Esther (page 3)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — éd. Didot 1854 · 5 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

« Et d’un culte profane infecte votre empire ?

« Étrangers dans la Perse, à nos lois opposés,

« Du reste des humains ils semblent divisés,

« N’aspirent qu’à troubler le repos où nous sommes,

« Et, détestés partout, détestent tous les hommes.

« Prévenez, punissez leurs insolents efforts :

« De leur dépouille enfin grossissez vos trésors. »

Je dis, et l’on me crut. Le roi, dès l’heure même,

Mit dans ma main le sceau de son pouvoir suprême :

« Assure, me dit-il, le repos de ton roi,

« Va, perds ces malheureux : leur dépouille est à toi. »

Toute la nation fut ainsi condamnée.

Du carnage avec lui je réglai la journée.

Mais de ce traître enfin le trépas différé

Fait trop souffrir mon cœur de son sang altéré.

Un je ne sais quel trouble empoisonne ma joie.

Pourquoi dix jours encor faut-il que je le voie ?

HYDASPE.

Et ne pouvez-vous pas d’un mot l’exterminer ?

Dites au roi, seigneur, de vous l’abandonner.

AMAN.

Je viens pour épier le moment favorable.

Tu connais, comme moi, ce prince inexorable :

Tu sais combien terrible en ses soudains transports,

De nos desseins souvent il rompt tous les ressorts.

Mais à me tourmenter ma crainte est trop subtile :

Mardochée à ses yeux est une âme trop vile.

HYDASPE.

Que tardez-vous ? Allez, et faites promptement

Élever de sa mort le honteux instrument.

AMAN.

J’entends du bruit ; je sors. Toi, si le roi m’appelle…

HYDASPE.

Il suffit.

Scène II.

ASSUÉRUS, HYDASPE, ASAPH, suite d’Assuérus.

ASSUÉRUS.

Il suffit. Ainsi donc, sans cet avis fidèle,

Deux traîtres dans son lit assassinaient leur roi ?

Qu’on me laisse, et qu’Asaph seul demeure avec moi.

Scène III.

ASSUÉRUS, ASAPH.

ASSUÉRUS, assis sur son trône.

Je veux bien l’avouer : de ce couple perfide

J’avais presque oublié l’attentat parricide ;

Et j’ai pâli deux fois au terrible récit

Qui vient d’en retracer l’image à mon esprit.

Je vois de quel succès leur fureur fut suivie.

Et que dans les tourments ils laissèrent la vie ;

Mais ce sujet zélé, qui d’un œil si subtil,

Sut de leur noir complot développer le fil,

Qui me montra sur moi leur main déjà levée,

Enfin par qui la Perse avec moi fut sauvée,

Quel honneur pour sa foi, quel prix a-t-il reçu ?

ASAPH.

On lui promit beaucoup : c’est tout ce que j’ai su.

ASSUÉRUS.

Ô d’un si grand service oubli trop condamnable !

Des embarras du trône effet inévitable !

De soins tumultueux un prince environné

Vers de nouveaux objets est sans cesse entraîné ;

L’avenir l’inquiète, et le présent le frappe :

Mais, plus prompt que l’éclair, le passé nous échappe ;

Et de tant de mortels, à toute heure empressés

À nous faire valoir leurs soins intéressés,

Il ne s’en trouve point qui, touchés d’un vrai zèle,

Prennent à notre gloire un intérêt fidèle,

Du mérite oublié nous fassent souvenir,

Trop prompts à nous parler de ce qu’il faut punir.

Ah ! que plutôt l’injure échappe à ma vengeance,

Qu’un si rare bienfait à ma reconnaissance !

Et qui voudrait jamais s’exposer pour son roi ?

Ce mortel qui montra tant de zèle pour moi

Vit-il encore ?

ASAPH.

Vit-il encore ? Il voit l’astre qui vous éclaire.

ASSUÉRUS.

Et que n’a-t-il plus tôt demandé son salaire ?

Quel pays reculé le cache à mes bienfaits ?

ASAPH.

Assis le plus souvent aux portes du palais,

Sans se plaindre de vous ni de sa destinée,

Il y traîne, seigneur, sa vie infortunée.

ASSUÉRUS.

Et je dois d’autant moins oublier la vertu,

Qu’elle-même s’oublie. Il se nomme, dis-tu ?

ASAPH.

Mardochée est le nom que je viens de vous lire.

ASSUÉRUS.

Et son pays ?

ASAPH.

Et son pays ? Seigneur, puisqu’il faut vous le dire,

C’est un de ces captifs à périr destinés,

Des rives du Jourdain sur l’Euphrate amenés.

ASSUÉRUS.

