Liber Manualis (Manuel pour mon fils) (page 3)
» Est sensus utilissimus patens nonnullis. Est etenim unus creator atque reformator. Tamen omnium hic vel bis (11) pertinen- tium formis hominem prgeesse, secundum quendam poë- tam, dictum est. Eligere(12) dignatus est ad summa. Ait etiam in suis carminibus ita : « Virgo creavit arva, virginem virgo, Ex virgine factus homo ; Heu, p'oh dolor! corruptus virgo (13) ; Proh dolor, heu ! corrupta virgo, Omniumque reptis utrisque cedens(14). » (1) Pour gurgite. (2) Pour cœno. (3) Pour obvoluti simus, sed é contra. (4) Il vaudrait mieux : teneamus cor, cum Apostolo dicentes.. . (5) Philip., m. 20. (6) Pour anitnantibus sensibilibus. (7) Pour vite. (8) Pour restante. (9) Pour tendente. (10) Job^ XII, 7 et 8. (11) Pour ad hœc. (12) Pour eligi. (!3) Voxxvhomo. (14) Ces cinq vers, transcrits dans P comme de la prose, nous sont arri- vés sous une forme tellement barbare, que je renonce à les expliquer et à les identifier. Item ejusdem. « Relinque[t] [quam]obrem [homo] pa- trem matremque, et adhserebit sibi(l) iixorem, eruntque una in carne duo (2), » cuncta domantes sibi subjecta, ratio capax(3), scandentes Almi(4). Item ipse. Ipse homini qui cuncta dédit, quse ^5) polus humusque aut pelagus, aère, gurgite, rure (6) creans, quse (7) visu cernens manuque palpans haec illis (8) sub- dens et eos sibi, est sensus, fili V[uillelme], quod omni- potens Summus ad recuperandum angelorum nume- rum(9), dignitatem sociandumque (10), hominem ex terrse limo psalmare (11) dignatus est. Omniailli sua in usu con- cedens, eum per cuncta sibi ad 2eternitatis(12) gloriae ma- gnitudinis(13) socio(14) elegit fruendam. Pro eo nasci voluit, pati, resurgere, ad cœlum ascendere, ut magnis et mini- mis(15), pro qualitatis mensura, adsejungatet coUocetin regno. Quidtibiplura, in exemplis subditorum patrumque et minorum in dilectionis congiutinatione, valeam aut possim ostendere, mensuram sensu formantis in speciem ? Tuipse,Deo juvante, scis(16)et discereperamplius poteris semper. Magnus et laudabilis valde, magnis et minimis sua(m) tribuens bona(m), te cum omnibus vel cum eorum similibus de quibus supra facimus mentionem, adhseren- tes(17) in Christo, ad.se una cum illis faciat jungi, perve- nientem ad illum qui magnos tenens et minimos jungens (1) Pour ad suam.
(2) Gen., ii, 24; et Marci, x, 7 et 8. (3) Pour rationis capaces. (4) Pour ad Abnum. (5) Pour gui. (6) Ces six substantifs devraient être à l'accusatif. (7) Pour gui. (8) L'homme et la femme. (9) La chute des anges avait diminué leur nombre. (10) Pour eî ad eorum dignitatem sooiandum hominem. (11) Pour plasmare. (\2) Pour œternœ. (13) Pour magnitudinem. (14) Pour socium,. (15) Pour magnos et minimos. (16j Pour scire. (VI) Pour adhœrentibus , laudansque ita diceudo : « Sinite parvulos venire ad me (1). » Talium est tantum l'egnum coelorum, adjuvante et conce- dente illo qui sine fine régnât in cœlis. Amen. CHAP. XXII. nu respect que tu dois aux prêtres. Il faut révérer les prêtres parce qu'ils ont été élus minis- tres de Dieu. Leurs fonctions sacrées en font les interces- seurs pour nos péchés. De toute ton âme tu dois craindre Dieu, honorer, chérir et vénérer ses prêtres. Ils oignent avec riiuile ; ils baptisent le peuple dans la foi de la Sainte Trinité ; ils l'unissent à la sainte Eglise de Dieu. Ils con- sacrent le pain et le vin à l'image du corps et du sang du Christ j ils préparent la table et nous donnent la commu- nion pour la rémission de nos péchés et le salut de notre corps. On les appelle sacerdotes pour les sanctifier ouïes consacrer, car ils imitent celui qui a dit : « Soyez saints, parce que je suis saint. » Ils briseront la force des nations et ils mangeront les péchés du peuple. Ce sont des pas- teurs qui ne cessent de paître le troupeau du Seigneur par leurs paroles et leurs exemples. Ils le poussent à entrer au royaume de Dieu, en disant avec le Psalmiste : a Venez, adorons et prosternons-nous, pleurons devant celui qui nous a créés, car nous sommes son peuple et ses brebis, et il est le Seigneur notre Dieu. » Les prêtres sont appelés ijreshijteri, parce qu'ils sont toujours préparés et prêts pour l'œuvre de Dieu. En effet, les particules prse et pro se placent devant les mots. Le Psalmiste dit : (i Prœvidebam Doviinum.^^ Cela signifie : je voyais d'avance par la contemplation de ma pensée.
Les prêtres sont la voie par laquelle nous allons au ciel. Ils sont appelés évêques, comme des surveillants qui nous avertissent de toujours tendre en haut. Le mot évêque vient du grec et signifie regarder sur. Les prêtres sont appelés pontifes parce que par eux, comme par un pont, (1) Marci, x, 14 . nous traversons la rivière du mal et nous parvenons à une nouvelle patrie par la pénitence. Ils sont, à l'exemple du Très-Haut, les dépositaires de l'autorité ; dessus, des- sous, dedans et dehors. Dessus, parce qu'ils nous fortifient en nous observant, et voient de loin. Dessous, parce qu'ils sont les pieds qui apportent la paix, annonçant le bien et prêchant le salut. Dedans, parce que nous sommes imbus, instruits et remplis par l'exemple des plus dignes d'entre eux. Dehors, parce qu'ils prient assiduement, étant près de Dieu, pour que nous ne soyons pas saisis par les malins esprits, et pour que nous soyons fortifiés , protégés, et sauvés en Celui qui est apparu au monde pour rendre au ciel l'homme perdu. A l'exemple des saints Apôtres, les prêtres dignes de vénération lient et délient. Ce sont des pêcheurs et des chasseurs. Ils enlèveront leur proie aux mains étrangères, c'est-à-dire aux esprits immondes, et la donneront au ciel épurée par la pénitence. Ils dressent et ordonnent l'autel sacré près de leur demeure. Les prêtres sont les gardiens des vases, c'est-à-dire des âmes de Dieu. Les lèvres du prêtre gardent la science et on y cherche la loi, parce qu'il est l'ange du Seigneur. Quoi de plus sublime que les an- ges et les archanges ? Comme des colombes vigilantes, ils volent vers les fe- nêtres célestes, dans le triomphe de leurs vertus, et méritent d'être appelés les amis de Dieu. Brûlant du feu de la cha- rité, les prêtres ne cessent d'enseigner. Heureux et saints, fleurissant dans le Christ, ils méritent, avec double gain, d'obtenir le royaume du ciel. Honore les prêtres qui sont dignes de respect. Quant à ceux qui ne sont pas à la hau- teur de leur état, ne les juge pas témérairement.
Aie hor- reur de critiquer leur vie en toutes choses, comme on le fait trop souvent. Ce n'est pas à nous de reprendre les prê- tres, mon fils. Dieu connaît leurs cœurs et les nôtres. Tu distingueras aisément les prêtres à leurs œuvres. Suis les meilleurs et les plus capables. Ecoute, entends, fais et rap- pelle-toi souvent ce qu'ils disent. Partout où tu les ren- contreras, prie-les et vénère-les, non pas tant eux-mêmes que les anges qui les précèdent. Partage aussi souvent que possible tes repas avec eux et avec les pèlerins, s'ils sont dans le besoin. Ne crains pas de te remettre entre les mains des prêtres honnêtes. A l'occasion, prends parmi eux des conseillers, au-dessous des autres fidèles. Qu'ils distribuent aux pauvres les mets de ta table. Vénère les bons prêtres, car ils sont le patrimoine de Dieu, ses aides et ses adorateurs. S'ils n'ont pas tous les mêmes moeurs, ne les incrimine point, car il y a beaucoup de demeures dans la maison de Dieu, et les étoiles du ciel ne brillent pas du même éclat. Une étoile diffère de l'autre en clarté, et il y a des justes qui brillent plus que d'autres. Il en est ainsi des prêtres. Il n'est point d'homme qui ne pèche, à moins que sa vie ne soit d'un jour. Les vrais prêtres et les plus savants sont toujours avec Dieu. Fais-leur, du mieux que tu pourras, avec des larmes et des soupirs, une confession véritable, car la confession libère l'âme de la mort. Remets ton esprit et ton corps dans la main des prêtres. En te promenant ou en te reposant, dans toutes tes actions, prie pour qu'ils daignent t'accorder leurs prières auprès de Dieu, qui les a choisis comme les inter- cesseurs des peuples. Consacre la moitié de tes jours à la pénitence, pour mériter l'accomplissement des saintes promesses de Dieu. Souhaits. XXII. De reverentia saeerdotum (i) Venerandi sunt sacerdotes pro eo quod in sorte et minis- terio Dei sunt electi, vel pro peccatis nostris intercessores existunt, sacrum tenentes ordinem. Tu ergo in tota anima tua time Deum et sacerdotes illius honorifica, dilige et venera eos.
