De l'amitié et de la mort

Chapitre 9 : Montaigne · cours « Littérature Française » · 7 questions

La Boétie, le cannibalisme, la mort — les grands thèmes des Essais.

Montaigne

De Amicitia et Morte

De l'amitié

L'amitié de Montaigne et d'Étienne de La Boétie est l'une des plus célèbres de l'histoire des lettres. Ils se rencontrent en 1558 et se lient d'une amitié foudroyante qui ne dure que cinq ans, La Boétie meurt en 1563, à trente-deux ans. Dans le chapitre « De l'amitié » (Essais, I, 28), Montaigne cherche à expliquer ce lien exceptionnel et ne trouve qu'une formule, devenue proverbiale : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » L'amitié véritable ne s'explique pas : elle se reconnaît.

La servitude volontaire

La Boétie, malgré sa brève existence, laissa une œuvre politique fulgurante. Il écrivit le Discours de la servitude volontaire vers l'âge de dix-huit ans, précocité remarquable qui rend sa pensée d'autant plus saisissante. Sa thèse est radicale : la tyrannie ne se maintient que par le consentement des sujets eux-mêmes. Ce n'est pas la force du tyran qui asservit, mais la soumission volontaire du peuple. Il suffirait de cesser d'obéir pour que le despotisme s'effondre.

Le regard renversé

Montaigne, dans ses Essais, opère des renversements de pensée qui bouleversent les certitudes de son temps. Dans « Des Cannibales » (I, 31), il retourne le regard ethnocentrique : ce ne sont pas les peuples du Nouveau Monde qui sont barbares, mais bien les Européens avec leurs guerres de religion et leur cruauté. « Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage » : cette sentence dénonce le réflexe de juger barbare ce qui nous est simplement étranger.

Apprendre à mourir

Le chapitre « Que philosopher c'est apprendre à mourir » (I, 20), inspiré de Cicéron, pose que la réflexion philosophique sur la mort nous libère de la peur qu'elle inspire. Accepter notre condition mortelle, c'est apprendre à vivre plus pleinement et plus sereinement, affranchi de l'angoisse qui paralyse les âmes. Montaigne mourut le 13 septembre 1592, pendant la messe célébrée dans sa chambre. Cette fin pieuse, en pleine célébration eucharistique, témoigne de la foi chrétienne qui accompagna toute sa vie, malgré son scepticisme philosophique. La mort le trouva fidèle à ce qu'il avait écrit : qui apprend à mourir apprend à vivre.

Parce que c'était lui, parce que c'était moi. Montaigne, sur l'amitié avec La Boétie

Testez-vous : 7 questions

1. Que signifie la formule « Parce que c’était lui, parce que c’était moi » ?

  • L’amitié est fragile
  • L’amitié est un devoir
  • L’amitié vraie est indicible
  • L’amitié se choisit
Voir la réponse

Réponse : L’amitié vraie est indicible

Par cette formule célèbre, Montaigne explique son amitié avec La Boétie dans les Essais (I, 28). L’amitié véritable est si profonde qu’elle ne s’explique pas par des raisons : elle naît d’une affinité mystérieuse entre deux âmes. C’est l’indicible de l’amitié parfaite.

2. Quelle est la thèse centrale du Discours de la servitude volontaire ?

  • Les sujets se soumettent
  • La liberté est un mythe
  • La révolte est un devoir
  • Le tyran est invincible
Voir la réponse

Réponse : Les sujets se soumettent

Dans le Discours de la servitude volontaire (vers 1549), La Boétie soutient que la tyrannie ne tient que par le consentement des sujets eux-mêmes. Ce n’est pas la force du tyran qui asservit, mais la soumission volontaire du peuple. Un texte fondateur de la pensée politique.

3. Quel renversement Montaigne opère-t-il dans « Des Cannibales » ?

  • Les coutumes sont égales
  • Le cannibale est un saint
  • L’Européen est le barbare
  • Le Brésil est supérieur
Voir la réponse

Réponse : L’Européen est le barbare

Dans « Des Cannibales » (Essais, I, 31), Montaigne renverse le regard ethnocentrique : ce ne sont pas les peuples du Nouveau Monde qui sont barbares, mais les Européens avec leurs guerres de religion et leur cruauté. Ce relativisme culturel est révolutionnaire pour l’époque.

4. Que signifie « Que philosopher c’est apprendre à mourir » ?

  • Affronter la mort libère
  • La mort est un néant
  • La philosophie est morbide
  • Il faut mourir jeune
Voir la réponse

Réponse : Affronter la mort libère

Cette formule de Montaigne (Essais, I, 20), inspirée de Cicéron, signifie que la réflexion philosophique sur la mort nous libère de la peur qu’elle inspire. Accepter notre condition mortelle permet de vivre plus pleinement et plus sereinement.

5. Comment Montaigne meurt-il en 1592 ?

  • Pendant la messe
  • En écrivant
  • Au combat
  • En exil
Voir la réponse

Réponse : Pendant la messe

Montaigne mourut le 13 septembre 1592, pendant la messe célébrée dans sa chambre. Cette fin pieuse, en pleine célébration eucharistique, témoigne de la foi chrétienne qui accompagna toute sa vie, malgré son scepticisme philosophique.

6. À quel âge La Boétie écrit-il le Discours de la servitude volontaire ?

  • Vers quarante ans
  • À trente ans
  • Vers dix-huit ans
  • À cinquante ans
Voir la réponse

Réponse : Vers dix-huit ans

La Boétie aurait écrit le Discours de la servitude volontaire vers dix-huit ans, ce qui rend d’autant plus remarquable la maturité de sa réflexion politique. Ce texte, qui analyse les mécanismes de la soumission volontaire au tyran, reste d’une modernité saisissante.

7. Que signifie la phrase « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » ?

  • Les barbares ont raison
  • Tout se vaut
  • La culture est inutile
  • On juge l’inconnu barbare
Voir la réponse

Réponse : On juge l’inconnu barbare

Montaigne montre que nous qualifions de barbare ce qui nous est étranger, par simple habitude culturelle.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Montaigne

  1. Les Essais : un genre nouveau
  2. « Que sais-je ? »
  3. De l'amitié et de la mort