Pensées (page 34)

Blaise Pascal · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Pensées (Pascal, éd. Brunschvicg) · 34 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

445. Nobilis quidam Romæ, — collocabit 566 . (suite)

↑ Voici comment dom Clémencet, dans son Histoire littéraire (inédite) de Port-Royal, apprécie le rôle de M. de Bourseys dont il analyse très longuement les ouvrages : « Les disputes sur la Grâce s’étant élevées, il compose plusieurs écrits sur cette matière. Mais le pape Innocent X ayant donné le 31 de mai 1653 une Constitution par laquelle il condamnait les V fameuses propositions, il cessa d’écrire sur ce sujet. Et quoiqu’il fût ami de Messieurs de Port-Royal et dans leurs sentiments, s’étant malheureusement trop engagé dans la fréquentation de la Cour, et dans l’amitié du cardinal Mazarin, il eut la faiblesse, à la sollicitation de cette éminence, de signer le formulaire le 4 novembre 1661 et Messieurs de Port-Royal cessèrent de le voir. » (Nous transcrivons la date donnée par dom Clémencet en faisant observer que Mazarin mourut en mars 1661.)

↑ Cf. B., 384 ; C., 344 ; Faug., I, 273 ; Hav., Prov., 289 ; Mol., II, 123 ; Mich., 729.

↑ Cf. fr. 385 : « Nous connaissons bien le mal et le faux ; mais que dira-t-on qui soit bon ? »

↑ Considérations qui rappellent celles du fr. 260 sur la nécessité du consentement de soi-même à soi-même.

↑ Cf. fr. 260 : « Ils se cachent dans la presse et appellent le nombre à leur secours. »

↑ [Est.]

↑ Cf. fr. 260 : « Fausse humilité, orgueil. »

↑ Cf. B., 370 ; C., 327 ; Faug., I, 288 ; Hav., Prov., 294 ; Mol., II, 101 ; Mich., 635.

↑ Cf. B., 467 ; C., 266 ; Faug., I, 279 ; Hav., Prov., 292 ; Mol., II, 121 ; Mich., 783.

↑ [Les.]

↑ [Cela.]

↑ Seule en surcharge.

↑ C’est la thèse fondamentale des Provinciales, et qui en fait l’unité : l’hérésie de Pélage est l’aspect scolastique de l’hérésie morale des casuistes, qui est condamnée par le monde.

↑ Cf. B., 378 ; C., 337 ; Faug., I, 274 ; Hav., Prov., 289 ; Mol., II, 96 ; Mich., 716.

↑ [Ne voulant.]

↑ [Ils en veulent encore bannir [ils chassent de l’Église.]

↑ Cf. le Premier Factum pour les curés de Paris : « Voilà le comble de l’insolence où les jésuites ont élevé les casuistes ; après avoir abusé de la modération des ministres de l’Église pour introduire leurs opinions impies, ils sont aujourd’hui arrivés à vouloir chasser du ministère de l’Église ceux qui refusent d’y consentir. »

↑ « Le contrat Mohatra est celui par lequel on achète des étoffes chèrement et à crédit, pour les revendre au même instant et à la même personne argent comptant et à bon marché. » (Huitième Provinciale.)

↑ La copie donne en mœurs.

↑ [N’appelleraient paix que la paisible introduction.]

↑ Allusion au texte de la Sagesse (XIV, 22), qui est cité et commenté dans le Second Factum pour les curés de Paris : « Ne se contentant pas d’errer ainsi touchant les choses divines, et de vivre dans cette erreur qui est une véritable guerre, ils appellent paix un état si rempli de troubles et de désordres : In magno viventes inscientiæ bello tot et tanta mala pacem appellant. »

↑ Cf. Faug., I, 275 ; Hav., Prov., 290 ; Mol., II, 105 ; Mich., 967.

↑ Cf. Ve Factum pour les curés de Paris : « C’est néanmoins une mauvaise politique ; car il n’y a rien de plus capable de les décrier à la fin, et de faire qu’au lieu d’autoriser par là les particuliers, ils décréditent tout le corps aussitôt que le monde sera informé de ce principe de leur conduite. »

↑ Cf. B., 464 ; C., 262 ; Faug., I, 284 ; Hav., Prov., 292 ; Mol., II, 112 ; Mich., 661.

↑ Cf. B., 371 ; C., 329 ; Faug., I, 268 ; Mol., II, 201 et Prov., 112 ; Mich., 724.

↑ La seconde Copie donne aveuglé. — Pascal se défend dans la Onzième Provinciale du reproche d’avoir blessé la charité : « Je doute, mes pères, qu’il y ait des personnes à qui vous ayez pu le faire accroire. » Et il finit ainsi : « Je ne m’empêcherai jamais de leur dire qu’ils sont grossièrement abusés, et que leur zèle est bien aveugle. »

↑ Cf. Faug., I, 291 ; Mol., II, 101 ; Mich., 352.

↑ Le manuscrit qui est mutilé porte su ; M. Faugère conjecture avec toute vraisemblance suffisamment lus.

↑ Cf. B., 368 ; C., 325 ; Faug., I, 288 ; Hav., Prov., 294 ; Mich., 684.

↑ La première Copie écrit commun. — Allusion aux quarante et une éditions de la Théologie morale d’Escobar qui s’étaient succédé jusqu’à l’époque des Provinciales.

↑ Cf. Faug., I, 288 ; Hav., Prov., 300 ; Mol., Prov., 109 ; Mich., 648.

↑ M. Lanson a rapproché cette note d’un long développement du Factum pour les Curés d’Amiens, dont cette phrase donne l’esprit : « N’est-il pas visible, par ces paroles de saint Bernard, qu’il était aussi vivement touché des nouveautés qu’Abélard voulait introduire dans la morale chrétienne, que de ses rêveries et de ses erreurs sur le mystère de la sainte Trinité ? »

↑ [Et semblent afin de,… par cette marque de leur foi le témoignage de leur conscience…]

↑ [Croit ni l’un ni l’autre.]

