Britannicus (page 3)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Britannicus (1670) · 9 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

rameine : ramène

Rameinent : Ramènent

rappellant : rappelant

rappeller : rappeler

ravy : ravi

receus : reçus

recevoit : recevait

recit : récit

reciter : réciter

recompense : récompense

recompenses : récompenses

reconcilie : réconcilie

reconnoissance : reconnaissance

reconnoissant : reconnaissant

recuser : récuser

rẽdre : rendre

reduisant : réduisant

Rẽfermez : Renfermez

regards égarez : regards égarés

regler : régler

regles : règles

regne : règne

regné : régné

regner : régner

regnez : régnez

relegué : relégué

Relevoient : Relevaient

remede : remède

remors : remords

renaistre : renaître

rendrois : rendrais

renduë : rendue

renouvellé : renouvelé

renvoyoit : renvoyait

répandoit : répandait

répandroit : répandrait

répanduë : répandue

reparation : réparation

répondray : répondrai

reposeray : reposerai

reposoit : reposait

represente : représente

representer : représenter

representoit : représentait

reprocheroient : reprocheraient

repudie : répudie

repudier : répudier

reserve : réserve

reservent : réservent

reservez : réservez

resistance : résistance

resister : résister

resistiez : résistiez

resistions : résistions

ressentimens : ressentiments

restoit : restait

retenuë : retenue

retraitte : retraite

reünie : réunie

reünion : réunion

revele : révèle

reveler : révéler

revenoit : revenait

revere : révère

revestir : revêtir

revoque : révoque

Rrestez : Rrêtez

ruïne : ruine

sãg : sang

sãs : sans

sçache : sache

sçais : sais

sçait : sait

sçaura : saura

sçauriez : sauriez

sçauront : sauront

sçauver : sauver

sçavent : savent

sçavez : savez

sçavoir : savoir

Scene : Scène

SCENE : SCÈNE

sceut : sût

scû : su

sçû : su

Scyndic : Syndic

seconday : secondai

secrete : secrète

secrettement : secrètement

seditieux : séditieux

seduire : séduire

seduit : séduit

seduits : séduits

sembloient : semblaient

sembloit : semblait

Senat : Sénat

Senateurs : Sénateurs

Senecque : Sénèque

sentimens : sentiments

separé : séparé

separer : séparer

septiéme : septième

sermens : serments

seroient : seraient

severe : sévère

severité : sévérité

siecle : siècle

sincere : sincère

sincerité : sincérité

singuliere : singulière

Sõgez : Songez

Sõgiez : Songiez

soient avisez : soient avisés

soient importunez : soient importunés

soiẽt : soient

Sont allez : Sont allés

sont efforcez : sont efforcés

sont façonnez : sont façonnés

sont redoublez : sont redoublés

sont scandalisez : sont scandalisés

sont traversez : sont traversés

Souhaitez la : Souhaitez-la

souhaittay : souhaitai

souhaitte : souhaite

souhaitter : souhaiter

Souhaittez : Souhaitez

souhaittez : souhaitez

soulageoit : soulageait

Soûlever : Soulever

soûmette : soumette

soûmis : soumis

soupçõs : soupçons

soûpir : soupir

soûpirant : soupirant

soûpiroit : soupirait

soûpirs : soupirs

sous vôtre : sous votre

Soustenir : Soutenir

soûtenir : soutenir

soûtenuë : soutenue

soûtient : soutient

statuë : statue

stratagême : stratagème

succede : succède

succeder : succéder

suivroit : suivrait

suivy : suivi

sur tout lors qu : surtout lorsqu

sureté : sûreté

surprenans : surprenants

surveillans : surveillants

suy : suis

tairoient : tairaient

taist : tait

tantost : tantôt

Tãt : Tant

