Gargantua (page 3)
Ça ie vous prouue que me les doibuez bailler. Ego ſic argumentor.
Omnis clocha clochabilis, in clocherio clochando, clochans clochatiuo, clochare facit clochabiliter clochantes. Pariſius habet clochas. Ergo gluc, ha, ha, ha. C’eſt parlé cela. Il eſt in tertio prime en Darii ou ailleurs. Par mon ame, i’ay veu le temps que ie faiſois diables de arguer. Mais de preſent ie ne fais plus que reſuer. Et ne me fault plus dorenauant que bon vin, bon lict, le dos au feu, le ventre à table, & eſcuelle bien profonde.
Hay, domine, ie vous pry, in nomine patris & filii & ſpiritus ſancti, Amen, que vous rendez noz cloches : & Dieu vous guard de mal, & noſtre dame de ſanté, qui vivit & regnat per omnia ſecula ſeculorum, Amen. Hen, haſch, haſch, grenhenhaſch.
Verum enim vero quando quidem dubio procul. Edepol quoniam ita certe meus deus fidus, vne ville ſans cloches eſt comme vn aueugle ſans baſton, vn aſne ſans cropiere, & vne vache ſans cymbales. Iuſques à ce que nous les ayez rendues nous ne ceſſerons de crier apres vous, comme vn aueugle qui a perdu ſon baſton, de braiſler, comme vn aſne ſans cropiere, & de bramer, comme vne vache ſans cymbales.
Vn quidam latiniſateur demourant pres l’Hoſtel Dieu, diſt vne foys, allegant l’autorité d’vng Taponnus, ie faulx, c’eſtoit Pontanus, poete ſeculier, qu’il deſiroit qu’elles feuſſent de plume & le batail feuſt d’vne queue de renard : pource qu’elles luy engendroient la chronique aux tripes du cerueau, quand il compoſoit ſes vers carminiformes. Mais nac petitin petetac, ticque, torche, lorne, il feut declairé hereticque. Nous les faiſons comme de cire. Et plus n’en dict le depoſant. Valete & plaudite. Calepinus recenſui.
esté : été
Les Fanfreluches antidotees trouuees en vn monument antique. Chapitre II.
+ i ? enu le grand dompteur des Cimbres,
V■ ſant par l’aer, de peur de la rouſee,
’ ſa venue on a remply les Timbres
♀’beure fraiz, tombant par vne houſee,
= uquel quand fut la grand mere arrouſee,
Cria tout hault, hers par grace peſchez le.
Car ſa barbe eſt preſque toute embouſee :
Ou pour le moins, tenez luy vne eſchelle.
Aulcuns diſoient que leicher ſa pantoufle
Eſtoit meilleur que guaigner les pardons :
Mais il ſuruint vn affecté marroufle,
Sorti du creux ou l’on peſche aux gardons,
Qui dict, meſſieurs, pour dieu nous engardons,
L’anguille y eſt, & en ceſt eſtau muſſe.
Là trouuerez (ſi de pres regardons)
Vne grand tare, au fond de ſon aumuſſe.
Quand fut au poinct de lire le chapitre,
On n’y trouua que les cornes d’vn veau.
Ie (diſoit il) ſens le fond de ma mitre
Si froid, qu’autour me morfond le cerueau.
On l’eſchaufa d’vn parfunct de naueau
Et fut content de ſoy tenir es atres,
Pourueu qu’on feiſt vn limonier noueau
A tant de gens qui ſont acariatres.
Leur propos fut du trou de ſainct Patrice,
De Gilbathar, & de mille aultres trous :
S’on les pourroit reduire à cicatrice,
Par tel moien, que plus n’euſſent la tous :
Veu qu’il ſembloit impertinent à tous
Les veoir ainſi à chaſcun vent baiſler.
Si d’aduenture ilz eſtoient à poinct clous,
On les pourroit pour houſtage bailler.
En ceſt arreſt le courbeau fut pelé
Par Hercules : qui venoit de Libye.