↑ M. Michaut lit dénie.

↑ Cf. Faug., I, 291 ; Mol., II, 129 ; Mich., 274.

↑ Au verso quelques fragments de lignes barrées, mots incomplets ou sans suite, au milieu duquel se lit : [Philosophes]. — Le passage de saint Thomas auquel Pascal se réfère sous ce titre de Fin me paraît être celui qui est cité dans la Douzième Provinciale à propos de la simonie et qui est emprunté à Tannerus : « Il faut dire la même chose, encore qu’on regarde le temporel comme sa fin principale, et qu’on le préfère même au spirituel ; quoique saint Thomas et d’autres semblent dire le contraire, en ce qu’ils assurent que c’est absolument simonie de donner un bien spirituel pour un temporel, lorsque le temporel en est la fin. » Plus loin Pascal ajoute, ce qui explique le Témoignage de soi nul : « Et oseriez-vous le traiter de simoniaque, dans vos confessionnaux, quelque sentiment que vous en ayez par vous-mêmes, puisqu’il aurait droit de vous fermer la bouche, ayant agi selon l’avis de tant de docteurs graves ? »

↑ Cf. Faug., I, 274 ; Hav., Prov., 290 ; Mol., II, 117 ; Mich., 966.

↑ En plusieurs endroits des Provinciales il est fait allusion à cette proposition du P. Lamy résumée dans la XVIIIe Lettre : « Qu’un religieux peut tuer celui qui menace de publier des calomnies contre lui ou contre sa communauté, quand il ne peut s’en défendre autrement. » Cf. le Sixième Factum pour les curés de Paris.

↑ A fructibus eorum cognoscetis eos (Math., VII, 16).

↑ Cf. B., 407 ; C., 382 ; Faug., II, 328 ; Mol., II, 100 ; Mich., 476.

↑ Général de l’Oratoire. Il s’était entremis pour procurer à Saint-Cyran les pouvoirs qui lui permettaient d’être le confesseur des religieuses de Port-Royal ; mais il se montra plus tard hostile à Saint-Cyran qu’il dénonça au cardinal de Richelieu (cf. Sainte-Beuve, Port-Royal, 5e éd., t. I, p. 489).t. I, p. 489).

↑ Joan., XVII, 11 : Et jam non sunt in mundo, et hi in mundo sunt, et ego ad te venio, Pater sancte, serva eos in nomine tuo, quos dedisti mihi ; ut sint unum, sicut et nos.

↑ Cf. B., 381 ; C., 341 ; Faug., I, 274 ; Hav., Prov., 289 ; Mol., II, 95 ; Mich., 734.

↑ Les deux Copies donnent en titre : Pape.

↑ « Pour obliger le monde à suivre les nouveautés principales qu’ils ont introduites dans la morale chrétienne, ils enseignent que nous devons apprendre la règle de notre foi des anciens pères : mais que pour celle des mœurs, il la faut tirer de Docteurs nouveaux qui est une chose très injurieuse à tous les Pères de l’Église » (Théologie morale des Jésuites, 1644, citée par Lanson, Revue d’histoire littéraire de la France, 1900, p. 172).

↑ Cf. B., 390 ; C., 357 ; P. R., XXVIII, 26 ; Bos., II, xvi, 10 ; Faug., I, 173 ; Hav., XXIV, 10 ; Mol., II, 143 ; Mich., 435.

↑ Notes qui remplissaient les marges d’un fragment de lettre au Père Annat, désigné souvent sous le nom de XIXe Provinciale. (Cf. édit. Faugère, t. II, p. 245).

↑ Cf. II Reg. xiv, 17 : « Sicut enim Angelus Dei, sic est dominus meus rex, ut nec benedictione nec maledictione moveatur. »

↑ Cf. ces mots du fr. 929 : « Dater l’arrêt. »

↑ Cf. B., 464 ; C., 262 ; Faug., I, 275 ; Mol., II, 116 ; Mich., 669.

↑ Cf. Faug., I, 275 ; Hav., Prov., 290 ; Mol., II, 115 ; Mich., 990.

↑ Faire vraisemblablement dans le sens de peindre, représenter.

↑ Cf. B., 84 ; C., 111 ; Faug., I, 268 ; Mol., II, 96 ; Mich., 655.

↑ Molinier et Michaut lisent : lui en.

↑ La Première Copie complète ainsi : « Leur faites accroire que cette croyance l’engage à se persuader que des propositions soient d’Augustinus. J’entreprends de l’en détromper. » Dans la Treizième Provinciale, Pascal écrit : « Quoi, mes pères, est-ce ainsi que vous abusez de la créance que ces personnes d’honneur ont en vous ? »

↑ Cf. Faug., I, 276 ; Hav., Prov., 291 ; Mol., II, 204 ; Mich., 968.

↑ Cf. Faug., I, 278 ; Mol., II, 102 ; Mich., 963.

↑ Cf. le Second Factum pour les curés de Paris : « Ils savent que la véritable paix est celle qui conserve la vérité en la possession de la croyance des hommes, et que la fausse paix est celle qui conserve l’erreur en possession de la crédulité des hommes. »

↑ Tempus belli, et tempus pacis. Eccl. III, 8. Vide supra, p. 304, note 2.

↑ Et veritas Domini manet in æternum. Ps. CXVI, 2, cf. Joan., XXI, 34.

↑ Joan., XIV, 27 : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis.

↑ Matth., X, 34, cf. fr. 498.

↑ Cf. le Second Factum : « Aussi c’est pour cela que l’Écriture nous enseigne que Jésus-Christ est venu apporter au monde, non seulement la paix, mais aussi l’épée et la division, parce que toutes ces choses sont nécessaires chacune en leur temps pour le bien de la vérité, qui est la dernière fin des fidèles ; au lieu que la paix et la guerre n’en sont que les moyens, et ne sont légitimes qu’à proportion de l’avantage qui en revient à la vérité. Ils savent que c’est pour cela que l’Écriture dit « qu’il y a un temps de paix et un temps de guerre », au lieu qu’on ne peut pas dire qu’il y a un temps de vérité et un temps de mensonge ; et qu’il est meilleur qu’il arrive des scandales, que non pas que la vérité soit abandonnée, comme disent les saints Pères de l’Église. »

↑ Cf. Faug., I, 320 ; Mich., 379.

