Iphigénie en Aulide (page 3)
Lui seul de tous les Grecs, maître de sa parole,
S’il part contre Ilion, c’est pour moi qu’il y vole ;
Et satisfait d’un prix qui lui semble si doux,
Il veut même y porter le nom de mon époux.
Scène IV.
CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS.
CLYTEMNESTRE.
Ma fille, il faut partir sans que rien nous retienne,
Et sauver, en fuyant, votre gloire et la mienne.
Je ne m’étonne plus qu’interdit et distrait,
Votre père ait paru nous revoir à regret :
Aux affronts d’un refus craignant de vous commettre,
Il m’avait par Arcas envoyé cette lettre.
Arcas s’est vu trompé par notre égarement,
Et vient de me la rendre en ce même moment.
Sauvons, encore un coup, notre gloire offensée :
Pour votre hymen Achille a changé de pensée ;
Et refusant l’honneur qu’on lui veut accorder,
Jusques à son retour il veut le retarder.
ÉRIPHILE.
Qu’entends-je ?
CLYTEMNESTRE.
Qu’entends-je ? Je vous vois rougir de cet outrage.
Il faut d’un noble orgueil armer votre courage.
Moi-même, de l’ingrat approuvant le dessein,
Je vous l’ai dans Argos présenté de ma main ;
Et mon choix, que flattait le bruit de sa noblesse,
Vous donnait avec joie au fils d’une déesse.
Mais puisque désormais son lâche repentir
Dément le sang des dieux dont on le fait sortir,
Ma fille, c’est à nous de montrer qui nous sommes,
Et de ne voir en lui que le dernier des hommes.
Lui ferons-nous penser, par un plus long séjour,
Que vos vœux de son cœur attendent le retour ?
Rompons avec plaisir un hymen qu’il diffère.
J’ai fait de mon dessein avertir votre père ;
Je ne l’attends ici que pour m’en séparer ;
Et pour ce prompt départ je vais tout préparer.
(À Ériphile.) Je ne vous presse point, madame, de nous suivre ;
En de plus chères mains ma retraite vous livre.
De vos desseins secrets on est trop éclairci ;
Et ce n’est pas Calchas que vous cherchez ici.
Scène V.
IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS.
IPHIGÉNIE.
En quel funeste état ces mots m’ont-ils laissée !
Pour mon hymen Achille a changé de pensée !
Il me faut sans honneur retourner sur mes pas !
Et vous cherchez ici quelque autre que Calchas !
ÉRIPHILE.
Madame, à ce discours je ne puis rien comprendre.
IPHIGÉNIE.
Vous m’entendez assez, si vous voulez m’entendre.
Le sort injurieux me ravit un époux ;
Madame, à mon malheur m’abandonnerez-vous ?
Vous ne pouviez sans moi demeurer à Mycène ;
Me verra-t-on sans vous partir avec la reine ?
ÉRIPHILE.
Je voulais voir Calchas avant que de partir.
IPHIGÉNIE.
Que tardez-vous, madame, à le faire avertir ?
ÉRIPHILE.
D’Argos, dans un moment, vous reprenez la route.
IPHIGÉNIE.
Un moment quelquefois éclaircit plus d’un doute.
Mais, madame, je vois que c’est trop vous presser ;
Je vois ce que jamais je n’ai voulu penser :
Achille… Vous brûlez que je ne sois partie.
ÉRIPHILE.
Moi ! vous me soupçonnez de cette perfidie !
Moi, j’aimerais, madame, un vainqueur furieux,
Qui toujours tout sanglant se présente à mes yeux,
Qui, la flamme à la main, et de meurtres avide,
Mit en cendres Lesbos…
IPHIGÉNIE.
Mit en cendres Lesbos… Oui, vous l’aimez, perfide ;
Et ces mêmes fureurs que vous me dépeignez,
Ces bras que dans le sang vous avez vus baignés,
Ces morts, cette Lesbos, ces cendres, cette flamme,
Sont les traits dont l’amour l’a gravé dans votre âme ;
Et, loin d’en détester le cruel souvenir,
Vous vous plaisez encore à m’en entretenir.
Déjà plus d’une fois, dans vos plaintes forcées,
J’ai dû voir et j’ai vu le fond de vos pensées ;
Mais toujours sur mes yeux ma facile bonté
A remis le bandeau que j’avais écarté.
Vous l’aimez. Que faisais-je ! et quelle erreur fatale
M’a fait entre mes bras recevoir ma rivale !
Crédule, je l’aimais : mon cœur même aujourd’hui
De son parjure amant lui promettait l’appui.
Voilà donc le triomphe où j’étais amenée !
Moi-même à votre char je me suis enchaînée.
