L’Aiglon (page 7)

Edmond Rostand · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — L’Aiglon · 22 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

LE DUC.

Mais on ne redit rien, jamais.Quoi ?Dans le doute

J’ai proféré, pour voir, des mots séditieux :

On n’a rien répété jamais.

PROKESCH.

On n’a rien répété jamais !C’est curieux !

LE DUC.

Je crois que l’écouteur que la police paye

Lui vole son argent et qu’il est dur d’oreille.

PROKESCH, vivement.

Et la Comtesse ? — Rien de nouveau ?

LE DUC.

Et la Comtesse ? — Rien de nouveau ?Rien !

PROKESCH.

Et la Comtesse ? — Rien de nouveau ?Rien !Oh !

LE DUC, avec désespoir.

Et la Comtesse ? — Rien de nouveau ? Rien !Oh !Rien !

Elle m’oublie !… ou bien, on l’a surprise !… ou bien…

— Oh ! l’an passé, n’avoir pas fui, quelle folie !…

Non ! j’ai bien fait… je suis plus prêt ! — mais on m’oublie !…

PROKESCH.

Chut !…

(Il regarde autour de lui.) Chut !…Vous travaillez là ? C’est charmant !

LE DUC.

Chut !…Vous travaillez là ? C’est charmant !C’est chinois.

— Oh ! ces oiseaux dorés ! oh ! ces magots sournois

Tapissant tout le mur de sourires à claques !

Ils me logent ici, dans le Salon des Laques,

Pour que sur le fond noir de ce sombre décor,

Mon uniforme blanc ressorte mieux encor !

PROKESCH.

Prince !

LE DUC, allant et venant, avec agitation.

Prince !Ils ont composé de sots mon entourage !

PROKESCH.

Que faites-vous ici, depuis six mois ?

LE DUC.

Que faites-vous ici, depuis six mois ?Je rage.

PROKESCH, remonté vers le balcon.

Je ne connaissais pas Schœnbrunn.

LE DUC.

Je ne connaissais pas Schœnbrunn.C’est un tombeau !

PROKESCH, regardant.

La Gloriette, au fond, sur le ciel, c’est très beau !

LE DUC.

Oui, pendant que mon cœur de gloire s’inquiète,

J’ai ce diminutif, là-bas : la Gloriette !

PROKESCH, redescendant.

Vous avez tout le parc pour monter à cheval.

LE DUC.

Le parc est trop petit !

PROKESCH.

Le parc est trop petit !Vous avez tout le val !

LE DUC.

Le val est trop petit pour que l’on y galope !

PROKESCH.

Et que vous faut-il donc pour galoper ?

LE DUC.

Et que vous faut-il donc pour galoper ?L’Europe !

PROKESCH, voulant le calmer.

Chut !

LE DUC.

Chut !Et quand je relève un front éclaboussé

De gloire par mon livre, et lorsque du passé

Je ressors ébloui, quand je ferme Plutarque,

Quand je saute, ô César, en pleurant, de ta barque,

Quand je quitte mon père, Alexandre, Annibal…

UN LAQUAIS, paraissant à une porte de gauche.

Quel habit Monseigneur mettra-t-il pour le bal ?

LE DUC, à Prokesch.

Voilà !

(Au laquais, violemment.) Voilà !Je ne sors pas !

(Le laquais disparaît.)

PROKESCH, qui feuillette des livres, sur la table.

Voilà !Je ne sors pas !On vous laisse tout lire ?…

LE DUC.

Tout !… Il est loin le temps où Fanny, pour m’instruire,

Apprenait des récits par cœur ! — Plus tard j’obtins

Que quelqu’un me passât des livres clandestins.

PROKESCH, souriant.

La bonne archiduchesse ?

LE DUC.

La bonne archiduchesse ?Oui, chaque jour, un livre.

Dans ma chambre, le soir, je lisais ; j’étais ivre.

Et puis, quand j’avais lu, pour cacher le délit,

Je lançais le volume en haut du ciel-de-lit !

