Les Femmes savantes (page 3)

Molière · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Femmes savantes · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Mais, si vous en croyez tout le monde savant,

L’esprit doit sur le corps prendre le pas devant ;

Et notre plus grand soin, notre première instance,

Doit être à le nourrir du suc de la science.

Chrysale.

Ma foi, si vous songez à nourrir votre esprit,

C’est de viande bien creuse, à ce que chacun dit ;

Et vous n’avez nul soin, nulle sollicitude

Pour…

Philaminte.

Pour… Ah ! sollicitude à mon oreille est rude ;

Il put étrangement son ancienneté.

Bélise.

Il est vrai que le mot est bien collet monté.

Chrysale.

Voulez-vous que je dise ? il faut qu’enfin j’éclate,

Que je lève le masque, et décharge ma rate :

De folles on vous traite, et j’ai fort sur le cœur…

Philaminte.

Comment donc ?

Chrysale, à Bélise.

Comment donc ? C’est à vous que je parle, ma sœur.

Le moindre solécisme en parlant vous irrite ;

Mais vous en faites, vous, d’étranges en conduite.

Vos livres éternels ne me contentent pas ;

Et, hors un gros Plutarque à mettre mes rabats,

Vous devriez brûler tout ce meuble inutile,

Et laisser la science aux docteurs de la ville ;

M’ôter, pour faire bien, du grenier de céans,

Cette longue lunette à faire peur aux gens,

Et cent brimborions dont l’aspect importune ;

Ne point aller chercher ce qu’on fait dans la lune,

Et vous mêler un peu de ce qu’on fait chez vous,

Où nous voyons aller tout sens dessus dessous.

Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,

Qu’une femme étudie et sache tant de choses.

Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants,

Faire aller son ménage, avoir l’œil sur ses gens,

Et régler la dépense avec économie,

Doit être son étude et sa philosophie.

Nos pères, sur ce point, étoient gens bien sensés,

Qui disoient qu’une femme en sait toujours assez

Quand la capacité de son esprit se hausse

À connoitre un pourpoint d’avec un haut de chausse.

Les leurs ne lisoient point, mais elles vivoient bien ;

Leurs ménages étoient tout leur docte entretien ;

Et leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles,

Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.

Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs :

Elles veulent écrire, et devenir auteurs.

Nulle science n’est pour elles trop profonde,

Et céans beaucoup plus qu’en aucun lieu du monde :

Les secrets les plus hauts s’y laissent concevoir,

Et l’on sait tout chez moi, hors ce qu’il faut savoir.

On y sait comme vont lune, étoile polaire,

Vénus, Saturne et Mars, dont je n’ai point affaire ;

Et, dans ce vain savoir, qu’on va chercher si loin,

On ne sait comme va mon pot, dont j’ai besoin.

Mes gens à la science aspirent pour vous plaire,

Et tous ne font rien moins que ce qu’ils ont à faire.

Raisonner est l’emploi de toute ma maison,

Et le raisonnement en bannit la raison… !

L’un me brûle mon rôt, en lisant quelque histoire ;

L’autre rêve à des vers, quand je demande à boire :

Enfin, je vois par eux votre exemple suivi,

Et j’ai des serviteurs, et ne suis point servi.

Une pauvre servante au moins m’étoit restée,

Qui de ce mauvais air n’étoit point infectée ;

Et voilà qu’on la chasse avec un grand fracas,

À cause qu’elle manque à parler Vaugelas.

Je vous le dis, ma sœur, tout ce train-là me blesse ;

Car c’est, comme j’ai dit, à vous que je m’adresse.

Je n’aime point céans tous vos gens à latin,

Et principalement ce Monsieur Trissotin :

C’est lui qui, dans des vers, vous a tympanisées ;

Tous les propos qu’il tient sont des billevesées.

On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé ;

Et je lui crois, pour moi, le timbre un peu fêlé.

Philaminte.

Quelle bassesse, ô ciel ! et d’ame et de langage !

Bélise.

Est-il de petits corps un plus lourd assemblage,

Un esprit composé d’atomes plus bourgeois ?

Et de ce même sang se peut-il que je sois ?

Je me veux mal de mort d’être de votre race ;

Et, de confusion, j’abandonne la place.

Scène VIII.

Philaminte, Chrysale.

Philaminte.

Avez-vous à lâcher encore quelque trait ?

Chrysale.

Moi ? Non. Ne parlons plus de querelle ; c’est fait.

Discourons d’autre affaire. À votre fille aînée

On voit quelque dégoût pour les nœuds d’hyménée ;

C’est une philosophe enfin, je n’en dis rien ;

Elle est bien gouvernée, et vous faites fort bien :

Mais de toute autre humeur se trouve sa cadette ;

Et je crois qu’il est bon de pourvoir Henriette,

De choisir un mari…

Philaminte.

