Poèmes antiques et modernes
CHANT DE SUZANNE AU BAIN
[Fragment d’un poème de Suzanne].
De l’époux bien-aimé n’entends-je pas la voix ?
Qui, pareil au chevreuil, le voici, je le vois.
Il reparait joyeux sur le haut des montagnes.
Bondit sur la colline et passe les campagnes.
Ô fortifiez-moi ! mêlez des fruits aux fleurs !
Car je languis d’amour et j’ai versé des pleurs.
J’ai cherché dans la nuit, à l’aide de la flamme,
Celui qui fait ma joie et que chérit mon âme.
Ô ! comment à ma couche est-il donc enlevé !
Je l’ai cherché partout et ne l’ai pas trouvé.
Mon époux est pour moi comme un collier de myrrhe ;
Qu’il dorme sur mon sein, je l’aime et je l’admire.
Il est blanc entre mille et brille le premier ;
Ses cheveux sont pareils aux rameaux du palmier ;
À l’ombre du palmier je me suis reposée,
Et d’un nard précieux ma tête est arrosée.
Je préfère sa bouche aux grappes d’Engaddi,
Qui tempèrent, dans l’or, le soleil de midi.
Qu’à m’entourer d’amour son bras gauche s’apprête,
Et que de sa main droite il soutienne ma tête !
Quand son cœur sur le mien bat dans un doux transport,
Je me meurs, car l’amour est fort comme la mort.
Si mes cheveux sont noirs, moi je suis blanche et belle ,
Et jamais à sa voix mon âme n’est rebelle,
Je sais que la sagesse est plus que la beauté,
Je sais que le sourire est plein de vanité,
Je sais la femme forte et veux suivre sa voie :
« Elle a cherché la laine, et le lin, et la soie.
« Ses doigts ingénieux ont travaillé long-temps ;
« Elle partage à tous et l’ouvrage et le temps ;
« Ses fuseaux ont tissu la toile d’Idumée,
« Le passant dans la nuit voit sa lampe allumée.
« Sa main est pleine d’or et s’ouvre à l’indigent ;
« Elle a de la bonté le langage indulgent ;
« Ses fils l’ont dite heureuse et de force douée,
« Ils se sont levés tous, et tous ils l’ont louée.
« Sa bouche sourira lors de son dernier jour . »
Lorsque j’ai dit ces mots, plein d’un nouvel amour,
De ses bras parfumés mon époux m’environne,
Il m’appelle sa sœur, sa gloire et sa couronne .
DOLORIDA
poème
Yo amo mas a tu amor que a in vida.Prov. espagnol.
J’aime mieux ton amour que ta vie.
Titre : O, pas de sous-titre. — Dans la Muse Française, en note au titre : Les poëmes de M. de Vigny, Héléna, la Prison, etc., se vendent chez Pélicier, libraire, place du Palais-Royal, 243. L’édition est presque épuisée.
Épigraphe : O, Io.
Est-ce la Volupté qui, pour ses doux mystères,
Furtive, a rallumé ces lampes solitaires ?
La gaze et le cristal sont leur pâle prison.
Aux souffles purs d’un soir de l’ardente saison
S’ouvre sur le balcon la moresque fenêtre ;
Une aurore imprévue à minuit semble naître,
Quand la lune apparaît, quand ses gerbes d’argent
Font pâlir les lueurs du feu rose et changeant ;
Les deux clartés à l’œil offrent partout leurs pièges.
Caressent mollement le velours bleu des sièges,
La soyeuse ottomane où le livre est encor,
La pendule mobile entre deux vases d’or,
La Madone d’argent, sous des roses cachée.
Et sur un lit d’azur une beauté couchée.
Oh ! jamais dans Madrid un noble cavalier
Ne verra tant de grâce à plus d’art s’allier ;
Jamais pour plus d’attraits, lorsque la nuit commence.