↑ Notes écrites par Pascal en marge de la traduction de la Bulle qui forme le fragment suivant. Elles sont destinées à la « Lettre touchant l’Inquisition qu’on veut établir en France à l’occasion de la nouvelle Bulle du pape Alexandre VII, qui a couru sous le titre de Lettre d’un avocat au Parlement à un de ses amis, du 1er juin 1657. » Cette lettre, rédigée peut-être en collaboration avec Antoine Lemaître, a été jointe aux éditions des Provinciales, comme Dix-neuvième Lettre. Selon son habitude, Pascal a barré les passages utilisés : « Nous verrons, en moins de rien, qu’il n’y aura personne qui puisse être en sûreté chez soi, puisqu’il ne faudra qu’avoir de puissants ennemis, qui vous défèrent et vous accusent d’être Janséniste, sur ce que vous aurez de leurs livres dans votre cabinet, ou sur un discours un peu libre touchant ces nouvelles Bulles, comme vous savez que nous autres Avocats en faisons assez souvent ; sur quoi on mettra votre bien en compromis. Et quand on ne vous ferait par là qu’un procès, n’est-ce pas toujours un assez grand mal ?… Ils se sont appris à tourmenter les gens sur la Bulle et sur les Brefs d’Innocent X. »

↑ « Et ne trouvez-vous pas de même que c’est une aussi faible consolation de nous dire que le Parlement sera toujours maître des Appels comme d’abus : puisqu’en recevant la bulle il ôterait l’un des plus grands moyens d’appeler comme d’abus, qu’on aurait si elle avait été refusée ? Mais, quoiqu’on pût en appeler, combien persécuterait-on de gens dans les provinces éloignées, qui ne pourraient se servir de ce remède ! Car, que ne souffrirait point un pauvre curé du Lyonnais ou du Poitou plutôt que de venir à Paris ? »

↑ [N’aient, pas.]

↑ « Car ce n’était pas le moyen d’obtenir l’enregistrement qu’ils demandent, que de montrer ainsi par avance à quoi ils s’en veulent servir. »

↑ « Quand il serait vrai, ce qui n’est pas, que cette Bulle pourrait être reçue, en ne la regardant qu’en elle-même, on ne devrait pourtant point la recevoir maintenant, parce que ce serait favoriser les desseins visibles de ceux qui n’en demandent la réception que pour en abuser, et nous asservir à ce vilain tribunal de l’Inquisition, sous lequel presque toute la Chrétienté gémit. »

↑ « Je parle tous les matins à des Conseillers au sortir du Palais, et il n’y en a point qui ne voie clair en tout cela. Votre Rapporteur me disait encore ce matin qu’il ne regardait pas cette affaire comme une affaire ordinaire, et qu’on ne devait pas considérer cette Bulle comme une simple Bulle qui décide quelque point contesté, ce qui serait de peu de conséquence, mais, comme le fondement d’une nouvelle Inquisition qu’on veut former, et à laquelle il ne manque plus que le consentement du Parlement pour être achevée. »

↑ Ces extraits se rapportent à l’acte dressé en 1628 par Filesac, au nom des docteurs de la Sorbonne : ils déclarèrent suivant la Lettre d’un avocat, « que depuis quelques siècles les papes ont fait un grand nombre de décrets, de décrétales, de bulles et de constitutions contraires aux anciens décrets, et même à l’Écriture sainte —, dont ils donnent plusieurs exemples, tant de ceux qui sont contre l’Écriture, que de ceux qui sont contre les libertés de l’Église gallicane, et l’autorité de nos rois, et entre autres celui du pape Boniface VIII, qui déclare hérétiques ceux qui ne croiront pas que le roi de France lui est soumis, même dans les choses temporelles. » Cf. t. VII, p. 194.

↑ Cf. Faug., I, 319 ; Mich., 378.

↑ 1559. — Dans la lettre d’un Avocat de Paris dont la même page du manuscrit contient l’esquisse, il est fait mention de la Bulle Cum ex Apostolatus, qui déclare « que toutes sortes de personnes, Rois et particuliers, qui tombent dans l’hérésie, ou qui favorisent, retirent ou recèlent les hérétiques, sont déchus et pour jamais rendus incapables de tous honneurs, dignités et biens, lesquels il expose au premier qui s’en pourra emparer ».

↑ [Ou qui s’éloignent du Dieu chrétien.]

↑ Extrait d’une lettre d’Urbain II à l’évêque Lucanus qui a pris place dans le Corpus Juris canonici cause 23, question 5, ch. xlvii : « Non sunt homicidæ qui adversus excommunicatos zelo matris ecclesiæ armantur. »

↑ Cf. Faug., I, 277 ; Mol., II, 103 ; Mich., 969.

↑ Cf. le début du Factum des curés de Nevers, présenté à M. leur évêque en son hôtel épiscopal, contre le livre intitulé : « Apologie pour les casuistes, etc., » imprimé à Paris l’an 1657 : « Comme les deux principaux intérêts de l’Église sont de conserver les fidèles dans la piété, et de rappeler les hérétiques à la vérité qu’ils ont quittée, nous avons été touchés d’une douleur bien sensible, en voyant le méchant livre de l’Apologie des casuistes se répandre dans l’Église ; parce que nous avons reconnu qu’il n’y avait rien de plus capable de retirer les fidèles de la sainteté des mœurs, et de confirmer les hérétiques dans leur obstination et dans leur schisme. »

↑ Cf. Faug., I, 292 ; Hav., Prov., 295 ; Mol., Prov., 107 ; Mich., 649.

↑ L’idée de cette lettre fournira un volume de développements à la morale pratique des Jésuites représentée en plusieurs histoires arrivées dans toutes les parties du monde. Cologne, 1669.

