Polyeucte martyr (page 4)

Pierre Corneille · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — éd. Masson 1887 · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

PAULINE.

Il le doit ; mais, hélas ! où me renvoyez-vous ?

Et quels tristes hasards ne court point mon époux,

Si de son inconstance il faut qu’enfin j’espère

Le bien que j’espérois de la bonté d’un père ?

FÉLIX.

Je vous en fais trop voir, Pauline, à consentir

Qu’il évite la mort par un prompt repentir.

Je devois même peine à des crimes semblables ;

Et, mettant différence entre ces deux coupables,

J’ai trahi la justice à l’amour paternel ;

Je me suis fait pour lui moi-même criminel,

Et j’attendois de vous, au milieu de vos craintes,

Plus de remerciements que je n’entends de plaintes.

PAULINE.

De quoi remercier qui ne me donne rien ?

Je sais quelle est l’humeur et l’esprit d’un chrétien.

Dans l’obstination jusqu’au bout il demeure :

Vouloir son repentir, c’est ordonner qu’il meure.

FÉLIX.

Sa grâce est en sa main, c’est à lui d’y rêver.

PAULINE.

Faites-la tout entière.

FÉLIX.

Faites-la tout entière.Il la peut achever.

PAULINE.

Ne l’abandonnez pas aux fureurs de sa secte.

FÉLIX.

Je l’abandonne aux lois, qu’il faut que je respecte.

PAULINE.

Est-ce ainsi que d’un gendre un beau-père est l’appui ?

FÉLIX.

Qu’il fasse autant pour soi comme je fais pour lui.

PAULINE.

Mais il est aveuglé.

FÉLIX.

Mais il est aveuglé.Mais il se plaît à l’être.

Qui chérit son erreur ne la veut pas connoître.

PAULINE.

Mon père, au nom des dieux…

FÉLIX.

Mon père, au nom des dieux…Ne les réclamez pas,

Ces dieux dont l’intérêt demande son trépas.

PAULINE.

Ils écoutent nos vœux.

FÉLIX.

Ils écoutent nos vœux.Eh bien ! qu’il leur en fasse.

PAULINE.

Au nom de l’empereur dont vous tenez la place…

FÉLIX.

J’ai son pouvoir en main ; mais, s’il me l’a commis,

C’est pour le déployer contre ses ennemis.

PAULINE.

Polyeucte l’est-il ?

FÉLIX.

Polyeucte l’est-il ?Tous chrétiens sont rebelles.

PAULINE.

N’écoutez point pour lui ces maximes cruelles ;

En épousant Pauline il s’est fait votre sang.

FÉLIX.

Je regarde sa faute, et ne vois plus son rang.

Quand le crime d’État se mêle au sacrilège,

Le sang ni l’amitié n’ont plus de privilège.

PAULINE.

Quel excès de rigueur !

FÉLIX.

Quel excès de rigueur !Moindre que son forfait.

PAULINE.

Ô de mon songe affreux trop véritable effet !

Voyez-vous qu’avec lui vous perdez votre fille ?

FÉLIX.

Les dieux et l’empereur sont plus que ma famille.

PAULINE.

La perte de tous deux ne vous peut arrêter !

FÉLIX.

J’ai les dieux et Décie ensemble à redouter.

Mais nous n’avons encore à craindre rien de triste.

Dans son aveuglement pensez-vous qu’il persiste ?

S’il nous sembloit tantôt courir à son malheur,

C’est d’un nouveau chrétien la première chaleur.

PAULINE.

Si vous l’aimez encor, quittez cette espérance

Que deux fois en un jour il change de croyance :

Outre que les chrétiens ont plus de dureté,

Vous attendez de lui trop de légèreté.

Ce n’est point une erreur avec le lait sucée,

Que sans l’examiner son âme ait embrassée

Polyeucte est chrétien parce qu’il l’a voulu,

Et vous portoit au temple un esprit résolu.

Vous devez présumer de lui comme du reste :

Le trépas n’est pour eux ni honteux ni funeste ;

Ils cherchent de la gloire à mépriser nos dieux ;

Aveugles pour la terre, ils aspirent aux cieux ;

Et, croyant que la mort leur en ouvre la porte,

Tourmentés, déchirés, assassinés, n’importe,

Les supplices leur sont ce qu’à nous les plaisirs,

Et les mènent au but où tendent leurs désirs ;

La mort la plus infâme, ils l’appellent martyre.

FÉLIX.

Eh bien donc ! Polyeucte aura ce qu’il désire :

N’en parlons plus.

PAULINE.

N’en parlons plus.Mon père…

Scène IV.

FÉLIX, ALBIN, PAULINE, STRATONICE.

