L’Aiglon (page 8)
LE DUC, calmé subitement, avec une humilité forcée :
Plaît-il ?Rien. — Un moment d’humeur involontaire.
Pardonnez-moi…
(À part.) Pardonnez-moi…J’ai quelqu’un là. Je peux me taire !
METTERNICH.
J’amenais justement votre ami.
LE DUC.
J’amenais justement votre ami.Mon ami ?
METTERNICH.
Le maréchal Marmont.
PROKESCH, avec une indignation contenue.
Le maréchal Marmont.Marmont !
METTERNICH, regardant Prokesch.
Le maréchal Marmont.Marmont !Il est parmi
Ceux qu’il me plaît de voir ici.
PROKESCH, entre ses dents.
Ceux qu’il me plaît de voir ici.J’aime à le croire.
METTERNICH.
Il est là.
LE DUC, très aimablement.
Il est là.Mais qu’il vienne !
(Metternich sort. À peine la porte fermée, le duc s’abat dans le fauteuil, et se cognant avec désespoir la tête contre la table.) Il est là.Mais qu’il vienne !Ah ! mon père !… la gloire !…
Les aigles !… le manteau !… le trône impérial !…
(On entend la porte se rouvrir. Il se redresse, immédiatement calme et souriant, et très naturellement, à Marmont qui entre avec Metternich.) Comment vous portez-vous, Monsieur le maréchal ?
METTERNICH, désirant emmener Prokesch.
Prokesch, venez un peu voir la chambre qu’habite
Le duc…
(Il lui prend le bras et l’emmène. Le duc et Marmont restent seuls.)
Scène VIII
LE DUC, MARMONT, un instant METTERNICH et PROKESCH
MARMONT, s’asseyant sur un signe du duc.
Le duc…C’est, Monseigneur, ma dernière visite
Car, sur lui, je n’ai plus à vous apprendre rien.
LE DUC.
C’est vraiment désolant ; vous en parliez si bien
MARMONT.
J’en ai fait un portrait fidèle à Votre Altesse.
LE DUC.
Fidèle ! — Alors, plus rien ?
MARMONT.
Fidèle ! — Alors, plus rien ?Plus rien.
LE DUC.
Fidèle ! — Alors, plus rien ?Plus rien.Sur sa jeunesse,
Plus aucun souvenir ?
MARMONT.
Plus aucun souvenir ?Aucun.
LE DUC.
Plus aucun souvenir ?Aucun.Résumons-nous :
Il fut très grand.
MARMONT.
Il fut très grand.Très grand.
LE DUC.
Il fut très grand.Très grand.Mais peut-être, sans vous,
Aurait-il…
MARMONT.
Aurait-il…J’ai parfois empêché…
LE DUC.
Aurait-il…J’ai parfois empêché…Le désastre.
MARMONT, encouragé.
Dame ! il avait le tort de trop croire…
LE DUC.
Dame ! il avait le tort de trop croire…À son astre.
MARMONT, satisfait.
Nous nous rencontrons bien dans nos conclusions.
LE DUC.
Et ce fut, n’est-ce pas ? comme nous le disions…
MARMONT, s’abandonnant tout à fait.
Ce fut un général, certes, considérable,
Mais enfin on ne peut pas dire…
LE DUC.
Mais enfin on ne peut pas dire…Misérable !
MARMONT, se levant.
Hein ?
LE DUC.
Hein ? Puisque j’ai fini de vous prendre aujourd’hui
Tout ce qui vous restait de souvenirs de lui,
Tout ce qui, malgré vous, en vous, était splendide, —
Je vous jette à présent, — puisque vous êtes vide !
MARMONT, blême.
Mais je…
LE DUC.
Mais je…L’avoir trahi, duc de Raguse, — toi !
Oui, vous vous disiez tous, je sais : « Pourquoi pas moi ? »
En voyant empereur votre ancien camarade…
Mais toi ! toi ! qu’il aima depuis le premier grade !
