Britannicus (page 3)
rameine : ramène
Rameinent : Ramènent
rappellant : rappelant
rappeller : rappeler
ravy : ravi
receus : reçus
recevoit : recevait
recit : récit
reciter : réciter
recompense : récompense
recompenses : récompenses
reconcilie : réconcilie
reconnoissance : reconnaissance
reconnoissant : reconnaissant
recuser : récuser
rẽdre : rendre
reduisant : réduisant
Rẽfermez : Renfermez
regards égarez : regards égarés
regler : régler
regles : règles
regne : règne
regné : régné
regner : régner
regnez : régnez
relegué : relégué
Relevoient : Relevaient
remede : remède
remors : remords
renaistre : renaître
rendrois : rendrais
renduë : rendue
renouvellé : renouvelé
renvoyoit : renvoyait
répandoit : répandait
répandroit : répandrait
répanduë : répandue
reparation : réparation
répondray : répondrai
reposeray : reposerai
reposoit : reposait
represente : représente
representer : représenter
representoit : représentait
reprocheroient : reprocheraient
repudie : répudie
repudier : répudier
reserve : réserve
reservent : réservent
reservez : réservez
resistance : résistance
resister : résister
resistiez : résistiez
resistions : résistions
ressentimens : ressentiments
restoit : restait
retenuë : retenue
retraitte : retraite
reünie : réunie
reünion : réunion
revele : révèle
reveler : révéler
revenoit : revenait
revere : révère
revestir : revêtir
revoque : révoque
Rrestez : Rrêtez
ruïne : ruine
sãg : sang
sãs : sans
sçache : sache
sçais : sais
sçait : sait
sçaura : saura
sçauriez : sauriez
sçauront : sauront
sçauver : sauver
sçavent : savent
sçavez : savez
sçavoir : savoir
Scene : Scène
SCENE : SCÈNE
sceut : sût
scû : su
sçû : su
Scyndic : Syndic
seconday : secondai
secrete : secrète
secrettement : secrètement
seditieux : séditieux
seduire : séduire
seduit : séduit
seduits : séduits
sembloient : semblaient
sembloit : semblait
Senat : Sénat
Senateurs : Sénateurs
Senecque : Sénèque
sentimens : sentiments
separé : séparé
separer : séparer
septiéme : septième
sermens : serments
seroient : seraient
severe : sévère
severité : sévérité
siecle : siècle
sincere : sincère
sincerité : sincérité
singuliere : singulière
Sõgez : Songez
Sõgiez : Songiez
soient avisez : soient avisés
soient importunez : soient importunés
soiẽt : soient
Sont allez : Sont allés
sont efforcez : sont efforcés
sont façonnez : sont façonnés
sont redoublez : sont redoublés
sont scandalisez : sont scandalisés
sont traversez : sont traversés
Souhaitez la : Souhaitez-la
souhaittay : souhaitai
souhaitte : souhaite
souhaitter : souhaiter
Souhaittez : Souhaitez
souhaittez : souhaitez
soulageoit : soulageait
Soûlever : Soulever
soûmette : soumette
soûmis : soumis
soupçõs : soupçons
soûpir : soupir
soûpirant : soupirant
soûpiroit : soupirait
soûpirs : soupirs
sous vôtre : sous votre
Soustenir : Soutenir
soûtenir : soutenir
soûtenuë : soutenue
soûtient : soutient
statuë : statue
stratagême : stratagème
succede : succède
succeder : succéder
suivroit : suivrait
suivy : suivi
sur tout lors qu : surtout lorsqu
sureté : sûreté
surprenans : surprenants
surveillans : surveillants
suy : suis
tairoient : tairaient
taist : tait
tantost : tantôt
Tãt : Tant
temeraire : téméraire
témoyns : témoins
tempeste : tempête
tenoit liez : tenait liés
