Pensées pour moi-même (page 11)

Marc Aurèle · Philosophie

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — trad. Couat · 48 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

↑ Cf. Saint Paul aux Romains, c. II, v. 36 : ὅτι ἐξ αὐτοῦ καὶ δι′ αὐτοῦ καὶ εἰς αὐτὸν τὰ πάντα.

↑ [Démocrite (dans Stobée, Ecl., II, 12) avait dit : « Ne cherche pas à tout savoir, si tu ne veux devenir ignorant, » et (dans Sénèque, Tranquillité de l’âme, 12) : « Pour vivre tranquille, il faut embrasser peu d’affaires publiques ou privées. »]

↑ [Couat : « nous demander : ceci est-il nécessaire ? » — Dans les manuscrits on lit : « μή τι τοῦτο οὐ τὤν ἀναγκαίων ; » Ainsi ponctuée, cette phrase donne un sens absurde (car μὴ interrogatif ne signifie pas nonne, comme l’ont entendu Pierron, Barthélemy-Saint-Hilaire et M. Michaut, mais num). M. Couat l’a corrigée, en effaçant la seconde négation. J’ai cru plus naturel de conserver οὐ, en supprimant l’interrogation.]

↑ [Couat : « pour que celles-ci n’entraînent plus à leur suite les actions. » — Cette traduction fait supposer que M. Couat avait corrigé dans son texte παρέλκουσαι en παρέλκόμεναι. Je reconnais que le sens qu’on doit donner à παρέλκουσαι est très détourné. — Par les mots : « du même coup, » j’ai voulu rendre à la fois οὕτως et οὺδέ, qui a ici le sens, non de « pas même », mais de « non plus ».]

↑ Les manuscrits portent συμϐέϐηκέ σοί τι καλῶς. On a proposé κακῶς au lieu de καλῶς. Cette correction me paraît contraire au sens de la phrase tout entière. Marc-Aurèle veut dire que tout ce qui arrive est bon, parce que rien n’arrive contrairement aux intentions de la nature. Mais καλῶς déterminant συμϐέϐηκε ne vaut pas mieux ; il faut donc, comme l’a proposé Casaubon, mettre un point d’interrogation après τι. [Pour la doctrine exposée ici, cf. infra VI, 44, en note.]

↑ νῆφε ἀνειμένος. J’aimerais mieux, avec Schultz, lire ἀνειμένως, [comme y invite la leçon barbare du manuscrit A : ἀνειμέρως.] La traduction : « Sois sobre, même quand tu te relâches, » est, à mon avis, inexacte. Marc-Aurèle renouvelle ici une recommandation qui se rencontre fréquemment dans les Pensées ; il faut être sage, mais avec simplicité, et sans effort.

↑ [Conjecture de Schultz. — Var. : « c’est un chaos confus, et c’est pourtant le monde. »]

↑ [Var. : « Il y a le caractère noir, le caractère efféminé, le dur, etc. » — Lambeau de pensée ; énumération bien incomplète, donc à peu près sans portée, de certains vices de caractère. Il est intéressant pourtant d’y trouver les travers de nature joints aux défauts d’éducation et de métier. L’expression μέλαν ἦθος a été rencontrée plus haut (IV, 18, voir la note) dans les manuscrits de Marc-Aurèle. Nous l’avons, à cet endroit, rejetée de notre texte. D’autres, adoptant une conjecture de Xylander, y ont vu une citation d’Agathon le comique. Parmi ceux-là, M. Michaut suppose que la présente pensée est une définition des mots μέλαν ἦθος. Comment peut-on s’imaginer que l’épithète μέλαν (noir, sombre) convienne particulièrement aux caractères d’une femme, d’un enfant, d’un boutiquier, mais non, par exemple, à celui d’un jaloux ? Voilà, je le crains, un problème de sémantique insoluble.]

↑ [Couat : « ce qui y est. » J’ai fait cette correction et la suivante par raison d’euphonie.]

↑ [Couat : « C’est s’exiler que s’enfuir hors des principes de la société civile. » — Var. : « hors des principes de l’association des citoyens. » — J’ai cru devoir, pour traduire λόγος πολιτικὸς, garder le mot « raison », que M. Couat a d’ailleurs rétabli dans un autre passage (IX, 12).]

↑ [Couat : « Celui qui se sépare de la raison universelle… est un apostume du monde. » — J’ai : 1o suivi en traduisant l’ordre du texte ; 2o rétabli le mot ἀφιστάμενος qu’avait négligé M. Couat ; 3o essayé de faire passer en français (abcès… sécession) un jeu de mots (ἀπόστημα… ἀφιστάμενος) que déjà nous avons rencontré dans les Pensées (cf. II, 16, et la note). C’est une raison semblable, la rencontre de ἀπόσχισμα et de ἀποσχίζων dans le texte grec, qui m’a fait ajouter un mot à la dernière phrase.]

