Odyssée (page 37)

Homère · Lettres

Texte français, domaine public · Source : http://remacle.org/bloodwolf/poetes/homere/odyssee/livre1.htm … livre24.htm · 50 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

ENTRETIENS D'ULYSSE ET DE PÉNÉLOPE. (suite)

Alors la vénérable Euryclée apporte un splendide bassin qui servait à baigner les pieds ; elle y répand d'abord de l'eau froide et y verse ensuite de l'eau bouillante. Ulysse s'assied près du foyer en se tournant du côté de l'ombre ; car il craignait qu'Euryclée, en lui lavant les pieds, ne découvrît la cicatrice qu'il avait au-dessus du genou et qui pouvait le trahir. Euryclée s'approche de son maître, lui baigne les pieds et reconnaît aussitôt la blessure que lui fit jadis un sanglier aux dents d'ivoire lorsque Ulysse parcourait le mont Parnèse avec son aïeul maternel, Autolycus, qui l'emportait sur tous les hommes par ses ruses et par ses dénégations (6). Mercure lui donna l'art de feindre, car Autolycus offrit toujours à cette divinité des cuisses de chèvres et d'agneaux : aussi Mercure lui fut constamment favorable. Quand ce roi alla visiter l'opulente cité d'Ithaque, il trouva sa fille qui venait de mettre un fils au monde ; la nourrice Euryclée, ayant placé cet enfant sur les genoux d'Autolycus comme il finissait son repas, parla en ces termes :

[403] « O roi, cherchez maintenant un nom pour l'enfant de votre fille, pour ce fils que vous avez tant désiré. »

Autolycus prit la parole et dit :

« Mes enfants, donnez-lui le nom que je vais prononcer. Comme je suis arrivé ici fortement courroucé contre les hommes et contre les femmes, je veux que cet enfant s'appelle Ulysse (7). Je veux aussi, lorsqu'il aura atteint l'âge de l'adoles-cence, qu'il vienne dans mon palais, sur le mont Parnèse (8), où sont mes trésors ; je lui ferai de riches présents, et je le renverrai comblé de joie. »

[413] Quelques années après Ulysse partit donc pour chercher ces présents. Quand il eut atteint le mont Parnèse, Autolycus et ses fils, lui serrant les mains, l'accueillirent avec amitié et lui adressèrent de douces paroles ; Amphithée, son aïeule, le serra dans ses bras et lui baisa la tête et les yeux. Alors le roi commanda à ses illustres fils de préparer le repas ; ceux-ci obéissant aux ordres de leur père, amenèrent un bœuf âgé de cinq ans qu'ils écorchèrent ; puis ils le dépecèrent entièrement, le divisèrent en morceaux, le firent rôtir avec soin, et le distribuèrent ensuite aux convives. Pendant tout le jour et jusqu'au coucher du soleil, il se livrèrent aux plaisirs du festin. Lorsque le soleil s'inclina vers la terre et que les ténèbres descendirent des cieux, ils se retirèrent pour goûter les douceurs du sommeil.