Les livres s’entassaient dans ce creux d’ombre noire,

Si bien que je dormais sous un dôme d’Histoire.

Et, le jour, tout cela restait tranquille, mais

Tout cela s’éveillait dès que je m’endormais ;

De ces pages, alors, qui les pressaient entre elles,

Les batailles sortaient en s’étirant les ailes !

Des feuilles de laurier pleuvaient sur mes yeux clos ;

Austerlitz descendait tout le long des rideaux ;

Iéna se suspendait au gland qui les relève,

Pour se laisser tomber, tout d’un coup, dans mon rêve !

— Or, un jour que chez moi, Metternich, gravement,

Me racontait mon père, à sa guise !… au moment

Où, très doux, j’avais l’air tout à fait de le croire,

Voilà mon baldaquin qui croule sous la gloire !

Cent livres, dans ma chambre, agitent un seul nom

En battant des feuillets !

PROKESCH.

En battant des feuillets !Metternich bondit ?

LE DUC.

En battant des feuillets !Metternich bondit ?Non.

Calme, il me dit, avec son sourire d’évêque :

« Pourquoi placer si haut votre bibliothèque ? »

Et sortit… Depuis lors je lis ce que je veux.

PROKESCH, désignant un volume.

Même Le Fils de l’homme ?

LE DUC.

Même Le Fils de l’homme ?Oui.

PROKESCH.

Même Le Fils de l’homme ?Oui.Ce livre odieux ?

LE DUC.

Oui. Ce livre français — car la haine est injuste ! —

Prétend qu’on m’empoisonne et parle de Locuste.

Mais, France, s’il se meurt, ton prince impérial,

Pourquoi diminuer la beauté de son mal ?

Ce n’est pas d’un poison grossier de mélodrame

Que le duc de Reichstadt se meurt : c’est de son âme !

PROKESCH.

Monseigneur !

LE DUC.

Monseigneur !De mon âme et de mon nom !… ce nom

Dans lequel il y a des cloches, du canon,

Et qui tonne, sans cesse, et sonne des reproches

À ma langueur, avec son canon et ses cloches !

Salves et carillons, taisez-vous ! — Du poison ?

Comme si j’en avais besoin dans ma prison !

(Il est remonté vers la fenêtre.) Oh ! vouloir à l’histoire ajouter des chapitres,

Et puis n’être qu’un front qui se colle à des vitres !

(Il redescend vers Prokesch.) Je tâche d’oublier quelquefois. — Quelquefois

Je m’élance à cheval, éperdument. Je bois

Le vent ; je ne suis plus qu’un désir d’aller vite,

De crever mon cheval et mon rêve ; j’évite

De regarder courir au loin les peupliers

Pareils à des bonnets penchés de grenadiers ;

Je vais ; je ne sais plus quel est mon nom ; je hume

Avec enivrement la forte odeur d’écume,

De poussière, de cuir, de gazon écrasé ;

Enfin, vainqueur du rêve, heureux, brisé, grisé,

J’arrête mon cheval au bord d’un champ de seigle,

Lève les yeux au ciel, — et vois passer un aigle !

(Il tombe assis, — reste un instant accoudé sur la table, la tête dans ses mains. — Puis, d’une voix plus sourde :) — Encor, si je pouvais en moi-même avoir foi !

(Il lève sur Prokesch un regard d’angoisse.) Vous qui me connaissez, que pensez-vous de moi ?

Ah ! Prokesch ! Si j’étais ce qu’on dit que nous sommes,

Que nous sommes souvent, nous, les fils de grands hommes !

Ce doute, avec des mots, Metternich l’entretient !

Il a raison, — et c’est son devoir d’Autrichien ! —

J’ai froid quand, pour y prendre un mot de sa manière,

Il ouvre son esprit comme une bonbonnière !

— Vous, dites-moi quelle est au juste ma valeur ?

Vous qui me connaissez… puis-je être un empereur ?