De choisir un mari… C’est à quoi j’ai songé,

Et je veux vous ouvrir l’intention que j’ai.

Ce Monsieur Trissotin, dont on nous fait un crime,

Et qui n’a pas l’honneur d’être dans votre estime,

Est celui que je prends pour l’époux qu’il lui faut ;

Et je sais mieux que vous juger de ce qu’il vaut.

La contestation est ici superflue ;

Et de tout point chez moi l’affaire est résolue.

Au moins ne dites mot du choix de cet époux ;

Je veux à votre fille en parler avant vous.

J’ai des raisons à faire approuver ma conduite,

Et je connoitrai bien si vous l’aurez instruite.

Scène IX.

Ariste, Chrysale.

Ariste.

Hé bien ! la femme sort, mon frère, et je vois bien

Que vous venez d’avoir ensemble un entretien.

Chrysale.

Oui.

Ariste.

oui. Quel est le succès ? Aurons-nous Henriette ?

A-t-elle consenti ? l’affaire est-elle faite ?

Chrysale.

Pas tout à fait encor.

Ariste.

Pas tout à fait encor. Refuse-t-elle ?

Chrysale.

Pas tout à fait encor. Refuse-t-elle ? Non.

Ariste.

Est-ce qu’elle balance ?

Chrysale.

Est-ce qu’elle balance ? En aucune façon.

Ariste.

Quoi donc ?

Chrysale.

Quoi donc ? C’est que pour gendre elle m’offre un autre homme.

Ariste.

Un autre homme pour gendre ?

Chrysale.

Un autre homme pour gendre ? Un autre.

Ariste.

Un autre homme pour gendre ? Un autre. Qui se nomme ?

Chrysale.

Monsieur Trissotin.

Ariste.

Monsieur Trissotin. Quoi ? ce Monsieur Trissotin… ?

Chrysale.

Oui, qui parle toujours de vers et de latin.

Ariste.

Vous l’avez accepté ?

Chrysale.

Vous l’avez accepté ? Moi, point : à Dieu ne plaise !

Ariste.

Qu’avez-vous répondu ?

Chrysale.

Qu’avez-vous répondu ? Rien ; et je suis bien aise

De n’avoir point parlé, pour ne m’engager pas.

Ariste.

La raison est fort belle, et c’est faire un grand pas.

Avez-vous su du moins lui proposer Clitandre ?

Chrysale.

Non ; car, comme j’ai vu qu’on parloit d’autre gendre,

J’ai cru qu’il étoit mieux de ne m’avancer point.

Ariste.

Certes, votre prudence est rare au dernier point.

N’avez-vous point de honte, avec votre mollesse ?

Et se peut-il qu’un homme ait assez de foiblesse

Pour laisser à sa femme un pouvoir absolu,

Et n’oser attaquer ce qu’elle a résolu ?

Ariste.

Mon Dieu ! vous en parlez, mon frère, bien à l’aise,

Et vous ne savez pas comme le bruit me pèse.

J’aime fort le repos, la paix et la douceur,

Et ma femme est terrible avecque son humeur ;

Du nom de philosophe elle fait grand mystère :

Mais elle n’en est pas pour cela moins colère ;

Et sa morale, faite à mépriser le bien,

Sur l’aigreur de sa bile opère comme rien.

Pour peu que l’on s’oppose à ce que veut sa tête,

On en a pour huit jours d’effroyable tempête.

Elle me fait trembler dès qu’elle prend son ton ;

Je ne sais où me mettre, et c’est un vrai dragon ;

Et cependant, avec toute sa diablerie,

Il faut que je l’appelle et mon cœur et ma mie.

Ariste.

Allez, c’est se moquer. Votre femme, entre nous,

Est, par vos lâchetés, souveraine sur vous.

Son pouvoir n’est fondé que sur votre foiblesse.

C’est de vous qu’elle prend le titre de maîtresse.

Vous-même à ses hauteurs vous vous abandonnez,

Et vous faites mener en bête par le nez.

Quoi ! vous ne pouvez pas, voyant comme on vous nomme,

Vous résoudre une fois à vouloir être un homme,

À faire condescendre une femme à vos vœux,

Et prendre assez de cœur pour dire un Je le veux !

Vous laisserez, sans honte, immoler votre fille

Aux folles visions qui tiennent la famille,

Et de tout votre bien revêtir un nigaud,

Pour six mots de latin qu’il leur fait sonner haut ;

Un pédant qu’à tous coups votre femme apostrophe

Du nom de bel esprit, et de grand philosophe,

D’homme qu’en vers galants jamais on n’égala,

Et qui n’est, comme on sait, rien moins que tout cela ?

