sancti Spiritus et viii Evan- gelistarum beatitiulines ter quinos gradus computantur ad sumnmiii. Dicit namque eompiitor (2) metranim (3) : Septies as (4), vu; septies biiii (5), xiiii. Addit (6) i et liunt XV. Item dicis : septies vu, xlviiii. Addit i et liimt l. Semper ad phires i adjuuge, et sic demmn ad*ie([iKilem et summum '7j sine mora pertingi valebit (8). Item dicis : Septies undeni, lxxvh ; septies lxx, cccc[x('.]. Rt^'item : quater as. quater; quater bini, vni. His junge vu. et fiunt xv. De quilius junctionem particulis (9) ait quidam sapiens ut supra : " Da partem vn nec non et vni. » Item cjusdem. Septies bini xc ilOj. Item dicis : Ter terni vnn. Addit i et tiunt d[ecem]. Bis nanujue d[ecem] m[illia] 1 1 1;. Honnii nani(|ue supputationem (juid inter se ditferanluri 12), iilL longum est enarrari per singula, et ne inuiuuiis ;i]) bujuscc niodi sensu incedas, in brevi explicabo sermone. Quod dicitur septies vn. ad plenitudinem satis- factionum nnnmqueiiKfue provocnt nostrum(l8|.
Qund ad- (1) Pour Compati. (2) Pour coinpvtator. (>■() Pour m?^rt)rn»i. (4) As représente l'unité. La phrase signifie : 7 fois 1 font 7. (5) 7 fois 2. ^')) Pour Additur . (7) S. -en t. niimeriim. (8) Pour pertingere valebis. (9) Pour de quarum junctione particiilarum.. (10) 2 fois 7 font 14 et non 90. Ce ckrnier chiffre est donc erroné. En outre, 14 n'est pas un diviseur de 90. (.1) Passage altéré nu incomplet. (12) Pour Hœ siipputationes in quo inter se differunt. (13) On attriiiuait, dans l'antiquité et le moyen âge, une extraordinaire puissance au nombre sept. Dès lors le carré de sept (7 fois 7) était quelque chose de plus significatif encore. didit il) unum, gratia (2) Sancti Spiritus in rémission em peccatorum nos metipsos corrigendo et per satisfactionem emendando. jubilationem psalmi quinquagesimi(3), in an- num videlicetjubeleum (4), qui etiani remissus ctabsolutus intelligitur, confirmât ad summum. Et hoc est quod in praescripto psalmo canis, ut credo, fréquenter : « Redde mihi Isetitiam salutaris tui, et spiritvi principali confirgia me (5). » Quod dicitur septies undeni, ad solam corporis tui commendationem unà cum satisfactione animi articulatim intelligi (6) dictum. Iterum quod dicit septies lxx , ad dimittendas aliorum injurias quos in te peccare senseris, agnoscere(7j semper. Et hoc est quod ait summus prin- cepsque apoStolorum : « Domine, quoties peccaverit in me frater meus, jubés ut dimittam ei usque septies (8) ? Dixit ei Dominus : « Non dico tibi usque septies, sed usque septuagies septies (9).» Dicit articulator: « Qua- dringenti xc (10), » ac si dixisset : « Plus quàm proximus vel quisquis, ille est frater. » Non solum [in] factis, sed etiam tibi in verbis sermo- num [cui] peccare possit, si fieri potest, plus et per am- plius ignosce. Et hoc est quod ait ipse Pins : « Si autem dimiseritis hominibus peccata , dimittet et vobis pater vester cœlestis vestra{ll) etc. » In has septemplices (12j formantium dona et in lias VIII (I) Pour additur. i2) Pour gratiam.
(3) 49 et 1 font 50, numéro du psaume : Miserere mei, Deus, secun- dum magnam misericordiam tuam.
(4) Pour jubil(Bum. Il s'agit de l'année du jubilé. Le jubilé, chez les juifs, était une soleiiiiité publique qui, se célébrant de cinquante ans en cinquante ans, amenait la rémission de toutes sortes de dettes, la resti- tution de tous les héritages aux anciens propriétaires, et la mise en liberté de tous les esclaves (Littré).
(5) Psalm., i„ 14.
(6) Pour intellige.
(7) Pour agnosce.
(8) Matt., XVIII, 21.
(9) Matt., XVIII, 22.
(10)490, produit de 70 X ">• (II) Matt., VI, 14.
(12) Pour in hœc septeniplic'ut .
partiumboatitudines, per XA'cios ( qi lindecies) gràduiim {i\ militando, te, gradatim, liorlor, meditanter(2). paulatim ascenderis, fili, ut ad centesimum de leva (3) in dex- tram, ad perfectioiiis acumeu faciliter valeas trauscurri (4) illsesus. Item. Nam articulatores peritissimorum (5)
usque xcviiii in sinistram partem computantur nodis (6), at vero cum ad centesimum summatim pervenerit, sta- tim cessât sinistra et gaudens ad c (centum) erigit (7) dextram. De qua supputatione ambarum (8) invenies scriptum : « Lœva ejus sub capite meo et dextera illius amplexabitur nie (9). » Quid in sinistra, lili, nisi prœsens intelligitur vita, in qua unusquisque elaborando(lO) vol- vitur nosti'um ? Et cjuid in dextera, nisi sancta et digna cœlestis ostenditur patria ? Altitonans e summo cœlorum vertice Ghristus vitam almitatis tuœ niultis in ejus, per xcvnn articulantium partes, bene vivendo, protelare dig- netur temporibus. Ipse videlicet qui Ezechice ter quinos [annos] auxit ad- vitam (11), augere dignetur tempora tua, et post multorum annorum curricula cursu, si fieri potest, faciat consummari felice. Sicut fuerit voluntas in cœlo, sic fiât. Amen.
Adjuvante Sanctœ Trinitatis gratià, qui (12) per infinita tempora vivit semper in sœcula, jam finiunt hae beatitudi- nes,adminiculantegratiâ Spiritus Sancti, et concluduntur in hoc quod scriptum est : « Gaudete, quia nomina vestra scripta sunt in cœlis (13).
» Ad quod gaudium et regnum te (1) Pour quindecim gradus. (2) Pour meditando. (3) Pour de lœva, s.~e. manu, c'est-à-dire en comptant delà main gauche à la main droite. (4) Pour transcurret^e. (5) Pour peritissimi. (6) Pour eomputant nodis, (7) Il faudrait le pluriel. (8) S.-ent. nianuum.. (9) Cantic, ii, 6 etviii, 3. (10) Pour lahorando, (11) Voyez IV, Reg., xx, 1 à 11. (12) Pour quœ, se rapporte à Trinitas, (13) Lucœ, X, 20. pius Dnminus gloriosusque rex ac semper magnificus triumphator miindi faciaf. fili, pervenire gaudentem. Amen. CHAP. XLV. Avi« particulier et très utile sur notre double naissance. Je me suis efforcée d'être ton guide en tout ce qui con- cerne les choses temporelles, pour que tu puisses marcher en sûreté et sans blâme dans la lutte du temps où tu vis, et abstraction faite des grandeurs de la contemplation. Maintenant, comme une seconde mère pour ton corps et ton esprit, j'aborde le combat de ton âme ; je veux t'appren- dre à lo poursuivre , avec l'aide de Dieu , jusqu'au bout , et à renaître quotidiennement dans le Christ. Les docteurs nous apprennent qu'il y a dans tout homme deux naissances, l'une charnelle et l'autre spirituelle. La naissance spirituelle est plus noble que celle de la «hair. L'une ne peut utilement exister sans l'autre dans le genre humain. Alin qu'elles s'adaptent l'une à l'autre , l'Apôtre dit : « Nous vivons avec elles et nous ne pouvons vivre sans elles. « Quoitjue ce passage soit susceptible d'un autre sens, je veux, pour diverses raisons , que tu t'en tiennes à mon interprétation. [XLV] (1). (Item.) Admonitio sln^ularis [et] utilissima de gremina nativitate scienda. Qualitas temporalium (2), ut, absque reprehensione , tempore dum vivis in militia actuali, sive dignitatis (3) contemplationum, securè et quietè valeas incedere, prout (1) Ce chap. est numéroté xliii dans P. (2) Pour Qualiter in temporalibus. (3) Je propose de lire : sine dignitate. — 19r> — valui ordinatrix libi adstiti iiicLmcLis. Nuiic vero deiuceps militiam animœ tuœ qualiter, auxiliaute Deo, ad summum usque perducas, velut genitrix secuuda corpore et mente, ut in Christo quotidie renascaris admonere non cesso.
