Lettres à Lucilius (page 18)
[67] C'est le mot de Voltaire : « La langue française est une gueuse fière; il faut lui faire l'aumône malgré elle. »
[71] Plus tard les scolastiques ont créé le mot ens, entis.
[72] « Je suis ; dites quelle chose? Car ce que j'étais a disparu de moi; et maintenant je suis autre chose. Que serai-je demain si je suis encore? Rien de durable. Je passe et me précipite, tel que le cours d'un fleuve. Dis-moi ce que je te parais être le plus, et t'arrêtant ici, regarde avant que j'échappe. On ne repasse pas les mêmes flots que l'on a passés ; on ne revoit pas le même homme que l'on a vu. » (Vers de saint Grégoire de Nazianze.) Voir aussi Fénelon, 3e Lettre sur la religion.)
[74] On sait que les anciens ne connaissaient pas les étriers.
[75] « Semblable à ces montagnes élevées qui trouvent leur sérénité dans leur hauteur. » (Bossuet.) Voy. de la Colère, III, vi.
[77] Voy. Lettre xxx. Des Bienfaits, II, xiv. J. B. Rouss., Ep. iv. liv. II. Le 2e Alcibiade, dialogue attribué à Platon, roule tout entier sur ce sujet.
[82] Dominus dedit, dominai abstulit; sit nomen domini benedictum. (Job.)
[83] Impetret ratio quod dies impetratura est. (Cic, ad Attic.) Voir Consol. à Marcia, viii.
[86] Deux statues de Polyclète. Voir Pline, Hist. nat., XXXIV, viii.
[87] « L'âme resserrée de toutes parts ne peut plus respirer que du coté du ciel. » (Bossuet.)
[88] Voir Consol. à Marcia, xiii : Animo cum hoc carne grave certamen, « Caro enim concupiscit adversus spiritum, spiritus autem adversus carnem ; hæc enim sibi invicem adversantur. » (Saint Paul, ad Galat., v, 17.)
[90] Lemaire : Dulces esse tortores. Alias torqueri; les meilleurs mss. : dulces.... terrores d'où je tire.... dulce.... torreri.
[91] Au lieu de : at si hodie magii, édit. Lemaire, Je lis avec les mss. : Et si hoc est, magis., … Et dans le sens de at.
[93] Romains, j'aime la gloire et ne veux point m'en taire ;
[95] Voir Lettre xcvi, in fine. « Le monde est plus dangereux lors qu'il nous rit que lorsqu'il nous maltraite; et les faveurs qui nous le rendent aimable sont plus à craindre que les rebuts qui nous forcent à le mépriser. » (Saint Augustin, Ép.
[97] « La deffense attire l'entreprise, et la deffense l'offense.... Je leur rends la conqueste de ma maison lasche et traistresse. Elle n'est close à personne qui y heurte. » (Montaigne, II, xv.) Voir Manuel d'Épictète, ch. xxii.
[98] « Tous les hommes sont tellement dépendants les uns des autres, que je ne sais si les grandes retraites du monde que nous voyons quelquefois ne sont pas faites pour le monde même : le désespoir a sa recherche, et la solitude sa coquetterie. On prétend que les plus sombres ermites n'ont pu se retenir de s'informer de ce qu'on disait d'eux. » (De Vigny, Cinq-Mars.)
[101] « La plus volontaire mort, c'est la plus belle.» (Montaigne, II, iii.)
[102] « Le commun train de la guérison se conduict aux dépens de la vie : on nous incise, on nous cautérise, on nous détranche les membres, on nous soustrait l'aliment et le sang : un pas plus outre, nous voylà guéris tout à fait. » (Montaigne, II, iii.)
[107] Voy. Consolat. à Marcia, lvi. Quest. natur., ΙII, x.
[108] Je lis avec un mss : Si beatus est, in summo bonο est, Lemaire ; Nisi beatus ... non est,
[110] Je lis avec les Mss. et J. Lipse continentia, au lieu de industria, leçon vulg., puis indoctis industria.
[112] Aveu modeste, souvent répété par Sénèque. Voir Lettre vi. De la Vie heureuse, xvii.
[114] Cette lettre trahit les inquiétudes de Sénèque. Néron, comme tous les tyrans, comme Vespasien lui-même, qui bannit Epictète, tenait pour suspects les philosophes, les stoïciens surtout, dont Thraséas était alors avec Sénèque le plus incommode représentant. Quand Tigillin veut perdre Plautus auprès de Néron, il dit : « En affectant l'orgueil des stoïciens, il a pris les principes d'une secte qui ne produit que des séditieux et des intrigants. »
[115] Voir Des bienfaits, II, xxvii. De la colère, III, xxxi.
Se partage entre tous, et tous l'ont tout entière. (V. Hugo.)
[119] « Encore que Dieu soit éloigné de nous par ses divins attributs, il descend quand il lui plaît par sa bonté, ou plutôt il nous élève. » (Bossuet, Fragm. sur la Nat.)
[121] « Parlez plus franchement, Sénèque, dit J. Lipse, pour le temps où vous vivez, et dites : la colère ou la haine du prince. »
[124] « Non seulement le coup, mais le vent et le pet nous frappent. » (Montaigne, III, ii.)
[126] « Qu'il ne s'y attache point jusqu'à en faire une portion de son âme, ce qui a lieu dans l'amour; de peur que, lorsqu'on les lui retranchera, son cœur n'en soit déchiré et n'en porte la honteuse plaie. » (Saint Augustin, Libre arbitre, I, xv.)