FÉLIX.

N’en parlons plus. Mon père…Albin, en est-ce fait ?

ALBIN.

Oui, seigneur ; et Néarque a payé son forfait.

FÉLIX.

Et notre Polyeucte a vu trancher sa vie ?

ALBIN.

Il l’a vu, mais hélas ! avec un œil d’envie.

Il brûle de le suivre, au lieu de reculer ;

Et son cœur s’affermit, au lieu de s’ébranler.

PAULINE.

Je vous le disois bien. Encore un coup, mon père,

Si jamais mon respect a pu vous satisfaire,

Si vous l’avez prisé, si vous l’avez chéri…

FÉLIX.

Vous aimez trop, Pauline, un indigne mari.

PAULINE.

Je l’ai de votre main : mon amour est sans crime ;

Il est de votre choix la glorieuse estime ;

Et j’ai, pour l’accepter, éteint le plus beau feu

Qui d’une âme bien née ait mérité l’aveu.

Au nom de cette aveugle et prompte obéissance

Que j’ai toujours rendue aux lois de la naissance,

Si vous avez pu tout sur moi, sur mon amour,

Que je puisse sur vous quelque chose à mon tour !

Par ce juste pouvoir à présent trop à craindre,

Par ces beaux sentiments qu’il m’a fallu contraindre,

Ne m’ôtez pas vos dons ; ils sont chers à mes yeux,

Et m’ont assez coûté pour m’être précieux.

FÉLIX.

Vous m’importunez trop : bien que j’aie un cœur tendre,

Je n’aime la pitié qu’au prix que j’en veux prendre ;

Employez mieux l’effort de vos justes douleurs ;

Malgré moi m’en toucher, c’est perdre et temps et pleurs ;

J’en veux être le maître, et je veux bien qu’on sache

Que je la désavoue alors qu’on me l’arrache.

Préparez-vous à voir ce malheureux chrétien,

Et faites votre effort quand j’aurai fait le mien.

Allez ; n’irritez plus un père qui vous aime,

Et tâchez d’obtenir votre époux de lui-même.

Tantôt jusqu’en ce lieu je le ferai venir :

Cependant quittez-nous, je veux l’entretenir.

PAULINE.

De grâce, permettez…

FÉLIX.

De grâce, permettez…Laissez-nous seuls, vous dis-je ;

Votre douleur m’offense autant qu’elle m’afflige.

À gagner Polyeucte appliquez tous vos soins ;

Vous avancerez plus en m’importunant moins.

Scène V.

FÉLIX, ALBIN.

FÉLIX.

Albin, comme est-il mort ?

ALBIN.

Albin, comme est-il mort ?En brutal, en impie,

En bravant les tourmens, en dédaignant la vie,

Sans regret, sans murmure, et sans étonnement,

Dans l’obstination et l’endurcissement,

Comme un chrétien enfin, le blasphème à la bouche.

FÉLIX.

Et l’autre ?

ALBIN.

Et l’autre ?Je l’ai dit déjà, rien ne le touche.

Loin d’en être abattu, son cœur en est plus haut ;

On l’a violenté pour quitter l’échafaud :

Il est dans la prison où je l’ai vu conduire ;

Mais vous êtes bien loin encor de le réduire.

FÉLIX.

Que je suis malheureux !

ALBIN.

Que je suis malheureux !Tout le monde vous plaint.

FÉLIX.

On ne sait pas les maux dont mon cœur est atteint ;

De pensers sur pensers mon âme est agitée,

De soucis sur soucis elle est inquiétée ;

Je sens l’amour, la haine, et la crainte et l’espoir,

La joie et la douleur tour à tour l’émouvoir ;

J’entre en des sentiments qui ne sont pas croyables :

J’en ai de violens, j’en ai de pitoyables ;

J’en ai de généreux qui n’oseroient agir ;

J’en ai même de bas, et qui me font rougir.

J’aime ce malheureux que j’ai choisi pour gendre,

Je hais l’aveugle erreur qui le vient de surprendre ;

Je déplore sa perte, et le voulant sauver,

J’ai la gloire des dieux ensemble à conserver ;

Je redoute leur foudre et celui de Décie,

Il y va de ma charge, il y va de ma vie.

Ainsi tantôt pour lui je m’expose au trépas,

Et tantôt je le perds pour ne me perdre pas.

ALBIN.

Décie excusera l’amitié d’un beau-père ;

Et d’ailleurs Polyeucte est d’un sang qu’on révère.

FÉLIX.

