La logique stoïcienne et les propositions
Les stoïciens inventent la logique des propositions : si... alors, ou bien... ou bien.
Logica Stoica
La logique des propositions
La logique stoïcienne est une révolution. Là où Aristote raisonnait sur des termes, Chrysippe de Solès (281-208 av. J.-C.) construit une logique des propositions liées par des connecteurs : si…alors, et, ou. Il formule cinq indémontrables dont le modus ponens. Le lekton (le « dicible ») distingue le sens de la proposition, du signe physique et de la chose désignée, anticipant la distinction moderne signe/signifié. Boèce transmet le syllogisme hypothétique stoïcien au Moyen Âge.
L'Argument Dominant
Avant Chrysippe, Diodore Cronos avait déjà bouleversé la réflexion logique par son célèbre Argument Dominant (kurieuôn logos), qui porte sur les futurs contingents : si tout ce qui est passé est nécessaire, et si l'impossible ne peut découler du possible, alors tout ce qui est possible est ou sera. C'est un déterminisme logique que les Stoïciens durent affronter pour concilier destin et responsabilité morale.
L'héritage médiéval
Au Moyen Âge, cette tradition trouve un prolongement décisif chez Pierre Abélard, qui introduit la distinction entre conséquence formelle et conséquence matérielle. La conséquence formelle vaut par sa structure seule, indépendamment du contenu des propositions, préfigurant la notion moderne de validité logique. La conséquence matérielle, en revanche, dépend de la vérité factuelle des termes engagés. Cette distinction permit aux logiciens médiévaux de préciser considérablement l'héritage stoïcien et aristotélicien, ouvrant la voie aux Summulae logicales de Pierre d'Espagne et, plus tard, à la logique formelle contemporaine.
Chrysippe formule les cinq indémontrables (briques du raisonnement valide) deux millénaires avant la logique formelle moderne
Testez-vous : 6 questions
1. Qui est considéré comme le père de la logique propositionnelle ?
- Chrysippe de Soles
- Pierre Abélard
- Aristote
- Boèce
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Réponse : Chrysippe de Soles
Chrysippe de Soles est le père de la logique propositionnelle avec ses cinq indémontrables.
2. Qu’est-ce que le lekton dans la logique stoïcienne ?
- Le sens, le dicible
- Le mot écrit
- Le son prononcé
- La chose désignée
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Réponse : Le sens, le dicible
Le lekton est le sens incorporel d’une proposition dans la logique stoïcienne, le « dicible ».
3. Sur quoi porte l’Argument Dominant de Diodore Cronos ?
- Les catégories
- La contradiction
- Les futurs contingents
- Le syllogisme
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Réponse : Les futurs contingents
L’Argument Dominant de Diodore Cronos porte sur les futurs contingents et la nécessité logique du passé.
4. Quel type de syllogisme Boèce transmit-il au Moyen Âge ?
- L’hypothétique
- Le catégorique
- Le démonstratif
- Le dialectique
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Réponse : L’hypothétique
Boèce transmit au Moyen Âge le syllogisme hypothétique, raisonnement à partir de propositions conditionnelles.
5. Quelle distinction Abélard a-t-il introduite ?
- Logique / rhétorique
- Vraie / fausse
- Formelle / matérielle
- Majeure / mineure
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Réponse : Formelle / matérielle
Abélard a distingué la conséquence formelle (valide par sa forme) de la conséquence matérielle.
6. En quoi la logique stoïcienne diffère-t-elle de celle d’Aristote ?
- Propositions, pas termes
- Dialectique seule
- Démonstration seule
- Termes, pas propositions
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Réponse : Propositions, pas termes
La logique stoïcienne raisonne sur des propositions entières, celle d’Aristote sur des termes.
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