Premiers Analytiques (page 25)

Aristote · Philosophie

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Premiers Analytiques · 37 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

FIN DES PREMIERS ANALYTIQUES. (suite)

↑ Là où, cependant, il semblerait convenir le mieux, c’est-à-dire, les définitions.

↑ Éléments des démonstrations, Démonstrations, pris encore ici pour syllogismes, comme au début du chapitre, § 3. — Les points à considérer ; les antécédents, les conséquents et les répugnants.

↑ Il faut remarquer ici cette indication très nette, donnée par l’auteur lui-même, des trois parties de ce premier livre. La première renferme l’origine, la formation du syllogisme ; la seconde, la découverte du syllogisme ; et la troisième, l’analyse proprement dite. Ainsi, la théorie porte d’abord sur les transformations de toute espèce que le syllogisme peut recevoir suivant la quantité, la qualité et la modalité des propositions : en second lieu, vient la méthode pour découvrir, deux termes étant donnés, le moyen qui doit les unir syllogistiquement puis enfin, le raisonnement étant présenté sous sa forme habituelle et vulgaire, il s’agit de le ramener aux formules régulières des figures et des modes. Formation du syllogisme, découverte du moyen syllogistique, analyse en syllogisme, tels sont, d’après Aristote même, les sujets des trois sections, distingués plus tard avec une parfaite raison par les commentateurs. — Théophraste, comme nous rapprend Alexandre, avait composé un ouvrage spécial sur le sujet de cette troisième section : l’Analyse des syllogismes. Voir plus haut, ch. 1, § 1.

↑ En grandes parties, Les propositions sont des parties plus grandes que les termes, puisqu’elles sont des composés dont les termes ne sont que les éléments.

↑ Négligé de les donner toutes deux, Comme dans les enthymèmes ou les raisonnements enthymématiques. Voir liv. 2, ch. 27.

↑ Et l’on croit qu’il y a syllogisme, la forme n’est pas régulière ; mais, au fond, il y a conséquence nécessaire. Il faut donc rétablir tous les termes et les propositions intermédiaires particulières, qui ont été omises. — Par exemple, Voici tout le raisonnement : Il n’y a pas syllogisme dans les propositions suivantes, bien qu’il y ait conclusion nécessaire : Ce qui n’est pas substance étant détruit, la substance n’est pas détruite ; or, les parties étant détruites, le tout qu’elles forment est détruit ; Donc les parties de la substance sont elles-mêmes substance. On sait bien ici, d’une manière confuse, que la conclusion est nécessaire ; mais, pour s’en rendre clairement compte, il faut rétablir les intermédiaires, et remettre les propositions sous leur vraie forme. Voici alors le syllogisme évident : Tout ce dont la destruction entraîne la destruction de la substance, est substance aussi ; or, les parties de la substance étant détruites, la substance est détruite ; Donc les parties de la substance sont substance comme elle. — Qu’on suppose encore, Voici ce faux syllogisme qui est hypothétique : S’il y a animal, il y a substance ; or, s’il y a homme, il y a animal ; Donc nécessairement l’homme étant, il y a substance. Le syllogisme régulier serait : Tout animal est substance, tout homme est animal ; donc tout homme est substance.

↑ Après l’analyse en propositions, vient l’analyse des propositions elles-mêmes en termes : du composé, il faut passer au simple.

↑ Ceci ressort de la définition même du moyen dans les trois figures. Voir plus haut, ch. 4, 5 et 6.

↑ Le moyen est sujet du majeur et attribut du mineur, dans la première figure : attribut des deux, dans la seconde, et sujet des deux, dans la troisième. — Que le moyen occupait. Voir ch. 4, 5, 6, les règles appliquées aux trois figures.

↑ Sans moyen terme, pas de syllogisme possible.