Je vous pardonne, hélas ! des vœux intéressés,
Et la perte d’un cœur que vous me ravissez :
Mais que, sans m’avertir du piége qu’on me dresse,
Vous me laissiez chercher jusqu’au fond de la Grèce
L’ingrat qui ne m’attend que pour m’abandonner,
Perfide, cet affront se peut-il pardonner ?
ÉRIPHILE.
Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre,
Madame : on ne m’a pas instruite à les entendre ;
Et les dieux, contre moi dès longtemps indignés,
À mon oreille encor les avaient épargnés.
Mais il faut des amants excuser l’injustice.
Et de quoi vouliez-vous que je vous avertisse ?
Avez-vous pu penser qu’au sang d’Agamemnon
Achille préférât une fille sans nom,
Qui de tout son destin ce qu’elle a pu comprendre,
C’est qu’elle sort d’un sang qu’il brûle de répandre ?
IPHIGÉNIE.
Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur.
Je n’avais pas encor senti tout mon malheur :
Et vous ne comparez votre exil et ma gloire
Que pour mieux relever votre injuste victoire.
Toutefois vos transports sont trop précipités :
Ce même Agamemnon à qui vous insultez,
Il commande à la Grèce, il est mon père, il m’aime,
Il ressent mes douleurs beaucoup plus que moi-même.
Mes larmes par avance avaient su le toucher ;
J’ai surpris ses soupirs qu’il me voulait cacher.
Hélas ! de son accueil condamnant la tristesse,
J’osais me plaindre à lui de son peu de tendresse !
Scène VI.
ACHILLE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS.
ACHILLE.
Il est donc vrai, madame, et c’est vous que je vois !
Je soupçonnais d’erreur tout le camp à la fois.
Vous en Aulide ! vous ! Eh ! qu’y venez-vous faire ?
D’où vient qu’Agamemnon m’assurait le contraire ?
IPHIGÉNIE.
Seigneur, rassurez-vous : vos vœux seront contents.
Iphigénie encor n’y sera pas longtemps.
Scène VII.
ACHILLE, ÉRIPHILE, DORIS.
ACHILLE.
Elle me fuit ! Veillé-je ! ou n’est-ce point un songe ?
Dans quel trouble nouveau cette fuite me plonge !
Madame, je ne sais si sans vous irriter
Achille devant vous pourra se présenter ;
Mais si d’un ennemi vous souffrez la prière,
Si lui-même souvent a plaint sa prisonnière,
Vous savez quel sujet conduit ici leurs pas ?
Vous savez…
ÉRIPHILE.
Vous savez… Quoi ! seigneur, ne le savez-vous pas,
Vous qui, depuis un mois brûlant sur ce rivage,
Avez conclu vous-même et hâté leur voyage ?
ACHILLE.
De ce même rivage absent depuis un mois,
Je le revis hier pour la première fois.
ÉRIPHILE.
Quoi ! lorsque Agamemnon écrivait à Mycène,
Votre amour, votre main n’a pas conduit la sienne ?
Quoi ! vous, qui de sa fille adoriez les attraits…
ACHILLE.
Vous m’en voyez encore épris plus que jamais,
Madame ; et si l’effet eût suivi ma pensée,
Moi-même dans Argos je l’aurais devancée.
Cependant on me fuit. Quel crime ai-je commis ?
Mais je ne vois partout que des yeux ennemis.
Que dis-je ? en ce moment Calchas, Nestor, Ulysse,
De leur vaine éloquence employant l’artifice,
Combattaient mon amour, et semblaient m’annoncer
Que, si j’en crois ma gloire, il faut y renoncer.
Quelle entreprise ici pourrait être formée ?
Suis-je, sans le savoir, la fable de l’armée ?
Entrons : c’est un secret qu’il leur faut arracher.
Scène VIII.
ÉRIPHILE, DORIS.
ÉRIPHILE.
Dieux qui voyez ma honte, où me dois-je cacher ?
Orgueilleuse rivale, on t’aime ; et tu murmures !
Souffrirai-je à la fois ta gloire et tes injures ?
Ah ! plutôt… Mais, Doris, ou j’aime à me flatter,
Ou sur eux quelque orage est tout près d’éclater.
J’ai des yeux. Leur bonheur n’est pas encor tranquille :
On trompe Iphigénie ; on se cache d’Achille ;
Agamemnon gémit. Ne désespérons point ;
Et si le sort contre elle à ma haine se joint,
Je saurai profiter de cette intelligence
Pour ne pas pleurer seule et mourir sans vengeance.
ACTE TROISIÈME.
Scène première.
AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE.
CLYTEMNESTRE.
Oui, seigneur, nous partions ; et mon juste courroux
Laissait bientôt Achille et le camp loin de nous :
Ma fille dans Argos courait pleurer sa honte.
Mais lui-même, étonné d’une fuite si prompte,
Par combien de serments, dont je n’ai pu douter,
Vient-il de me convaincre, et de nous arrêter !