N’a frémi la guitare et langui la romance ;
Jamais dans nulle église on ne vit plus beaux yeux
Des grains du chapelet se tourner vers les cieux ;
Sur les mille degrés du vaste amphithéâtre
On n’admira jamais plus belles mains d’albâtre
Sous la mantille noire et ses paillettes d’or,
Applaudissant, de loin, l’adroit toréador.
Mais, ô vous ! qu’en secret nulle oeillade attentive
Dans ses rayons brillants ne chercha pour captive,
Jeune foule d’amants, Espagnols à l’œil noir.
Si sous la perle et l’or vous l’adoriez le soir,
Qui de vous ne voudrait (dût la dague andalouse
Le frapper au retour de sa pointe jalouse)
Prosterner ses baisers sur ces pieds découverts,
Ce col, ce sein d’albâtre, à l’air nocturne ouverts.
Et ces longs cheveux noirs tombant sur son épaule,
Comme tombe à ses pieds le vêtement du saule ?
Dolorida n’a plus que ce voile incertain,
Le premier que revêt le pudique matin
Et le dernier rempart que, dans sa nuit folâtre,
L’amour ose enlever d’une main idolâtre.
Ses bras nus à sa tête offrent un mol appui,
Mais ses yeux sont ouverts, et bien du temps a fui
Depuis que, sur l’émail, dans ses douze demeures.
Ils suivent ce compas qui tourne avec les heures.
Que fait-il donc, celui que sa douleur attend ?
Sans doute il n’aime pas, celui qu’elle aime tant.
À peine chaque jour l’épouse délaissée
Voit un baiser distrait sur sa lèvre empressée
Tomber seul, sans l’amour ; son amour cependant
S’accroît par les dédains et souffre plus ardent.
Près d’un constant époux, peut-être, ô jeune femme !
Quelque infidèle espoir eût égaré ton âme ;
Car l’amour d’une femme est semblable à l’enfant
Qui, las de ses fouets, les brise triomphant.
Foule d’un pied volage une rose immobile,
Et suit l’insecte ailé qui fuit sa main débile.
Pourquoi Dolorida seule en ce grand palais,
Où l’on n’entend, ce soir, ni le pied des valets,
Ni, dans la galerie et les corridors tristes.
Les enfantines voix des vives caméristes ?
Trois heures cependant ont lentement sonné ;
La voix du temps est triste au cœur abandonné ;
Ses coups y réveillaient la douleur de l’absence,
Et la lampe luttait ; sa flamme sans puissance
Décroissait inégale, et semblait un mourant
Qui sur la vie encor jette un regard errant.
À ses yeux fatigués tout se montre plus sombre.
Le crucifix penché semble agiter son ombre :
Un grand froid la saisit ; mais les fortes douleurs
Ignorent les sanglots, les soupirs et les pleurs :
Elle reste immobile, et, sous un air paisible,
Mord, d’une dent jalouse, une main insensible.
Que le silence est long ! Mais on entend des pas !
La porte s’ouvre, il entre : elle ne tremble pas !
Elle ne tremble pas, à sa pâle figure
Qui de quelque malheur semble traîner l’augure ;
Elle voit sans effroi son jeune époux, si beau.
Marcher jusqu’à son lit comme on marche au tombeau.
Sous les plis du manteau se courbe sa faiblesse ;
Même sa longue épée est un poids qui le blesse.
Tombé sur ses genoux, il parle à demi-voix :
« — Je viens te dire adieu ; je me meurs, tu le vois,
Dolorida, je meurs ! une flamme inconnue.
Errante, est de mon sang jusqu’au cœur parvenue.
Mes pieds sont froids et lourds, mon œil est obscurci ;
Je suis tombé trois fois en revenant ici.
Mais je voulais te voir ; mais quand l’ardente fièvre
Par des frissons brûlants a fait trembler ma lèvre.
J’ai dit : Je vais mourir ; que la fin de mes jours
Lui fasse au moins savoir qu’absent j’aimais toujours.