Il est donc Juif ! Ô ciel, sur le point que la vie

Par mes propres sujets m’allait être ravie,

Un Juif rend par ses soins leurs efforts impuissants !

Un Juif m’a préservé du glaive des Persans !

Mais, puisqu’il m’a sauvé, quel qu’il soit il n’importe.

Holà, quelqu’un !

Scène IV.

ASSUÉRUS, HYDASPE, ASAPH.

HYDASPE.

Holà, quelqu’un ! Seigneur ?

ASSUÉRUS.

Holà, quelqu’un ! Seigneur ? Regarde à cette porte,

Vois s’il s’offre à tes yeux quelque grand de ma cour.

HYDASPE.

Aman à votre porte a devancé le jour.

ASSUÉRUS.

Qu’il entre. Ses avis m’éclaireront peut-être.

Scène V.

ASSUÉRUS, AMAN, HYDASPE, ASAPH.

ASSUÉRUS.

Approche, heureux appui du trône de ton maître,

Âme de mes conseils, et qui seul tant de fois

Du sceptre dans ma main as soulagé le poids.

Un reproche secret embarrasse mon âme.

Je sais combien est pur le zèle qui t’enflamme :

Le mensonge jamais n’entra dans tes discours,

Et mon intérêt seul est le but où tu cours.

Dis-moi donc : que doit faire un prince magnanime

Qui veut combler d’honneur un sujet qu’il estime ?

Par quel gage éclatant, et digne d’un grand roi,

Puis-je récompenser le mérite et la foi ?

Ne donne point de borne à ma reconnaissance :

Mesure tes conseils sur ma vaste puissance.

AMAN, tout bas.

C’est pour toi-même, Aman, que tu vas prononcer ;

Et quel autre que toi peut-on récompenser ?

ASSUÉRUS.

Que penses-tu ?

AMAN.

Que penses-tu ? Seigneur, je cherche, j’envisage

Des monarques persans la conduite et l’usage ;

Mais à mes yeux en vain je les rappelle tous ;

Pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous ?

Votre règne aux neveux doit servir de modèle.

Vous voulez d’un sujet reconnaître le zèle ;

L’honneur seul peut flatter un esprit généreux :

Je voudrais donc, seigneur, que ce mortel heureux,

De la pourpre aujourd’hui paré comme vous-même,

Et portant sur le front le sacré diadème,

Sur un de vos coursiers pompeusement orné,

Aux yeux de vos sujets dans Suse fût mené ;

Que, pour comble de gloire et de magnificence,

Un seigneur éminent en richesse, en puissance,

Enfin de votre empire après vous le premier,

Par la bride guidât son superbe coursier ;

Et lui-même marchant en habits magnifiques

Criât à haute voix dans les places publiques :

« Mortels, prosternez-vous ; c’est ainsi que le roi

« Honore le mérite, et couronne la foi. »

ASSUÉRUS.

Je vois que la sagesse elle-même t’inspire.

Avec mes volontés ton sentiment conspire.

Va, ne perds point de temps, ce que tu m’as dicté

Je veux de point en point qu’il soit exécuté.

La vertu dans l’oubli ne sera plus cachée.

Aux portes du palais prends le Juif Mardochée.

C’est lui que je prétends honorer aujourd’hui ;

Ordonne son triomphe, et marche devant lui ;

Que Suse par ta voix de son nom retentisse,

Et fais à son aspect que tout genou fléchisse.

Sortez tous.

AMAN.

Sortez tous. Dieux !

Scène VI.

ASSUÉRUS.

Sortez tous. Dieux ! Le prix est sans doute inouï ;

Jamais d’un tel honneur un sujet n’a joui ;

Mais plus la récompense est grande et glorieuse

Plus même de ce Juif la race est odieuse,

Plus j’assure ma vie, et montre avec éclat

Combien Assuérus redoute d’être ingrat.

On verra l’innocent discerné du coupable ;

Je n’en perdrai pas moins ce peuple abominable :

Leurs crimes…

Scène VII.

ASSUÉRUS, ESTHER, ÉLISE, THAMAR, partie du chœur.

Esther entre s’appuyant sur Élise ; quatre Israélites soutiennent sa robe.

ASSUÉRUS.

Leurs crimes… Sans mon ordre on porte ici ses pas !

Quel mortel insolent vient chercher le trépas ?

Gardes… C’est vous, Esther ? quoi ! sans être attendue ?

ESTHER.

Mes filles, soutenez votre reine éperdue ;

Je me meurs.

(Elle tombe évanouie.)

ASSUÉRUS.

Je me meurs. Dieux puissants ! quelle étrange pâleur

De son teint tout à coup efface la couleur !

Esther, que craignez-vous ? suis-je pas votre frère ?

Est-ce pour vous qu’est fait un ordre si sévère ?

