Conférences aux missionnaires (page 19)

Vincent de Paul · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Conférences aux missionnaires, éd. Coste, t. XI-XII · 23 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

XII. — 28

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SUPPLEMENT

223.— REPETITION D'ORAISON DU 27 DECEMBRE

Pernicieux effets de la curiosité.—Raisons de pratiquer la charité.—

En quoi consiste l'inspiration ; ne pas la confondre avec l'illusion.

M. Vincent dit que la curiosité était la peste de la vie spirituelle, et plus de fois peste qu'il y a de grains de sable dans la mer, et que c'était par la curiosité de notre premier père que la mort, la guerre, la peste, la famine et les autres misères qui accablent la nature humaine, étaient entrées dans le monde.

Il nous exhorta et nous tint les mêmes paroles que saint Jean aux siens : Filii, diligite alterutrum (1), et dit que la Compagnie durerait autant que la charité y demeurerait. Il prononça quantité de malédictions contre celui qui manquerait à la charité, disant qu'il ne serait pas cause seulement de la ruine de la Compagnie, mais aussi de quelque déchet ou diminution de perfection en la même Compagnie, c'est-à-dire que, par sa faute, il serait cause qu'elle serait moins imparfaite. Il nous dit encore, à propos de saint Pierre, qui se mettait en peine de ce que deviendrait saint Jean, que c'était la charité qui lui avait fait proposer cette question. Et il dit finalement que la charité était une marque de prédestination .

Entretien 223. — Recueil autographié, p. 213.

1. Première épître de saint Jean III, 11.

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M. Vincent parla ensuite de l'inspiration et dit que c'était un mouvement intérieur de notre âme qui nous porte à fuir quelque mal, ou à faire quelque bien ; autrement, une parole intérieure de Dieu à notre cœur, de laquelle il se sert quand les exhortations, lectures, bons exemples ne nous touchent point. C'est, dit-il, ce qui est rapporté en l'Evangile, de ce maître qui, ayant envoyé ses serviteurs et ayant vu qu'ils n'avaient rien avance, voulut en personne leur parler lui-même et par son fils.

Ceux, dit-il encore, qui ne font état de cette parole intérieure ont une marque de réprobation et foulent aux pieds le sang de Notre-Seigneur, qui nous a mérité cette grâce par sa passion, et résistent au Saint-Esprit ; ce qui est un péché qui ne se pardonne ni en ce monde, ni en l'autre. En un mot, que ce n'était pas être les brebis de Dieu ; nam oves meae vocem meum eudiunt. (2).

M Vincent nous dit aussi que le diable se transformait en ange de lumière et qu'il nous donnait des inspirations qui paraissaient être de Dieu Et pour les connaître et discerner, il remarqua que, pour les mouvements que nous ressentions pour les choses extraordinaires, il fallait toujours avoir recours aux pères spirituels ; et que, pour les mouvements ordinaires, il fallait examiner si l'inspiration n'était pas accompagnée de précipitation, parce que non in commotione Dominus (3), si elle n'est point opposée aux commandements de Dieu ou de l'Eglise, ou contre les maximes chrétiennes, ou contre les règlements et saintes coutumes de la maison et de la communauté. Si l'une de ces conditions s'y trouve, alors ce n'est plus inspiration, mais tentation (4).

3. Troisième livre des Rois XIX, l l.

4. Nous trouvons dans Abelly (op. cit., t. III, chap. v, sect. 1, p. 39) les paroles suivantes, qui pourraient appartenir à cette répétition d'oraison : " Parmi une multitude de pensées et de sentiments

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224. — RESUME D'UNE CONFERENCE

COMMENT S'OCCUPER DES RETRAITANTS

Monsieur Vincent dit, au commencement de la conférence, qu'il avait pensé plusieurs fois à donner ce sujet et qu'il avait eu les mêmes motifs que ceux déjà rapportés, tant il est vraisemblable que Dieu communique les mêmes pensées presque à tous.

Voici le premier motif.— C'est que la Compagnie a vocation pour cela ; Dieu l'a appelée pour cela ; ce qui se prouve parce qu'elle,a commencé sans ce dessein et sans penser à faire faire ces exercices ; néanmoins cela s'est glissé imperceptiblement. Je pense, dit-il, que c'est M. Coqueret (2) qui commença, et par après il y envoya les écoliers ; enfin le premier a amené le second ; le second, le troisième; et ,ainsi jusqu'à maintenant.