Il presse cet hymen qu’on prétend qu’il diffère,
Et vous cherche, brûlant d’amour et de colère :
Près d’imposer silence à ce bruit imposteur,
Achille en veut connaître et confondre l’auteur.
Bannissez ces soupçons qui troublaient notre joie.
AGAMEMNON.
Madame, c’est assez : je consens qu’on le croie.
Je reconnais l’erreur qui nous avait séduits,
Et ressens votre joie autant que je le puis.
Vous voulez que Calchas l’unisse à ma famille ;
Vous pouvez à l’autel envoyer votre fille :
Je l’attends. Mais, avant que de passer plus loin,
J’ai voulu vous parler un moment sans témoin.
Vous voyez en quels lieux vous l’avez amenée :
Tout y ressent la guerre, et non point l’hyménée.
Le tumulte d’un camp, soldats et matelots,
Un autel hérissé de dards, de javelots,
Tout ce spectacle enfin, pompe digne d’Achille,
Pour attirer vos yeux n’est point assez tranquille ;
Et les Grecs y verraient l’épouse de leur roi
Dans un état indigne et de vous et de moi.
M’en croirez-vous ? Laissez, de vos femmes suivie,
À cet hymen, sans vous, marcher Iphigénie.
CLYTEMNESTRE.
Qui ? moi ! que, remettant ma fille en d’autres bras,
Ce que j’ai commencé, je ne l’achève pas !
Qu’après l’avoir d’Argos amenée en Aulide,
Je refuse à l’autel de lui servir de guide !
Dois-je donc de Calchas être moins près que vous ?
Et qui présentera ma fille à son époux ?
Quelle autre ordonnera cette pompe sacrée ?
AGAMEMNON.
Vous n’êtes point ici dans le palais d’Atrée :
Vous êtes dans un camp…
CLYTEMNESTRE.
Vous êtes dans un camp… Où tout vous est soumis ;
Où le sort de l’Asie en vos mains est remis ;
Où je vois sous vos lois marcher la Grèce entière ;
Où le fils de Thétis va m’appeler sa mère.
Dans quel palais superbe et plein de ma grandeur
Puis-je jamais paraître avec plus de splendeur ?
AGAMEMNON.
Madame, au nom des dieux auteurs de notre race,
Daignez à mon amour accorder cette grâce.
J’ai mes raisons.
CLYTEMNESTRE.
J’ai mes raisons. Seigneur, au nom des mêmes dieux,
D’un spectacle si doux ne privez point mes yeux.
Daignez ne point ici rougir de ma présence.
AGAMEMNON.
J’avais plus espéré de votre complaisance.
Mais puisque la raison ne vous peut émouvoir,
Puisque enfin ma prière a si peu de pouvoir,
Vous avez entendu ce que je vous demande,
Madame : je le veux, et je vous le commande.
Obéissez.
Scène II.
CLYTEMNESTRE.
Obéissez. D’où vient que d’un soin si cruel
L’injuste Agamemnon m’écarte de l’autel ?
Fier de son nouveau rang, m’ose-t-il méconnaître ?
Me croit-il à sa suite indigne de paraître ?
Ou, de l’empire encor timide possesseur,
N’oserait-il d’Hélène ici montrer la sœur ?
Et pourquoi me cacher ? et par quelle injustice
Faut-il que sur mon front sa honte rejaillisse ?
Mais n’importe ; il le veut, et mon cœur s’y résout.
Ma fille, ton bonheur me console de tout !
Le ciel te donne Achille ; et ma joie est extrême
De t’entendre nommer… Mais le voici lui-même.
Scène III.
ACHILLE, CLYTEMNESTRE.
ACHILLE.
Tout succède, madame, à mon empressement :
Le roi n’a point voulu d’autre éclaircissement ;
Il en croit mes transports ; et sans presque m’entendre,
Il vient, en m’embrassant, de m’accepter pour gendre.
Il ne m’a dit qu’un mot. Mais vous a-t-il conté
Quel bonheur dans le camp vous avez apporté ?
Les dieux vont s’apaiser : du moins Calchas publie
Qu’avec eux, dans une heure, il nous réconcilie ;
Que Neptune et les vents, prêts à nous exaucer,
N’attendent que le sang que sa main va verser.
Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie,
Déjà sur sa parole ils se tournent vers Troie.
Pour moi, quoique le ciel, au gré de mon amour,
Dût encore des vents retarder le retour,
Que je quitte à regret la rive fortunée
Où je vais allumer les flambeaux d’hyménée,
Puis-je ne point chérir l’heureuse occasion
D’aller du sang troyen sceller notre union,
Et de laisser bientôt, sous Troie ensevelie,
Le déshonneur d’un nom à qui le mien s’allie ?
Scène IV.
ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, ÆGINE, DORIS.
ACHILLE.