Ipsi confidentes chrisma oleumque , ipsi sunt baptisantes in fide sanctse Trinitatis populum, ad sanctam Dei adunantes Ecclesiam; ipsi sunt sacrantes panes (2) et (1) La table porte : Ut sacerdotibus honorem impendas. (2) Pour panem . vinum in similitudine corporis et sanguinis Domini nostri Jesu Christi, parantes mensam et dantes nobis commu- nionem in remissionem peccatorum et salutem corporis percipiendam. Dicti sunt sacerdotes ad sanctificandum vel consecrandiim, tenentes exemplum illius qui dixit : « Sancti estote quia ego sanctus sum(l). » Et item : « Pa- cem sequimini et sanctimoniam sine qua(2), » etc. Vocati sunt sacerdotes dicente Propheta : « Vos sacerdotes voca- bimini ministri Dei nostri (3). » « Fortitudinem gentium contèrent (4) et peccata populi comedent(5). » Ipsi sunt pastores qui gregem Domini verbis et exemplis non desi- nunt pascere, atque ad regnum Dei ne pigeant venire in- vitant, cum Psalmista dicentes : « Venite, adoremus et procidamus, ploremusque coram illo qui fecit nos (6j, quia populus et oves pascuae ejus sumus, et ille Dominus Deus noster (7). » Dicti sunt presbyteri, pro eo quod ad opus Dei parati et prsesti sunt semper ; nam prse, pro, ante po- nimus(8), ut ait Psalmista : « Prsevidebam Dominum (9) ; » hoc est, per contemplationem mentis aîite videbam, sicut et prsecursor, antecursor, etprsecellit,hoc estantecellit, etc. Inter nos etenim pro meritis dignis et altare ipsi propiores accedunt, admonentes nos sursum habere cor et conversari in cœlis. Ipsi sunt via per quorum preedicationis exemplum, ad cœlestem cum studio operis boni fiducialiter tendimus patriam. Dicti sunt episcopi et (10) speculatores admonentes (1) Levie., XI, 44; 1, Pétri, i, 16. (2) Eebr.,xu,U. (3) Jsaiœ, lxi, 6. (4) Aggœi, 11,23. (5) Osée, iv, 8. (6) Psalm.., xciv, 6. (7) Psalm., xciv, 7. (8) Ai-je besoin de dire que la particule prœ n'a rien à voir dans l'éty- mologie et la signification du mot presbyter ? Ce mot n'est autre chose que le comparatif de tt^etSuç, c'est-à-dire npstr^xirspoç, plus ancien, plus respectable, dont on a fait ancien, prêtre.
Le moyen âge aimait à tirer des arguments de ce qu'il croyait être des étymologies, et il n'était pas toujours heureux dans les exemples qu'il imaginait. (9) Pour Providebam; Psalm., xv, 8. (10) Pour ut. nos sursum semper intendere vel destinare. Episcopi(I) grœcè latine (2) super scopon{?>) similis, grsecum est; la- tine intuitio vel destinatio dicitur, quod utnimque ad illos (Ici commence le deuxième fragment de N) pertinet os- tendendum. et nobis ad intuendum vel ohservandum. Vocati sunt etiam et pontifices, quia per eos quasi per pontem, amne transvexo (4). id est malitia cordis in cœno veluti obvoluta, per pœnitentiam et satisfactionem emen- dati, ad aliam ne inpingentes, auxiliante Deo, transimus patriam. Scriptum namque est : « Per aliam viam reversi sunt in regionem suam(5). » Ipsi sunt, in exemplum Veri Summique, auctoritatis latorem(6), super, subtus, infra et extra. Super, pro eo quod speculando muniunt, conspi- cientes a longe. Etenim per illorum eruditionem castiga- tionis exemplo de loginquis regionibus congregabit nos Dominus. Subtus, quia illi sunt pedes portantes pacem, annunciantes bonum, prccdicantes salutom, dicentes : « Sion, etc. » Infra, quia illorum qui digni et peritissimi sunt exempla(7) imbuimus(8), erudimur atque satiamur. Extra, quia ob illorum assiduamorationem, a Deo proximi assistentes, ne a malignis spiritibus capiamur, mereamur esse circumdati, muniti atque defensi, protectique et sal- vati in Illum qui mundo apparuit, salus et incolumen (9) omnium factus est nostrùm, ut hominem perditum ad pa- triam revocaret cœlestem. Et quid de eorum qui digni sunt veneratione valeam dicere mens refugit mea. Ipsi sunt in exemplo sanctorum Apostolorum, ligantes et solventes, peccata populi comedentes, Deo proximi et viciniores as- sistunt . Ipsi sunt piscatores et venatores, dicente Propheta : (1) Pour Episcopus . (2) Cette expression grœcè latine signale le caractère hybride de super scopon . (3) Scopon est l'accusatif de o-zon-ôç, but que l'on vise.
(4) Pour transvecto . (5) 2, Par., xxv, 10. (6) Pour latores. (7) Pour exemplis. (8) Pour imbuimur. (9) Ce mot n'appartient pas au latin classique. C'est un substantif bar- bare synonyme de salus. « Mittam piscatores meos et pisca]innt eos, venatores meos et venabimt eos (1). » Capientque preedam ex (Ici se termine le deuxième fî^agment de N) alienis manihus, hoc est ah spiritibus immundis ereptos, et per penitentiam captos ad celestem patriam junguntur consortio. Ipsi fîgunt atque componiint altare sacrum in ordine ad stari suo(2). Dicit autem Scriptura : « Intulerunt sacerdotes et levitœ altare Domini in loco suo sub alas Chérubin in Sancta Sancto- rum(3), etc. » Nam illorum proprietates nominum quan- quam in diversis volva[n]tur locutionibus, pro meritis et factis tamen propria est eorum vocatio, sacerdotes atque custodes vasorum, id est animarum Dei, quod tantum ahius possit illorum sacerdotalis agmina vocitari quam angelicarum dignitatum civiumque supernorum jungi consortio. Nam illi angeli sunt vocati, dicente Zacharia propheta : « Labia sacerdotis custodiunt scientiam et legem requirunt ex ore ejus, quia angélus Domini est, et non solum simplex, sed etiamexercituum(4'i. » Item supra. Quid sublimius possit esse quam angeli [et] archangeli? (et) ob meritis agilitatem, ut columbse pervi- giles, tendentes ad fenestras transvolant sacras, trium- phantes in virtutibus dignis, digne et perlucidè amici appellati Dei. Quare ? Quia fervore charitatis repleti in exemplis conversantes, erudire non cessant multos, et, ut ait Scriptura :« Justitiam induunt cum Sanctorum consortio juncti(5). » Exultantes et sanctificati , florentesque in Ohristo, merentur, cum acquisitione duplis lucrarum(6), pertingi (7) ad cœleste sublime regnum. Et si tôt et tantis nominibus atque virtutibus pollent ut talis illorum in (1) /«rem., XVI, 16, (2) Pour ad stare suum. Stare est encore un mot barbare signifiant demeure, habitation. (3) 3, Reg., viii, 6; 2, Par., v, 7. (4) Malac, ii, 7. Ce passage n'appartient pas à Zacharie, mais à Ma- lachie.
(5) Ce passage n'existe pas dans la Bible. Il faut y voir un souvenir plus ou moins éloigné de Job, xxix, 14 ; de Sap., v, 19 et de Isaiœ, LIX, 17. (6) Pour duplorum lucrorum. (7) ToMT pertvigere. sseculo fultuit(l) dignitas, hortorte ut eos qui digni sunt, in quantum vales, honorem impende. Illos etenim qui me- ntis in sacris non sequantur abtis (2), hoc si conspexeris, nolitimere(3) judicare, eorumque vitam, ut faciunt multi, reprehendere in omnibus horresce. Considéra David cùm ora(4) clamidis(5) ex vestimento abscinderet(6) Sauli, pe- nituit se (7), etc. Non sunt a nobis reprehendendi, fili. Deus novit corda eorum omniumque nostrorum certan- tes (8) in sœculo. A verbo et sensu et visu et vita eorum pro certo fructus et operatio cognoscitur digna. Scriptum quippe est : « A fructibus eorum cognoscetis eos (9). » Et quiddicam? Novit Dominus qui sunt ejus. Tamen, quos meliores et sensu capaciores in verbis et factis inveneris, sequere. Ipsi sunt peculiares verbum nobis a[n]nunciantes Dei, et populus electus in hereditatem sanctam. Quse di- cunt absculta(lO), intende, fac, remoreris frequens, ubi- cunque eos obviaveris, supplica et venera, non tantum illos, sed angelos qui eos prsecedunt. Nam angeli eorum, ut ait Scriptura, semper vident faciemPatris(ll). Convivia tua cum ipsis et cum peregrinis, victumque egentibus, si fieri potest, sit frequens. In manus, ut prsedictum est, honestorum sacerdotum, tenon pigeas (12) commendare. Habe ex ipsis, infra ceteros fidèles, congrue per tempus, consiliatores. Ausculta eos quos Deo conspexeris pecu- liares. Ipsi ex manu vel mensa tua pauperibus cibum po- tumque tribuant. Retribuetur enim tibi in postmodum- (1) Barbarisme pour fulserit. (2) Pour aptis. (3) Pour temeré. (4) Pour oram, bord. (5) Pour chlamydis. (6) Pour abscideret. David coupa le bord du manteau de Saul, venu, ut purgaret ventrem, dans la caverne où David et les siens étaient cachés. (7) I, Reg., xxiv, 5 et 6. (8) Pour certantium. (9) Matt., VII, 16. (10) Pour ausculta.
