Poèmes antiques et modernes (page 9)

Alfred de Vigny · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Poèmes antiques et modernes · 13 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Elle porte un rameau ; Dieu nous a-t-il fait grâce ?

— La colombe est passée et ne vient pas à nous.

— Emmanuel, la mer a touché mes genoux.

— Dieu nous attend ailleurs à l’abri des tempêtes.

— Vois-tu l’eau sur nos pieds ? — Vois le ciel sur nos têtes,

— Ton père ne vient pas ; nous serons donc punis ?

— Sans doute après la mort nous serons réunis.

— Venez, Ange du ciel, et prêtez-lui vos ailes !

— Recevez-la, mon père, aux voûtes éternelles ! »

Ce fut le dernier cri du dernier des humains.

Longtemps, sur l’eau croissante élevant ses deux mains.

Il soutenait Sara par les flots poursuivie ;

Mais, quand il eut perdu sa force avec la vie.

Par le ciel et la mer le monde fut rempli,

Et l’arc-en-ciel brilla, tout étant accompli.

Écrit à Oloron, dans les Pyrénées, en 1823.

LA DRYADE

idylle

dans le gout de théocrite

Πρῶτον μὲν εὺχῆ τῆδε πρεσϐεύω θεων Τήν πρωτόμαντιν Ι αῖαν…

Σέϐω δὲ Νόμφας…Αὶσχύλος.

Honorons d’abord la Terre, qui, la première entre les Dieux, rendit ici les oracles… J’adore aussi les Nymphes.

Eschyle.

Le sous-titre et l’épigraphe manquent dans P1. Le grec est incorrect dans toutes les éditions. — P1, A, B, ses oracles.

Vois-tu ce vieux tronc d’arbre aux immenses racines ?

Jadis il s’anima de paroles divines ;

Mais par les noirs hivers le chêne fut vaincu,

Et la Dryade aussi, comme l’arbre a vécu.

(Car, tu le sais, berger, ces Déesses fragiles,

Envieuses des jeux et des danses agiles.

Sous l’écorce d’un bois où les fixa le sort,

Reçoivent avec lui la naissance et la mort.)

Celle dont la présence enflamma ces bocages

Répondait aux pasteurs du sein des verts feuillages.

Et, par des bruits secrets, mélodieux et sourds,

Donnait le prix du chant ou jugeait les amours.

Bathylle aux blonds cheveux, Ménalque aux noires tresses,

Un jour lui racontaient leurs rivales tendresses.

L’un parait son front blanc de myrte et de lotus ;

L’autre, ses cheveux bruns de pampres revêtus.

Offrait à la Dryade une coupe d’argile ;

Et les roseaux chantants enchaînés par Bathylle,

Ainsi que le dieu Pan l’enseignait aux mortels,

S’agitaient, suspendus aux verdoyants autels.

J’entendis leur prière, et de leur simple histoire

Les Muses et le temps m’ont laissé la mémoire.

ménalque

Ô Déesse propice ! écoute, écoute-moi !

Les Faunes, les Sylvains dansent autour de toi,

Quand Bacchus a reçu leur bruyant sacrifice ;

Ombrage mes amours, ô Déesse propice !

bathylle

Dryade du vieux chêne, écoute mes aveux !

Les vierges, le matin, dénouant leurs cheveux,

Quand du brûlant amour la saison est prochaine,

T’adorent ; je t’adore, ô Dryade du chêne !

ménalque

Que Liber protecteur, père des longs festins.

Entoure de ses dons tes champêtres destins.

Et qu’en écharpe d’or la vigne tortueuse

Serpente autour de toi, fraîche et voluptueuse.

bathylle

Que Vénus te protège et t’épargne ses maux,

Qu’elle anime, au printemps, tes superbes rameaux ;

Et si de quelque amour, pour nous mystérieuse,

Le charme te liait à quelque jeune yeuse,

Que ses bras délicats et ses feuillages verts

À tes bras amoureux se mêlent dans les airs.

ménalque

Ida ! j’adore Ida, la légère bacchante :

Ses cheveux noirs, mêlés de grappes et d’acanthe,

Sur le tigre, attaché par une griffe d’or.

Roulent abandonnés ; sa bouche rit encor

En chantant Évoë ; sa démarche chancelle ;

Ses pieds nus, ses genoux que la robe décèle,

S’élancent, et son œil, de feux étincelant.

Brille comme Phébus sous le signe brûlant.

bathylle

C’est toi que je préfère, ô toi, vierge nouvelle.

Que l’heure du matin à nos désirs révèle !