Princesse, mon bonheur ne dépend que de vous ;
Votre père à l’autel vous destine un époux :
Venez y recevoir un cœur qui vous adore.
IPHIGÉNIE.
Seigneur, il n’est pas temps que nous partions encore.
La reine permettra que j’ose demander
Un gage à votre amour, qu’il me doit accorder.
Je viens vous présenter une jeune princesse :
Le ciel a sur son front imprimé sa noblesse.
De larmes tous les jours ses yeux sont arrosés ;
Vous savez ses malheurs, vous les avez causés.
Moi-même (où m’emportait une aveugle colère !)
J’ai tantôt, sans respect, affligé sa misère.
Que ne puis-je aussi bien, par d’utiles secours,
Réparer promptement mes injustes discours !
Je lui prête ma voix, je ne puis davantage.
Vous seul pouvez, seigneur, détruire votre ouvrage :
Elle est votre captive ; et ses fers, que je plains,
Quand vous l’ordonnerez tomberont de ses mains.
Commencez donc par là cette heureuse journée.
Qu’elle puisse à nous voir n’être plus condamnée.
Montrez que je vais suivre au pied de nos autels
Un roi qui, non content d’effrayer les mortels,
À des embrasements ne borne point sa gloire,
Laisse aux pleurs d’une épouse attendrir sa victoire,
Et par les malheureux quelquefois désarmé,
Sait imiter en tout les dieux qui l’ont formé.
ÉRIPHILE.
Oui, seigneur, des douleurs soulagez la plus vive.
La guerre dans Lesbos me fit votre captive ;
Mais c’est pousser trop loin ses droits injurieux,
Qu’y joindre le tourment que je souffre en ces lieux.
ACHILLE.
Vous, madame !
ÉRIPHILE.
Vous, madame ! Oui, seigneur ; et sans compter le reste,
Pouvez-vous m’imposer une loi plus funeste
Que de rendre mes yeux les tristes spectateurs
De la félicité de mes persécuteurs ?
J’entends de toutes parts menacer ma patrie ;
Je vois marcher contre elle une armée en furie ;
Je vois déjà l’hymen, pour mieux me déchirer,
Mettre en vos mains le feu qui la doit dévorer :
Souffrez que, loin du camp et loin de votre vue,
Toujours infortunée et toujours inconnue,
J’aille cacher un sort si digne de pitié,
Et dont mes pleurs encor vous taisent la moitié.
ACHILLE.
C’est trop, belle princesse : il ne faut que nous suivre.
Venez ; qu’aux yeux des Grecs Achille vous délivre ;
Et que le doux moment de ma félicité
Soit le moment heureux de votre liberté.
Scène V.
ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, ARCAS, ÆGINE, DORIS.
ARCAS.
Madame, tout est prêt pour la cérémonie.
Le roi près de l’autel attend Iphigénie ;
Je viens la demander : ou plutôt contre lui,
Seigneur, je viens pour elle implorer votre appui.
ACHILLE.
Arcas, que dites-vous ?
CLYTEMNESTRE.
Arcas, que dites-vous ? Dieux ! que vient-il m’apprendre ?
ARCAS, à Achille.
Je ne vois plus que vous qui la puisse défendre.
ACHILLE.
Contre qui ?
ARCAS.
Contre qui ? Je le nomme et l’accuse à regret :
Autant que je l’ai pu j’ai gardé son secret.
Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute prête ;
Dût tout cet appareil retomber sur ma tête,
Il faut parler.
CLYTEMNESTRE.
Il faut parler. Je tremble. Expliquez-vous, Arcas.
ACHILLE.
Qui que ce soit, parlez, et ne le craignez pas.
ARCAS.
Vous êtes son amant, et vous êtes sa mère :
Gardez-vous d’envoyer la princesse à son père.
CLYTEMNESTRE.
Pourquoi le craindrons-nous ?
ACHILLE.
Pourquoi le craindrons-nous ? Pourquoi m’en défier ?
ARCAS.
Il l’attend à l’autel pour la sacrifier.
ACHILLE.
Lui !
CLYTEMNESTRE.
Lui ! Sa fille !
IPHIGÉNIE.
Lui ! Sa fille ! Mon père !
ÉRIPHILE.
Lui ! Sa fille ! Mon père ! Ô ciel ! quelle nouvelle !
ACHILLE.
Quelle aveugle fureur pourrait l’armer contre elle ?
Ce discours sans horreur se peut-il écouter ?
ARCAS.
Ah ! seigneur, plût au ciel que je pusse en douter !
Par la voix de Calchas l’oracle la demande ;
De toute autre victime il refuse l’offrande ;
Et les dieux, jusque-là protecteurs de Pâris,
Ne nous promettent Troie et les vents qu’à ce prix.
CLYTEMNESTRE.
Les dieux ordonneraient un meurtre abominable !