Athalie (page 4)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — éd. Didot 1854 · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

C’est à nous de chanter, nous à qui tu révèles

Tes clartés immortelles ;

C’est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.

UNE VOIX, seule.

De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge,

Que leur restera-t-il ? ce qui reste d’un songe

Dont on a reconnu l’erreur.

À leur réveil, (ô réveil plein d’horreur !)

Pendant que le pauvre à ta table

Goûtera de ta paix la douceur ineffable,

Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable,

Que tu présenteras au jour de ta fureur

À toute la race coupable.

TOUT LE CHŒUR.

Ô réveil plein d’horreur !

Ô songe peu durable !

Ô dangereuse erreur !

ACTE TROISIÈME.

Scène première.

MATHAN, NABAL, le chœur.

MATHAN.

Jeunes filles, allez : qu’on dise à Josabeth

Que Mathan veut ici lui parler en secret.

UNE DES FILLES DU CHŒUR.

Mathan ! Ô Dieu du ciel, puisses-tu le confondre !

NABAL.

Eh quoi ! tout se disperse, et fuit sans vous répondre !

MATHAN.

Approchons.

Scène II.

ZACHARIE, MATHAN, NABAL.

ZACHARIE.

Approchons. Téméraire, où voulez-vous passer ?

Au-delà de ce lieu gardez-vous d’avancer :

C’est des ministres saints la demeure sacrée ;

Les lois à tout profane en défendent l’entrée.

Qui cherchez-vous ? Mon père, en ce jour solennel,

De l’idolâtre impur fuit l’aspect criminel ;

Et devant le Seigneur maintenant prosternée,

Ma mère en ce devoir craint d’être détournée.

MATHAN.

Mon fils, nous attendrons ; cessez de vous troubler.

C’est votre illustre mère à qui je veux parler ;

Je viens ici chargé d’un ordre de la reine.

Scène III.

MATHAN, NABAL.

NABAL.

Leurs enfants ont déjà leur audace hautaine.

Mais que veut Athalie en cette occasion ?

D’où naît dans ses conseils cette confusion ?

Par l’insolent Joad ce matin offensée,

Et d’un enfant fatal en songe menacée,

Elle allait immoler Joad à son courroux,

Et dans ce temple enfin placer Baal et vous.

Vous m’en aviez déjà confié votre joie ;

Et j’espérais ma part d’une si riche proie.

Qui fait changer ainsi ses vœux irrésolus ?

MATHAN.

Ami, depuis deux jours je ne la connais plus.

Ce n’est plus cette reine éclairée, intrépide,

Élevée au-dessus de son sexe timide,

Qui d’abord accablait ses ennemis surpris,

Et d’un instant perdu connaissait tout le prix :

La peur d’un vain remords trouble cette grande âme ;

Elle flotte, elle hésite ; en un mot, elle est femme.

J’avais tantôt rempli d’amertume et de fiel

Son cœur déjà saisi des menaces du ciel ;

Elle-même, à mes soins confiant sa vengeance,

M’avait dit d’assembler sa garde en diligence ;

Mais soit que cet enfant devant elle amené,

De ses parents, dit-on, rebut infortuné,

Eût d’un songe effrayant diminué l’alarme,

Soit qu’elle eût même en lui vu je ne sais quel charme,

J’ai trouvé son courroux chancelant, incertain,

Et déjà remettant sa vengeance à demain.

Tous ses projets semblaient l’un l’autre se détruire :

« Du sort de cet enfant je me suis fait instruire,

« Ai-je dit : on commence à vanter ses aïeux ;

« Joad de temps en temps le montre aux factieux,

« Le fait attendre aux Juifs comme un autre Moïse,

« Et d’oracles menteurs s’appuie et s’autorise. »

Ces mots ont fait monter la rougeur sur son front.

Jamais mensonge heureux n’eut un effet si prompt.

« Est-ce à moi de languir dans cette incertitude ?

« Sortons, a-t-elle dit, sortons d’inquiétude.

« Vous-même à Josabeth prononcez cet arrêt :

« Les feux vont s’allumer, et le fer est tout prêt ;

« Rien ne peut de leur temple empêcher le ravage,

« Si je n’ai de leur foi cet enfant pour otage. »

NABAL.

Eh bien ! pour un enfant qu’ils ne connaissent pas,

Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras,

Voudront-ils que leur temple enseveli sous l’herbe…

MATHAN.

Ah ! de tous les mortels connais le plus superbe.

Plutôt que dans mes mains par Joad soit livré

Un enfant qu’à son Dieu Joad a consacré,

Tu lui verras subir la mort la plus terrible.

D’ailleurs pour cet enfant leur attache est visible.

