Poésies nouvelles (page 17)

Alfred de Musset · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Poésies nouvelles (1836-1852) · 18 pages

Dans ce triste et charmant séjour

Où Byron noya dans l’amour

Toute sa haine.

C’est un pauvre petit cocher

Qui m’a mené sans accrocher

Jusqu’à Ferrare.

Je désire qu’il t’ait conduit.

Il n’eut pas peur, bien qu’il fît nuit ;

Le cas est rare.

Padoue est un fort bel endroit,

Où de très-grands docteurs en droit

Ont fait merveille.

Mais j’aime mieux la polenta

Qu’on mange aux bords de la Brenta

Sous une treille.

Sans doute tu l’as vue aussi,

Vivante encore, Dieu merci !

Malgré nos armes,

La pauvre vieille du Lido,

Nageant dans une goutte d’eau

Pleine de larmes.

Toits superbes ! froids monuments !

Linceul d’or sur des ossements !

Ci-gît Venise.

Là mon pauvre cœur est resté.

S’il doit m’en être rapporté,

Dieu le conduise !

Mon pauvre cœur, l’as-tu trouvé

Sur le chemin, sous un pavé,

Au fond d’un verre ?

Ou dans ce grand palais Nani,

Dont tant de soleils ont jauni

La noble pierre ?

L’as-tu vu sur les fleurs des prés,

Ou sur les raisins empourprés

D’une tonnelle ?

Ou dans quelque frêle bateau

Glissant à l’ombre et fendant l’eau

À tire-d’aile ?

L’as-tu trouvé tout en lambeaux

Sur la rive où sont les tombeaux ?

Il y doit être.

Je ne sais qui l’y cherchera,

Mais je crois bien qu’on ne pourra

L’y reconnaître.

Il était gai, jeune et hardi,

Il se jetait en étourdi

À l’aventure.

Librement il respirait l’air,

Et parfois il se montrait fier

D’une blessure.

Il fut crédule, étant loyal,

Se défendant de croire au mal

Comme d’un crime.

Puis tout à coup il s’est fondu

Ainsi qu’un glacier suspendu

Sur un abîme…

Mais de quoi vais-je ici parler ?

Que ferais-je à me désoler,

Quand toi, cher frère,

Ces lieux où j’ai failli mourir,

Tu t’en viens de les parcourir

Pour te distraire ?

Tu rentres tranquille et content ;

Tu tailles ta plume en chantant

Une romance.

Tu rapportes dans notre nid

Cet espoir qui toujours finit

Et recommence.

Le retour fait aimer l’adieu ;

Nous nous asseyons près du feu,

Et tu nous contes

Tout ce que ton esprit a vu,

Plaisirs, dangers, et l’imprévu,

Et les mécomptes.

Et tout cela sans te fâcher,

Sans te plaindre, sans y toucher

Que pour en rire ;

Tu sais rendre grâce au bonheur,

Et tu te railles du malheur

Sans en médire.

Ami, ne t’en vas plus si loin.

D’un peu d’aide j’ai grand besoin,

Quoi qu’il m’advienne.

Je ne sais où va mon chemin,

Mais je marche mieux quand ma main

Serre la tienne.

Mars 1844.

CONSEILS À UNE PARISIENNE

Oui, si j’étais femme, aimable et jolie,

Je voudrais, Julie,

Faire comme vous ;

Sans peur ni pitié, sans choix ni mystère,

À toute la terre

Faire les yeux doux.

Je voudrais n’avoir de soucis au monde

Que ma taille ronde,

Mes chiffons chéris,

Et de pied en cap être la poupée

La mieux équipée

De Rome à Paris.

Je voudrais garder pour toute science

Cette insouciance

Qui vous va si bien ;

Joindre, comme vous, à l’étourderie,

Cette rêverie

Qui ne pense à rien.

Je voudrais pour moi qu’il fût toujours fête,

Et tourner la tête

Aux plus orgueilleux ;

Être en même temps de glace et de flamme,

La haine dans l’âme,

L’amour dans les yeux.

Je détesterais, avant toute chose,

Ces vieux teints de rose

Qui font peur à voir.

Je rayonnerais, sous ma tresse brune,

Comme un clair de lune

En capuchon noir.

Car c’est si charmant et c’est si commode,

Ce masque à la mode,

Cet air de langueur !

Ah ! que la pâleur est d’un bel usage !

Jamais le visage

N’est trop loin du cœur.

Je voudrais encore avoir vos caprices,

Vos soupirs novices,

Vos regards savants.

Je voudrais enfin, tant mon cœur vous aime,

Être en tout vous-même…

Pour deux ou trois ans.

Il est un seul point, je vous le confesse,

Où votre sagesse

Me semble en défaut.