(Avec désespoir.) — Que de ce front, mon Dieu, la couronne s’écarte,

Si sa pâleur n’est pas celle d’un Bonaparte !

PROKESCH, ému.

Prince…

LE DUC.

Prince…Répondez-moi ! Dois-je me dédaigner ?

Parlez-moi franchement : que suis-je ? — Pour régner,

Ai-je le front trop lourd et les poignets trop minces ? —

Que pensez-vous de moi ?

PROKESCH, gravement, lui prenant les deux mains.

Que pensez-vous de moi ?Prince, si tous les princes

Connaissaient ces tourments, ces doutes, ces effrois,

Il n’y aurait jamais que d’admirables rois.

LE DUC, avec un cri de joie, l’embrassant.

Merci ! Prokesch ! — Ah ! ce seul mot me réconforte.

— Travaillons, mon ami.

Scène V

LE DUC, PROKESCH, puis THÉRÈSE.

(Un laquais entre, pose sur la table un plateau avec des lettres et sort. C’est celui que le Duc a désigné tout à l’heure comme le gardant la nuit, l’homme que l’huissier a appelé le Piémontais.)

PROKESCH.

Travaillons, mon ami.Le courrier qu’on apporte…

(Il montre les lettres au duc.) Beaucoup de lettres…

LE DUC.

Beaucoup de lettres…Oui… de femmes. Celles-là,

On les laisse arriver.

PROKESCH.

On les laisse arriver.Que de succès !

LE DUC.

On les laisse arriver.Que de succès !Voilà

Ce que c’est que d’avoir l’auréole fatale !

(Il prend une lettre que Prokesch lui passe, décachetée.) « Dans votre loge, hier, comme vous étiez pâle… »

Je déchire.

(Il déchire et en prend une autre.) Je déchire.« Oh ! ce front qui… » Je déchire.

(Il déchire, et Prokesch lui en passe une troisième.) Je déchire.« Oh ! ce front qui… » Je déchire.« Hier,

Je vous vis, à cheval, passer sur le Prater… »

Je déchire.

(Même jeu.)

PROKESCH.

Je déchire.Toujours ?

LE DUC, prenant encore une lettre.

Je déchire.Toujours ?« Prince, votre jeunesse,

Votre inexpérience… » Ah ! c’est la chanoinesse !

— Je déchire…

(La porte s’ouvre doucement, et Thérèse paraît)

THÉRÈSE, timidement.

Je déchire…Pardon…

LE DUC, se retournant à sa voix.

Je déchire…Pardon…Petite Source, vous ?

THÉRÈSE.

Mais pourquoi donc toujours ce surnom ?

LE DUC.

Mais pourquoi donc toujours ce surnom ?Il est doux.

Il est pur. Il vous va.

THÉRÈSE.

Il est pur. Il vous va.Je pars demain pour Parme.

Votre mère m’emmène.

LE DUC, avec un sourire forcé.

Votre mère m’emmène.Essuyons une larme !

THÉRÈSE, tristement.

Parme !…

LE DUC.

Parme !…C’est le pays des violettes…

THÉRÈSE.

Parme !…C’est le pays des violettes…Oui…

LE DUC.

Si ma mère ne le sait pas, dites-le-lui !

THÉRÈSE.

Oui, Monseigneur. — Adieu.

(Elle remonte lentement pour sortir.)

LE DUC.

Oui, Monseigneur. — Adieu.Reprenez votre course.

Petite Source !

THÉRÈSE, s’arrêtant.

Petite Source !Mais… pourquoi « Petite Source » ?

LE DUC.

Mais parce qu’elle m’a rafraîchi bien des fois,

L’eau qui dort dans vos yeux et court dans votre voix.

— Adieu…

THÉRÈSE remonte, puis, sur le seuil, comme attendant, espérant encore…

Adieu…Vous n’avez pas autre chose à me dire ?

LE DUC.

Pas autre chose…

THÉRÈSE.

Pas autre chose…Adieu, Monseigneur…

(Elle sort)

LE DUC.

