Pensées pour moi-même (page 12)
Gataker et Schultz avaient également senti la nécessité de modifier le texte : la correction de l’un est par trop facile ; celle de l’autre, trop hasardeuse ; à ne considérer que les impossibilités paléographiques, aucune de ces conjectures ne me semble valoir le αὐτοὺς de M. Couat. Mais était-il tant besoin de faire une conjecture ? Je m’en tiens, pour ma part, au texte des manuscrits : j’entends que Marc-Aurèle s’invite à comparer deux genres d’hommes, deux séries d’actes, et qu’il ne prononce pas son jugement. C’est donc à moi à deviner et à compléter sa pensée, ou plutôt à y répondre pour lui et comme lui ; à dire, soit : « Eh bien, la différence est nulle, » comme M. Couat ; soit : « c’est en effet tout le contraire, » comme Pierron. Selon la conclusion que je tirerai, le sens de la pensée sera changé. Mais le traducteur n’a pas à présumer cette conclusion, je veux dire à m’imposer la sienne, en remaniant le texte.
Je ne crois pas, d’ailleurs, que Marc-Aurèle se fût fait ici la réponse que lui prête M. Couat. À la pensée VII, 34, à laquelle se réfère celui-ci, il n’est point question des sages, pas même des plus sages, mais seulement de ces gens, qui, là comme ici, s’appellent αὐτῶν. Au contraire, l’opposition des sages et… des autres est reprise plus loin (VIII, 3), et à la confusion des autres : et, pourtant, si les sages se nomment Diogène, Héraclite et Socrate, les autres sont Alexandre, César et Pompée.
J’ai laissé subsister le mot « âmes » (cf. supra IV, 22, en note ; infra VI, 8, et la note) comme traduction de ἡγεμονικά, que j’ai interprété de façon plus précise au début de la pensée suivante. On aurait pu, ce me semble, écrire ici : Vois ce qui les mène, et vois même les sages, ce qu’ils évitent et ce qu’ils recherchent. — Sur la valeur de αὐτῶν, cf. supra IV, 16 ; infra VI, 6, en note.]
↑ [Aug. Couat accepte ici la conjecture de Gataker, comblant une lacune évidente du texte par les mots καὶ τῷ παρὰ φύσιν.]
↑ [Couat : « substance. » — Voir plus haut IV, 21, et la dernière note. C’est d’ordinaire αἰτία, et non ψυχή, qui s’oppose à οὐσία. Ici encore, ψυχὴ et αἰτία nous apparaissent donc comme synonymes (cf. aussi V, 23, et la longue note).]
↑ [Var. : « et voici qu’un autre est emporté à son tour et qu’un autre va l’être. »]
↑ [Conjectures de Gataker et de Schultz : ὰπηρτημένων μόνον.]
