Poésies nouvelles (page 16)

Alfred de Musset · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Poésies nouvelles (1836-1852) · 18 pages

Il vous savait, donnait au pauvre aide et pitié,

Au plus sincère estime, au plus brave amitié.

XIV

Qu’avait-il fait, enfin, que ce qu’il pouvait faire ?

Quand le canon grondait, marcher sous la bannière ;

Quand la France dormait, s’exercer dans les camps.

Il s’en fût souvenu peut-être avec le temps ;

Car parfois sa pensée était sur la frontière,

Pendant qu’il écoutait les tambours battre aux champs.

XV

Que lui reprocherait même la calomnie ?

Jamais coup plus cruel fut-il moins mérité ?

À défaut de regret, qui ne l’a respecté ?

Faites parler la foule, et la haine, et l’envie :

Ni tache sur son front, ni faute dans sa vie.

Nul n’a laissé plus pur le nom qu’il a porté.

XVI

Qu’importe tel parti qui triomphe ou succombe ?

Quel ennemi du père ose haïr le fils ?

Qui pourrait insulter une pareille tombe ?

On dit que, dans un bal, du temps de Charles Dix,

Sur les marches du trône il s’arrêta jadis.

Qu’il y dorme en repos, du moins, puisqu’il y tombe !

XVII

Hélas ! mourir ainsi, pauvre prince, à trente ans !

Sans un mot de sa femme, un regard de sa mère,

Sans avoir rien pressé dans ses bras palpitants !

Pas même une agonie, une douleur dernière !

Dieu seul lut dans son cœur l’ineffable prière

Que les anges muets apprennent aux mourants.

XVIII

Que ce Dieu, qui m’entend, me garde d’un blasphème !

Mais je ne comprends rien à ce lâche destin

Qui va sur un pavé briser un diadème,

Parce qu’un postillon n’a pas sa guide en main.

Ô vous qui passerez sur ce fatal chemin,

Regardez à vos pas, songez à qui vous aime !

XIX

Il aimait nos plaisirs, nos maux l’ont attristé.

Dans ce livre éternel où le temps est compté,

Sa main avec la nôtre avait tourné la page.

Il vivait avec nous, il était de notre âge.

Sa pensée était jeune, avec l’ancien courage ;

Si l’on peut être roi de France, il l’eût été.

XX

Je le pense et le dis à qui voudra m’en croire,

Non pas en courtisan qui flatte la douleur,

Mais je crois qu’une place est vide dans l’histoire.

Tout un siècle était là, tout un siècle de gloire,

Dans ce hardi jeune homme appuyé sur sa sœur,

Dans cette aimable tête, et dans ce brave cœur.

XXI

Certes, c’eût été beau, le jour où son épée,

Dans le sang étranger lavée et retrempée,

Eût au pays natal ramené la fierté ;

Pendant que de son art l’enfant préoccupée,

Sur le seuil entr’ouvert laissant la Charité,

Eût fait, avec la Muse, entrer la Liberté.

XXII

À moi, Nemours ! à moi, d’Aumale ! à moi, Joinville !

Certes, c’eût été beau, ce cri dans notre ville,

Par le peuple entendu, par les murs répété ;

Pendant qu’à l’oratoire, attentive et tranquille,

Pâle, et les yeux brillants d’une douce clarté,

La sœur eût invoqué l’éternelle Bonté.

XXIII

Certes, c’eût été beau, la jeunesse et la vie,

Ce qui fut tant aimé, si longtemps attendu,

Se réveillant ainsi dans la mère patrie.

J’en parle par hasard pour l’avoir entrevu ;

Quelqu’un peut en pleurer pour l’avoir mieux connu ;

C’est sa veuve, c’était sa femme et son amie.

XXIV

Pauvre Prince ! quel rêve à ses derniers instants !

Une heure (qu’est-ce donc qu’une heure pour le Temps ?)

Une heure a détourné tout un siècle. Ô misère !

Il partait, il allait au camp, presque à la guerre.

Une heure lui restait, il était fils et père :

Il voulut embrasser sa mère et ses enfants.

XXV

C’était là que la Mort attendait sa victime ;

Il en fut épargné dans les déserts brûlants

Où l’Arabe fuyard, qui recule à pas lents,

Autour de nos soldats que la fièvre décime,

Rampe, le sabre au poing, sous les buissons sanglants.

Mais il voulut revoir Neuilly ; ce fut son crime.

XXVI

Neuilly ! charmant séjour, triste et doux souvenir !

Illusions d’enfants, à jamais envolées !

Lorsqu’au seuil du palais, dans les vertes allées,

La reine, en souriant, nous regardait courir,

Qui nous eût dit qu’un jour il faudrait revenir

Pour y trouver la mort et des têtes voilées !