temeraire : téméraire

témoyns : témoins

tempeste : tempête

tenoit liez : tenait liés

tẽps : temps

Terence : Térence

theatre : théâtre

Theatre : Théâtre

Tibere : Tibère

tient enchaînez : tient enchaînés

tiray : tirai

tõber : tomber

Tost : Tôt

tost : tôt

touchans : touchants

toûjours : toujours

Toûjours : Toujours

tous écartez : tous écartés

toy : toi

Tragedie : Tragédie

TRAGEDIE : TRAGÉDIE

trãsports : transports

trẽbler : trembler

tres : très

tres capable : très capable

tres humble : très humble

tres méchant : très méchant

tres persuadé : très persuadé

tres sage : très sage

tres- : très

tresor : trésor

tresors : trésors

trompois : trompais

trompoit : trompait

trõpe : trompe

trouveroit : trouverait

trouvois : trouvais

tuë : tue

UOY : UOI

UY : UI

vaincray : vaincrai

valoit : valait

vangeance : vengeance

vanger : venger

Vangeurs : Vengeurs

vante luy : vante-lui

vêcu : vécu

vendray : vendrai

venoit : venait

veritable : véritable

veritables : véritables

verroient : verraient

veuë : vue

videant : vidant

Voicy : Voici

voicy : voici

voler par tout : voler partout

volontez : volontés

vôtre appuy : votre appui

voudrois : voudrais

voudrois tu : voudrais-tu

voudroit : voudrait

voulois : voulais

Vouloit : Voulait

voulust : voulut

vous mesme : vous-même

voyent : voient

voyoit : voyait

vrai semblables : vraisemblables

vray : vrai

vû : vu

vy : vis

yeux dessillez : yeux dessillés

yeux moüillez : yeux mouillés

yvre : ivre

zele : zèle

ACTE II.

Scène PREMIERE.

NERON, BURRHUS, NARCISSE, Gardes.

NERON.

N’EN doutez point, Burrhus, malgré ſes injuſtices,

C’eſt ma Mere, & je veux ignorer ſes caprices.

Mais je ne pretens plus ignorer ny ſouffrir

Le Miniſtre inſolent qui les oſe nourrir.

Pallas de ſes conſeils empoiſonne ma Mere ;

Il ſeduit chaque jour Britannicus mon Frere.

Ils l’écoutent luy ſeul, & qui ſuivroit leurs pas

Les trouveroit peut-eſtre aſſemblez chez Pallas.

C’en eſt trop. De tous deux il faut que je l’écarte.

Pour la derniere fois qu’il s’éloigne, qu’il parte,

Je le veux, je l’ordonne ; & que la fin du jour

Ne le retrouve pas dans Rome, ou dans ma Cour.

Allez, cét ordre importe au ſalut de l’Empire.

Vous Narciſſe, approchez. Et vous, qu’on ſe retire.

Scène II.

NERON, NARCISSE.

NARCISSE.

GRaces aux Dieux, Seigneur, Junie entre vos mains

Vous aſſure aujourd’huy du reſte des Romains.

Vos Ennemis, déchûs de leur vaine eſperance

Sont allez chez Pallas pleurer leur impuiſſance.

Mais que vois-je ? Vous-meſme inquiet, étonné,

Plus que Britannicus paroiſſez conſterné.

Que preſage à mes yeux cette triſteſſe obſcure,

Et ces ſombres regards errans à l’avanture ?

Tout vous rit. La Fortune obeït à vos vœux.

NERON. Narciſſe c’en eſt fait. Neron eſt amoureux.

NARCISSE. Vous ?

NERON. Vous ? Depuis un moment, mais pour toute ma vie,

J’aime (que dis-je aimer ?) j’idolatre Junie.

NARCISSE. Vous l’aimez ?

NERON. Vous l’aimez ? Excité d’un deſir curieux

Cette nuit je l’ay veuë arriver en ces lieux,

Triſte, levant au Ciel ſes yeux moüillez de larmes,

Qui brilloiẽt au travers des flambeaux & des armes,

Belle, ſans ornement, dans le ſimple appareil

D’une Beauté qu’on vient d’arracher au ſommeil.

Que veux-tu ? Je ne ſçay ſi cette negligence,

Les ombres, les flambeaux, les cris, & le ſilence,

Et le farouche aſpect de ſes fiers raviſſeurs,

Relevoient de ſes yeux les timides douceurs.