(11) Matt., XVIII, 10. (12) PovLT pigeât. Tu ergo, fili, venera eos, ut prsedixi. dignis(l) Deo famu- lantium(2)sacerdotes. Dei enim sunt sortes, Dei adjutores cultoresque. Quod si diversi sunt in moribus, noli, ut scrip- tum est, vituperare (3). Dicit tantum de eis ex parte sacra Scriptura : « Nolite tangere charissimos (4) meos , et in prophetis, hoc est sacerdotibus meis, nolite malignari (5), etc. » Indomo etenim Dei mansiones multse sunt, etcœlo- rum sydera non œqualiter fulgent. Stella etenim a(b) Stella differt in claritate, et justi, ob varietatem merito- rum, lucentiores cseteris existunt. Sic etiam et in sacer- dotibus talis dissimilis agitur ordo. Nam qui erudiunt multos per exemplum operis boni una cum eis quos secum trahunt ad Ohristum, in perpétuas, utcredimus, fulgebunt seternitates, et hoc Dei donum est. Tu tamen, fili, venerare eos, ut prsedixi, et si aliquid deliqueris emenda. Non enim est homo qui non peccet, nisi unius diei sit vita cjus. Unus est enim creator, formater, rectorque et gubernator, ob cujus et ex cujus datione, de ore sacerdotis verba proce- dunt Dei, quia non secundum peccata tribuet nostra, sed secundum priscam clementiam. Eam nobis relaxando, pius, clemens, et misericors semper vocatur, est, fuit, eritque et est semper. In ilio enim esse per omnia semper scias in quo veri et peritissimi sentiunt sacerdotes. Da illis, ut melius nosti, tuam occulté cum suspirio et lachrymis veram confessionnem. Nam, ut aiunt doctores, vera con- fessio a morte libérât animam et non patitur ire ad ima. In manus namque eorum tuam mentem et corpus ne pigeas commendare, hortor. Ambulans atque quiescens, vel quid- quid aliud feceris gesserisve, semper roga et ora, ut dig- nentur prote orare et intercedere ad Deum, qui eos inter- cessores populorum elegit in mundo, ut per veram emen- dationem et dignam satisfactionem, dimidiando tuos per penitentiam dies, dignus effici merearis ejus promissio- (1) Pour dignos. (2) Pour famulantes . (3) Eccli., XI, 7. (4)'Pour christos.
(5) 1, Par., XVI, 22 et Psalm., civ, 15. nibus accipere sanctis (1). Verus sacerdos in œterimm fac- tus pontifex te cum sacerdotibus et ministris sanctse Dei Ecclesise scholastizando et militando. corumque utilitatum exempla sectando, ad verum et dignum faciat pervenire profectum, adjuvante et concedente illo (]ui régnât per omnia sœciila Deus. Amen. CHAP. XXIII. . Avertissement pour redresser les mauvaises mœurs. Un grand et opiniâtre travail est nécessaire pour notre éducation. En effet, les contraires sont ordonnés en méde- cine, et il ne faut pas seulement lutter contre le mal sécu- lier, à cause de ses torches enflammées d'envie ; il faut encore lutter contre le mal spirituel. Il en est qui semblent fleurir dans les richesses du siècle, et cependant ils ne cessent, par une malice occulte, d'envier et de déchirer. Tu peux le constater par toi-même. Il est écrit dans les Synonymes : « La malice cachée emprunte de douces paro- les. » Ce germe se développe dans le cœur humain sous la persuasion du diable, auteur de la mort. Il est écrit : « Les tentes des bandits sont nombreuses, et ils provoquent Dieu avec audace. » Ce qui est le profit de l'un, en effet, est la perte de l'autre. L'envie tue l'enfant et la colère l'adoles- cent. Que ces sentiments demeurent loin de toi, mon fils. Qui serait envieux s'il n'était enfant ? Celui qui ne peut se passer des grandeurs n'est qu'un enfant. Peut-on souffrir de n'être pas dans les dignités, si l'on n'est pas aiguillonné par l'envie ? On se perd alors de corps et d'es- prit. C'est par l'envie du démon que la mort est entrée sur la terre . Manœuvres du démon . Citation de Prudence : (Le poète vient de peindre Jésus marchant sur les eaux.) « Celui (|ui frémit sous les chaînes (le démonl dans un » antre à bûchers, (1) Pour protnissiones sanctas. » Hors de lui et transporté de fureur, )) [ S'élance suppliant, comme s'il avait senti l'approche » du Christ. » Chassée, la peste aux mille formes des démons lubri- « ques » S'empare des excréments de son troupeau de porcs, ] »
Et se plonge en délire dans les eaux noires. » Le sens de ces vers est très clair : il désigne les mé- chants. Tourne le dos à tous ceux que tu rencontreras, et fuis loin d'eux. Tu as et tu auras des volumes à lire, à dérouler, à étudier, à comprendre ; tu auras aussi des docteurs pour t'éclairer : tu peux facilement apprendre des uns et des autres la conduite convenable en ces cir- constances. Comme les colombes qui. en buvant une eau de cristal, aperçoivent des éperviers et s'envolent pour leur échapper, heureuses de parvenir en lieu sûr ; de même, si tu lis les Pères, si tu suis les exemples des grands et des conseillers fidèles à leur seigneur, non seu- lement tu échapperas aux embûches cachées des malins esprits, mais encore à celles de ce monde. Quoic[ue nous soyons chétifs et exilés, j'ai compté dans ce nombre des grands celui qui se cache pour le monde dans notre indignité et qui tend plus en bas qu'en haut. Il est écrit c[ue l'on doit porter les noms des douze patriar- ches écrits au front, et l'Ecriture nous offre en exemple des animaux qui ont six ailes et qui ont des yeux devant et der- rière. Je te prescris d'avoir en horreur et de fuir les mé- chants, les déshonnêtes, les paresseux et les orgueilleux. Pourc[uoi ? Parce qu'ils tendent leurs lacets, comme une souricière, pour tromper; et qu'ils ne cessent de préparer sur le chemin le scandale et les pierres d'achoppement, pour s'y précipiter et y entraîner ceux qui leur ressem- blent. Conseils. Les noms des douze patriarches qu'il faut porter au front, les yeux qu'il faut toujours avoir devant et derrière, ce sont les vertus dont il faut se munir. Bien- faits de ces vertus. XXIII. Admonitio specialis ad diversos mores corrig^endos (1). In specie humanitatis formam magnus est exigendus atque exercendus labor studiosus. Contrariis etenim con- traria sunt opponenda medicamina, et non solum contra sseculares, ob invidiae faces exardescentes, expugnandum est, verum etiam, ut ait Apostolus, contra spiritualia ne- quitia[e], in cœlestibus (2).
Sunt enim quasi florentes in sseculo et in rébus locupletes ; attamen ex occulta malitia alios invidere atque'dilaniare, prout valent, non cessant, et hoc per sinpectas (3). Scriptum est in Synonima (4) : « Oc- culta malitia blandis sermonibus ornatur, etc. » Et hoc, suadente Zabulo (5), mortis auctore, in corde generaturhu- mano. Scriptum est : « Abundant tabernacula per donum (6) et audacter provocant Deum (7), etc. » [Ici commence le troi- sièm.e fragment de N ) . Nam undè unus proficit, indè alius tabescit, undè et subditur. Parvulum occidit invidia et adulescentulum (8) interficit iracundia. Absit hoc a te, fili. Nequaquàm invideret, si parvulus non esset. Parvulus est qui magna(9) caret. Quid(iO) magnitudinis dignitatum potest carere homo, quàm stimulis invidise agitatus, seipsum corpore perdat(ll) et mente? Hoc fuit ininitio, ut (1) La table porte : Adtnoneo ut diversas corrigas mores. (2) Ephes., VI, 12.
