Athalie (page 3)
Le grand prêtre vers moi s’avance avec fureur :
Pendant qu’il me parlait, ô surprise ! ô terreur !
J’ai vu ce même enfant dont je suis menacée,
Tel qu’un songe effrayant l’a peint à ma pensée.
Je l’ai vu : son même air, son même habit de lin,
Sa démarche, ses yeux, et tous ses traits enfin ;
C’est lui-même. Il marchait à côté du grand prêtre ;
Mais bientôt à ma vue on l’a fait disparaître.
Voilà quel trouble ici m’oblige à m’arrêter,
Et sur quoi j’ai voulu tous deux vous consulter.
Que présage, Mathan, ce prodige incroyable ?
MATHAN.
Ce songe et ce rapport, tout me semble effroyable…
ATHALIE.
Mais cet enfant fatal, Abner, vous l’avez vu :
Quel est-il ? de quel sang, et de quelle tribu ?
ABNER.
Deux enfants à l’autel prêtaient leur ministère :
L’un est fils de Joad, Josabeth est sa mère ;
L’autre m’est inconnu.
MATHAN.
L’autre m’est inconnu. Pourquoi délibérer ?
De tous les deux, madame, il se faut assurer.
Vous savez pour Joad mes égards, mes mesures ;
Que je ne cherche point à venger mes injures ;
Que la seule équité règne en tous mes avis ;
Mais lui-même après tout, fût-ce son propre fils,
Voudrait-il un moment laisser vivre un coupable ?
ABNER.
De quel crime un enfant peut-il être capable ?
MATHAN.
Le ciel nous le fait voir un poignard à la main :
Le ciel est juste et sage, et ne fait rien en vain.
Que cherchez-vous de plus ?
ABNER.
Que cherchez-vous de plus ? Mais sur la foi d’un songe,
Dans le sang d’un enfant voulez-vous qu’on se plonge ?
Vous ne savez encor de quel père il est né,
Quel il est.
MATHAN.
Quel il est. On le craint : tout est examiné.
À d’illustres parents s’il doit son origine,
La splendeur de son sort doit hâter sa ruine ;
Dans le vulgaire obscur si le sort l’a placé,
Qu’importe qu’au hasard un sang vil soit versé ?
Est-ce aux rois à garder cette lente justice ?
Leur sûreté souvent dépend d’un prompt supplice.
N’allons point les gêner d’un soin embarrassant :
Dès qu’on leur est suspect, on n’est plus innocent.
ABNER.
Eh quoi, Mathan ? d’un prêtre est-ce là le langage ?
Moi, nourri dans la guerre, aux horreurs du carnage,
Des vengeances des rois ministre rigoureux,
C’est moi qui prête ici ma voix au malheureux !
Et vous qui lui devez des entrailles de père,
Vous, ministre de paix dans les temps de colère,
Couvrant d’un zèle faux votre ressentiment,
Le sang à votre gré coule trop lentement !
Vous m’avez commandé de vous parler sans feinte,
Madame : quel est donc ce grand sujet de crainte ?
Un songe, un faible enfant que votre œil prévenu
Peut-être sans raison croit avoir reconnu.
ATHALIE.
Je le veux croire, Abner ; je puis m’être trompée ;
Peut-être un songe vain m’a trop préoccupée.
Eh bien ! il faut revoir cet enfant de plus près ;
Il en faut à loisir examiner les traits.
Qu’on les fasse tous deux paraître en ma présence.
ABNER.
Je crains…
ATHALIE.
Je crains… Manquerait-on pour moi de complaisance ?
De ce refus bizarre où seraient les raisons ?
Il pourrait me jeter en d’étranges soupçons.
Que Josabeth, vous dis-je, ou Joad les amène.
Je puis, quand je voudrai, parler en souveraine.
Vos prêtres, je veux bien, Abner, vous l’avouer,
Des bontés d’Athalie ont lieu de se louer.
Je sais sur ma conduite et contre ma puissance
Jusqu’où de leurs discours ils portent la licence :
Ils vivent cependant, et leur temple est debout.
Mais je sens que bientôt ma douceur est à bout.
Que Joad mette un frein à son zèle sauvage,
Et ne m’irrite point par un second outrage.
Allez.
Scène VI.
ATHALIE, MATHAN, suite d’athalie.
MATHAN.
Allez. Enfin je puis parler en liberté ;
Je puis dans tout son jour mettre la vérité.
Quelque monstre naissant dans ce temple s’élève,
Reine : n’attendez pas que le nuage crève.
Abner chez le grand prêtre a devancé le jour :
Pour le sang de ses rois vous savez son amour.