Vous n’osez pas être assez inhumaine.

Votre orgueil vous gêne ;

Pourtant il en faut.

Je ne voudrais pas, à la contredanse,

Sans quelque prudence

Livrer mon bras nu ;

Puis, au cotillon, laisser ma main blanche

Traîner sur la manche

Du premier venu.

Si mon fin corset, si souple et si juste,

D’un bras trop robuste

Se sentait serré,

J’aurais, je l’avoue, une peur mortelle

Qu’un bout de dentelle

N’en fût déchiré.

Chacun, en valsant, vient sur votre épaule

Réciter son rôle

D’amoureux transi ;

Ma beauté, du moins, sinon ma pensée,

Serait offensée

D’être aimée ainsi.

Je ne voudrais pas, si j’étais Julie,

N’être que jolie

Avec ma beauté.

Jusqu’au bout des doigts je serais duchesse.

Comme ma richesse,

J’aurais ma fierté.

Voyez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,

La plupart des hommes

Sont très-inconstants.

Sur deux amoureux pleins d’un zèle extrême,

La moitié vous aime

Pour passer le temps.

Quand on est coquette il faut être sage.

L’oiseau de passage

Qui vole à plein cœur

Ne dort pas en l’air comme une hirondelle,

Et peut, d’un coup d’aile,

Briser une fleur.

Décembre 1845.

PAR UN MAUVAIS TEMPS

Elle a mis, depuis que je l’aime

(Bien longtemps, peut-être toujours),

Bien des robes, jamais la même ;

Palmire a dû compter les jours.

Mais, quand vous êtes revenue,

Votre bras léger sur le mien,

Il faisait, dans cette avenue,

Un froid de loup, un temps de chien.

Vous m’aimiez un peu, mon bel ange,

Et, tandis que vous bavardiez,

Dans cette pluie et cette fange

Se mouillaient vos chers petits pieds.

Songeait-elle, ta jambe fine,

Quand tu parlais de nos amours,

Qu’elle allait porter sous l’hermine

Le satin, l’or et le velours ?

Si jamais mon cœur désavoue

Ce qu’il sentit en ce moment,

Puisse à mon front sauter la boue

Où tu marchais si bravement !

Avril 1847.

À MADAME CNE T.

RONDEAU

Dans son assiette arrondi mollement,

Un pâté chaud, d’un aspect délectable,

D’un peu trop loin m’attirait doucement.

J’allais à lui. Votre instinct charitable

Vous fit lever pour me l’offrir gaiement.

Jupin, qu’Hébé grisait au firmament,

Voyant ainsi Vénus servir à table,

Laissa son verre en choir d’étonnement

Dans son assiette.

Pouvais-je alors vous faire un compliment ?

La grâce échappe, elle est inexprimable ;

Les mots sont faits pour ce qu’on trouve aimable,

Les regards seuls pour ce qu’on voit charmant ;

Et je n’eus pas l’esprit en ce moment

Dans son assiette.

SUR TROIS MARCHES DE MARBRE ROSE

Depuis qu’Adam, ce cruel homme,

A perdu son fameux jardin,

Où sa femme, autour d’une pomme,

Gambadait sans vertugadin,

Je ne crois pas que sur la terre

Il soit un lieu d’arbres planté,

Plus célébré, plus visité,

Mieux fait, plus joli, mieux hanté,

Mieux exercé dans l’art de plaire,

Plus examiné, plus vanté,

Plus décrit, plus lu, plus chanté,

Que l’ennuyeux parc de Versailles.

Ô dieux ! ô bergers ! ô rocailles !

Vieux Satyres, Termes grognons,

Vieux petits ifs en rang d’oignons,

Ô bassins, quinconces, charmilles !

Boulingrins pleins de majesté,

Où les dimanches, tout l’été,

Bâillent tant d’honnêtes familles !

Fantômes d’empereurs romains,

Pâles nymphes inanimées

Qui tendez aux passants les mains,

Par les jets d’eau tout enrhumées !

Tourniquets d’aimables buissons

Bosquets tondus où les fauvettes

Cherchent, en pleurant, leurs chansons,

Où les dieux font tant de façons

Pour vivre à sec dans leurs cuvettes !

Ô marronniers ! n’ayez pas peur ;

Que votre feuillage immobile,

Me sachant versificateur,

N’en demeure pas moins tranquille.

Non, j’en jure par Apollon

Et par tout le sacré vallon,

Par vous, Naïades ébréchées,

Sur trois cailloux si mal couchées,

Par vous, vieux maîtres de ballets,

Faunes dansant sur la verdure,

Par toi-même, auguste palais,

Qu’on n’habite plus qu’en peinture,

Par Neptune, sa fourche au poing,

Non, je ne vous décrirai point.