Secundum dicta namque doctorum, duo nativitates in uno homine esse noscuntur, una carnalis, altéra spiritualis, sëd nobilior spiritualis quam carnalis. Una enim sine alia [non] utiliter potest in génère consistere humano, et ut ambœ dignius conveniant, Apostolus dicit : « Cum quibus [vivimus] et sine quibus vivere non possumus. » Et licet aliter (1) boc in loco volvatur sensus, pro certis differen- tium(2) causis, e.Lio volo ul ila teneas sicut fateor. CHAP. XL VI. Je désire que tu prospères dans la première naissance. Au sujet de la naissance charnelle, nul n'ignore que chacun de nous naît avec le péché. Quoique les questions qui nous occupent aient été quel- que peu traitées suivant les principes des Grecs, tu trou- veras plus bas et en détail ce que je veux que tu apprennes. L'enseignement de l'amour, en effet, vaut l'enseignement le plus savant, et porte sur toutes choses de vives clartés. [XL VI] (3). ut in prima nativitate vig^eas opto. De prima nativitate nullus ignorât quia cum peccato unusquisque nascitur nostrum. Et (quia) licet hsec sint secundum elementa Grsecorum in quantulumcumque [tractata] (4), subtus articulatim in- (1) Pour alter. (2) Pour di fferentibus . (3) P, XLIIII. (4) Mot que je propose de suppléer. venies qiiod volo et hortor ut dicas (li. Est eiiim ars (a) peritissimis digiia et valdè in runctis perlucide amatrix. CHAP. XL VIL Je t'avertis de persévérer dans la seronde naissance. L'Evangile dit de la naissance spirituelle : « S'il ne renaît de nouveau, nul ne pourra voir le royaume de Dieu.» Il dit de la naissance charnelle : « Ce qui est né de la chair est chair. » L'Apôtre t'apprend comment un homme de la seconde naissance peut être le père de plusieurs au- tres. Lis la vie de la bienheureuse Marie, mère d'un enfant si haut placé; lis celle d'Augusta, mère de saint Sympho- rien, citoyen d'Autun : tu verras comment elles ont été à la fois, dans le Christ, des mères selon la chair et selon l'esprit. Par l'Evangile, par la sainte prédication ou par l'exemple des bonnes œuvres, beaucoup de chrétiens ne cessent d'engendrer des fils à l'Eglise.
LXLVII] (-2). Ut in sceunda persévères aiiinoneo. De secunda namque nativitate, quod est spiritualis, ait Evangelium : « Nisi quis renatus fuerit denuo (3j, etc. » Dicit de prima : « Quod natum est ex carne caro est (4). » Addidit de secunda : « Et quod natum est ex spiritu, spiri- tus est (5). » Qualiter homo secundie nativitatis pluribus possit esse genitor, audi Apostolum : « Filioli mei, quos tantum parturio, donec Christus in vobis firmius forme- (1) Pour discas, {2) P, XLV. (3)./oaw., ni, 3. (4) Joan,, m, 6. tur (1). » Et item Evangelium : « In quid (2) ego vos ge- nui(3). » Et hoc tantum regenerationis augmentum (4) multipliciter plurimis extiterunt genitores. Lege beatam Mariam, illam matrem pueri celsi (5), et beatam Augustam, matrem sancti Simphoriani, Augustodunensiumcivem (6), qualité!' primée et secundse nativitatis génitrices in Ghristo suis extiterunt prolibus (7). Et multi tune (8) et nunc et semper, [qui] per Evangelium (in quid) etdoctrinam sanctœ prsedicationis, vel exemplum conversationis operum bono- rum, quotidiè in sancta Ecclesia non desinunt generare filios. CHAP. XLVIII. De la première et de la seconde mort. La première mort est le départ du corps pour des régions heureuses ou funestes. La seconde mort est la mort de l'ànie. [XLVIII] (9). De prima et «ecunda morte. Mors prima, transmigratio est corporis sive in bonam, sive, quod absit, in aliam partem. Mors secunda, mors intelligituranimae. (1) Galat., IV, 19. (2) Pour quo. (3) Cette parole n'est pas dans l'Evangile, mais elle est un souvenir de I, Cor., IV, 15, oii il est dit : « Naw. in Christo Jesi( per Evangelium ego vos genui . » (4) Je jiropose Je lire : tanto.... augmenta. (5) Jésus. (G) Saint Sympliorieii fut marlyi-isé à Autun vers 179, po;;r avoir rtfusé de sacrifier à Cylièle. Sa mère l'exhorta elle-même à souflrir avec courage. (7) 1/6 singulier vaudrait mieux. (8) Pour su>it. (9) P, XLVI. Licet diverses sint mortes in sensu ohvolutse, tumen hie duse consistunt. CHAP. XLIX. ^ Con«idèrc la première mort.
Nul homme ne peut l'éviter. Paroles de Josué mourant. [XLVIIII] (1). [CJt mortein primam conf^picias flenuncio.] Primam nullus evadere potest hominum, sicut dicit Psalmista : « Quis est homo qui vivit et non videat mor- tem(2)?» Subaudis nullus, namcum proies ejus, emissa (3) luce, migrasset e sœculo, ait genitor : « Haec.est via uni- versae carni[s] (4). » « Ego sequester (5) ejus ero, deinceps vadens, et non revertar ultra (6). » Sic et alius, cum ad forum proximasset morti[s], ut (7) subditis suis : « En ego hodie viam ingredior universse terrae (8). » « Auscultate sermones et verba oris mei(9), quia nomen Domini invo- cabo. » (1) J'ai placé ici ce numéro et ce titre de chapitre, qui manquent dans P. (2) Psalm., Lxxxviii, 49. (3) Pour atnissa. (4) Souvenir de Gènes., vi, 13. (5) Deuteron., y, 5. (6) Ce passage est un amalgame assez confus de mots tii'és de quatre passages différents de l'Ecriture : Leîit., v, 5 ; I, lîeg., xv, 26; Jerem., XXII, 10, et Oseœ, v, 15. (7) Pour ait. Il s'agit de Josué mourant. {8) Josue, xxiii, 14, et III, Re(j., ii, 2. (9) Gènes., iv, 23. CHAP. L. Il faai lutter pour éviter la seconde Mort. L'homme peut l'éviter, s'il lutte courageusement. Heu- reux celui qui, au milieu des troubles de ce temps, saura combattre pour mériter l'honneur des récompenses divines. Pour rivaliser dignement avec eux, mon fils, tu dois fré- quemment lire et prier, suivant mes conseils, avec une ferveur croissante dans le Christ. [L] (1). Ut mortem accundam fug^ias certare. De morte autem secunda potest evadere homo, si vult et si certaverit digne. Ait enim quidam : « Cum (2) vicerit non Isedetur a morte secunda (3), sed faciam illum colum- nam in templo meo. Scribam super eum nomen meum et nomen civitatis novae Jérusalem (4), ponamque eum sicut signaculum (5j in conspectu meo. Insuper dabo ei edere de ligno quod est in paradiso Dei(6). » Beatus ille qui inter fluctuationes seculi hujus (7) ita certaverit ut talis (8) sit dignus cumulari honore. Obliviosus mortem (9), vitam sine defectione cum sanctis possidebit eeternam.
