Histoire ecclésiastique (page 5)
394 THEODOSE
CHAPITRE XXIV.
Entreprise tyrannique d'Eugène arrêtée par l'Empereur Théodose.
Mais avant que de faire cet accord, et après avoir appris la mort de Valentinien, et la révolte d'Eugène, il mena son armée en Europe. En partant il envoya consulter un Solitaire d'Egypte nommé Jean, que Dieu avait gratifié du don de Prophétie, et lui demander s'il devait prendre les armes contre l'usurpateur de l'autorité légitime. Il lui avait prédit à la première guerre qu'il remporterait une victoire aisée, et sans essuyer de sang. Mais il lui prédit cette fois, que sa victoire serait sanglante. L'Empereur Théodose étant parti avec la confiance que cette réponse lui avait donnée, il en vint aux mains avec les rebelles, en tua un grand nombre, et perdit une partie de ses troupes auxiliaires. Les gens de commandement lui ayant représenté, que son armée était fort diminuée, et lui ayant conseillé de différer la guerre jusques au printemps, et jusqu'à ce qu'il eût fait de nouvelles levées, il rejeta leur conseil, en disant qu'il n'était pas juste de faire cette injure à la Croix qui servait d'étendard à son armée, et cet honneur à l'image d'Hercule, qui servait d'é- 322 tendard à ses ennemis. Ayant fait cette réponse avec une foi invincible, bien que ses troupes fussent fort diminuées, et sort affaiblies il entra dans une Chapelle, qu'il trouva sur une montagne, et après y avoir passé toute la nuit en prières, il s'endormit à l'heure que l'Aurore commence à poindre. Pendant son sommeil il crut voir deux hommes vêtus de blanc, et montés sur des chevaux blancs, qui l'exhortèrent à avoir bon courage, à ranger ses troupes, et à donner le combat, et qui lui déclarèrent l'un qu'il était Jean l'Évangéliste, et l'autre Philippe Apôtre, et qu'ils avaient été envoyés à son secours. Ce songe accrut la dévotion de l'Empereur, et l'obligea à redoubler ses prières. Un soldat eut un songe semblable, et le raconta à son Centenier. Le Centenier mena le soldat au Tribun, qui en avertit le Maître de la Milice. Celui-ci ayant été le rapporter à l'Empereur, comme quelque chose de sort nouveau, il lui répondit,
ce n'est pas pour mon intérêt que ce soldat a eu ce songe; car j'ai ajouté une pleine et entière créance aux paroles des Saints, qui m'ont promis la victoire. Mais le protecteur de mon Empire a eu la bonté de lui révéler ce qui doit arriver, de peur qu'on ne me soupçonnât de l'avoir supposé par le désir de donner bataille. Suivons donc sans crainte les Généraux qui se chargent de notre conduite, et mettons notre espérance dans leur protection.
Ayant répété les mêmes discours à ses soldats, et les ayant exhortés à ne point appréhender la multitude des ennemis, et à ne pas s'imaginer que la victoire dépende du nombre des combattais, il
323 les mena au bas de la montagne. Le rebelle ayant vu de loin l'armée de Théodose rangée en bataille, rangea aussi la sienne, et dit aux Commandants que l'Empereur ne le préparait au combat que par désespoir, et par le désir de mourir, et qu'ils eussent soin de lui sauver la vie, et de le mettre vif entre ses mains. Quand les deux armées furent en présence, celle des rebelles parut beaucoup plus nombreuse que celle de Théodose, mais quand le combat fut commencé, on vit l'effet des promesses des protecteurs invisibles de ce Prince. Le vent repoussa les traits des ennemis sur eux-mêmes. Il n'y eut pas un soldat parmi eux qui pût blesser le moindre de l'armée de l'Empereur. Le même vent qui avait rendu leurs armes inutiles, leur jeta une si prodigieuse quantité de poussière dans les yeux, qu'ils furent contraints de les fermer. L'armée de Théodose n'étant point du tout incommodée de cet orage, tailla les rebelles en pièces jusques à ce qu'ayant reconnu que Dieu leur était contraire, ils mirent les armes bas, et demandèrent quartier. L'Empereur le leur accorda, et commanda qu'on lui amenât le chef de la révolte. Ils coururent donc vers la colline ou Eugène attendait l'événement du combat, dont il n'avait encore appris aucune nouvelle. Quand il les vit courir en si grande hâte, il leur demanda s'ils lui amenaient Théodose lié, comme il leur avait commandé.
Nous ne courons pas si vite, lui répondirent-ils, pour vous amener Théodose, mais pour vous mener à lui.