XXVII

Quels projets nous faisions à cet âge ingénu

Où toute chose parle, où le cœur est à nu !

Quand, avec tant de force, eut-on tant d’espérance ?

Innocente bravoure, audace de l’enfance !

Nous croyions l’heure prête et le moment venu ;

Nous étions fiers et fous, mais nous avions la France.

XXVIII

Songe étrange ! il est mort, et tout s’est endormi.

Comment une espérance et si juste et si belle

Peut-elle devenir inutile et cruelle ?

Il est mort l’an dernier, et son deuil est fini,

La sanglante masure est changée en chapelle.

Qui nous dira le reste, et quel âge a l’oubli ?

XXIX

Il n’est pas tombé seul en allant à Neuilly.

Sur neuf que nous étions, marchant en compagnie,

Combien sont morts ! — Albert, son jeune et brave ami,

Et Montemart, et toi, pauvre Laborderie,

Qui te hâtais d’aimer pour jouir de la vie,

Le meilleur de nous tous et le premier parti !

XXX

Si le regret vivait, vos noms seraient célèbres,

Amis ! — Que cette sombre et triste déité

Qui prête à notre temps sa tremblante clarté

Vous éclaire en passant de ses torches funèbres,

Et nous, enfants perdus d’un siècle de ténèbres,

Tenons-nous bien la main dans cette obscurité !

XXXI

Car la France, hier encor la maîtresse du monde,

A reçu, quoi qu’on dise, une atteinte profonde,

Et, comme Juliette, au fond des noirs arceaux,

À demi réveillée, à demi moribonde,

Trébuchant dans les plis de sa pourpre en lambeaux,

Elle marche au hasard, errant sur des tombeaux.

1843.

À M. A. T.

SONNET

Ainsi, mon cher ami, vous allez donc partir !

Adieu ; laissez les sots blâmer votre folie

Quel que soit le chemin, quel que soit l’avenir,

Le seul guide en ce monde est la main d’une amie.

Vous me laissez pourtant bien seul, moi qui m’ennuie.

Mais qu’importe ? L’espoir de vous voir revenir

Me donnera, malgré les dégoûts de la vie,

Ce courage d’enfant qui consiste à vieillir.

Quelquefois seulement, près de votre maîtresse,

Souvenez-vous d’un cœur qui prouva sa noblesse

Mieux que l’épervier d’or dont mon casque est armé ;

Qui vous a tout de suite et librement aimé,

Dans la force et la fleur de la belle jeunesse,

Et qui dort maintenant à tout jamais fermé.

17 mai 1843.

SONNET À MADAME M. N.

« Je vous ai vue enfant, maintenant que j’y pense,

Fraîche comme une rose et le cœur dans les yeux.

— Je vous ai vu bambin, boudeur et paresseux ;

Vous aimiez lord Byron, les grands vers et la danse. »

Ainsi nous revenaient les jours de notre enfance,

Et nous parlions déjà le langage des vieux ;

Ce jeune souvenir riait entre nous deux,

Léger comme un écho, gai comme l’espérance.

Le lâche craint le temps parce qu’il fait mourir ;

Il croit son mur gâté lorsqu’une fleur y pousse.

Ô voyageur ami, père du souvenir !

C’est ta main consolante, et si sage et si douce,

Qui consacre à jamais un pas fait sur la mousse,

Le hochet d’un enfant, un regard, un soupir.

Mai 1843.

À LA MÊME

SONNET

Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage

Jette au hasard un cri dans un chemin perdu,

Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage,

Le rossignol pensif a parfois répondu.

Ainsi fut mon appel de votre âme entendu,

Et vous me répondez dans notre cher langage.

Ce charme triste et doux, tant aimé d’un autre âge,

Ce pur toucher du cœur, vous me l’avez rendu.

Était-ce donc bien vous ? Si bonne et si jolie,

Vous parlez de regrets et de mélancolie.

— Et moi peut-être aussi, j’avais un cœur blessé.

Aimer n’importe quoi, c’est un peu de folie.

Qui nous rapportera le bouquet d’Ophélie

De la rive inconnue où les flots l’ont laissé ?

1843.

À LA MÊME

SONNET

Vous les regrettiez presque en me les envoyant,

Ces vers, beaux comme un rêve et purs comme l’aurore.

Ce malheureux garçon, disiez-vous en riant,

Va se croire obligé de me répondre encore.

Bonjour, ami sonnet, si doux, si bienveillant,

Poésie, amitié que le vulgaire ignore,

Gentil bouquet de fleurs, de larmes tout brillant,

Que dans un noble cœur un soupir fait éclore.

Oui, nous avons ensemble, à peu près, commencé

À songer ce grand songe où le monde est bercé.

J’ai perdu des procès très-chers, et j’en appelle.

Mais en vous écoutant tout regret a cessé.