Et, ut tali emulatui(lO) adhœrere valeas, iîli, secundum admonitio- (1) P, XLVII. (2) Pour Qui. (3) Apoc, II. 11. (4) Apoc, III, 1'?. (5) Agi/., i\,24. (6) Apvc , 11, 7. (7) Nouvelle allusiou aux troul)les qui suivirent la mort de Louis le Dèbounaire. (8) Pour tali. (9) Pour rAortix. (10) Ce mot n'ajipartient pas au latin classique. nem meuiii, et tua[m) in Christu adcresceiite voluiilate, fréquenter debes légère, fréquenter orare. CHAP. LI. Adonue-toi à la lecture et à la prière. Dans les saintes lectures, tu trouveras ce que tu dois demander à Dieu, ce que tu dois éviter et ce que tu dois suivre. Tu y trouveras un enseignement pour tout. L'Apô- tre nous recommande l'assiduité dans la prière quand il dit : « Priez sans cesse. » Jérémie, dans ses Lamenta.- tions (1), dit de même : « Que la pupille de ton œil ne se taise point. » Est-ce donc qu'il faille toujours prier, ou que les yeux profèrent des paroles? Non, mais il faut entendre par là que tout ce que tu auras accompli de bien dans cette vie, tout cela priera sans cesse pour toi. Si tu répands des larmes sur tes erreurs et sur celles des autres, tes yeux mêmes crieront certainement et prieront vers le Seigneur. [LI] (2). Ut in lectioue et oratione vig^eas adtnoneo. In leclionc etenim sancta invenies quid orandum sit et quid vitandum, quid cavendum, quid etiam sectandum, vel quid in omnibus debeas observare. Cunctatibi ibidem patebunt. De assiduitate orationis admonet nos Apostolus dicens. « Sine intermissione orate(3). » Et item alius (4) : « Non taceat pupilla oculi tui (5). » Numquid semper oran- dum est, aut oculi clamant? Non, sed est sensus : quidquid enim bonum egeris in saeculo, ipsumincessanterorabitpro te ad Dominum. Si pro tuis atque aliorum erranlibusfO) (1) Threni. (2) P, XLVIII. (3) I, Thess., V, 17. (4) Jérémie. (5) Thren., ii, 18. (6) Pour erroribus. lachrynias ad Deuni l'uderis tuas, ipsib pupillaî pro certo clamabunt et orabunt ad Dominuni. 1) : hoc adhortor, ut adsistat et Mundus(l). Lege et ora ut Exauditor omnium aurem suam diftiieturaccomodare tibi.
CHAP. LIT. Du passé, flu présent et du futur. Prie pour le passé, afin de ne pas oublier les fautes que tu as pu y commettre. Prie pour le présent, afin d'éviter de pécher. Prie pour le futur, afin de te garder du mal dans l'avenir. [LU.] [Oe prieteritis, praesentibus et futaris.J Ora pro prœteritis, prcesentibus et futuris. Praeterita (2) , si negiigens fuis ti, ut obliviosus maneas ex ea (3) ; prœ- sentia(4), mala ut fugias semper ; futura(5), ut caveas et nunquam in te adhîBreat(6) ultra. CHAP. LUI. Prie pour tous les membres de l'Égflise. (1) Je propose de lire : ut adsistat te Mundus, « afin que le Dieu trè.s pur te vienne en aide. » (2) Pour Pro prœteritis , (3) Pour ne obliviosus maneas illorum (s.-ent. prœteritorum) . (4) Pour pro prcesentibus. (5) Pour pro futuris. (6) Pour adhœreant (s.-ent. mala). [LUI.] [Qnaliter pro omnibus g^radlbus Eocleslœ ores inslnuo.] Ora, ut vales, pro omnibus gradibus ecclesiarum (1)-. CHAP. LIV. Pour les évèques et les prêtres. Prie d'abord pour les évêques et les prêtres, afin qu'ils élèvent de pures prières, pour toi et le peuple entier, vers le Seigneur. [LIIII.] [Pro episcopis et sacerdotlbus.] In primis, pro episcopis et sacerdotibus cunctis, ut dignas et mundas pro te et pro universali populo ad Deum valeant fundere preces. OHAP. LV. Prie pour les rois et leur grandeur. Prie pour eux et leur puissance, afin qu'ils maintiennent ferme dans le Christ la religion de l'Eglise universelle, et qu'ils gouvernent leur royaume terrestre de façon à mèi'itfr le royaume des cieux. (1) Pour Ecclesiœ. [LV.] [Pro reg:ibuB el sublimitate eorum.] Pro regibus et cunctis sublimibus illorum, ut firmam in Christo teneant religionemuniversalisEcclesise, regnum- qiie terrenum ita cum pace disponant ut illum acquirant cœlestem. CHAP. LVI, Prie pour ton seig^neur (1). Prie pour lui, afin que Dieu accroisse la force de son corps et de son âme, lui fasse mépriser les obstacles, le rende prudent et vigilant dans la prospérité, et le maintienne en toutes choses dans le bonheur et l'éclat du rang suprême.
Prie pour lui, afln qu'il daigne conduire à son plus haut développement, par la crainte et Taffection, la force de ta jeunesse. [LVI.] [Pro (seniore tuo. Ora etiam pro seniori (2) tuo, ut augeat illi Deus fortitu- dinem corporis et animse, adversa pro nihilo putet, pros- péra (3) nanique et prudens vigilque atque prseclarus, in cunctis lœtus incedens fulgeat semper, tuumque pubertatis vigorem cum metu timoris et prudentin(m) amoris dignetur ad summum perducere statim(4j. (1) C'est Charles le Chauve. (2) Pour seniore. (3) Pour in prosperix. (4) Pour staium , CHAP. LMI. Prie assitluement pour ton père. Prie assiduemeiit pour ton père, et fais prier pour lui par les diverses catégories d'ecclésiastiques, afin que Dieu lui donne pendant sa vie la paix et la concorde, s'il est possible, avec tous; qu'il fasse réussir ses desseins par la patience et le courage, et, qu'après sa mort, il l'admette dans le royaume céleste, grâce aux fruits de sa pénitence et à la libéralité de ses aumônes. Amen. [LVII.] rut pro geuitore tuo asisidiie ores admoneo.] Pro genitore tuo hortor et admoneo ut pro eo frequens et assidue orator sis, atque cseteros ecclesiasticorum gra- dus pro illo exorare facias, ut det illi Deus, tempore dum vivet, pacem et concordiam. si fieri potest, cum omnibus, animumque suum fortiter cum patientiis vigore(l) faciat superare in cunctis, etpost expletum vitse prsesentis, cum fructu pœnitentife et elemosinarum largitate, ad regnum, si jubet, faciat pervenire supernum. Amen. CHAP. LVIII. Prie aussi pour tous ceux, qui suivent. Finis au« mots : « Et pro onini populo sanrto Dei. » 11 faut prier pour ceux qui so nuisent par les discordes et los procès, afin que la paix de Dieu, qui surpasse toute opinion, garde leur cœur et leur intelligence, et les fasse (1) Pour cum patientiâ et vigore. s'accorder en paroles ol en actes, pour glorifier Dieu d'un seul élan et d'une seule bouche. Amen. Il faut prier pour ceux qui sont en chemin, aiin que Dieu leur accorde un heureux voyage ; pour les navigateurs, afin qu'ils puissent entrer au port de salut ; pour les malades^ afin que Dieu leur donne le salut de l'âme et la guérison du corps, et que, sortis de leur lit de douleur, ils puissent louer et bénir Dieu dans les églises ; il faut prier pour les affligés, les persécutés, les indigents, les victimes de la misère, et pour les catégories que j'omets ici.