En disant ces paroles, ils le lièrent et l'emmenèrent. Théodose lui reprocha le meurtre de Valentinien, l'in- 324 justice de et rébellion, et l'insolence qu'il avoir eue de prendre les armes contre son légitime Souverain. Il le moqua aussi de l'image d'Hercule qu'il avait fait porter à la tête de son armée, et de la confiance qu'il avait eue en la protection de ce dieu, et le condamna enfin à la mort. Voila un fidèle crayon de la conduite que l'Empereur Théodose garda constamment en temps de paix, et de guerre, et de l'assurance qu'il eut toujours de la protection divine, dont il ne sut jamais privé en aucune rencontre de sa vie.
L'AN DE N. S.
394 VALENTINIEN ET THEODOSE
CHAPITRE XXV. Mort de l'Empereur Théodose. Etant tombé malade un peu après qu'il eut remporté cette victoire, il partagea l'Empire entre ses fils, donna à l'aîné la partie qu'il avait gouvernée lui-même ; au puîné l'Europe, et les exhorta à demeurer fermes dans la piété ;
parce que c'est par elle, leur dit-il, qu'on entretient la paix, qu'on termine la guerre, qu'on met les ennemis en déroute , qu'on remporte des victoires, ετ qu'on érige des trophées.
Après avoir donné ces avis importants à ses deux fils, il mourut, et conserva en mourant une réputation immortelle.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXVI.
Combats des Gladiateurs abolis à Rome par l'Empereur Honorius.
Les deux fils qui succédèrent à sa puissance, imitèrent sa piété. Honorius qui avait eu l'Europe en partage, abolit les combats des Gladiateurs à l'occasion que je vais dire. Un Solitaire nommé Télémaque étant arrivé d'Orient à Rome, et ayant vu ces cruels spectacles, se jeta au milieu des Gladiateurs, et tâcha de les séparer. Le peuple possédé par le démon, qui se plaît à l'effusion du sang, ne put souffrir qu'on le privât de ce cruel divertissement, et accabla de pierres le Solitaire. Honorius le mit au nombre des Martyrs, et abolit entièrement ces combats.
L'AN DE N. S.
398 ARCADIUS ET HONORIUS
CHAPITRE XXVII.
Piété de l'Empereur Arcadius. Ordination de saint Jean Chrysostome.
Nectaire qui avait gouverné l'Eglise de Constantinople étant mort, l'Empereur Arcadius qui avait en cette ville-là, le Siège de son Empire, et qui savait que Jean avait été ordonné Prêtre dans Antioche, et qu'il y répandait la lumière de sa doctrine, l'envoya quérir, et ordonna aux Évêques de lui imposer les mains, et de le placer sur le Siège de la grande Eglise. Cette action suffit toute seule pour 326 faire voir combien la piété de ce Prince était éminente. Flavien avait alors la conduite de l'Église d'Antioche. Elpide qui avait vécu fort familièrement dans une même maison avec le grand Mélèce et qui avait imité plus fidèlement ses vertus, que la cire ne représente le cachet dont elle reçoit l'impression gouvernait celle de Laodicée, qui lui avait été confiée après la mort de Pelage. Agapet avait succédé à Marcel, et avant que de lui succéder il s'était adonné aux exercices de la vie solitaire, durant la plus grande violence de la persécution, comme nous l'avons déjà dit. Maxime était Évêque de Séleucie, ville assise proche du Mont Taurus, et Théodore l'était de celle de Mopsueste. Ils étaient tous deux sort recommandables par l'éminence de leur science, et le premier avait été compagnon de Jean Évêque de Constantinople. Acace homme d'une prudence très-éclairée, et d'une vertu très- pure, présidait a l'Eglise de Bérée, et Léonce Prélat considérable par quantité d'excellentes qualités, conduisait les peuples de la Galatie.
L'AN DE N. S.
CHAPITRE XXVIII.
Liberté généreuse de Jean Évêque de Constantinople. Jean ne se sut pas plutôt chargé du gouvernement de l'Église de Constantinople, qu'il commença a reprendre les crimes avec beaucoup de liberté. Il donna des avis très-importants, et très-utiles à l'Em-
327 pereur, et à l'Impératrice. Il obligea les Prêtres à observer les Canons, en éloignant de l'Autel ceux qui les violaient, et en disant qu'il n'était pas juste que ceux qui n'avaient pas la sainteté du Sacerdoce, jouissent de l'honneur qui lui est dû. Son zèle n'était pas renfermé dans l'étendue de la ville Impériale, il s'étendait sur la Thrace, qui est divisée en six Provinces, sur l'Asie où il y a onze gouvernements, et sur la Pontique où il y en a un pareil nombre.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXIX. Temples démolis par Jean Evêque de Constantinople. Ayant appris qu'il y avait des habitants en Phénicie, qui étaient encore adonnés au culte des Idoles, il assembla des Solitaires tout remplis de zèle pour la gloire de Dieu, et les envoya démolir les temples en vertu des lettres de l'Empereur, qu'il leur avait mises entre les mains, pour autoriser leur action. Il ne tira point du trésor public les deniers nécessaires pour payer les ouvriers , mais il persuada à des Dames de piété, de fournir libéralement à cette dépense.