Second motif. — D'après saint Augustin, les pratiques dont on ignore les auteurs viennent des apôtres et par conséquent de Dieu. Il en est de même en cet exercice de messieurs les exercitants, car il n'y a point d'auteur ; c'est Dieu. M. Vincent ajouta qu'il n'y avait rien

qui nous viennent incessamment, il s'en trouve de bons en apparence, qui pourtant ne viennent pas de Dieu et ne sont pas selon son goût. Quel moyen donc de les discerner ? C'est qu'il faut les examiner, recourir à Dieu par la prière et lui demander lumière ; en considérer les motifs, la fin et les moyens, pour voir si tout est assaisonné de son bon plaisir ; les proposer aux sages et en prendre avis de Ceux qui ont soin de nous, et qui sont les dépositaires des trésors de la science et de la sagesse de Dieu ; et faisant ce qu'ils conseillent, on fait la volonté de Dieu."

Entretien 224. - Manuscrit des Conférences.

1. La conférence n'est pas datée. Ce sujet fut traité à Saint-Lazare en 1652, le 27 octobre 1656, le 17 janvier 1659, le 16 avril 1660 et plusieurs fois sans doute avant 1650.

2. Docteur de Navarre et grand ami de saint Vincent.

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du sien, non plus qu'en toutes les autres pratiques de la maison, comme nous verrons un jour, dit-il. Cela posé, voyons l'obligation que nous avons de continuer cet œuvre, puisque c'est Dieu qui l'a établi et en est l'auteur; et ce avec ferveur, de crainte que Dieu ne transfère la grâce qu'il nous a donnée, à d'autres, qui s'en acquitteraient mieux ; ce qui arrivera lorsqu'on s'en acquittera avec tiédeur.

Troisième motif.— C'est que Dieu se sert pour cet exercice des plus pauvres ouvriers de son Eglise. Que nous considérions les grands talents, la vertu, la piété et la dévotion, nous sommes les plus chétifs ; c'est le sentiment que doit avoir un chacun pour son particulier ; et si le particulier est obligé de l'avoir, pourquoi non la Compagnie, puisqu'elle est composée de particuliers ? Toutes les maximes sont transgressées. Nemo dat quod non habet, et néanmoins en voilà qui depuis dix-huit mois, qui depuis un an, qui depuis six mois, qui depuis quatre mois conduisent des ordinands. De pauvres séminaristes, qui hier encore étaient dans le péché, deviennent directeurs de ceux avec lesquels ils ont fait la vie du siècle. Voyez, Messieurs, comme il n'y a rien du nôtre là dedans ; c'est Dieu qui agit. Puis M. Vincent ajouta :

J'ai encore des motifs, mais passons pour en venir aux moyens.

Le premier moyen, c'est de considérer que c'est l'œuvre des œuvres, plus grand que celui du monde, car il s'agit de faire d'un pécheur un juste ; d'un vicieux, un parfait. La création du monde n'est pas si difficile, parce que dixi et facta sunt, dit Dieu; le néant ne peut aucunement résister à Dieu ; mais, en cet exercice, la volonté du pécheur, ses inclinations, ses passions, ses

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tentations, tout cela s'oppose au dessein de Dieu. Voyez, Messieurs, la grandeur de cet œuvre. Il est aussi difficile de faire qu'un pécheur se retire du péché que de faire monter la pierre en haut et de faire descendre la plume et le feu en bas. Et néanmoins, c'est le dessein de Dieu, c'est là sa volonté, que d'un pécheur nous fassions un juste et que nous fassions régner Dieu dans son âme, pour le gagner plus parfaitement à lui.

Second moyen. —C'est de se bien donner à Dieu pour cela, le prier de nous donner son esprit pour la conduite des exercitants, faire souvent des aspirations à Dieu pour cela, des désirs pour sa gloire. Hélas ! nous n'y pouvons rien, c'est à lui à faire cela. Et là M Vincent a rapporté ce qu'un Cordelier a écrit sur la façon de visiter les malades, savoir, en sortant pour aller chez eux, faire beaucoup d'élévations à Dieu : "Hélas ! mon Dieu! faites-moi la grâce de soulager ce pauvre malade, etc. "De même, nous devons dire : "Hélas ! mon Dieu ! faites-moi la grâce de profiter à cet exercitant

on Dieu ! puisque c'est votre volonté, faites moi la grâce de me bien acquitter de cette visite; c'est pour l'amour de vous." Et il a dit que la prière était fort efficace et que c'est le meilleur moyen. Il rapporta la foi de ce greffier d'une des cours les plus souveraines, qui a tant de confiance en la prière, que, quand il demande quelque chose pour la gloire de Dieu, il l'obtient; et cela par l'entremise de la sainte Vierge, de saint Pierre et de saint Paul.