— Car il t’aimait au point de rendre mécontents
Ses soldats ! — toi qu’il fit maréchal à trente ans !…
MARMONT, rectifiant sèchement.
Trente-cinq !
LE DUC.
Trente-cinq !Et voilà ! c’est le traître d’Essonnes !
Et pour dire : trahir ! le peuple — tu frissonnes ! —
Le peuple a fabriqué le verbe raguser !
(Se levant tout d’un coup et marchant sur lui.) Ne vous laissez donc pas en silence accuser !
Répondez ! Ce n’est plus le prince François-Charle,
C’est Napoléon Deux maintenant qui vous parle !
MARMONT, qui recule, bouleversé.
Mais on vient !… Metternich !… je reconnais sa voix…
LE DUC, lui montrant la porte qui s’ouvre, fièrement.
Eh bien ! trahissez-nous une seconde fois !
(Les bras croisés, il le brave du regard. Silence. Metternich reparaît avec Prokesch.)
METTERNICH, traversant le fond avec Prokesch.
Ne vous dérangez pas. Causez ! causez !… J’emmène
Prokesch, au fond du parc, voir la Ruine Romaine
Où j’organise un bal. — Dernier représentant
D’un monde qui mourra, dit-on, dans un instant,
J’aime assez que ce soit sur des ruines qu’on danse !
À demain…
(Ils sortent. Un temps.)
MARMONT, d’une voix sourde.
À demain…Monseigneur, j’ai gardé le silence.
LE DUC.
Il n’aurait plus manqué que vous ragusassiez !
MARMONT, saisissant une chaise.
Vous pouvez conjuguer ce verbe ; je m’assieds.
LE DUC.
Comment ?
MARMONT.
Comment ? Je vous permets de conjuguer ce verbe,
Car vous avez été, tout à l’heure, superbe !
LE DUC.
Monsieur !…
MARMONT, haussant les épaules.
Monsieur !…J’ai dit du mal de l’Empereur ? j’en dis
Toujours… depuis quinze ans, c’est vrai : je m’étourdis !
Ne comprenez-vous pas que le duc de Raguse
Espère se trouver, à lui-même, une excuse ?
— La vérité… c’est que je ne l’ai pas revu.
Si je l’avais revu, je serais revenu !
Bien d’autres l’ont trahi, croyant servir la France !
Mais ils l’ont tous revu ! Voilà la différence !
Tous ils étaient repris ! — et je le suis, ce soir !…
LE DUC.
Pourquoi ?
MARMONT, avec une brusque chaleur.
Pourquoi ? Mais parce que je viens de le revoir !
LE DUC, auquel échappe presque un cri de joie.
Comment ?
MARMONT, tendant la main vers le Duc.
Comment ? Là, dans le front, dans la fureur du geste,
Dans l’œil étincelant !… Insultez-moi. Je reste.
LE DUC.
Ah !… tu réparerais un peu, si c’était vrai !
Et c’est toi, par ton cri, qui m’aurais délivré
De ce doute de moi, si triste, et qu’on exploite.
Quoi ! malgré mon front lourd et ma poitrine étroite ?…
MARMONT.
Je l’ai revu !
LE DUC.
Je l’ai revu !D’espoir je suis réenvahi !
Je voudrais pardonner ! — Pourquoi l’as-tu trahi ?
MARMONT.
Ah ! Monseigneur !…
LE DUC.
Ah ! Monseigneur !…Pourquoi, — vous autres ?
MARMONT, avec un geste découragé.
Ah ! Monseigneur !…Pourquoi, — vous autres ? La fatigue !
(Depuis un instant, la porte du fond, à droite, s’est entr’ouverte sans bruit, et on a pu apercevoir, dans l’entrebâillement, le laquais qui a emporté les petits soldats, écoutant. À ce mot : la fatigue, il entre et referme doucement la porte derrière lui, pendant que Marmont continue, dans un accès de franchise.)