Vivez : le sceptre d’or que vous tend cette main,

Pour vous de ma clémence est un gage certain.

ESTHER.

Quelle voix salutaire ordonne que je vive,

Et rappelle en mon sein mon âme fugitive ?

ASSUÉRUS.

Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux ?

Encore un coup, vivez, et revenez à vous.

ESTHER.

Seigneur, je n’ai jamais contemplé qu’avec crainte

L’auguste majesté sur votre front empreinte ;

Jugez combien ce front irrité contre moi

Dans mon âme troublée a dû jeter d’effroi ;

Sur ce trône sacré qu’environne la foudre

J’ai cru vous voir tout prêt à me réduire en poudre.

Hélas ! sans frissonner, quel cœur audacieux

Soutiendrait les éclairs qui partaient de vos yeux ?

Ainsi du Dieu vivant la colère étincelle…

ASSUÉRUS.

Ô soleil ! ô flambeau de lumière immortelle !

Je me trouble moi-même ; et sans frémissement

Je ne puis voir sa peine et son saisissement.

Calmez, reine, calmez la frayeur qui vous presse.

Du cœur d’Assuérus souveraine maîtresse,

Éprouvez seulement son ardente amitié.

Faut-il de mes États vous donner la moitié ?

ESTHER.

Eh ! se peut-il qu’un roi craint de la terre entière,

Devant qui tout fléchit et baise la poussière,

Jette sur son esclave un regard si serein,

Et m’offre sur son cœur un pouvoir souverain ?

ASSUÉRUS.

Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire,

Et ces profonds respects que la terreur inspire,

À leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,

Et fatiguent souvent leur triste possesseur.

Je ne trouve qu’en vous je ne sais quelle grâce

Qui me charme toujours et jamais ne me lasse.

De l’aimable vertu doux et puissants attraits !

Tout respire en Esther l’innocence et la paix.

Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres,

Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres ;

Que dis-je ? sur ce trône assis auprès de vous,

Des astres ennemis j’en crains moins le courroux,

Et crois que votre front prête à mon diadème

Un éclat qui le rend respectable aux dieux même.

Osez donc me répondre, et ne me cachez pas

Quel sujet important conduit ici vos pas.

Quel intérêt, quels soins vous agitent, vous pressent ?

Je vois qu’en m’écoutant vos yeux au ciel s’adressent.

Parlez : de vos désirs le succès est certain,

Si ce succès dépend d’une mortelle main.

ESTHER.

Ô bonté qui m’assure autant qu’elle m’honore !

Un intérêt pressant veut que je vous implore.

J’attends ou mon malheur ou ma félicité ;

Et tout dépend, seigneur, de votre volonté.

Un mot de votre bouche, en terminant mes peines,

Peut rendre Esther heureuse entre toutes les reines.

ASSUÉRUS.

Ah ! que vous enflammez mon désir curieux !

ESTHER.

Seigneur, si j’ai trouvé grâce devant vos yeux,

Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable,

Permettez, avant tout, qu’Esther puisse à sa table

Recevoir aujourd’hui son souverain seigneur,

Et qu’Aman soit admis à cet excès d’honneur.

J’oserai devant lui rompre ce grand silence ;

Et j’ai pour m’expliquer besoin de sa présence.

ASSUÉRUS.

Dans quelle inquiétude, Esther, vous me jetez !

Toutefois qu’il soit fait comme vous souhaitez.

(à ceux de sa suite.) Vous, que l’on cherche Aman, et qu’on lui fasse entendre

Qu’invité chez la reine, il ait soin de s’y rendre.

Scène VIII.

ASSUÉRUS, ESTHER, ÉLISE, THAMAR, HYDASPE, partie du chœur.

HYDASPE.

Les savants chaldéens, par votre ordre appelés,

Dans cet appartement, seigneur, sont assemblés.

ASSUÉRUS.

Princesse, un songe étrange occupe ma pensée :

Vous-même en leur réponse êtes intéressée.

Venez, derrière un voile écoutant leurs discours,

De vos propres clartés me prêter le secours.

Je crains pour vous, pour moi, quelque ennemi perfide.

ESTHER.

Suis-moi, Thamar. Et vous, troupe jeune et timide,

Sans craindre ici les yeux d’une profane cour,

À l’abri de ce trône attendez mon retour.

Scène IX.

(Cette scène est partie déclamée, et partie chantée.)

ÉLISE, partie du chœur.

ÉLISE.

Que vous semble, mes sœurs, de l’état où nous sommes ?

D’Esther, d’Aman, qui le doit emporter ?

Est-ce Dieu, sont-ce les hommes,

Dont les œuvres vont éclater ?

Vous avez vu quelle ardente colère

Allumait de ce roi le visage sévère.