Troisième moyen. — C'est de croire que Dieu nous envoie l'exercitant. Notre-Seigneur fut envoyé par son Père éternel aux enfants d'Israël qui étaient perdus : Missus sum ad oves quae perierant (3), C'est la grâce qu'il

3. Evangile de saint Matthieu XV, 24.

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nous fait par cet emploi ; il nous choisit pour diriger les exercitants. Et M. Vincent rapporta que Jésus-Christ était donné de Dieu aux Israëlites pour les racheter, et ceux-ci à Jésus-Christ pour être rachetés; et le prophète était donné à la veuve de Sarepta pour lui obtenir de Dieu un enfant, et réciproquement la veuve était donnée au prophète pour subvenir à ses nécessités. Et il ne faut pas penser que c'est casuellement que nous sommes donnés aux exercitants pour directeurs, ains que Dieu nous a élus pour cela, et qu'en les amenant ici, il a choisi un tel, Pierre, Jean, Antoine, pour être leur directeur ; et il leur donne grâce pour conduire, si bien que, quand le supérieur, ou un autre, nous applique à les diriger, il faut élever notre cœur à Dieu et lui dire : "Mon Dieu, c'est vous qui me l'envoyez, donnez-moi votre grâce" ; et avant d'aller autre part, aller se prosterner humblement devant le très Saint Sacrement de l'autel et dire à Notre-Seignneur : "Mon Dieu, voilà que vous m'envoyez une âme rachetée de votre précieux sang et voulez que je fasse qu'elle profite de votre sang répandu pour elle, afin qu'elle puisse dire au jugement que je suis son corédempteur, aussi bien que vous, mon Dieu ; je vous en remercie" ; ou quelque chose de semblable, etc.

Après cela, il faut aller voir l'exercitant, et, en y allant, prier Dieu, l'offrir à Dieu, prier son bon ange, se remplir de l'esprit d'humilité, et non point de docteur, d'autorité, de régence, ô mon Dieu ! non, et entrer en sa chambre modestement gai et gaiement modeste, dire le Veni Sancte Spiritus avec lui, et puis lui demander comment il se porte, et après qu'il aura répondu : "Bien, Dieu merci", dire : "O Monsieur, que Dieu soit béni du désir qu'il vous a donné de faire une retraite !" le congratuler et tâcher de le réjouir, parce qu'il est en peine de ce qu'on fera de lui, se voyant seul dans une chambre.

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Si l'on pouvait, il faudrait mêler ces trois couleurs ensemble : la modestie, la gaieté et la douceur, tâchant de leur montrer par là que l'on vient avec soumission et humilité, tout comme si on leur disait : "Hélas ! Monsieur, je suis choisi pour vous conduire, mais j'en suis incapable ; j'ai été grand pécheur et le suis encore ; j'ai abusé des grâces de Dieu et en abuse encore" ; et quelque chose de semblable. Gardez-vous de leur demander qui ils sont. Plusieurs ont été contrariés d'une semblable question. Ils se diraient sans doute en eux-mêmes : "Voilà un homme bien curieux ! Il demande qui je suis !" Demandez-leur plutôt : "Monsieur avez-vous fait autrefois une retraite ?" Ils diront oui ou non. S'ils disent oui, ajoutez : "Vous vous souvenez donc des pratiques ?" Ils répondent pour l'ordinaire : "Oui, Monsieur, mais seulement en gros ; je serais bien aise que vous m'en fissiez ressouvenir." Et alors vous leur énumérez les pratiques.

Après cela, il faut leur expliquer la fin des exercices : c'est pour devenir un parfait chrétien et parfait en la vocation en laquelle on est ; parfait écolier, si c'est un écolier ; parfait soldat, si c'est un soldat ; parfait justicier, si c'est un homme de justice ; parfait ecclésiastique, comme saint Charles Borromée, Si c'est un prêtre.

Enfin soyons désintéressés ; ne leur disons rien qui témoigne que nous les voudrions bien avoir dans notre Compagnie ; n'en ayons même pas le désir ; non concupisces. Et sachez, Messieurs, que, si Dieu a fait quelque grâce à cette petite Compagnie, ç'a été par le désintéressement qu'elle a toujours eu. Voilà pour la première entrevue.

M. Vincent ajouta que les motifs du frère Charles l'avaient beaucoup touché, ainsi que les autres, par la grâce de Dieu, et que ces sentiments-là ne sont pas le fruit de la volonté humaine, mais de Dieu, et qu'il

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n'avait point encore vu la Compagnie si touchée. Puis, revenant sur ce qu'il disait, il répéta avec force et efficace : "Le désintéressement", ajoutant que là-dessus chacun doit suivre l'attrait de Dieu et sa volonté. Oh ! qu'à Dieu ne plaise, mes frères, que nous penchions et inclinions la volonté de Dieu à la nôtre ! Il faut la suivre. Hélas ! n'est-elle pas juste, Messieurs ? n'est-elle pas juste ?

M. Vincent rapporta l'exemple d'un jeune homme, le plus bel esprit qu'il ait vu parmi messieurs les exercitants. A feu M. de la Salle, qui était chargé de le conduire, il témoignait vouloir être de la maison, et il se serait décidé si on lui avait dit le moindre mot là-dessus. M. de la Salle consulta M. Vincent, qui lui conseilla de ne rien ,dire. Et maintenant le jeune homme est aux Capucins, où il fait merveille. Il faut avoir ce désintéressement ; il faut suivre la volonté et l'attrait de Dieu.