Quoy ? diſt Minos, que n’y ſuis ie appellé ?
Excepté moy, tout le monde on conuie.
Et puis l’on veult que paſſe mon enuie,
A les fournir d’huytres & de grenoilles :
Ie donne au diable en quas que de ma vie
Preigne à mercy leur vente de quenoilles.
Pour les matter suruint Q. B. qui clope,
Au ſauconduict des miſtes Sanſonnetz.
Le tamiſeur, couſin du grand Cyclope,
Les maſſacra. Chaſcun mouſche ſon nez :
En ce gueret peu de bougrins ſont nez,
Qu’on n’ait berné ſus le moulin à tan.
Courrez y tous : & à l’arme ſonnez :
Plus y aurez, que n’y euſtes antan.
Bien peu apres, l’oyſeau de Iupiter
Delibera pariſer pour le pire.
Mais les voyant tant fort ſe deſpiter,
Craignit qu’on miſt ras, ius, bas, mat, l’empire :
Et mieulx ayma le feu du ciel empire
Au tronc rauir ou l’on vend les ſoretz :
Que aer ſerain, contre qui l’on conſpire,
Aſſubiectir es dictz des Maſſoretz.
Le tout conclud fut à poincte affilee,
Maulgré Até, la cuiſſe heronniere,
Qui là s’aſſiſt, voyant Pentaſilee,
Sus ſes vieux ans prinſe pour creſſonniere.
Chaſcun crioit, vilaine charbonniere,
T’apartient il toy trouuer par chemin ?
Tu la tolluz la Romaine baniere,
Qu’on auoit faict au traict du parchemin.
Ne fuſt Iuno, que deſſoubz l’arc celeſte
Auec ſon duc tendoit à la pipee :
On luy euſt faict vn tour ſi treſmoleſte
Que de tous poincts elle euſt eſté frippee.
L’accord fut tel, que d’icelle lippee
Elle en auroit deux œufz de Proſerpine,
Et ſi iamais elle y eſtoit grippee,
On la lieroit au mont de L’albeſpine.
Sept moys apres, houſtez en vingt & deux,
Cil qui iadis anihila Carthage,
Courtoyſement ſe miſt en mylieu d’eux,
Les requerent d’auoir ſon heritage.
Ou bien qu’on feiſt iuſtement le partage
Selon la loy que l’on tire au riuet,
Diſtribuent vn tatin du potage
A ſes facquins qui firent le breuet.
Mais l’an viendra, ſigné d’vn arc turquoys
De v. fuſeaulx, & troys culz de marmite,
Onquel le dos d’vn roy trop peu courtoys
Poyuré ſera ſoubz vn habit d’hermite.
O la pitié. Pour vne chattemite
Laiſſerez vous engouffrer tant d’arpens ?
Ceſſez, ceſſez, ce maſque nul n’imite.
Retirez vous au frere des ſerpens.
Ceſt an paſſé, cil qui eſt regnera
Paiſiblement auec ſes bons amis.
Ny bruſq, ny Smach lors ne dominera,
Tout bon vouloir aura ſon compromis.
Et le ſolas qui iadis fut promis
Es gens du ciel, viendra en ſon befroy.
Lors les haratz qui eſtoient eſtommis
Triumpheront en royal palefroy.
Et durera ce temps de paſſe paſſe
Iuſques à tant que Mars ayt les empas.
Puis en viendra vn qui tous aultres paſſe,
Delitieux, plaiſant, beau ſans compas.
Leuez vos cueurs : tendez à ce repas,
Tous mes feaulx. Car tel eſt treſpaſſé
Qui pour tout bien ne retourneroit pas,
Tant ſera lors clamé le temps paſſé.
Finablement celluy qui fut de cire
Sera logé au gond du Iacquemart.
Plus ne ſera reclamé, Cyre, Cyre,
Le brimbaleur, qui tient le cocquemart.
Heu, qui pourroit ſaiſir ſon bracquemart ?