↑ [Pour la traduction de cette pensée, les deux manuscrits de M. Couat sont très divergents. Je me suis efforcé de les concilier en adoptant ce qui me semblait le meilleur en chaque texte. Voici d’abord la leçon du second manuscrit, le dernier mot du traducteur : « Celui-ci fait de la philosophie bien qu’il n’ait pas de tunique, celui-là bien qu’il n’ait pas de livre, cet autre bien qu’à moitié nu. Je n’ai pas de pain, dit-il, et je reste fidèle à mes principes. — Et moi, je n’ai pas la nourriture que l’on tire de la science, et je reste aussi fidèle aux miens. » Dans la première rédaction, la première phrase était déjà ce qu’elle est restée dans la seconde, sauf qu’elle s’arrêtait au mot « livre ». Au lieu de : « cet autre bien qu’à moitié nu, » M. Couat avait écrit : « Le premier, demi-nu, dit. » Un peu plus loin, τῷ λόγῳ, dans le brouillon, est traduit par : « la raison, » au lieu de : « mes principes. »

De ces deux divergences des manuscrits de M. Couat, la première est la plus importante, car elle ne concerne pas seulement une simple expression, mais atteint l’objet et l’économie même de toute la pensée. D’un côté (dans la rédaction définitive), il semble qu’il y ait quatre philosophes en présence : « celui-ci, celui-là, cet autre, et moi. » De l’autre (dans le brouillon), il n’y en a que deux : les faméliques à demi nus, c’est-à-dire les disciples de Diogène, qui, dit Juvénal (XIII, 121), ne se distinguent des Stoïciens que par la tunique :

et Marc-Aurèle lui-même (ἐγὼ et ὅδε étant synonymes), qui avait pris l’habitude de se passer de livres. (Sur ce point, cf. supra III, 14, et II, 2 : Ἄφες τὰ βιϐλία.) Cette dernière interprétation (en réalité, la première en date) ne soulève qu’une difficulté dont M. Couat a dû s’exagérer l’importance. Comment les mots : « le premier » peuvent-ils traduire l’expression ἄλλος οὕτως, ingénieusement corrigée par Ménage en ἄλλος οὑτος ? Le mot ἄλλος (au lieu d’ἔτερος) est-il admissible dans l’opposition de deux termes ? N’est-ce pas ἐκεῖνος, plutôt que οὑτος, qui exprime le plus éloigné de deux objets ? — Une objection analogue avait sans doute arrêté Nauck, qui supprima la dernière phrase de cette pensée, la considérant comme une glose.

Or la difficulté n’est qu’apparente. Dans la traduction que je donne de ce passage, j’ai pu, en effet, conserver le sens de la première rédaction de M. Couat en empruntant les termes mêmes (« cet autre ») de la rédaction définitive. Il m’a suffi de donner au point en haut qui, dans le texte grec de Marc-Aurèle, précède ἄλλος la valeur d’une ponctuation très forte, divisant la pensée en deux parties symétriques : en d’autres termes, de le remplacer par un point, tandis que le point qui, dans l’édition de Stich, précède le dialogue, devenait un point en haut. Ce n’est pas à ce qui précède immédiatement, c’est-à-dire à ὃ δέ, que me paraît s’opposer ἄλλος, ou, en admettant la lecture de Ménage, ἄλλος οὑτος, mais à ce qui suit, à ἐγώ. Comme il y avait plus d’un Cynique qui eût pu reprocher au philosophe empereur sa toute-puissance et sa majesté, ἄλλος se justifie mieux ici que ἔτερος ; comme toute cette fin de pensée est un dialogue, on admettra, si tant est qu’on veuille changer οὕτως, l’emploi du pronom οὑτος (iste) pour désigner l’interlocuteur de Marc-Aurèle ; comme ἐγώ, qui s’oppose à ἄλλος οὑτος, est synonyme de ὅ δέ, lang ; peut ici équivaloir à ὅ μέν.

Au contraire, il y a, à mon sens, au moins trois raisons de condamner la rédaction définitive de M. Couat, qui est aussi l’interprétation de Barthélemy-Saint-Hilaire, de Pierron et de M. Michaut : 1o l’impossibilité de distinguer, en les nommant, les quatre sectes dont il serait question dans cette pensée ; 2o la répartition symétrique d’expressions équivalentes dans ses deux parties (χωρὶς χιτῶνος et ἡμίγυμνος, — χωρὶς βιϐλίου et τροφὰς… ἐκ τῶν μαθημάτων οὐκ ἔχω) ; 3o l’asyndète (ὅ μέν, ὅ δέ entraînaient ἄλλος δέ).