À punir les chrétiens son ordre est rigoureux ;

Et plus l’exemple est grand, plus il est dangereux :

On ne distingue point quand l’offense est publique ;

Et lorsqu’on dissimule un crime domestique,

Par quelle autorité peut-on, par quelle loi,

Châtier en autrui ce qu’on souffre chez soi ?

ALBIN.

Si vous n’osez avoir d’égard à sa personne,

Écrivez à Décie afin qu’il en ordonne.

FÉLIX.

Sévère me perdroit si j’en usois ainsi :

Sa haine et son pouvoir font mon plus grand souci.

Si j’avois différé de punir un tel crime,

Quoiqu’il soit généreux, quoiqu’il soit magnanime,

Il est homme, et sensible, et je l’ai dédaigné ;

Et de tant de mépris son esprit indigné,

Que met au désespoir cet hymen de Pauline,

Du courroux de Décie obtiendroit ma ruine.

Pour venger un affront tout semble être permis,

Et les occasions tentent les plus remis.

Peut-être (et ce soupçon n’est pas sans apparence)

Il rallume en son cœur déjà quelque espérance ;

Et, croyant bientôt voir Polyeucte puni,

Il rappelle un amour à grand’peine banni.

Juge si sa colère, en ce cas implacable,

Me feroit innocent de sauver un coupable,

Et s’il m’épargneroit, voyant par mes bontés

Une seconde fois ses desseins avortés.

Te dirais-je un penser indigne, bas et lâche ?

Je l’étouffe, il renaît ; il me flatte et me fâche :

L’ambition toujours me le vient présenter,

Et tout ce que je puis, c’est de le détester.

Polyeucte est ici l’appui de ma famille ;

Mais si, par son trépas, l’autre épousoit ma fille,

J’acquerrois bien par là de plus puissans appuis,

Qui me mettroient plus haut cent fois que je ne suis.

Mon cœur en prend par force une maligne joie :

Mais que plutôt le ciel à tes yeux me foudroie,

Qu’à des pensers si bas je puisse consentir,

Que jusque-là ma gloire ose se démentir !

ALBIN.

Votre cœur est trop bon, et votre âme trop haute.

Mais vous résolvez-vous à punir cette faute ?

FÉLIX.

Je vais dans la prison faire tout mon effort

À vaincre cet esprit par l’effroi de la mort ;

Et nous verrons après ce que pourra Pauline.

ALBIN.

Que ferez-vous enfin, si toujours il s’obstine ?

FÉLIX.

Ne me presse point tant ; dans un tel déplaisir

Je ne puis que résoudre, et ne sais que choisir.

ALBIN.

Je dois vous avertir, en serviteur fidèle,

Qu’en sa faveur déjà la ville se rebelle,

Et ne peut voir passer par la rigueur des lois

Sa dernière espérance et le sang de ses rois.

Je tiens sa prison même assez mal assurée ;

J’ai laissé tout autour une troupe éplorée ;

Je crains qu’on ne la force.

FÉLIX.

Je crains qu’on ne la force.Il faut donc l’en tirer,

Et l’amener ici pour nous en assurer.

ALBIN.

Tirez-l’en donc vous-même, et d’un espoir de grâce

Apaisez la fureur de cette populace.

FÉLIX.

Allons, et s’il persiste à demeurer chrétien,

Nous en disposerons sans qu’elle en sache rien.

ACTE QUATRIÈME.

Scène I.

POLYEUCTE, CLÉON, trois autres gardes.

POLYEUCTE.

Gardes, que me veut-on ?

CLÉON.

Gardes, que me veut-on ? Pauline vous demande.

POLYEUCTE.

Ô présence, ô combat que surtout j’appréhende !

Félix, dans la prison j’ai triomphé de toi,

J’ai ri de ta menace, et t’ai vu sans effroi :

Tu prends pour t’en venger de plus puissantes armes ;

Je craignois beaucoup moins tes bourreaux que ses larmes.

Seigneur, qui vois ici les périls que je cours,

En ce pressant besoin redouble ton secours ;

Et toi qui, tout sortant encor de la victoire,

Regardes mes travaux du séjour de la gloire,

Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi,

Prête du haut du ciel la main à ton ami.

Gardes, oseriez-vous me rendre un bon office ?

Non pour me dérober aux rigueurs du supplice :

Ce n’est pas mon dessein qu’on me fasse évader ;

Mais comme il suffira de trois à me garder,

L’autre m’obligeroit d’aller querir Sévère ;

Je crois que sans péril on peut me satisfaire :

Si j’avois pu lui dire un secret important,

Il vivroit plus heureux, et je mourrois content.

CLÉON.

Si vous me l’ordonnez, j’y cours en diligence.

POLYEUCTE.

Sévère à mon défaut fera ta récompense.