↑ Voir chap. 26, §§ 2 et suiv. — Dans plusieurs figures, comme la conclusion particulière affirmative, et les deux négatives, universelle et particulière. L’universelle affirmative ne se trouve que dans une seule figure, la première, Barbara ; et ne peut être donnée par les autres.

↑ La ressemblance dans la forme des termes, La ressemblance dans la forme fait souvent confondre les termes universels et les termes indéfinis. Il en résulte que la proposition indéterminée est vraie, tandis que la même proposition, prise universellement, devient fausse.

↑ Il faut supposer ici, ce que ne dit pas expressément Aristote, que les propositions AB, BC sont indéterminées ; car, autrement, le syllogisme serait régulier.

↑ L’exemple donné ici doit paraître assez bizarre. Il est à croire, comme le suppose Pacius, que cet exemple était vulgaire au temps d’Aristote, et que les sophistes en faisaient ordinairement usage dans leurs discussions. — Imaginable, c’est-à-dire, que l’intelligence peut concevoir quand elle veut. Voici le syllogisme entier : Aristomène imaginable est toujours ; or, Aristomène est Aristomène imaginable ; Donc Aristomène est toujours, conclusion fausse ; car Aristomène est mortel. Pour qu’il y eût syllogisme régulier, il faudrait que la majeure fût universelle : Tout Aristomène imaginable est toujours, et alors elle serait fausse. — Avec des termes de cette forme, c’est-à-dire, indéterminés, ch. 24, § 1.

↑ Cet exemple est aussi bizarre que le précédent, et Aristote l’emploie sans doute pour les mêmes raisons. Miccale, musicien, mourra, c’est-à-dire, que Miccale mourra comme musicien, ou, en d’autres termes, qu’il cessera d’être musicien. Voici le syllogisme entier : Micalle, musicien, mourra demain ; or, Miccale est Micalle musicien ; Donc Miccale mourra demain, conclusion fausse car on lui suppose une vie beaucoup plus longue. Pour que le syllogisme fût régulier, il faudrait que la majeure fût universelle ; et alors elle serait fausse. Alexandre propose, comme exemple plus clair, celui qui suit : A bon, B commode, C plaisir ; A est attribué à B, c’est-à-dire que le commode est bon ; B est dit de C, car le plaisir est commode ; mais on ne peut conclure A de C, c’est-à-dire que le plaisir est bon, parce que bon n’a pas été attribué à tout ce qui est commode universellement. L’attribution a été tout indéterminée.

↑ L’erreur vient uniquement de ce qu’on confond l’universel et l’indéterminé, séparés par une nuance très faible d’expression, qu’on ne doit pas cependant négliger.

↑ Voici le syllogisme entier dans la première figure, Celarent : Il est nécessaire que la santé ne soit à aucune maladie : la maladie est à tout homme ; Donc il est nécessaire que la santé ne soit à aucun homme, conclusion fausse. Elle est modale nécessaire d’après les règles posées au chap. 9, § 2. — Qui expriment la disposition, c’est-à-dire, les termes abstraits de : maladie, santé. — Il n’y aura plus de syllogisme, sous-entendu : apparent, c’est-à-dire qu’on verra sur-le-champ la fausseté du syllogisme. Le voici : Il est nécessaire qu’aucun malade ne soit bien portant : tout homme est malade ; Donc il est nécessaire qu’aucun homme ne soit bien portant, conclusion fausse qui résulte de la fausseté même de la majeure ; car le malade n’est pas nécessairement malade puisqu’il peut recouvrer la santé. — Si l’on ne fait pas ce changement, Si l’on garde les termes abstraits, la conclusion vraie est modale contingente : Il se peut que la santé ne soit à aucun homme, et non point absolue.

↑ Cette erreur est également possible dans la seconde figure en Cesare : Il est nécessaire que la santé ne soit à aucune maladie : il se peut quel la santé soit à tout homme ; Donc la maladie n’est à aucun homme. Ici encore on découvrira la fausseté de la majeure, en prenant les termes concrets : sain, malade, au lieu des termes abstraits : santé, maladie, car la majeure alors sera fausse, comme ci-dessus.