Et qui sait si Joad ne veut point en leur place
Substituer l’enfant dont le ciel vous menace,
Soit son fils, soit quelque autre…
ATHALIE.
Soit son fils, soit quelque autre… Oui, vous m’ouvrez les yeux :
Je commence à voir clair dans cet avis des cieux.
Mais je veux de mon doute être débarrassée :
Un enfant est peu propre à trahir sa pensée ;
Souvent d’un grand dessein un mot nous fait juger.
Laissez-moi, cher Mathan, le voir, l’interroger.
Vous, cependant, allez ; et sans jeter d’alarmes,
À tous mes Syriens faites prendre les armes.
Scène VII.
JOAS, ATHALIE, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, ABNER, deux lévites, le chœur, suite d’athalie.
JOSABETH, aux deux lévites.
Ô vous, sur ces enfants si chers, si précieux,
Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux.
ABNER, à Josabeth.
Princesse, assurez-vous, je les prends sous ma garde.
ATHALIE.
Ô ciel ! plus j’examine et plus je le regarde…
C’est lui ! D’horreur encor tous mes sens sont saisis.
(montrant Joas.) Épouse de Joad, est-ce là votre fils ?
JOSABETH.
Qui ? lui, madame ?
ATHALIE.
Qui ? lui, madame ? Lui.
JOSABETH.
Qui ? lui, madame ? Lui. Je ne suis point sa mère.
(montrant Zacharie.) Voilà mon fils.
ATHALIE, à Joas.
Voilà mon fils. Et vous, quel est donc votre père ?
Jeune enfant, répondez.
JOSABETH.
Jeune enfant, répondez. Le ciel jusque aujourd’hui…
ATHALIE.
Pourquoi vous pressez-vous de répondre pour lui ?
C’est à lui de parler.
JOSABETH.
C’est à lui de parler. Dans un âge si tendre
Quel éclaircissement en pouvez-vous attendre ?
ATHALIE.
Cet âge est innocent ; son ingénuité
N’altère point encor la simple vérité.
Laissez-le s’expliquer sur tout ce qui le touche.
JOSABETH, tout bas.
Daigne mettre, grand Dieu, ta sagesse en sa bouche !
ATHALIE.
Comment vous nommez-vous ?
JOAS.
Comment vous nommez-vous ? J’ai nom Éliacin.
ATHALIE.
Votre père ?
JOAS.
Votre père ? Je suis, dit-on, un orphelin
Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance,
Et qui de mes parents n’eus jamais connaissance.
ATHALIE.
Vous êtes sans parents ?
JOAS.
Vous êtes sans parents ? Ils m’ont abandonné.
ATHALIE.
Comment ? et depuis quand ?
JOAS.
Comment ? et depuis quand ? Depuis que je suis né.
ATHALIE.
Ne sait-on pas au moins quel pays est le vôtre ?
JOAS.
Ce temple est mon pays ; je n’en connais point d’autre.
ATHALIE.
Où dit-on que le sort vous a fait rencontrer ?
JOAS.
Parmi des loups cruels prêts à me dévorer.
ATHALIE.
Qui vous mit dans ce temple ?
JOAS.
Qui vous mit dans ce temple ? Une femme inconnue,
Qui ne dit point son nom, et qu’on n’a point revue.
ATHALIE.
Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin ?
JOAS.
Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ?
Aux petits des oiseaux il donne leur pâture,
Et sa bonté s’étend sur toute la nature.
Tous les jours je l’invoque ; et d’un soin paternel
Il me nourrit des dons offerts sur son autel.
ATHALIE.
Quel prodige nouveau me trouble et m’embarrasse !
La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce,
Font insensiblement à mon inimitié
Succéder… Je serais sensible à la pitié !
ABNER.
Madame, voilà donc cet ennemi terrible ?
De vos songes menteurs l’imposture est visible,
À moins que la pitié qui semble vous troubler
Ne soit ce coup fatal qui vous faisait trembler.
ATHALIE, à Joas et à Josabeth.
Vous sortez ?
JOSABETH.
Vous sortez ? Vous avez entendu sa fortune :
Sa présence à la fin pourrait être importune.
ATHALIE.
(à Joas.)
Non : revenez. Quel est tous les jours votre emploi ?
JOAS.
J’adore le Seigneur ; on m’explique sa loi ;
Dans son livre divin on m’apprend à la lire ;
Et déjà de ma main je commence à l’écrire.
ATHALIE.
Que vous dit cette loi ?
JOAS.
Que vous dit cette loi ? Que Dieu veut être aimé ;
Qu’il venge tôt ou tard son saint nom blasphémé,
Qu’il est le défenseur de l’orphelin timide ;
Qu’il résiste au superbe et punit l’homicide.