↑ Expression déjà employée pour les libertins, fr. 194 bis (5).

↑ Cf. Lettre d’un théologien à Polémarque, du 20 sept. 1644 : « Il est ridicule d’employer de longues et vives poursuites envers un homme qui lui a voué une obéissance aveugle et qui s’est obligé de lui obéir comme à Jésus-Christ, s’il était vivant, tanquam Christo viventi. »

↑ Peut-être est-ce une exclamation indignée qui viserait une affirmation telle que l’emblème de l’Imago à la page 183 : Cor castum dei speculum.

↑ Lecture douteuse.

↑ [Quelle malédiction.]

↑ [Les.]

↑ [De l’être.] Cf. fr. 641 et 751.

↑ Cf. B., 379 ; C., 338 ; Faug., I, 213 ; Hav., XXV, 208 ; Mol., II, 105 ; Mich., 765.

↑ Si est écrit sous la dictée de Pascal ; la Copie donne sinon qui n’est guère satisfaisant.

↑ Ce pressant besoin est la lutte de Venise contre les Turcs qui assiégeaient Candie depuis 1645 ; les Jésuites avaient été expulsés de Venise, pour avoir défendu contre la République l’immunité juridique des clercs en 1606, cinquante ans par conséquent avant la date où écrit Pascal ; à la faveur des événements, on négociait leur rentrée, qui eut lieu en 1669.

↑ Cf. B., 5 ; C., 18 ; Faug., I, 294 ; Hav., Prov., 296 ; Mich., 220.

↑ Cf. fr. 921 : « Je suis seul contre trente mille », et fr. 956 « vingt mille séparés. »

↑ Cf. Faug., I, 296 ; Hav., Prov., 296, 297 ; Mol., Prov., 108 et 116 ; Mich., 577.

↑ « Avez-vous l’idée véritable de l’étendue de votre ministère ? » (Xe Prov.)

↑ Dans son article : Après les Provinciales, M. Lanson a fort ingénieusement expliqué qu’il s’agit d’une opinion émise à propos du père Lamy, et non par lui : « Le P. Lamy eût pu omettre cette résolution, mais, puisqu’il l’a imprimée il doit la soutenir, et nous devons la défendre (Sixième Factum pour les curés de Paris). Cf. Revue d’histoire littéraire de la France, année 1901, p. 23.

↑ Renvoi à l’Historia Jesuitica de Rodolphe Hospinianus, Tiguri (Zurich), 1619 : on lit à la page 246 (3o) : Tertia est causa quod sentiunt Reges et Principes qui vel a papa vel a viris eruditis et gravibus, Jesuitis scilicet, vel communi populi opinione hæretici habentur… interficere atque e medio tollere licere.

↑ [Aime] naturellement [la.]

↑ Cf. xe Provinciale, début : « Ce n’est pas encore ici la politique de la Société ; mais c’en est un des plus grands principes, vous y verrez les adoucissements de la confession, qui sont assurément le meilleur moyen que ces Pères aient trouvé pour attirer tout le monde. »

↑ [231. Jésuites consultés sur tout. 164, 165 transplantés.]

↑ Dans l’Imago primi sæculi, liv. V, orat. 1, les Jésuites appliquent à leur Société la prophétie d’Isaïe (XLIX, 23) : Et erunt reges nutritii tui, et reginæ nutrices tuæ (p. 686).

↑ Peut-être est-ce une allusion à l’Apologie de François Verona pour Jean Châtel, que la Sorbonne fit supprimer.

↑ Le Troisième Factum pour les curés de Paris cite un décret de Sorbonne sur la matière que vise Pascal : « La Sorbonne a particulièrement montré le peu d’état qu’elle faisait d’un grand nombre de ces auteurs nouveaux, en condamnant la pernicieuse doctrine de Santarel touchant la déposition des rois, comme erronée et contraire à la parole de Dieu, encore qu’elle fût soutenue par une foule prodigieuse de casuistes et de jésuites. »

↑ Renvoi aux dernières lignes de la page 241 (verso) de l’Historia jesuitica : « In extract. Parlementi Parisiensis tomo sexto mémorial. Ligæ hæc verba exstant : Les Jésuites avaient un bref de Sa Sainteté qui les dispensait d’obéir. »

↑ La Morale Pratique des Jésuites, dans sa réponse à l’Imago Sæculi, rappelle que les Jésuites « ont été chassés de France et d’Angleterre pour avoir enseigné à tuer les Rois… Le Père Guignard fut pendu et étranglé pour avoir inspiré le parricide à Chastel, son écolier de philosophie. »

↑ Hospinien, à la page 112, accuse les Jésuites de traiter les rois de tyrans et de rebelles, de provoquer au régicide.

↑ Nouveau renvoi à l’Historia Jesuitica : « Alexandre Haius avait enseigné publiquement qu’il fallait dissimuler et obéir au Roi pour un temps par feintise, disant fort souvent ces mots : Jesuita est omnis homo. »

↑ Page 253 d’Hospinien : « nunc ad ambitionem pietas conversa ; debent in domibus Professi arctissimam degere paupertatem… contra delibant optima quœque in Collegiis. » Pascal se réfère en même temps à la dixième partie des Constitutions. Le paragraphe 5 fait de la pauvreté la condition de la conservation de la société, le § 6 recommande avec la dernière énergie d’écarter toute ambition, « car l’ambition est la mère de tous les maux dans les Républiques et dans les congrégations ».

↑ Cf. Hospinianus, Historia Jesuitica, p. 257 : « Queruntur denique viri Nobilissimi Religiosos quibus nulla secularis cura incumbere deberet, sollicitos tamen esse de gubernatione principum. » — La déclaration en note du § 11 (part. 10) recommande de concilier la faveur principum Sæcularium et Magnatum, ac primariæ auctoritatis hominum quorum favor aut alienatio animi multum facit.