↑ La dernière phrase de ce morceau est inintelligible, et il n’est pas douteux que le texte en soit altéré. Voici ce texte d’après les manuscrits P, A, D : καὶ ὄτι οὺ δεῖ παῖδας τοκέων ὦν τοῦτ′ ἔστι κατὰ ψιλόν, καθότι παρειλήφαμεν. Ce qui rend d’ailleurs plus difficile encore la restitution du passage, c’est que toute cette pensée de Marc-Aurèle est composée de préceptes détachés ; on ne peut être aidé ici par la suite nécessaire des idées. Il semble toutefois que cette phrase se rattache à la précédente. En effet, toutes deux commencent de même ; les infinitifs dépendant de οὺ δεῖ, c’est-à-dire ποιεῖν καὶ λέγειν, exprimés dans la première phrase, sont vraisemblablement sous-entendus dans celle-ci. Cela admis, la logique ou la suite naturelle de la pensée amène la conjonction ὥσπερ, qui est déjà dans la phrase précédente, et que Gataker a très justement introduite dans celle-ci. Le sens serait donc : « Il ne faut pas agir et parler comme, etc. » Gataker a continué le sens en conservant les mots donnés par les manuscrits, mais en les intervertissant, et il arrive à l’interprétation suivante : « Il ne faut pas agir ni parler comme des enfants et dire simplement : nous avons reçu cela de nos parents, — ὄτι οὺ δεῖ ὥσπερ παῖδας, τουτέστι, κατὰ ψιλὸν, καθότι τῶν τοκέων παρειλήφαμεν. » Je doute qu’il soit possible d’accepter la construction τῶν τοκέων παρειλήφαμεν ; en outre, il est bien difficile d’expliquer l’interversion de mots attribuée aux manuscrits. Il me semble que toute la difficulté est dans les deux mots παῖδας τοκέων, qui sont très probablement altérés. Je serais tenté de lire : παιδαγωγοῦντας. En définitive, je reconstitue ainsi la phrase : « καὶ ὄτι οὺ δεῖ ὥσπερ παιδαγωγοῦντας ὦν τοῦτ′ ἔστι κατὰ ψιλόν, καθότι παρειλήφαμεν = N’imitons pas le pédagogue qui aux questions indiscrètes de ses élèves n’a pas d’autre réponse à opposer que : c’est la tradition. » C’est-à-dire : ne parlons et n’agissons que d’après notre raison. Le participe παιδαγωγοῦντας correspond ainsi au participe καθεύδοντας de la phrase précédente. Ces constructions sont fréquentes dans Marc-Aurèle. Bien entendu, je ne présente cette correction que comme une hypothèse, excusée par l’état du texte.
↑ [Héliké, ville de la fédération achéenne, avait été, dit Polybe (II, 41), engloutie par la mer avant la bataille de Leuctres.]
↑ [Couat : « petit amas de muqueuses hier. » — La même expression se retrouve un peu plus bas (VI, 13), au cours d’une phrase d’une singulière crudité.]
↑ [Couat : « en louant la terre nourricière et en remerciant l’arbre qui l’a engendrée. »]
↑ [Couat : « Pourquoi donc cet accident serait-il un malheur plutôt que n’est un bonheur la manière de le supporter ? »]
↑ [Ainsi la nature humaine a une volonté, à laquelle Marc-Aurèle ne conçoit pas que s’oppose la volonté de l’homme. Quelle part de liberté nous laisse, quelle conception de la liberté implique une telle doctrine ? Cf. supra II, 11 ; infra VI, 8 ; XI, 20 ; V, 10 ; V, 29 ; VIII, 48, et les notes.]
↑ [Cf. supra IV, 1 : De cela même « qui est dirigé contre lui le sage fait la matière de son action. » — D’où il suit, ajoute ici Marc-Aurèle, que ce que nous appelons un malheur est en réalité la condition du bien moral. — Ainsi s’enchaînent par la théorie de l’action sous réserve deux grands problèmes de métaphysique : celui de l’optimisme et celui de la liberté.]
↑ [Couat : « Souviens-toi de cette règle. » — J’ai déjà eu l’occasion de citer le vers de Juvénal (cf. la note à la pensée IV, 30) qui me semble justifier la traduction de δόγματα par « dogmes ».]
↑ μὴ οὗν ὡς πρᾶγμα. — Cette phrase est très elliptique, mais le sens en est clair, et je ne crois pas qu’il y ait lieu d’y rien ajouter pour l’éclaircir.
↑ [D’après Stobée (Ecl., II, 164), la πρόθεσις, que M. Couat traduit par les mots « plan de conduite », se définissait pour les Stoïciens exactement ainsi : σημείωσις ἐπιτελέσεως. Par la πρόθεσις, on se signifie tel acte à accomplir. N’est-ce pas, en un sens, le « ferme propos » des théologiens ?]
↑ σιρατείας est très douteux. Reiske a proposé τερατείας [= des histoires de brigands], qui serait peut-être meilleur.