Lis les orai- sons de la sixième férié, c'est-à-dire du vendredi saint.
Tu y verras qu'il faut prier pour le peuple entier. L'une d'elles dit, en effet, « Et pro omnipopulo sanctn Bel. »
[LVIIL]
[Item, pro omnibus c|ii*i 8ct|uuntur. Concludo in lioc ubi dicitur : « Et pro oinni populo sancto Oei. »]
Pro adversantibus et discordantibus atque calumnianti- busorandum est, ut pax Dei, qiise exsuperat omnem sen- sum, custodiat corda et intelligentias eorum, faciatque eos concordare verbis et factis, ut uno animo, uno ore, glori- ficent Deum qui régnât in cœlis. Amen. Pro iter agentibus, ut pro spiritu (1) et congruum iter illis tribuat Deus ; pro navigantibus, ad portum salutis [ut] valeant exire (2) gau- dentes ; pro infirmis, ut det illis Deus salutem animae et corporis medelam, atque a lecto segritudinis erecti, in ec- clesiis valeant laudare et benedicere Dominum ; pro afflic- (1) Au lieu de pro spiritu, il faut lire prosperutn. Il est probable que cette faute de copiste, comme la jilupart de celles que nous relevons dans le Manuel, est imputable au copiste de P, et non au ras. de Pierre de Marca. Ces erreurs s'expliquent d'ailleurs facilement par la confusion que des copistes peu érudits pouvaient faire entre certaines abréviations. Les paléographes savent que l'abréviation de pro spiritu ressemble assez à celle Ae prospericm.
{2) Pour ire.
tis, pro tribiilantibus, pro indigcntibus et pro necessitate[m] patienlibus, vel pro his gradibus quos hic prcetermisi.
Lege in oratione (1) feriae vi(2), die videlicet passionis do- minicse(3), et ibidem invenies qualiter pro universa plèbe sit orandum. Dicit enim in una ex illis, post plura : « Et pro omni populo sancto Dei(4), etc. »
OHAP. LIX.
Prie pour toua les fidèles défunts, pour ceuv de mérites médiocres comme pour ceux de garantie vertu.
Prie pour eux, afin que le Christ les secoure et daigne recevoir leurs âmes dans le sein d'Abraham. Prie afin quils méritent de trouver le repos et le rafraîchissement dans l'éternité. Dans les offices des défunts, comme disent les docteurs, il y a, à leur usage, trois espèces de secours.
En premier lieu, à. l'intention de ceux qui possédaient de hau- tes vertus, il y a les actions de grâces. En second lieu, à l'intention de ceux dont les mérites étaient faibles, il y a la propitiation.
(4) Je propose de lire : in oratîonibus.
{t) La 6« férié répond au vendredi. « L'usage s'introduisit d'appeler Fériés les six jours de la semaine ordinaire, bien qu'ils ne soient pas fériés, parce qu'on nomma d'abord ainsi les six jours de la semaine de Pâques, lesquels étaient réellement chômés et exempts de tout travail, comme le dimanche. » (L. de Mas Latrie, Glossaire des dates, Paris, 1883). La première férié est le dimanche , la deuxième le lundi, et ainsi de suite jus- qu'à laseptième, quiest le samedi.
(3) Le vendredi saint. Ce passage montre que le terme de fériés ne s'appliquait encore, au temps de la rédaction du Manuel, qu'aux jouis de la semaine de Pâques.
[k) Ces indications sont intéressantes pour l'histoire de la liturgie. [LVTIII.]
[Ut pro omnibus fldelibus «lefiincUs ores, pro valde bonis et pro non valde bonis.]
Ora etiam et pro omnibus fidelibus defunctis, iit eis piiis subveniat Christus, et in sinu Abrah;e animas eorum col- locare dignetur, ut requiem et refrigerium in futurum mereantur accipere cum sanctis. In sacrificiis (1) defunc- torum, ut aiunt doctores, tribus modis eorum agitur ordo elemosinarum. Pro valde bonis, gratiarum actiones sunt.
Pro non valde bonis, propitiationes.
CHAP. LX.
A l'intention des g:rau<lti coupables, c'est par l'aunidne que tu dois intervenir.
En troisième lieu, pour les grands coupables, il faut donner. Pourquoi? Parce que, s'ils n'y gagnent pas le salut, ils peuvent du moins recevoir quelque repos par les mérites des pauvres. Et cependant, comme on ne peut savoir à l'in- tention duquel d'entre nous Dieu accepte nos offrandes, il faut donner pour tous, et ces dons doivent être, sans excep- tion, reçus par les fidèles ministres de la sainte Eglise, à moins, ce qu'à Dieu ne plaise, qu'ils ne soient à l'intention de ceux qui ont dévié de la foi en la Sainte Trinité, ou qui, abandonnant leur salut, ont fini leurs jours dans le pire.
En eiret, Dieu connaît les cœurs de tous et il grave l'image des siens. Nous ne devons désespérer de personne, mais prier pour tous. Sans doute, au jour du jugement, le Dieu clément a pitié de sa créature, car l'Apôtre, ému de compassion pour les âmes des fidèles et des infidèles, disait, en pous- sant de profonds gémissements : « Quand je reviendrai parmi vous, puisse Dieu ne pas m'humilier en vous ; puissé- (1) Mot tout païen. je n'avoir pas à pleurer sur ])eaucoiip do pécheurs impéni- tents ! » Il faut prier pour tous, surtout pour ceux qui ont reçu la grâce du baptême, quoiqu'ils aient péché et soient morts sans faire pénitence. Pour ceux-là, il faut double- ment pleurer et doublement prier. Dialogue d'un esprit et d'un vieillard sur les peines des défunts. En efTet, un esprit répondit à un vieillard qui l'interro- geait : « Nous qui n'avons pas connu la Loi et qui n'avons jamais reçu la grâce du baptême , nous souffrons des peines un peu plus tolérables. » C'est comme s'il eût f)it : « Personne ne nous a guidés. » « Mais ceux qui ont connu la puissance de Dieu, qui ont reçu le baptême et la foi de la Sainte Trinité, et qui, après leur initiation, sont morts sans le fruit de la pénitence, ceux-là souffrent des tour- ments plus cruels que les nôtres. » Le vieillard dit alors : « Et quelle est votre peine ? » La voix répondit : « Autant il y a de distance du ciel à la terre, autant il y a de feu sur ma tète et sous mes pieds. Moi et ceux de ma condition nous sommes au milieu. Mais ceux dont j'ai parlé, plongés, sous nos pieds, au plus profond de l'enfer, y souffrent d'épouvantables tortures. » Alors le vieillard commença de gémir et dit en sanglotant : « J'ai cinq frères, etc. » Si quelqu'un pèche et ne se repentpas, que lui arrivera- t-ir? Écoute l'Evangéliste, qui dit : « Liez-lui les mains et envoyez-le dans les ténèbres extérieures. » Il faut prier pour ceux qui tombent, afin qu'ils se relèvent, et pour ceux qui sont debout, afin qu'ils ne tombent pas. Si tu tombes dans une faute, ne désespère pas, mais fais pénitence et confie-toi dans le Christ.