Toust ſeroient netz les tintouins cabus,
Et pourroit on à fil de poulemart
Tout baffouer le maguazin d’abus.
Comment le Sophiſte emporta ſon drap, & comment il eut proces contre les aultres maiſtres.
Chapitre XX.
e Sophiſte n’eut ſi touſt acheué que Ponocrates & Eudemon s’eſclafferent de rire tant profondement, que en cuiderent rendre l’ame à Dieu, ne plus ne moins que Craſſus, voyant vn aſne couillart qui mangeoit des chardons, & comme Philemon, voyant vn aſne qui mangeoit les figues qu’on auoit apreſté pour le diſner, mourut de force de rire. Enſemble eulx, commença rire Maiſtre Ianotus, à qui mieulx mieulx, tant que les larmes leurs venoient es yeulx, par la vehemente concution de la ſubſtance du cerueau : à laquelle furent exprimees ces humiditez lachrymales, & tranſcoullees iouxte les nerfz optiques. En quoy par eulx eſtoyt Democrite heraclitizant & Heraclyte democritizant repreſenté.
Ces rys du tout ſedez, conſulta Gargantua auecques ſes gens ſur ce qu’eſtoit de faire. Là feut Ponocrates d’aduis qu’on feiſt reboyre ce bel orateur. Et veu qu’il leurs auoit donné de paſſetemps & plus faict rire que n’euſt Songecreux, qu’on luy baillaſt les dix pans de ſaulcice mentionnez en la ioyeuſe harangue, auecques vne paire de chauſſes, troys cens de gros boys de moulle, vingt & cinq muitz de vin, vn lict, à triple couche de plume anſerine, & vne eſcuelle bien capable & profonde, leſquelles diſoit eſtre à ſa vieilleſſe neceſſaires.
Le tout fut faiſt ainſi que auoit eſté deliberé, excepté que Gargantua, doubtant que on ne trouuaſt à l’heure chauſſes commodes pour ſes iambes : doubtant auſſy de quelle façon mieulx duyroient audict orateur, ou à la martingualle qui eſt vn pont leuis de cul, pour plus aiſement fianter, ou à la mariniere pour mieulx ſoulaiger les roignons, ou à la Souice pour tenir chaulde la bedondaine, ou à queue de merluz de peur d’eſchauffer les reins : luy feiſt liurer ſept aulnes de drap noir, & troys de blanchet pour la doubleure. Le boys feut porté par les guaingnedeniers, les maiſtres es ars porterent les ſaulcices & eſcuelles. Maiſtre Ianot voulut porter le drap.
Vn deſdictz maiſtres, nommé Maiſtre Iouſſe Bandouille, luy remonſtroit que ce n’eſtoit honeſte ny decent ſon eſtat, & qu’il le baillaſt à quelq’vn d’entre eulx.
Ha (diſt Ianotus) Baudet, Baudet, tu ne concluds poinct in modo & figura. Voylà de quoy ſeruent les ſuppoſitions & parua logicalia. Panus pro quo ſupponit ? Confuſe (diſt Bandouille) & diſtributiue. Ie ne te demande pas (diſt Ianotus), Baudet, quo modo ſupponit, mais pro quo : c’eſt Baudet, pro tibiis meis. Et pour ce le porteray ie egomet, ſicut ſuppoſitum portat adpoſitum. Ainſi l’emporta en tapinois, comme feiſt Patelin ſon drap.
Le bon feut quand le touſſeux, glorieuſement, en plein acte tenu chez les Mathurins, requiſt ſes chauſſes & ſaulcices : car peremptoirement luy feurent deniez, par autant qu’il les auoit eu de Gargantua, ſelon les informations ſur ce faictes. Il leurs remonſtra que ce auoit eſté de gratis & de ſa liberalité, par laquelle ilz n’eſtoient mie abſoubz de leurs promeſſes.
Ce nonobſtant, luy fut reſpondu qu’il ſe contentaſt de raiſon, & que aultre bribe n’en auroit.