ATHALIE.
J’entends. Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu,
À quoi s’occupe-t-il ?
JOAS.
À quoi s’occupe-t-il ? Il loue, il bénit Dieu.
ATHALIE.
Dieu veut-il qu’à toute heure on prie, on le contemple ?
JOAS.
Tout profane exercice est banni de son temple.
ATHALIE.
Quels sont donc vos plaisirs ?
JOAS.
Quels sont donc vos plaisirs ? Quelquefois à l’autel
Je présente au grand prêtre ou l’encens ou le sel ;
J’entends chanter de Dieu les grandeurs infinies ;
Je vois l’ordre pompeux de ses cérémonies.
ATHALIE.
Eh quoi ! vous n’avez point de passe-temps plus doux ?
Je plains le triste sort d’un enfant tel que vous.
Venez dans mon palais, vous y verrez ma gloire.
JOAS.
Moi ! des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire !
ATHALIE.
Non ! je ne vous veux pas contraindre à l’oublier.
JOAS.
Vous ne le priez point.
ATHALIE.
Vous ne le priez point. Vous pourrez le prier.
JOAS.
Je verrais cependant en invoquer un autre.
ATHALIE.
J’ai mon dieu que je sers, vous servirez le vôtre :
Ce sont deux puissants dieux.
JOAS.
Ce sont deux puissants dieux. Il faut craindre le mien.
Lui seul est Dieu, madame ; et le vôtre n’est rien.
ATHALIE.
Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule.
JOAS.
Le bonheur des méchants comme un torrent s’écoule.
ATHALIE.
Ces méchants, qui sont-ils ?
JOSABETH.
Ces méchants, qui sont-ils ? Eh, madame ! excusez
Un enfant…
ATHALIE, à Josabeth.
Un enfant… J’aime à voir comme vous l’instruisez.
Enfin, Éliacin, vous avez su me plaire ;
Vous n’êtes point sans doute un enfant ordinaire.
Vous voyez, je suis reine et n’ai point d’héritier :
Laissez là cet habit, quittez ce vil métier ;
Je veux vous faire part de toutes mes richesses ;
Essayez dès ce jour l’effet de mes promesses.
À ma table, partout à mes côtés assis,
Je prétends vous traiter comme mon propre fils.
JOAS.
Comme votre fils ?
ATHALIE.
Comme votre fils ? Oui… Vous vous taisez ?
JOAS.
Comme votre fils ? Oui… Vous vous taisez ? Quel père
Je quitterais ! et pour…
ATHALIE.
Je quitterais ! et pour… Eh bien ?
JOAS.
Je quitterais ! et pour… Eh bien ? Pour quelle mère !
ATHALIE, à Josabeth.
Sa mémoire est fidèle ; et dans tout ce qu’il dit,
De vous et de Joad je reconnais l’esprit.
Voilà comme, infectant cette simple jeunesse,
Vous employez tous deux le calme où je vous laisse.
Vous cultivez déjà leur haine et leur fureur ;
Vous ne leur prononcez mon nom qu’avec horreur.
JOSABETH.
Peut-on de nos malheurs leur dérober l’histoire ?
Tout l’univers les sait ; vous-même en faites gloire.
ATHALIE.
Oui, ma juste fureur, et j’en fais vanité,
A vengé mes parents sur ma postérité.
J’aurais vu massacrer et mon père et mon frère,
Du haut de son palais précipiter ma mère,
Et dans un même jour égorger à la fois
(Quel spectacle d’horreur !) quatre-vingts fils de rois :
Et pourquoi ? pour venger je ne sais quels prophètes
Dont elle avait puni les fureurs indiscrètes :
Et moi, reine sans cœur, fille sans amitié,
Esclave d’une lâche et frivole pitié,
Je n’aurais pas du moins à cette aveugle rage
Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage,
Et de votre David traité tous les neveux
Comme on traitait d’Achab les restes malheureux !
Où serais-je aujourd’hui si, domptant ma faiblesse,
Je n’eusse d’une mère étouffé la tendresse ;
Si de mon propre sang ma main versant des flots
N’eût par ce coup hardi réprimé vos complots ?
Enfin de votre Dieu l’implacable vengeance
Entre nos deux maisons rompit toute alliance :
David m’est en horreur ; et les fils de ce roi,
Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi.
JOSABETH.
Tout vous a réussi. Que Dieu voie, et nous juge.
ATHALIE.
Ce Dieu, depuis longtemps votre unique refuge,
Que deviendra l’effet de ses prédictions ?
