Albert le Grand et Roger Bacon : logique et science

Chapitre 1 : Les grands logiciens médiévaux · cours « Logique » · 8 questions

Science expérimentale et logique de la nature.

Saint Albert le Grand

Logica et Scientia

Albert le Grand et l'Organon

Albert le Grand (v. 1200-1280), dit le « Docteur universel », fut le premier à commenter l'intégralité de l'Organon d'Aristote, montrant que la logique aristotélicienne n'était pas contraire à la foi. Dominicain et maître de saint Thomas d'Aquin, il a ouvert la voie à la grande synthèse théologique de son élève, celui qui porta la synthèse aristotélico-chrétienne à son sommet. Certains théologiens de son temps se méfiaient d'Aristote parce qu'il était un penseur païen dont les écrits parvenaient en Occident par le biais de traductions arabes. Albert dissipa ces craintes en montrant que la vérité philosophique, d'où qu'elle vienne, ne saurait contredire la vérité révélée. Sa contribution majeure à la réception d'Aristote dans les universités médiévales tint précisément dans le fait de tout commenter, rendant l'ensemble de la philosophie aristotélicienne accessible aux théologiens chrétiens.

L'observation de la nature

Albert insistait sur l'observation directe de la nature avant tout jugement. Il enseignait en philosophie naturelle le principe « experimentum solum certificat » : seule l'expérience donne la certitude. Ce primat du regard sur le réel, cette exigence d'observer puis de juger, fait d'Albert un précurseur de la méthode empirique.

Roger Bacon et la science expérimentale

Roger Bacon (v. 1214-1294), franciscain anglais, a plaidé avec force pour la « science expérimentale ». Dans son ouvrage majeur, l'Opus Majus, adressé au pape Clément IV, il expose sa vision des réformes du savoir et de la place centrale de l'expérience dans la connaissance. Pour Bacon, la logique et le raisonnement syllogistique donnent les conclusions, mais seule l'expérience les confirme et les vérifie avec certitude. Raisonnement et expérience ne s'opposent pas : ils se complètent au service de la connaissance de la création, oeuvre du Dieu créateur.

Ces deux maîtres illustrent la fécondité de la logique aristotélicienne quand elle est mise au service de la connaissance de la création.

Testez-vous : 8 questions

1. Quel dominicain du XIIIe siècle, surnommé le « Docteur universel », a commenté tout l’Organon d’Aristote ?

  • Albert le Grand
  • Guillaume d’Ockham
  • Roger Bacon
  • Pierre Abélard
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Réponse : Albert le Grand

Albert le Grand, dominicain de Cologne, commenta tout l’Organon d’Aristote et bien au-delà, jusqu’aux traités de sciences naturelles qu’il complétait de ses propres observations. Cette ampleur lui valut le titre de Docteur universel. Thomas d’Aquin fut son élève.

2. Qui fut le plus célèbre élève d’Albert le Grand, celui qui porta la synthèse aristotélico-chrétienne à son sommet ?

  • Jean Buridan
  • Roger Bacon
  • Pierre Abélard
  • Thomas d’Aquin
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Réponse : Thomas d’Aquin

Thomas d’Aquin, élève d’Albert le Grand, a porté la synthèse aristotélico-chrétienne à son sommet.

3. Roger Bacon, franciscain anglais, a plaidé pour une science qui ne se contente pas du raisonnement. Comment l’appelle-t-il ?

  • Science expérimentale
  • Art de prêcher
  • Science divine
  • Art logique
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Réponse : Science expérimentale

Roger Bacon plaide pour une scientia experimentalis qui complète le raisonnement par l’expérience directe.

4. Dans quel ouvrage majeur Roger Bacon expose-t-il sa vision de la science expérimentale et des réformes du savoir ?

  • La Summa Logicae
  • L’Opus Majus
  • L’Organon
  • La Dialectica
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Réponse : L’Opus Majus

Roger Bacon expose sa vision de la science expérimentale dans l’Opus Majus, adressé au pape Clément IV. Il y réclame l’étude des langues et des mathématiques, et tient qu’un argument d’autorité ne vaut rien contre une expérience.

5. Albert le Grand a défendu la logique d’Aristote. Pourquoi certains théologiens s’en méfiaient-ils ?

  • Elle venait d’un païen
  • Elle était trop simple
  • Elle niait Dieu
  • Elle était hérétique
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Réponse : Elle venait d’un païen

Certains théologiens se méfiaient d’Aristote car il était païen et ses écrits venaient de traductions arabes.

6. Pour Roger Bacon, quel est le rôle de l’expérience par rapport au raisonnement syllogistique ?

  • Elle le remplace
  • Elle le contredit
  • Elle l’ignore
  • Elle le confirme
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Réponse : Elle le confirme

Pour Roger Bacon, l’expérience confirme le raisonnement syllogistique et en vérifie les conclusions.

7. Albert le Grand a insisté sur l’observation directe de la nature. Quel principe méthodologique affirme-t-il ?

  • Croire avant de voir
  • Observer puis juger
  • Ignorer Aristote
  • Nier l’autorité
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Réponse : Observer puis juger

Albert le Grand affirme qu’il faut d’abord observer la nature puis juger, principe empirique fondamental.

8. Quelle fut la contribution majeure d’Albert le Grand à la réception d’Aristote dans nos universités ?

  • Interdire Aristote
  • Fonder la logique
  • Traduire l’Organon
  • Tout commenter
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Réponse : Tout commenter

Albert le Grand a commenté l’intégralité de l’oeuvre d’Aristote, facilitant sa réception en milieu chrétien.

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Dans ce chapitre : Les grands logiciens médiévaux

  1. Pierre Abélard : la Dialectica et le conceptualisme
  2. Albert le Grand et Roger Bacon : logique et science
  3. Guillaume d'Ockham : le rasoir et la logique terministe
  4. Jean Buridan : logique, physique et l'âne
  5. L'Isagoge, le carré d'opposition et les logiciens médiévaux