Que voulez-vous ?… Toujours l’Europe qui se ligue !
Être vainqueur, c’est beau, mais vivre a bien son prix !
Toujours Vienne, toujours Berlin, — jamais Paris !
Tout à recommencer, toujours !… On recommence
Deux fois, trois fois, et puis… C’était de la démence !
À cheval sans jamais desserrer les genoux !
À la fin nous étions trop fatigués !
LE LAQUAIS, d’une voix de tonnerre.
À la fin nous étions trop fatigués !Et nous ?…
Scène IX
LE DUC, MARMONT, FLAMBEAU.
LE DUC ET MARMONT, se retournant et l’apercevant debout, au fond, les bras croisés.
Hein ?
LE LAQUAIS, descendant peu à peu vers Marmont.
Hein ?Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades,
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,
Sans espoir de duchés ni de dotations ;
Nous qui marchions toujours et jamais n’avancions ;
Trop simples et trop gueux pour que l’espoir nous berne
De ce fameux bâton qu’on a dans sa giberne ;
Nous qui par tous les temps n’avons cessé d’aller,
Suant sans avoir peur, grelottant sans trembler,
Ne nous soutenant plus qu’à force de trompette,
De fièvre, et de chansons qu’en marchant on répète ;
Nous sur lesquels pendant dix-sept ans, songez-y,
Sac, sabre, tourne-vis, pierres à feu, fusil,
— Ne parlons pas du poids toujours absent des vivres ! —
Ont fait le doux total de cinquante-huit livres ;
Nous qui coiffés d’oursons sous les ciels tropicaux,
Sous les neiges n’avions même plus de shakos ;
Qui d’Espagne en Autriche exécutions des trottes ;
Nous qui pour arracher ainsi que des carottes
Nos jambes à la boue énorme des chemins,
Devions les empoigner quelquefois à deux mains ;
Nous qui pour notre toux n’ayant pas de jujube,
Prenions des bains de pied d’un jour dans le Danube ;
Nous qui n’avions le temps quand un bel officier
Arrivait, au galop de chasse, nous crier
« L’ennemi nous attaque, il faut qu’on le repousse ! »
Que de manger un blanc de corbeau sur le pouce,
Ou vivement, avec un peu de neige, encor,
De nous faire un sorbet au sang de cheval mort ;
Nous…
LE DUC, les mains crispées aux bras de son fauteuil, penché en avant, les yeux ardents.
Nous…Enfin !…
LE LAQUAIS.
Nous…Enfin !…… qui, la nuit, n’avions pas peur des balles,
Mais de nous réveiller, le matin, cannibales ;
Nous…
LE DUC, de plus en plus penché, s’accoudant sur la table, et dévorant cet homme du regard.
Nous…Enfin !…
LE LAQUAIS.
Nous…Enfin !…… qui marchant et nous battant à jeun,
Ne cessions de marcher…
LE DUC, transfiguré de joie.
Ne cessions de marcher…Enfin ! j’en vois donc un !
LE LAQUAIS.
… Que pour nous battre, — et de nous battre un contre quatre,
Que pour marcher, — et de marcher que pour nous battre,
Marchant et nous battant, maigres, nus, noirs et gais…
Nous, nous ne l’étions pas, peut-être, fatigués ?
MARMONT, interdit.
Mais…
LE LAQUAIS.
Mais…Et sans lui devoir, comme vous, des chandelles,
C’est nous qui cependant lui restâmes fidèles !
Aux portières du roi votre cheval dansait !…
(Au duc.) De sorte, Monseigneur, qu’à la cantine où c’est
Avec l’âme qu’on mange et de gloire qu’on dîne…
Sa graine d’épinard ne vaut pas ma sardine !
MARMONT.
Quel est donc ce laquais qui s’exprime en grognard ?
LE LAQUAIS, prenant la position militaire.
