Les premiers principes

Chapitre 22 : Les premiers principes · cours « Métaphysique » · 16 questions

Non-contradiction, identité, tiers exclu : les fondations inébranlables de toute pensée vraie.

Aristote

Le principe de non-contradiction

Principium Non Contradictionis

Le plus ferme des principes

Le principe de non-contradiction (PNC) est, selon Aristote, « le plus ferme de tous les principes » (Métaphysique, livre IV, Gamma, 3) : « Il est impossible que le même attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps au même sujet et sous le même rapport. » La formulation rigoureuse du PNC exige quatre précisions indissociables : même attribut, même sujet, en même temps, sous le même rapport. Ce principe ne peut pas être démontré, car toute démonstration le suppose déjà. Mais Aristote montre qu'il peut être défendu par réfutation (elenchos) : quiconque le nie se contredit, car il suppose que sa négation est vraie et non fausse, ce qui est précisément supposer la non-contradiction. Aristote va jusqu'à dire que celui qui nierait radicalement le PNC serait « semblable à une plante » (homoios phytô), incapable d'utiliser un mot avec un sens déterminé. Sans le PNC, aucune proposition ne serait vraie plutôt que fausse, et aucune science ne serait possible.

Loi de la pensée et du réel

Le PNC n'est pas seulement une loi de la pensée : c'est aussi une loi du réel. Un cercle carré est impossible non seulement dans l'esprit, mais dans la réalité elle-même. Le PNC est premier dans l'ordre logique et dans l'ordre ontologique. Saint Thomas le confirme : il est le tout premier principe de la pensée et de l'être (Somme théologique, Ia-IIae, q. 94, a. 2).

Les trois autres principes

Ce principe premier s'accompagne de trois autres principes fondamentaux de la métaphysique. Le principe d'identité affirme que tout être est identique à lui-même : « ce qui est, est ; ce qui n'est pas, n'est pas. » Le principe du tiers exclu enseigne que pour toute proposition, elle est soit vraie, soit fausse : il n'y a pas de troisième possibilité. Enfin, le principe de raison suffisante établit que rien n'existe sans raison : tout ce qui existe a une raison pour laquelle il existe plutôt que de ne pas exister.

La Trinité et le PNC

Le mystère de la Trinité ne viole pas le PNC. Dieu est un selon la nature et trois selon les Personnes : l'unité et la trinité ne portent pas sur le même rapport. La foi surpasse la raison, mais ne la contredit jamais.

Le plus ferme de tous les principes : le nier, c'est le supposer.

Testez-vous : 16 questions

1. Quel est le plus fondamental des principes métaphysiques ?

  • la non-contradiction
  • l’identité du réel
  • la causalité de tout effet
  • la finalité de toute chose
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Réponse : la non-contradiction

Le principe de non-contradiction est « le plus ferme de tous les principes » selon Aristote : il est impossible qu’une chose soit et ne soit pas en même temps et sous le même rapport.

2. Que dit le principe d’identité ?

  • ce qui est, est
  • tout est relatif
  • rien n’est vrai
  • tout change
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Réponse : ce qui est, est

Le principe d’identité affirme que tout être est identique à lui-même : « Ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas. »

3. Que dit le principe du tiers exclu ?

  • vrai ou faux, sans tiers
  • tout est incertain
  • tout a un juste milieu
  • les contraires coexistent
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Réponse : vrai ou faux, sans tiers

Le principe du tiers exclu affirme que pour toute proposition, elle est soit vraie, soit fausse : il n’y a pas de troisième possibilité.

4. Pourquoi ne peut-on pas démontrer le principe de non-contradiction ?

  • Toute preuve le suppose
  • Il est trop évident
  • Il est conventionnel
  • Il est trop abstrait
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Réponse : Toute preuve le suppose

Le principe de non-contradiction ne peut être démontré car toute démonstration le suppose déjà. Celui qui tente de le nier l’utilise dans sa propre négation.

5. Que signifie le principe de raison suffisante ?

  • rien n’existe sans raison
  • toute chose est nécessaire
  • rien n’a de sens propre
  • tout effet a une cause
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Réponse : rien n’existe sans raison

Le principe de raison suffisante enseigne que tout ce qui existe a une raison pour laquelle il existe plutôt que de ne pas exister.