Si j’ai bien de la reine entendu le récit,

Joad sur sa naissance en sait plus qu’il ne dit.

Quel qu’il soit, je prévois qu’il leur sera funeste ;

Ils le refuseront : je prends sur moi le reste ;

Et j’espère qu’enfin de ce temple odieux

Et la flamme et le fer vont délivrer mes yeux.

NABAL.

Qui peut vous inspirer une haine si forte ?

Est-ce que de Baal le zèle vous transporte ?

Pour moi, vous le savez, descendu d’Ismaël,

Je ne sers ni Baal, ni le Dieu d’Israël.

MATHAN.

Ami, peux-tu penser que d’un zèle frivole

Je me laisse aveugler pour une vaine idole,

Pour un fragile bois, que, malgré mon secours,

Les vers sur son autel consument tous les jours ?

Né ministre du Dieu qu’en ce temple on adore,

Peut-être que Mathan le servirait encore,

Si l’amour des grandeurs, la soif de commander,

Avec son joug étroit pouvaient s’accommoder.

Qu’est-il besoin, Nabal, qu’à tes yeux je rappelle

De Joad et de moi la fameuse querelle,

Quand j’osai contre lui disputer l’encensoir,

Mes brigues, mes combats, mes pleurs, mon désespoir ?

Vaincu par lui, j’entrai dans une autre carrière,

Et mon âme à la cour s’attacha tout entière.

J’approchai par degrés de l’oreille des rois,

Et bientôt en oracle on érigea ma voix.

J’étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices ;

Je leur semai de fleurs les bords des précipices ;

Près de leurs passions rien ne me fut sacré ;

De mesure et de poids je changeais à leur gré.

Autant que de Joad l’inflexible rudesse

De leur superbe oreille offensait la mollesse ;

Autant je les charmais par ma dextérité :

Dérobant à leurs yeux la triste vérité :

Prêtant à leurs fureurs des couleurs favorables,

Et prodigue surtout du sang des misérables.

Enfin, au dieu nouveau qu’elle avait introduit,

Par les mains d’Athalie un temple fut construit.

Jérusalem pleura de se voir profanée ;

Des enfants de Lévi la troupe consternée

En poussa vers le ciel des hurlements affreux.

Moi seul, donnant l’exemple aux timides Hébreux,

Déserteur de leur loi, j’approuvai l’entreprise,

Et par là de Baal méritai la prêtrise ;

Par là je me rendis terrible à mon rival,

Je ceignis la tiare, et marchai son égal.

Toutefois, je l’avoue, en ce comble de gloire,

Du Dieu que j’ai quitté l’importune mémoire

Jette encore en mon âme un reste de terreur :

Et c’est ce qui redouble et nourrit ma fureur.

Heureux si, sur son temple achevant ma vengeance,

Je puis convaincre enfin sa haine d’impuissance,

Et parmi les débris, le ravage et les morts,

À force d’attentats perdre tous mes remords !

Mais voici Josabeth.

Scène IV.

JOSABETH, MATHAN, NABAL.

MATHAN.

Mais voici Josabeth. Envoyé par la reine

Pour rétablir le calme et dissiper la haine,

Princesse, en qui le ciel mit un esprit si doux,

Ne vous étonnez pas si je m’adresse à vous.

Un bruit, que j’ai pourtant soupçonné de mensonge,

Appuyant les avis qu’elle a reçus en songe,

Sur Joad, accusé de dangereux complots,

Allait de sa colère attirer tous les flots.

Je ne veux point ici vous vanter mes services :

De Joad contre moi je sais les injustices ;

Mais il faut à l’offense opposer les bienfaits.

Enfin, je viens chargé de paroles de paix.

Vivez, solennisez vos fêtes sans ombrage.

De votre obéissance elle ne veut qu’un gage :

C’est, pour l’en détourner j’ai fait ce que j’ai pu,

Cet enfant sans parents, qu’elle dit qu’elle a vu.

JOSABETH.

Éliacin ?

MATHAN.

Éliacin ? J’en ai pour elle quelque honte :

D’un vain songe peut-être elle fait trop de compte.

Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis,

Si cet enfant sur l’heure en mes mains n’est remis.

La reine impatiente attend votre réponse.

JOSABETH.

Et voilà de sa part la paix qu’on nous annonce !

MATHAN.

Pourriez-vous un moment douter de l’accepter ?

D’un peu de complaisance est-ce trop l’acheter ?

JOSABETH.

J’admirais si Mathan, dépouillant l’artifice,

Avait pu de son cœur surmonter l’injustice,

Et si de tant de maux le funeste inventeur

De quelque ombre de bien pouvait être l’auteur.