Va, ne perds point de temps, et reviens promptement.

CLÉON.

Je serai de retour, seigneur, dans un moment.

Scène II.

POLYEUCTE.

(Les gardes se retirent aux coins du théâtre.)

Source délicieuse, en misères féconde,

Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés ?

Honteux attachements de la chair et du monde,

Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés ?

Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :

Toute votre félicité,

Sujette à l’instabilité,

En moins de rien tombe par terre ;

Et, comme elle a l’éclat du verre,

Elle en a la fragilité.

Ainsi n’espérez pas qu’après vous je soupire.

Vous étalez en vain vos charmes impuissans,

Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire

Les ennemis de Dieu pompeux et florissans.

Il étale à son tour des revers équitables

Par qui les grands sont confondus ;

Et les glaives qu’il tient pendus

Sur les plus fortunés coupables

Sont d’autant plus inévitables

Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable,

Ce Dieu t’a trop longtemps abandonné les siens :

De ton heureux destin vois la suite effroyable ;

Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens.

Encore un peu plus outre, et ton heure est venue ;

Rien ne t’en sauroit garantir ;

Et la foudre qui va partir,

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par l’attente du repentir.

Que cependant Félix m’immole à ta colère ;

Qu’un rival plus puissant éblouisse ses yeux ;

Qu’aux dépens de ma vie il s’en fasse beau-père,

Et qu’à titre d’esclave il commande en ces lieux :

Je consens, ou plutôt j’aspire à ma ruine.

Monde, pour moi tu n’as plus rien :

Je porte en un cœur tout chrétien

Une flamme toute divine ;

Et je ne regarde Pauline

Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,

Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir :

De vos sacrés attraits les âmes possédées

Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir.

Vous promettez beaucoup et donnez davantage :

Vos biens ne sont point inconstans ;

Et l’heureux trépas que j’attends

Ne vous sert que d’un doux passage

Pour nous introduire au partage

Qui nous rend à jamais contens.

C’est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre,

Qui m’allez faire voir Pauline sans la craindre.

Je la vois : mais mon cœur, d’un saint zèle enflammé,

N’en goûte plus l’appas dont il étoit charmé ;

Et mes yeux, éclairés des célestes lumières,

Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières.

Scène III.

POLYEUCTE, PAULINE ; gardes.

POLYEUCTE.

Madame, quel dessein vous fait me demander ?

Est-ce pour me combattre, ou pour me seconder ?

Cet effort généreux de votre amour parfaite

Vient-il à mon secours, vient-il à ma défaite ?

Apportez-vous ici la haine, ou l’amitié,

Comme mon ennemie, ou ma chère moitié ?

PAULINE.

Vous n’avez point ici d’ennemi que vous-même ;

Seul vous vous haïssez, lorsque chacun vous aime ;

Seul vous exécutez tout ce que j’ai rêvé :

Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé.

À quelque extrémité que votre crime passe,

Vous êtes innocent si vous vous faites grâce.

Daignez considérer le sang dont vous sortez,

Vos grandes actions, vos rares qualités ;

Chéri de tout le peuple, estimé chez le prince,

Gendre du gouverneur de toute la province ;

Je ne vous compte à rien le nom de mon époux,

C’est un bonheur pour moi qui n’est pas grand pour vous

Mais après vos exploits, après votre naissance,

Après votre pouvoir, voyez notre espérance ;

Et n’abandonnez pas à la main d’un bourreau

Ce qu’à nos justes vœux promet un sort si beau.

POLYEUCTE.

Je considère plus ; je sais mes avantages,

Et l’espoir que sur eux forment les grands courages.

Ils n’aspirent enfin qu’à des biens passagers,

Que troublent les soucis, que suivent les dangers ;

La mort nous les ravit, la fortune s’en joue ;

Aujourd’hui dans le trône, et demain dans la boue ;

Et leur plus haut éclat fait tant de mécontens,

Que peu de vos Césars en ont joui longtemps.

J’ai de l’ambition, mais plus noble et plus belle :

Cette grandeur périt, j’en veux une immortelle,

Un bonheur assuré, sans mesure et sans fin,

Au-dessus de l’envie, au-dessus du destin.

Est-ce trop l’acheter que d’une triste vie

Qui tantôt, qui soudain me peut être ravie ;

Qui ne me fait jouir que d’un instant qui fuit,

Et ne peut m’assurer de celui qui le suit…

PAULINE.

Voilà de vos chrétiens les ridicules songes ;

Voilà jusqu’à quel point vous charment leurs mensonges ;

Tout votre sang est peu pour un bonheur si doux !

Mais, pour en disposer, ce sang est-il à vous ?

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