Mais vous me direz : "La fin des exercices est de se perfectionner en sa vocation, ou d'en choisir une ; si maintenant il arrive que l'exercitant veut en choisir une, verbi gratia entrer en religion ?" En ce cas, il ne faut pas croire à son petit esprit, ains juger de cela selon les maximes de l'Evangile. Par exemple, il arrive que celui qui veut quitter le monde est un greffier, un juge, un prêtre, qui fait un grand bien en sa province, incontinent le jugement humain dira qu'il faut lui persuader de demeurer en sa vocation. O mon Dieu ! il ne se faut point comporter de la sorte, ains suivant les maximes de l'Evangile, en l'histoire de ce jeune homme qui demandait à Notre-Seigneur le moyen d'être parfait. a Il faut garder les commandements de Dieu", lui répondit le Sauveur. Et comme le jeune homme affirmait l'avoir toujours fait, Notre-Seigneur reprit : Vade et vende omnia

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quae habes et da pauperibus. C'est que garder les commandements est une grande perfection, mais qui ne suffit pas à tous. Le jeune homme ayant ajouté : "Mon père est mort ; permettez que j'aille l'ensevelir", Notre-Seigneur répondit : Sinite mortuos sepelire mortuos suos " (4) Quoi ! mon Dieu ! il me semble que vous conseillez une injustice, vu que vous avez fait une loi, que ceux qui déshonorent leurs parents soient déshonorés. Ce n'est pas déshonorer ses parents que les quitter pour suivre Notre-Seigneur. Ainsi, dans la retraite, il faut tout résoudre suivant les maximes de l'Evangile.

Il est bon aussi de demander aux exercitants pourquoi ils font une retraite, et ils en sont bien aises. On leur dira : " Messieurs, les uns viennent pour arracher quelque vice qui les tourmente principalement ; d'autres, pour acquérir quelque vertu ; d'autres, pour se perfectionner en leur vocation ; d'autres, pour en choisir une."

M. Vincent remarqua qu'il faut faire tendre la retraite à la fin de celui qui la fait. Il rapporta qu'il y a des fins générales, comme d'un pécheur faire un juste. Il ajouta que, quand les exercitants disent qu'ils ont envie de quitter le monde, il faut leur répondre qu'ils honorent cette pensée ; et quand ils descendent au particulier, s'ouvrant de leur désir d'être chartreux, capucin, jésuite, recommandons-leur de même d'honorer ces pensées, sans jamais leur témoigner que nous les voudrions parmi nous. S'ils disent qu'ils ont envie d'être de notre Compagnie, invitons-les encore à respecter cette pensée et aidons-les là-dessus comme nous les aiderions s'ils manifestaient un autre désir. Encore bien que ce bon désir les prenne céans, ils ne faut pas pour cela les en détourner.

A la fin, M. Vincent exhorta la Compagnie à continuer

4. Evangile de saint Luc IX, 60.

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cet exercice après sa mort, les anciens, ceux qui les suivent et les jeunes, lors même qu'elle viendrait à s'en dégoûter, ce qui était à prévoir.

Moyens pour conduire les exercitants. — Quand ils ne savent pas méditer, il faut leur demander s'ils ont étudié. S'ils sont théologiens ou physiciens, disons-leur que c'est presque une étude de philosophie ou de théologie, à cela près que les théologiens et les physiciens n'emploient que la mémoire et l'entendement, tandis que, dans la méditation, on a aussi recours à l'imagination et au sentiment, et ajoutons que les raisons se tirent des considérations. S'ils n'ont pas étudié, conseillons-leur de prendre leur livre à la main, de s'arrêter à une considération particulière et de s'y arrêter longtemps, afin de lui permettre de se répandre dans la mémoire, pour qu'ils s'en ressouviennent ; dans l'entendement, pour qu'ils comprennent la vérité ; et enfin dans la volonté, pour qu'ils s'y affectionnent. Sicut oleum effusum. M. Vincent recommanda fort cette pratique.

Second moyen.—Il faut recommander aux exercitants la fidélité au règlement de la retraite. Il importe de discerner la qualité de ceux qu'on conduit ; car il faut gouverner autrement un homme de grande condition et autrement un homme ordinaire, autrement un ignorant et autrement un savant. Mais la fidélité est à recommander à tous. Il peut être utile ide recourir envers les grands à quelque comparaison ; par exemple, comme les diètes ordonnées par les médecins, si elles sont bien observées avec leurs circonstances, profitent beaucoup, de même la fidélité au règlement d'une retraite. Nous devons encore les bien instruire de l'ordre de la journée, de la méthode d'oraison et de l'examen particulier, leur recommander de ne jamais sortir de leurs chambres avant d'être habillés, et de garder le silence.