MATHAN.

De quoi vous plaignez-vous ? Vient-on avec furie

Arracher de vos bras votre fils Zacharie ?

Quel est cet autre enfant si cher à votre amour ?

Ce grand attachement me surprend à mon tour.

Est-ce un trésor pour vous si précieux, si rare ?

Est-ce un libérateur que le ciel vous prépare ?

Songez-y : vos refus pourraient me confirmer

Un bruit sourd que déjà l’on commence à semer.

JOSABETH.

Quel bruit ?

MATHAN.

Quel bruit ? Que cet enfant vient d’illustre origine ;

Qu’à quelque grand projet votre époux le destine.

JOSABETH.

Et Mathan, par ce bruit qui flatte sa fureur…

MATHAN.

Princesse, c’est à vous à me tirer d’erreur.

Je sais que, du mensonge implacable ennemie,

Josabeth livrerait même sa propre vie,

S’il fallait que sa vie à sa sincérité

Coûtât le moindre mot contre la vérité.

Du sort de cet enfant on n’a donc nulle trace ?

Une profonde nuit enveloppe sa race ?

Et vous-même ignorez de quels parents issu,

De quelles mains Joad en ses bras l’a reçu ?

Parlez, je vous écoute, et suis prêt à vous croire :

Au Dieu que vous servez, princesse, rendez gloire.

JOSABETH.

Méchant, c’est bien à vous d’oser ainsi nommer

Un Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer !

Sa vérité par vous peut-elle être attestée,

Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée,

Où le mensonge règne et répand son poison ;

Vous, nourri dans la fourbe et dans la trahison ?

Scène V.

JOAD, JOSABETH, MATHAN, NABAL.

JOAD.

Où suis-je ? de Baal ne vois-je pas le prêtre ?

Quoi ! fille de David, vous parlez à ce traître !

Vous souffrez qu’il vous parle ! et vous ne craignez pas

Que du fond de l’abîme entr’ouvert sous ses pas

Il ne sorte à l’instant des feux qui vous embrasent,

Ou qu’en tombant sur lui ces murs ne vous écrasent ?

Que veut-il ? de quel front cet ennemi de Dieu

Vient-il infecter l’air qu’on respire en ce lieu ?

MATHAN.

On reconnaît Joad à cette violence.

Toutefois il devrait montrer plus de prudence,

Respecter une reine, et ne pas outrager

Celui que de son ordre elle a daigné charger.

JOAD.

Eh bien ! que nous fait-elle annoncer de sinistre ?

Quel sera l’ordre affreux qu’apporte un tel ministre ?

MATHAN.

J’ai fait à Josabeth savoir sa volonté.

JOAD.

Sors donc de devant moi, monstre d’impiété.

De toutes tes horreurs, va, comble la mesure.

Dieu s’apprête à te joindre à la race parjure,

Abiron et Dathan, Doëg, Architophel :

Les chiens, à qui son bras a livré Jézabel,

Attendant que sur toi sa fureur se déploie,

Déjà sont à ta porte, et demandent leur proie.

MATHAN.

(Il se trouble.) Avant la fin du jour… on verra qui de nous…

Doit… Mais sortons, Nabal.

NABAL.

Doit… Mais sortons, Nabal. Où vous égarez-vous ?

De vos sens étonnés quel désordre s’empare ?

Voilà votre chemin.

Scène VI.

JOAD, JOSABETH.

JOSABETH.

Voilà votre chemin. L’orage se déclare :

Athalie en fureur demande Éliacin.

Déjà de sa naissance et de votre dessein

On commence, seigneur, à percer le mystère ;

Peu s’en faut que Mathan ne m’ait nommé son père.

JOAD.

Au perfide Mathan qui l’aurait révélé ?

Votre trouble à Mathan n’a-t-il point trop parlé ?

JOSABETH.

J’ai fait ce que j’ai pu pour m’en rendre maîtresse.

Cependant, croyez-moi, seigneur, le péril presse.

Réservons cet enfant pour un temps plus heureux.

Tandis que les méchants délibèrent entre eux,

Avant qu’on l’environne, avant qu’on nous l’arrache,

Une seconde fois souffrez que je le cache :

Les portes, les chemins, lui sont encore ouverts.

Faut-il le transporter aux plus affreux déserts ?

Je suis prête : je sais une secrète issue

Par où, sans qu’on le voie, et sans être aperçue,

De Cédron avec lui traversant le torrent,

J’irai dans le désert où jadis en pleurant,

Et cherchant comme nous son salut dans la fuite,

David d’un fils rebelle évita la poursuite.

Je craindrai moins pour lui les lions et les ours…

Mais pourquoi de Jéhu refuser le secours ?