tẽps : temps
Terence : Térence
theatre : théâtre
Theatre : Théâtre
Tibere : Tibère
tient enchaînez : tient enchaînés
tiray : tirai
tõber : tomber
Tost : Tôt
tost : tôt
touchans : touchants
toûjours : toujours
Toûjours : Toujours
tous écartez : tous écartés
toy : toi
Tragedie : Tragédie
TRAGEDIE : TRAGÉDIE
trãsports : transports
trẽbler : trembler
tres : très
tres capable : très capable
tres humble : très humble
tres méchant : très méchant
tres persuadé : très persuadé
tres sage : très sage
tres- : très
tresor : trésor
tresors : trésors
trompois : trompais
trompoit : trompait
trõpe : trompe
trouveroit : trouverait
trouvois : trouvais
tuë : tue
UOY : UOI
UY : UI
vaincray : vaincrai
valoit : valait
vangeance : vengeance
vanger : venger
Vangeurs : Vengeurs
vante luy : vante-lui
vêcu : vécu
vendray : vendrai
venoit : venait
veritable : véritable
veritables : véritables
verroient : verraient
veuë : vue
videant : vidant
Voicy : Voici
voicy : voici
voler par tout : voler partout
volontez : volontés
vôtre appuy : votre appui
voudrois : voudrais
voudrois tu : voudrais-tu
voudroit : voudrait
voulois : voulais
Vouloit : Voulait
voulust : voulut
vous mesme : vous-même
voyent : voient
voyoit : voyait
vrai semblables : vraisemblables
vray : vrai
vû : vu
vy : vis
yeux dessillez : yeux dessillés
yeux moüillez : yeux mouillés
yvre : ivre
zele : zèle
ACTE II.
Scène PREMIERE.
NERON, BURRHUS, NARCISSE, Gardes.
NERON.
N’EN doutez point, Burrhus, malgré ſes injuſtices,
C’eſt ma Mere, & je veux ignorer ſes caprices.
Mais je ne pretens plus ignorer ny ſouffrir
Le Miniſtre inſolent qui les oſe nourrir.
Pallas de ſes conſeils empoiſonne ma Mere ;
Il ſeduit chaque jour Britannicus mon Frere.
Ils l’écoutent luy ſeul, & qui ſuivroit leurs pas
Les trouveroit peut-eſtre aſſemblez chez Pallas.
C’en eſt trop. De tous deux il faut que je l’écarte.
Pour la derniere fois qu’il s’éloigne, qu’il parte,
Je le veux, je l’ordonne ; & que la fin du jour
Ne le retrouve pas dans Rome, ou dans ma Cour.
Allez, cét ordre importe au ſalut de l’Empire.
Vous Narciſſe, approchez. Et vous, qu’on ſe retire.
Scène II.
NERON, NARCISSE.
NARCISSE.
GRaces aux Dieux, Seigneur, Junie entre vos mains
Vous aſſure aujourd’huy du reſte des Romains.
Vos Ennemis, déchûs de leur vaine eſperance
Sont allez chez Pallas pleurer leur impuiſſance.
Mais que vois-je ? Vous-meſme inquiet, étonné,
Plus que Britannicus paroiſſez conſterné.
Que preſage à mes yeux cette triſteſſe obſcure,
Et ces ſombres regards errans à l’avanture ?
Tout vous rit. La Fortune obeït à vos vœux.
NERON. Narciſſe c’en eſt fait. Neron eſt amoureux.
NARCISSE. Vous ?
NERON. Vous ? Depuis un moment, mais pour toute ma vie,
J’aime (que dis-je aimer ?) j’idolatre Junie.
NARCISSE. Vous l’aimez ?
NERON. Vous l’aimez ? Excité d’un deſir curieux
Cette nuit je l’ay veuë arriver en ces lieux,
Triſte, levant au Ciel ſes yeux moüillez de larmes,
Qui brilloiẽt au travers des flambeaux & des armes,
Belle, ſans ornement, dans le ſimple appareil
D’une Beauté qu’on vient d’arracher au ſommeil.
Que veux-tu ? Je ne ſçay ſi cette negligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris, & le ſilence,
Et le farouche aſpect de ſes fiers raviſſeurs,
Relevoient de ſes yeux les timides douceurs.
