Les loci et les images : la méthode en pratique
Placer des images frappantes dans des lieux familiers.
Les loci et les images, la méthode en pratique
Loci et Imagines
La méthode des lieux
La méthode des lieux et des images est le cœur de l'ars memorativa. L'orateur choisit un parcours familier, un édifice, un chemin, et en fixe les emplacements dans un ordre immuable. Il y dépose des images vives associées aux idées de son discours. La « Rhetorica ad Herennium » distingue la mémoire des choses (memoria rerum), qui retient les idées, de la mémoire des mots (memoria verborum), qui retient le texte exact.
La mémoire des choses
Parmi les deux formes de mémoire, la mémoire des choses (memoria rerum) est considérée comme la plus utile à l'orateur, car elle lui permet de retrouver ses idées avec souplesse sans être prisonnier d'un texte figé, tandis que la mémoire des mots (memoria verborum) impose de retenir chaque mot dans l'ordre exact, ce qui représente un effort mnémotechnique considérablement plus grand.
L'ordre et l'entretien
L'ordre immuable des lieux est une condition essentielle de la méthode : si les emplacements changent, les images déposées se mélangent et l'orateur perd la séquence de son discours. C'est pourquoi il faut choisir un parcours familier et le conserver identique. La « Rhetorica ad Herennium » recommande en outre un parcours quotidien des lieux mentaux, chaque soir, pour raviver les images et maintenir le palais de mémoire en bon état, de la même manière qu'un musicien s'exerce chaque jour à son instrument. Les lieux choisis doivent par ailleurs être bien distincts les uns des autres : si deux emplacements se ressemblent trop, les images qu'on y dépose se confondent et la mémorisation échoue. Des lieux variés, espacés et clairement différenciés permettent de retrouver chaque image sans confusion. Enfin, pour un nouveau discours, l'orateur ne change pas les lieux mais les images : il remplace les images du discours précédent par de nouvelles figures associées aux nouveaux arguments, tout en conservant le même parcours mental qui lui sert de structure permanente.
L'art exige un entraînement régulier : chaque soir, le pratiquant parcourt ses lieux en esprit pour vérifier que les images y demeurent nettes et ordonnées.
Testez-vous : 8 questions
1. La méthode mnémotechnique antique repose sur un parcours mental à travers quoi ?
- Des lieux ordonnés
- Des gestes codifiés
- Des textes écrits
- Des chants répétés
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Réponse : Des lieux ordonnés
La méthode mnémotechnique antique (méthode des loci) repose sur un parcours mental à travers des lieux ordonnés : pièces d’un édifice, colonnes d’un portique, stations d’un chemin familier. L’orateur dépose une image frappante à chaque lieu ; en refaisant mentalement le parcours, il retrouve chaque point de son discours dans l’ordre.
2. La « Rhetorica ad Herennium » distingue la mémoire des choses de la mémoire de quoi ?
- Des figures
- Des mots
- Des lieux
- Des gestes
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Réponse : Des mots
La Rhetorica ad Herennium distingue la mémoire des choses (res) de la mémoire des mots (verba) exacts du discours.
3. Quel type de mémoire est considéré comme le plus utile à l’orateur ?
- La mémoire naturelle
- La mémoire des mots
- La mémoire auditive
- La mémoire des choses
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Réponse : La mémoire des choses
La Rhetorica ad Herennium distingue la mémoire des mots (memoria verborum, retenir le texte mot à mot) de la mémoire des choses (memoria rerum, retenir les idées et les arguments). La mémoire des choses est considérée comme la plus utile à l’orateur car elle lui permet de retrouver ses idées avec souplesse, sans être prisonnier d’un texte figé.
4. Pourquoi les lieux du parcours mental doivent-ils être dans un ordre immuable ?
- Embellir le parcours
- Retrouver la séquence
- Limiter les images
- Varier les discours
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Réponse : Retrouver la séquence
Les lieux du parcours mental doivent être dans un ordre immuable pour retrouver la séquence des idées du discours. Si l’ordre des lieux change, les images déposées se mélangent et l’orateur perd le fil. La stabilité de l’itinéraire mental est la condition de la fiabilité de la méthode : même parcours, mêmes lieux, même ordre, à chaque fois.
5. Que recommande la « Rhetorica ad Herennium » pour entretenir la netteté des images mentales ?
- Un jeûne hebdomadaire
- Un parcours quotidien
- Une prière unique
- Une copie écrite
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Réponse : Un parcours quotidien
La Rhetorica ad Herennium recommande un parcours quotidien des lieux mentaux pour entretenir la netteté des images. Comme un musicien s’exerce chaque jour, l’orateur doit réviser régulièrement ses loci, en y ravivant les images déposées. Cette répétition empêche les images de s’effacer et maintient le « palais de mémoire » en bon état.
6. Quelle qualité des lieux choisis pour la mémoire est essentielle selon la « Rhetorica ad Herennium » ?
- Être bien distincts
- Être très nombreux
- Être de grande taille
- Être toujours neufs
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Réponse : Être bien distincts
Selon la Rhetorica ad Herennium, les lieux (loci) choisis pour la mémoire doivent être bien distincts les uns des autres. Si les lieux se ressemblent trop, les images qu’on y dépose se confondent et la mémorisation échoue. Des lieux variés, espacés et clairement différenciés permettent de retrouver chaque image sans confusion.
7. Un orateur veut mémoriser trois arguments. Il place une image dans chaque lieu. Que fait-il pour le discours suivant ?
- Il supprime les lieux
- Il change les images
- Il crée un édifice
- Il change les lieux
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Réponse : Il change les images
Dans la méthode des loci, les lieux restent les mêmes d’un discours à l’autre : c’est leur stabilité qui fait la force de la méthode. Pour un nouveau discours, l’orateur change les images : il remplace les images du discours précédent par de nouvelles images associées aux nouveaux arguments, tout en conservant le même parcours mental de lieux.
8. En quoi la mémoire des mots est-elle plus exigeante que la mémoire des choses pour l’orateur ?
- Retenir chaque mot
- Moins d’images à poser
- Retenir moins de lieux
- Parcourir moins vite
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Réponse : Retenir chaque mot
La mémoire des mots (memoria verborum) est plus exigeante que la mémoire des choses (memoria rerum) parce qu’elle impose de retenir chaque mot du texte dans l’ordre exact. La mémoire des choses se contente de retenir les idées et les arguments, laissant à l’orateur la liberté de les reformuler. Retenir mot à mot demande un effort mnémotechnique considérablement plus grand.
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Dans ce chapitre : La rhétorique et la mémoire
- L'ars memorativa : l'art de la mémoire
- Les loci et les images : la méthode en pratique
- Hugues de Saint-Victor et la mémoire
- Thomas Bradwardine et la mémoire artificielle
- Mémoire, lectio divina et aides mnémotechniques