Je vous ouvre peut-être un avis salutaire.

Faisons de ce trésor Jéhu dépositaire :

On peut dans ses États le conduire aujourd’hui,

Et le chemin est court qui mène jusqu’à lui.

Jéhu n’a point un cœur farouche, inexorable ;

De David à ses yeux le nom est favorable.

Hélas ! est-il un roi si dur et si cruel,

À moins qu’il n’eût pour mère une autre Jézabel

Qui d’un tel suppliant ne plaignît l’infortune ?

Sa cause à tous les rois n’est-elle pas commune ?

JOAD.

Quels timides conseils m’osez-vous suggérer ?

En l’appui de Jéhu pourriez-vous espérer ?

JOSABETH.

Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance ?

Ne l’offense-t-on point par trop de confiance ?

À ses desseins sacrés employant les humains,

N’a-t-il pas de Jéhu lui-même armé les mains ?

JOAD.

Jéhu, qu’avait choisi sa sagesse profonde,

Jéhu, sur qui je vois que votre espoir se fonde,

D’un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits :

Jéhu laisse d’Achab l’affreuse fille en paix,

Suit des rois d’Israël les profanes exemples,

Du vil dieu de l’Égypte a conservé les temples ;

Jéhu, sur les hauts lieux enfin osant offrir

Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir,

N’a pour servir sa cause et venger ses injures

Ni le cœur assez droit, ni les mains assez pures.

Non, non ; c’est à Dieu seul qu’il nous faut attacher.

Montrons Éliacin ; et, loin de le cacher,

Que du bandeau royal sa tête soit ornée ;

Je veux même avancer l’heure déterminée,

Avant que de Mathan le complot soit formé.

Scène VII.

JOAD, JOSABETH, AZARIAS, suivi du chœur et de plusieurs lévites.

JOAD.

Eh bien, Azarias, le temple est-il fermé ?

AZARIAS.

J’en ai fait devant moi fermer toutes les portes.

JOAD.

N’y reste-t-il que vous et vos saintes cohortes ?

AZARIAS.

De ses parvis sacrés j’ai deux fois fait le tour.

Tout a fui, tous se sont séparés sans retour,

Misérable troupeau qu’a dispersé la crainte ;

Et Dieu n’est plus servi que dans la tribu sainte.

Depuis qu’à Pharaon ce peuple est échappé,

Une égale terreur ne l’avait point frappé.

JOAD.

Peuple lâche, en effet, et né pour l’esclavage,

Hardi contre Dieu seul ! Poursuivons notre ouvrage.

Mais qui retient encor ces enfants parmi nous ?

UNE DES FILLES DU CHŒUR.

Eh ! pourrions-nous, seigneur, nous séparer de vous ?

Dans le temple de Dieu sommes-nous étrangères ?

Vous avez près de vous nos pères et nos frères.

UNE AUTRE.

Hélas ! si, pour venger l’opprobre d’Israël,

Nos mains ne peuvent pas, comme autrefois Jahel,

Des ennemis de Dieu percer la tête impie,

Nous lui pouvons du moins immoler notre vie.

Quand vos bras combattront pour son temple attaqué,

Par nos larmes du moins il peut être invoqué.

JOAD.

Voilà donc quels vengeurs s’arment pour ta querelle,

Des prêtres, des enfants, ô Sagesse éternelle !

Mais si tu les soutiens, qui peut les ébranler ?

Du tombeau, quand tu veux, tu sais nous rappeler ;

Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites.

Ils ne s’assurent point en leurs propres mérites,

Mais en ton nom sur eux invoqué tant de fois,

En tes serments jurés au plus saint de leurs rois ;

En ce temple où tu fais ta demeure sacrée,

Et qui doit du soleil égaler la durée.

Mais d’où vient que mon cœur frémit d’un saint effroi ?

Est-ce l’Esprit divin qui s’empare de moi ?

C’est lui-même ; il m’échauffe, il parle : mes yeux s’ouvrent,

Et les siècles obscurs devant moi se découvrent.

Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords,

Et de ses mouvements secondez les transports.

LE CHŒUR chante au son de toute la symphonie des instruments.

Que du Seigneur la voix se fasse entendre,

Et qu’à nos cœurs son oracle divin

Soit ce qu’à l’herbe tendre

Est, au printemps, la fraîcheur du matin.

JOAD.

Cieux, écoutez ma voix ; terre, prête l’oreille.

Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille !

Pécheurs, disparaissez : le Seigneur se réveille.

(Ici recommence la symphonie, et Joad aussitôt reprend la parole.) Comment en un plomb vil l’or pur s’est-il changé ?

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