Alors je suis parti, ne demandant qu’une heure
Et qu’un peu de soutien pour trouver ta demeure.
Je me sens plus vivant à genoux devant toi.
— Pourquoi mourir ici, quand vous viviez sans moi ?
— Ô cœur inexorable ! oui, tu fus offensée !
Mais écoute mon souffle, et sens ma main glacée ;
Viens toucher sur mon front cette froide sueur ;
Du trépas dans mes yeux vois la terne lueur.
Donne, oh ! donne une main ; dis mon nom. Fais entendre
Quelque mot consolant, s’il ne peut être tendre.
Des jours qui m’étaient dus je n’ai pas la moitié ;
Laisse en aller mon âme en rêvant ta pitié !
Hélas ! devant la mort montre un peu d’indulgence !
— La mort n’est que la mort et n’est pas la vengeance.
— Ô Dieux ! si jeune encor ! tout son cœur endurci !
Qu’il t’a fallu souffrir pour devenir ainsi !
Tout mon crime est empreint au fond de ton langage.
Faible amie, et ta force horrible est mon ouvrage.
Mais viens, écoute-moi, viens, je mérite et veux
Que ton âme apaisée entende mes aveux.
Je jure, et tu le vois, en expirant, ma bouche
Jure devant ce Christ qui domine ta couche,
Et si par leur faiblesse ils n’étaient pas liés.
Je lèverais mes bras jusqu’au sang de ses pieds ;
Je jure que jamais mon amour égarée
N’oublia loin de toi ton image adorée ;
L’infidélité même était pleine de toi,
Je te voyais partout entre ma faute et moi.
Et sur un autre cœur mon cœur rêvait tes charmes
Plus touchants par mon crime et plus beaux par tes larmes.
Séduit par ces plaisirs qui durent peu de temps,
Je fus bien criminel ; mais, hélas ! j’ai vingt ans.
— T’a-t-elle vu pâlir ce soir dans tes souffrances ?
— J’ai vu son désespoir passer tes espérances.
Oui, sois heureuse, elle a sa part dans nos douleurs ;
Quand j’ai crié ton nom, elle a versé des pleurs ;
Car je ne sais quel mal circule dans mes veines ;
Mais je t’invoquais seule avec des plaintes vaines.
J’ai cru d’abord mourir et n’avoir pas le temps
D’appeler ton pardon sur mes derniers instants.
Oh ! parle ; mon cœur fuit ; quitte ce dur langage ;
Qu’un regard… Mais quel est ce blanchâtre breuvage
Que tu bois à longs traits et d’un air insensé ?
— Le reste du poison qu’hier je t’ai versé. »
Écrit en 1823, dans les Pyrénées.
Introduction
v
PRÉFACES
1822
3
1829 (2e édition)
5
1829 (3e édition)
6
1837
8
LIVRE MYSTIQUE
Moïse, poème
11
Éloa, ou la Sœur des Anges, mystère
20
Chant Premier, Naissance
20
Chant Deuxième, Séduction
42
Chant Troisième, Chute
57
Le Déluge, mystère
74
LIVRE ANTIQUE
Antiquité Biblique.
La Fille de Jephté, poème
95
La Femme adultère, poème
101
Le Bain. Fragment d’un poème de Suzanne
115
Antiquité Homérique.