Quand la lune au front pur, reine des nuits d’été,

Verse au gazon bleuâtre un regard argenté,

Elle est moins belle encor que ta paupière blonde,

Qu’un rayon chaste et doux sous son long voile inonde.

ménalque

Si le fier léopard, que les jeunes Sylvains

Attachent rugissant au char du Dieu des vins,

Voit amener au loin l’inquiète tigresse

Que les Faunes, troublés par la joyeuse ivresse,

N’ont pas su dérober à ses regards brûlants,

Il s’arrête, il s’agite, et de ses cris roulants

Les bois sont ébranlés ; de sa gueule béante,

L’écume coule à flots sur une langue ardente ;

Furieux, il bondit, il brise ses liens,

Et le collier d’ivoire et les jougs phrygiens :

Il part, et, dans les champs qu’écrasent ses caresses,

Prodigue à ses amours de fougueuses tendresses.

Ainsi, quand tu descends des cimes de nos bois,

Ida ! lorsque j’entends ta voix, ta jeune voix,

Annoncer par des chants la fête bacchanale,

Je laisse les troupeaux, la bêche matinale,

Et la vigne et la gerbe où mes jours sont liés :

Je pars, je cours, je tombe et je brûle à tes pieds.

bathylle

Quand la vive hirondelle est enfin réveillée,

Elle sort de l’étang, encor toute mouillée,

Et, se montrant au jour avec un cri joyeux.

Au charme d’un beau ciel, craintive, ouvre les yeux ;

Puis, sur le pâle saule, avec lenteur voltige,

Interroge avec soin le bouton et la tige ;

Et, sûre du printemps, alors, et de l’amour.

Par des cris triomphants célèbre leur retour.

Elle chante sa joie aux rochers, aux campagnes.

Et, du fond des roseaux excitant ses compagnes ;

Venez ! dit-elle ; allons ! paraissez, il est temps !

Car voici la chaleur, et voici le printemps.

Ainsi, quand je te vois, ô modeste bergère !

Fouler de tes pieds nus la riante fougère,

J’appelle autour de moi les pâtres nonchalants,

À quitter le gazon, selon mes vœux, trop lents ;

Et crie, eu te suivant dans ta course rebelle :

Venez ! oh ! venez voir comme Glycère est belle !

ménalque

Un jour, jour de Bacchus, loin des jeux égaré.

Seule je la surpris au fond du bois sacré :

Le soleil et les vents, dans ces bocages sombres.

Des feuilles sur ses traits faisaient flotter les ombres ;

Lascive, elle dormait sur le thyrse brisé ;

Une molle sueur, sur son front épuisé,

Brillait comme la perle en gouttes transparentes,

Et ses mains, autour d’elle, et sous le lin errantes.

Touchant la coupe vide, et son sein tour à tour,

Redemandaient encore et Bacchus et l’Amour.

bathylle

Je vous adjure ici, Nymphes de la Sicile,

Dont les doigts, sous des fleurs, guident l’onde docile ;

Vous reçûtes ses dons, alors que sous nos bois,

Rougissante, elle vint pour la première fois.

105 Ses bras blancs soutenaient sur sa tête inclinée

L’amphore, œuvre divine aux fêtes destinée.

Qu’emplit la molle poire, et le raisin doré,

Et la pêche au duvet de pourpre coloré ;

Des pasteurs empressés l’attention jalouse

iio L’entourait, murmurant le nom sacré d’épouse ;

Mais en vain : nul regard ne flatta leur ardeur ;

Elle fut toute aux Dieux et toute à la pudeur.

Ici, je vis rouler la coupe aux flancs d’argile ;

Le chêne ému tremblait, la flûte de Bathylle

Brilla d’un feu divin ; la Dryade, un moment

Joyeuse, fit entendre un long frémissement,

Doux comme les échos dont la voix incertaine

Murmure la chanson d’une flûte lointaine.

Écrit en 1815.

LE MALHEUR

La pièce est retranchée dans A, B.

Sous-titre : P1, Ode.

Suivi du Suicide impie,

À travers les pâles cités,

Le Malheur rôde, il nous épie,

Près de nos seuils épouvantés.

Alors il demande sa proie ;

La jeunesse, au sein de la joie.

L’entend, soupire et se flétrit ;

Comme au temps où la feuille tombe.

Le vieillard descend dans la tombe,

Privé du feu qui le nourrit.

Où fuir ? Sur le seuil de ma porte

Le Malheur, un jour, s’est assis ;

Et depuis ce jour je l’emporte

A travers mes jours obscurcis.

Au soleil, et dans les ténèbres,

En tous lieux ses ailes funèbres

Me couvrent comme un noir manteau ;

De mes douleurs ses bras avides

M’enlacent ; et ses mains livides

Sur mon cœur tiennent le couteau.

J’ai jeté ma vie aux délices.

Je souris à la volupté ;

Et les insensés, mes complices,

Admirent ma félicité.

