Les objections à la succession

Chapitre 9 : Le Droit Royal et la Tyrannie · cours « Philosophie Politique » · 15 questions

Nationalité, arrêt de 1593 et les renonciations

Louis XIV

De Iure Successionis

Nationalité et agnation

La première objection orléaniste contre les Bourbon-Anjou est la nationalité. Mais la distinction entre nationalité et agnation (lien de sang masculin) réfute cet argument : il faut distinguer l'étranger au sang de France et l'étranger de parti. L'arrêt du Parlement de Paris du 28 juin 1593 cherchait à favoriser Henri de Navarre en excluant les Guise, véritables « princes étrangers » au sang de France car issus de la Maison de Lorraine. Les Bourbon d'Espagne, qui descendent de Louis XIV en ligne masculine par Philippe V, ne sont nullement visés par cet arrêt.

L'héritage de Chambord

Le comte de Chambord, dernier Bourbon de la branche aînée, ne reconnut jamais les Orléans comme ses successeurs, les jugeant issus d'une usurpation contraire aux lois fondamentales. Son pardon aux Orléans signifiait qu'ils pouvaient reprendre leur rang dans la famille royale, non qu'ils étaient ses héritiers. À sa mort, le comte de Chambord laissa son héritage politique aux princes carlistes, c'est-à-dire les Bourbon d'Espagne, reconnaissant cette branche comme l'héritière légitime des lois fondamentales du royaume. Le refus des Orléans d'assister aux funérailles du comte de Chambord manifesta publiquement la rupture entre les deux branches, rendant visible une division dynastique jusqu'alors contenue.

La nullité des renonciations

Cette querelle touche aussi à la question des renonciations. La nullité des renonciations protège la succession contre les pressions politiques : un prince ne peut renoncer valablement à ses droits dynastiques car la Couronne n'est pas un bien personnel mais un office public. La formulation de 1789-1791 précisa qu'« il n'était point préjugé sur l'effet des renonciations », ce qui signifie que les renonciations antérieures ne sont ni automatiquement validées ni invalidées ; chaque cas demeure à examiner selon les principes fondamentaux du droit royal.

L'arrêt de 1593 visait les Guise, non les Bourbon d'Espagne, la nationalité ne prime pas l'agnation.

Testez-vous : 15 questions

1. Quelle est la première objection orléaniste contre les Bourbon-Anjou ?

  • Défaut de baptême
  • Absence de sacre
  • Hérésie religieuse
  • Querelle de nationalité
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Réponse : Querelle de nationalité

Les orléanistes contestaient d’abord la nationalité des Bourbon-Anjou, les jugeant devenus espagnols et donc inaptes à régner sur la France.

2. Quelle distinction capitale réfute l’argument de la nationalité ?

  • Marié à l’étranger / non
  • Né ailleurs / en France
  • Baptisé ailleurs / ici
  • Étranger au sang / parti
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Réponse : Étranger au sang / parti

La distinction entre étranger au sang et étranger au parti réfute l’argument de nationalité : les Bourbon d’Espagne restent du sang de France.

3. À quelle date le Parlement de Paris rendit-il l’arrêt souvent invoqué ?

  • 3 janv. 1589
  • 25 déc. 1593
  • 14 mai 1610
  • 28 juin 1593
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Réponse : 28 juin 1593

Le 28 juin 1593, le Parlement de Paris rendit un arrêt souvent invoqué pour défendre les lois fondamentales du royaume contre les prétentions étrangères.

4. Quel prince l’arrêt de 1593 cherchait-il à favoriser ?

  • Le duc de Guise
  • Philippe II
  • Le duc d’Anjou
  • Henri de Navarre
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Réponse : Henri de Navarre

L’arrêt de 1593 cherchait à favoriser Henri de Navarre en excluant les princes étrangers, c’est-à-dire les Guise lorrains.

5. Qui étaient les véritables « princes étrangers » visés par l’arrêt de 1593 ?

  • Les Valois
  • Les Orléans
  • Les Guise
  • Les Bourbon d’Espagne
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Réponse : Les Guise

Les véritables princes étrangers visés par l’arrêt de 1593 étaient les Guise, issus de Lorraine, et non les Bourbon qui étaient du sang de France.