328 L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXX. Conversion des Goths à la foi Catholique. Après avoir renversé de cette sorte le reste des Temples que les Païens avaient conservés, il s'appliqua à retirer les Goths des erreurs de l'Arianisme. Il choisit pour cet effet plusieurs personnes qui savaient leur langue, et les ayant faits les uns Prêtres, les autres Diacres, et les autres Lecteurs, il les établit dans une Église, où il allait souvent prêcher les vérités de la foi, qu'un Interprète expliquait à l'heure-même.aux Goths en leur langue. Il convertit de la sorte un grand nombre des habitants de Constantinople.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXI. Conversion des Scythes à la Religion Chrétienne. Zèle de Jean contre les erreurs de Marcion. Ayant appris qu'il y avait le long du Danube des peuples qui vivaient dispersés à la façon des Barbares, qui étant altérés de l'eau de la grâce n'avaient personne qui la fît couler vers eux, il chercha des hommes, qui eussent un zèle ardent de travailler comme des Apôtres à l'édification de l'Eglise. J'ai lu quelques-unes de ses lettres écrites à Léonce Evêque d'Ancyre, où il lui témoigne que les Scythes désiraient se convertir à la Religion Chrétienne,
329 et où il le prie d'envoyer quelques personnes capables de leur montrer le chemin du salut. Ayant appris qu'il y avait des bourgs dans notre voisinage, où les erreurs de Marcion avaient été répandues, il exhorta l'Évêque qui vivait en ce temps-là, à les dissiper, et lui offrit pour cet effet le secours de l'autorité Impériale.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXII. Réponse hardie de Jean Évêque de Constantinople. CE que je viens de dire peut faire voir le soin avec lequel il veillait a l'imitation du grand Apôtre, sur les besoins de toutes les Eglises. Ce que j'ajouterai sera voir la générosité de son cœur. Gainas Goth de nation, fier, et insolent de son naturel, était alors Maître de la Milice Romaine, avait sous soi plusieurs Commandants de son pays, et force troupes tant de cavalerie, que d'infanterie. Il était redouté de tout le monde, et de l'Empereur même, qui le soupçonnait d'usurper l'autorité Souveraine. Comme il était infecté de l'erreur d'Arius, il demanda à Théodose une Eglise pour ceux de sa communion. Ce Prince lui ayant répondu qu'il tâcherait de lui donner contentement, envoya quérir Jean, lai proposa ce que Gaïnas lui avait demandé, lui représenta la grandeur de son pouvoir, lui marqua même, bien qu'en termes un peu obscurs, la défiance qu'il avait de ses desseins, et l'exhorta à consentir 330 qu'il lui accordât ce qu'il désirait, et qu'il l'adoucit par ce moyen. Le généreux Évêque fit cette réponse a l'Empereur :
Ne promettez point ce que Gainas demande. Ne donnez point aux chiens les choses saintes Rien ne me portera jamais à chasser des Églises ceux qui publient hautement la divinité du Verbe, pour y introduire ceux qui le déshonorent par leurs blasphèmes. N'appréhendez point la puissance de ce Barbare. Envoyez-nous quérir, lui, et moi, et quand nous serons présents, demeurés dans le silence, pour écouter ce que nous aurons à dire, et je lui fermerai de telle sorte la bouche, qu'il ne demandera plus ce qu'on ne lui saurait accorder avec justice.
L'Empereur sort réjoui de cette proposition, les envoya quérir tous deux le jour suivant. Gainas ayant fait la demande, Jean dit qu'il n'était pas permis à l'Empereur d'accorder une demande contraire au bien de la Religion, dont il faisait profession. Gainas ayant soutenu qu'il devait avoir une Eglise où il pût faire ses prières, l'illustre Évêque lui répondit qu'elles lui étaient toutes ouvertes, et qu'il n'y en avait aucune qui lui fût fermée.
Je suis, répartit Gainas, d'une autre communion, et je demande pour moi, et pour ceux de ma communion une Église particulière. Les services que j'ai rendus à l'Empire en des guerres très-perilleuses, méritent bien cette grâce.
Vos services ont été mieux récompensés qu'ils ne méritaient, répondit l'Évêque. Vous commandez les troupes Romaines, et vous êtes revêtu de la robe Consulaire. Considérez ce que vous avez été autrefois, et ce que vous êtes maintenant. Comparés votre 331 ancienne pauvreté avec vos richesses présentes. Souvenez-vous des habits dont vous étiez couvert avant que de passer le Danube, et regardez ceux dont vous l'êtes aujourd'hui. Ainsi avouez que les récompenses que l'Empereur vous a données. surpassent les services que vous lui avez rendus, et ne manquez pas de reconnaissance envers un Prince si libéral.