Le lendemain, dès que brilla la divine Aurore, les fils d'Autolycus, accompagnés d'Ulysse et suivis de leurs chiens, partirent pour la chasse. Ils gravirent le mont Parnèse couvert de forêts, et atteignirent bientôt les sommets exposés aux vents de cette haute montagne. Déjà le soleil sortait des profondeurs de l'Océan pour éclairer de ses rayons les fertiles campagnes. [443] Les chasseurs et leurs chiens traversent les vallons en cherchant la trace des bêtes sauvages ; mais le divin Ulysse se tient tout près des chiens en agitant sa longue lance. Là, un énorme sanglier était couché dans un épais buisson impénétrable au souffle des vents humides, aux splendides rayons du soleil et aux impétueux torrents du ciel ; là, un grand amas de feuilles couvrait la terre. Les pas des chasseurs et le bruit que font les chiens retentissent à l'oreille de ce monstrueux animal, qui sort de son repaire, court à leur rencontre, et s'arrête non loin d'eux : le poil de sa tête est hérissé, et la flamme étincelle dans ses regards. Ulysse se précipite le premier contre l'animal, en tenant sa longue lance dans ses mains vigoureuses ; mais le sanglier, d'un coup oblique de sa défense, frappe Ulysse au-dessus du genou, et, sans parvenir jusqu'à l'os, il lui fait dans les chairs une large plaie. Soudain le jeune héros plonge sa lance dans le côté droit du sanglier, qui roule dans la poussière et rend le dernier soupir. Les fils d'Autolycus accourent aussitôt ; ils bandent soigneusement la plaie d'Ulysse, et arrêtent le sang noir qui coulait de sa jambe en récitant des paroles magiques(9) ; puis ils retournent au palais de leur père. — Autolycus et ses fils, après avoir guéri l'irréprochable Ulysse, le comblèrent de présents et le renvoyèrent joyeux dans sa chère patrie. Son père et sa vénérable mère, charmés de son retour, l'interrogèrent sur ce qu'il lui était arrivé pendant son voyage, et sur la cicatrice qu'il avait au genou. Ulysse leur raconta avec le plus grand soin comment un sanglier l'avait frappé de ses dents d'ivoire pendant qu'il chassait sur le mont Parnèse avec les fils d'Autolycus.

La vénérable Euryclée, en baissant les mains, touche cette cicatrice, et la reconnaît aussitôt ; alors elle laisse aller le pied d'Ulysse qu'elle tenait pour le laver : la jambe du héros retombe dans le bassin, l'airain retentit, le vase se renverse, et l'eau coule à flots sur la terre. L'âme d'Euryclée est à la fois saisie par la joie et par la douleur, ses yeux se remplissent de larmes et sa voix expire sur ses lèvres (10) ; Euryclée se lève, prend le héros par le menton et lui dit :

« Vous êtes Ulysse, oui, vous êtes mon cher fils ; mais je n'ai pu vous reconnaître, ô mon maître, avant d'avoir touché votre cicatrice ! »

Puis elle porte ses regards sur Pénélope pour lui dire que son époux est devant elle. Mais la reine ne l'aperçoit point, et ne reconnaît pas Ulysse ; car Minerve avait tourné ailleurs l'esprit de Pénélope. Le héros se jette sur sa nourrice, lui serre le cou avec la main droite, et avec la main gauche il l'attire à lui en disant :

[482] « Tu veux donc me perdre !... Oui, c'est toi qui m'as nourri de ton lait ; et c'est moi qui, après avoir souffert des maux sans nombre et erré pendant vingt années, arrive enfin dans une patrie. Mais puisque les dieux ont voulu qu'Euryclée reconnût son maître, garde le silence, et que personne, dans cette demeure, n'apprenne le retour d'Ulysse. Car je te déclare, et mes paroles s'accompliront : si le ciel m'accorde jamais de vaincre les illustres prétendants, je ne t'épargnerais pas, bien que tu sois ma nourrice, lorsque j'exterminerai ici toutes les esclaves infidèles. »

[491] La prudente Euryclée lui répond aussitôt :

« O mon fils, quelles paroles venez-vous de prononcer ! Vous savez cependant combien mon âme est forte, constante, inébranlable : Euryclée sera toujours aussi ferme que le marbre ou le fer. Gravez encore dans votre esprit ce que je vais vous dire. Si, par la volonté des dieux, vous parvenez à vaincre les illustres prétendants celles qui vous honorent. »

L'ingénieux Ulysse réplique en ces termes :

« Nourrice, pourquoi me désigner ces esclaves ? Ne t'en occupe pas ; je saurai moi-même les connaître et les apprécier toutes. Garde-moi seulement le secret et abandonne le reste aux dieux. »

La vénérable Euryclée quitte la salle où se trouvait Ulysse, et va chercher un autre bain : car l'eau du premier venait d'être répandue. Lorsqu'elle a baigné et parfumé d'essences les pieds de son divin maître, le héros s'approche du feu pour réchauffer ses membres fatigués ; mais il a soin de cacher sa cicatrice sous ses sales haillons. Alors la prudente Pénélope, s'adressant à Ulysse, lui dit :

[509] « Étranger, je vais encore t'interroger.