Marc Aurèle Pensées de Marc-Aurèle Traduction par Auguste Couat. Texte établi par Paul Fournier, Feret, 1904 (p. 78-104).
Le matin, quand tu as de la peine à te réveiller, aie cette pensée présente à l’esprit : je m’éveille pour faire œuvre d’homme ; m’irriterai-je encore à l’idée d’aller faire ce pour quoi je suis né, et pour quoi j’ai été mis dans le monde ? ou bien ai-je été créé pour jouir de la chaleur, couché dans mes couvertures ? — Mais c’est plus agréable. — Es-tu donc né pour ce qui est agréable ? Pour tout dire, es-tu un être passif, ou fait pour l’action[1] ? Ne vois-tu pas les plantes, les petits oiseaux, les fourmis, les araignées, les abeilles faire leur travail et, à leur manière[2], contribuer à l’œuvre d’où sort le monde ? Et après cela tu refuses, toi, de faire ce qui est l’œuvre de l’homme ? Tu ne te hâtes pas vers l’action conforme à ta nature ? — Mais il faut aussi se reposer. — D’accord : cependant la nature a déterminé la mesure du repos, comme elle a déterminé celle du boire et du manger. Néanmoins, ne dépasses-tu pas cette mesure, ne vas-tu pas au delà du nécessaire[3] ? Pourquoi[4] dans tes actions n’en est-il plus de même, mais restes tu en deçà de tes forces ? C’est que tu ne t’aimes pas toi-même, sinon tu aimerais aussi ta nature et ce qu’elle t’ordonne. D’autres hommes ont aimé leur métier[5] au point de se consumer au travail, ne prenant le temps ni de se baigner ni de manger ; toi, tu estimes ta nature moins qu’un ciseleur l’art de ciseler, ou un danseur la danse, ou un avare l’argent, ou un sot ambitieux la vaine gloire. Ceux-ci, quand ils sont possédés par leur passion[6], sacrifient le manger et le dormir au profit[7] de la chose qui les touche ; est-ce que les actions qui ont pour objet le bien de tous te paraissent avoir moins de prix et mériter moins de zèle ?
Il est [bien] facile d’écarter et d’effacer toute représentation gênante, déplacée, et d’être aussitôt dans un calme parfait.
Estime-toi digne de dire et de faire tout ce qui est conforme à la nature ; si, après cela, quelqu’un te blâme et t’injurie[8], ne te laisse pas détourner[9] ; ne te prive pas, comme si tu en étais indigne, de dire et de faire ce qui te paraît beau. Les autres ont leur propre principe dirigeant et suivent leurs propres impulsions : n’y fais pas attention, va tout droit, suis à la fois ta nature propre et la nature commune à tous ; toutes les deux n’ont qu’un chemin[10].
Je marche suivant les desseins de la nature, jusqu’à ce que je tombe et me repose après avoir exhalé mon dernier soupir dans cet air que je respire chaque jour ; jusqu’à ce que je tombe[11] sur le sol où mon père a puisé la semence de mon être, ma mère mon sang, et ma nourrice son lait, ce sol qui m’alimente et m’abreuve chaque jour depuis tant d’années, qui porte mes pas, et dont pour tant de choses je ne cesse d’abuser.
On ne peut pas t’admirer pour ta finesse. Soit. Mais il y a bien d’autres choses à propos desquelles tu ne peux pas dire : « Je ne suis pas fait pour cela. » Montre-nous[12] donc ces vertus qui dépendent entièrement de toi : la sincérité, le sérieux, la résistance à la fatigue, l’austérité, la résignation à la destinée, la frugalité, la bienveillance, la liberté de l’âme[13], la simplicité, la discrétion, la générosité. Ne vois-tu pas combien de qualités tu pourrais montrer[14] dès maintenant, dont aucune incapacité naturelle ou inaptitude ne saurait excuser le manque ? Et cependant tu te contentes de ton infériorité. Es-tu donc obligé, sous prétexte que tu es mal doué, à murmurer, à être avare, à flatter, à accuser ton corps, à chercher à plaire, à être frivole, à porter une âme toujours inquiète ? Non, par les Dieux ! Il y a longtemps que tu aurais pu être délivré de ces défauts. Tu n’aurais d’excuse à donner que pour la lenteur d’esprit et l’inintelligence dont on te pourrait convaincre[15] ; encore faudrait-il, au lieu de te laisser aller et de te complaire à ce défaut, t’exercer à l’atténuer.