(3) Je propose la correction suivante : Et hoc per te spectas, (4) Pour Synonymis. Il ne peut être ici question que du traité des Syno- nymes qui nous est parvenu sous le nom d'Ammonius. Cet Ammonius, fils d'HerméaSj philosophe éclectique, disciple de Proclus, vécut vers le milieu du v» siècle. Les traités que les Latins avaient écrits sur les syno- nymes sont perdus, et les traités autres que celui d'Ammonius ne sont pas antérieurs au xv« siècle.
(5) Je propose de lire diabolo.
(6) Pour prœdonum.
(7) Job, xii, 6, (8) Pour adolescentulum (P).
(9) Pour magnis.
(10) Pour quo, alilatif de quid. P donne quod, (11) P donne perdet.
scriptum est : « Invidiâ diaboli mors introivit in orbem terrarum (1). » Hoc cotidise (2) in nonnullis, pestis prse- dicta non cessât dilaniare multos. Ille etenim milleformis demonum (3) tortuosusque serpens non quiescens perfodi domos et templa subverti in fide solidantium adstare Christi, circuit semper quierens q[u]os et quas transvoret, et, secundum cujusdam carmina doctoi'is(4), signum quod ipse novit in sua rerum dampna(5) manentem caterva(6), a fidelibus sanctse Dei ecclesiae die noctuque abstra[h]i (7) non cessât.
r Ait enim (8) :
« Suetus antro bustualis sub catenis frendere, » Mentis inpost(9), elferatis percitas furoribus » Sequse (10) nigris mergit undis (1 1), etpecus (12) limphati- » cum (13j. »
(1) Sap., 11, 24.
(2) Pour quotidiè (P).
(3) Nous verrons plus bas que cette expression est tirée telle quelle d^ Prudence. La manière dont elle est enchâssée dans la phrase du Manuel exigerait le nominatif dcemon.
(4) Ce « docteur » est Prudence.
(5) P, damna.
(6) Je propose de lire : signum quod ipse novit, in suarum rerum damnu7n, manens in caterva. Signum est le signe de la croix. Caterva est la troupe des fidèles qui gardent ce signe, au grand dommage du démon. Ce dernier s'efforce de le leur arracher, àbstrahere non cessât, (7) Pour àbstrahere .
(8) P donne tantum, omet de mettre à la ligne, et ne reproduit pas le r qui précède ait en marge de N.
(9) P donne impos.
(10) P donne segue.
(11) P donne undas.
(12) P donne pectus.
(13) Ce passage est altéré et incomplet. Le voici tel qu'on le trouve dans Prudence (Cathem,erinon Liber, ix, Hym,nus omnis horoe, v. 52-57^ ; « Suetus antro bustuali sub catenis frendere, » Mentis inpos, efferatis percitus furoribus » Prosilit, ruitque supplex, Christum adesse ut senserat. i> Puisa pestis lubricorum railliformis Dsemonum, » Corripit gregis suilli sordida spurcamina :
» Seque nigris mergit undis, et pecus lymphaticum. »
Et estsensus aperitissimisdj.Patulus manet per cuncta.
Hune et hos, si suut, admoneo, cave, fuge, devita, et a consorciis eorum te alienum procul, post dorsa positos, elongare satage, eosque resistere ne pigeas, [h]ortor. Habes et habebis volumina in quo(2) legendo, volvendo, rumi- nando, perscriitando, intelligendo ; vel etiam et doctores qui te insinuent, per quorum exempla quid utilitatis in utroque negocii(3j pensum (Le troisième fragment de N se termine ici) valeas agere, invenire possis perfacile. Et velut columbse, lympham bibentes limpidissimam, conspiciunt erodios(4j atque rapaces accipitres, ne ab eis capiantur evadunt(que), congratulantes et transvolantes ubi eis ampla libuerit voluntas, sic tu, si dicta sanctorum ortodoxorum praecedentium patrum perquisieris legendo, seu et optimates ducum et consiliarios, ut tibi prœdictum est, digne Deo (5) et seniorumjussa Meli nisu complentes conspexeris frequens et eorum exempla inobliviosus fueris adsecutus, non solum ab invisibilibus insidiis malignorum spirituum, verum etiam et a prœsentibus mundo volven- tibus tendentibusque dindras (6) poteris evadere, et in vir- tutes tam spiritualiter quam corporaliter , adjuvante Christo, facile surgere et transcurrere valebis.
Lege et reçole quod scriptum est in Salomone : « Laudemus viros gloriosos, etc. (7) » Amen.
Item. Quamvis minimi et exules simus, in boc magna- torum computavi vel sequavi numéro pro immeritis mundo latentem in nobis et ad yma potius quam ad alta tendentem. Tamen, quod scriptum est secundum admonitionem veteris Testamenti, xii"" nomina patriarcharum ante frontem scripta(m) portare deberi praecipitur(8), vel etiam, secun- (1) Je propose de lire aper-tissimus .
(2) Pour quîbus.
(3) Pour negotio.
(4) Ce mot n'appartient pas au latin classique. Il est là Y>onr erodent es . (5) Pour Dei.
(6) Mot trop altéré pour qu'on puisse le restituer. Sens de plaças. (7) Eccli., XLiv, 1.
(8) Il y a là un souvenir confus de l'Apocalypse, qui ne fait pas partie de l'Ancien Testament. Voyez, sur les inscriptions portées au front . Apoc.^ vu, 3; IX, 4 ; xiu, 16; xiv, 1 ; xiv, 9; xvii, 5; xx, 4; et xxii, 4. dum Ezechielis visionem, animalia senas habeiites alas oculosqiie ante et rétro (1) in exemplum nobis sacra jubet conspici Scriptura. Tiii (2) tamen est à me directa percep- tio(3), ut inalos, improbos pigrosque atque superbos exe- crandum atque fugiendum et abominabiles in animo per omnia vitandum. Quare? Quia funes, velut muscipilo(4), ad decipiendum tendunt, et juxta iter scandala atque ofïen- dicula ut prsecipites corruant, et alios sui consimiles pree- cipitare faciant, parari (5) non cessant. Hoc fuerunt in prœteritis, hoc hortor ut iugias in prsesentibus atque futuris, si sunt aut fuerint quod permittat Deus, ut non tibi sors cum illisjungatur innullo. Exempla dignitatum majorum in prœteritis, pnesentibus et futuris, qui Deo et sœculo per fidem placuere atque persévérasse probantur, perquire, tene, et lideliter observa. Nam in hoc quod scriptum est, nomina xii™ patriarcharum in manibus scripta tenere (6) et in frontibus deberent portari, oculosque ante et rétro semper intentos habere(7), virtutes sunt. Quasi in prse- senti sœculo commorantes, in Deum florentes vigentesque et semper ad summum tendantes, prudentiores iide et mente incessanter gesserint(8), et cursu felici, verbis et factis, opère compleverunt digno, nobis (9), ut perquirentes faciamus in exemplum per omnia dimiserunt.
CHAP. XXIV. Ilême «lujet. Tant que tu lutteras dans le tourbillon du siècle, mon fils, je t'exhorte à rendre grâcesà Dieu en toutes choses, (\)Apoc., IV, 8. Cet autre passage de saint Jean l'Évangéliste ne doit pas être mis sur le compte d'Ezéchiel , (2) Je propose tibi. (3) Je propose prcescriptio. (4) Pour musnipuhim. (5) Pour parare. (6) Pour teneri. (7) Pour haberi. (8) VoViV gesserunt . (9) Pour nos. dans l'adversité comme dans la prospérité. Que la prospé- rité et les exemples des méchants n'abattent point ton ^prit. Que l'adversité ne te trouve pas inégal et ne te jette pas à terre. S'il arrive, ce cju'à Dieu ne plaise, que des vices naissent en toi, oppose, comme il a été dit plus haut, les contraires aux contraires. Car l'Apôtre dit : « Marchez par l'esprit, et vous n'accomplirez point les désirs de la chair. Car la chair désire contre l'esprit et l'esprit contre la chair. )> Exemple des Pères. Le combat est partout aujourd'hui. Je crains cjue tu n'y sois entraîné avec tes compagnons, parce que, suivant la parole de l'Apôtre, les jours sont mauvais, et il s'élèvera des temps troublés. En ces temps il y aura des hommes n'aimant qu'eux-mêmes, cupides, avares, impudents, rebelles, et plaisant plus au siècle qu'à Dieu. Déjà, ô douleur ! on en aperçoit, en de nombreuses troupes qui se lèvent, regardant par le pays si le moment est arrivé. Lève-toi et prie. Dis avec le Psal- miste : « Juge, Seigneur, ceux qui me nuisent, et viens à mon aide. » Conseils de vigilance. xxiin. [Item] ejusdein [de quo supra] . Tu tamen, fili V[uillelme], dumin Sceculomilitarisinter mundanas actionum turmas. quidcjuid ti])i prospéra sive adversa venerint, in omnibus ut Deo gratias incessanter agas, hortor, eo tamen tenore ut ne in prosperis et exem- plis pravorum mens elevet tua, ne in adversis dispar(s) observes vel dejiciaris unquam(l).... Si tibi aliquando vitia surrexerint, quod absit, oppone, ut preedictum est, contrariis contraria. Dicit enim Apostolus : « Spiritu am- bulate et desideria carnis non perficietis.
