L'ars memorativa : l'art de la mémoire
Lieux, images, palais : retenir sans écrire.
Ars Memorativa
Le quatrième canon
La memoria est le quatrième des cinq canons de la rhétorique, après l'inventio, la dispositio et l'elocutio, et avant la pronuntiatio. Elle permet à l'orateur de retenir dans l'esprit les arguments et l'ordonnancement de son discours. La « Rhetorica ad Herennium » (livre III) distingue la mémoire naturelle de la mémoire artificielle, qui se cultive par un art méthodique reposant sur deux instruments : les lieux (loci) et les images (imagines).
Lieux et images
L'orateur doit se construire mentalement un lieu bien ordonné (un palais, un temple, une rue) dont il parcourt les différentes stations dans un ordre fixe. En chacun de ces lieux, il dépose une image frappante associée à l'idée qu'il veut retenir. Ces images doivent être insolites, belles, laides, comiques ou terrifiantes, car ce qui sort de l'ordinaire marque bien mieux l'esprit que ce qui est banal. La Rhetorica ad Herennium compare la mémoire artificielle à l'écriture : les lieux sont comme la cire des tablettes sur laquelle on inscrit, et les images sont comme les lettres qu'on y trace. De même que l'on retrouve un texte en relisant la cire, on retrouve les idées en parcourant mentalement les lieux.
Pour le prédicateur
Pour le prédicateur chrétien, la memoria revêt une importance capitale. Un orateur qui lit son sermon perd le contact visuel avec son auditoire, ne peut adapter sa parole aux réactions des fidèles et manque du naturel qui touche les cœurs. Mémoriser le sermon libère le prédicateur pour qu'il puisse s'adresser directement aux âmes, avec l'autorité de celui qui porte sa parole en lui-même.
Ce qui ne s'exerce pas s'atrophie : la mémoire, comme toute faculté, exige un entraînement quotidien au service de la parole.
Testez-vous : 8 questions
1. La memoria est quel canon parmi les cinq canons de la rhétorique ?
- Le premier
- Le troisième
- Le cinquième
- Le quatrième
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Réponse : Le quatrième
La memoria est le quatrième canon parmi les cinq canons de la rhétorique, après l’inventio (1er), la dispositio (2e) et l’elocutio (3e), et avant la pronuntiatio/actio (5e). Elle enseigne les techniques pour mémoriser le discours, notamment la célèbre méthode des lieux et des images décrite dans la Rhetorica ad Herennium.
2. Quel traité antique consacre le développement le plus complet à l’art de la mémoire ?
- Institutio oratoria
- De inventione
- Rhetorica ad Herennium
- De oratore
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Réponse : Rhetorica ad Herennium
La Rhetorica ad Herennium (v. 86-82 av. J.-C.) consacre le développement le plus complet de l’Antiquité à l’art de la mémoire (livre III). Elle y décrit en détail la méthode des lieux (loci) et des images (imagines), qui deviendra la base de toute la tradition mnémotechnique occidentale, du Moyen Âge à la Renaissance.
3. L’auteur de la « Rhetorica ad Herennium » distingue deux types de mémoire. Lesquels ?
- Visuelle et auditive
- Active et passive
- Naturelle et artificielle
- Courte et longue
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Réponse : Naturelle et artificielle
La Rhetorica ad Herennium distingue la mémoire naturelle (innée) de la mémoire artificielle (entraînée par des techniques).
4. Sur quels deux instruments repose la mémoire artificielle selon la « Rhetorica ad Herennium » ?
- Lieux et images
- Syllogismes et lieux
- Les tropes et figures
- Les mots et les gestes
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Réponse : Lieux et images
Selon la Rhetorica ad Herennium (livre III), la mémoire artificielle repose sur deux instruments : les lieux (loci), espaces mentaux ordonnés où l’on dépose les idées, et les images (imagines), représentations frappantes associées à chaque idée. En parcourant mentalement les lieux, on retrouve les images et donc les idées dans l’ordre.
5. Quel type d’édifice mental l’orateur doit-il se construire pour y ranger ses souvenirs ?
- Une suite de chiffres
- Un texte écrit
- Un lieu bien ordonné
- Un chant mélodique
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Réponse : Un lieu bien ordonné
L’orateur se construit un palais mental bien ordonné pour y ranger ses souvenirs et retrouver ses arguments.
6. Pourquoi les images utilisées dans l’art de la mémoire doivent-elles être frappantes ?
- Elles sont plus belles
- Elles sont plus pures
- Elles durent plus
- Elles marquent mieux
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Réponse : Elles marquent mieux
Les images utilisées dans l’art de la mémoire doivent être frappantes (insolites, belles, laides, comiques, terrifiantes) parce qu’elles marquent mieux la mémoire. L’esprit retient naturellement ce qui sort de l’ordinaire et oublie ce qui est banal. Une image frappante crée une impression forte et durable qui résiste à l’effacement du temps.
7. En quoi la mémoire artificielle est-elle analogue à l’écriture selon la « Rhetorica ad Herennium » ?
- lieux mentaux et images
- mots et tablette
- lieux comme l’encre
- images comme l’alphabet
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Réponse : lieux mentaux et images
La Rhetorica ad Herennium compare la mémoire artificielle à l’écriture : les lieux (loci) sont comme la cire des tablettes, et les images (imagines) sont comme les lettres qu’on y trace. De même qu’on inscrit des lettres sur la cire pour fixer un texte, on dépose des images dans des lieux pour fixer des idées dans la mémoire.
8. Pour un prédicateur, pourquoi la memoria est-elle indispensable à l’efficacité du sermon ?
- Allonger le discours
- Citer le droit canon
- Parler sans lire
- Éblouir le clergé
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Réponse : Parler sans lire
La memoria est indispensable au prédicateur parce qu’elle lui permet de parler sans lire. Un prédicateur qui lit son sermon perd le contact visuel avec son auditoire, ne peut adapter son discours aux réactions de la salle et manque de naturel. Mémoriser le sermon libère le prédicateur pour qu’il puisse s’adresser directement aux âmes.
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