Voici l'heure où chacun, malgré ses peines, s'abandonne au doux sommeil ; mais moi, les dieux m'accablent sous le poids d'un immense chagrin ! Le jour, je pleure et je gémis, en surveillant dans ce palais les travaux de mes esclaves ; la nuit, quand tout le monde repose, je m'étends sur ma couche, alors mille pensées me déchirent le cœur et m'empêchent de fermer les yeux ! Comme la fille de Pandarée, la jeune Aédon (11), cachée sous un épais feuillage, fait entendre d'harmonieux accents au retour du printemps et répand dans les forêts les sons de sa voix mélodieuse en pleurant Ityle, son enfant bien-aimé, Ityle, le fils du roi Zéthus, qu'elle immola par erreur avec l'airain cruel : de même je gémis sans cesse, et mon âme est agitée par divers sentiments ! J'ignore si je resterai auprès de mon fils pour lui conserver mes biens, mes esclaves et ce vaste palais, en respectant la couche de mon époux et l'opinion publique, ou si je suivrai dans sa demeure celui d'entre les Achéens qui me paraîtra le plus illustre et qui offrira les plus riches présents. Quand mon fils n'était qu'un enfant sans expérience, je ne pouvais ni choisir un époux ni abandonner cette maison ; mais maintenant que Télémaque est grand, qu'il a atteint l'âge heureux de l'adolescence, il s'indigne contre les prétendants qui consument ses richesses, et il désire que je quitte son palais. — Mais toi, pauvre voyageur, explique-moi ce songe. Je nourris dans ma demeure vingt oisons, et je me plais à les voir briser le froment détrempé dans une eau limpide. Je les considérais, lorsque tout à coup un aigle au bec long et recourbé s'élance de la montagne, fond sur tous mes oisons, leur brise le cou ; puis, les laissant étendus ça et là dans le palais, il s'envole triomphant et se dirige vers les régions divines et éthérées. Quoique ce ne fût qu'un songe, je poussais des gémissements, je versais des larmes, et les Achéennes à la belle chevelure, rassemblées autour de moi, se lamentaient aussi parce qu'un aigle avait étranglé tous mes oisons. Soudain l'aigle reparaît ; il se place sur le point le plus élevé du toit, et, prenant une voix humaine, il me dit :

« Rassure-toi, fille de l'illustre Icare, ce n'est pas un vain songe que tu viens d'avoir, mais une vision réelle qui doit s'accomplir. Les oisons, ce sont les prétendants, et moi qui ai paru sous la forme d'un aigle, je suis ton époux, je suis Ulysse qui arrive en ces lieux pour frapper d'une mort cruelle tous ceux qui aspirent à ta main ! »

« A peine a-t-il prononcé ces paroles que le doux sommeil m'abandonne ; je cherche aussitôt mes oisons et je les vois qui mangeaient comme auparavant le froment dans un large bassin.»

L'ingénieux Ulysse prend la parole et dit à Pénélope :

« O reine, je ne purs vous expliquer autrement ce songe, puisque Ulysse, votre époux, vous a dit lui-même comment il s'accomplirait. La mort menace tous les prétendants, et aucun d'eux n'échappera aux Parques fatales ! »

La chaste Pénélope lui répond aussitôt :