Moi-même, crédule à ma joie.

J’enivre mon cœur, je me noie

Aux torrents d’un riant orgueil ;

Mais le Malheur devant ma face

À passé : le rire s’efface,

Et mon front a repris son deuil.

En vain je redemande aux fêtes

Leurs premiers éblouissements,

De mon cœur les molles défaites

Et les vagues enchantements :

Le spectre se mêle à la danse ;

Retombant avec la cadence,

Il tache le sol de ses pleurs.

Et de mes yeux trompant l’attente,

Passe sa tête dégoûtante

Parmi des fronts ornés de fleurs.

Il me parle dans le silence,

Et mes nuits entendent sa voix ;

Dans les arbres il se balance

Quand je cherche la paix des bois.

Près de mon oreille il soupire ;

On dirait qu’un mortel expire :

Mon cœur se serre épouvanté.

Vers les astres mon œil se lève,

Mais il y voit pendre le glaive

De l’antique fatalité.

Sur mes mains ma tête penchée

Croit trouver l’innocent sommeil.

Mais, hélas ! elle m’est cachée,

Sa fleur au calice vermeil.

Pour toujours elle m’est ravie,

La douce absence de la vie ;

Ce bain qui rafraîchit les jours,

Cette mort de l’âme affligée,

Chaque nuit à tous partagée,

Le sommeil m’a fui pour toujours.

Ah ! puisqu’une éternelle veille

Brûle mes yeux toujours ouverts,

Viens, ô Gloire ! ai-je dit ; réveille

Ma sombre vie au bruit des vers.

Fais qu’au moins mon pied périssable

Laisse une empreinte sur le sable.

La Gloire a dit : « Fils de douleur,

» Où veux-tu que je te conduise ?

» Tremble ; si je t’immortalise,

» J’immortalise le Malheur. »

Malheur ! oh ! quel jour favorable

De ta rage sera vainqueur ?

Quelle main forte et secourable

Pourra t’arracher de mon cœur,

Et dans cette fournaise ardente,

Pour moi noblement imprudente.

N’hésitant pas à se plonger.

Osera chercher dans la flamme,

Avec force y saisir mon âme,

Et l’emporter loin du danger ?

Écrit en 1820.

LA PRISON

poème

XVIIe SIÈCLE

Le sous-titre manque dans M, P1.

Épigraphe : M,P1, C’est dans la tombe qu’on est à couvert du bruit qu’excitent les impies. | C’est là que ceux qui étaient enchaînés ne souffrent plus, et qu’ils n’entendent plus la voix de l’exacteur. (Job).

« Oh ! ne vous jouez plus d’un vieillard et d’un prêtre !

» Étranger dans ces lieux, comment les reconnaître ?

» Depuis une heure au moins cet importun bandeau

» Presse mes yeux souffrants de son épais fardeau.

» Soin stérile et cruel ! car de ces édifices

» Ils n’ont jamais tenté les sombres artifices.

» Soldats ! vous outragez le ministre et le Dieu,

» Dieu même que mes mains apportent dans ce lieu. »

Il parle ; mais en vain sa crainte les prononce :

Ces mots et d’autres cris se taisent sans réponse.

On l’entraîne toujours en des détours savants.

Tantôt crie à ses pieds le bois des ponts mouvants ;

Tantôt sa voix s’éteint à de courts intervalles,

Tantôt fait retentir l’écho des vastes salles ;

Dans l’escalier tournant on dirige ses pas ;

Il monte à la prison que lui seul ne voit pas,

Et, les bras étendus, le vieux prêtre timide

Tâte les murs épais du corridor humide.

On s’arrête ; il entend le bruit des pas mourir,

Sous de bruyantes clefs des gonds de fer s’ouvrir ;

Il descend trois degrés sur la pierre glissante,

Et, privé du secours de sa vue impuissante,

La chaleur l’avertit qu’on éclaire ces lieux ;

Enfin, de leur bandeau l’on délivre ses yeux.

Dans un étroit cachot dont les torches funèbres

Ont peine à dissiper les épaisses ténèbres,

Un vieillard expirant attendait ses secours :

Du moins ce fut ainsi qu’en un brusque discours

Ses sombres conducteurs le lui firent entendre.

Un instant, en silence, on le pria d’attendre.

« Mon prince, dit quelqu’un, le saint homme est venu.

» — Eh ! que m’importe, à moi ? » soupira l’inconnu.

Cependant, vers le lit que deux lourdes tentures

Voilent du luxe ancien de leurs pâles peintures,

Le prêtre s’avança lentement, et, sans voir

Le malade caché, se mit à son devoir.

le prêtre.

Écoutez-moi, mon fils.

le mourant.