Quoy qu’il en ſoit, ravy d’une ſi belle veuë,

J’ay voulu luy parler & ma voix s’eſt perduë :

Immobile, ſaiſi d’un long eſtonnement

Je l’ay laiſſé paſſer dans ſon appartement.

J’ay paſſé dans le mien. C’eſt là que ſolitaire

De ſon image en vain j’ay voulu me diſtraire.

Trop preſente à mes yeux je croyois luy parler

J’aimois juſqu’à ſes pleurs que je faiſois couler.

Quelquefois, mais trop tard, je luy demandois grace ;

J’employois les ſoûpirs, & meſme la menaſſe.

Voilà comme occupé de mon nouvel amour

Mes yeux ſans ſe fermer ont attendu le jour.

Mais je m’en fais peut-eſtre une trop belle image

Elle m’eſt apparuë avec trop d’avantage,

Narciſſe, qu’en dis-tu ?

NARCISSE. Narciſſe, qu’en dis-tu ? Quoy, Seigneur, croira-t-on

Qu’elle ait pû ſi long-temps ſe cacher à Neron ?

NERON. Tu le ſçais bien, Narciſſe. Et ſoit que ſa colere

M’imputaſt le mal-heur qui luy ravit ſon Frere,

Soit que ſon cœur jaloux d’une auſtere fierté

Enviaſt à nos yeux ſa naiſſante beauté,

Fidelle à ſa douleur, & dans l’ombre enfermée

Elle ſe déroboit même à ſa Renommée.

Et c’eſt cette vertu ſi nouvelle à la Cour

Dont la perſeverance irrite mon amour.

Quoy, Narciſſe ? Tandis qu’il n’eſt point de Romaine

Que mon amour n’honore & ne rende plus vaine,

Qui dés qu’à ſes regards elle oſe ſe fier

Sur le cœur de Ceſar ne les vienne eſſayer :

Seule dans ſon Palais la modeſte Junie

Regarde leurs honneurs comme une ignominie,

Fuit, & ne daigne pas peut-eſtre s’informer

Si Ceſar eſt aimable, ou bien s’il ſçait aimer ?

Dy moy : Britannicus l’aime-t-il ?

NARCISSE. Dy moy : Britannicus l’aime-t-il ? Quoy s’il l’aime,

Seigneur ?

NERON. Seigneur ? Si jeune encor ſe connoiſt-il luy même ?

D’un regard enchanteur connoiſt-il le poiſon ?

NARCISSE. Seigneur, l’amour toûjours n’attend pas la raiſon.

N’en doutez point, il l’aime. Inſtruits par tant de charmes

Ses yeux ſont déja faits à l’uſage des larmes.

A ſes moindres deſirs il ſçait s’accommoder,

Et peut-eſtre déja ſçait-il perſuader.

NERON. Que dis-tu ? Sur ſon cœur il auroit quelque empire ?

NARCISSE. Je ne ſçay. Mais, Seigneur, ce que je puis vous dire,

Je l’ay veû quelquefois s’arracher de ces lieux,

Le cœur plein d’un courroux qu’il cachoit à vos yeux,

D’une Cour qui le fuit pleurant l’ingratitude,

Las de voſtre grandeur, & de ſa ſervitude,

Entre l’impatience & la crainte flottant ;

Il alloit voir Junie, & revenoit contant.

NERON. D’autant plus malheureux qu’il aura ſçû luy plaire,

Narciſſe, il doit plûtoſt ſouhaiter ſa colere.

Neron impunément ne ſera pas jaloux,

NARCISSE. Vous ? Et de quoy, Seigneur, vous inquietez-vous ?

Junie a pû le plaindre & partager ſes peines,

Elle n’a veu couler de larmes que les ſiennes.