Ce Docteur du monde réduisit Gaïnas au silence par ce discours. Quelque temps après ce Barbare fit éclater le dessein qu'il avait conçu longtemps auparavant, d'usurper la Souveraine puissance, amassa des troupes en Thrace, et y fit le dégât. La nouvelle de cette révolte répandit une consternation si générale dans les esprits des Grands, et du peuple, qu'il n'y avait non seulement ni Officier, ni Soldat qui osât prendre les armes, pour combattre l'ennemi commun , mais aussi ni Magistrat, ni Evêque qui voulût se charger d'une ambassade pour tâcher de l'adoucir.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXIII. Ambassade de Jean Evêque de Constantinople vers Gainas. Tout le monde ayant jeté les yeux sur ce grand Evêque, comme sur le seul qui n'étant point abattu par la crainte, était capable de parler en saveur des autres, et l'ayant prié d'aller trouver Gainas, il y consentit, bien qu'il n'eût pas oublié le différend qu'il avait eu avec ce Barbare, et qu'il ne doutât point qu'il n'en eût du ressentiment. Cependant 332 quand il sut que Jean était parti pour aller en Thrace, il marcha sort loin au devant de lui, prit sa main, et: la porta à ses yeux, et lui mit ses fils à ses pieds. Voila comment la vertu sait se faire respecter, et se faire craindre par ses propres ennemis.
L'AN DE N. S.
407 ARCADIUS ET HONORIUS
CHAPITRE XXXIV.
Persécution excitée contre Jean Évêque de Constantinople.
L'Envie ne pouvant supporter l'éclat de ses vertus, usa de ses artifices ordinaires pour priver non seulement la ville Impériale, mais tout le monde, des fruits de son éloquence, et de sa doctrine. J'avoue qu'il ne m'est pas aisé de représenter fidèlement l'état où je me trouve en cet endroit de mon histoire.
Car lorsque j'entreprends d'écrire les injustices que ce grand homme a souffertes, je suis en quelque sorte retenu par le respect des autres vertus de ceux qui ont commis ces injustices , et c'est ce qui m'obligera à passer leurs noms sous silence, autant qu'il me sera possible de le faire. Etant tellement aveuglés de la haine, qu'ils avaient contre lui, qu'ils ne pouvaient plus rien voir de ses excellentes qualités, ils cherchèrent des accusateurs. Mais parce que les accusations n'avaient rien de probable, ils tinrent un Concile hors de la ville, et le condamnèrent. L'Empereur ajoutant soi aux discours des Évêques, qu'il n'avait garde de prendre pour des imposteurs, l'envoya en exil. Ainsi Jean sans avoir été convaincu d'aucun 333 crime, sans avoir eu le moyen de se justifier, et sans avoir même appris les chefs de l'accusation. qu'on formait contre lui, fut contraint de partir de Constantinople, et d'aller à Hiero, qui est un lieu où l'on met les vaisseaux à l'embouchure du Pont. La terre ayant été ébranlée la nuit suivante par un furieux tremblement, et l'Impératrice ayant été saisie d'une grande crainte, on envoya sans cesse diverses personnes pour rappeler Jean, jusques à ce que le Bosphore fût tout rempli de ceux qui allaient le supplier de retourner à Constantinople, et de la garantir par sa présence, du péril dont elle était menacée. L'embouchure de la Propontide fut couverte en un moment de vaisseaux, et tout le peuple alla au devant de lui avec des flambeaux, et ainsi la faction de ses ennemis fut dissipée. Quelques mois après ils s'assemblèrent une seconde fois, et oubliant tous les crimes dont ils l'avaient chargé la première fois, ils ne l'accusèrent que d'avoir exercé les fonctions Episcopales depuis qu'il avait été déposé. Il répondit qu'il n'avait point été déposé dans les formes, que jamais on ne lui avait proposé aucun chefs d'accusation, que jamais on ne l'avait interrogé, qu'on ne l'avait point condamné en sa présence ; mais que l'Empereur l'avait chassé de la ville, et l'avait ensuite rappelé. Les ennemis de Jean ayant assemblé un second Concile, ne prirent pas seulement la peine de prononcer une seconde condamnation, ils persuadèrent à l'Empereur que la première était très-juste, et firent exiler ce célèbre Évêque à Cucuse bourg désert d'Arménie, et ensuite à Pityonte ville
334 assise aux extrémités de Pont, et habitée par les plus sauvages de tous les peuples. Mais Dieu ne permit pas qu'il allât jusque-là, et il lui fit trouver à Comanes dans le chemin, une vie exempte de lassitude, et de douleur. Le corps fut déposé proche de celui de saint Basilisque Martyr, selon ce que ce saint Martyr l'avait ordonné. Je crois ne devoir parler ni des Evêques, qui furent chassés de leur Siège à son occasion, et exilés aux extrémités de l'Empire, ni des Solitaires qui souffrirent de cruelles persécutions, parce qu'il faut dissimuler ce qui est odieux, et cacher les défauts de nos frères. La plus grande partie de ses ennemis turent punis comme ils méritaient, et l'exemple de leur châtiment sut utile aux autres. Les Évêques d'Europe témoignèrent une si grande indignation de cette injustice, qu'ils se séparent de la communion de ceux qui l'avaient commise. L'Illyrie suivit leur sentiment. La plupart des villes d'Orient se préservèrent du crime de cette violente persécution, sans se séparer extérieurement de ceux qui l'avaient exercée. Les Evêques d'Occident n'admirent point à leur communion ceux d'Egypte, d'Orient, de Bosphore, et de Thrace, jusques à ce qu'ils eussent fait mention du nom de ce grand Docteur de l'Univers, avec les noms des autres saints Évêques. Ils ne reconnurent point Arsace, qui fut ordonné en sa place. Mais ils reconnurent Attique, successeur d'Arsace, après qu'il leur eut envoyé demander plusieurs fois leur communion, et qu'il eut rétabli le nom de Jean dans les Diptiques.