Hélas ! malgré ma haine,

J’écoute votre voix, c’est une voix humaine :

J’étais né pour l’entendre, et je ne sais pourquoi

Ceux qui m’ont fait du mal ont tant d’attraits pour moi.

Jamais je ne connus cette rare parole

Qu’on appelle amitié, qui, dit-on, vous console ;

Et les chants maternels qui charment vos berceaux

N’ont jamais résonné sous mes tristes arceaux ;

Et pourtant, lorsqu’un mot m’arriva moins sévère,

Il ne fut pas perdu pour mon cœur solitaire.

Mais, puisque vous m’aimez, ô vieillard inconnu !

Pourquoi jusqu’à ce jour n’êtes vous pas venu ?

le prêtre.

Ô qui que vous soyez ! vous que tant de mystère,

Avant le temps prescrit, sépara de la terre,

Vous n’aurez plus de fers dans l’asile des morts :

Si vous avez failli, rappelez les remords.

Versez-les dans le sein du Dieu qui vous écoute ;

Ma main du repentir vous montrera la route.

Entrevoyez le Ciel par vos maux acheté :

Je suis prêtre, et vous porte ici la liberté.

De la confession j’accomplis l’œuvre sainte,

Le tribunal divin siège dans cette enceinte.

Répondez, le pardon déjà vous est offert ;

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le mourant.

Il est un Dieu ? J’ai pourtant bien souffert !

le prêtre.

Vous avez moins souffert qu’il ne l’a fait lui-même. Votre dernier soupir sera-t-il un blasphème ? Et quel droit avez-vous de plaindre vos malheurs, Lorsque le sang du Christ tomba dans les douleurs ? Ô mon fils, c’est pour nous, tout ingrats que nous sommes, Qu’il a daigné descendre aux misères des hommes. À la vie, en son nom, dites un mâle adieu.

le mourant.

J’étais peut-être Roi.

le prêtre.

Le sauveur était Dieu ;

}} Mais, sans nous élever jusqu’à ce divin Maître,

Si j’osais, après lui, nommer encor le prêtre,

Je vous dirais : Et moi, pour combattre l’enfer,

J’ai resserré mon sein dans un corset de fer ;

Mon corps a revêtu l’inflexible cilice,

Où chacun de mes pas trouve un nouveau supplice.

Au cloître est un pavé que, durant quarante ans,

Ont usé chaque jour mes genoux pénitents,

Et c’est encor trop peu que de tant de souffrance

Pour acheter du Ciel l’ineffable espérance.

Au creuset douloureux il faut être épuré

Pour conquérir son rang dans le séjour sacré.

Le temps nous presse, au nom de vos douleurs passées.

Dites-moi vos erreurs pour les voir effacées ;

Et devant cette croix où Dieu monta pour nous,

Souhaitez avec moi de tomber à genoux.

— Sur le front du vieux moine, une rougeur légère

Fit renaître une ardeur à son âge étrangère ;

Les pleurs qu’il retenait coulèrent un moment ;

Au chevet du captif il tomba pesamment ;

Et ses mains présentaient le crucifix d’ébène,

Et tremblaient en l’offrant, et le tenaient à peine.

Pour le cœur du Chrétien demandant des remords.

Il murmurait tout bas la prière des morts,

Et, sur le lit, sa tête, avec douleur penchée,

Cherchait du prisonnier la figure cachée.

Un flambeau la révèle entière : ce n’est pas

Un front décoloré par un prochain trépas,

Ce n’est pas l’agonie et son dernier ravage ;

Ce qu’il voit est sans traits, et sans vie, et sans âge :

Un fantôme immobile à ses yeux est offert,

Et les feux ont relui sur un masque de fer.

Plein d’horreur à l’aspect de ce sombre mystère,

Le prêtre se souvint que, dans le monastère,

Une fois, en tremblant, on se parla tout bas

D’un prisonnier d’État que l’on ne nommait pas ;

Qu’on racontait de lui des choses merveilleuses,

De berceau dérobé, de craintes orgueilleuses.

De royale naissance, et de droits arrachés,

Et de ses jours captifs sous un masque cachés.

Quelques pères disaient qu’à sa descente en France,

De secouer ses fers il conçut l’espérance ;

Qu’aux geôliers un instant il s’était dérobé,

Et, quoique entre leurs mains aisément retombé,

L’on avait vu ses traits ; et qu’une Provençale,

Arrivée au couvent de Saint-François-de-Sale

Pour y prendre le voile, avait dit, en pleurant.

Qu’elle prenait la Vierge et son Fils pour garant

Que le Masque de Fer avait vécu sans crime.

Et que son jugement était illégitime ;

Qu’il tenait des discours pleins de grâce et de foi.

Qu’il était jeune et beau, qu’il ressemblait au Roi,

Qu’il avait dans la voix une douceur étrange,

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