Quand, avec l'aide de Dieu, tu te seras relevé, ne cesse d'avertir les tiens de se relever aussi. Il faut prier pour tous, surtout pour ceux qui ont reçu la foi du Christ, et non-seulement pour les étrangers, mais encore, et plus ardemment, pour les membres de notre famille. Je te dis cela pour parvenir au but que je désire : je t'avertis, quoique près de la tombe, de prier pour tous les défunts, mais surtout pour ceux dont tu descends dans le siècle. [LX.] [Pro [valde nialis] in iiieritis dig^na invcnies qiiid ag^as.] Pro valde malis in meritis, queo (I), dandum est. Quare ? Quia, si non proficit ad eorum animarum lucra , ex me- ritis alionim, illorum videlicet paupenim, quietis (2) ut refocillentur accipiunt. Et tamen, quia incertum est ho- mini in cujus meriti munus accipiat Deus, pro omnibus est dandum, et a fideliljus sanctœ Dei Ecclesiœ ministris pleniter recipiendum, nisi pro eis forte, quod absit, qui a lide Sanctie dérivant Trinitatis, vel qui, in desperatione positi, dies in pejus liniunt suos. Deus enim novit omnium corda et figente !'3j figmentum suorum. Non est nobis in ullo desperandum, sed pro omnibus fideliter implorandum. Forsitan misère tur Pius racturœ suoe in judicio, nam Apos- tolus, non solum pro iidelibus, sed etiam pro infidelibus, dignissima animarum compassione, in se cum rugitu re- currens lamentu(4), ita ejulans dicebat : « Lugcam ex bis multo amplius qui antc peccaverunt et non egerunt pœni- tentiam (5), etc. » Ego enim puto quod et pro eis lamentum dedisset qui ante diluvium peccaverant et in ipsa inunda- tione interierant aquarum (6), vel certè pro eis qui ac- cepta lege peccaverunt et ante pcenitentiœ fructum ad mor- tem pervenerunt acerbam. Unde idem apostolus ait ; « Qui in lege peccaverunt, pro lege justificabuntur(7), etc. » Pro omnibus est orandum, maxime pro his qui gratiam baptis- (1) Pour quœso. (2) Je propose de lire : quietem. (3) Je propose de lire figit. (4) Ce mot n'est pas latin. Je propose de lire lamenti, ou lamentœ, ou mieux encore lanientorum.
(5) II, Cor., XII, 21. Ce passage est mal reproduit. Saint Paul dit : « Ne.,., lygeam-multos ex lis qui ante peccaverunt, etc. »
(6) Cette idée n'est guère dans la pensée de saint Paul, qui s'adresse tout simplement aux Corintiiiens.
(7) Rom., II, 12. Ces trois mots ne sont pas tout à fait ceux de saint Paul : per leyem judicabuntur.
matis accepei'Unt, etsi aliquid deliqueruiit et ante defunc- tionis tempiis pœniteiitiara non egerunt. Quid aliud pro eis, nisi duplex lamentatio et crebra (est) exhibenda oratio ? Nam, cum spiritus ad interrogationem cujusdam senis responderet, ait : « Nos qui necdum legem novimus nec gratiam baptismatis unquam accipimus ( 1) , quantulumcum- que toUerabiliora nobis pena (2) manent, « ac si dixisset : « Nemo nos conduxit. » « Illivero qui, agnitaDei virtute, cum(3j Sanctœ Trinitatis fide, baptismatis gratiam acce- perunt, et post agnitionem absque fruct-a pœnitentise dies imierunt suos, duriora nobis sentiunt tormenta. » Tune dixit senœ (4) : « Et qualis est pœna vestra ? » Respondit vox : « Quantum distat cœlum a terra, tantum est ignis super caputmeum et subtus pedes meos. Egoautem, cum meis similibus, in medio stamus. Hi autem quos dixi, subtus pedes nostros in profundissimum (5) inferni imma- nissima sentiunt tormenta. » Nunc (6) senex cum rugitu cœpit lamentare, dicens : « Habeo autem quinque fra- tres(7), etc. » Et quid accepisset responsum patet cunc- tanter(8). Si peccaverit quis et non emendaverit, quid eveniet ei ? Audi Evangelistam : « Ligate ei manus et pedes, et mittite eum in tenebras exteriores(9), etc. » Oro enim ul talis sermo inauditor sit tui (10), et, ut ne fiat, emendan- dum est semper. Orandum est pro ruentilnis, ut surgant ; pro stantibus, ne cadant. De stantibus dicit Apostolus : « Qui stat videat ne cadat (1 1). » Quid de aliis dico ? Hoc in te ut considères opto, et si, quod absit, in aliquo elapsus (1) Pour accepimus.
(2) Pour tolerabiliores. ... pœnœ.
(3) Dans P, cum est mis après fide, ce qui n'a pas de sens.
(4) Pour senex. (5) Pour profundissimo. (6) Pour Tune. (7) Ces quatre mots appartiennent à la parabole de Lazare (Luc., xvi,28), dont certains éléments ont inspiré ce curieux dialogue, mais qui en diffère notablement. Voyez Luc, xvi, 19 à 31. (8) Je crois qu'il faut lire : haud cunctanter, (9) Matt., XXII, 13. (10) Pour non inauditui sit a te. (11) I, Cor., X, 12. eecideris delicto, non desperes, sed emenda et confide in Illum de quo ait apostolus idem : « Surgis (1) qui dormis, et exurge a mortuis, et illuminabit te Christus (2) ». Si euim, auxiliante Summo, surrexeris, tuos, ut surgant, ad- monere ne cesses. Prout vis est orandum ut supra pro delunctis, ut resurgant in Christo. Talis est ténor tenendus in vivis (3), ut considèrent se morituros, et pro se iterum vivis necesse habes orandi. Et si quod dixit Apostolus pro ignorantibus luxit, quid in domesticis (4j ? Orandum est pro omnibus, maxime pro bis qui fidem Christi accepe- runt, et non sdiumpro extraneis, verum etiam pro domes- ticis, hoc estproximis et propinquis parentum nostrorum, maxime crebriùs orare debemus. Hoc itaque dico ut ad id perveniam quod desidero. Admoneo te, licet moritura, ut pro omnibus defunctis ores, maxime autem pro his ex quibus tu originem trahis in sseculo. CHAP. LXI. Prie pour !•§ défunts parents de ton père. Prie pour les parents de ton père, qui lui ont laissé leur fortune en légitime héritage, et dont tu trouveras les noms à la fin de ce livre. Quoique l'Écriture dise : « Un étranger profitera du bien d'autrui, » ce ne sont pas des étrangers qui possèdent l'héritage de ces défunts, c'est ton seigneur et père Bernard. Si tu te conduis vis-à-vis de lui en fils digne et soumis, il accroîtra pour toi le profit de ses fra- giles dignités. Si, grâce à la faveur divine, ton père peut en distraire quelque chose et te le donner, prie encore davantage pour que les âmes de ceux dont il tient ses biens lui fassent obtenir une augmentation de richesse. Les soins nombreux qui l'occupent ne lui laissent pas le temps de prier pour ces âmes ; mais toi qui en as le pou- voir et le loisir, fais-le sans relâche.