6. Pourquoi les Guise étaient-ils « étrangers au sang de France » ?

  • Bannis du royaume
  • Nés en Espagne
  • Princes hérétiques
  • Maison de Lorraine
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Réponse : Maison de Lorraine

Les Guise, issus de la Maison de Lorraine, étaient étrangers au sang de France et ne pouvaient donc prétendre à la couronne selon les lois fondamentales.

7. De quel roi les Bourbon d’Espagne descendent-ils en ligne masculine ?

  • Louis XIV
  • Louis IX
  • Charles X
  • Henri IV
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Réponse : Louis XIV

Les Bourbon d’Espagne descendent en ligne masculine de Louis XIV par son petit-fils Philippe V, ce qui fonde leurs prétentions dynastiques.

8. Qui était le comte de Chambord dans la succession royale ?

  • Un duc de Guise
  • Un prince carliste
  • Premier Orléans
  • Dernier Bourbon aîné
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Réponse : Dernier Bourbon aîné

Le comte de Chambord était le dernier Bourbon de la branche aînée, dont la mort sans descendance ouvrit la question dynastique entre orléanistes et légitimistes.

9. Le comte de Chambord reconnut-il les Orléans comme successeurs ?

  • En 1873
  • Par testament
  • Sous condition
  • Jamais
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Réponse : Jamais

Le comte de Chambord ne reconnut jamais les Orléans comme successeurs, les jugeant issus d’une usurpation contraire aux lois fondamentales du royaume.

10. Que signifia le pardon du comte de Chambord aux Orléans ?

  • Hériter la couronne
  • Renoncer au trône
  • Reprendre leur rang
  • Quitter la France
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Réponse : Reprendre leur rang

Le pardon du comte de Chambord aux Orléans signifia qu’ils pouvaient reprendre leur rang dans la famille royale. Ce geste visait à restaurer l’unité dynastique entre les deux branches des Bourbons.

11. À qui le comte de Chambord laissa-t-il son héritage politique ?

  • Au pape
  • À la République
  • Aux Orléans
  • Aux princes carlistes
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Réponse : Aux princes carlistes

Le comte de Chambord laissa son héritage politique aux princes carlistes, reconnaissant la branche espagnole comme héritière légitime des lois fondamentales.

12. Qui sont les princes carlistes ?

  • Habsbourg d’Autriche
  • Bourbon d’Espagne
  • Maison de Lorraine
  • Maison de Savoie
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Réponse : Bourbon d’Espagne

Les princes carlistes sont les Bourbon d’Espagne, branche cadette reconnue par les légitimistes comme successeurs après Chambord.

13. Quel geste des Orléans manifesta la rupture entre les deux branches ?

  • Appel à la révolte
  • Refus des funérailles
  • Exil volontaire
  • Conversion anglicane
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Réponse : Refus des funérailles

Le refus des funérailles par les Orléans manifesta la rupture entre les deux branches, rendant publique une division dynastique jusqu’alors contenue.

14. Contre quoi la nullité des renonciations protège-t-elle la succession ?

  • Les coups d’État
  • Les pressions politiques
  • Les guerres civiles
  • Les disettes graves
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Réponse : Les pressions politiques

La nullité des renonciations protège la succession contre les pressions politiques. Un prince ne peut renoncer valablement à ses droits dynastiques car la Couronne n’est pas un bien personnel mais un office public.

15. Qu’a précisé la formulation de 1789-1791 sur les renonciations ?

  • nulle force légale
  • validité confirmée
  • soumission au vote
  • abolition décrétée
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Réponse : nulle force légale

La formulation de 1789-1791 a précisé qu’aucun préjugé ne pèse sur les renonciations antérieures. Cela signifie que les renonciations passées ne sont ni validées ni invalidées automatiquement ; chaque cas reste à examiner.

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Dans ce chapitre : Le Droit Royal et la Tyrannie

  1. La loi salique en détail
  2. Hétéronomie et monarchie
  3. Tyrannie et légitimité
  4. Le roi est successeur, non héritier
  5. L'intangibilité de la Couronne
  6. Les objections à la succession
  7. Les objections orléanistes