Raiſon ? (diſt Ianotus), nous n’en vſons poinct ceans. Traiſtres malheureux, vous ne valez rien. La terre ne porte gens plus meſchans que vous eſtes, ie le ſçay bien : ne clochez pas deuant les boyteux. I’ai exercé la meſchanceté auecques vous. Par la ratte Dieu, ie aduertiray le Roy des enormes abus que ſont forgez ceans, & par voz mains & meneez. Et que ie ſoye ladre s’il ne vous faict tous vifz bruſler comme bougres, traiſtres, hereticques & ſeducteurs, ennemys de dieu & de vertus.
A ces motz, prindrent articles contre luy, luy, de l’aultre coſté, les feiſt adiourner. Somme, le proces fut retenu par la court, & y eſt encores. Les magiſtres, ſur ce poinct, feirent veu de ne ſoy deſcroter, maiſtre Ianot, auecques ſes adherens feiſt veu de ne ſe mouſcher, iuſques à ce qu’en feuſt dict par arreſt definitif.
Par ces veuz ſont iuſques à preſent demourez & croteux & morueux, car la court n’a encores bien grabelé toutes les pieces. L’arreſt ſera donné es prochaines Calendes Grecques. C’eſt à dire : iamais. Comme vous ſçauez qu’ilz font plus que nature & contre leurs articles propres. Les articles de Paris chantent que dieu ſeul peult faire choſes infinies. Nature rien ne faict immortel : car elle mect fin & periode à toutes choſes par elle produictes. Car omnia orta cadunt, %c. Mais ces aualleurs de frimars font les proces dauant eux pendens & infiniz, & immortelz. Ce que faiſans, ont donné lieu & verifié le dict de Chilon Lacedemonien, conſacré en Delphes, diſant miſere eſtre compaigne de proces & gens playdoiens miſerables. Car plus toſt ont fin de leur vie que de leur droict pretendu.
esté : été
L’eſtude de Gargantua, ſelon la diſcipline de ſes precepteurs Sophiſtes.
Chapitre XXI.
es premiers iours ainſi paſſez & les cloches remiſes en leur lieu, les citoyens de Paris, par recongnoiſſance de ceſte honneſteté, ſe offrirent d’entretenir & nourrir ſa iument tant qu’il luy plairoit. Ce que Gargantua print bien à gré. Et l’enuoyerent viure en la foreſt de Biere. Ie croy qu’elle n’y ſoyt plus maintenant.
Ce faict, voulut de tout ſon ſens eſtudier à la diſcretion de Ponocrates, mais icelluy, pour le commencement, ordonna qu’il feroit à ſa maniere accouſtumee : affin d’entendre par quel moyen, en ſi long temps, ſes antiques precepteurs l’auoient rendu tant fat, niays & ignorant.
Il diſpenſoit doncques ſon temps en telle façon, que ordinairement il s’eſueilloit entre huyt & neuf heures, feuſt iour ou non : ainſi l’auoient ordonné ſes regens antiques, alleguans ce que dict Dauid : Vanum eſt vobis ante lucem ſurgere.
Puis ſe guambayoit, penadoit, & paillardoit parmy le lict quelque temps pour mieulx eſbaudir ſes eſperitz animaulx, & ſe habiloit ſelon la ſaiſon, mais voluntiers portoit il vne grande & longue robbe de groſſe frize fourree de renards : apres ſe peignoit du peigne de Almain, c’eſtoit des quatre doigtz & le poulce. Car ſes precepteurs diſoient que ſoy aultrement pigner, lauer, & nettoyer eſtoit perdre temps en ce monde.
Puis fiantoit, piſſoyt, rendoyt ſa gorge, rottoit, pettoyt, baiſloyt, crachoyt, touſſoyt, ſangloutoyt, eſternuoit, & ſe moruoyt en archidiacre, & deſieunoyt pour abatre la rouzee & mauluais aer : belles tripes frites, belles charbonnades, beaulx iambons, belles cabirotades & forces ſoupes de prime.