Allez, encore un coup, c’est une moquerie ;

Et votre lâcheté mérite qu’on en rie.

Chrysale.

Oui, vous avez raison, et je vois que j’ai tort.

Allons, il faut enfin montrer un cœur plus fort,

Mon frère !

Ariste.

Mon frère ! C’est bien dit.

Chrysale.

Mon frère ! C’est bien dit. C’est une chose infâme,

Que d’être si soumis au pouvoir d’une femme.

Ariste.

Fort bien.

Chrysale.

Fort bien. De ma douceur elle a trop profité.

Ariste.

Il est vrai.

Chrysale.

Il est vrai. Trop joui de ma facilité.

Ariste.

Sans doute.

Chrysale.

Et je lui veux faire aujourd’hui connoître

Que ma fille est ma fille, et que j’en suis le maître,

Pour lui prendre un mari qui soit selon mes vœux.

Ariste.

Vous voilà raisonnable, et comme je vous veux.

Chrysale.

Vous êtes pour Clitandre, et savez sa demeure ;

Faites-le-moi venir, mon frère, tout à l’heure.

Ariste.

J’y cours tout de ce pas.

Chrysale.

J’y cours tout de ce pas. C’est souffrir trop longtemps,

Et je m’en vais être homme à la barbe des gens.

fin du second acte.

desirs: désirs

foible: faible

paroissent: paraissent

sauroit: saurait

grace: grâce

seroit: serait

ame: âme

avoient: avaient

consacroit: consacrait

régnoient: régnaient

voudrois: voudrais

connoissois: connaissais

accepterois: accepterais

seroit: serait

concluroient: conclueraient

esté: été

connoitrai: connaitrai

theologie: théologie

ACTE TROISIÈME.

Scène I.

Philaminte, Armande, Bélise, Trissotin, l’Épine.

Philaminte.

Ah ! mettons-nous ici pour écouter à l’aise

Ces vers, que mot à mot il est besoin qu’on pèse.

Armande.

Je brûle de les voir.

Bélise.

Je brûle de les voir. Et l’on s’en meurt chez nous.

Philaminte, à Trissotin.

Ce sont charmes pour moi que ce qui part de vous.

Armande.

Ce m’est une douceur à nulle autre pareille.

Bélise.

Ce sont repas friands qu’on donne à mon oreille.

Philaminte.

Ne faites point languir de si pressants desirs.

Armande.

Dépêchez.

Bélise.

Dépêchez. Faites tôt, et hâtez nos plaisirs.

Philaminte.

À notre impatience offrez votre épigramme.

Trissotin.

Hélas ! c’est un enfant tout nouveau né madame ;

Son sort assurément a lieu de vous toucher,

Et c’est dans votre cour que j’en viens d’accoucher.

Philaminte.

Pour me le rendre cher, il suffit de son père.

Trissotin.

Votre approbation lui peut servir de mère.

Bélise.

Qu’il a d’esprit !

Scène II.

Henriette, Philaminte, Armande, Bélise, Trissotin, l’Épine.

Philaminte, à Henriette, qui veut se retirer.

Qu’il a d’esprit ! Holà ! pourquoi donc fuyez-vous ?

Henriette.

C’est de peur de troubler un entretien si doux.

Philaminte.

Approchez, et venez, de toutes vos oreilles

Prendre part au plaisir d’entendre des merveilles.

Henriette.

Je sais peu les beautés de tout ce qu’on écrit,

Et ce n’est pas mon fait que les choses d’esprit.

Philaminte.

Il n’importe : aussi bien ai-je à vous dire ensuite

Un secret dont il faut que vous soyez instruite.

Trissotin, à Henriette.

Les sciences n’ont rien qui vous puisse enflammer,

Et vous ne vous piquez que de savoir charmer.

Henriette.

Aussi peu l’un que l’autre ; et je n’ai nulle envie…

Bélise.

Ah ! songeons à l’enfant nouveau-né, je vous prie.

Philaminte, à Lépine.

Allons, petit garçon, vite de quoi s’asseoir.

Lépine se laisse tomber.

Voyez l’impertinent ! Est-ce que l’on doit choir,

Après avoir appris l’équilibre des choses ?

Bélise.

De ta chute, ignorant, ne vois-tu pas les causes,

Et qu’elle vient d’avoir, du point fixe, écarté

Ce que nous appelons centre de gravité ?

l’Épine.

Je m’en suis aperçu, madame, étant par terre.

Philaminte, à Lépine, qui sort.

Le lourdaud !

Trissotin.

Le lourdaud ! Bien lui prend de n’être pas de verre.

Armande.

Ah de l’esprit partout !

Bélise.