Jean-Pierre-Séraphin Flambeau, dit « le Flambard ».
Ex-sergent grenadier vélite de la garde.
Né de papa breton et de maman picarde.
S’engage à quatorze ans, l’an VI, deux germinal.
Baptême à Marengo. Galons de caporal
Le quinze fructidor an XII. Bas de soie
Et canne de sergent trempés de pleurs de joie
Le quatorze juillet mil huit cent neuf, — ici,
— Car la garde habita Schœnbrunn et Sans-Souci ! —
Au service de Sa Majesté Très Française
Total des ans passés : seize ; campagnes : seize.
Batailles : Austerlitz, Eylau, Somo-Sierra,
Eckmühl, Essling, Wagram, Smolensk… et cætera !
Faits d’armes : trente-deux. Blessures : quelques-unes.
Ne s’est battu que pour la gloire, et pour des prunes.
MARMONT, au duc.
Vous n’allez pas ainsi l’écouter jusqu’au bout ?
LE DUC.
Oui, vous avez raison, pas ainsi, — mais debout !
(Il se lève.)
MARMONT.
Monseigneur…
LE DUC, à Marmont.
Monseigneur…Dans le livre aux sublimes chapitres,
Majuscules, c’est vous qui composez les titres,
Et c’est sur vous toujours que s’arrêtent les yeux !
Mais les mille petites lettres… ce sont eux !
Et vous ne seriez rien sans l’armée humble et noire
Qu’il faut pour composer une page d’histoire !
(À Flambeau) Ah ! mon brave Flambeau, peintre en soldats de bois,
Quand je pense que je te vois depuis un mois,
Et que tu m’agaçais avec tes surveillances !…
FLAMBEAU, souriant.
Oh ! nous sommes de bien plus vieilles connaissances !
LE DUC.
Nous ?
FLAMBEAU, avançant sa bonne grosse figure.
Nous ?Monseigneur ne me remet pas ?
LE DUC.
Nous ? Monseigneur ne me remet pas ?Pas du tout !
FLAMBEAU, insistant.
Mais un jeudi matin ! dans le parc de Saint-Cloud !…
— Le maréchal Duroc, la dame de service
Regardaient Votre Altesse user d’une nourrice
Si blanche, il m’en souvient, que j’en reçus un choc.
« Approche ! » me cria le maréchal Duroc.
J’obéis. Mais j’étais troublé par trop de choses…
L’enfant impérial, les grandes manches roses
De la dame d’honneur, ce maréchal, — ce sein…
Bref, mon plumet tremblait à mon bonnet d’oursin.
Si bien qu’il intrigua les yeux de Votre Altesse.
Vous le considériez rêveusement… Qu’était-ce ?
Et tout en lui faisant un rire plein de lait,
Vous sembliez chercher si ce qu’il vous fallait
Admirer davantage en sa rougeur qui bouge,
C’était qu’elle bougeât, ou bien qu’elle fût rouge.
Soudain, m’étant penché, je sentis, inquiet,
Que vos petites mains tripotaient mon plumet.
Le maréchal Duroc me dit d’un ton sévère :
« Laissez faire Sa Majesté ! ». Je laissai faire.
J’entendais — ayant mis à terre le genou —
Rire le maréchal, la dame, et la nounou…
Et quand je me levai, toute rouge était l’herbe,
Et j’avais pour plumet un fil de fer imberbe.
« Je vais signer un bon pour qu’on t’en rende deux ! »
Dit Duroc. — Je revins au quartier, radieux !
« Hé ! psitt ! là-bas ! Qui donc m’a déplumé cet homme ? »
Dit l’adjudant. Je répondis : « Le Roi de Rome. »
— Voilà comment je fis connaissance, un jeudi,
De Votre Majesté. Votre Altesse a grandi.
LE DUC.
Non, je n’ai pas grandi — c’est bien là ma tristesse ! —
Puisque Sa Majesté n’est plus que Son Altesse.