Je sais trop ce qui vous chagrine ;

De Phœbus je vois les effets :

Ce sont les vers qu’on vous a faits

Qui vous donnent si triste mine.

Tant de sonnets, de madrigaux,

Tant de ballades, de rondeaux,

Où l’on célébrait vos merveilles,

Vous ont assourdi les oreilles,

Et l’on voit bien que vous dormez

Pour avoir été trop rimés.

En ces lieux où l’ennui repose,

Par respect aussi j’ai dormi.

Ce n’était, je crois, qu’à demi ;

Je rêvais à quelque autre chose.

Mais vous souvient-il, mon ami,

De ces marches de marbre rose,

En allant à la pièce d’eau

Du côté de l’orangerie,

À gauche, en sortant du château ? —

C’était par là, je le parie,

Que venait le roi sans pareil,

Le soir, au coucher du soleil,

Voir dans la forêt, en silence,

Le jour s’enfuir et se cacher

(Si toutefois en sa présence

Le soleil osait se coucher).

Que ces trois marches sont jolies !

Combien ce marbre est noble et doux !

Maudit soit du ciel, disions-nous,

Le pied qui les aurait salies !

N’est-il pas vrai ? Souvenez-vous.

— Avec quel charme est nuancée

Cette dalle à moitié cassée !

Voyez-vous ces veines d’azur,

Légères, fines et polies,

Courant, sous les roses pâlies,

Dans la blancheur d’un marbre pur ?

Tel, dans le sein robuste et dur

De la Diane chasseresse,

Devait courir un sang divin ;

Telle, et plus froide, est une main

Qui me menait naguère en laisse.

N’allez pas, du reste, oublier

Que ces marches dont j’ai mémoire

Ne sont pas dans cet escalier

Toujours désert et plein de gloire,

Où ce roi, qui n’attendait pas,

Attendit un jour, pas à pas,

Condé, lassé par la victoire.

Elles sont près d’un vase blanc,

Proprement fait et fort galant.

Est-il moderne ? est-il antique ?

D’autres que moi savent cela :

Mais j’aime assez à le voir là,

Étant sûr qu’il n’est point gothique.

C’est un bon vase, un bon voisin ;

Je le crois volontiers cousin

De mes marches couleur de rose ;

Il les abrite avec fierté.

Ô mon Dieu ! dans si peu de chose

Que de grâce et que de beauté !

Dites-nous, marches gracieuses,

Les rois, les princes, les prélats,

Et les marquis à grands fracas,

Et les belles ambitieuses,

Dont vous avez compté les pas ;

Celles-là surtout, j’imagine,

En vous touchant ne pesaient pas.

Lorsque le velours ou l’hermine

Frôlait vos contours délicats,

Laquelle était la plus légère ?

Est-ce la reine Montespan ?

Est-ce Hortense avec un roman,

Maintenon avec son bréviaire,

Ou Fontange avec son ruban ?

Beau marbre, as-tu vu la Vallière ?

De Parabère ou de Sabran,

Laquelle savait mieux te plaire ?

Entre Sabran et Parabère

Le Régent même, après souper,

Chavirait jusqu’à s’y tromper.

As-tu vu le puissant Voltaire,

Ce grand frondeur des préjugés,

Avocat des gens mal jugés,

Du Christ ce terrible adversaire,

Bedeau du temple de Cythère,

Présentant à la Pompadour

Sa vieille eau bénite de cour ?

As-tu vu, comme à l’ermitage,

La rondelette Dubarry

Courir, en buvant du laitage,

Pieds nus, sur le gazon fleuri ?

Marches qui savez notre histoire,

Aux jours pompeux de votre gloire,

Quel heureux monde en ces bosquets !

Que de grands seigneurs, de laquais,

Que de duchesses, de caillettes,

De talons rouges, de paillettes,

Que de soupirs et de caquets,

Que de plumets et de calottes,

De falbalas et de culottes,

Que de poudre sous ces berceaux,

Que de gens, sans compter les sots !

Règne auguste de la perruque,

Le bourgeois qui te méconnaît

Mérite sur sa plate nuque

D’avoir un éternel bonnet ;

Et toi, siècle à l’humeur badine,

Siècle tout couvert d’amidon,

Ceux qui méprisent ta farine

Sont en horreur à Cupidon !…

Est-ce ton avis, marbre rose ?

Malgré moi, pourtant, je suppose

Que le hasard qui t’a mis là

Ne t’avait pas fait pour cela.

Aux pays où le soleil brille,

Près d’un temple grec ou latin,

Les beaux pieds d’une jeune fille,

Sentant la bruyère et le thym,

En te frappant de leurs sandales,

Auraient mieux réjoui tes dalles

Qu’une pantoufle de satin.