Ponocrates luy remonſtroit que tant ſoubdain ne debuoit repaiſtre au partir du lict, ſans auoir premierement faict quelque exercice. Gargantua reſpondit. Quoy ? N’ay ie faict ſuffiſant exercice ? Ie me ſuis vaultré ſix ou ſept tours parmi le lict dauant que me leuer. Ne eſt ce aſſez ? Le pape Alexandre ainſi faiſoit, par le conſeil de ſon medicin Iuif : & veſquit iuſques à la mort en deſpit des enuieux : mes premiers maiſtres me y ont acouſtumé, diſans que le deſieuner faiſoit bonne memoire, pour tant y beuuoient les premiers. Ie m’en trouue fort bien & n’en diſne que mieulx.
Et me diſoit Maiſtre Tubal (qui feut premier de ſa licence à Paris) que ce n’eſt tout l’aduantaige de courir bien touſt, mais bien de partir de bonne heure : auſſi n’eſt ce la ſanté totale de noſtre humanité boyre à tas, à tas, à tas, comme canes, mais ouy bien de boyre matin.
Vnde verſus
Leuer matin n’eſt poinct bon heur,
Boire matin eſt le meilleur.
Apres auoir bien à poinct deſieuné, alloit à l’egliſe, & luy pourtoit on dedans vn grand penier vn gros breuiaire empantophlé, peſant, tant en greſſe que en fremoirs & parchemin, poy plus poy moins, vnze quintaulx ſix liures. Là oyoit vingt & ſix ou trente meſſes, ce pendent venoit ſon diſeur d’heures en place empaletocqué comme vne duppe, & treſbien antidoté ſon alaine à force ſyrop vignolat. Auecques icelluy marmonnoit toutes ces kyrielles : & tant curieuſement les eſpluchoit qu’il n’en tomboit vn ſeul grain en terre.
Au partir de l’egliſe, on luy amenoit ſur vne traine à beufz vn faratz de patenoſtres de Sainct Claude, auſſi groſſes chaſcune qu’eſt le moulle d’vn bonnet, et, ſe pourmenant par les cloiſtres, galeries ou iardin, en diſoit plus que ſeze hermites.
Puis eſtudioit quelque meſchante demye heure, les yeulx aſſis deſſus ſon liure, mais (comme dict le Comicque) ſon ame eſtoit en la cuyſine.
Piſſant doncq plein vrinal, ſe aſſeoyt à table. Et par ce qu’il eſtoit naturellement phlegmaticque, commençoit ſon repas par quelques douzeines de iambons, de langues de beuf fumees, de boutargues, d’andouilles, & telz aultres auant coureurs de vin.
Ce pendent quatre de ſes gens luy gettoient en la bouche, l’vn apres l’aultre, continuement, mouſtarde à pleines palerees. Puis beuuoit vn horrificque traict de vin blanc pour luy ſoulaiger les roignons. Apres, mangeoit, ſelon la ſaiſon, viandes à ſon appetit, & lors ceſſoit de manger quand le ventre luy tiroit.
A boyre n’auoit poinct fin ny canon, car il diſoit que les metes & bournes de boyre eſtoient quand, la perſonne beuuant, le liege de ſes pantoufles enfloit en hault d’vn demy pied.
esté : été
Les Ieux de Gargantua.
Chapitre XXII.