↑ Première partie, ch. 11. Le paragraphe 4 interdit : admittere homines difficili admodum ingenio, vel inutiles Congregationi, licet ipsismet non inutile foret admitti. — Le § 10 demande : species honesta. Le § 13 ajoute : dona externa nobilitatis, divitiarum, bonæ famæ et similia et en fait des conditions de préférence.

↑ Au paragraphe 9 (3e partie, ch. 1) il est recommandé au novice qui renonce à son bien de ne pas descendre à un choix particulier, et de s’en remettre entièrement à la Société quæ tota ad majorum Dei gloriam… instituta est.

↑ Troisième partie, ch. 1, § 18 : Idem sapiamus, idem quoad ejus fieri potest, dicamus omnes. Et en note cette déclaration pour le novateur ou le dissident : suum sensum definitioni ipsius Socictatis debet subjicere… ut conformitas etiam in Societate sit. Cf. fr. 892.

↑ Voici les textes : Les Constitutions (part. IV, ch. xiv, par. 1er) posent la règle : In Theologia legitur Vetus et Novum Testamentum et doctrina scolastica Divi Thomæ ; les Déclarations ajoutent en note qu’après mûre réflexion et l’approbation du général on pourrait adopter un livre plus récent de théologie scolastique quia his nostris temporibus accomodatior videretur.

↑ [Conseils.] — Ideoque cum existimaret in consanguineos ea esse dispensanda, committere debet id judicio unius, vel duorum, vel et triorum virorum qui et doctrina et pietate commendentur, et eisdem acquiescere Décl. en note des Constitutions, part. III, ch. 1, § 7).

↑ Il s’agit du chapitre 11 de la sixième partie qui défend (§ 7) de recevoir un salaire, vel eleemosynas ullas quibus missæ vel Confessiones vel Lectiones vel visitationes vel quodvis aliud officium ex us quæ Societas juxta Nostrum Institutum exercere potest, compensari videatur.

↑ Cf. Préface sur les Déclarations et Notes des Constitutions : cum non minoris sint auctoritatis quam reliquæ Constitutiones et la Première note à la Sixième Partie des Constitutions (ch. 1). Hæ primæ Déclarationes quæ simul cum Constitutionibus promulgantur eamdem quam illæ, auctoritatem habent. La dernière phrase des Constitutions est celle-ci : Quare legere vel audire easdem singulis mensibus oportebit (part. X, § 13.)

↑ Nec potest quemquam ad eleemosynas perpetuas Domibus vel Ecciesiis ejusdem Societatis relinquendas incitare ; et si aliqui sponte sua eos relinquerent, nullum jus civile ad eas petendas in judicio acquiratur (Const., part. VI, ch. ii, § 6).

↑ Nulla sit in Ecclesia arca, in qua eleemosynæ… conjici solent (Const., II, i, 8).

↑ Page 280 du manuscrit. La lecture des mots suivants est douteuse.

↑ « Oh ! mon Père, lui dis-je, toutes les commodités de la vie sont donc perdues ? » (Neuvième Provinciale.)

↑ « Ad hoc inter privatos crescunt vitæ commoditates » (p. 447 du recueil d’où sont tirées les notes du fr. 958).

↑ Ces notes ont été recueillies en vue d’une lettre que Pascal annonçait en ces termes dans la Treizième Provinciale : « L’uniformité serait plus supportable : et il n’y a rien de plus contraire aux ordres exprès de saint Ignace et de vos premiers généraux que ce mélange confus de toutes sortes d’opinions. Je vous en parlerai peut-être quelques jours, mes Pères ; et on sera surpris de voir combien vous êtes déchus du premier esprit de votre institut, et que vos propres généraux ont prévu que le dérèglement de votre doctrine dans la morale pourrait être funeste non seulement à votre Société, mais encore à l’Église universelle. » Dans le sixième Factum pour les curés de Paris, il revient sur ce projet.

↑ M. Molinier lit était.

↑ Cf. Faug., I, 293 et 300 ; Hav., Prov., 295 ; Mol., Prov., 109 ; Mich., 260.

↑ [Nos constitutions nous font mendiants.]

↑ M. Molinier exclus.

↑ Cf. fr. 926, page 360, notes 2 et 3

↑ Cf. fr. 925, page 358, note 4

↑ Renvoi au texte des thèses de Louvain (1645) que Pascal cite dans la xve Provinciale et qui est déjà visé dans le fr. 921.

↑ [1614.]

↑ Cf. fr. 925, page 359, note 2.

↑ Page 98 du manuscrit.

↑ Saint Jean Climaque dont Arnauld d’Andilly avait traduit l’Échelle Sainte.

↑ Voir la discussion de cette thèse dans le Cinquième Factum pour les curés de Paris.

↑ Cf. Faug., I, 294 ; Mol., Prov., 113 ; Mich., 578.

↑ Les textes latins d’une main étrangère, vraisemblablement d’Arnauld, comme l’avait indiqué Faugère, les réflexions en français de la main de Pascal. Notes prises du recueil des Lettres des généraux de la Société de Jésus, paru à Anvers, en 1635 sous ce titre : Epistolæ præpositorum Generalium ad Patres et Fratres Societatis Jesu. — Atque hi longe falluntur qui, cum aliquem sibi levem ac futilem conceptum efformarint, tum sanctos Patres in eum solum finem evolvunt ut reperiant quo sua commenta confirmare queant, quasi vero utilius expeditiusque non foret ex ipsis augustissimis fontibus aquas haurire quæ nullo postea negotio, quo potissimum expediat, deriventur, sua ipsorum verba, tum auditorum pectora irrigaturæ.

↑ Arnauld avait d’abord écrit 378 et ajouté en marge cette réflexion : [Cette citation ne se trouve pas.]

↑ Arnauld avait écrit 387, puis il ajoute ces réflexions : [Celle-ci non plus. Elles étaient 373, 389 ; elles sont écrites toutes deux]. Quamvis enim probe norim, quæ Dei est indulgentia, vigere in Societatis quasi corpore illum quo initio animata est etiamnum spiritum, planeque perspiciem non superstitem modo, sed robustum esse præterea et vividum ; tamen, quod quisque diligit, perfectum omnibus numeris optat et absolutum.