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A P P E N D I C E S

1 — MéMOIRE DU FRèRE DUCOURNAU

SUR LES ENTRETIENS DE SAINT VINCENT

Il est important, ce semble, que la Compagnie fasse à l’avenir un exact recueil des saints discours de M. Vincent et les conserve, pour les raisons suivantes :

1° Le meilleur héritage des pères est la bonne instruction qu’ils laissent aux enfants.

2° Dans le monde on a grand soin de faire inventaire et de se saisir des effets d’une succession périssable, bien qu’elle serve souvent de pierre d’achoppement et de division aux héritiers.

3° Si ceux qui dissipent une succession belle et substituée font un tort irréparable aux autres qui leur doivent succéder, surtout quand elle est destinée à leur subsistance, les premiers missionnaires commettront les mêmes injustices vers ceux qui les doivent suivre s’ils ne font passer jusqu’à eux les paroles de vie de M. Vincent, puisque, étant leur commun père, tout ce qu’il laisse leur doit être aussi commun.

4° Si les œuvres qu’il a faites sont œuvres de Dieu, comme elles paraissent, il faut que Dieu lui ait donné son esprit pour les faire et les maintenir ; et par conséquent les avis et les enseignements employés à cela doivent être estimés divins et recueillis comme une manne du ciel, dont les divers goûts ont attiré tant de personnes diverses de l’un et de l’autre sexe et de toute condition qui se sont associées en diverses manières pour tant de biens différents entrepris et

Appendice 1 — Notice manuscrite du frère Ducournau par le frère Chollier, p. 151-157.

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soutenus par sa conduite. Mon Dieu, ne permettez pas que notre dégoût, provenant peut-être de l’abondance de ces entretiens, nous fasse négliger d’en conserver quelque chose pour la consolation de nos confrères absents et futurs, qui souhaiteront un jour ardemment cette nourriture de l’âme et qui estimeront bienheureux ceux qui la prennent à la table du maître.

5° Comme il désire que les missionnaires s’abstiennent de composer des livres, pour n’être aucunement détournés de leurs fonctions, aussi n’écrit-il rien des lumières qu’il nous donne, ni des semonces qu’il nous fait. Cependant nous savons que beaucoup de saints ont plus signalé leurs vertus par leurs écrits que par d’autres actions, en sorte qu’ils seraient inconnus dans le monde, si leurs livres n’avaient publié leur piété. Or, bien que celle de M. Vincent n’ait pas besoin de ce secours pour se manifester sur la terre, puisqu’elle a déjà répandu son odeur dans toute l’église par ses œuvres de charité et par les ouvriers qu’il lui a donnés, néanmoins ses paroles sont si embaumées de sa dévotion que, s’il est vrai que de l’abondance du cœur la bouche parle, on ne pourra jamais s’imaginer jusqu’où va son amour pour Dieu et le prochain, et son sentiment pour les vertus, si l’on ignore les termes et les soins avec lesquels il en recommande la pratique. Qui eût jamais pensé que Notre-Seigneur eût porté la perfection chrétienne au point de nous obliger d’aimer nos ennemis, de faire du bien à ceux qui nous font du mal, etc., si les évangélistes n’avaient recueilli les mêmes sentences qu’il a prononcées ? N’est-il donc pas raisonnable que, puisque l’humilité de M. Vincent l’empêche de nous laisser quelques marques sur le papier de la grâce qui l’accompagne, au moins ceux qui l’entendent parler en gardent des mémoires ? Certes, les siècles à venir, qui auront sujet d’admirer ce qu’il a fait, auraient grande raison de s’étonner de ne voir rien de ce qu’il a dit, et même de se plaindre de ceux qui l’ont ouï, s’ils manquent à leur communiquer les paroles de sapience sorties de sa bouche.

Il est dit dans Salomon que, si le fol pouvait se taire, on n’aurait pas connaissance de sa folie, et l’on peut dire de ce roi et de tous les autres hommes sages

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que leur sagesse serait inconnue, si elle ne s’était découverte par leurs sages propos. Or, il est important que les entretiens de M. Vincent se perpétuent en la Compagnie, afin que, s’il plaît à Dieu la maintenir, ils découvrent en tous les temps et à toutes les nations quel est l’esprit de cet homme apostolique, qui sera d’autant plus estimé qu’on le verra semblable à l’esprit de l’évangile ; et cette estime, nécessaire aux fondateurs des communautés, contribuera notablement à multiplier et sanctifier la nôtre.

0bjections et réponses.

Quelqu’un pourra dire que M. Vincent ne dit pour l’ordinaire que choses communes. A quoi on peut répondre :

1° Que, quand cela serait, il ne faudrait pas laisser que de les écrire, parce que, si elles sont communes pour les savants et les personnes spirituelles, elles ne le sont pas pour les frères et les commençants, qui même ont besoin d’être conduits et excités par ces choses plutôt que par d’autres extraordinaires dont ils ne sont pas capables.