Celui-ci, quand il a heureusement agi pour quelqu’un, s’empresse de lui porter en compte le service rendu[16]. Celui-là n’a pas le même empressement, mais[17] en lui-même il considère son obligé comme son débiteur, et il sait fort bien ce qu’il a fait. Cet autre enfin ne sait même pas, pour ainsi dire, ce qu’il a fait. Il ressemble à la vigne qui porte sa grappe, et qui, après avoir produit son fruit, ne cherche pas autre chose ; tel encore[18] le cheval après avoir couru, le chien après avoir suivi la piste[19], l’abeille après avoir fait du miel. Cet homme après avoir rendu un service ne s’en vante pas, mais se prépare à en rendre un autre, de même qu’une vigne s’apprête à porter encore une grappe à la saison. — Faut-il donc être de ces gens qui rendent service pour ainsi dire sans le comprendre ? — Assurément[20]. — Cependant, il faut bien le comprendre, car c’est, dit-on, le propre de l’être sociable de sentir qu’il agit pour le bien de tous, et, par Zeus, de vouloir que ses associés le sentent aussi. — Ce que tu dis est vrai ; mais tu interprètes mal mes paroles[21]. Aussi seras-tu de ceux que je nommais en premier lieu ; eux aussi sont égarés par une vraisemblance logique. Si tu veux bien comprendre mes paroles[22], il n’y a pas de danger qu’elles te fassent négliger d’agir pour le bien de la société.
Prière des Athéniens : « Pleus, pleus, ô Zeus, sur les champs et sur les plaines d’Athènes ! » Ou il ne faut pas prier, ou il faut prier ainsi, simplement et libéralement[23].
De même qu’on dit : « Esculape a prescrit à ce malade de monter à cheval, ou de prendre des bains froids, ou de marcher pieds nus ; » on peut dire de même : « la nature universelle a prescrit à cet homme la maladie, l’infirmité, les deuils, ou quelque chose d’analogue. » Dans le premier cas, le mot « a prescrit » signifie à peu près « a ordonné » comme une condition de la santé, et dans le second chaque occurrence est ordonnée pour chaque homme comme une condition de la destinée[24]. Ne disons-nous pas aussi que telles « rencontres » se produisent pour nous, comme, à propos des pierres de taille qui composent les murs et les pyramides, les architectes, en les adaptant les unes aux autres selon certaines symétries, disent qu’elles se « rencontrent » ? C’est qu’en somme il n’y a partout qu’une harmonie. Et de même que l’univers, ce corps immense, est composé de tous les corps, de même la destinée, cette suprême cause, est formée de toutes les causes particulières. Les esprits les plus simples ne pensent pas autrement ; ils disent en effet : « Voilà ce que lui apportait le sort. » Oui, telle chose était apportée, telle chose ordonnée à cet homme. Acceptons donc les événements comme nous acceptons les prescriptions d’Esculape. Beaucoup de ces prescriptions sont bien dures ; et cependant nous les accueillons avec joie, dans l’espérance de la santé. Que l’accomplissement parfait des décrets de la nature universelle te paraisse quelque chose de semblable à ta santé. Accueille avec joie tout événement, lors même qu’il te semble pénible, parce qu’il conduit à la santé du monde, qu’il contribue au succès des desseins de Zeus. Zeus n’aurait pas « apporté » cet événement à cet homme, s’il n’avait « importé » à l’ensemble des choses. Une nature donnée n’apporte non plus à l’être qu’elle gouverne[25] rien qui ne lui convienne. Tu dois donc, pour deux raisons, aimer ce qui t’arrive : d’abord, parce que cela s’est produit pour toi, a été ordonné pour toi, et, inséré dans la trame des causes les plus lointaines, devait avoir avec toi un rapport déterminé[26] ; ensuite, parce que ce qui survient à chacun est pour celui qui gouverne l’univers la cause de son succès, de sa perfection et, par Zeus, de sa durée elle-même. L’intégrité des causes est altérée comme le serait celle des parties d’un tout si l’on porte atteinte à leur agencement et à leur continuité. En te plaignant d’elles, tu leur portes atteinte autant qu’il est en toi, et, dans une certaine mesure, tu les détruis.