↑ Dans la troisième figure, il faut que le moyen soit sujet des deux termes. Les deux termes sont ici des contraires, le même sujet pourra bien les recevoir tour à tour : mais dans la conclusion ils ne pourront être l’un à l’autre, c’est-à-dire que la conclusion sera fausse avec les deux prémisses vraies ; c’est qu’on aura pris les termes abstraits au lieu des concrets. Ainsi en Darapti : Il se peut que la santé soit à tout homme : il se peut que la maladie soit à tout homme ; Donc il se peut que la santé soit à quelque maladie, conclusion fausse. En remettant les termes concrets, le syllogisme sera vrai de tout point : Il se peut que tout homme soit sain : il se peut que tout homme soit malade : Donc il se peut que quelque malade soit sain. — Remarque précédente. Plus haut, ch. 20, § 2, il a été établi que de deux prémisses contingentes dans la troisième figure, sortait toujours une conclusion contingente, vraie comme elles ; et ici la conclusion est fausse ; c’est que les termes sont mal énoncés.

↑ En permutant ceux qui expriment la disposition, c’est-à-dire, en prenant les adjectifs au lieu des substantifs abstraits. — Le dérivé de la disposition… sain à santé, malade à maladie. Voir § 3

↑ Les termes ne peuvent pas toujours être représentés par des mots distincts et uniques ; ce sera parfois une proposition tout entière, une définition, qu’il faudra prendre pour terme. Ainsi dans ce syllogisme : Tout triangle a ses angles équivalents à deux droits ; l’isocèle est un triangle ; Donc l’isocèle a ses angles équivalents à deux droits. Il serait impossible de prendre pour terme, dans la majeure un mot unique ; il faut prendre la notion tout entière que les trois angles de tout triangle sont égaux à deux droits. Or, cette proposition elle-même, qui sert ici de terme, pourrait être démontrée ; et en effet la géométrie la démontre. — Le moyen soit toujours rendu, Le moyen ou les extrêmes, et en général les termes soient exprimés complètement, en un seul mot.

↑ Quand on dit que le majeur est au moyen, et le moyen au mineur, il ne faut pas en conclure que de part et d’autre la forme de l’attribution soit la même. Ainsi l’attribut peut être au nominatif dans la majeure, et à tout autre cas dans la mineure ; ou réciproquement. Ceci est vrai, que la proposition soit d’ailleurs affirmative ou négative ; ainsi, Être ou n’être pas attribué, reçoit autant de sens que être ou n’être pas. En effet l’on dit aussi bien ; Telle chose est telle autre chose, au nominatif que telle chose est de telle autre chose, au génitif, ou enfin telle chose est à telle autre chose, au datif, selon les nuances de la pensée.

↑ Voici d’abord un exemple pour l’affirmation : Quand on dit que la notion des contraires est unique, c’est-à-dire que, par cela seul qu’on connaît l’un des contraires, on connaît l’autre au même instant, on représente, dans cette proposition, la notion unique par A, et les contraires par B en mettant ces deux termes au nominatif. Mais dans la proposition mise en forme, ils ne peuvent être posés ainsi, car alors on aurait : Les contraires sont une notion unique, tandis qu’on doit avoir au génitif : La notion des contraires est unique.

↑ Après avoir appliqué la règle générale à une proposition isolée, il faut l’appliquer aux propositions dans le syllogisme. — Soit attribué, Il faut ne pas perdre de vue que dans tout ce chapitre, être attribué est pris elliptiquement pour : être attribué au nominatif et non point à un cas oblique. Dans ce syllogisme : La sagesse est science ; or il y a sagesse du bien, Donc il y a science du bien, la majeure est formée d’un attribut direct au nominatif ; la mineure et la conclusion sont formées d’attributs obliques au génitif. Ainsi la conclusion n’est pas du tout dans ce cas : La science est bien ; mais la majeure seule a cette forme : La sagesse est science.