↑ Dolet ac queritur vulgo societas de nostra sane quam multum imminutum esse modestia.

↑ Parenthèse : sacrificio Missæ (cujus lex ne dimidiata minus hora teneat, jam pæne dilapsa, eorum qui præsunt desidiam acriter reprehendit).

↑ Ita feram illam immanemque belluam quam Politicam appellamus, domo exterminabimus ; quæ, vocibus quidem omnium proripere se jubentium clamoribusque configitur, nostras tamen in insidiis obsidet perpetuo fores ; atque utinam ne ad nostram interdum perniciem etiam irrumpat.

↑ Ad extremum pervelim, ut parum propensas in nos hominum voluntates querelasque quibus nos exagitant, toto pectore retractemus… quandoquidem proprio Societatis infortunio, seu potius privata quadam insignique felicitate, singulorum dicta vel facta omnibus tribuuntur ; ut jam non Petrum seu Paulum, sed hosce in universum homines ejusmodi esse circumferatur.

↑ C’est une page et demie de la lettre de Mutius Vitelleschus qui est ici indiquée par Arnauld ; elle énumère les plaintes contre les Jésuites : querimoniæ porro communiores ad hæc capita revocantur ; et conclut l’énumération des remèdes qui y obvient par ces mots : statimque haud amplius vulgo nos censeri superbos deprehendetis. Voici le passage retenu par Pascal : Episcopis… unicum illud in hoc genere B. Xaverii exemplar perpetuo contuentes, intimam ex animo submissionem atque observantiam deferamus. Ne umbram quidem nostra seu dicta seu facta præferant, unde oboriri suspicio queat audere nos cum iis pæne ex æquo contendere.

↑ Ad hæc si a litibus abhorrebimus… testamentis condendis interesse ex regularum nostrarum præscripto recusabimus… quis nos insimulare valeat aviditatis ?

↑ [Videbitur.] — Arnauld indique encore une page entière à Pascal. Voici le début, la fin, avec les passages retenus : « Patris Borgiæ, sanctæ memoriæ, conquestio illa cessabit : Quam multi veniunt ad nos, ut fiant divitiores ; quam pauci, ut sint meliores… aliena seu dicta, seu facta, nunc amplificata augent… haud scio an dicendum sit, res neque gestas unquam, neque per somnium quidem oblatas comminiscuntur et jactant… Fatemurque venenosæ hujus atque execrabilis plantæ fibris evulsis terrestrem quamdam paradisum illam futuram.

↑ Ita res domesticas, non optimi interdum exempli, sæcularibus nequaquam indicabimus, magno ipsorum detrimento, nostræque existimationis majore jactura… O si renovatam hoc in genere Societatem daretur intueri, omnis tunc sane animi ardore inclamarem : Nunc dimittis, etc.

↑ Quarto nonnullorum ex Societate sententiæ, in rebus præsertim ad mores spectantibus, plus nimio libere, non modo periculum est ne ipsam evertant, sed ne Ecclesiæ etiam Dei universæ insignia afferant detrimenta. Omne itaque studio perficiant et qui docent scribuntve, minime hac regula et norma in delectu sententiarum utantur : Tueri quis potest ; probabilis est ; auctore non caret : verum ad eas sententias accedant, quæ tutiores, quæ graviores, majorisque nominis Doctorum suffragiis sunt frequentatæ, quæ bonis moribus conducunt magis, quæ denique pietatem alere, et prodesse quæunt, non vastare, non perdere. Quoniam vero Constitutiones, Decreta, Regulas, probe callent, de S. Thoma sequendo, de non provehendis ad cathedras, aut etiam removendis, qui ejusmodi doctrinam parvi facere, aut cordi non habere præ se ferunt, præsertim si novitatum amantes deprehendantur, qui nulla sunt ratione ferendi, reliquum mihi præterea nihil est nisi, ut hæc ipsa serventur, uti maximi rem momenti quam ardentissime possum urgere. — Nous avons cité cette page tout entière pour l’intérêt capital qu’y trouvait Pascal d’opposer aux Jésuites la condamnation formelle de leur probabilisme, prononcée par un de leurs Généraux.

↑ Quoniam vero de loquendi licentia conquestus sum meumque communi in epistola sensum exposui, non agam pluribus ; illud tantum adjicio, facere me non posse quin vehemente admirer qui fiat ut, cum adeo frequenter nostris in tridiniis poenæ pro noxis in leges admissis infiigentur, hæc una culpa (quæ tamen e gravioribus est latissime patet, crebro contrahitur) aut nunquam, aut raro plectatur.

↑ [Perficiat.] Arnauld avait d’abord limité la citation à une longue phrase qui commence ainsi : Nec sane dubium quin si mentis oculos convertamus ad illam Domini dexteram omnipotentem, quæ tam brevi temporis spatio a tam exili tenuique principio Societatem nostram ad tantam provexit amplitudinem… et qui finit : sperare possimus ac debeamus fore ut illa ipsa manus quæ Societatem instituit, eamdem custodiat atque perficiat. Il a ajouté la contre-partie : « Atenim si altera ex parte conjiciatur oculos in materiam ipsam, ex qua corpus hoc constat, scilicet in personas tot, tamque diversarum nationum, affectionum, morum, voluntatum ; jure timendum est ne nostra culpa regularum sanctarum disrupta sepe, dicatur aliquando : Exterminavit eam aper de silva et singularis ferus depastus est eam… Atque utinam iste ex parte nihil jam detrimenti [Societas] acceperit. »

↑ Tum ardentissime ipsum exoremus ut eam quam plantavit dextera sua perficere omni ex parte dignetur, quantumvis denuo foret opus illo miraculo, quod olim per Ezechiel operari non est gravatus : Et tu fili… (En marge : Cap. 37).

↑ Secundum caput, quod multa nobis ac gravia damna minatur, est defectus sanctæ obedientiæ, quem in plerisque non raro experimur, dum agitur de ministerio, de loco, aliave re quæ minus arrideat aut convenire putetur miseræ illi existimationi, quam in humilitatis domo (quod pudendum est) tanti facimus.