Caro etenim concupiscit adversus spiritum, spiritus autem adversus carnem(2). » Nam Patres, rétro ssecula, in spiritu man- (1) Ces points se trouvent dans P, (2) Gai., V, 16 et 17. sueludinis ol lenilalis hune l'ervorom 1 1 ) in se lUililer cer- tando, vitia conculcando, in virtutibus dignis, ut scriptiim est, crescentes, et jiistitiam opérantes, per fidem vincere meruerunt régna, eo quod usque in senectam et sensum custodientestestamenlum (2j Dei et ejus mandata facientes, in jocunditate (3) lîliorum cum rébus terrenis tempora- liter fruentes exultari (4) meruerunt, et in cœlis pins modum (5) sedem, ab lUo quem mente et corpore dilexe- runt, paratam habere ut quiescant. non dubium esse in omnibus cognoscas. Impletur enim in talibus ita agentibus dictum Psalmographi carmen : « Ambulaljunt de virtute in virtutem et videbitur Deus deorum in Sion(O). » Luo tamen hodie surgit in multis (7j ; timeo enim ne et in te tuisque militantibus eveniat, fili, pro eo quod ait Aposto- lus : « Dies mali sunt. « Et item : « Surgent (pseudo) et ins- tabunt tempora periculosa (8). » Eruntque illis in diebus homines seipsos amantes, cupidi, avari, protervi, inobe- dientes, s;eculo magis quam Deo placentes, et quod lon- gum est enarrare per singula, quod jam, heu, proh dolor! nonnulli in multis adsurgentium cuneis (9) conspiciuntur cémentes perlocasipervenerit (10). Surge etora ut supra; die cum Psalmista : « Judica, Deus, nocentesme, expugna impugnantes me, appréhende arma et scutum. Domine, virtus salutis meae, et ex[s]urge in adjutorium mihi, crue me a circumdantibus me, et die animée mese : Noli timere, salus tua ego sum (11). » Petenti namque cuidam viro res- ponsum est illi : « Noli timere, ego enim protector tuus et merces tua magna nimis (12), etc. » Quisquis enim salutis (1) Pour hoc fervore... . certando, luttant de zèle. (2) Pouv se7isum custodientes testamenti. (3) Vonr jucunditate . (4) Pour exaltari. (5) Y'oxkv postmodutn. (6) Psalm., Lxxxin, 8. (7) Allusion aux troubles du temps.
(8) Tim., m, 1. (9) Proprement, corps d'infanterie disposés en forme de coin, par ex- tension, troupes d'hommes armés. (10) Pour pervenerint , s.-e. dies mali. (11) Psalm., XXXIV, 1, 2 et 3. (12) Gènes,, xv, 1. auctorem toto qusesierit corde, non solum corpori(l), sed animée salutem credat sibi percipere posse. Hoc in te hue illucque conflectens (2), tempore praesenti atque futurum (3) in studio certaminis pervigil ita satagere festina, ut ulrasque (4) ab Illo quem puro intuilu cernere debes. in- dubitanter accipere valeas. CHAP. XXV. utile avis contre l'org^ueil. Si l'orgueil naît en toi, pour rempècher de monter dans ton cœur, dis-toi que Dieu résiste aux orgueilleux et les jette dans l'abîme. Fuis l'orgueil, et emploie contre cette peste mortelle une profonde humilité. .L'humble, vrai et doux auteur du genre humain donne sa grâce aux hum- bles. Combien est terrible le mal de l'orgueil, par lequel le grand Lucifer, créé ange par Dieu, a été précipité dans les ténèbres, comme avide des peines de la mort, et livré pour jamais, avec tous les siens, au Tartare ! Sublimité de l'humilité. Elle prend Ihumble, descendant modestement au-dessous même du degré où le méchant a été jeté par l'orgueil, et de là elle l'élève peu à peu jusqu'au ciel. Les humbles sont le repos de Dieu. XXV. Item. Utilis ailinouitio (5). Si superbia aliquando surrexerit, quodabsit, ne in tuum uUatenus unquam ascendat cor, prsepone quia (6) Deus superbis resistit et dejicit ad ima. Hanc cave et fuge, (1) Pour corporis. (2) Tournant et retournant, c'est-à-dire méditant. (3) Pour futuro. (k) Pour utramque, s.-e. salutem, c'est-à-dire le salut de l'âme et du corps. (5) La table porte : Vt superbia{m] fugas. (6) Pour quod. et contra pestiféré mortalitatis morbum magnam adhibe certam in omnibus humilitatem, quia humilis et verax almusque generis humani formator humilibus dat gra- tiam. Ait enim ipse : « Discite a me quia mitis sum et humilis corde (I).» 0 quàm gravis est pestis superbise langor (2), qui Lucifero magno (3), a magno Creatore dig- nabiliter creato (4), in hujus nube caliginis decurrens um- bras (5) et ad ima prostratus, ruens (6) mortis pœnarum ingiuviem, cum suis omnibus sine iine mancipa(n)tur ad Tartara !
0 quàm magna est sublimitas, celsitudo liumili- tatis, quia, unde malus et maie a seipso suasus per super- biam ejectus est, inde humilis humiliter descendens, hu- miles gradatim ad Superos (7) ut quiescant ascendere facit ! In ipsis est sessio et requies Ipsius qui dixit : « Super quem requiescam ? Insuper humilem et quietum et trementem verba mea (8). » OHAP. XXVI. Travaille à acfitiérir le» sept dons du iiaiut-Esprit. Mon fils Guillaume, si tu es humble et paisible, tu pour- ras recevoir de Dieu, par le septuple don de la grâce, la grâce du Saint-Esprit. Par l'humilité et l'obéissance, tu pourras aisément passer du joug des malins esprits sous le joug du Christ. Apprends, .dans la vigueur de ta jeunesse, à porter quotidiennement le joug du Christ dans ton esprit et dans ton corps. Il faut trouver la délivrance cà l'heure de la mort. Prends garde que la mort ne soit ta perte. Aussi je veux que tu sois, parmi tes compagnons d'armes tem- porels, tel que tu puisses mériter, après cette vie, le (1) Matt., XI, 29. (2) Pour languor. (3) Pour quo Lucifer magnus. (4) Pour creatus. (5) Pour per umbras. (6) Pour ruens in . (7) Cette expi'ession de la langue classiqae et païenne est assez remar- quable ici. (8) Sens de Isaiœ, lxvi, 2. royaume qui ue linira pas, et le partager avec les servi- teurs et les soldats du Christ. Si tu combats avec cette vigi- lance, non seulement tu seras digne de recevoir les sept dons de la grâce du Saint-Esprit, mais encore tu pourras, par la contemplation du Lien, entrer dans la gloire des huit béatitudes. Je veux que tu prospères toujours dans ces vertus et ces dons. Les dons de l'Esprit de Dieu sont au nombre de sept, comme il est écrit dans Isaïe : la sagesse, l'intelligence, la prudence, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Quoiqu'il y ait trois sortes d'esprits, celui des anges, celui des hommes, et celui des animaux et des reptiles, on compte cependant, pour diverses raisons, sept jours dans la semaine, sept temps des révolutions des planètes, sept lampes sacrées dans le Saint des Saints, sept dons de la grâce du Saint- Esprit.
Si tu chéris Dieu de tout ton cœur, si tu étudies les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament , si tu mets en pratique tes lectures, l'esprit de sagesse réposera sur toi. Si tu scrutes les paroles du Seigneur, si tu com- prends la meufcedes peines éternelles, le géhenne réser- servée aux pécheurs et la gloire du royaume céleste réservée aux bons, l'esprit d'intelligence reposera sur toi. Si, dans l'adversité comme dans la prospérité, tu t'avan- ces dans le droit chemin sans être abattu par le malheur ni enorgueilli par le bonheur, et cherchant la volonté de Dieu, afin qu'il te vienne en aide, alors l'esprit de pru- dence reposera sur toi. Si tu es fort contre les vices, si tu les abats et les comptes pour rien, tu auras l'esprit de force. Si tu es humble de cœur et chaste de corps, tu seras élevé et tu auras l'esprit de science. Si tu as pour ton prochain une compassion fraternelle , si tu imites les hospitaliers, si tu es le consolateur assidu des pauvres et des affligés, tu auras l'esprit de piété. Si tu crains et si tu aimes, avec le zèle de la fidélité, ton père et sei- gneur, ou les grands ou tes autres pairs, en évitant de tomber dans leurs péchés et leurs scandales, l'esprit de la crainte de Dieu reposera sur toi. L'Esprit de Dieu remplit la terre et souffle où il veut. Les saints apôtres étaient enivrés de ce souffle, lorsqu'ils prêchaient en tous lieux, pratiquant ce qu'ils prêchaient. La mise en pratique de la parole divine est une grâce du Saint-Esprit. L'Esprit est Dieu. Demande ces vertus au Seigneur en l'Esprit Saint, et il te les accordera. David et l'Esprit Saint. Si tes pensées sont bonnes, et si tu conserves avec soin ton cœur pur, tu seras entièrement renouvelé par l'Esprit Droit. Si tu parles convenablement et si tu gardes tes lèvres de toute parole mauvaise, l'Esprit Saint ne se retirera pas de toi. Si tu accomplis dignement ce que tu as pensé et dit, tu seras for- tifié p;ir l'Esprit Supérieur, liésumé. XX VL Iii septeniplici dono (1) iSancti iSpiritiis [frequenler] luilitare (2).