Pour ce qui est de τῷ λόγῳ, il est assez malaisé de se prononcer entre les deux traductions de M. Couat, parce qu’ici ce mot est pris à la fois dans les deux sens qu’il lui a donnés successivement. Dans la dernière phrase, qui est la réponse du Stoïcien, τῷ λόγῳ sous-entendu à côté de ἐμμένω signifie ce que signifie ὁ λόγος dans tout le reste des Pensées, c’est-à-dire : la raison. Mais dans la précédente, où il est exprimé, il a sans doute un autre sens qu’ont dû lui attribuer d’autres sectes. Dans le Phédon, ce terme signifie : la thèse ou la doctrine dont on est d’accord, et souvent (par exemple 75 A) Platon, dans son audace de poète, a personnifié cette doctrine, comme les Stoïciens devaient personnifier la raison. Si c’est à peu près la valeur que les Cyniques donnent ici au mot λόγος, ils ne parlent pas la même langue que Marc-Aurèle, qui eût dû traduire leur λόγος par δόγματα.

Cette pensée, si je l’ai bien interprétée, est une profession de foi. Marc-Aurèle s’y présente à nous comme un Stoïcien qui, ne songeant guère qu’à bien pratiquer « l’art de vivre » (voir la pensée suivante), se préoccupe surtout, presque uniquement, des questions morales. Comparez VII, 67, où il avoue désespérer d’exceller jamais dans la dialectique et dans la physique ; I, 17, où il rend grâces aux dieux d’avoir pu ne pas « s’appesantir à déchiffrer les écrivains, à décomposer des syllogismes, à étudier les phénomènes célestes » ; surtout III, 14 et II, 2, déjà cités.]

↑ [Ici encore, la première intention de M. Couat m’a semblé meilleure que son dernier avis, et je n’ai pas tenu compte de sa rédaction définitive : « Aime le métier que tu as appris et restes-y attaché. » Il me paraît, en effet, également impossible et qu’un ancien, se parlant à lui-même, ait imaginé une expression que traduirait notre tout moderne « métier de roi », et que Marc-Aurèle, empereur en même temps que philosophe, s’adressant, d’ailleurs contre sa coutume, au commun des hommes, leur recommande le goût et l’amour de leur « pauvre métier ». (Car τεχνίον n’est pas τέχνη.)

Je n’ai pas pu, il est vrai, conserver davantage la traduction, d’ailleurs incertaine, que donnerait le premier manuscrit ; mais j’y ai trouvé une indication, et comme une orientation, qui m’a guidé. Un peu plus haut (IV, 2), M. Couat avait traduit τέχνη par : « les règles pratiques. » Ici, pour traduire τὸ τεχνίον, il avait d’abord hésité entre les trois mots : « doctrine, théorie, règle de conduite. » Il effaça ensuite ces trois traductions dans son premier manuscrit et n’eut pas le loisir de chercher au delà dans cette voie. Le mot grec, évidemment détourné de son sens usuel, m’a rappelé l’expression par laquelle Sénèque définit le sage : artifex vivendi. De là l’interprétation que j’ai risquée. — En quoi consistera cet art de vivre ? La réponse est à la pensée 7 du livre VI, qui débute à peu près par les mêmes verbes que celle-ci : Ἑνὶ τέρπου καὶ προσαναπαύου…, et qui exprime le même sentiment. — Elle est encore aux pensées 61 et 68 du livre VII, où Marc-Aurèle nomme expressément et définit la βιωτική — enfin à la 5e du livre XI, qui commence ainsi : Τίς σου ἡ τέχνη ;]

↑ [Couat : « d’autres dates et dans toutes les nations. » — Pierron : « les épitaphes d’autres temps, de nations entières. » — Michaut : « les histoires d’autres temps, de nations entières. » Les manuscrits donnent : τἀς ἄλλας ἐπιγραφἀς χρόνων καὶ ὄλων ἐθνῶν. Si les quatre premiers mots peuvent être interprétés, c’est plutôt, me semble-t-il, comme l’a fait M. Couat ; on pourrait supposer, par exemple, l’expression de Marc-Aurèle calquée sur la formule usuelle : ἐπιστολὴ ἐπιγεγραμμένη τὴν ήμέραν (= lettre datée). Il est vrai que le mot « date » admet des sens assez divers, et qu’il y a quelque différence entre la date écrite en tête d’une lettre et une période d’histoire. Cette explication est donc assez pénible ; encore plus pénible la construction que M. Couat admet (après le second καὶ) de la locution αί… ἐπιγραφαὶ χρόνων avec un autre génitif (les dates, c’est-à-dire les époques, c’est-à-dire l’histoire de toutes les nations). Enfin ὄλος, à l’époque de Marc-Aurèle (cf. infra IV, 48, dans une pensée très voisine de celle-ci : πόλεις ὄλαι) n’avait pas encore usurpé l’emploi de πας. — C’est évidemment par un autre détour que M. Michaut, cherchant à traduire ἐπιγραφἀς, est arrivé au sens d’« histoire ». Pour lui, ή ἐπιγραφή, c’est τὸ ἐπιγεγραμμένόν ἐπί τινος, mais à condition d’interpréter ἐπὶ comme περὶ (au sujet de). Ce sens est tout théorique ; on voudrait qu’un exemple le justifiât. — Pierron, au contraire, a pris ἐπιγραφὴ (inscription) dans une de ses acceptions usuelles. Mais si l’on peut dire qu’une époque est disparue et comme morte, n’y aurait-il pas, même en grec, une audace de langage excessive à nous en présenter la tombe et l’épitaphe ? D’autre part, la construction générale de la pensée qui a déjà deux fois à l’idée de mort opposé les mots τοὺς καιρούς, fait ici encore attendre un synonyme de τοὺς καιρούς, et non de θάνατος, avant ἕπεσον.

