Les Pères de l'Église
Saint Paul, saint Augustin et les Pères qui ont transmis la doctrine de la loi naturelle.
La loi naturelle chez les Pères
Lex Naturalis
Des racines scripturaires et patristiques
La doctrine de la loi naturelle ne commence pas avec saint Thomas d'Aquin : elle plonge ses racines dans l'Écriture sainte et dans l'enseignement des Pères de l'Église, qui l'ont transmise, commentée et approfondie pendant plus d'un millénaire avant la Somme théologique.
Le fondement scripturaire
Le fondement scripturaire de cette doctrine se trouve dans l'Épître aux Romains (2, 14-15), où saint Paul enseigne que les païens eux-mêmes, qui n'ont pas reçu la Loi de Moïse, « font naturellement ce que prescrit la Loi » et montrent « l'œuvre de la Loi écrite dans leurs cœurs ». La loi naturelle est donc universelle : elle n'est pas inscrite uniquement dans le cœur des chrétiens, mais dans celui de tout homme, accessible à toute raison humaine droite.
Les témoins patristiques
Le plus ancien témoin patristique de cette doctrine est Clément de Rome, troisième successeur de saint Pierre, mort vers l'an 97, dont la Lettre aux Corinthiens évoque déjà l'ordre naturel voulu par Dieu. Au IIe siècle, saint Justin Martyr développe la notion de « semences du Verbe » (logoi spermatikoi) présentes chez les philosophes païens, signifiant que toute vérité participe du Verbe divin. Saint Augustin, quant à lui, définit la loi éternelle comme « la raison divine ou la volonté de Dieu qui commande de conserver l'ordre naturel et défend de le troubler » (Contra Faustum, XXII, 27). Plus tard, Isidore de Séville (vers 560-636) distingue dans ses Etymologies le droit naturel, commun à tous les peuples par instinct de nature, le droit des gens et le droit civil propre à chaque cité.
Le couronnement thomiste
Saint Thomas reprendra la définition augustinienne de la loi naturelle comme « participation de la créature raisonnable à la loi éternelle » (Ia-IIae, q. 91, a. 2), couronnant ainsi un millénaire de réflexion patristique.
De saint Paul à saint Augustin, les Pères ont transmis la doctrine de la loi inscrite dans le cœur de tout homme.
Testez-vous : 7 questions
1. Quel texte de saint Paul fonde la doctrine de la loi naturelle dans l’Écriture ?
- Romains 2, 14-15
- Galates 5, 22
- 1 Corinthiens 13, 1
- Éphésiens 2, 8
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Réponse : Romains 2, 14-15
Saint Paul écrit en Romains 2, 14-15 que les païens « font naturellement ce que prescrit la Loi » et montrent « l’œuvre de la Loi écrite dans leurs cœurs ». Ce texte est le fondement scripturaire de la doctrine de la loi naturelle.
2. Saint Justin parle de « semences du ____ » présentes chez les païens.
- Verbe
- Bien
- Salut
- Père
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Réponse : Verbe
Saint Justin Martyr (IIe siècle) parle des « semences du Verbe » (logoi spermatikoi) présentes chez les philosophes païens. Cela signifie que toute vérité, même découverte hors de la Révélation, participe du Verbe divin.
3. Pour saint Augustin, la loi éternelle est la raison divine ordonnant de conserver l’ordre naturel.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Vrai
Saint Augustin définit la loi éternelle comme « la raison divine ou la volonté de Dieu qui commande de conserver l’ordre naturel et défend de le troubler » (Contra Faustum, XXII, 27). Cette définition sera reprise par saint Thomas.
4. Quel Père de l’Église a écrit les Etymologies, ouvrage qui distingue droit naturel, droit des gens et droit civil ?
- Saint Augustin
- Saint Ambroise
- Isidore de Séville
- Saint Jérôme
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Réponse : Isidore de Séville
Isidore de Séville (vers 560-636), dans ses Etymologies (V, 4-6), distingue le droit naturel (commun à tous les peuples par instinct de nature), le droit des gens (commun aux nations) et le droit civil (propre à chaque cité).
5. Selon saint Paul, la loi naturelle est inscrite uniquement dans le cœur des chrétiens.
- Vrai
- Faux
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Réponse : Faux
Selon saint Paul (Rm 2, 14-15), la loi naturelle est inscrite dans le cœur de tous les hommes, y compris les païens qui n’ont pas reçu la Loi de Moïse. Elle est universelle et accessible à toute raison humaine, pas seulement aux chrétiens.
6. Quel Père apostolique, mort vers l’an 97, est le plus ancien témoin de la doctrine de la loi naturelle ?
- Ignace d’Antioche
- Clément de Rome
- Polycarpe de Smyrne
- Hermas
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Réponse : Clément de Rome
Clément de Rome, troisième successeur de saint Pierre, mort vers l’an 97, est le plus ancien témoin patristique de la doctrine de la loi naturelle. Sa Lettre aux Corinthiens évoque l’ordre naturel voulu par Dieu.
7. Saint Thomas, dans la Somme, reprend la définition ____ de la loi naturelle comme participation à la loi éternelle.
- Augustinienne
- Aristotélicienne
- Platonicienne
- Paulinienne
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Réponse : Augustinienne
Saint Thomas reprend la définition augustinienne de la loi naturelle comme « participation de la créature raisonnable à la loi éternelle » (Ia-IIae, q. 91, a. 2). Saint Augustin avait défini la loi éternelle comme la raison divine ordonnant toutes choses.
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Dans ce chapitre : Syndérèse, épikie et les Pères de l'Église
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