335 L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXV.
Évêques d'Alexandrie, et d'Antioche. Cyrille neveu de Théophile était alors Évêque d'Alexandrie. Jean cet homme d'une vie toute admirable, l'était de Jérusalem, ayant succédé à un autre Cyrille, dont nous avons parlé ci-devant. Alexandre gouvernait l'Eglise d'Antioche, et avait joint à la dignité Episcopale une longue habitude de vertus privées, qu'il avait pratiquées auparavant dans un Monastère. Il prêchait la parole de Dieu en qualité d'Évêque, et soutenait sa prédication par ses œuvres. Il succéda à Porphyre, qui avait succédé à Flavien, et laissa des marques sensibles de la tendresse de sa chanté, et de la sagesse de sa conduite. Alexandre excella par son assiduité à l'étude, par l'austérité de sa vie, par le mépris des richesses, par la grandeur de son éloquence, et par d'autres qualités sort rares, et fort éminentes. Il gagna par la douceur de ses discours les sectateurs d'Eustate, que Paulin, ni Evagre n'avaient jamais voulu recevoir, et les réunit au corps de l'Eglise, avec une pompe et une magnificence à laquelle il n'y en avait jamais eu de pareille. Il mena tous ses Ecclésiastiques, et tout son peuple au lieu de l'assemblée de ces sectateurs d'Eustate, et les ayant trouvés qui chantaient les Psaumes, il les chanta avec eux, et fit de toute cette multitude comme un fleuve spirituel, qui s'étendait depuis la petite porte qui est opposée à l'Oc-
336 cident, jusques à la grande Eglise, et dont le cours était sans comparaison plus majestueux que celui de l'Oronte, qui arrose cette grande ville. Les Juifs, les Ariens, et les Païens gémissaient de voir ce fleuve heureusement se répandre dans le sein de l'Eglise comme dans une vaste mer. Au reste ce fut cet Évêque qui remit le premier dans les Diptyques, le nom de Jean Evêque de Constantinople.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXVI. Translation an Corps de Jean Evêque de Constantinople. LE corps de ce Docteur du monde fut transféré bientôt après à la ville Impériale. Une multitude incroyable de fidèles couvrit la mer, et éclaira l'embouchure du Bosphore d'une quantité innombrable de lumières. Ce fut le jeune Théodose, qui gouverne aujourd'hui si heureusement l'Empire, et qui suit si religieusement les exemples de piété que son aïeul lui a laissés, qui fit apporter ce trésor à sa Capitale. En baisant le cercueil il demanda pardon à Dieu des fautes que l'Empereur, et l'Impératrice ses père, et mère avaient commises en persécutant le saint Evêque. Ils l'avaient laissé fort jeune, mais Dieu le protégea dans son bas âge, le fit élever dans la piété, et détourna les séditions, et les guerres qui auraient pu troubler la tranquillité de son règne. Le souvenir d'une protection si singulière est continuellement présent à son esprit, et il en témoigne
337 sa reconnaissance par l'assiduité avec laquelle il publie les louanges de son protecteur. Il a pour compagnes dans ce louable exercice, des sœurs qui ont consacré à Dieu leur virginité, qui sont leurs délices de la méditation de sa loi, et leur trésor des besoins des pauvres. Parmi les excellentes qualités de ce Prince, on remarque son humanité, sa douceur, une tranquillité d'esprit que rien ne peut troubler, une foi qui n'est jamais ébranlée, comme ce que je rapporterai ici le fera voir.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXVII. Piété de l'Empereur Théodose, et des Princesses ses sœurs. UN Moine d'un naturel sort hardi ayant demandé plusieurs fois une grâce à ce Prince, sans la pouvoir obtenir, le retrancha de la communion de l'Eglise, et se retira. Quand il fut retourné à son Palais, il ne voulut jamais se mettre à table, qu'il n'eût été absous, et rétabli dans la communion. Il envoya donc prier l'Évêque d'ordonner à celui qui l'avait excommunié, de l'absoudre. L'Évêque répondit, qu'il ne se fallait pas tenir excommunié si facilement, et qu'il l'assurait qu'il