Quoy qu’il en ſoit, ravy d’une ſi belle veuë,
J’ay voulu luy parler & ma voix s’eſt perduë :
Immobile, ſaiſi d’un long eſtonnement
Je l’ay laiſſé paſſer dans ſon appartement.
J’ay paſſé dans le mien. C’eſt là que ſolitaire
De ſon image en vain j’ay voulu me diſtraire.
Trop preſente à mes yeux je croyois luy parler
J’aimois juſqu’à ſes pleurs que je faiſois couler.
Quelquefois, mais trop tard, je luy demandois grace ;
J’employois les ſoûpirs, & meſme la menaſſe.
Voilà comme occupé de mon nouvel amour
Mes yeux ſans ſe fermer ont attendu le jour.
Mais je m’en fais peut-eſtre une trop belle image
Elle m’eſt apparuë avec trop d’avantage,
Narciſſe, qu’en dis-tu ?
NARCISSE. Narciſſe, qu’en dis-tu ? Quoy, Seigneur, croira-t-on
Qu’elle ait pû ſi long-temps ſe cacher à Neron ?
NERON. Tu le ſçais bien, Narciſſe. Et ſoit que ſa colere
M’imputaſt le mal-heur qui luy ravit ſon Frere,
Soit que ſon cœur jaloux d’une auſtere fierté
Enviaſt à nos yeux ſa naiſſante beauté,
Fidelle à ſa douleur, & dans l’ombre enfermée
Elle ſe déroboit même à ſa Renommée.
Et c’eſt cette vertu ſi nouvelle à la Cour
Dont la perſeverance irrite mon amour.
Quoy, Narciſſe ? Tandis qu’il n’eſt point de Romaine
Que mon amour n’honore & ne rende plus vaine,
Qui dés qu’à ſes regards elle oſe ſe fier
Sur le cœur de Ceſar ne les vienne eſſayer :
Seule dans ſon Palais la modeſte Junie
Regarde leurs honneurs comme une ignominie,
Fuit, & ne daigne pas peut-eſtre s’informer
Si Ceſar eſt aimable, ou bien s’il ſçait aimer ?
Dy moy : Britannicus l’aime-t-il ?
NARCISSE. Dy moy : Britannicus l’aime-t-il ? Quoy s’il l’aime,
Seigneur ?
NERON. Seigneur ? Si jeune encor ſe connoiſt-il luy même ?
D’un regard enchanteur connoiſt-il le poiſon ?
NARCISSE. Seigneur, l’amour toûjours n’attend pas la raiſon.
N’en doutez point, il l’aime. Inſtruits par tant de charmes
Ses yeux ſont déja faits à l’uſage des larmes.
A ſes moindres deſirs il ſçait s’accommoder,
Et peut-eſtre déja ſçait-il perſuader.
NERON. Que dis-tu ? Sur ſon cœur il auroit quelque empire ?
NARCISSE. Je ne ſçay. Mais, Seigneur, ce que je puis vous dire,
Je l’ay veû quelquefois s’arracher de ces lieux,
Le cœur plein d’un courroux qu’il cachoit à vos yeux,
D’une Cour qui le fuit pleurant l’ingratitude,
Las de voſtre grandeur, & de ſa ſervitude,
Entre l’impatience & la crainte flottant ;
Il alloit voir Junie, & revenoit contant.
NERON. D’autant plus malheureux qu’il aura ſçû luy plaire,
Narciſſe, il doit plûtoſt ſouhaiter ſa colere.
Neron impunément ne ſera pas jaloux,
NARCISSE. Vous ? Et de quoy, Seigneur, vous inquietez-vous ?
Junie a pû le plaindre & partager ſes peines,
Elle n’a veu couler de larmes que les ſiennes.
Mais aujourd’huy, Seigneur, que ſes yeux deſſillez
Regardant de plus prés l’éclat dont vous brillez,
Verront autour de vous les Rois ſans diadéme,
Inconnus dans la foule, & ſon Amant luy-même,
Attachez ſur vos yeux s’honorer d’un regard
Que vous aurez ſur eux fait tomber au haſard,
Quand elle vous verra de ce degré de gloire,
Venir en ſoûpirant avoüer ſa victoire,
Maiſtre n’en doutez point, d’un cœur déja charmé
Commandez qu’on vous aime, & vous ſerez aimé.