2° Qu’un avis qui de soi semble peu considérable doit être reçu comme important quand il part de la bouche d’un sage, qui lui donne du poids. C’est pourquoi les Spartiates, si je ne me trompe, ne voulant pas recevoir un bon conseil d’un méchant homme, le faisaient prononcer par un homme de bien.

3° Qu’encore que M. Vincent parle sur un sujet commun, chacun sait pourtant que c’est avec une force qui n’est pas commune ; car son éloquence et la grâce qui l’anime lui font traiter les moindres matières avec tant de dévotion qu’il en donnerait toujours à ceux qui l’écoutent, imprimant en leurs âmes estime et révérence pour tout ce qui regarde Dieu, et affection pour les règles et pratiques de la maison. C’est pour cela qu’un chacun se rend fort attentif quand il parle, que plusieurs sont ravis de l’entendre et que ceux qui n’ont pas été présents s’informent souvent de ce qu’il a dit et témoignent déplaisir de ne s’y être pas trouvés.

4° Que lorsqu’il parle à fond de la manière de faire nos oraisons, de la connaissance de nous-mêmes, du renoncement à notre propre volonté, de l’abandon et de la confiance en Dieu (comme il a fait aujourd’hui en nous récitant la

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fermeté de M. Desdames dans les souffrances où il est à Varsovie), de la reconnaissance des bienfaits de Dieu, du bon usage de ses inspirations, des calomnies et des afflictions, de la compassion vers les affligés, de l’assistance des pauvres, du zèle du salut des âmes, des ordinands et autres telles choses qui appartiennent à la perfection d’un missionnaire, ces choses-là, il les porte haut et quant à la pratique et quant à l’expression. Et pour montrer qu’il n’y a rien de commun en l’un, ni en l’autre, je demande qui sont ceux qui en parlent comme lui avec tant de jugement, d’efficace et d’amour, sans préparation et sans faste.

Tout le monde sait qu’il n’a pas son semblable en la Compagnie pour parler si dignement de Dieu et des choses saintes, et si utilement pour ceux qui l’écoutent. Aussi est-il le chef choisi de Dieu pour influer esprit et vie dans les membres du corps.

Quelqu’autre dira que M. Vincent ne dit rien qu’on ne puisse trouver dans les livres. Je réponds que cela peut être ; mais on sait que, pour la bonne nourriture des enfants, le lait de leur propre mère est le meilleur, et que les tendres enseignements de leurs pères font plus d’impression sur leurs esprits que ceux des précepteurs, à raison de l’estime et de l’affection naturelle que Dieu a imprimées en toutes sortes de personnes pour ceux qui les ont engendrés, outre qu’il est très difficile de trouver dans les livres les belles lumières et les bons mouvements que nous recevons des entretiens de ce charitable père, parce qu’il les donne selon nos besoins et nos obligations, qui diffèrent en beaucoup de choses de ceux des autres Compagnies qui ont écrit de ce qui les regarde ; et d’ailleurs il est question de faire connaître l’arbre par ses feuilles, je veux dire M. Vincent par ses paroles, aussi bien que par ses fruits, comme j’ai déjà dit, pour l’édification de la postérité, qui, le voyant revivre seulement par ses actions, pourrait lui dire ce qu’autrefois un philosophe disait à un autre : "Parle, si tu veux que je te connaisse."

De dire que M. Vincent ne peut rien avancer à présent qu’il ne l’ait déjà dit et redit plusieurs fois cela ne doit pas empêcher qu’on en fasse des notes Ah ! plût à Dieu que, depuis trente ans que la Comgagnie est commencée, on eût bien remarqué ce qu’il a fait et ce qu’il a dit pour notre

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avancement intérieur ! Nous n’aurions que faire d’autres instructions. Nous y verrions ses fréquentes élévations à Dieu, ses anéantissements en lui-même et les profusions de son cœur paternel vers toutes sortes de personnes ; nous y trouverions des leçons pour tous nos exercices, des attraits pour toutes les vertus, des remèdes pour nos infirmités des armes contre les tentations, des encouragements en nos faiblesses, des adresses pour la conversation mille traits de prudence pour reprendre le mal sans blesser personne, et insinuer le bien sans ostentation avec mille et mille sujets de bénir Dieu de nous avoir appelés à son service sous la conduite de ce sien serviteur.

J’écris ceci pendant qu’il est encore plein de vie, et je parle à ceux qui savent la vérité de ce que je dis ; mais, puisqu’on a failli de faire ces remarques par le passé, il vaut mieux les commencer tard que jamais et quand bien on en aurait déjà fait quelqu’une et remarqué cent fois les mêmes choses, elles feront mieux voir toutes ensemble que plus il a parlé de certaines vertus, ou de certaines pratiques, plus il les avait à cœur et plus il les a voulu inculquer à ses enfants.

