L'esse comme acte des actes

Chapitre 3 : Essence et existence · cours « Métaphysique » · 7 questions

L'existence n'est pas un simple fait : c'est l'acte le plus intime et le plus profond de tout être.

Saint Thomas d'Aquin

Esse ut actus actuum

L'existence élevée au rang d'acte

La grande originalité de saint Thomas est d'avoir élevé l'existence (esse) au rang d'acte suprême. Pour Aristote, l'acte par excellence était la forme. Saint Thomas va plus loin : au-delà de la forme, il y a l'esse, l'acte d'exister, qui est l'acte le plus fondamental de tout être.

L'acte des actes

« L'esse est l'actualité de toutes les choses et même des formes elles-mêmes » (De potentia, q. 7, a. 2). L'esse n'est pas un acte parmi d'autres : il est l'acte des actes (actus omnium actuum), la perfection des perfections (perfectio omnium perfectionum). Sans l'esse, rien n'est : ni la matière, ni la forme. Cette thèse distingue radicalement le thomisme et explique pourquoi seul Dieu, dont l'essence est d'exister, est l'Être même subsistant.

L'esse est l'actualité de toutes les choses et même des formes : l'acte des actes, la perfection des perfections.

Testez-vous : 7 questions

1. Comment saint Thomas appelle-t-il l’esse par rapport aux autres actes ?

  • L’acte matériel
  • Le premier acte
  • L’acte final
  • L’acte des actes
Voir la réponse

Réponse : L’acte des actes

Saint Thomas appelle l’esse l’actus omnium actuum, l’acte des actes. L’esse actualise tout : la forme, la substance, les accidents. Sans l’acte d’exister, rien n’est. L’esse est plus fondamental que la forme aristotélicienne : c’est lui qui confère la réalité ultime à tout ce qui est.

2. Pour Aristote, quel était l’acte par excellence ?

  • L’esse
  • Le mouvement
  • La forme
  • La matière
Voir la réponse

Réponse : La forme

Pour Aristote, la forme était l’acte par excellence : elle est ce qui détermine et actualise la matière. Saint Thomas ira plus loin en montrant que l’acte suprême est l’esse (l’acte d’être), dont la forme elle-même dépend.

3. Que signifie : « L’esse est l’actualité de toutes les choses et même des formes » ?

  • La forme suppose l’esse
  • L’esse est une forme
  • L’esse remplace la forme
  • La forme se passe d’esse
Voir la réponse

Réponse : La forme suppose l’esse

L’esse (acte d’être) est « l’actualité de toutes les choses et même des formes ». Cela signifie que même la forme substantielle, qui actualise la matière, n’est rien sans l’acte d’exister. L’esse est l’acte des actes, la perfection ultime.

4. Comment l’essence limite-t-elle l’esse dans la créature ?

  • L’essence borne l’esse
  • L’essence détruit l’esse
  • Essence et esse s’annulent
  • Essence empêche d’exister
Voir la réponse

Réponse : L’essence borne l’esse

Dans la créature, l’essence reçoit l’esse (l’acte d’exister) et le restreint à un mode d’être déterminé. L’essence « homme » limite l’esse à être humainement. En Dieu, aucune essence ne limite l’esse : Il est l’Être sans restriction. L’essence est au principe de la finitude des créatures.

5. Pourquoi Dieu possède-t-il l’esse sans aucune limite ?

  • Son essence est d’exister
  • Il est très puissant
  • Il est infini en taille
  • Il est extrêmement ancien
Voir la réponse

Réponse : Son essence est d’exister

Dieu possède l’esse sans aucune limite parce que son essence est d’exister : Il est l’Ipsum Esse Subsistens (l’Être même subsistant). En Dieu, essence et existence s’identifient, alors qu’en toute créature elles sont distinctes.

6. Quel philosophe du XXe siècle a montré que la doctrine de l’esse est la contribution la plus originale de saint Thomas ?

  • Étienne Gilson
  • Henri Bergson
  • Emmanuel Mounier
  • Jacques Maritain
Voir la réponse

Réponse : Étienne Gilson

Étienne Gilson (1884-1978) a montré que la doctrine de l’esse (acte d’être) est la contribution la plus originale de saint Thomas à la philosophie. L’esse n’est pas l’essence mais l’acte premier qui fait que l’étant existe.

7. Qu’appelle-t-on la « métaphysique de l’exode » ?

  • La philosophie du voyage
  • La fuite d’Égypte
  • La métaphysique du désert
  • L’Être révélé au buisson ardent
Voir la réponse

Réponse : L’Être révélé au buisson ardent

La « métaphysique de l’exode » relie le Nom divin révélé à Moïse (« Je suis celui qui suis », Ex 3,14) à la métaphysique thomiste de l’esse. Dieu se définit par l’Être même, confirmant que l’acte d’être est la perfection suprême.

Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›

Dans ce chapitre : Essence et existence

  1. Essence et existence
  2. La distinction réelle chez saint Thomas
  3. L'esse comme acte des actes
  4. Essence et existence en Dieu