Est-ce d’ailleurs pour cet usage

Que la nature avait formé

Ton bloc jadis vierge et sauvage

Que le génie eût animé ?

Lorsque la pioche et la truelle

T’ont scellé dans ce parc boueux,

En t’y plantant malgré les dieux,

Mansard insultait Praxitèle.

Oui, si tes flancs devaient s’ouvrir,

Il fallait en faire sortir

Quelque divinité nouvelle.

Quand sur toi leur scie a grincé,

Les tailleurs de pierre ont blessé

Quelque Vénus dormant encore,

Et la pourpre qui te colore

Te vient du sang qu’elle a versé.

Est-il donc vrai que toute chose

Puisse être ainsi foulée aux pieds,

Le rocher où l’aigle se pose,

Comme la feuille de la rose

Qui tombe et meurt dans nos sentiers ?

Est-ce que la commune mère,

Une fois son œuvre accompli,

Au hasard livre la matière,

Comme la pensée à l’oubli ?

Est-ce que la tourmente amère

Jette la perle au lapidaire

Pour qu’il l’écrase sans façon ?

Est-ce que l’absurde vulgaire

Peut tout déshonorer sur terre

Au gré d’un cuistre ou d’un maçon ?

1848

SONNET

Se voir le plus possible et s’aimer seulement,

Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,

Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge,

Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;

Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge,

Faire de son amour un jour au lieu d’un songe,

Et dans cette clarté respirer librement, —

Ainsi respirait Laure et chantait son amant.

Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,

C’est vous, la tête en fleurs, qu’on croirait sans souci,

C’est vous qui me disiez qu’il faut aimer ainsi.

Et c’est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,

Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :

Oui, l’on vit autrement, mais c’est ainsi qu’on aime.

À M. RÉGNIER

DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE

APRÈS LA MORT DE SA FILLE

Quel est donc ce chagrin auquel je m’intéresse ?

Nous nous étions connus par l’esprit seulement ;

Nous n’avions fait que rire, et causé qu’un moment,

Quand sa vivacité coudoya ma paresse.

Puis j’allais par hasard au théâtre, en fumant,

Lorsque du maître à tous la vieille hardiesse,

De sa verve caustique aiguisant la finesse,

En Pancrace ou Scapin le transformait gaiement.

Pourquoi donc, de quel droit, le connaissant à peine,

Est-ce que je m’arrête et ne puis faire un pas,

Apprenant que sa fille est morte dans ses bras ?

Je ne sais. — Dieu le sait ! Dans la pauvre âme humaine,

La meilleure pensée est toujours incertaine,

Mais une larme coule et ne se trompe pas.

CHANSON

Quand on perd, par triste occurrence,

Son espérance

Et sa gaieté,

Le remède au mélancolique,

C’est la musique

Et la beauté !

Plus oblige et peut davantage

Un beau visage

Qu’un homme armé,

Et rien n’est meilleur que d’entendre

Air doux et tendre

Jadis aimé !

À MADAME O.

QUI AVAIT FAIT DES DESSINS POUR LES NOUVELLES DE L’AUTEUR

Dieu défend d’oublier les petits ici-bas.

La fleur qui, dans l’herbier, doucement se dessèche,

Rend grâces à celui qui la vit sous ses pas,

La cueillit au passage, et la mit dans l’eau fraîche.

Ma brunette Margot, que Balzac n’aime pas,

Est là, le cœur battant, prête à mordre à sa pêche.

(Dites-moi son idée, et ce qui l’en empêche.)

Puis voici Béatrix qui montre ses beaux bras.

Pauvre et pâle bouquet, ô mes chères pensées !

Dans ce bruyant torrent où vous devez mourir,

Heureuse soit la main qui vous a ramassées !

Puisses-tu désormais modestement t’ouvrir,

Petit livre, et songer qu’il te faut soutenir

Dans ton sein tout ému ces perles enchâssées !

LE RIDEAU DE MA VOISINE

IMITÉ DE GŒTHE

Le rideau de ma voisine

Se soulève lentement.

Elle va, je l’imagine,

Prendre l’air un moment.

On entr’ouvre la fenêtre ;

Je sens mon cœur palpiter.

Elle veut savoir peut-être

Si je suis à guetter.

Mais, hélas ! ce n’est qu’un rêve ;

Ma voisine aime un lourdaud,

Et c’est le vent qui soulève

Le coin de son rideau.

SOUVENIR DES ALPES

Fatigué, brisé, vaincu par l’ennui,

Marchait le voyageur dans la plaine altérée,

Et du sable brûlant la poussière dorée

Voltigeait devant lui.

Devant la pauvre hôtellerie,

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