L'espérance (spes) et le désespoir (II-II, q. 17-22)

Chapitre 5 : Compléments : Les vertus théologales · cours « Éthique » · 9 questions

Espérer le Ciel, ne jamais désespérer de Dieu.

Espérance

De Spe

La vertu d'espérance

L'espérance (spes) est la vertu théologale par laquelle nous attendons avec confiance de Dieu la vie éternelle et les grâces nécessaires pour y parvenir. Elle repose non sur nos forces, mais sur la toute-puissance et la miséricorde de Dieu.

L'objet formel

L'objet formel de l'espérance est le secours divin (auxilium Dei). Nous espérons la béatitude non par nos propres mérites, mais parce que Dieu est tout-puissant et fidèle, et qu'Il nous a promis son aide pour atteindre la vie éternelle (II-II, q. 17, a. 2).

Désespoir et présomption

Le désespoir est le péché par lequel l'homme renonce à attendre son salut de Dieu, jugeant (par orgueil ou par abattement) que la miséricorde divine ne saurait s'étendre jusqu'à lui. Saint Thomas enseigne que le désespoir, bien qu'il soit un péché très grave contre l'espérance, demeure cependant moins grave que l'infidélité, car cette dernière s'attaque à la foi elle-même, fondement de toute vertu théologale. À l'opposé exact du désespoir se tient la présomption, vice par lequel l'homme prétend obtenir la béatitude sans la grâce ou en comptant sur ses seuls mérites, comme si la toute-puissance divine lui était due sans conversion ni effort. Le désespéré pèche par défaut d'espérance, le présomptueux par excès désordonné.

Vertu du chemin

Enfin, saint Thomas précise que l'espérance est une vertu du chemin terrestre : dans la gloire céleste, lorsque l'âme possédera Dieu face à face, l'espérance cessera, car on n'espère plus ce que l'on possède déjà. Seule la charité demeurera éternellement.

L'espérance soutient le pèlerin dans les épreuves de cette vie en le tournant vers les biens éternels.

Testez-vous : 9 questions

1. Quelle est la vertu théologale par laquelle nous attendons de Dieu la vie éternelle avec confiance ?

  • La patience
  • L’espérance
  • La foi
  • La charité
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Réponse : L’espérance

L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous attendons de Dieu la vie éternelle et les moyens d’y parvenir, avec une confiance appuyée non sur nos forces mais sur sa toute-puissance secourable. Elle a deux vices opposés, le désespoir et la présomption.

2. Quel est l’objet formel de l’espérance selon saint Thomas ?

  • La béatitude terrestre
  • Le secours divin
  • La grâce actuelle
  • La vie éternelle
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Réponse : Le secours divin

L’objet formel de l’espérance est le secours divin (auxilium Dei), car seul Dieu peut donner la vie éternelle.

3. Comment appelle-t-on le péché par lequel l’homme renonce à attendre son salut de Dieu ?

  • L’impiété
  • L’acédie
  • Le désespoir
  • La présomption
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Réponse : Le désespoir

Le désespoir est le péché par lequel l’homme renonce à attendre de Dieu son salut, s’opposant à l’espérance.

4. Quel est le second péché opposé à l’espérance, en sens contraire du désespoir ?

  • La présomption
  • L’acédie
  • La lâcheté
  • L’envie
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Réponse : La présomption

La présomption s’oppose à l’espérance par excès, comptant sur soi ou sur Dieu sans conversion ni mérite.

5. Selon saint Thomas, sur quoi l’espérance s’appuie-t-elle, à la différence d’une simple attente humaine ?

  • Sur la bonne fortune
  • Sur la toute-puissance
  • Sur la volonté propre
  • Sur les mérites seuls
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Réponse : Sur la toute-puissance

L’espérance théologale s’appuie sur la toute-puissance et la fidélité de Dieu, non sur les forces humaines.

6. Selon saint Thomas, le désespoir est-il un péché plus grave que l’infidélité ?

  • Non, moins grave
  • Oui, selon les cas
  • Oui, toujours plus
  • Non, également graves
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Réponse : Non, moins grave

Le désespoir est moins grave que l’infidélité car il présuppose la foi, tout en péchant contre l’espérance.

7. Un pécheur, accablé par le nombre de ses fautes, juge que Dieu ne peut plus le pardonner. De quel vice contre l’espérance souffre-t-il ?

  • De l’acédie
  • De la pusillanimité
  • De la présomption
  • Du désespoir
Voir la réponse

Réponse : Du désespoir

Le désespoir est le refus de croire au pardon divin, péché grave contre l’espérance théologale.

8. Selon saint Thomas, l’espérance demeurera-t-elle dans le ciel après la mort ?

  • Éternellement
  • Sous forme réduite
  • Selon les mérites
  • Elle cessera
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Réponse : Elle cessera

L’espérance cessera au ciel car elle porte sur un bien absent ; une fois Dieu possédé, elle n’a plus d’objet.

9. Le désespoir est un péché contre la vertu d’espérance.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Vrai

Le désespoir refuse la miséricorde divine et s’oppose directement à l’espérance théologale en Dieu sauveur.

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Dans ce chapitre : Compléments : Les vertus théologales

  1. Les huit Béatitudes (Matthieu 5) : leur sens spirituel et moral
  2. Les sept dons du Saint-Esprit selon Isaïe 11 et saint Thomas
  3. La foi (fides) : credere Deo, credere Deum, credere in Deum (II-II, q. 1-16)
  4. L'espérance (spes) et le désespoir (II-II, q. 17-22)
  5. La charité, forme de toutes les vertus (II-II, q. 23-27)