La volonté, le libre arbitre et le consentement
La volonté, le libre arbitre et le consentement : les ressorts intérieurs de l'agir moral selon saint Thomas.
De Voluntate et Libero Arbitrio
La volonté et le libre arbitre
Saint Thomas analyse la psychologie de l'acte humain (ST Ia-IIae, q.8-17). La volonté porte nécessairement sur le bien (sub ratione boni) : on ne peut jamais vouloir le mal en tant que mal, mais seulement sous un aspect de bien apparent. Le libre arbitre n'est pas une puissance distincte de la volonté : c'est la volonté elle-même en tant qu'elle choisit entre les moyens. L'homme est libre parce que sa raison, étant universelle, peut considérer un objet sous des aspects différents ; cette indétermination du jugement fonde la liberté du choix.
Les étapes de l'acte humain
L'acte humain complet se déploie en plusieurs étapes ordonnées. L'intention porte d'abord sur la fin, puis vient le consilium, la délibération, c'est-à-dire l'enquête de la raison sur les différents moyens possibles d'atteindre cette fin. Le consentement approuve les moyens envisagés, avant que le choix proprement dit, l'electio, ne tranche en faveur du moyen jugé le meilleur par la raison. C'est sur cet acte central que repose la responsabilité morale de l'homme. Après le choix intervient l'imperium : l'acte de la raison qui commande et ordonne l'exécution de ce qui a été choisi. L'imperium est un acte de la raison, mais il présuppose l'acte de la volonté qui l'a précédé. Enfin, l'exécution réalise concrètement ce qui a été commandé.
Nécessité et liberté
La volonté n'est toutefois pas libre en tout : elle veut nécessairement la béatitude en général, car aucune créature raisonnable ne peut ne pas désirer le bonheur. Mais elle demeure libre quant aux biens particuliers, car aucun bien fini ne comble pleinement l'appétit du bien universel. C'est dans cet espace entre le désir nécessaire du bonheur et la contingence des biens créés que s'exerce le libre arbitre et que se joue toute la vie morale.
L'homme est libre car sa raison considère un objet sous des aspects différents : le choix (electio) est l'acte central
Testez-vous : 8 questions
1. Pourquoi ne peut-on vouloir le mal en tant que mal (ST Ia-IIae, q.8) ?
- la volonté vise un bien
- par pur hasard
- par destin imposé
- par ignorance totale
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Réponse : la volonté vise un bien
La volonté porte nécessairement sur le bien ou ce qui apparaît comme bien. On ne veut jamais le mal en tant que mal, mais sous un aspect de bien apparent.
2. Qu’est-ce que le libre arbitre (ST Ia, q.83) ?
- volonté qui choisit
- faculté toute séparée
- pure indétermination
- illusion mentale pure
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Réponse : volonté qui choisit
Le libre arbitre n’est pas une puissance séparée : c’est la volonté en tant qu’elle élit entre des moyens. L’homme est libre car sa raison peut considérer un objet sous des aspects différents.
3. Quel est l’acte central de la vie morale (ST Ia-IIae, q.13) ?
- choix des moyens
- décision aveugle
- simple émotion
- calcul utilitaire
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Réponse : choix des moyens
L’electio est l’acte de la volonté portant sur le moyen jugé le meilleur par la raison. C’est sur lui que repose la responsabilité morale.
4. Qu’est-ce que le consilium (ST Ia-IIae, q.14) ?
- étude des moyens
- décision immédiate
- sentiment intuitif
- pure tranquillité
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Réponse : étude des moyens
Le consilium est la délibération de la raison sur les différents moyens d’atteindre la fin. Il précède le choix et suppose que la fin est déjà voulue.
5. Qu’est-ce que l’imperium (ST Ia-IIae, q.17) ?
- raison ordonne l’acte
- raison toute passive
- sensibilité décide
- destin nous force
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Réponse : raison ordonne l’acte
L’imperium est l’acte de la raison qui commande l’exécution de ce qui a été choisi. C’est un acte de la raison présupposant l’acte de la volonté.
6. La volonté est-elle libre quant à la fin dernière (ST Ia-IIae, q.10) ?
- le vrai bonheur
- un bien fini choisi
- un faux bonheur
- les biens du monde
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Réponse : le vrai bonheur
La volonté veut nécessairement la béatitude en général. Elle est libre quant aux biens particuliers car aucun bien fini ne comble l’appétit du bien universel.
7. Pourquoi l’homme est-il libre (ST Ia, q.83) ?
- il choisit entre des biens
- tout est prédéterminé
- par destin imposé
- par libération absolue
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Réponse : il choisit entre des biens
L’homme est libre car sa raison, étant universelle, peut considérer un bien particulier sous différents aspects. Cette indétermination du jugement fonde la liberté du choix.
8. Pour saint Thomas, le libre arbitre est une puissance distincte de la volonté.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Faux
Pour saint Thomas, le libre arbitre n’est pas une puissance distincte : c’est la volonté elle-même en tant qu’elle choisit.
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Dans ce chapitre : La béatitude et les actes humains
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