L'Eucharistie et la transsubstantiation
Comment la métaphysique de la substance éclaire le plus grand des mystères sacramentels.
Transsubstantiatio
Substance et accident
La distinction entre substance et accident trouve son application la plus haute dans le sacrement de l'Eucharistie. À la consécration, la substance du pain est changée en la substance du Corps du Christ, et la substance du vin en la substance du Sang du Christ. Les accidents du pain et du vin (couleur, goût, forme, poids) demeurent inchangés. C'est la transsubstantiation : un changement de substance, non d'accidents.
La définition de Trente
Le terme « transsubstantiation » fut solennellement défini par le Concile de Trente en 1551, lors de la treizième session consacrée au sacrement de l'Eucharistie. Les Pères conciliaires affirmèrent que cette conversion est très justement appelée transsubstantiation par la sainte Église catholique. Il ne s'agit ni d'une annihilation ni d'une création : c'est une conversion, c'est-à-dire que la substance du pain est convertie en la substance du Corps du Christ, sans que rien ne soit détruit ni créé ex nihilo.
Saint Thomas et l'Eucharistie
Saint Thomas d'Aquin traite magistralement de l'Eucharistie dans la Troisième Partie de la Somme théologique, aux questions 73 à 83, où il examine la nature du sacrement, la présence réelle, la transsubstantiation et ses effets. Dans son hymne Adoro te devote, composé pour la fête du Corpus Domini, Thomas déclare que la vue, le toucher et le goût se trompent devant ce mystère, et que seul le sens de l'ouïe (c'est-à-dire la Parole de Dieu transmise par l'Écriture et le Magistère) est fiable pour croire en la présence réelle du Christ sous les espèces eucharistiques.
Une distinction indispensable
C'est pourquoi la distinction philosophique entre substance et accident est absolument indispensable pour comprendre l'Eucharistie : sans elle, le dogme eucharistique serait proprement inintelligible, car on ne pourrait rendre compte du fait que les apparences sensibles demeurent tandis que la réalité profonde a radicalement changé.
La substance du pain est changée en Corps du Christ : les accidents seuls demeurent.
Testez-vous : 7 questions
1. Que signifie le mot « transsubstantiation » ?
- Une simple destruction
- Un changement de substance
- Un changement d’accident
- Une création nouvelle
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Réponse : Un changement de substance
La transsubstantiation est le changement de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ, tandis que les accidents (couleur, goût, forme) demeurent.
2. Quel concile a solennellement défini le terme « transsubstantiation » ?
- Le Concile de Trente
- Le Concile de Chalcédoine
- Le Concile de Nicée
- Le Concile Vatican II
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Réponse : Le Concile de Trente
Le Concile de Trente, en 1551 (session XIII), a solennellement défini le terme « transsubstantiation » comme « juste et propre » pour désigner ce changement unique.
3. Qu’arrive-t-il aux accidents du pain et du vin après la consécration ?
- Ils demeurent sans sujet
- Ils changent de nature
- Ils disparaissent
- Ils deviennent divins
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Réponse : Ils demeurent sans sujet
Les accidents du pain et du vin subsistent sans leur substance naturelle après la consécration. Ils sont soutenus dans l’existence par la puissance divine.
4. Pourquoi la transsubstantiation n’est-elle ni une annihilation ni une création ?
- Conversion de substance
- Rien ne change vraiment
- Dieu ne crée pas le Corps
- Le pain disparaît au néant
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Réponse : Conversion de substance
La transsubstantiation est une conversion de substance : le pain n’est pas annihilé (détruit en rien) et le Corps du Christ n’est pas créé (il existe déjà). Toute la substance est convertie.
5. Où saint Thomas traite-t-il de l’Eucharistie dans la Somme théologique ?
- Supplément, q. 1
- Seconde Partie, q. 94
- Première Partie, q. 2
- Troisième Partie, q. 73-83
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Réponse : Troisième Partie, q. 73-83
Saint Thomas consacre à l’Eucharistie les questions 73 à 83 de la Troisième Partie de la Somme théologique. Il y appelle la transsubstantiation « la plus merveilleuse de toutes les conversions ».
6. Dans l’hymne Adoro te devote, quel sens saint Thomas déclare-t-il fiable pour croire en la présence réelle ?
- L’ouïe
- La vue
- Le toucher
- Le goût
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Réponse : L’ouïe
Saint Thomas écrit : « la vue, le toucher, le goût se trompent, mais l’ouïe seule est sûre pour croire ». Seule la foi, par la Parole de Dieu, atteint la réalité eucharistique.
7. Pourquoi la distinction substance/accident est-elle indispensable pour comprendre l’Eucharistie ?
- Elle éclaire le dogme
- Pour des raisons historiques
- Par simple tradition
- Pour simplifier la liturgie
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Réponse : Elle éclaire le dogme
Sans la distinction métaphysique entre substance et accident, on ne pourrait pas formuler rigoureusement le mystère eucharistique : changement de substance, maintien des accidents.
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Dans ce chapitre : Substance et accident
- Substance et accident
- Substance première et seconde
- L'Eucharistie et la transsubstantiation