Meure mon triste cœur, quand ma pauvre cervelle

Ne saura plus sentir le charme du passé.

1843.

STANCES DE M. CHARLES NODIER

À M. ALFRED DE MUSSET

J’ai lu ta vive Odyssée

Cadencée,

J’ai lu tes sonnets aussi,

Dieu merci !

Pour toi seul l’aimable Muse,

Qui t’amuse,

Réserve encor des chansons

Aux doux sons.

Par le faux goût exilée

Et voilée,

Elle va dans ton réduit

Chaque nuit.

Là, penchée à ton oreille

Qui s’éveille,

Elle te berce aux concerts

Des beaux vers.

Elle sait les harmonies

Des Génies,

Et les contes favoris

Des péris,

Les jeux, les danses légères

Des bergères,

Et les récits gracieux

Des aïeux.

Puis, elle se trouve heureuse,

L’amoureuse,

De prolonger son séjour

Jusqu’au jour.

Quand, du haut d’un char d’opale,

L’aube pâle

Chasse les chœurs clandestins

Des lutins,

Si l’Aurore mal apprise

L’a surprise,

Peureuse, elle part sans bruit

Et s’enfuit,

En exhalant dans l’espace

Qui s’efface

Le soupir mélodieux

Des adieux.

Fuis, fuis le pays morose

De la prose,

Ses journaux et ses romans

Assommants.

Fuis l’altière période

À la mode,

Et l’ennui des sots discours

Longs ou courts.

Fuis les grammes et les mètres

De nos maîtres,

Jurés experts en argot

Visigoth.

Fuis la loi des pédagogues

Froids et rogues,

Qui soumettraient tes appas

Au compas.

Mais reviens à la vesprée,

Peu parée,

Bercer encor ton ami

Endormi.

Juin 1843.

RÉPONSE À M. CHARLES NODIER

Connais-tu deux pestes femelles

Et jumelles,

Qu’un beau jour tira de l’enfer

Lucifer ?

L’une au teint blême, au cœur de lièvre,

C’est la Fièvre ;

L’autre est l’Insomnie aux grands yeux

Ennuyeux.

Non pas cette fièvre amoureuse,

Trop heureuse,

Qui sait chiffonner l’oreiller

Sans bâiller :

Non pas cette belle insomnie

Du génie,

Où Trilby vient, prêt à chanter,

T’écouter.

C’est la fièvre qui s’emmaillote

Et grelotte

Sous un drap sale et trois coussins

Très-malsains.

L’autre, comme une huître qui bâille

Dans l’écaille,

Rêve ou rumine, ou fait des vers

De travers.

Voilà, depuis une semaine

Toute pleine,

L’aimable et gai duo que j’ai

Hébergé.

Que ce soit donc, si l’on m’accuse,

Mon excuse,

Pour n’avoir rien ni répondu

Ni pondu.

Ne me fais pas, je t’en conjure,

Cette injure

De supposer que j’ai faibli

Par oubli.

L’oubli, l’ennui, font, ce me semble,

Route ensemble ;

Traînant, deux à deux, leurs pas lents,

Nonchalants.

Tout se ressent du mal qu’ils causent,

Mais ils n’osent

Approcher de toi seulement

Un moment.

Que ta voix, si jeune et si vieille,

Qui m’éveille,

Vient me délivrer à propos

Du repos !

Ta Muse, ami, toute française,

Tout à l’aise,

Me rend la sœur de la santé,

La gaieté.

Elle rappelle à ma pensée

Délassée

Les beaux jours et les courts instants

Du bon temps :

Lorsque, rassemblés sous ton aile

Paternelle,

Échappés de nos pensions,

Nous dansions ;

Gais comme l’oiseau sur la branche,

Le dimanche,

Nous rendions parfois matinal

L’Arsenal.

La tête coquette et fleurie

De Marie

Brillait comme un bluet mêlé

Dans le blé.

Tachés déjà par l’écritoire,

Sur l’ivoire

Ses doigts légers allaient sautant

Et chantant ;

Quelqu’un récitait quelque chose,

Vers ou prose,

Puis nous courions recommencer

À danser.

Chacun de nous, futur grand homme,

Ou tout comme,

Apprenait plus vite à t’aimer

Qu’à rimer.

Alors, dans la grande boutique

Romantique,

Chacun avait, maître ou garçon,

Sa chanson ;

Nous allions, brisant les pupitres

Et les vitres,

Et nous avions plume et grattoir

Au comptoir.

Hugo portait déjà dans l’âme

Notre-Dame,

Et commençait à s’occuper

D’y grimper.

De Vigny chantait sur sa lyre

Ce beau sire

Qui mourut sans mettre à l’envers

Ses bas verts.

Antony battait avec Dante

Un andante ;

Émile ébauchait vite et tôt

Un presto.