vis, tout lordement grignotant d’vn tranſon de graces, ſe lauoit les mains de vin frais, s’eſcuroit les dens auec vn pied de porc & deuiſoit ioyeuſement auec ſes gens : puis le verd eſtendu l’on deſployoit force chartes, force dez, & renfort de tabliers. Là iouoyt,
Au flux A la condemnade
A la prime A la charte virade
A la vole Au maucontent
A la pille Au lanſquenet
A la triumphe Au cocu
A la picardie A qui a ſi parle
Au cent A pille, nade, iocque, fore
A l’eſpinay A mariaige
A la malheureuſe Au gay
Au fourby A l’opinion
A paſſe dix A qui faict l’vng faict l’aultre
A trente & vng
A pair & ſequence A la ſequence
A troys cens Au luettes
Au malheureux Au tarau
A coquinbert qui gaigne perd Aux pingres
A la bille
Au beliné Au ſauatier
Au torment Au hybou
A la ronfle Au dorelot du lieure
Au glic A la tirelitantaine
Aux honneurs A cochonnet va deuant
A la mourre Aux pies
Aux eſchetz A la corne
Au renard Au beuf violé
Au marelles A la cheueche
Au vaſches A ie te pinſe ſans rire
A la blanche A picoter
A la chance A deferrer l’aſne
A trois dez A laiau tru
Au tables Au bourry bourry zou
A la nicnocque A ie m’aſſis
Au lourche A la barbe d’oribus
A la renette A la bouſquine
Au barignin A tire la broche
Au trictrac A la boutte foyre
A toutes tables A compere, preſtez moy voſtre ſac
Au tables rabatues
Au reniguebieu A la couille de belier
Au forcé A boute hors
Aux dames A figues de Marſeille
A la babou A la mouſque
A primus ſecundus A l’archer tru
Au pied du couſteau A eſcorcher le renard
Aux clefz A la ramaſſe
Au franc du carreau Au croc madame
A pair ou non A vendre l’auoine
A croix ou pille A ſouffler le charbon
Aux martres Au reſponſailles
Au iuge vif, & iuge mort A cline muzete
A tirer les fers du four Au picquet
Au fault villain A la blancque
Aux cailleteaux Au furon
Au boſſu aulican A la ſeguete
A ſainct trouué Au chaſtelet
A pinſe morille A la rengee
Au poirier A la fouſſete
A pimpompet Au ronflart
Au triori A la trompe
Au cercle Au moyne
A la truye Au tenebry
A ventre contre ventre A l’eſbahy
Aux combes A la ſoulle
A la vergette A la nauette
Au palet A feſſart
Au i’en ſuis Au ballay
A foucquet A ſainct Coſme, ie te viens adorer
Aux quilles
Au rapeau A eſcharbot le brun
A la boulle plate A ie vous prens ſans verd
Au vireton A bien & beau s’en va quareſme
Au picquarome
A rouchemerde Au cheſne forchu
A angenart Au cheuau fondu
A la courte boulle A la queue au loup
A la grieſche A pet en gueulle
A la recoquillette A Guillemin ballie my ma lance
Au caſſepot
A montalent A la brandelle
A la pyrouete Au treſeau
Aux ionchees Au bouleau
Au court baſton A la mouſche
Au pyreuollet A la migne, migne beuf
Au propous A la cheueche
A neuf mains Aux eſcoublettes enraigees
Au chapifou A la beſte morte
Aux pontz cheuz A monte monte l’eſchelette
A colin bridé Au pourceau mory
A la grolle A cul ſallé
Au cocquantin Au pigonnet
A Colin maillard Au tiers
A myrelimofle A la bouree
A mouſchart Au fault du buiſſon
Au crapault A croyzer
A la croſſe A la cutte cache
Au piſton A la maille bourſe en cul
Au bille boucquet Au nid de la bondree
Aux roynes Au paſſauant
Aux meſtiers A la figue
A teſte à teſte becheuel A pillemouſtarde
Au pinot Au petarrades
A male mort A cambos
Aux croquinolles A la recheute
A lauer la coiffe ma dame Au picandeau
Au beluſteau A crocqueteſte
A ſemer l’auoyne A la grolle
A briffault A la grue
Au molinet A taillecoup
A defendo Aux nazardes
A la vireuouſte Aux allouettes
A la bacule Aux chinquenaudes
Au laboureur
Apres auoir bien ioué, ſeſſé, paſſé & beluté temps, conuenoit boire quelque peu, c’eſtoient vnze peguadz pour homme, & ſoubdain apres bancqueter, c’eſtoit ſus vn beau banc ou en beau plein lict s’eſtendre & dormir deux ou troys heures ſans mal penſer, ny mal dire.