↑ Hæc profecto una si nobis deficiet obedientia, jure nobis ab aliqua imminente ruina timendum erit… Imo, quod est dolendum magis, non deest qui ut eo quo intendit perveniat patronos et intercessores tam intra quam extra Societatem, perquirat, majori cum jactura boni nominis, graviorique offensione tum domi, tum foris, quam facile credat qui hæc molitur.

↑ Ex hoc namque vitio, ut liquet, paulatim inducitur altera longe major deformitas, nimirum ut aliqua hujus corporis membra non modo sibi munia usurpent aliis assignata membris ejusdem corporis… sed etiam in se recipiant eorum officiorum ac negotiorum tractationem quæ sint a Societatis corpore penitus abhorrentia, et ab ejusdem instituto aliena… Non est quod quisquam mihi dicet : « Nollem id ego quidem, mi Pater ; sed eo me adigit Dominus ille aut Princeps »… Et vero plus satis mihi compertum est ideo velle Principes quia velis ; ideo Societati esse importunos, quia te illis importunum præbeas.

↑ Spectabit tertium caput ad suavissimum castitatis votum… Neve liceat cum significatione doloris et conquestionis exclamare : Quomodo obscuratum est aurum, mutatus est color optimus ?

↑ De paupertate aliquid etiam dicendum esset… Reperitur nempe qui laxiores in hac materia evocet opiniones ac divulget ; atque utinam illæ pariter non adversentur veritati ?

↑ Nobilis quidem Roma, ubi aliquandiu moratus erat reversus in patriam et interrogatus a suis quid omnium vidisset Romæ pulcherrimum planissime respondit : Societatem Jesu. O quam vellem his nostris temporibus liceret idipsum affirmare non solum de Urbe Romana, sed de aliis quoque, ubi sedem ac domicilium Societas nostra collocabit.

↑ Faxit Deus, ne præcipua ejus rei causa nostro Superiorum exemplo… In recreationibus, in vineis, aliisque oblectamentis negari non potest quin appareat excessus multaque superfluitas… Quid tandem facturum est si ejusmodi [religiosæ vitæ] exercitationes aut omittantur aut adeo negligenter oscitanterque obeantur ut perinde sit aque si prætermitterentur ?

Blaise Pascal Pensées Texte établi par Léon Brunschvicg, Hachette, 1925 (Œuvres de Blaise Pascal, vol. XII, p. 3-7).

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MÉMORIAL 1 DE PASCAL

†

L’an de grâce 1654,

Lundi, 23 novembre, jour de saint Clément, pape et martyr, et autres au martyrologe 2 ,

veille de saint Chrysogone martyr, et autres,

Depuis environ dix heures et demie du soir jusques environ minuit et demi,

Feu.

Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob 3 ,

non des 4 philosophes et des savants.

Certitude 5 . Certitude. Sentiment 6 . Joie. Paix.

7 Dieu de Jésus-Christ.

Deum meum et Deum vestrum 8 .

« Ton Dieu sera mon Dieu 9 . »

Oubli du monde et de tout, hormis Dieu.

Il ne se trouve que par les voies enseignées 10 dans l’Évangile.

Grandeur de l’âme humaine.

« Père juste, le monde ne t’a point 11 connu, mais je t’ai connu 12 . »

Joie 13 , joie, joie, pleurs de joie.

Je m’en suis séparé :

Dereliquerunt me fontem aquæ vivæ 14 .

« Mon Dieu, me quitterez-vous 15 ? »

Que je n’en sois pas séparé éternellement.

« Cette est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ 16 . »

Jésus-Christ.

Jésus-Christ.

Je m’en suis séparé ; je l’ai fui, renoncé, crucifié.

Que je n’en sois jamais séparé.

Il ne se conserve que par les voies enseignées dans l’Évangile :

Renonciation totale et douce 17

Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur 18 .

Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre.

Non obliviscar sermones tuos 19 . Amen 20 .

↑ « Peu de jours après la mort de M. Pascal, dit le père Guerrier, un domestique de la maison s’aperçut par hasard que dans la doublure du pourpoint de cet illustre défunt il y avait quelque chose qui paraissait plus épais que le reste, et ayant décousu cet endroit pour voir ce que c’était, il y trouva un petit parchemin plié et écrit de la main de M. Pascal, et dans ce parchemin un papier écrit de la même main : l’un était une copie fidèle de l’autre. Ces deux pièces furent aussitôt mises entre les mains de Mme Périer qui les fit voir à plusieurs de ses amis particuliers. Tous convinrent qu’on ne pouvait pas douter que ce parchemin, écrit avec tant de soin et avec des caractères si remarquables, ne fût une espèce de Mémorial qu’il gardait très soigneusement pour conserver le souvenir d’une chose qu’il voulait avoir toujours présente à ses yeux et à son esprit, puisque depuis huit ans il prenait soin de le coudre et découdre à mesure qu’il changeait d’habits. » Nous n’avons plus le parchemin original ; mais la copie de la main de Pascal a été jointe au recueil de la Bibliothèque Nationale, avec les attestations de l’abbé Périer, accompagnée elle-même d’une attestation qui est de la même date. « Je soussigné, prêtre, chanoine de l’église de Clermont, certifie que le papier de l’autre part collé sur cette feuille est écrit de la main de M. Pascal, mon oncle, et fut trouvé après sa mort cousu dans son pourpoint sous la doublure, avec une bande de parchemin où étaient écrits les mêmes mots et en la même forme qu’ils sont ici copiés. Fait à Paris ce 25 septembre mil sept cent onze, Périer. » En tête du recueil se trouve encore la copie dont l’abbé Périer fait mention (nous la désignons par C), et dans les additions faites en 1864 au manuscrit original figure après la page 495 une autre copie manuscrite, comme il en a été fait un grand nombre au commencement du xviiie siècle (nous la désignons par C’). — Le mémorial de Pascal a été publié pour la première fois dans le recueil de 1740 connu sous le nom de Recueil d’Utrecht (p. 269). Condorcet a trouvé piquant d’ajouter à ses Pensées de Pascal ce qu’il appelle une « amulette mystique », en même temps que les « vers galants » de Fontenay-le-Comte.

