Substance première et seconde
La distinction fondamentale entre l'individu concret et l'espèce universelle.
Substantia Prima et Secunda
Les deux substances selon Aristote
Aristote, au chapitre 5 des Catégories, distingue la substance première (protè ousia) et la substance seconde (deutera ousia). La substance première est l'individu concret : cet homme-ci (Socrate), ce cheval-ci. C'est elle qui existe au sens le plus fort : le sujet de tout le reste. « Si les substances premières n'existaient pas, il serait impossible que rien d'autre existât », écrit Aristote, car l'individu concret est le fondement de tout le réel. Sans les substances premières, ni les espèces, ni les accidents n'existeraient : l'individu est le sujet ultime dans lequel tout le reste inhère. La substance seconde est l'espèce ou le genre : « homme », « animal ». Elle n'est pas un simple nom sans réalité, comme le soutiendra plus tard le nominalisme ; elle exprime une nature réelle commune à tous les individus de la même espèce. Le réalisme modéré d'Aristote, repris par saint Thomas, affirme que l'universel a un fondement dans les choses, même s'il n'existe pas séparé des individus à la manière des Idées platoniciennes.
Personne et suppôt chez saint Thomas
Saint Thomas d'Aquin reprend cette distinction et l'approfondit considérablement. Il identifie la substance première, pour les êtres doués de raison, à la personne (persona). La personne est « une substance individuelle de nature raisonnable », selon la définition de Boèce que Thomas fait sienne. Pour les êtres non raisonnables, il emploie le terme de suppôt (suppositum), qui désigne le sujet individuel d'une nature donnée. Cette précision terminologique devient décisive en théologie trinitaire et en christologie. Le Christ est une seule Personne, la Personne divine du Verbe, possédant deux natures, divine et humaine. C'est le dogme de l'union hypostatique, défini au Concile de Chalcédoine en 451, qui trouve dans la métaphysique aristotélico-thomiste son expression philosophique la plus rigoureuse.
La substance première est l'individu concret ; la substance seconde est l'espèce ou le genre.
Testez-vous : 7 questions
1. Qu’est-ce que la substance première (protè ousia) chez Aristote ?
- L’individu concret
- L’espèce générale
- L’accident
- Le genre commun
Voir la réponse
Réponse : L’individu concret
La substance première est l’individu concret : cet homme-ci, ce cheval-ci. C’est elle qui existe au sens le plus fort et qui est le sujet de tout le reste.
2. Que désigne la substance seconde ?
- Un individu
- Une qualité
- L’espèce ou le genre
- Un accident
Voir la réponse
Réponse : L’espèce ou le genre
La substance seconde est l’espèce ou le genre : « homme », « animal ». Elle exprime ce qu’est la substance première, mais n’existe pas indépendamment des individus.
3. À quel concept thomiste correspond la substance première pour les êtres raisonnables ?
- L’essence
- La forme
- L’accident
- La personne
Voir la réponse
Réponse : La personne
Saint Thomas identifie la substance première, pour les êtres raisonnables, à la « personne » (persona). Pour les autres êtres, il parle de « suppôt » (suppositum).
4. Le Christ est une seule Personne possédant combien de natures ?
- Deux
- Aucune
- Une seule
- Trois
Voir la réponse
Réponse : Deux
Le Christ est une seule Personne (divine) possédant deux natures (divine et humaine). C’est le dogme de l’union hypostatique, défini au Concile de Chalcédoine (451).
5. Dans quel ouvrage Aristote introduit-il la distinction entre substance première et seconde ?
- De l’Âme
- La Physique
- Les Catégories
- La Métaphysique
Voir la réponse
Réponse : Les Catégories
Aristote introduit la distinction entre substance première et substance seconde dans les Catégories, chapitre 5. C’est l’un de ses textes les plus fondamentaux.
6. La substance seconde est-elle un simple nom sans réalité (comme le dit le nominalisme) ?
- Une nature réelle
- Cela dépend
- Une pure convention
- Peut-être un simple nom
Voir la réponse
Réponse : Une nature réelle
La substance seconde n’est pas un simple nom : elle exprime une nature réelle commune à tous les individus de la même espèce. Le réalisme d’Aristote et de saint Thomas s’oppose au nominalisme.
7. Pourquoi Aristote dit-il que « si les substances premières n’existaient pas, rien d’autre n’existerait » ?
- L’individu fonde le réel
- L’universel fonde le réel
- La forme seule est réelle
- Les accidents priment
Voir la réponse
Réponse : L’individu fonde le réel
Sans les substances premières (les individus concrets), ni les espèces, ni les accidents n’existeraient. L’individu est le sujet ultime dans lequel tout le reste existe.
Faites cette leçon dans Apôtre : les questions en mode interactif, votre progression, des rappels pour ne rien oublier. Gratuit, sans publicité. Commencer la leçon ›
Dans ce chapitre : Substance et accident
- Substance et accident
- Substance première et seconde
- L'Eucharistie et la transsubstantiation