Le Somnambule, poème
118
La Dryade, idylle
122
Symétha, élégie
130
Le Bain d’une Dame Romaine
134
LIVRE MODERNE
Dolorida, poème
139
Le Malheur
148
La Prison, poème, xviie siècle
152
Madame de Soubise, poème, xvie siècle
171
La Neige, poème
179
Le Cor, poème
185
Le Bal, poème
191
Le Trappiste, poème
196
La Frégate la Sérieuse, ou la Plainte du Capitaine, poème
208
La Traversée
210
Le Repos
217
Le Combat
218
Les Amants de Montmorency, élévation
223
Paris, élévation
230
APPENDICE
Héléna, poème
245
Chant Premier, L’Autel
245
Chant Deuxième, Le Navire
257
Chant Troisième, L’Urne
280
L’Ange tombée
296
La Beauté Idéale. Aux mânes de Girodet
299
La Femme Adultère (Passage retranché)
302
Chant de Suzanne au bain
306
Fragments dans le goût judaïque
310
Documens SUR les Trapistes d’Espagne
313
Alfred de Vigny critiqué par sa Mère
319
abbeville. — imprimerie f. paillart
ÉLOA
ou
LA SŒUR DES ANGES
mystère
C’est le serpent, dit-elle, je l’ai écouté, et il m’a trompée.Genèse.
CHANT PREMIER naissance
Il naquit sur la terre un Ange, dans le temps
Où le Médiateur sauvait ses habitants.
Avec sa suite obscure et comme lui bannie,
Jésus avait quitté les murs de Béthanie ;
À travers la campagne il fuyait d’un pas lent,
Quelquefois s’arrêtait, priant et consolant,
Assis au bord d’un champ le prenait pour symbole,
Ou du Samaritain disait la parabole,
La brebis égarée, ou le mauvais pasteur,
Ou le sépulcre blanc pareil à l’imposteur ;
Et, de là, poursuivant sa paisible conquête.
De la Chananéenne écoutait la requête,
À la fille sans guide enseignait ses chemins,
Puis aux petits enfants il imposait les mains.
L’aveugle-né voyait, sans pouvoir le comprendre,
Le lépreux et le sourd se toucher et s’entendre,
Et tous lui consacrant des larmes pour adieu,
Ils quittaient le désert où l’on exilait Dieu.
Fils de l’homme et sujet aux maux de la naissance,
Il les commençait tous par le plus grand, l’absence,
Abandonnant sa ville et subissant l’Édit,
Pour accomplir en tout ce qu’on avait prédit.
Or, pendant ces temps-là, ses amis en Judée
Voyaient venir leur fin qu’il avait retardée ;
Lazare, qu’il aimait et ne visitait plus,
Vint à mourir, ses jours étant tous révolus.
Mais l’amitié de Dieu n’est-elle pas la vie ?
Il partit dans la nuit ; sa marche était suivie
Par les deux jeunes sœurs du malade expiré,
Chez qui dans ses périls il s’était retiré.
C’était Marthe et Marie ; or, Marie était celle
Qui versa les parfums et fit blâmer son zèle.
Tous s’affligeaient ; Jésus disait en vain : Il dort.
Et lui-même en voyant le linceul et le mort,
Il pleura. — Larme sainte à l’amitié donnée,
Oh ! vous ne fûtes point aux vents abandonnée !
Des Séraphins penchés l’urne de diamant.
Invisible aux mortels, vous reçut mollement.
Et comme une merveille, au Ciel même étonnante,
Aux pieds de l’Eternel vous porta rayonnante.
De l’œil toujours ouvert un regard complaisant
Émut et fit briller l’ineffable présent ;
Et l’Esprit-Saint sur elle épanchant sa puissance
Donna l’âme et la vie à la divine essence.
Comme l’encens qui brûle aux rayons du soleil
Se change en un feu pur, éclatant et vermeil,
On vit alors du sein de l’urne éblouissante.
S’élever une forme et blanche et grandissante,
Une voix s’entendit qui disait : Éloa !
Et l’Ange apparaissant répondit : Me voilà.
Toute parée, aux yeux du Ciel qui la contemple,
Elle marche vers Dieu comme une épouse au Temple ;
Son beau front est serein et pur comme un beau lis.