ne l'était point. Mais il ne se contenta point de cette assurance, et il salut chercher celui qui l'avait excommunié, et après qu'on l'eut trouvé avec beaucoup de peine, il reçut de lui l'absolution. Il fit ôter jusqu'aux moindres ruines des Temples des Païens, 338 afin que la postérité n'en trouvât aucun vestige. Cette raison est insérée dans la loi. Sa piété lui est utile, puisqu'elle attire sur lui la protection du ciel. Roilas Prince des Scythes qui n'ont point de demeure assurée, ayant passé le Danube, et commencé à courir, et à piller la Thrace, et à menacer Constantinople, la foudre tomba sur lui, et dissipa son armée. Il arriva quelque chose de semblable aux Perses. Ces peuples ayant pris le temps, auquel les Romains se reposant sur la foi des traités, étaient occupés contre d'autres ennemis, firent irruption sur les Provinces les plus voisines. Dieu se servit de la pluie, et de la grêle pour les arrêter, de sorte qu'à peine leur cavalerie put faire vingt stades en vint jours ; et que les Généraux de l'armée Romaine, eurent le loisir d'amasser leurs troupes. Le même Dieu dissipa les projets, et rendit vains les efforts que ces mêmes peuples avaient faits à la guerre précédente, lorsqu'ils avaient mis le siège devant la ville de Théodosiopole. Eunome qui en était Évêque, démonta seul toutes les machines de Goraranes leur Roi, et comme les Chefs de notre parti n'osaient entreprendre de secourir la place, ni d'en venir aux mains avec les assiégeants, il s'opposa seul à eux, et sauva la ville. Un Prince qui relevait du Roi de Perse, ayant avancé des blasphèmes semblables à ceux de Rapsace, et de Sennacherib, et menacé de brûler l'Eglise, l'Évêque fit mettre sur la muraille une machiné à laquelle on avait donné le nom de saint Thomas l'Apôtre, et commanda de la tirer au nom de ce- 339 lui contre qui les blasphèmes avaient été avancés, et à l'heure-même la pierre frappa, la bouche du blasphémateur, lui cassa la tête, et répandit sa cervelle sur la terre. Le Roi de Perse saisi de frayeur leva le siège, et fit la paix. Voila le soin que le Souverain Maître de l'Univers prenait de récompenser la fidélité inviolable par laquelle l'Empereur était attaché a son service. Ce Prince fit transférer, comme je l'ai dit, le corps de Jean à Constantinople , mais cela n'arriva que depuis le temps où nous sommes selon l'ordre de notre histoire.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXVIII. Réunion des Apollinaristes à l'Eglise. Innocent cet illustre Évêque de Rome étant mort Boniface lui succéda, Zosime à Boniface, et Célestin à Zosime. Praile dont le nom était une image fidèle de ses mœurs, fut chargé de la conduite de l'Eglise de Jérusalem, après que Jean cet Évêque si. admirable eut été appelé à une meilleure vie. Lorsqu'Alexandre Évêque d'Antioche eut achevé ses travaux, Théodote homme d'une pureté, d'une douceur, et d'une austérité merveilleuse, fut choisi pour remplir son Siège. Il réunit les Apollinaristes au corps de l'Eglise. Il est vrai pourtant que quelques- uns d'entr'eux, ne renoncèrent jamais sincèrement à leurs erreurs.
L'AN DE N. S.
ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XXXIX.
Persécution excitée en Perse contre les Chrétiens.
Isdigerde Roi de Perse déclara en ce temps-là la guerre aux Eglises Chrétiennes, qui étaient répandues dans l'étendue de son Royaume. Voici quelle en sut l'occasion. Abdas était un Évêque qui avait de sort bonnes qualités; mais étant transporté d'un zèle un peu trop ardent, il abattit un Pyrée, c'est à dire un Temple consacré en l'honneur du feu, que les Perses adorent comme un Dieu. Le Roi en ayant été averti par les Mages, envoya quérir Abdas, le reprit doucement d'avoir abattu ce Temple, et lui commanda de le relever. Abdas ayant refusé d'obéir, le Roi le menaça de faire renverser toutes les Eglises des Chrétiens, et les fit en effet renverser, après néanmoins que l'Évêque eut été exécuté à mort.