MARMONT, bourru, à Flambeau.
Et qu’as-tu fait depuis que l’Empire est tombé ?
FLAMBEAU, le toisant.
Je crois m’être conduit toujours comme un bon…
(Il va lâcher le mot, mais la présence du prince le retient, et il dit seulement :)
Je crois m’être conduit toujours comme un bon…B.
Je connais Solignac et Fournier-Sarlovèze,
Conspire avec Didier, en mai mil huit cent seize ;
Complot raté ; je vois exécuter Miard,
Un enfant de quinze ans, et David, un vieillard.
Je pleure. On me condamne à mort par contumace.
Bien. Je rentre à Paris sous un faux nom. Je casse,
Sous prétexte qu’il mit sa botte sur mes cors,
Un tabouret de bois sur un garde du corps.
Je préside des punchs terribles. Je dépense
Soixante sous par mois. Je garde l’espérance
Que l’Autre peut encor débarquer, dans le Var !
Je me promène, avec un chapeau bolivar.
Quiconque me regarde est traité de « vampire ».
Je me bats trente fois en duel. Je conspire
À Béziers. Le coup rate. On me condamne à mort
Par contumace. Bon. Je m’affilie encor
Au complot de Lyon. On nous arrête en masse.
Je file. On me condamne à mort par contumace.
Et je rentre à Paris, où, comme par hasard,
Je me trouve fourré du complot du bazar.
Desnouettes (Lefèvre) étant en Amérique,
Je l’y joins : « Général, que fait-on ? » — « On rapplique ! »
Départ ; naufrage ; et comme un simple passager,
Voilà mon général noyé. Je sais nager,
Et je nage, en pleurant Lefèvre-Desnouettes…
Bon, très bien. Du soleil, des flots bleus, des mouettes,
Un navire, on me cueille… et je débarque, mûr
Pour aller prendre part au complot de Saumur.
Complot raté. Cour prévôtale. Je m’esbigne.
Le commandant Caron du cinquième de ligne
Conspirant à Toulon, j’y vole. Mais en vain,
Car nous bavardons trop chez un marchand de vin :
Tout rate. On me condamne à mort par contumace.
Je vais me dérouiller en Grèce la carcasse
Contre ces sales Turcs, que l’on écrabouillait !
Enfin je rentre en France, un matin de juillet,
Je vois faire un tas de pavés, j’y collabore,
Je me bats ; et, le soir, le drapeau tricolore
Flotte au lieu du drapeau pâle de l’émigré.
Mais comme à ce drapeau, quelque chose, à mon gré,
Manquait encore, en haut de sa hampe infidèle,
— Vous savez, quelque chose, en or, qui bat de l’aile ! —
Je pars pour un complot en Romagne. Il rata.
Une cousine à vous…
LE DUC, vivement.
Une cousine à vous…Son nom ?
FLAMBEAU.
Une cousine à vous…Son nom ? Camerata !
Me prend pour professeur d’escrime…
LE DUC, comprenant tout.
Me prend pour professeur d’escrime…Ah !…
FLAMBEAU.
Me prend pour professeur d’escrime…Ah !…En Toscane !
On conspire, en faisant du sabre et de la canne ;
Un poste dangereux était à prendre ici,
On me donne de faux papiers, et me voici.
(Il se frotte les mains, rit silencieusement, et, clignant de l’œil :) — Je suis là. Mais je vois, chaque jour, la comtesse.
J’ai trouvé, dans le parc, ce trou que votre Altesse
Creusa jadis avec son précepteur Colin
Pour jouer au petit Robinson ; — moi, malin,
Je m’y cache ; c’est un couloir à deux sorties,
L’une dans des fourmis, l’autre dans des orties ;
J’attends ; votre cousine, un album dans les mains,
Vient en touriste ; et là, près des machins romains,
Elle sur un pliant, et moi dans de la glaise,