Ah de l’esprit partout ! Cela ne tarit pas.

(Ils s’asseyent.)

Philaminte.

Servez-nous promptement votre aimable repas.

Trissotin.

Pour cette grande faim qu’à mes yeux on expose,

Un plat seul de huit vers me semble peu de chose,

Et je pense qu’ici je ne ferai pas mal,

De joindre à l’épigramme, ou bien au madrigal,

Le ragoût d’un sonnet qui, chez une princesse,

A passé pour avoir quelque délicatesse.

Il est de sel attique assaisonné partout,

Et vous le trouverez, je crois, d’assez bon goût.

Armande.

Ah ! je n’en doute point.

Philaminte.

Ah ! je n’en doute point. Donnons vite audience.

Bélise, interrompant Trissotin chaque fois qu’il se dispose à lire.

Je sens d’aise mon cœur tressaillir par avance.

J’aime la poésie avec entêtement.

Et surtout quand les vers sont tournés galamment.

Philaminte.

Si nous parlons toujours, il ne pourra rien dire.

Trissotin.

So…

Bélise, à Henriette.

So… Silence, ma nièce.

Armande.

So… Silence, ma nièce. Ah ! laissez le donc lire.

Trissotin.

Sonnet à la princesse Uranie, sur sa fievre.

Votre prudence est endormie,

De traiter magnifiquement,

Et de loger superbement

Votre plus cruelle ennemie.

Bélise.

Ah ! le joli début !

Armande.

Ah ! le joli début ! Qu’il a le tour galant !

Philaminte.

Lui seul des vers aisés possède le talent !

Armande.

À prudence endormie il faut rendre les armes.

Bélise.

Loger son ennemie est pour moi plein de charmes.

Philaminte.

J’aime superbement et magnifiquement ;

Ces deux adverbes joints font admirablement.

Bélise.

Prêtons l’oreille au reste.

Trissotin.

Votre prudence est endormie,

De traiter magnifiquement,

Et de loger superbement

Votre plus cruelle ennemie.

Armande.

Prudence endormie !

Bélise.

Prudence endormie ! Loger son ennemie !

Philaminte.

Superbement et magnifiquement !

Trissotin.

Faites-la sortir, quoi qu’on die,

De votre riche appartement,

Où cette ingrate insolemment

Attaque votre belle vie.

Bélise.

Ah ! tout doux ! laissez-moi, de grace, respirer.

Armande.

Donnez-nous, s’il vous plaît, le loisir d’admirer.

Philaminte.

On se sent à ces vers, jusques au fond de l’ame,

Couler je ne sais quoi qui fait que l’on se pâme.

Armande.

Faites-la sortir, quoi qu’on die,

De votre riche appartement.

Que riche appartement est là joliment dit !

Et que la métaphore est mise avec esprit !

Philaminte.

Faites-la sortir, quoi qu’on die.

Ah ! que ce quoi qu’on die est d’un goût admirable !

C’est, à mon sentiment, un endroit impayable.

Armande.

De quoi qu’on die aussi mon cœur est amoureux.

Bélise.

Je suis de votre avis, quoi qu’on die est heureux.

Armande.

Je voudrois l’avoir fait.

Bélise.

Je voudrois l’avoir fait. Il vaut toute une pièce.

Philaminte.

Mais en comprend-on bien, comme moi, la finesse ?

Armande et Bélise.

Oh ! oh !

Philaminte.

Faites-la sortir, quoi qu’on die.

Que de la fièvre on prenne ici les intérêts,

N’ayez aucun égard, moquez-vous des caquets.

Faites-la sortir, quoi qu’on die.

Quoi qu’on die, quoi qu’on die.

Ce quoi qu’on die en dit beaucoup plus qu’il ne semble.

Je ne sais pas, pour moi, si chacun me ressemble ;

Mais j’entends là-dessous un million de mots.

Bélise.

Il est vrai qu’il dit plus de choses qu’il n’est gros.

Philaminte, à Trissotin.

Mais quand vous avez fait ce charmant quoi qu’on die,

Avez-vous compris, vous, toute son énergie ?

Songiez-vous bien vous-même à tout ce qu’il nous dit ?

Et pensiez-vous alors y mettre tant d’esprit ?

Trissotin.

Hai ! hay !

Armande.

Hai ! hay ! J’ai fort aussi l’ingrate dans la tête,

Cette ingrate de fièvre, injuste, malhonnête,

Qui traite mal les gens qui la logent chez eux.

Philaminte.

Enfin les quatrains sont admirables tous deux.

Venons-en promptement aux tiercets, je vous prie.

Armande.

Ah ! s’il vous plaît, encore une fois quoi qu’on die.

Trissotin.

Faites-la sortir, quoi qu’on die,

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