↑ C romain.

↑ Et ait : Ego sum Deus patris tui, Deus Abraham, Deus Isaac et Deus Jacob. Abscondit Moyses faciem suam : non enim audebat aspicere contra Deum (Exode, III, 6). Cf. Math., XXII, 32. « Ego sum Deus Abraham et Deus Isaac et Deus Jacob. » Non est Deus mortuorum, sed viventium.

↑ Première rédaction du manuscrit et C : philosophes et savants.

↑ C joie, certitude, sentiment, vue, joie.

↑ C’ vue, joie, paix.

↑ [Dieu de Jésus-Christ.]

↑ C et C’ ajoutent : Joh., XX, 17. — Voici le verset : Dicit ei Jésus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : Vade autem ad fratres meos, et die eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum ; Deum meum et Deum vestrum.

↑ C et C’ ajoutent Ruth. Cf. I, 16 : Populus tuus populus meus, et Deus tuus Deus meus.

↑ [Par.]

↑ [Connu [connu.]

↑ C et C’ ajoutent Jean, XVII. Voir le verset 25 : Pater juste, mundus te non cognovit, ego autem te cognovi, et hi cognoverunt, quia tu me misisti.

↑ C et pleurs.

↑ Jérémie, II, 13.

↑ Et circa horam nonam clamavit Jesus voce magna, dicens : Eli, Eli, lamma sabacthani ? hoc est Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me ? Math., XXVII, 46.

↑ Hæc est autem vita æterna, ut cognoscant te solum Deum verum, et quem misisti Jesum Christum. Joan., XVII, 3.

↑ La Copie autographe donne etc. à la place de ces dernières lignes que nous connaissons seulement par la copie de l’abbé Périer ; encore l’abbé Périer ajoute-t-il en marge : « On n’a pu voir distinctement que certains mots de ces deux lignes. » À propos de ces deux lignes, Faugère a trouvé dans les manuscrits du père Guerrier (IIIe Recueil, p. 214) une note du 1er février 1732 qui en expliquerait l’histoire (cf. Recueil d’Utrecht, p. 260). Le père Guerrier avait été intrigué de ne pas retrouver ces lignes dans le commentaire en 21 pages in-fo qu’avait rédigées, peu de temps après la mort de Pascal un carme, ami de la famille Périer, mais seulement dans un commentaire en 2 pages in-4 : qui avait été ajouté postérieurement par Marguerite Périer : « Je fus hier, 31 janvier 1732, chez Mlle Périer pour lui montrer l’écrit du carme et lui demander raison de l’addition faite à celui de M. Pascal et au commentaire de ce religieux. Elle me dit qu’on avait omis ces deux lignes parce qu’elles étaient fort barbouillées dans l’original et presque effacées en sorte que ce religieux n’avait pas pu les lire. Quoi qu’il en soit, l’addition n’a été faite, comme je l’ai appris de cette demoiselle, que trente ans après la mort de M. Pascal. En un mot, ces deux lignes ont été plutôt devinées que lues. Il faut encore remarquer qu’il n’y en avait pas la moindre trace dans le parchemin, et que c’est seulement dans le papier qu’on a trouvé ces caractères presque effacés. » Cette explication ne lève pas toute difficulté ; à examiner de près la Copie autographe de la Bibliothèque Nationale, il n’apparaît pas qu’on ait coupé le papier pour en détacher les dernières lignes, ni ajouté l’etc. pour en marquer la place. Il y a donc lieu de supposer, avec Faugère, que dans le récit fait soixante-dix ans après la mort de Pascal il s’est glissé une confusion entre le parchemin original et la copie autographe que Pascal y avait jointe ; c’est le parchemin qui était selon toute vraisemblance le plus complet et, aussi le plus « effacé ».

↑ Le mot est éclairé par la lettre que Jacqueline adressait à Mme Périer le 20 janvier 1655. Elle y insiste sur les difficultés que faisait Pascal à accepter M. Singlin comme directeur : « quoiqu’il ne pût penser à d’autres, néanmoins la défiance qu’il avait de lui-même faisait qu’il craignait de se tromper par trop d’affection, non pas dans les qualités de la personne, mais sur la vocation dont il ne voyait pas de marques certaines, n’étant pas son pasteur naturel. Je vis clairement que ce n’était qu’un reste d’indépendance caché dans le fond du cœur qui faisait arme de tout pour éviter un assujettissement qui ne pouvait être que parfait dans les dispositions où il était ». Elle lui rappelle « que M. de Genève avait conseillé de choisir un directeur entre dix mille, c’est-à-dire tel qu’on le préférerait à dix mille. » Et plus loin elle ajoute : « Il n’a rien perdu à sa directrice ; car M. Singlin, qui a demeuré en cette ville pendant tout ce temps, l’a pourvu d’un directeur dont il est tout ravi ; aussi est-il de bonne race. » C’était M. le Maître de Saci.

↑ In justificationibus tuis meditabor : non obliviscar sermones tuos. Psaume CXVIII, 16. — C’est le psaume de Pascal, comme en témoigne Mme Périer : « Il avait un amour sensible pour l’office divin, mais surtout pour les petites Heures, parce qu’elles sont composées du psaume CXVIII, dans lequel il trouvait tant de choses admirables, qu’il sentait de la délectation à le réciter. Quand il s’entretenait avec ses amis de la beauté de ce psaume, il se transportait en sorte qu’il paraissait hors de lui-même ; et cette méditation l’avait rendu si sensible à toutes les choses par lesquelles on tâche d’honorer Dieu, qu’il n’en négligeait pas une. »

↑ D’après la copie de l’abbé Périer une croix, entourée de rayons de feu, était figurée sur l’original à la fin du Mémorial, comme aussi en tête de la page.

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