Qu’il vous donne ce roi promis aux nations,
Cet enfant de David, votre espoir, votre attente…
Mais nous nous reverrons. Adieu. Je sors contente :
J’ai voulu voir ; j’ai vu.
ABNER, à Josabeth.
J’ai voulu voir, j’ai vu. Je vous l’avais promis :
Je vous rends le dépôt que vous m’avez commis.
Scène VIII.
JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, ABNER, lévites, le chœur.
JOSABETH, à Joad.
Avez-vous entendu cette superbe reine,
Seigneur ?
JOAD.
Seigneur ? J’entendais tout, et plaignais votre peine.
Ces lévites et moi, prêts à vous secourir,
Nous étions avec vous résolus de périr.
(à Joas, en l’embrassant.) Que Dieu veille sur vous, enfant dont le courage
Vient de rendre à son nom ce noble témoignage.
Je reconnais, Abner, ce service important :
Souvenez-vous de l’heure où Joad vous attend.
Et nous, dont cette femme impie et meurtrière
A souillé les regards et troublé la prière,
Rentrons ; et qu’un sang pur, par mes mains épanché,
Lave jusques au marbre où ses pas ont touché.
Scène IX.
LE CHŒUR.
UNE DES FILLES DU CHŒUR.
Quel astre à nos yeux vient de luire ?
Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux ?
Il brave le faste orgueilleux,
Et ne se laisse point séduire
À tous ses attraits périlleux.
UNE AUTRE.
Pendant que du dieu d’Athalie
Chacun court encenser l’autel,
Un enfant courageux publie
Que Dieu lui seul est éternel,
Et parle comme un autre Élie
Devant cette autre Jézabel.
UNE AUTRE.
Qui nous révélera ta naissance secrète,
Cher enfant ? Es-tu fils de quelque saint prophète ?
UNE AUTRE.
Ainsi l’on vit l’aimable Samuel
Croître à l’ombre du tabernacle :
Il devint des Hébreux l’espérance et l’oracle.
Puisses-tu, comme lui, consoler Israël !
UNE AUTRE.
Ô bienheureux mille fois
L’enfant que le Seigneur aime,
Qui de bonne heure entend sa voix,
Et que ce Dieu daigne instruire lui-même !
Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux
Il est orné dès sa naissance ;
Et du méchant l’abord contagieux
N’altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR.
Heureuse, heureuse l’enfance
Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense !
LA MÊME VOIX, seule.
Tel en un secret vallon,
Sur le bord d’une onde pure,
Croît, à l’abri de l’aquilon,
Un jeune lis, l’amour de la nature.
Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux
Il est orné dès sa naissance ;
Et du méchant l’abord contagieux
N’altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR.
Heureux, heureux mille fois
L’enfant que le Seigneur rend docile à ses lois !
UNE VOIX, seule.
Mon Dieu, qu’une vertu naissante
Parmi tant de périls marche à pas incertains !
Qu’une âme qui te cherche et veut être innocente
Trouve d’obstacle à ses desseins !
Que d’ennemis lui font la guerre !
Où se peuvent cacher tes saints ?
Les pécheurs couvrent la terre.
UNE AUTRE.
Ô palais de David, et sa chère cité,
Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité,
Comment as-tu du ciel attiré la colère ?
Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois
Une impie étrangère
Assise, hélas ! au trône de tes rois ?
TOUT LE CHŒUR.
Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois
Une impie étrangère
Assise, hélas ! au trône de tes rois ?
LA MÊME VOIX
Au lieu des cantiques charmants
Où David t’exprimait ses saints ravissements,
Et bénissait son Dieu, son Seigneur, et son père !
Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois
Louer le dieu de l’impie étrangère,
Et blasphémer le nom qu’ont adoré tes rois ?
UNE VOIX, seule.
Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore
Verrons-nous contre toi les méchants s’élever ?
Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver :
Ils traitent d’insensé le peuple qui t’adore.
Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore
Verrons-nous contre toi les méchants s’élever ?
UNE AUTRE.
Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage ?
De tant de plaisirs si doux
Pourquoi fuyez-vous l’usage ?
Votre Dieu ne fait rien pour vous.
UNE AUTRE.
Rions, chantons, dit cette troupe impie ;
De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs,
Promenons nos désirs.
Sur l’avenir insensé qui se fie !
De nos ans passagers le nombre est incertain :
Hâtons-nous aujourd’hui de jouir de la vie ;
Qui sait si nous serons demain ?
TOUT LE CHŒUR.
Qu’ils pleurent, ô mon Dieu ! qu’ils frémissent de crainte,
Ces malheureux, qui de ta cité sainte
Ne verront point l’éternelle splendeur.