(1) Pour Surge. (2)Ephe5., V, 14 (3) Pour vivos, (4) Pour domesticos. [LXL] [Pro defnnctis parentibus g^enitoris (ui ora.] Ora pro parentibus genitoris tiii, qui illi res suas in légitima dimiserunt hereditate, qui fuissent, vel quorum nomina in capitulis liujus libelli, in tine, invenies cons- cripta (1 j. Et licet Scriptura dic^t : « In bonis alienis gaudet altus (2j ; » tamen eorum, ut prœdixi, hœreditates (Ici com- mence le huitième fragment de N) non extranei, sed tuus possidet dominus etpater B[ernardu]s. In tantum quodilli rcmanscrunt, ora. Pro(3)possidentes (4) ora, ut eis vivens multo fruaris féliciter tempore. Credo enim quod si digne ethumiliter erga eumcertaveris, pium tibi ex hoc augebit incrementum fragilitatis(5) dignitatum suarum. Si, con- cedente(Gj prius clementia omnipotentis Dei, tuus genitor aliquid exinde tibi jusserit largiri, in quantum valueris per amplius ora (7) ut illi merces adcrescat ex eorum ani- mabus quorum cuncta fuerunt. Ex occupationibus enim multis illi non licet ad tempus. Tu vero, dum vales et li- centiam habes, pro animaljus eorum jugiter ora. CHAP. LXII. Prie |)our le neiguenv Théotloric et pour tous les autres défunts, aOn ffu'ils reposent en paix. Il ne faut pas oublier de prier, mon fils, pour celui qui, te prenant dans mes bras, t'adopta pour fils dans le (Ij Voir le chap. lxxii. (2) Pour alius. Ce passage est un souvenir de Ecclû, xiv. 4, oti il est dit : « Qui acervat ex aninio suo injuste, aliis congregat, et in bonis illius alius luxuriabitiir . » (3) P, hoc, m. 1. (4) Il est probable qu'il faut Vivepossidente, s.-e. Bernardo. (5) P, frugalitatis, m. 1. (6) P, Sicut, cèdent e, m. I. (7) P, per ampliora, m. 1. — Î^13 — Christ par le baptême de la régénération (1). Quand il vivait, il s'appelait le seigneur Théodoric ; maintenant il n'est plus. Il eût été en tout ton guide et ton ami si cela lui eût été permis. Il a été reçu, sans nul doute, dans le sein d'Abraham. Te laissant dans le siècle comme un enfant premier-né, il a légué tous ses biens à notre maître et seigneur (2), afin qu'ils te soient entièrement destinés.
Ordonne souvent, autant que tu le pourras, des prières pour ses fautes, s'il en a commis et ne s'est pas repenti ; ordonne-les nombreuses et particulières, aux offices de la nuit, à matines, à vêpres, et aux autres heures ; ordonne- les dans beaucoup de lieux, et que beaucoup de personnes y prennent part. Que le sacrifice de la messe soit fréquem- ment offert pour lui; que de saints prêtres y prient et que des aumônes y soient distribuées aux pauvres. Indication des prières que Guillaume doit dire quand il priera pour Thédoric. Il faut faire dire des messes et des offices, non-seulement pour lui, mais encore pour tous les fidèles défunts. Nulle prière ne vaut mieux, dans cette intention, que les liba- tions des sacrifices (c'est-à-dire le vin du calice, la messe). [LXIL] [Pro «loniiio Tlieuderico quondain et pro omnibus iterum defiinctis, ui requiescant in pace, ora.] Nec hoc pi-setereundum est, fili, de illo qui te, ex meis suscipiens brachiis, per lavacrum regenerationis filium adoptavit in Christo. Nomen autem ejus apellatus (3) est, dum vixil, domniis Teodericus (4), nunc vero condam(5). (1) C'est-à-flire fut tou parrain. (2) L'empereur. (3) P, appcUatiim. (4) P, Théodoric us. (5) P, quondam. Niitritor ctenim {\) atque amator tiins fiierat (2) in cunctis, si ei licuisset. Suscepit eum, utcredimus, Abralie (3) sinus. Te quasi primogenitum parvulum relinquens in sseculo, suo (4) cuncta domno et seniori nostro, ut tibi prodesse (5) valerent in omnibus, remanserunt (G). Pluriora enim (7) et speciali[a] cum plurimis in nocturnis, matutinis, ves- pertinis, cœterisque [hjoris (8), per [hjoraium tempora et spatia locorum, pro ejus delictis, si aliquid injuste egit, seternum (9) pœnituit, in quantum vales, cum valde bonis pluraliter, in quantum potes, per orationes sanctorum sacer- dotum, et elemosinas in pauperibus erogando, Domino sa- crifitium (10) pro eo offere jubeas fréquenter. Cum enim pro eo ad Deum (1 1) tuas eflunderis (12) pneces (13) die capitula- tiones tali modo : quinque fl4) Requiem œternam, etc.; quin- que [Ib) Anima ejus in bonis demorentur (16) ; quinque (17) In memoria œterna erit justus, vel sicut melius nosti.
Cum compleveris hiec, die orationem : « Collocare digneris, Domine, corpus et animam famuli tui Theoderici (18) in (1) P, etiam. (2) Pour fuisset. (3) P, Abrahœ. (4) Pour sua. (5) P, prodesse tibi. (6) Voyez la note 2 de la page 54. (7) P, autem. (8) Le mot heures s'applique, dans le langage liturgique, à des chants et à des prières qui, dans l'Église catholique, constituent un office reli- gieux pour certaines heures, soit du jour, soit de la nuit. Ces heures sont au nombre de sept, savoir ; matines et laudes, pritne, tierce, sexte, none, vêpres et compîits. Les différentes heures canoniales sont compo- sées de psaumes, de cantiques, d'hymnes, de leçons, de versets, de ré- pons, etc. (9) P, et non, b. 1. (10) P, sacrificium. (11) P, Dominum. (12) P, effuderis. (13) Y>,preces. (14) Mot omis dans P. (15) Mot omis dans P. (16) P, denioretur, b. 1. (17) Mot omis dans P. (18) P, Theodoriçi. sinibusHabrahe (1), Ysaach (2) et Jacob, ut cum dies agni- tionis tuse venerit, inter sanctos et electos tuos eum resu- citari(3) praecipias, perDominiim. » Missarum (4) namque et sacrifitioriim (5) sollempnia (6) non solum pro eo , verum etiam pro omnibus fidelibus defunctis fréquenter facias offerri. Nulla enim oratio in [h]ac parte melior, quam sacrifitiorum libamina. Dicit (7) de viro fortissimo Juda : « Sancta et salubris est cogitacio (8) orare pro mortuis et pro eis sacrifitium ofïerre, ut a peccatis sol- vantur(9). » Requiescant in pace. Amen. OHAP. LXIII. Même isiiijct, et notainmeiit pour (on père [Théodorlo] . Suis donc, mon fils, les avis que je te donne, et surtout pense à l'âme du seigneur Théodoric, de bonne mémoire, et agis pour le mieux à son intention. Pour le reste, prends courage dans le Seigneur. Conseils. (1) P, Abrahœ. (2) P, Isaach. (3) P, resuscitare . (4) Ce mot commence, dans N, le chap. Lxii, qui se termine, dans le même ms., au mot Amen, comme le cliap. lxii de notre édition. Dans P, le mot Missarum commence le chap. lxi. Il y a là. dans les deux mss., un défaut de correspondance évident avec la Table des chapitres.