Pas autre chose…Adieu, Monseigneur…Je déchire.

Scène VI

LE DUC, PROKESCH.

PROKESCH.

Oh ! je vois…

LE DUC, rêveur.

Ah ! je vois…Elle m’aime… et j’aurais pu vraiment…

(Changeant de ton.) — Mais faisons de l’histoire et non pas du roman !

Travaillons… Reprenons notre cours de tactique.

PROKESCH, déroulant un papier qu’il a apporté et l’appliquant sur la table :

Je vous soumets un plan. Faites-m’en la critique.

LE DUC, débarrassant la grande table, écartant les livres et les armes pour ménager un champ de bataille.

Attends ! Prends-moi d’abord — là, dans ce coin, tu vois ? —

La grande boîte où sont tous mes soldats de bois !

Ma démonstration, je vais bien mieux la faire

Avec notre petit échiquier militaire.

PROKESCH, apportant au duc la boîte de soldats.

Prouvez-moi que ce plan est des plus hasardeux.

LE DUC, posant la main sur la boîte, dans un retour de mélancolie.

Voilà donc les soldats de Napoléon Deux !

PROKESCH.

Prince !…

LE DUC.

Prince !…La surveillance est tellement étroite,

Que même mes soldats — tu peux ouvrir la boîte ! —

Que même mes soldats de bois sont Autrichiens !

— Passe-m’en un. — Posons notre aile gauche…

(Il prend sans le regarder le soldat que lui passe Prokesch, cherchant de l’œil sa place sur la table, le pose, et brusquement, le voyant.) — Passe-m’en un. — Posons notre aile gauche…Tiens !

PROKESCH.

Quoi donc ?

LE DUC, avec stupeur, reprenant le soldat et le regardant.

Quoi donc ?Un grenadier de la garde !

(Prokesch lui en passe un autre.) Quoi donc ? Un grenadier de la garde !Un vélite !

(À chaque soldat que lui passe Prokesch.) Un guide ! — Un cuirassier ! — Un gendarme d’élite !

— Il sont tous devenus Français ! On a repeint

Chacun de ces petits combattants de sapin !

(Il se précipite vers la boîte, — et les sort lui-même avec un émerveillement croissant.) Français ! Français ! Français !

PROKESCH.

Français ! Français ! Français !Quel est donc ce prodige ?

LE DUC.

Quelqu’un les a repeints et resculptés, te dis-je !

PROKESCH.

Quelqu’un ?

LE DUC.

Quelqu’un ?Et ce quelqu’un… est un soldat !

PROKESCH.

Quelqu’un ?Et ce quelqu’un est un soldat !Pourquoi ?

LE DUC, lui faisant regarder de près les petits soldats.

Il y a sept boutons à l’habit bleu de roi !

Les collets sont exacts. Les revers sont fidèles.

Torsades, brandebourgs, trèfles, nids d’hirondelles,

Tout y est ! Ce quelqu’un ne peut être indécis

Ni sur un passe-poil, ni sur un retroussis !

Les lisérés sont blancs, les pattes ont trois pointes…

Oh ! toi, qui que tu sois, ami, c’est à mains jointes

Que je te remercie, ô soldat inconnu,

Qui, je ne sais comment, je ne sais d’où venu,

A trouvé le moyen, dans ce bagne où nous sommes,

De repeindre pour moi tous ces petits bonshommes !

Petite armée en bois, le héros, quel est-il,

— Seul un héros peut être à ce point puéril ! —

Qui vient de t’équiper afin que tu me ries

De toutes les blancheurs de tes buffleteries !

Mais comment a-t-il fait pour échapper aux yeux ?

Oh ! quel est le pinceau tendre et minutieux

Qui leur a mis à tous des petites moustaches,

Qui timbra de canons croisés les sabretaches,

Et qui n’oublia pas de se tremper dans l’or

Pour mettre aux officiers la grenade ou le cor !

(S’exaltant de plus en plus.) Sortons-les tous !… La table en est toute couverte.