Le texte doit être mutilé. Au lieu d’ἐπιγραφάς, j’ai lu περιγραφάς. La locution περιγραφαὶ χρόνων (périodes de temps) est de bon aloi. Je suppose ensuite entre χρόνων et καὶ la chute d’une ligne qui devait également commencer par καὶ (par exemple : καὶ τὸν βίον μὴ μόνον ἀνὂρῶν τινων ἀλλὰ καὶ…). La superposition de deux mots identiques à un intervalle d’une ligne aura facilité l’erreur du moine qui dictait aux scribes.]

↑ [Couat : « ont été dispersés. » Dans deux notes (la 3e et la 7e) à une pensée précédente (IV, 21), où διάλυσις a été traduit par « dissolution », j’ai dit que l’hypothèse de la « dispersion » était épicurienne et non stoïcienne.]

↑ [Couat : « C’est ainsi qu’il est nécessaire de se souvenir que l’on doit s’attacher à chaque action suivant sa valeur et sa mesure. » J’ai craint que cette phrase, qui est d’ailleurs plutôt une interprétation qu’une traduction du texte grec, ne semblât point assez claire. Je ne doute point que pour M. Couat aussi ὦδε, qu’il traduit littéralement, ne signifie : « à l’aide de telles réflexions, » ou : « par ces exemples ; » je suis moins sûr qu’il ait vu dans la mort cette « unité de mesure » (συμμετρία) à laquelle Marc-Aurèle rapporte toutes les actions humaines, ou plus précisément tous les soins que nous demande chacune d’elles. C’est à peu près la même idée qui est développée un peu plus bas (IV, 48) : le spectacle des morts de médecins, de savants, de philosophes, de généraux, de tyrans ; le souvenir de villes entières disparues ; celui des voisins qui sont partis aussi doivent nous montrer combien les choses humaines sont « éphémères et de peu de prix ».]

↑ [Couat : « l’oubli complet les engloutit. » J’ai cherché à traduire le mot κατέχωσεν.]

↑ ἀπ′ ἀρχῆς τοιαύτης : τῆς αὐτῆς, qu’a conjecturé Ménage, serait plus clair.

↑ [Clotho, la Parque, pour Marc-Aurèle, c’est encore la Providence (cf. Chrysippe, dans Stobée (Ecl. I, 180 et 182) : ce nom ne semblera pas plus extraordinaire dans ce livre que celui de la Bonne Fortune. Cf. supra II, 3, dernière note (page 20) ; III, 11, 6e note (page 41, note 2).]

↑ [Cf. supra II, 6 ; infra V, 5 ; X, 8. Marc-Aurèle s’adresse volontiers de durs reproches qui nous attestent surtout la sincérité et les nobles scrupules de son âme.]

↑ [Couat : « et vois ce qu’évitent et ce que recherchent même les plus sages, » et, en note :

« Pour le sens que je lui donne, cette pensée confine à plusieurs autres ; cf. notamment VII, 34. Je ne crois pas que Marc-Aurèle ait voulu conseiller d’étudier l’âme des sages afin de régler notre conduite sur la leur. C’est sur l’idée du bien lui-même que le Stoïcien doit régler sa conduite et non sur l’exemple des autres hommes. La vue de ce que font les autres doit nous détourner de les imiter. Le philosophe exprime ici son dédain pour la folie des hommes ; c’est un lieu commun du Stoïcisme. » — Cette interprétation me semble très ingénieuse et je l’adopterais volontiers : mais je crains que M. Couat n’ait fait quelque violence au texte grec. Au lieu de τοὺς φρονίμους, il a lu, ce me semble, les mots : τοὺς φρωνιμωτάτους αὐτούς. Supprimez les termes correspondants de sa traduction, « même » et « plus », qu’il a cru devoir ajouter, et le sens de la pensée change complètement.

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