[559] « Étranger, les songes sont impénétrables, difficiles à expliquer, et ils n'accordent pas aux humains tout ce qu'ils leur promettent. Deux portes s'ouvrent aux songes légers : l'une est de corne, l'autre d'ivoire ; ceux qui traversent la porte d'ivoire sont des songes trompeurs apportant aux mortels des paroles qui ne s'accompliront jamais ; ceux, au contraire, qui annoncent la vérité, viennent par la porte de corne. Hélas ! je ne pense pas que le songe qui m'est apparu soit venu par cette porte : ce serait trop de bonheur pour mon fils et pour moi ! — Étranger, grave encore ces paroles dans ton âme. L'aurore funeste qui doit m'éloigner de la demeure d'Ulysse va bientôt briller au ciel ; je vais donc proposer une épreuve aux superbes prétendants, celle des piliers (12) que mon époux alignait au nombre de douze comme les poutres d'un navire ; puis il se plaçait loin de ces piliers et les traversait avec une flèche. Voilà l'épreuve que je vais proposer aux prétendants. Celui d'entre eux qui tendra facilement l'arc d'Ulysse et fera passer un trait dans les douze piliers, je le suivrai ; j'abandonnerai la demeure de mon époux, ce riche et superbe palais, dont je garderai le souvenir même dans mes rêves ! »

L'ingénieux Ulysse lui répond aussitôt :

« O vénérable épouse du fils de Laërte, ne différez pas plus long-temps de proposer cette épreuve aux prétendants ; car le divin Ulysse sera de retour avant que ces audacieux aient pu tendre le nerf de l'arc brillant et lancer une flèche à travers les anneaux. (13) »

Pénélope, touchée de ce qu'elle vient d'entendre, dit à son époux :

[589] « Cher étranger, si tu voulais encore rester près de moi, et me charmer par tes paroles, jamais le doux sommeil ne fermerait mes paupières. Mais il n'est pas donné aux hommes de vivre sans dormir : ils doivent respecter les bornes que les dieux ont assignées aux mortels sur la terre féconde. Moi je vais remonter dans mes appartements et reposer sur cette couche qui m'est devenue odieuse et que je ne cesse d'arroser de mes larmes depuis qu'Ulysse est parti pour la funeste ville d'Ilion dont on ne prononce jamais le nom sans gémir ! Toi, goûte le repos en ces lieux ; étends des peaux à terre, ou bien je vais ordonner à mes esclaves de te dresser une couche. »

Après avoir achevé ces paroles, Pénélope remonte dans les splendides salles du palais, accompagnée de ses suivantes. Quand la reine, suivie de ses esclaves, est entrée dans ses appartements, elle pleure Ulysse, son époux chéri, jusqu'au moment où Minerve répand le doux sommeil sur ses paupières.

(1) Il y a dans le texte : ἦ ὅτι δὴ ῥυπόω (vers 72). Dubner et Clarke ont bien rendu ῥυπόω par non-niteo, ce qui veut dire littéralement : je ne suis plus relui­sant, ou brillant, sous-entendu de parfums, d'huiles ; et non pas de jeunesse, comme l'ont dit à tort madame Dacier, Bitaubé et même Voss, sans tenir aucun compte des usages antiques.

109). Ce mot a été parfaitement expliqué par Buttmann, Lex. I, p. 17O ; il signifie non pas semblable à un dieu, mais qui craint et respecte les dieux. Nous avons déjà rencontré ce mot (Odyssée VI, vers 121); et Dubner, qui l'avait alors traduit par deorum reverens, semble maintenant avoir oublié les sages commentaires de Buttmann, car, entraîné probablement par la traduction de Clarke, il revient à la mauvaise explication du commentateur anglais, et traduit ce mot par deo similis.

(3) Dugas-Montbel dit à ce sujet : « Platon, qui veut qu'on n'aime la justice que pour elle-même, blâme notre poêle de ce qu'il nous représente les biens matériels comme la conséquence immédiate de la justice d'un roi. C'est, être bien rigoriste. Homère ne dit pas ici qu'on doive être juste à cause du bien qui peut en revenir. Il peint seulement les avantages, même matériels, qui résultent d'une administration juste. Or il est très-moral de prouver qu'une conduite selon la justice est non-seulement la meilleure, mais encore la plus avantageuse. Platon lui-même, en donnant la justice pour base à sa ville imaginaire, qu'a-t-il voulu, sinon procurer à ses habitants le plus de bonheur possible ? » (Observ. sur le chant XIX de l'Odyssée.)