Voici les voltigeurs à l’épaulette verte,

Voici les tirailleurs, et voici les flanqueurs !

Sortons-les, sortons-les, tous ces petits vainqueurs !

Oh ! regarde, Prokesch, dans la boîte, enfermée,

Regarde ! il y avait toute la Grande Armée !

— Voici les Mamelucks ! — Tiens ! là ! je reconnais

Les plastrons cramoisis des lanciers polonais !

Voici les éclaireurs culottés d’amarante !

Enfin, voici, guêtrés de couleur différente,

Les grenadiers de ligne aux longs plumets tremblants

Qui montaient à l’assaut avec des mollets blancs,

Et les conscrits chasseurs aux pompons verts en poires

Qui couraient à la Mort avec des jambes noires !

(Soupirant.) Pareil au prisonnier rêveur qui se ferait

Toute une frémissante et profonde forêt

Avec l’arbre en copeaux d’un jardin de poupée,

Rien qu’avec ces soldats, je me fais l’Épopée !

(Il s’éloigne à reculons de la table.) — Mais c’est vrai ! Mais déjà je ne vois plus du tout

La rondelle de bois qui les maintient debout !

Cette armée, on dirait, Prokesch, lorsqu’on recule,

Que c’est l’éloignement qui la rend minuscule !…

(Il revient, d’un bond, et disposant fiévreusement les petites troupes.) Alignons-les ! Faisons des Wagram, des Eylau !

(Il saisit un sabre posé, parmi les armes, sur la console, — et le place en travers de son champ de bataille.) Tiens ! ce yatagan nu va représenter l’eau !

C’est le Danube !…

(Il désigne des points imaginaires.) C’est le Danube !…Essling !… Aspern, là dans la boîte !

(À Prokesch.) Lance un pont de papier sur l’acier qui miroite !

— Passe-moi deux ou trois grenadiers à cheval !

— Il faut une hauteur : prends le Mémorial !

— Là, Saint-Cyr !… Molitor, vainqueur de Bellegarde !

Et là, passant le pont…

(Depuis un instant Metternich est entré et, debout, derrière le duc qui, dans le feu de l’action, s’est agenouillé devant la table pour mieux arranger les soldats, — il suit les manœuvres.)

Scène VII

Les Mêmes, METTERNICH, puis UN LAQUAIS.

METTERNICH, tranquillement.

Et là, passant le pont…Passant le pont ?

LE DUC, tressaille, et se retournant.

Et là, passant le pont…Passant le pont ?La garde !

METTERNICH, regardant avec son lorgnon.

Alors, toute l’armée est française, aujourd’hui ?

D’où vient qu’on ne voit pas d’Autrichiens ?

LE DUC.

D’où vient qu’on ne voit pas d’Autrichiens ?Ils ont fui.

METTERNICH.

Tiens ! tiens !

(Il prend un des petits soldats, le retourne.) Tiens ! tiens !Qui vous les a peinturlurés ?

LE DUC, sèchement.

Tiens ! tiens ! Qui vous les a peinturlurés ?Personne.

METTERNICH.

C’est vous ?… Vous abîmez les joujoux qu’on vous donne ?

LE DUC, pâlissant.

Mais, Monsieur !…

(Metternich sonne. Un laquais paraît. C’est le même que tout à l’heure.)

METTERNICH, au laquais.

Mais, Monsieur !…Emportez et jetez ces soldats !

On en rapportera de neufs.

LE DUC.

On en rapportera de neufs.Je n’en veux pas !

Si j’en suis au joujou, du moins qu’il soit épique !

METTERNICH.

Quelle mouche, ou plutôt quelle abeille, vous pique ?

LE DUC, marchant sur lui les poings crispés.

Sachez que l’ironie étant peu de mon gré…

LE LAQUAIS, qui emporte les soldats, en passant derrière le duc, bas et vite.

Taisez-vous, Monseigneur, je vous les repeindrai.

METTERNICH, qui remontait, se retourne à la menace du duc, et avec hauteur.

Plaît-il ?

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