Pour toutes ces raisons, il semble que Dieu demande de la Compagnie qu’elle écrive exactement les avis remontrances, corrections, récits et recommandations que M. Vincent fait en public, jusqu’aux moindres circonstances, tant qu’il plaira à Dieu de nous le conserver. J’avoue que cela sera difficile sans qu’il s’en aperçoive ; mais, certes, l’importance de la chose mérite bien qu’elle fasse cet effort.

En voici trois moyens pour en choisir un :

1° De recommander une bonne fois aux prêtres, à l’obéissance, de retenir ce que M. Vincent dira désormais aux répétitions et conférences, et puis les assembler toujours le jour même, ou le lendemain qu’il aura parlé, en certain lieu, où l’un d’eux, prenant la plume, leur demande : "Comment M. Vincent a-t-il commencé son discours ? Comment l’a-t-il continué et comment l’a-t-il fini ?" Alors, l’un se souvenant d’une chose et l’autre d’une autre, tout se ramassera. On dit que les entretiens du bienheureux François de Sales ont été recueillis de la sorte par les filles de Sainte-Marie.

2° De commettre deux personnes seulement, de bon sens

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et de bonne mémoire, capables de bien concevoir la substance de ses discours et d’en retenir les suites et les termes, qui soient dispensées d’autre occupation ces jours-là pour les pouvoir rédiger par écrit et les mettre en bon ordre pendant qu’ils en auront la pensée. J’en mets deux parce qu’il est difficile qu’un seul puisse tout retenir et le ranger sans le secours de l’autre.

3° Enfin, s’il se trouvait quelqu’un qui eût le concept et la main assez prompts pour écrire mot à mot les mêmes paroles et les exclamations de M. Vincent au moment qu’il les prononce, cela serait le meilleur.

Plaise à Dieu inspirer à messieurs les assistants ce qu’ils ont à faire ! S’ils jugent que je puisse servir à cela, ils n’auront qu’à me le commander, après qu’ils auront résolu M. Vincent de se servir de quelqu’autre pour les lettres ; car j’ai l’esprit trop dur pour suffire à tout ; et peut-être qu’il sera bien aise de me retirer de cet office pour les fautes que j’y commets, s’ils ont agréable de lui représenter qu’un tel emploi serait plus séant à un prêtre, en qui il pourrait se décharger de beaucoup de réponses et d’affaires, et que plusieurs peuvent avoir de la peine qu’un frère coadjuteur ait connaissance de ce qu’ils écrivent et de ce qui se passe en leurs maisons.

A Saint-Lazare, le glorieux jour de l’Assomption de Notre-Dame, 1657 (2)

2. L’auteur de la vie du frère Ducournau ajoute : a Les assistants de M. Vincent ayant été édifiés et touchés de la piété de N. C. F. Ducournau envers notre vénéré Père et instituteur, ils lui donnèrent la commission de faire ce recueil qu’il proposait, sans toutefois lui procurer le temps qui lui était nécessaire, ne l’ayant point fait décharger de l’emploi qu’il avait auprès de M. Vincent. Néanmoins il ménagea si bien tous les moments qu’il put avoir libres et s’acquitta de cette commission avec tant de zèle, qu’il a recueilli de ses entretiens à la communauté pour en faire deux ou trois gros volumes."

Correction orthographique terminée à La Chesnaye, le Jeudi 26 Mars 1992

2 — SUJETS TRAITéS

AUX CONFéRENCES DE SAINT-LAZARE, de 1650 à 1660

23 septembre 1650. De donner avis au supérieur défauts des particuliers de la Compagnie.

1. Les raisons qui nous obligent de déclarer au supérieur les défauts qu’on a remarqués aux particuliers de la Compagnie.

2. Comment se doit entendre cette règle et quelles fautes on peut commettre contre.

3. Les moyens de bien faire cette déclaration.

30 septembre 1650. D’agréer que nos défauts soient découverts aux supérieurs.

1. Les motifs que nous avons d’agréer que tous défauts soient manifestés au supérieur.

2. Comment il faut entendre cette règle et les fautes qu’on peut commettre contre.

3. Les moyens de bien garder cette règle et les positions requises pour en profiter.

7 octobre 1650. De la répétition de l’oraison.

1. Les motifs que nous avons de faire grande estime de la pratique que la Compagnie a de faire la répétition de l’oraison.

2. Les marques qui font voir ceux qui n’en font pas beaucoup d’estime.

3. Les moyens de rompre nos attaches.

Appendice 2. — Les archives de la Mission possèdent deux listes des conférences données à Saint-Lazare : l’une, de l’écriture de René Alméras tant de la maison, va de 1656 à 1660 ; l’autre, de l’écriture de Jean Gicquel, sous-assistant, embrasse les dix dernières années de du saint fondateur. Dans l’une et l’autre liste, les conférences explicatives des règles ne sont pas toutes mentionnées. Les sujets que nous signalons entre crochets sont ceux dont ni M. Gicquel, ni M. Alméras ne parlent.