Mais aujourd’huy, Seigneur, que ſes yeux deſſillez

Regardant de plus prés l’éclat dont vous brillez,

Verront autour de vous les Rois ſans diadéme,

Inconnus dans la foule, & ſon Amant luy-même,

Attachez ſur vos yeux s’honorer d’un regard

Que vous aurez ſur eux fait tomber au haſard,

Quand elle vous verra de ce degré de gloire,

Venir en ſoûpirant avoüer ſa victoire,

Maiſtre n’en doutez point, d’un cœur déja charmé

Commandez qu’on vous aime, & vous ſerez aimé.

NERON. A combien de chagrins il faut que je m’appreſte !

Que d’importunitez !

NARCISSE. Que d’importunitez ! Quoy donc ? qui vous arreſte,

Seigneur ?

NERON. Seigneur ? Tout. Octavie, Agrippine, Burrhus,

Senecque, Rome entiere, & trois ans de vertus.

Non que pour Octavie un reſte de tendreſſe

M’attache à ſon hymen, & plaigne ſa jeuneſſe.

Mes yeux depuis long-temps fatiguez de ſes ſoins,

Rarement de ſes pleurs daignent eſtre témoins.

Trop heureux ſi bien-toſt la faveur d’un divorce,

Me ſoulageoit d’un joug qu’on m’impoſa par force.

Le Ciel même en ſecret ſemble la condamner.

Ses vœux depuis quatre ans ont beau l’importuner.

Les Dieux ne mõtrent point que ſa vertu les touche :

D’aucun gage, Narciſſe, ils n’honorent ſa couche.

L’Empire vainement demande un heritier.

NARCISSE. Que tardez-vous, Seigneur, à la repudier ?

L’Empire, voſtre cœur, tout condamne Octavie.

Auguſte, voſtre ayeul, ſoûpiroit pour Livie,

Par un double divorce ils s’unirent tous deux,

Et vous devez l’Empire à ce divorce heureux.

Tibere, que l’Hymen plaça dans ſa famille,

Oſa bien à ſes yeux repudier ſa Fille.

Vous ſeul juſques icy contraire à vos deſirs

N’oſez par un divorce aſſurer vos plaiſirs.

NERON. Et ne connois-tu pas l’implacable Agrippine ?

Mon amour inquiet déja ſe l’imagine,

Qui m’ameine Octavie, & d’un œil enflammé

Atteſte les ſaints droits d’un nœud qu’elle a formé,

Et portant à mon cœur des atteintes plus rudes,

Me fait un long recit de mes ingratitudes.

De quel front ſoûtenir ce fâcheux entretien ?

NARCISSE. N’eſtes vous pas, Seigneur, voſtre Maiſtre, & le ſien ?

Vous verrons-nous toûjours trẽbler ſous ſa Tutelle ?

Vivez, regnez pour vous. C’eſt trop regner pour Elle.

Craignez-vous ? Mais, Seigneur, vous ne la craignez pas.

Vous venez de bannir le ſuperbe Pallas,

Pallas, dont vous ſçavez qu’elle ſoûtient l’audace.

NERON. Eſloigné de ſes yeux j’ordonne, je menaſſe,

J’écoute vos conſeils, j’oſe les approuver,

Je m’excite contre-elle & tâche à la braver.

Mais (je t’expoſe icy mon ame toute nuë)

Si-toſt que mon mal-heur me rameine à ſa veuë,

Soit que je n’oſe encor démentir le pouvoir

De ces yeux, où j’ay lû ſi long-temps mon devoir,

Soit qu’à tant de bien-faits ma memoire fidelle,

Luy ſoûmette en ſecret tout ce que je tiens d’elle,

Mais enfin mes efforts ne me ſervent de rien,

Mon Genie étonné tremble devant le ſien.

Et c’eſt pour m’affranchir de cette dépendance

Que je la fuy par tout, que même je l’offenſe,

Et que de temps en temps j’irrite ſes ennuis

Afin qu’elle m’évite autant que je la fuis.

Mais je t’arreſte trop. Retire-toy, Narciſſe.

Britannicus pourroit t’accuſer d’artifice.

NARCISSE. Non, non, Britannicus s’abandonne à ma foy.

Par ſon ordre, Seigneur, il croit que je vous voy,

Que je m’informe icy de tout ce qui le touche

Et veut de vos ſecrets eſtre inſtruit par ma bouche.