Tu, illi V[uillelme], si humilis fueris et quietus, sep- tiformi(s) gratiœ dono, saltem per particulas (3), gratiam Sancti Spiritus ab Illo cujus superius mentionem facio frequens. libenter accipere poteris unquam, et requiescet super te spiritus Domini bonus. Humiliando et obediendo, ex jugo malignorum spirituum in jugum facile transire poteris Ohristi. Ipse namque ait : « Jugum autem meum suave est et onus meum levé (4] . » Jugum quoque et onus Christi ex ima (5) ad cœlos facit transvehi supernum(6). Etenim beatus apostolus Petrus, cum in passione gloria sua (7) cursum consummasset felicem, ait : « Dominus et magister meus alta sublimatus incruce, me autem e terra ad cœlos vocare dignatus est. » Tuergo, lili, intuas juven- tutis vigore(m), disce jugum et onus quotidie in mente et corpore régis Christi portare. Etenim, ut ex mole gravitu- (1) Pour In septemplex donum. (2) Poui* meditare. ('3) Au moins partiellement. (4) Matt., XI, 30. (5) Pour ex imis. (6) Pour supernos. (7) Pour gloriosa. dinis peccatoi'um vinculo ereptus, securus et quietus sal- tem in extremitatem viUe leniter et leviter ad eum ascen- dere et accedere possis. Nam unusquisque nostrùm, ut quidam doctor in passionis parasceve (1) ait Domini, talem sibi, infra fluctuationes sœculi liujus (2), eligere débet conversationem, ut in linem liberari possit. Ait enim Psalmista : « Resjjice, Deus, in testamentum tuum (3) et animas pauperum tuorum ne obliviscaris in finem(4). » Finis namque hic, ut puto, extremitas intelligitur vitse. In quone pereas attentiùs tibi considerandum, hortor as- sidue, et volo ut talcm teinter commilitones temporalité!' servientium (5) satagere studeas, qualiter in fuiem, rum famulis et militibus Cliristi. non sequestratè (6), sed plu- raliter militando, liber cum liberis, merearis juugi in regnum sine fine mansurum. Quod si ita, ut supra, pervi- gil certaveris, non solum ex donis septiformem (7) gratise Sancti Spiritus infusione(m) mereberis conditus esse,verum etiam in octo beatitudinibus dignitatem (8), per contem- plationem operisboni, fiducialiter proximare unquam vale- bis.
In quas virtutes et dona (9) volo ut vigeas semper.
Dictumque est de utrisque militantium artibus : « Da partem septem, nec non et octo (10). « Septem sunt Sancti Spiritus dona, ut scriptum est in Esaya propheta, spiritus (1) De 7rapa.<T-xs\i-h, préparatifs, apprêts, veille. Parasceve se trouve dans Tertullien et dans saint Jérôme.
(2) Allusion aux troubles du temps.
(3) Psalm., LXiiii, 20.
(4) Psalm., Lxxxiii, 19.
(5) Pour servientes.
(6) Ce mot n'est pas classique.
(7) Pour ex dono s<;ptiformi.
(8) Pour in octo heatitudinum dignitatem.
Les Huit Béatitudes sont les huit moyens qui d'après Jésus-Christ, doivent assurer le bonheur souverain à ceux qui les mettent en œuvre. Il les a énumérées dane son sermon ser la montagne (Matt., v, 3 à 10). Bienheureux : 1° les pauvres d'esprit, 2" ceux qui sont doux, 3" ceux qui pleurent, 4° ceux qui ont faim et soif de la justice, 5° ceux qui sont misé- ricordieux, 6° ceux qui ont le cœur pur, 1° les pacifiques, 8° ceux qui soufifrent persécution pour la justice.
(9) Il faudrait l'ablatif.
(10) Eccle., XI, 2.
sapientise, spiritus iiitellectus, spiritus consilii, spirilus fortitiidinis, spiritus scientiœ, spiritus pietatis, spiritus timoris Domini(l). Licet très sint spiritus, id est angelo- rum , hominum , auimaliumque et reptilium , pro certis ditïerentium causis tamenperseptemhcbdomadarum dies, et septem volventium tempora, vel septem lampadarum sacris (2j in sancta lucentium sanctarum (3), septem doua gratise Sancti enumerantur Spiritus. Tu, si Deum ex toto tuo dilexeris corde, et volumina librorum in veteris et novi Testamenti Scripturarum perscrutaberis seriem, et lecta opère compleveris digno, requiescet super te spiritus sa- pientiœ. Nam omnis sapicntia a Domino Deo est ; nec aliter esse potest, quia cum illo fuit semper, et est ante œvum.
Quod si perquisieris et acceptam tenueris, beatus eris et sapiens poteris esse vocatus, atque in via mirabili perducet te regendo, et dextera sancta protegendo sua, ad sempiter- nam trahens almilicam vitam, bis amplexibus sensis, re- quiescet in te spiritus sapienliœ.
Si scrutatus fueris ser- mones Domini, ut scriptum est in Josue : « Scrutamini vias(4); » et item: « Tune cognoscetis quia ego sum(5); « et intellexeris minas aeterni sup[p]licii et gehennam pec- catoribus mancipandam , atque dignis digna facta pro meritis gioriam accipere regni, requiescet super te spiritus intelligentia3. Hune spiritum (6) Psalmista cum dicebat : « Da mihi intellectum, ut scruter legem tuam, et custo- diam illam in toto corde meo (7) . « In corde etenim accep- tam absconde, ita ut perseverare possis in illa. Quod si feceris, eris consors Sancti intelligentise Spiritus. Si in prosperis atque in adversis recto gradiens (8) tramite, eo tamen tenore ut nec in adversis dejiciaris, nec in prospe- (1) Isaiœ, XI, 2 et 3. (2) Pour lampadœ sacrœ. (3) Pour in sancto liicentes sanctorum. (4) On trouve dans les Lamentations de Jéréniie : « Scrutemur vias nostras, etc. (Thren., m, 40.) (5) Juan., vin, 28. — Aucun de ces deux passages n'existe dans le livre de Josué. (6) Sous-entendu designabat. (7) Psalm., cxviii, 34. (8) Pour gradieris. ris uni[uam mens elevetur lua, coiisilium perquirendo Domiiii, ut tibi in ulrumque negotii pensum adjutorium dignetur parare, tune requiescet super te spirilusconsilii. Si contra vitia fortis fueris et ea supplantando pro nihilo computaveris, tune spiritum habebis foi'litudinis. 8i humi- lis fueris corde et eastus corpore, pro eerto poteris in sublime erigi et in spiritu scientiaî liducialiter militare valebis. Has virtutes si corpori et animo adjeceris tuo, absque dubio requiescet super te spiritus scientiee. Si compassionem erga proximos habueris fratcrnam, et hos- pilalium seetator, pauperumciue et mœrentium consolator assiduus fueris. habebis spiritum pietatis. Si timorem et amorem(l), ex fidelitatis industria, circa genitorem et seniorem tuum, vel circa optimales ducum et cseteros pares tuos, majorumque sive et minorum(2), tenens ne in of- fensa vel in scandalis (3) diseordantium utrumque (4] eadas illorum, absque dubio quieseet in te spiritus timoris Do- mini.
Item. De eodem namque Sancto Spiritu in libro Sapien- tiœ invenies scriptum ubi dieit : « Spiritus Domini replevit orbem terrarum (5) . » Etenim, concedente Summo. ubi vult pro certo indubitanter spirat (6). Hune spirationis flatum sancti inebriati erant apostoli, quando, Deo opé- rante, ubique preedicabant, et itrœdieando manibus com- plebant. Manus, hic opus intellige sanctum in dieione (7) Sancti Spiritus manentem (8), sicut scriptum est in Pro- pheta : « Et factum est verbum Domini in manu Aggei (9). » Hoc est verbum Domini in manucomplentis. De quoverbo et opère factionisin Apocalypsi(s) reperies scriptum. Dicit (1) Sous-entendu Aabe*. (8) Pour majoresgue sive et tninores, les moindres comme les j)lus considérables. (3) Pour scandala. (4) Ce mot est assez inutile. Il est pour utrorumque. (5) Sap., I, 7. (6) Joan., m, 8. (7) Pour ditione. (8) Pour manens. Il semble y avoir là une sorte de jeu de mots, fondé sur le rapprochement de manus ei de manens. (9) Aggœi, i, i, 3. enim : « Beatus qui legit verba mea(l). » Addidit : « Et servat ea quaî in eâ (2) scripta sunt. ■) Datio Sancti Spi- ritus, ut beatus Paulus ait apostolus, secundum unius- cujusque meritidonum prsemia compensât tribuens magna. Ait enim : « Alii quidem datur per Spiritum sermo sapien- tièe, alii sermo scientise(3), alii sensus intelligentia3 in eodem Spiritu : » et caetera quse sequuntur (4). « Omnia autem operatur unus atque idem Spiritus, dividens sin- gulis prout vult (5), » ille nimirum qui dictus est Deus. Nam Deus spiritus est. ut ait Evangelista : « Spiritus est Deus, et eos qui adorant eum in spiritu et veritate oportet ado- rare (6). » Item. Tu ergo, lili, lias virtutes a Domino in Spiritu Sancto pete, et tribuet eas tibi magnus largitor. Magnu[s] namque rex David erat et eximius prophetarum, qui ex prsescripto Spiritu repleri cupiens ita orans fiducialiter aiebat : « Cor mundum créa in me, Deus, spiritum rectum innova in visceribus meis (7) . » Et item : « Spiritum sanc- tum tuum ne auferas a me (8j.
