Bède le Vénérable et le De Schematibus et Tropis

Chapitre 5 : Isidore de Séville et les Étymologies · cours « Grammaire » · 7 questions

Les figures de l'Écriture selon Bède.

Saint Bède le Vénérable

Schemata Et Tropi

Isidore et les Étymologies

Isidore de Séville (vers 560-636) est l'auteur des Étymologies, ouvrage encyclopédique en vingt livres qui a été l'une des œuvres les plus lues de tout le Moyen Âge. Son ambition était de rassembler tout le savoir disponible en un seul ouvrage. La méthode principale d'Isidore pour expliquer les choses est l'étymologie : il cherche l'origine des mots pour comprendre la nature des réalités qu'ils désignent. Cette approche, parfois fantaisiste par les standards modernes, révèle une vision du monde où le langage est un miroir de la Création.

Bède et les figures de l'Écriture

Bède le Vénérable (vers 672-735), moine anglo-saxon et docteur de l'Église, prolonge l'effort d'Isidore dans une direction décisive. Dans son traité De Schematibus et Tropis, il démontre que les grandes figures de la rhétorique classique (métaphore, synecdoque, métonymie, chiasme, anaphore) ne sont nullement réservées aux auteurs païens, mais se trouvent en abondance dans l'Écriture Sainte elle-même.

Les figures expliquées

  • La métaphore transfère le sens d'un mot à un autre par ressemblance, sans outil de comparaison : lorsque le Christ dit « Je suis la lumière du monde », Il ne compare pas, Il identifie.
  • La synecdoque désigne un tout par une partie ou inversement : « toute chair viendra vers toi » signifie tout être vivant.
  • La métonymie désigne une chose par une autre qui lui est liée par un rapport logique, comme le contenant pour le contenu.
  • Le chiasme, du grec chi, organise les termes en forme de X, de croix, en miroir : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. »
  • L'anaphore, enfin, répète un même mot en début de phrases successives pour créer un effet d'insistance et de rythme.

Bède montre ainsi que la Bible possède sa propre éloquence, supérieure à celle des orateurs antiques.

Isidore explique les choses par les mots, Bède montre que la Bible elle-même utilise les figures de style.

Testez-vous : 7 questions

1. Selon Bède dans son « De Schematibus et Tropis », où trouve-t-on les figures rhétoriques en abondance ?

  • Chroniques anglo-saxonnes
  • Les lois romaines
  • L’Écriture Sainte
  • Les décrets des conciles
Voir la réponse

Réponse : L’Écriture Sainte

Dans le De Schematibus et Tropis, saint Bède montre que les figures de style — métaphore, allégorie, hyperbole — se trouvent d’abord dans l’Écriture Sainte, et non chez les auteurs païens : la rhétorique sacrée précède la rhétorique profane.

2. Quelle est la méthode principale d’Isidore pour expliquer les choses ?

  • L’observation
  • La révélation
  • La dialectique
  • L’étymologie
Voir la réponse

Réponse : L’étymologie

La méthode principale d’Isidore pour expliquer les choses est l’étymologie. Pour chaque mot, il remonte à son origine et en tire un enseignement sur la nature de la chose désignée. Cette méthode étymologique, parfois fantaisiste mais toujours riche de sens, structure l’ensemble de ses Etymologiae.

3. La ____ consiste à désigner un tout par une partie ou inversement.

  • synecdoque
  • métaphore
  • métonymie
  • antithèse
Voir la réponse

Réponse : synecdoque

La synecdoque consiste à désigner un tout par une partie ou inversement. Par exemple, « toute chair viendra vers toi » (Psaume 64) utilise « chair » (la partie) pour désigner « tout être vivant » (le tout). Cette figure est omniprésente dans l’Écriture Sainte et sa reconnaissance est essentielle à l’interprétation biblique.

4. Une métonymie consiste à désigner une chose par une autre qui lui est liée.

  • Vrai
  • Faux
Voir la réponse

Réponse : Vrai

C’est vrai : la métonymie consiste à désigner une chose par une autre qui lui est liée par un rapport logique. Le contenant pour le contenu (« boire un calice »), la cause pour l’effet, l’auteur pour l’œuvre. C’est l’un des tropes les plus courants dans la langue biblique et liturgique.

5. Le chiasme est une figure qui organise les mots en forme de...

  • Triangle
  • Ligne droite
  • Cercle
  • Croix
Voir la réponse

Réponse : Croix

Le chiasme est une figure qui organise les mots en forme de X (croix), du grec chi (X). Par exemple : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers. » Les éléments se croisent en miroir. Cette figure, fréquente dans l’Écriture, met en relief les contrastes et les retournements.

6. La métaphore consiste à...

  • Transfert par ressemblance
  • Exagérer une réalité
  • Répéter en début de phrase
  • Opposer deux idées
Voir la réponse

Réponse : Transfert par ressemblance

La métaphore consiste à transférer le sens d’un mot à un autre par ressemblance. C’est l’une des figures de style (tropes) les plus fréquentes dans l’Écriture Sainte : « Je suis la lumière du monde » (Jean 8, 12). La grammaire médiévale étudiait ces figures pour permettre une juste interprétation des textes sacrés.

7. L’anaphore est une figure qui consiste à...

  • Répéter en début de phrase
  • Comparer deux réalités
  • Atténuer une expression
  • Inverser l’ordre des mots
Voir la réponse

Réponse : Répéter en début de phrase

L’anaphore (du grec anaphora, « reprise ») répète un même mot en tête de phrases successives pour créer un effet d’insistance.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Isidore de Séville et les Étymologies

  1. Isidore de Séville, docteur des écoles
  2. La méthode étymologique
  3. Les tropes : métaphore, métonymie, synecdoque
  4. Les schémas : anaphore, chiasme, antithèse
  5. Bède le Vénérable et le De Schematibus et Tropis