(b) P, sacrificiorum.
(6) P, soîem,nia.
(7) Pour Dicitur.
(8) P, cogitatio.
(9) II, Machab ., xii, 46. Judas Machabée, à la suite d'un combat heureux, nt oSrir un sacrifice pour les péchés de quelques juifs qui avaient dérohé cert:\ins objets des temples ennemis, et qui avaient été tués. C'est à cette occasion que le second livre de? Machabées contient le verset cité. LXIII (1).
[Item, specialiter pro pâtre.]
Tu crgo, fili, âge ut lilii (2) ad[h]ortans moneo, maxime de anima divse (3) [et] bonœ pnedicti memoriœ, sicut melius nosse valebis (4). De cœtero conlbrtare in Domino et in potentia virtutis ejus. Tempore quo (5) in sœculo consu- maverig isto, benedic Deum et pete (6) ut vias in cunctis dirigat tuas. Consilia namque tua in ipso semper perma- neant. Qui (7) benedixit domnum Abraham, Ysaach et Jacob, Moysen et Levi, suam super te dignetur ad sal- vandum excitari (8) potenciam, ut cum prfedictis personis merearis partem [h]abere [in] regno sine fine mansuro.
Amen.
OHAP. LXIV.
Des dfvîsiouis et des combinaisonfii des nombres.
Je me suis utilement servi, pour écrire le présent livre, de divers autres ouvrages, mais la méthode qui m'a guidée, c'est de choisir des matériaux appropriés à ta jeunesse, de façon que tu sois guidé et conduit jusqu'au sommet parles quinze échelons dont j'ai déjà parlé. Je désire que le nom- Ci) P, Lxn.
(2) Pour te.
(.3) Divœ fait songer à l'épithète divus, appliquée aux empereurs ro- mains après leur mort.. Les mots prœdicti bonœ memoriœ., comme les mots pro pâtre de l'intitulé du chap., ne peuvent se rapporter qu'à Théodoric, qui avait été un père pour Guillaume, et qui était mort. Bonœ memoriœ ne s'applique pas à un vivant, comme l'était alors le duc Bernard, père de Guillaume.
(4) P, valebit.
(5) Pour quod.
(6) P, precare.
(7) P, quia, m. 1.
(8) P, excitare, b. 1.
bre de ces échelons, déroulé dans ton esprit, y suive le même progrès que les heures accordées à ton existence parla bonté de Dieu.
LXIIII (I).
[Ile articiilis et nietroruni conipositis.]
Ars (2) namque hujus ex parte libelli, quanquam ex di- versis liljrorum voluminibus sit utiliter (Ici se termiîie le huitième fragment de N) contextus, tamen eorum testi- moniis (3) secundum tuœ qualitatis mensuramdigno alTeclu inserere malui, ita ut per très quinas graduum partes ad summum sit (4) usque perductus atque collectus.
Quod volo, ut ipse(5) partes, sicut, tibi auxiliante dies (6), hora- rum, adcrescunt per tempora, ita et ipse numerus in sensu revolvens tuoaugmenteturin majus.
CHAP. LXV.
Ile la f^ig^iiiflcatioii des lettres du nom d'c< Aflani. » De même que cinq fois trois font quinze, de même quinze fois trois font quarante-cinq. Ajoutez un et vous avez quarante-six. Ce nom])re. d'après les principes des Grecs, est contenu tout entier d;ins les lettres du nom d'Adam. En effet, Valpha, qui est l'Orient, vaut un ; le delta, qui est l'Occident, vaut quatre ; une seconde fois Valpha, qui est le Septentrion, vaut un ; et enfin le moida, qui est le Midi, vaut quarante. Adam, par ses descendants, s'est étendu dans ces quatre parties du monde. Mais un, plus quatre, plus un, plus quarante, font quarante-six. Autant il y a de (1) P, Lxiii. Dans N, ce chap. est intitulé : JDe articiilis. (2) Pour In arte.
(3) Pour testh)ionia.
(4) Pour sis.
(5) Pour ipsœ .
(6j Pour Deo.
jours dans ce chiffre, autant on mit d'années à construire la maison du Seisneur à Jérusalem.
[LXV](1).
[Ile littcris Adam et ejusdeni sensibus.]
Bicut' quinquics terni XY, sic XV^'ecies fqnindecies) Ilpi (21 (terni) XLV faciunt. Addilur I et fiunt XL VI. Totus numerus, secundum elementa Greecorum, litteras (3) continetur. Nam a/fa, quod est oriens, 1 ; delta, quod est occidens, IIII; iterum alfa, quod est VU"» drion (4), [I] ; moida, quod intelligitur meridies, XL. In has IIII mundi partes extensus est Adam in filiissuis. Unus autem et IIII eti et (yquies iibini) (5) XLXVI (6) faciuut. Quantos dies esse particulationes continentur. tôt annis restaurata est domus Domini in Jérusalem, hoc est xl et vi annis. Nam Domi- nus, ipso legitimo dierum numéro compleri volens, ait Ju- deis : « Solvite templum hoc, et in triduo excitabo illud (7j. » Illi autem dixerunt : « xl et vi annis sedificata est domus hsec, et tu in triduo excitahis illud (8j ? » lUe autem dicebat de templo corporis sui. ac si diceret : « Solvite perpassionem quod de vestra sumpsi origine, »
ut audietis : « Ecce homo (9) , et ego in triduo per divinitatis excitabo poten- tiam. » De quo triduo multo antea prœdixit Propheta, dicens : « Mviticabit [nos] per (lU) duos dies, die tertia suscitabit nos (11), etc. » (1)P, LXIIII. (2) P porte par erreur IIII"'. (3) Pour in litte'^iii Adam. (4) Vonv septentrion. (.5) A supprimer et à remplacer par xl. Quinquies bini est évidemment doe faute de copiste. Le contexte ne permet pas d'hésiter dans cette cor- rection. (6) Pour XLVi. Le co])iste de P n"a manifestement rien compris à ce calcul. (7) Joan., II, 19. (5) Joan., II, 20. (9) Joan., XIX, 5. (10) Y>onv post. (11) Oseœ, VI, 3. CHAP. LXVI. Des quinze héiicdietions qui to sont offertes et qui doivent toujours demeurer sur toi. De même que un, plus deux, plus trois, plus quatre, fout dix, de même dix, plus vingt, plus trente, plus quarante, font cent. Mais cent, plus deux-cents, plus trois-cents, plus quatre-cents, forment le nombre mille. Mille, plus deux- mille, plus trois-mille, plus quatre-mille, font dix-mille. Dix-mille, plus vingt-mille, plus trente-mille, plus qua- rante-mille, font cent-mille. Tu peux dire encore, en t'éle- vaul davantage, cent-mille, plus deux-cent-mille, plus trois-cent-mille, plus quatre-cent-mille, font un million. Dans les éléments de ce calcul, se trouve un nombre grand et parfait. C'est le nombre un, qui signifie Dieu. Le prophète ;i dit : « Le Très Haut est grand et seul sur toute la terre. » Quant au nombre deux, il faut y voir les deux Testaments, ou les deux commandements : l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Le nombre trois désigne le Dieu triple et parfait. Celui-là sera sauvé qui croira en lui. Le nombre quatre signifie les quatre parties, les qua- tre colonnes du monde, où partout est prêché le saint Evangile. Le nombre ci?iq doit s'entendre des cinq vierges sages, qui conservent à leurs cinq sens Téclat de la virgi- nité et la blancheur de la chasteté. Le nombre six veut dire les six urnes qui représentent les six âges du siècle.