» In acceptione etenim et repletione ejusdem Spiritus Sancti gratulabuntur (9). Ne privaret(lO), toto affectupostulabat, dicens : « Spirituprin- cipali contirma me (11). » Et si ille tam magnus, longe a nobis postposilus, in Spiritu militans Sancto ita aiebat, (juid nos ex cujus exemplis, ne umbrte in meritis a^quari videmur(12)? Tamen oro, admoneo, hortor, ut petas et hoc in Spiritu Sancto. Si bene cogitaveris et cor tuum (1) Apoc, I, 3. (2) Pour e/s. Eâ vient ici de ce que le texte de l'Apocalypse est ainsi conçu : « Beatus, qui legit et audit verba prophetiœ hujus : et servat ea quœ in eâ scripta sunt. » (3) I, Cor., XII, 8. (4) I, Cor., XII, 9 à 10. (5) I, Cor., xn, 11. (6) Joan., IV, 24. (7) Psalm., L, 12. (8) Psalm., L, 13. (9) Pour gratidabatur . (10) Pour privaretur. (11) Psalm., L, 14. (12) Pour videamur. mundum omni custodiâ servaveris, Spiritiim rectum (1) totis visceribus poteris esse iiinovatus. Si bene loqimtus fiieris et os tuum a malo custodieris eloquio, ut lingua tua non loquatui' dolum, Spiritus Sanctus non auferetur a te, donum capienti dignissimum. Si hoc quod cogitasti et loquutus fuisti opère compleveris dignissimo, spirituprin- cipali certissime poteris esse confirmatus. Et quid dicam ? Jam in brevi aptum concludam sermonem. Si bene cogi- tando, bene loquendo, bene opérande, sobriè et juste, castè- que etpiè in sœculo vixeris isto, et Spiritum sanctum(2), et Spiritum rectum (2) et Spirituprincipali in unitatem sanc- tam et individuam summœ divinitatis potentiam (3) ambu- lans, stans et residens, securus ubique semper quiescere valebis, ita agendo. Sancto quo opérante (4) donationum spiritu, ad regnum valebis pertingere supernum , adju- vante (5) CHAP. XXVII. Jkvin utile contre les vices. Déjà, depuis le début de ce livre, nous nous sommes efforcés de changer en mansuétude la témérité de l'orgueil et l'enflure de l'arrogance. Maintenant, avec la grâce du Saint-Esprit aux trois formes, nous allons opposer aux autres vices, comme une flèche à une flèche, un mur redoutable.
Il faut veiller, mon fils, et combattre le bon combat, pour que la rédemption du fils de Dieu ne périsse pas en toi. Oppose, comme plus haut, les vertus aux vices, afin d'être préservé de la compagnie des méchants.
(1) Il faudrait l'ablatif .
(2) Il faudrait l'ablatif.
(3) Pour potentiœ.
(4) Je lirais volontiers coopérante .
(5) Après ce mot vient dans P une ligne de points. Il manquait donc déjà quelque chose à la fin de ce chapitre dans le me. de Pierre de Marca. XXVII.
Aflnionitio utllis ad comprimenda vitia.
Jam ex origine, temeritatis il) superbise atque tumore (2) elationis in mansuetudinis pensum vertendo, magnum digessimus ovdinem ; nunc, auxiliante gratiâ Sancli Spi- ritus triformem (3) , ad csetera quae sequuntur, quasi sagit- tam contra sagittam , vitia morum emendando , fortem (in) undis undique opponamus murum. Scriptum est in cujusdam libelli particula : « Estote fortes in bello et cum antiquo pugnate serpente. » Beatus namque Petrus de bac serpentis pugnatione ut resistamus viriliter nos admonet dicens : « Vigilate quia adversarius vester diabolus tan- quam leo rugiens circuit quserens quem devoret : cui resis- tite fortes in fide (4). » Vigilandum tibi est, lili V[uillehne], et cum executione operis boni viriliter certandum, ne pe- reat in te vera et sancta sanguinis filii Dei redemptio.
Oppone, ut supra, contra vitia virtutes, ut aconventu ma- lignantium et operantium iniquitatem merearis esse pro- tectus (5)
OHAP. XXVIII.
Il faut opposer les vertus aux. vices.
Si, à l'instigation du démon, auteur de la mort, ton cœur est tenté par la fornication ou quelque aiguillon de la (1) Pour temeritatem.
(2) Pour tumoreni.
(3) On a vu ces trois formes du Saint-Esprit dans le chapitre précédent • Spiritus principalis ; Spirltus rectus ; et Spiritus sanctiis. (4) I, Pétri, v, 8 et 9.
Ç)) Ce mot est suivi d'une ligne de points dans P, ce qui semble indi- quer que la fin du chapitre manquait dans le ms. de Pierre de Marca. S'il y a véritablement là une lacune , elle est peu considérable, car le chapitre suivant a un titre qui continue l'idée de la phrase où nous nous arrêtons.
chair, opposes-y la chasteté, et rappelle-loi Joseph. Daniel, et les autres, qui ont mérité d'être sauvés par leur pru- dence et leur fidélité envers leurs seigneurs et leurs pro- ches. Dieu jugera les fornicateurs et les adultères. Fuis la fornication, mon fils, et éloigne ton esprit des femmes sans mœurs. Ne cours pas après tes désirs, mais chasse-les de ta volonté. Si tu écoutes les courtisanes, elles te feront tomher sous le glaive de tes ennemis. Cependant, si, envoyées par Satan, elles ont souffleté ton esprit, com- bats, prie, et dis avec le Prophète : « Ne me livre pas. Seigneur, aux bêtes de la terre.... » La hardiesse des yeux n'est pas seulement corporelle, elle est aussi intérieure. Sans cela, Job n'aurait pas dit : « J'ai conclu un pacte avec mes yeux, pour ne pas même penser à une vierge. » Pour échapper au charme envahissant de ces tentations, il faut prier Dieu et se fortifier par les grands témoigna- ges. Quoique les yeux de la chair roulent dans les os de la tète pour la concupiscence , cependant tout combat à l'intérieur. Il est écrit, en effet, de ceux qui. s'abandon- nant aux voluptés, commettent les stupres charnels : « La mort entre par leurs fenêtres (1). » Au sujet de ceux qui observent la continence et foulent aux pieds les désirs de la chair, tu trouveras écrit : « La lampe de ton corps est ton œil ». « Si ton œil est pur, tout ton corps sera pur. » La chasteté est la vie des anges. Com- bien est court le moment du plaisir, qui fait perdre la vie future, et combien sont grandes la force et la splendeur d'une vie de chasteté, qui fait d'un mourant le concitoyen des anges ! Les docteurs ne défendent pas de se marier, mais ils s'efforcent d'arracher de notre cœur les désirs illicites. Enoch, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, furent chastes, ainsi que les autres qui, dans le lit conjugal, ont travaillé à conserver leur cœur pur en Jésus-Christ. Toi, mon fils, si tu gardes ton corps chaste, soit dans la virginité, qui est le don le plus éclatant, soit dans le lit conjugal, tu seras pur du iiéché, et ton esprit se repo- (1) Les yeux sont les fenêtres du corps.