Ne te dégoûte point, ne renonce point, ne te décourage point, si tu ne réussis pas toujours à diriger tes actes d’après les vrais dogmes[27]. Après en avoir été violemment écarté, reviens-y[28], et réjouis-toi si tes actions ont été le plus souvent celles d’un homme : aime la règle à laquelle tu reviens[29] ; ne retourne pas à la philosophie comme un écolier chez le pédagogue, mais comme les gens affligés d’une ophtalmie recourent à leur éponge, à leur blanc d’œuf, d’autres à leurs emplâtres ou à leurs lotions. Ainsi, tu montreras qu’il ne t’en coûte[30] rien d’obéir à la raison ; au contraire, tu te reposeras sur elle. Souviens-toi que la philosophie ne veut que ce que veut ta nature ; mais toi, tu voulais autre chose qui n’était pas conforme à la nature. [Tu dis :] Lequel des deux est le plus doux ? — Mais n’est-ce pas par là que le plaisir nous égare ? Regarde, d’ailleurs, si la grandeur d’âme, la vraie liberté[31], la simplicité, la bonté, la pureté ne sont pas plus douces. Qu’y a-t-il enfin de plus doux que la sagesse, si l’on considère combien est infaillible et libre en toutes ses démarches[32] la faculté de comprendre et de savoir ?
Les choses sont comme enveloppées d’un voile si obscur que beaucoup de philosophes, et non des premiers venus, ont jugé qu’elles étaient tout à fait inintelligibles. Les Stoïciens eux-mêmes les considèrent comme difficiles à comprendre : d’ailleurs, notre assentiment aux représentations sensibles n’est jamais sûr[33]. Quel est, en effet, l’homme qui ne change pas d’opinion ? Tourne-toi maintenant vers les objets mêmes de ta perception[34]. Comme ils sont éphémères, insignifiants, exposés à tomber au pouvoir d’un débauché, d’une courtisane d’un voleur ! Après cela, considère les caractères de ceux au milieu de qui tu vis. Le plus sage[35] peut à peine les supporter : je n’ajoute pas que personne ne se supporte soi-même qu’avec peine. Au milieu de ces ténèbres, de cette laideur, dans cet écoulement de la matière[36], du temps, du mouvement et des choses mues, je ne vois rien pour quoi nous puissions avoir de l’estime et un véritable attachement. Consolons-nous, au contraire, en attendant la dissolution naturelle, et pour ne pas nous tourmenter de cette attente, reposons-nous sur les vérités suivantes : d’abord, rien ne m’arrivera qui ne soit conforme à la nature universelle ; en second lieu, j’ai la liberté[37] de ne jamais agir contrairement à mon Dieu et à mon génie. Personne ne pourra me contraindre à lui désobéir.
Quel est donc l’usage que je fais [aujourd’hui] de mon âme ? Pose-toi cette question à chaque occasion, demande-toi : que se passe-t-il dans cette partie de moi-même qu’on appelle le principe directeur ? De qui ai-je maintenant l’âme ? d’un enfant ? d’un jeune homme ? d’une femme ? d’un tyran ? d’une bête domestique ? d’une bête sauvage[38] ?