Apprends à y discerner les gens de bien, et tourne-toi vers le nolde falerne. Dans le nombre sept, il faut voir les sept candélabres ou les sept lampes qui éclairaient le temple du Seigneur. Le nombre huit désigne les huit âmes qui furent sauvées sur les eaux du déluge, c'est-à-dire ceux qui, dans l'arche de l'Eglise, régénérés par l'eau du bap- tême, mérilent la palme de la huitième béatitude. Le nombre neuf signifie les neuf chœurs des anges. Par le nombre di.v on doit entendre la dîme.
Depuis le premier homme créé juse^u'au dernier qui doit être sauvé à la lin du monde, j'estime que tous doivent être ramenés à la condition des anges. Dans cette récupération, non-seulement les autres nations doivent être sauvées, mais encore celle des juifs. Puisses-tu proliter de ce salut dans l'avenir. Amen.
Revenons, mon lils, sur ces calculs. Comme les unités des différents ordres (1) peuvent être décuplées par le seul moyen de trois autres nombres (2j, et peuvent de même devenir cent et mille fois plus grandes, ainsi les phalan- ges, par la flexion que les plus haljiles calculateurs impri- ment à leurs doigts, arrivent, par une progression rapide, à exprimer jusqu'à un million, pour le salut de la civili- sation tout entière (3). Le nombre de un million est le plus parfait, S'il n'en était pas ainsi, les frères de Rebecca ne lui auraient pas dit : « Puisses-tu croître, par ta des- cendance, jusqu'à un million. »
Que le Dieu tout puissant te donne sa bénédiction.
Amen.
[LXVI].
[De ffuluffuics tcruis lieuedictiouihiis iii (e offerentiiiui et inanentium (4) f^emper] .
Sicut I et II et III et IIII, X sunt, sic X et XX [et XXX] (5) et XL, C faciunt Centum autem et CC et CGC et CCCC complent numerum M. [Millia] namque [cl] II (6) et III et un, C N (7j sunt; potes etiam, si velis altius, dicere cen- (1) Partes ne [leut guère se traduire autrement dans ce passage diffi- cile. ]1 s'agit ici des unités simples, des unités de dizaines, des unités de centaines, etc.
(2) Voir plus haut, par ex., le nombre 1 devenant 10 en y ajoutant 2, 3 et 4; le nombi'?
10 devenant 100 en y ajoutant 20, 30 et 40.
(3) Platon (Epinomis) dit que c'est un dieu qui a apporté la science des nombres sur la terre, et que sans elle les hommes seraient au niveau de bêtes. (Yoïv slmx éclaircissements).
(4) Je propose de lire : ttbi ohlatis et in te mansuris . . . . (5) Il faut évidemment suppléer ici le nombre trente. (6) Duo millia.
(7) Pour C M, centum,%iillia Le copiste de P, perdu dans tous ces calculs, a dû sauter un passage que je restitue ainsi : «...[X sunt. X au- tem et XX, et XXX et XL,] C M sunt.
tiimMetCCetCCÔetCCÔC, M. W^^l] deducunt in sum- ma. In has quoque calculi particiilas magnus et perfectis- simus contineturnunierus, nam, in unum, ipsum intellige quidictus est Deus, quoniani, sicut ait Propheta : « Ipse est magnus et solus altissimus super omnem teiTam(2). » In duo, duo intellige Testanienta vel duo mandata, dilec- tionem videlicet Dei et dilectionem proximi. In ternarium quoque Perfectum et Trinum désignât (numerum), oui qui firmiter crediderit salvabilur. In (quo) quaternario, quatuor mundi contiilentur [partes] vel quatuor columuce; sanctum per orbem universum praedicat (3) evangelium. In quinario, quinqueintelligunturprudentes(4); quinquies (5) corporum suorum sensibus (6) cum virginitatis nitore et castitatis candore duplum ad summum usque perducunt. In senarium, sex [h]ydrias (7j qu;e per sex s;eculi volvuntur œtates intellige ; in qua boni minusve (8) dinoscuntur esse permixti, lege et invenies, atque in falernum nobilem (9) utiliter verge. In septenariuui,ut supra, (vel) septem cande- labra et (10) septem lampadas domum illustrantes Domini. In octonarium, octo intellige aiiimarum (1 1) quœ per undas aquarum salvatse sunt, vel certe illos qui in arca, hoc est in Ecclesia, per aquam baptismatis renovati, octavam dig- nitatis beatitudinem (12) merentur accipere cum palma. In novenarium, novem asserit ordines(13i qui firmiter (1) Mille millia.
(2) Psahn., Lxxxii, 19.
(3) Pour prœdicatur .
(4) Sous-eut. virgines. Matt., xxv ,2.
(5) Pour quœ quinque. (6) Pour sensus. (7) Ce sont les six urnes des noces le Cana. Joan., ii, 6. (8) Je propose de iii-e : in quantum boni plus minusve. (9) L'eau des vases de Cana fut changée en vin excellent. Le falerne, un des meilleurs vins du monde romain, désigne ici les hommes de bien. (10) Pour vel. (11) Pour animao. Ces huit personnes sont Noé, ses trois fils, sa femme et ses trois hrus. Gen., vi, 18. (12) Pour octavœ dignitatem beatitudinis. (13) 11 s'agit ici des neuf classes ou chœurs entre lesquels les anges sont divisés. steteriint. In denarium, decimum qiiod secundum dicta Patrum recuperandum esse omncs fatemiir et credimus. Et caetera his (1) pertinentium (2) multa (3]. De dro- plasto (4) iisque in ultimum qui in fine mundi salvandus est, ad hoc eos credimus esse coUigendos, ut (dicimus), sicut prsedixi, legaliter recuperetur ordo angelicus. In hanc recuperationem non solum nationcs, sed eliam Israë- litarum salvandœ sunt generationes, dicenle scriptura : « Cuni plenitudo subintraverit gênera tionem (5), tune omnis Israël salvus fiet (6). » Salvatio hiec ti])i in futuro succurrat. Amen. Quod tibi, fili. V[uillelme], in hac(7) calculaiiones plura replicem verba. Cum (8) omnes partes usque in denarium utiliter crescant (9). cum solis ternis, et in centesimum et in millesimum, omnes articulationes, per flexos peritissimo- rum articulos, usque ad mille millia, ad salutem morum omnium (10), per saltus adcrescunt, humanorum ; perfec- tissimus autem est omnium millia millesimus. Quod siita non esset, nequaquam quidam fratres (1 1), suam admonen- tes sororem, cum orationis augmento [non] ita dicerent : « Soror nostra es, crescas inter millia (12). » El si in fragili sexu ita, quid in virili ? Deus omnipotens in quem heecomnia jàm superiùs arli- culata dignissimè volvuntur , secundum admonitionem sanctorum Patrum in proie, et secundum ora tionem Isaach (1) Pour ad hœc. (2) Pour pertinent ta. (3) On voit que l'auteur du Manuel s'arrête à dix, et ne poursuit pas son symbolisme jusqu'à quinze, nombre des bénédictions qui font le sujet des ehap.