NERON. A combien de chagrins il faut que je m’appreſte !
Que d’importunitez !
NARCISSE. Que d’importunitez ! Quoy donc ? qui vous arreſte,
Seigneur ?
NERON. Seigneur ? Tout. Octavie, Agrippine, Burrhus,
Senecque, Rome entiere, & trois ans de vertus.
Non que pour Octavie un reſte de tendreſſe
M’attache à ſon hymen, & plaigne ſa jeuneſſe.
Mes yeux depuis long-temps fatiguez de ſes ſoins,
Rarement de ſes pleurs daignent eſtre témoins.
Trop heureux ſi bien-toſt la faveur d’un divorce,
Me ſoulageoit d’un joug qu’on m’impoſa par force.
Le Ciel même en ſecret ſemble la condamner.
Ses vœux depuis quatre ans ont beau l’importuner.
Les Dieux ne mõtrent point que ſa vertu les touche :
D’aucun gage, Narciſſe, ils n’honorent ſa couche.
L’Empire vainement demande un heritier.
NARCISSE. Que tardez-vous, Seigneur, à la repudier ?
L’Empire, voſtre cœur, tout condamne Octavie.
Auguſte, voſtre ayeul, ſoûpiroit pour Livie,
Par un double divorce ils s’unirent tous deux,
Et vous devez l’Empire à ce divorce heureux.
Tibere, que l’Hymen plaça dans ſa famille,
Oſa bien à ſes yeux repudier ſa Fille.
Vous ſeul juſques icy contraire à vos deſirs
N’oſez par un divorce aſſurer vos plaiſirs.
NERON. Et ne connois-tu pas l’implacable Agrippine ?
Mon amour inquiet déja ſe l’imagine,
Qui m’ameine Octavie, & d’un œil enflammé
Atteſte les ſaints droits d’un nœud qu’elle a formé,
Et portant à mon cœur des atteintes plus rudes,
Me fait un long recit de mes ingratitudes.
De quel front ſoûtenir ce fâcheux entretien ?
NARCISSE. N’eſtes vous pas, Seigneur, voſtre Maiſtre, & le ſien ?
Vous verrons-nous toûjours trẽbler ſous ſa Tutelle ?
Vivez, regnez pour vous. C’eſt trop regner pour Elle.
Craignez-vous ? Mais, Seigneur, vous ne la craignez pas.
Vous venez de bannir le ſuperbe Pallas,
Pallas, dont vous ſçavez qu’elle ſoûtient l’audace.
NERON. Eſloigné de ſes yeux j’ordonne, je menaſſe,
J’écoute vos conſeils, j’oſe les approuver,
Je m’excite contre-elle & tâche à la braver.
Mais (je t’expoſe icy mon ame toute nuë)
Si-toſt que mon mal-heur me rameine à ſa veuë,
Soit que je n’oſe encor démentir le pouvoir
De ces yeux, où j’ay lû ſi long-temps mon devoir,
Soit qu’à tant de bien-faits ma memoire fidelle,
Luy ſoûmette en ſecret tout ce que je tiens d’elle,
Mais enfin mes efforts ne me ſervent de rien,
Mon Genie étonné tremble devant le ſien.
Et c’eſt pour m’affranchir de cette dépendance
Que je la fuy par tout, que même je l’offenſe,
Et que de temps en temps j’irrite ſes ennuis
Afin qu’elle m’évite autant que je la fuis.
Mais je t’arreſte trop. Retire-toy, Narciſſe.
Britannicus pourroit t’accuſer d’artifice.
NARCISSE. Non, non, Britannicus s’abandonne à ma foy.
Par ſon ordre, Seigneur, il croit que je vous voy,
Que je m’informe icy de tout ce qui le touche
Et veut de vos ſecrets eſtre inſtruit par ma bouche.