↑ Autre exemple d’un syllogisme qui diffère du précèdent en ce que c’est la mineure, au lieu de la majeure qui a un attribut direct ; la majeure, et la conclusion sont obliques. Voici les deux syllogismes, selon qu’on prend le bien, soit absolument, soit comme contraire d’un autre terme, qui serait le mal, par exemple : Il y a science d’un objet quelconque ; or le bien est un objet quelconque : Donc il y a science du bien. — Il y a science d’un contraire ; or le bien est un contraire : Donc il y a science du bien. — La conclusion est : Il y a science du bien, au génitif, et non pas au nominatif : Le bien est la science ; car c’est le bien seul avec : objet quelconque et : contraire, qui peut se mettre au nominatif. — Est tout cela, c’est-à-dire : objet quelconque et contraire, au nominatif.

↑ Autre exemple la majeure et la mineure sont obliques ; la conclusion, dans ce cas, est alors tantôt directe, tantôt oblique. Dans ce syllogisme, elle est oblique : Il y a genre de la chose dont il y a science ; or il y a science du bien : Donc il y a genre du bien. — Dans celui-ci elle est directe : La chose dont il y a science est aussi genre ; Il y a science du bien : Donc le bien est genre. — Est attribué au dernier, c’est-à-dire, le majeur est attribué au mineur, avec le nominatif, et non avec un cas oblique. Voir la remarque du § 3.

↑ Seconde partie de la règle, pour la négation, Voir § 1.

↑ Syllogismes où les deux prémisses sont obliques et la conclusion directe : Il n’y a pas mouvement de mouvement ; il y a mouvement de plaisir : Donc le plaisir n’est pas mouvement. — Il n’y a pas production de production ; il y a production de plaisir : Donc le plaisir n’est pas production. — Il y a signe du rire ; il n’y a pas signe du signe : Donc le rire n’est pas signe.

↑ Où l’on réfute la conclusion, c’est-à-dire, où la conclusion est négative et l’attribut nié, dans la seconde figure. — En montrant que le genre, Le genre signifie ici le terme moyen, qui, dans la seconde figure, est attribué aux deux termes et joue en quelque sorte, par rapport à eux, le rôle du genre par rapport aux espèces. Alexandre va même jusqu’à croire qu’il y a ici une faute de la part des éditeurs, et il pense qu’il faudrait mettre : le moyen au lieu de : le genre. — D’une façon quelconque, c’est-à-dire, soit au nominatif, soit aux cas obliques.

↑ Voici un syllogisme de la troisième figure, où les propositions sont obliques et la conclusion directe : Il n’y a pas pour la Divinité de temps opportun ; il y a occasion pour la Divinité : Donc l’occasion n’est pas le temps opportun. — Les termes sont ici, au nominatif, quand on les prend isolément ; mais dans les propositions en forme, on les met aux cas divers que réclame la pensée, comme on peut le voir dans les exemples précédents.

↑ Règle générale présentée plus explicitement. — Ou même : cet, avec homme, animal. Le masculin au lieu du neutre, quand le mot est masculin au lieu d’être neutre. En résumé, quand l’une des prémisses est à un cas oblique, conclusion est aussi à ce cas oblique ; quand les deux sont obliques, la conclusion est tantôt directe, tantôt oblique. Les termes isolés sont toujours au nominatif.

↑ Lorsqu’en cherchant à dégager par l’analyse les termes du syllogisme, on trouve une notion redoublée, il faut la confondre dans le majeur, en l’y réunissant comme une de ses parties, et ne pas la joindre au moyen non plus qu’au mineur. Notion redoublée ne doit pas s’entendre ici du moyen qui est répété dans les deux propositions. L’exemple du § suivant l’indique assez.

Tous les livres