Et d’un voile d’azur il soulève les plis ;
Ses cheveux partagés, comme des gerbes blondes,
{{#tag :poem| Dans les vapeurs de l’air perdent leurs molles ondes, Comme on voit la comète errante dans les cieux Fondre au sein de la nuit ses rayons gracieux ; Une rose aux lueurs de l’aube matinale N’a pas de son teint frais la rougeur virginale ; Et la lune, des bois éclairant l’épaisseur, D’un de ses doux regards n’atteint pas la douceur. Ses ailes sont d’argent ; sous une pâle robe, Son pied blanc tour à tour se montre et se dérobe, Et son sein agité, mais à peine aperçu, Soulève les contours du céleste tissu. C’est une femme aussi, c’est une Ange charmante ; Car ce peuple d’Esprits, cette famille aimante. Qui, pour nous, près de nous, prie et veille toujours, Unit sa pure essence en de saintes amours : L’Archange Raphaël, lorsqu’il vint sur la Terre, Sous le berceau d’Éden conta ce doux mystère.
}} Mais nulle de ces sœurs que Dieu créa pour eux
N’apporta plus de joie au ciel des Bienheureux.
Les Chérubins brûlants qu’enveloppent six ailes,
Les tendres Séraphins, Dieux des amours fidèles,
Les Trônes, les Vertus, les Princes, les Ardeurs,
Les Dominations, les Gardiens, les Splendeurs,
Et les Rêves pieux, et les saintes Louanges,
Et tous les Anges purs, et tous les grands Archanges,
Et tout ce que le Ciel renferme d’habitants,
Tous, de leurs ailes d’or voilés en même temps,
Abaissèrent leurs fronts jusqu’à ses pieds de neige,
Et les Vierges ses sœurs s’unissant en cortège,
Comme autour de la Lune on voit les feux du soir,
Se tenant par la main, coururent pour la voir.
Des harpes d’or pendaient à leur chaste ceinture ;
Et des fleurs qu’au Ciel seul fit germer la nature,
Des fleurs qu’on ne voit pas dans l’Été des humains,
Comme une large pluie abondaient sous leurs mains.
« Heureux, chantaient alors des voix incomparables,
» Heureux le monde offert à ses pas secourables !
» Quand elle aura passé parmi les malheureux,
» L’esprit consolateur se répandra sur eux.
» Quel globe attend ses pas ? Quel siècle la demande ?
» Naîtra-t-il d’autres cieux afin qu’elle y commande ? »
Un jour… (Comment oser nommer du nom de jour
Ce qui n’a pas de fuite et n’a pas de retour ?
Des langages humains défiant l’indigence,
L’Éternité se voile à notre intelligence.
Et pour nous faire entendre un de ses courts instants,
Il faut chercher pour eux un nom parmi les Temps.)
Un jour les habitants de l’immortel empire,
Imprudents une fois, s’unissaient pour l’instruire.
« Éloa, disaient-ils, oh ! veillez bien sur vous :
» Un Ange peut tomber ; le plus beau de nous tous
» N’est plus ici : pourtant dans sa vertu première
» On le nommait celui qui porte la lumière ;
» Car il portait l’amour et la vie en tout lieu,
» Aux astres il portait tous les ordres de Dieu ;
» La Terre consacrait sa beauté sans égale,
» Appelant Lucifer l’étoile matinale,
» Diamant radieux, que sur son front vermeil,
» Parmi ses cheveux d’or a posé le Soleil.
» Mais on dit qu’à présent il est sans diadème,
» Qu’il gémit, qu’il est seul, que personne ne l’aime,
» Que la noirceur d’un crime appesantit ses yeux,
» Qu’il ne sait plus parler le langage des Cieux ;
» La mort est dans les mots que prononce sa bouche ;
» Il brûle ce qu’il voit, il flétrit ce qu’il touche ;
» Il ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits ;
» Il est même sans joie aux malheurs qu’il a faits.
» Le Ciel qu’il habita se trouble à sa mémoire,
» Nul Ange n’osera vous conter son histoire,
» Aucun Saint n’oserait dire une fois son nom. »