Impatient ſur tout de revoir ſes amours
Il attend de mes ſoins ce fidelle ſecours.
NERON. J’y conſens : porte luy cette douce nouvelle :
Il la verra.
NARCISSE. Il la verra. Seigneur banniſſez-le loin d’elle.
NERON. J’ay mes raiſons, Narciſſe, & tu peux concevoir,
Que je luy vendray cher le plaiſir de la voir.
Cependant vante luy ton heureux ſtratagême.
Dy-luy qu’en ſa faveur on me trompe moy-même,
Qu’il la voit ſans mon ordre. On ouvre, la voicy.
Va retrouver ton Maiſtre & l’amener icy.
Scène III.
NERON, JUNIE.
NERON.
VOus vous troublez, Madame, & changez de viſage.
Liſez vous dans mes yeux quelque triſte preſage ?
JUNIE. Seigneur, je ne vous puis déguiſer mon erreur.
J’allois voir Octavie, & non pas l’Empereur.
NERON. Je le ſçay bien, Madame, & n’ay pû ſans envie
Apprendre vos bontez pour l’heureuſe Octavie.
JUNIE. Vous Seigneur ?
NERON. Vous Seigneur ? Penſez vous, Madame, qu’en ces lieux
Seule pour vous connoiſtre Octavie ait des yeux ?
JUNIE. Et quel autre, Seigneur, voulez-vous que j’implore ?
A qui demanderay-je un crime que j’ignore ?
Vous qui le puniſſez, vous ne l’ignorez pas.
De grace apprenez-moy, Seigneur, mes attentats.
NERON. Quoy Madame ? Eſt-ce donc une legere offenſe
De m’avoir ſi long-temps caché voſtre preſence ?
Ces treſors dont le Ciel voulut vous embellir,
Les avez-vous receus pour les enſevelir ?
L’heureux Britannicus verra-t-il ſans allarmes
Croître loin de nos yeux ſon amour & vos charmes ?
Pourquoy de cette gloire exclus juſqu’à ce jour,
M’avez-vous ſans pitié relegué dans ma Cour ?
On dit plus. Vous ſouffrez ſans en eſtre offenſée
Qu’il vous oſe, Madame, expliquer ſa penſée.
Car je ne croiray point que ſans me conſulter
La ſevere Junie ait voulu le flater,
Ny qu’elle ait conſenty d’aimer & d’eſtre aimée
Sans que j’en ſois inſtruit que par la Renommée.
JUNIE. Je ne vous nieray point, Seigneur, que ſes ſoûpirs
M’ont daigné quelquefois expliquer ſes deſirs.
Il n’a point détourné ſes regards d’une Fille,
Seul reſte du débris d’une illuſtre Famille.
Peut-eſtre il ſe ſouvient qu’en un temps plus heureux
Son Pere me nomma pour l’objet de ſes vœux.
Il m’aime. Il obeït à l’Empereur ſon Pere,
Et j’oſe dire encore à vous, à voſtre Mere ;
Vos deſirs ſont toûjours ſi conformes aux ſiens…
NERON. Ma Mere a ſes deſſeins, Madame, & j’ay les miens.
Ne parlons plus icy de Claude, & d’Agrippine.
Ce n’eſt point par leur choix que je me determine,
C’eſt à moy ſeul, Madame, à répondre de vous ;
Et je veux de ma main vous choiſir un Eſpoux.
JUNIE. Ah, Seigneur, ſongez-vous que toute autre alliance
Fera honte aux Ceſars auteurs de ma naiſſance ?
NERON. Non, Madame, l’Eſpoux dont je vous entretiens
Peut ſans honte aſſembler vos ayeux & les ſiens.
Vous pouvez, ſans rougir, conſentir à ſa flamme.
JUNIE. Et quel eſt donc, Seigneur, cét Eſpoux ?
NERON. Et quel eſt donc, Seigneur, cét Eſpoux ? Moy, madame.
JUNIE. Vous !
NERON. Vous ! Je vous nommerois, Madame, un autre nom,