sera dans les Huit Béatitudes comme à un éternel ban- quet. XXVIII. Vt contra vitia virtutes oppona^i. Si, suadente Zabulo (I), mortis auctore, fornicatio aut aliquis stimulus Garnis cor titillaverit tuum, adhibe in contra castitatem, et recole mente integritatem beati pa- triarchge Joseph, et Daniel, vel cgeterorum qui, pruden- tiam mente et corpore erga seniores et proximos fideliter tenentes, meruerunt esse salvati, et perlucidè digni et laudabiliter a Domino sunt in numéro collecti sanctorum. Nam, ut ait Apostolus, fornicatores et adulteros judicabit Deus(2). Dicit autem Propheta : «Perdes omnem, qui for- nicatur abs te (3). » Item Apostolus : « Omne peccatum, quodcumque fecerit homo , extra corpus est. Quod (4) autem fornicatur in corpus suum peccat (5). » Et csetera his similia. Tu, lili V[uillelme], fuge fornicationem et a muliere meretrice mentem tuam procul pone. Scriptum est : « Post concupiscentias tuas non eas, et a voluntate tua avertere (6). » Non prsestes animse tuse concupiscentiis volitare malis. Oerte si eam veleas audieris et consentiens illis fueris, facient te cadere in giadio(7) et manus inimi- corum tuorum. Dicentque cum Propheta : « Incurva[re], ut transeamus (per te) (8). » Quod absit a te. Tamen si ve- nerint et, angelo immittente Sathana, mentem colafizave- rint (9) tuam, pugna, ora et die cum Propheta : « Ne tradas, (1) Pour diabolo. (2) Hebr., xiii, 4. (3) Psalm., Lxxii, 27. (4) Pour Qui. Ç>) Cor-., VI, 18. (6) Eccli., XVIII, 30. (7) Pour gladium. (8) Isaice, li, 'kS. (9) Pour cvlaphizaverint. Domine, animam meam bestiis terrse; animam pauperis tui obsecro ne derelinquas( I); extoUentiam oculorum ne dederis mihi (2j; aiifer a me libidinis concupis- (Ici com- mence le quatrième fragment de N) centiam et animo inreverenti (3) et infrmiito me umquam(4) ne tradas (5). » ExtoUentiam occulorum (6) hic non solum corporalem, sed etiam interiorem esse puto. Quodsi interiornecne fuisset, nequaquam diceret quidam : « Pepigi fœdus (7) cum occulis meis, ut ne cogitarem quidem de virgine(8), »
etc., atque multa multis in locis. Ex liac occupationum titillatione fluctuacionis (9) te[m]ptamenta(IO),utpossis, Deum rogan- do, evadere, magnis invenies testimoniis consolationem. Et licet in testa capitis carnales ad concupiscendum volvantur occuli, tamen intrinsecus militantur(llj cuncta. Scriptum quippe est de volventium (12) libidinis concupiscentiœ, qui carnaliter stupra operantur inlicita (13) : « Intravit mors per fenestras(14), » etc. (15). Item : « Qui viderit mulierem ad eam carnaliter concupiscendam(16), » etc. Decontinentiam (17) sectantibus et carnalibus concupis- centise (18) conculcantibus, invenies scriptum : « Lucerna corporis tui estocculus tuus (19). » Et item (20) : « Si occu- (1) Psalm., Lxxiii, 19. (2) Eccli., XXIII, 5. (3) Pour irreverenti (P), (4) Pour unquam (P) . (5) Eecli., XXIII, 6. (6) Pour oculorum (P). (7) P, fedus. (8) Job, XXXI, 1. (9) Four /luctuationis (P). (10) P, temperamenta. (11) Pour militant (P). (12) Po\xv volventibus . (13) Pour ilUcita (P). (14) Jerem,, ix, 21. (15) P, et etiam item,. (16) Matt.,\, 28. (17) P, continentia. (18) Pour ccirnalem conciipixcent iani. (19) Matt., VI, 22. (20) P, etc. lus tuus simplex fuerit, totum corpus luuni lucidum erit ( 1) . » Hanc inviolabilem castitatis integrilatem cupiebal ille qui dicebat : « Averte occulos meos ne videant vanitatem(2), » et multa his similia. Nam, ut aiunt doctores. castitas ange- lica est vita et cœlis civem facit hujus negotii adiri con- sortem. « 0, dicit quidam, quàm parva est ad modicum concubitùs [h]ora, perquem perditurvita futura ! Et quam magna (3) est vigor splendorque castitatis assidua (4), qui hominem moribundum angelicis (5) civem i'acit esse con- similem ! » Non enim (6) excludunt doctores nuptiarum sacris jungere thorum (7) ; sed concupiscentias stupras inlicitasque (8) a nobis stirpare (9) satagunt. Cas tus etenim fuit Enoch (10), Noae (11), Habraam (12), Hysaach (13), Tacob, loseph, Moyses etcœteri qui in thoro conjugatorum (14) militantes mundum in Christocorstuduerunt servare.
Et quid plura r* Tu ergo, fili (15), si in virginitate, quod est lucidissimuni donum, vel etiam in thoro jugali, consortii castitatem (IG) corpus servaveris tuum, mundus eris ab hujus peccati ori- ginem ( 1 7) , et in partes ( 1 8) octium ( 1 9) beatitudinis (20) mens, (1) Matt., VI, 22. (2) Psalm., cxviii, 37. (3) Pour magnus (P). (4) Pour assidues (P). (5) Pour an^re^ts. (6) P, tantum. (7) Pour torum. On trouve dans Stace jungere tœdas, ce qui vaut beaucoup mieux que jungere torum pour dire se marier, (8) Pour stupraque illicita (P). (9) Pour exstirpare. (10) P, Enoc. (11) PourJVoe(P). (12) Pour Abraham (P). (13) Pour Isaac (P). (14) Pour conjugiali. (15) P ajoute V\uillelme'\. (16) Pour consors castitatis. (17) Pour origine (P) . (18) Pour partibus. (19) P, octuum. (20) Pour octo heatitudinum, — Me- ut juge convivium (1), tua, per omnia secura quiescet. Et imple[hi]lur in te cum (2) dignis, ut scriptum est, digna, pluralis (3) laudatio heia (4) : « Beati mundo corde, quo- niam ipsi Deum videbunt (5). » OHAP. XXIX. Sois patient d'esprit et de corps. Si la peste de la rancune vient à troubler ton cœur de colère, apaise-la de ton mieux. Il est écrit : « La colère habite chez l'insensé. » Citation de quatre vers barbares. Effets nuisibles de la colère. Il faut la combattre. Citation de quatre vers barbares. Toi, mon fils, si la colère monte jusqu'à l'asile de ta pensée, repousse-la. Exemple de Moïse. Quelle heureuse cour que celle où l'on peut garder en sûreté la pleine possession de son esprit et éviter ce qui est nuisible au corps ! XXVIIII. ut patientiam mentis et corporis teneas (6). Si, accidente pestis rancorem (7), ira conturbaverit (8) tuum, in quantum vales mitiga eam. Scriptum est : « Ira in sinu requiescet stulti (9). » Et item quidam affatus in carminé ait suo : (1) Pour ut in jugi convivio. (2) Pour ut in. (3) Pour prophetalis. (4) P, digna laudatio prophéties, Heia est pour ea. (5) Matt., V, 8. (6) Ce titrtj est celui que donne P. Le titre donné par N est : Item, XXVIIII.
(7) Pour peste ranooris. P donne rancore. (8) Pour cor turbaverit (P). (9) Eocle., VII, 10. '< 8Uillus carens cor lo(]ui non valel ; » Vociim iii slrepitu rumpens (1), tacerc » Uiiquam nec polesl ; prestus (2j adiram, » Tardus ad pacem. flecliliur) inpejus. » Quod absit a te, nobilis puer. In omni elenim negolio (hjutiliialis ira nocibilis (3) mentem dinoscitur turbari (4). De hoc (5) quoque com- motionis ira Psalmista (6) quasi in sui pcrsonam nomi- nis aiebat dicons : « Turbalus est prœ ira (7) occulus meus (8). » « Ira cnim (9) viri, dicit Apostolus, jusliciam non operatur Dei (lOi. » Quod si venerit, occupa eam, ne prgevalens mentem dilaniet tuam. Licot humanum sit irasci, tamen ne in usum veterescat malum, conculcanda est et ad solum, usque perlysa (11); et ne animos adfli- gat pluris, Psalmita (12) admonens dicit : « Irascimini et nolite peccare (13). » Hanc occupationem (14) captionis iram mitigari (15) cupiebat, qui suos ut miterecerent (10), admonendo [hjortans diceliat : « Si fieri potest quod ex vo])is est, cum omni])us liominibus pacem [lijabcntcs (17). « De qua pace ait quidam in carminé suo : « Pax comprimit iram ; » Litis metuit pacem. (1) P, in strepiturum penitus. (2) P, prœstus . C3) Pour nociva ou nocens. (4) Pour turbare (P). (5) Pour hâc. (6) P, Propheta. (7) Pour in ira, (8) Psalm., XXX, 10. (9) P, autem. (10) Jacobi, I, 20. (11) P, perlisa ; mot inconnu. (12) P, Propheta. (13) Psalm , IV, 5. (14) P, occupatione. (15) P, tnitari. (16j P, mitescerent. (17) Rom., xii, 18. » Pax secura per ampla quiescit ; » Consors arnica ad alta transcurrit. » Tu, fili, si in cubiculo mentis ascenderit tuo, projice eam abs te. Da locum ire (1), et noli vinci a malo, sed vince iram inpace. Recole mentem (2) illum (3) videlicet qui pœne sexcenta milia (4) populatim regebat, qui men- tem aliquando suam in iram non legimus esse conturlja- tam.Nam de eo scriptum est : « Erat magnus et fidelis in omni domo sua (5), atque mitissimus super omnes homi_ nés morantium in terra (6).