J'avoue que la démolition du Pyrée était tout à fait hors de saison. Quand saint Paul entra dans Athènes cette ville si sort adonnée au culte des Idoles, il n'y renversa point les Autels. Il se contenta d'y découvrir l'erreur, et d'y prêcher la vérité. J'admire cependant la générosité qu'Abdas eut de mourir, plutôt que de relever le Pyrée, et.je ne vois point de couronnes qu'elle ne mérite. En effet élever un Temple en l'honneur du feu est presque la même chose que de l'adorer. La fermeté d'Abdas excita une tempête dont les personnes de piété furent battues en Perse l'espace de trente années. Les Mages entre- 341 tinrent cette tempête ; c'est ainsi que les Perses appellent ceux qui attribuent quelque sorte de divinité aux éléments. J'ai rapporté leurs fables, et leurs rêveries dans un autre ouvrage, avec les réponses qu'il faut faire à chacune de leurs demandes. Gororanes ayant succédé à Isdigerdc son père, continua la guerre qu'il avait commencée contre les fidèles, et la laissa en mourant à son fils, aussi bien que son Royaume. Il n'est pas aisé de représenter les nouveaux genres de supplices qu'ils inventèrent pour tourmenter les Chrétiens. Il y en eut quelques-uns, dont ils écorchèrent les mains, et d'autres dont ils écorchèrent le dos. Il y en eut à qui ils arrachèrent la peau du visage depuis le front, jusqu'au menton. Ils en couvrirent quelques-uns de roseaux coupés en long, et après avoir lié les roseaux sur eux, ils les levèrent avec violence, et leur emportèrent une partie de la peau, ce qui leur causait des douleurs très-sensîbles. Ils firent des fosses, et après y avoir amassé quantité de rats et de souris, ils y enfermèrent des Chrétiens, auxquels ils avaient lié les pieds, et les mains, afin qu'ils fussent rongés peu à peu. L'ennemi de la vérité de Dieu, et de la nature des hommes leur enseigna beaucoup d'autres manières plus cruelles de persécuter les défenseurs de la piété. Mais il n'y eut point de cruauté qui pût ébranler leur confiance. Ils se présentèrent eux-mêmes à la mort, qui est suivie de l'immortalité. Je ne parlerai que de deux, ou de trois, pour faire juger par eux de tous les autres. Le Roi ayant appris qu'Horsmidas issu de l'illustre race des Achéménides, et fils d'un Gouverneur faisait profession de la
342 religion Chrétienne, l'envoya quérir, et lui commanda de renoncer à son Sauveur. Mais il lui répondit que ses commandements n'étaient ni justes, ni utiles.
Quiconque, lui dit-il, sera capable de mépriser, et de méconnaître Dieu qui est le Souverain des Rois, méconnaitra, et: méprisera encore plutôt les Rois, qui ne sont que des hommes sujets à la mort. Si c'est un crime qui mérite le dernier supplice que de vous refuser l'obéissance, qui vous est due, n'est-ce pas un crime beaucoup plus atroce, de renoncer au Créateur de l'Univers ?
Le Roi au lieu d'admirer comme il devait, la sagesse de cette répons, ôta à Horsmidas sa charge, et son bien, et le réduisit à conduire les chameaux de l'armée. Quelques jours après regardant par la fenêtre de sa chambre, il vit cet homme d'une naissance illustre tout couvert de poussière, et tout brûlé du soleil, et l'ayant envoyé quérir, il lui fit mettre une tunique de fin lin. Alors croyant qu'il serait un peu adouci tant par ce bon traitement, que par la fatigue qu'il avait supportée, il lui dit: Ne soyez plus opiniâtre, et renoncez enfin au fils du Charpentier.
Horsmidas transporté de zèle, déchira en présence du Roi, la tunique qu'il lui avait donnée, et lui dit :
Gardez le présent que vous ne m'aviez fait que pour me porter à l'impiété.
Le Roi ayant reconnu que sa fermeté dans la foi était tout à sait inébranlable, l'exila, nu comme il était, hors de son Royaume.
Ce Prince voyant que Suanés homme riche, et qui avait mille esclaves ne voulait point renoncer à la Religion, lui demanda lequel de ses esclaves était le 343 plus méchant? Quand il l'eut appris .il donna à celui-là le commandement de la famille, et obligea le Maître même à lui obéir. Il ôta encore à Suanès sa femme, et la fit épouser à cet esclave, dans l'espérance d'abattre sa foi. Mais cette espérance fut vaine, parce que sa foi était établie sur la solidité de la prière. Il fit arrêter un Diacre nommé Benjamin, et enfermer dans une étroite prison. Un Ambassadeur de l'Empereur étant allé quelque temps après en Perse et ayant appris que ce Diacre était en prison, supplia le Roi de le mettre en liberté. Le Roi consentit de l'y mettre, pourvu qu'il n'instruisît aucun Mage des maximes de la Religion Chrétienne. L'Ambassadeur le promit en son nom, mais Benjamin le désavoua, en s'écriant:
Je ne puis me dispenser de communiquer ma lumière, et j'ai appris de l'Evangile quel supplice méritent ceux qui cachent en terre les talents que Dieu leur a donnés.