UNE DES ISRAÉLITES.

Des éclairs de ses yeux l’œil était ébloui.

UNE AUTRE.

Et sa voix m’a paru comme un tonnerre horrible.

ÉLISE.

Comment ce courroux si terrible

En un moment s’est-il évanoui ?

UNE DES ISRAÉLITES chante.

Un moment a changé ce courage inflexible :

Le lion rugissant est un agneau paisible.

Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur

Cet esprit de douceur.

LE CHŒUR chante.

Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur

Cet esprit de douceur.

LA MÊME ISRAÉLITE chante.

Tel qu’un ruisseau docile

Obéit à la main qui détourne son cours,

Et laissant de ses eaux partager le secours,

Va rendre tout un champ fertile,

Dieu, de nos volontés arbitre souverain,

Le cœur des rois est ainsi dans ta main.

ÉLISE.

Ah ! que je crains, mes sœurs, les funestes nuages

Qui de ce prince obscurcissent les yeux !

Comme il est aveuglé du culte de ses dieux !

UNE ISRAÉLITE.

Il n’atteste jamais que leurs noms odieux.

UNE AUTRE.

Aux feux inanimés dont se parent les cieux

Il rend de profanes hommages.

UNE AUTRE.

Tout son palais est plein de leurs images.

LE CHŒUR chante.

Malheureux ! vous quittez le maître des humains

Pour adorer l’image de vos mains !

UNE ISRAÉLITE chante.

Dieu d’Israël, dissipe enfin cette ombre.

Des larmes de tes saints quand seras-tu touché ?

Quand sera le voile arraché

Qui sur tout l’univers jette une nuit si sombre ?

Dieu d’Israël, dissipe enfin cette ombre :

Jusqu’à quand seras-tu caché ?

UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES.

Parlons plus bas, mes sœurs. Ciel ! si quelque infidèle,

Écoutant nos discours, allait nous déceler !

ÉLISE.

Quoi ! fille d’Abraham, une crainte mortelle

Semble déjà vous faire chanceler !

Eh ! si l’impie Aman, dans sa main homicide

Faisant luire à vos yeux un glaive menaçant,

À blasphémer le nom du Tout-Puissant,

Voulait forcer votre bouche timide !

UNE AUTRE ISRAÉLITE.

Peut-être Assuérus, frémissant de courroux,

Si nous ne courbons les genoux

Devant une muette idole,

Commandera qu’on nous immole.

Chère sœur, que choisirez-vous ?

LA JEUNE ISRAÉLITE.

Moi, je pourrais trahir le Dieu que j’aime !

J’adorerais un dieu sans force et sans vertu,

Reste d’un tronc par les vents abattu,

Qui ne peut se sauver lui-même !

LE CHŒUR chante.

Dieux impuissants, dieux sourds, tous ceux qui vous implorent

Ne seront jamais entendus.

Que les démons, et ceux qui les adorent,

Soient à jamais détruits et confondus !

UNE ISRAÉLITE chante.

Que ma bouche et mon cœur, et tout ce que je suis,

Rendent honneur au Dieu qui m’a donné la vie.

Dans les craintes, dans les ennuis,

En ses bontés mon âme se confie.

Veut-il par mon trépas que je le glorifie ?

Que ma bouche et mon cœur, et tout ce que je suis,

Rendent honneur au Dieu qui m’a donné la vie.

ÉLISE.

Je n’admirai jamais la gloire de l’impie.

UNE AUTRE ISRAÉLITE.

Au bonheur du méchant qu’une autre porte envie.

ÉLISE.

Tous ses jours paraissent charmants ;

L’or éclate en ses vêtements ;

Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse ;

Jamais l’air n’est troublé de ses gémissements ;

Il s’endort, il s’éveille au son des instruments ;

Son cœur nage dans la mollesse.

UNE AUTRE ISRAÉLITE.

Pour comble de prospérité,

Il espère revivre en sa postérité ;

Et d’enfants à sa table une riante troupe

Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.

(Tout le reste est chanté.)

LE CHŒUR.

Heureux, dit-on, le peuple florissant

Sur qui ces biens coulent en abondance !

Plus heureux le peuple innocent

Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance !

UNE ISRAÉLITE, seule.

Pour contenter ses frivoles désirs

L’homme insensé vainement se consume :

Il trouve l’amertume

Au milieu des plaisirs.

UNE AUTRE, seule.

Le bonheur de l’impie est toujours agité ;

Il erre à la merci de sa propre inconstance.

Ne cherchons la félicité

Que dans la paix de l’innocence.

LA MÊME, avec une autre.

Ô douce paix !

Ô lumière éternelle !

Beauté toujours nouvelle !

Heureux le cœur épris de tes attraits !

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