6. Dans quel livre Aristote expose-t-il le principe de non-contradiction ?

  • les Catégories
  • la Métaphysique
  • l’Éthique à Nicomaque
  • les Topiques
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Réponse : la Métaphysique

Aristote expose le principe de non-contradiction au livre IV (Gamma) de la Métaphysique, où il l’appelle « le plus ferme de tous les principes ».

7. Pourquoi celui qui nie le principe de non-contradiction se contredit-il ?

  • Il pose sa négation vraie
  • Il confond les termes
  • Il manque de logique
  • Il raisonne en cercle
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Réponse : Il pose sa négation vraie

Nier la non-contradiction, c’est affirmer que cette négation est vraie (et non fausse). Distinguer le vrai du faux, c’est précisément supposer la non-contradiction.

8. Combien de précisions la formulation rigoureuse du PNC exige-t-elle ?

  • Six
  • Deux
  • Quatre
  • Une seule
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Réponse : Quatre

La formulation du PNC exige quatre précisions : même attribut, même sujet, en même temps, sous le même rapport. Ces quatre conditions sont toutes indispensables.

9. Comment Aristote défend-il le PNC s’il ne peut pas le démontrer ?

  • par un vote des sages
  • par appel à l’autorité
  • par la seule expérience
  • par réfutation du négateur
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Réponse : par réfutation du négateur

Aristote défend le PNC par « réfutation » (elenchos) : quiconque le nie se contredit nécessairement dans l’acte même de le nier.

10. À quoi Aristote compare-t-il celui qui nierait radicalement le PNC ?

  • À une plante
  • À un dieu
  • À un enfant
  • À un animal
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Réponse : À une plante

Aristote dit que celui qui nierait radicalement le PNC serait « semblable à une plante » (homoios phytô), incapable d’utiliser un mot avec un sens déterminé.

11. Le PNC est-il seulement une loi de la pensée ?

  • Aussi une loi du réel
  • Pour les maths seules
  • Loi de pensée seule
  • C’est une convention
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Réponse : Aussi une loi du réel

Le PNC est premier dans l’ordre logique ET dans l’ordre ontologique. Un cercle carré est impossible non seulement dans l’esprit, mais dans la réalité elle-même.

12. Pourquoi le mystère de la Trinité ne viole-t-il pas le PNC ?

  • Rapports différents en Dieu
  • Le PNC ignore Dieu
  • La foi remplace la logique
  • La Trinité est métaphore
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Réponse : Rapports différents en Dieu

La Trinité ne viole pas le PNC : Dieu est un selon la nature et trois selon les Personnes. L’unité et la trinité ne sont pas affirmées sous le même rapport.

13. Dans quel livre de la Métaphysique Aristote expose-t-il sa défense du PNC ?

  • Le livre IV (Gamma)
  • Le livre XII (Lambda)
  • Le livre VII (Zêta)
  • Le livre I (Alpha)
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Réponse : Le livre IV (Gamma)

Aristote expose sa défense du PNC au livre IV (Gamma) de la Métaphysique, dans l’un des passages les plus célèbres de toute l’histoire de la philosophie.

14. Que se passerait-il si le PNC était faux ?

  • Nul vrai distinct du faux
  • Rien ne changerait du tout
  • Seule la logique touchée
  • Seules les sciences touchées
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Réponse : Nul vrai distinct du faux

Sans le PNC, aucune proposition ne serait vraie plutôt que fausse, aucune science ne serait possible. C’est la condition de possibilité de toute connaissance.

15. Pour saint Thomas, le tout premier principe de la pensée est le principe d’identité.

  • Vrai
  • Faux
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Réponse : Faux

Nuance scolastique : saint Thomas place comme premier principe le principe de non-contradiction (impossible qu’une chose soit et ne soit pas sous le même rapport) ; l’identité s’en déduit.

16. Le principe de non-contradiction affirme qu’une chose ne peut pas être et ____ en même temps sous le même rapport.

  • ne pas être
  • exister
  • changer
  • se mouvoir
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Réponse : ne pas être

Le principe de non-contradiction est le premier et le plus fondamental des principes de la raison : une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps et sous le même rapport. Il est la condition de toute intelligibilité et de tout discours.

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Dans ce chapitre : Les premiers principes

  1. Les premiers principes
  2. Le principe de raison suffisante
  3. Les premiers principes pratiques