- 452 -

2. Les pratiques que chacun se propose pour les bien passer.

Novembre 1650. De la condescendance.

1. Les raisons qui nous obligent à bien pratiquer la vertu de condescendance.

2. Ce que c’est et quelle différence il y a de la bon à la mauvaise.

3. Les moyens de nous bien établir dans la pratique cette vertu.

Novembre 1650. De la curiosité.

3. Les remèdes à ce vice.

Décembre 1650. Du silence.

1. L’obligation que chacun a de contribuer à ce que le silence soit bien gardé en la Compagnie.

2. Comment il faut entendre la règle qui nous ordonne le silence et en quel cas principalement nous le rompons.

3. Les moyens que nous devons prendre pour mettre en vigueur cette vertu de silence.

2. Qu’est-ce qui nous a empêchés de bien passer la dernière.

3. Les moyens qu’on se propose de pratiquer pour bien passer celle qui commence.

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Janvier 1651. De la modestie.

1. Les motifs qui obligent les missionnaires d’avoir une grande modestie.

2. En quoi consiste cette vertu et les défauts que l’on commet contre.

3. Les moyens d’acquérir et bien pratiquer cette vertu.

1651. Du bon l’usage des avertissements.

1. Les raisons que nous avons de faire bon usage des avertissements qu’on nous fait pour nos défauts.

2. Quelles fautes on peut commettre à l’égard de ces avertissements.

3. Les moyens de bien recevoir les avertissements et d’en faire bon usage.

1651. Des prétextes pour couvrir ses défauts.

1. Les motifs que nous avons de ne point faire passer des prétextes pour bonnes raisons afin de cacher les défauts de nos actions, ou de nous dispenser de faire quelque bien.

2. Ce que c’est que prétextes et combien il y en a de sortes ; quelle différence il y a des prétextes aux vraies raisons.

3. Les moyens de quitter et éviter ces mauvais prétextes.

1651. Des inspirations.

1. Les raisons qui nous obligent à correspondre aux bonnes inspirations.

2. Ce que c’est qu’inspiration et les marques pour connaître les bonnes d’avec les mauvaises.

3. Les moyens de la bien faire.

1651. De la simplicité.

1. Les obligations qu’ont les missionnaires d’avoir la simplicité.

2. En quoi elle consiste et les défauts qu’on peut commettre contre.

3. Les moyens d’avoir et pratiquer la simplicité.

- 454 -

1651. De ne point écouter les médisances.

1. Les raisons que nous avons de ne point écouter les médisances.

3. Les remèdes et les moyens de la bien faire.

1651. Des appréhensions de perdre sa vocation.

1. Les motifs que nous avons d’appréhender de déchoir de notre vocation.

3. Les moyens de prévenir ce malheur.

1651. Des emplois bas.

1. Les raisons qui nous obligent de nous bien acquitter des moindres et plus bas emplois.

26 mai 1651. Des dispositions pour la Pentecôte.

1. Les raisons que nous avons de nous bien disposer à recevoir le Saint-Esprit.

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2. Les choses qui empêchent le Saint-Esprit d’entrer en notre âme.

1. Les raisons de nous affectionner à la ponctualité.

2. Quelle doit être cette ponctualité, et en quelles occasions nous devons particulièrement la pratiquer.

3. Les moyens de remédier à ce mal.

1651. Du respect.

1. Les raisons que nous avons de nous respecter les uns les autres.

2. Les fautes que nous commettons contre le respect.

3. Les moyens de s’en corriger ct de mettre en vigueur le respect.

1651. De l’estime des ordres que donnent les supérieurs.

1. L’importance de beaucoup estimer les ordres et avis que nous donnent nos supérieurs.

2. Les fautes que nous commettons ordinairement à l’égard de ces ordres et avis.

3. Les moyens d’y remédier et de les bien observer.

1651. De l’uniformité.

1. Les raisons que nous avons d’être uniformes en tout ce qui se peut.

3. Les moyens de mettre en vigueur cette uniformité.

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1651. Du silence.

1. Les biens qui en procèdent et les maux qui en reviennent quand on le néglige.

1. Les avantages qu’il y a de bien célébrer la fête de Noël.

2. Les fautes que nous commettons d’ordinaire contre la vénération due à cette fête.

5 janvier 1652. De bien passer l’année nouvelle.

1. Les raisons que nous avons de mieux passer cette année que la précédente.

2. Quelles sont les choses qui nous peuvent empêcher de la bien passer.

3. Les moyens que chacun se propose pour la bien passer.

1652. Des misères du temps.

1. Les obligations que nous avons de faire notre possible pour apaiser l’ire de Dieu en ce temps si déplorable.

2. Ce que chacun pense être bon de faire pour apaiser la colère de Dieu.

1652. De la modestie.

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