Sainte-Beuve faisait dans l’ombre

Douce et sombre,

Pour un œil noir, un blanc bonnet,

Un sonnet.

Et moi, de cet honneur insigne

Trop indigne,

Enfant par hasard adopté

Et gâté,

Je brochais des ballades, l’une

À la lune,

L’autre à deux yeux noirs et jaloux,

Andaloux.

Cher temps, plein de mélancolie,

De folie,

Dont il faut rendre à l’amitié

La moitié !

Pourquoi, sur ces flots où s’élance

L’Espérance,

Ne voit-on que le Souvenir

Revenir ?

Ami, toi qu’a piqué l’abeille,

Ton cœur veille.

Et tu n’en saurais ni guérir

Ni mourir ;

Mais comment fais-tu donc, vieux maître,

Pour renaître ?

Car tes vers, en dépit du temps,

Ont vingt ans.

Si jamais ta tête qui penche

Devient blanche,

Ce sera comme l’amandier,

Cher Nodier.

Ce qui le blanchit n’est pas l’âge,

Ni l’orage ;

C’est la fraîche rosée en pleurs

Dans les fleurs.

Août 1843.

À MON FRÈRE, REVENANT D’ITALIE

Ainsi, mon cher, tu t’en reviens

Du pays dont je me souviens

Comme d’un rêve,

De ces beaux lieux où l’oranger

Naquit pour nous dédommager

Du péché d’Ève.

Tu l’as vu, ce ciel enchanté

Qui montre avec tant de clarté

Le grand mystère ;

Si pur, qu’un soupir monte à Dieu

Plus librement qu’en aucun lieu

Qui soit sur terre.

Tu les as vus, les vieux manoirs

De cette ville aux palais noirs

Qui fut Florence,

Plus ennuyeuse que Milan

Où, du moins, quatre ou cinq fois l’an,

Cerrito danse.

Tu l’as vue, assise dans l’eau,

Portant gaiement son mezzaro,

La belle Gênes,

Le visage peint, l’œil brillant,

Qui babille et joue en riant

Avec ses chaînes.

Tu l’as vu, cet antique port,

Où, dans son grand langage mort,

Le flot murmure,

Où Stendhal, cet esprit charmant,

Remplissait si dévotement

Sa sinécure.

Tu l’as vu, ce fantôme altier

Qui jadis eut le monde entier

Sous son empire.

César dans sa pourpre est tombé ;

Dans un petit manteau d’abbé

Sa veuve expire.

Tu t’es bercé sur ce flot pur

Où Naple enchâsse dans l’azur

Sa mosaïque,

Oreiller des lazzaroni

Où sont nés le macaroni

Et la musique.

Qu’il soit rusé, simple ou moqueur,

N’est-ce pas qu’il nous laisse au cœur

Un charme étrange,

Ce peuple ami de la gaieté

Qui donnerait gloire et beauté

Pour une orange ?

Catane et Palerme t’ont plu.

Je n’en dis rien ; nous t’avons lu.

Mais on t’accuse

D’avoir parlé bien tendrement,

Moins en voyageur qu’en amant,

De Syracuse.

Ils sont beaux, quand il fait beau temps,

Ces yeux presque mahométans

De la Sicile ;

Leur regard tranquille est ardent,

Et bien dire en y répondant

N’est pas facile.

Ils sont doux, surtout quand le soir

Passe dans son domino noir

La toppatelle.

On peut l’aborder sans danger,

Et dire : « Je suis étranger.

Vous êtes belle. »

Ischia ! C’est là qu’on a des yeux,

C’est là qu’un corsage amoureux

Serre la hanche.

Sur un bas rouge bien tiré

Brille, sous le jupon doré,

La mule blanche.

Pauvre Ischia ! bien des gens n’ont vu

Tes jeunes filles que pied nu

Dans la poussière.

On les endimanche à prix d’or ;

Mais ton pur soleil brille encor

Sur leur misère.

Quoi qu’il en soit, il est certain

Que l’on ne parle pas latin

Dans les Abruzzes,

Et que jamais un postillon

N’y sera l’enfant d’Apollon

Ni des neuf Muses.

Il est bizarre, assurément,

Que Minturnes soit justement

Près de Capoue.

Là tombèrent deux demi-dieux,

Tout barbouillés, l’un de vin vieux,

L’autre de boue.

Les brigands t’ont-ils arrêté

Sur le chemin tant redouté

De Terracine ?

Les as-tu vus dans les roseaux

Où le buffle aux larges naseaux

Dort et rumine ?

Hélas ! hélas ! tu n’as rien vu.

Ô (comme on dit) temps dépourvu

De poésie !

Ces grands chemins, sûrs nuit et jour.

Sont ennuyeux comme un amour

Sans jalousie.

Si tu t’es un peu détourné,

Tu t’es à coup sûr promené

Près de Ravenne.

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