Impatient ſur tout de revoir ſes amours

Il attend de mes ſoins ce fidelle ſecours.

NERON. J’y conſens : porte luy cette douce nouvelle :

Il la verra.

NARCISSE. Il la verra. Seigneur banniſſez-le loin d’elle.

NERON. J’ay mes raiſons, Narciſſe, & tu peux concevoir,

Que je luy vendray cher le plaiſir de la voir.

Cependant vante luy ton heureux ſtratagême.

Dy-luy qu’en ſa faveur on me trompe moy-même,

Qu’il la voit ſans mon ordre. On ouvre, la voicy.

Va retrouver ton Maiſtre & l’amener icy.

Scène III.

NERON, JUNIE.

NERON.

VOus vous troublez, Madame, & changez de viſage.

Liſez vous dans mes yeux quelque triſte preſage ?

JUNIE. Seigneur, je ne vous puis déguiſer mon erreur.

J’allois voir Octavie, & non pas l’Empereur.

NERON. Je le ſçay bien, Madame, & n’ay pû ſans envie

Apprendre vos bontez pour l’heureuſe Octavie.

JUNIE. Vous Seigneur ?

NERON. Vous Seigneur ? Penſez vous, Madame, qu’en ces lieux

Seule pour vous connoiſtre Octavie ait des yeux ?

JUNIE. Et quel autre, Seigneur, voulez-vous que j’implore ?

A qui demanderay-je un crime que j’ignore ?

Vous qui le puniſſez, vous ne l’ignorez pas.

De grace apprenez-moy, Seigneur, mes attentats.

NERON. Quoy Madame ? Eſt-ce donc une legere offenſe

De m’avoir ſi long-temps caché voſtre preſence ?

Ces treſors dont le Ciel voulut vous embellir,

Les avez-vous receus pour les enſevelir ?

L’heureux Britannicus verra-t-il ſans allarmes

Croître loin de nos yeux ſon amour & vos charmes ?

Pourquoy de cette gloire exclus juſqu’à ce jour,

M’avez-vous ſans pitié relegué dans ma Cour ?

On dit plus. Vous ſouffrez ſans en eſtre offenſée

Qu’il vous oſe, Madame, expliquer ſa penſée.

Car je ne croiray point que ſans me conſulter

La ſevere Junie ait voulu le flater,

Ny qu’elle ait conſenty d’aimer & d’eſtre aimée

Sans que j’en ſois inſtruit que par la Renommée.

JUNIE. Je ne vous nieray point, Seigneur, que ſes ſoûpirs

M’ont daigné quelquefois expliquer ſes deſirs.

Il n’a point détourné ſes regards d’une Fille,

Seul reſte du débris d’une illuſtre Famille.

Peut-eſtre il ſe ſouvient qu’en un temps plus heureux

Son Pere me nomma pour l’objet de ſes vœux.

Il m’aime. Il obeït à l’Empereur ſon Pere,

Et j’oſe dire encore à vous, à voſtre Mere ;

Vos deſirs ſont toûjours ſi conformes aux ſiens…

NERON. Ma Mere a ſes deſſeins, Madame, & j’ay les miens.

Ne parlons plus icy de Claude, & d’Agrippine.

Ce n’eſt point par leur choix que je me determine,

C’eſt à moy ſeul, Madame, à répondre de vous ;

Et je veux de ma main vous choiſir un Eſpoux.

JUNIE. Ah, Seigneur, ſongez-vous que toute autre alliance

Fera honte aux Ceſars auteurs de ma naiſſance ?

NERON. Non, Madame, l’Eſpoux dont je vous entretiens

Peut ſans honte aſſembler vos ayeux & les ſiens.

Vous pouvez, ſans rougir, conſentir à ſa flamme.

JUNIE. Et quel eſt donc, Seigneur, cét Eſpoux ?

NERON. Et quel eſt donc, Seigneur, cét Eſpoux ? Moy, madame.

JUNIE. Vous !

NERON. Vous ! Je vous nommerois, Madame, un autre nom,

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