Le Roi n'ayant rien su de cette réponse de Benjamin, ordonna qu'on le mît en liberté. Quand il y fut, il continua à chercher selon sa coutume ceux qui étaient ensevelis dans les ténèbres de l'ignorance, et aies éclairer de la lumière de la vérité. Le Roi en ayant été averti un an après, l'envoya quérir, et lui commanda de renier Dieu. II prit alors la liberté de demander à ce Prince quel ce supplice il croyait que mériterait un de ses sujets qui quitterait son Royaume pour aller s'établir dans un autre. Le Roi lui ayant répondu, qu'il serait digne du dernier supplice ; Benjamin répartit avec une merveilleuse sagesse :
De quel supplice est donc digne ce- 344 lui qui abandonne son Créateur, pour faire son Dieu d'un de ses compagnons, et pour lui rendre un souverain culte ?
Le Roi irrité de cette réponse, commanda d'enfoncer des pointes de roseaux sous les ongles de ses pieds, et de ses mains. Mais s'étant aperçu qu'il se moquait de ce supplice, il lui fit enfoncer plusieurs fois un roseau dans les parties naturelles, ce qui lui causa une douleur très- sensible. Il le fit ensuite empaler, et ce supplice consomma le martyre de ce généreux défenseur de la foi. L'impiété des Perses se porta alors à d'autres cruautés fort barbares. Il ne faut pas trouver étrange que Dieu les ait permises, puisque tous les Empereurs qui ont précédé le grand Constantin, ont été animés de fureur contre 'Eglise, et que Dioclétien fit démolir en un seul jour, qui était le jour de la Passion du Sauveur, tous les lieux que les Chrétiens avaient dans retendue de l'Empire pour faire leurs assemblées. Ces Edifices-là furent relevés neuf ans après avec plus de splendeur que jamais, au lieu que Dioclétien périt avec son impiété. La persécution, et la victoire de la foi ont été également prédites par le Sauveur, et il est clair que la guerre est plus avantageuse à la Religion, que la paix. Celle-ci nous porte au relâchement, et à la mollesse, au lieu que l'autre nous donne de la vigilance, et nous inspire du mépris pour tous les biens qui passent. Mais ce n'est pas ici le lieu de cette morale, j'ai traitée en plusieurs autres ouvrages.
L'AN DE N. S. ARCADIUS ET HONORIUS CHAPITRE XL. Mort de Theodore Evêque de Mopsueste. Son éloge. Pendant que Théodote cet homme divin gouvernait l'Eglise d'Antioche, Théodore Evêque de Mopsueste, l'ornement, et la lumière de notre Religion, le défenseur de la soi, l'ennemi, et l'exterminateur des erreurs finit le cours de cette vie. Il avait été Disciple du célèbre Diodore, et compagnon de Jean Evêque de Constantinople. Il s'acquitta l'espace de trente-six ans des fonctions de la Charge Episcopale, combattant continuellement les Ariens, les Eunomiens ,les Appollinaristes, et veillant sans cesse sur son troupeau. Polychrone son frère, qui avait joint la beauté de l'éloquence, à la pureté des mœurs gouverna avec toute la sagesse, et tout le succès qu'on peut désirer l'Eglise d'Apamée. Je finirai ici mon histoire, dont je ne demande point d'autre récompense à ceux qui prendront la peine de la lire , que le secours de leurs prières. Elle contient ce qui s'est passé durant cent cinq ans, depuis le temps auquel Arius commença à débiter ses erreurs, jusques à celui auquel Théodore, et Théodore ces deux excellents hommes dont je viens de parler, moururent. J'ajouterai seulement les noms des Évêques qui ont gouverné les grandes Eglises depuis que la persécution a cessé. A Rome Miltiade, Silvestre, Jules, Libère, Da-
346 mase, Sirice, Anastase, Innocent,
Boniface, Zosime, Célestin. A Antioche Vital, Philogone, Eustate qui ont été Orthodoxes. Eustate, Euphrone, Flaccille, Etienne, Léonce, Eudoxe qui ont été Ariens. Mélèce, Flavien, Porphyre, Alexandre, Théodote, auxquels se joignirent Paulin, et Evagre qui étaient du parti d'Eustate. A Alexandrie Pierre, Achillas, Alexandre, Athanase. Grégoire Arien. Athanase rétabli. George hérétique. Le même Athanase rétabli une seconde fois. Pierre Disciple d'Athanase. Lucius Arien. Pierre une seconde fois, Timothée, Théophile, Cyrille fils du frère de Théophile. A Jérusalem Macaire, Maxime, Cyrille, Jean, Prayle, Juvénal. A Constantinople Alexandre. Eusèbe transféré de Nicomédie Arien. Paul Confesseur. Macédonius ennemi du Saint Esprit. Après qu'il eut été chassé du Siège de cette Eglise, l'impie Eudoxe le remplit. Démophile hérétique sorti de Bérée ville de Thrace. Grégoire de Nazianze, Nectaire, Jean Chrysostome, Arsace, Attique, Sisinnius. FIN.