(vers 163) Dubner et Clarke traduisent ce mot par olim-fabulosus, et Voss par : von der gefabelten Eiche (du chêne mythologique). Il nous a été impossible de rendre ce mot eu français. — Cette expression a fort occupe les commentateurs. Mme Dacier nous apprend qu'anciennement les pères qui ne pouvaient nourrie leurs enfants les exposaient dans le creux des arbres ou dans les antres, et ceux qui les trouvaient disaient qu'ils étaient nés des lieux où il les avaient pris ; c'était, comme nous disons, des enfants trouvés. Cette explication de Mme Dacier, qui est aussi celle des anciens interprètes, n'est pas admissible ; car si les pères des anciens temps avaient abandonne leurs enfants clans des rochers, la race humaine eut péri. Nous aimons mieux nous ranger du côté de Dugas-Montbel et supposer avec M. Clavier, qu'après le déluge de Deucalion, les hommes sortant des montagnes couvertes de forêts où ils s'étaient retirés pendant l'inondation, donnèrent lieu à cette opinion, qu'ils étaient nés des arbres et des rochers. Cette dernière opinion semblerait justifier le mot παλαίφάτος (ancien) qui accompagne cette phrase.

(5) Le texte grec porte :

(vers 232/233/234)

Mot à mot :

« J'aperçus sur son corps une tunique qui ressemblait à l'enveloppe d'un oignon, tant elle était fine et délicate, et elle brillait comme les rayons du soleil.

Il nous a été impossible de rendre en français la comparaison dont se sert Homère pour exprimer la finesse de la tunique d'Ulysse.

(6) Homère dit :

(vers 395/396)

Madame Dacier n'a nullement compris ce passage en le traduisant par « prince qui surpassait tous ceux de nos temps en prudence et en adresse pour cacher ses desseins et pour surprendre ses ennemis, et en bonne foi pour garder religieusement sa parole et ne violer jamais ses serments. » Clarke, Bitaubé et Dugas-Montbel ont mieux compris ces deux vers ; mais ils les ont rendus d'une manière obscure. Voss peut être rangé dans la catégorie des traducteurs que nous venons de citer, car il n'éclaircit pas le texte d'Homère en disant : des klügsten an Verstellung und Schwur (il l'emporte sur tous les hommes par la dissimulation et le serment). Dubner est le seul qui ait clairement traduit ce passage ; voici ce qu'il dit : qui hominibus prœcellebat justoque jurandoque ; et il ajoute entre parenthèses : se nihil abstulisse. — La traduction que nous donnons plus haut de ce passage est parfaitement d'accord avec l'étymologie du nom d'Autolycus (αὐτός, λύκος, vrai loup) et explique suffisamment le vol que commit Autolycus (Iliade, X, vers 267). — Dugas-Montbel, dans ses Remarques, fait observer qu'à cette époque, où chacun était en guerre avec ses voisins, le point essentiel était de se défendre à tout prix ; et quand on ne pillait pas, on courait grand risque d'être pillé. Dès lors les qualités qu'Homère vante dans Autolycus devaient être fort estimées. Ulysse lui-même n'est pas scrupuleux quand il s'agit de mentir.

(7) C'est-à-dire l’homme irrité, phrase précédente.

Parnèse, en suivant le texte de Wolf et les explications de Boissonade. Les petites Scholies, Barnès et Clarke sont les seuls qui écrivent Παρνησσὀν.

(9) On entend par ἐποιδῆ (vers 457) un enchantement ou des paroles magiques servant à arrêter le sang. Dugas-Montbel dit à ce sujet : « On ne peut méconnaître l'influence de la musique dans les maladies, surtout dans les hémorrhagies ; et, sans supposer qu'on guérisse une sciatique en jouant de la flûte sur le siège du mal, comme le dit Théophraste, on sait que la médecine actuelle a souvent employé la musique dans le traitement de diverses maladies (Observât. sur le chant XIX de l'Odyssée).

(10) Dugas-Montbel traduit à tort verdoyant, comme nous l'avons déjà vu plus haut ; mais quand il sert d'épithète à la voix humaine, il se rend en français par fort, ou par sonore, ce qui est entièrement opposé à la traduction de Dugas-Montbel.

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