Les Psaumes en latin : Dominus regit me et Miserere

Chapitre 1 : Introduction à la Vulgate · cours « Latin » · 14 questions

Dominus regit me : le psaume 22 mot à mot.

Miserere

Dominus regit me et Miserere

Psalmi

Deux psaumes majeurs

Le Psaume 22 (23) et le Miserere (Psaume 50/51) sont les deux psaumes les plus priés de la chrétienté. En latin, ils sont d'une beauté grammaticale limpide.

Le psaume du Berger

Psaume 22 : « Dominus regit me et nihil mihi deerit. In loco pascuae ibi me collocavit. » = Le Seigneur me conduit et rien ne me manquera. Il m'a placé dans un pâturage. « Regit » = présent (il conduit). « Deerit » = futur de « deesse » (il manquera). « Collocavit » = parfait (il a placé). « Loco pascuae » associe l'ablatif de « locus » (2e décl.) au génitif de « pascua » (pâturage) : un lieu de pâturage verdoyant. Trois temps en deux versets. Plus loin, « Nam et si ambulavero in medio umbrae mortis, non timebo mala » : « umbra mortis » (l'ombre de la mort) unit « umbra, -ae » (1re décl.) et le génitif de « mors » (3e décl.), image saisissante du psaume du Berger.

Le Miserere

Miserere : « Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam » = Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde. « Miserere » = impératif déponent (aie pitié). « Mei » = génitif de ego (de moi) (le verbe « misereri » régit le génitif. « Secundum » + accusatif = selon. « Cor mundum crea in me, Deus » = Crée en moi un cœur pur) « crea » = impératif présent (2e sg. de « creare », 1re conj.). Le psaume culmine au verset 19 : « Sacrificium Deo spiritus contribulatus ; cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies » : le sacrifice agréable à Dieu est un esprit brisé (« contribulatus », participe parfait passif), un cœur contrit et humilié.

Apulée et l'Âne d'or

Ces psaumes voisinent dans la culture latine avec la prose romanesque. Apulée (c. 125-170), originaire de Madaure en Numidie (Afrique du Nord), compose les Métamorphoses, également connues sous le titre « Asinus Aureus » (L'Âne d'or), seul roman latin intégralement conservé. Il s'ouvre par cette phrase programmatique : « At ego tibi sermone isto Milesio varias fabulas conseram » : le « style milésien » désigne un genre de contes divertissants et licencieux venus de Milet. Son latin est baroque et exubérant, riche en néologismes et archaïsmes, aux antipodes de la sobriété cicéronienne. Le héros Lucius, transformé en âne par l'application accidentelle d'un onguent magique, traverse maintes aventures où s'enchâsse le célèbre conte de Psyché et Cupidon (livres IV-VI), allégorie de l'amour et de l'âme. Au dénouement, la déesse Isis apparaît à Lucius et lui rend sa forme humaine en lui faisant manger des roses, figure d'une rédemption par le divin.

Cor mundum crea in me, Deus : Crée en moi un cœur pur, un impératif adressé à Dieu

Testez-vous : 14 questions

1. Quel est l’autre titre célèbre des Métamorphoses d’Apulée ?

  • L’Initiation d’Isis
  • L’Âne d’or
  • Le Roman d’un âne
  • La Fable de Psyché
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Réponse : L’Âne d’or

Les Métamorphoses d’Apulée sont aussi connues sous le titre « Asinus Aureus » (l’Âne d’or), seul roman latin complet conservé.

2. « Dominus regit me, et nihil mihi deerit » (Ps 22, 1). Que signifie « Dominus regit me » ?

  • Le Seigneur me juge
  • Le Seigneur me conduit
  • Le Seigneur me crée
  • Le Seigneur me guérit
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Réponse : Le Seigneur me conduit

« Dominus » = le Seigneur (nom.). « Regit » = il conduit (prés. de regere). « Me » = me (acc.). Le Seigneur me conduit comme un berger.

3. « Et nihil mihi deerit. » Que signifie « nihil mihi deerit » ?

  • Rien ne me nuira
  • Rien ne me manquera
  • Je n’aurai pas peur
  • Tout me sera donné
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Réponse : Rien ne me manquera

« Nihil » = rien. « Mihi » = à moi (datif). « Deerit » = manquera (futur de « deesse »). Rien ne me manquera (Psaume 22/23).

4. D’où est originaire Apulée, l’auteur des Métamorphoses ?

  • Espagne (Hispanie)
  • Égypte (Alexandrie)
  • Afrique du Nord (Numidie)
  • Gaule (Lugdunum)
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Réponse : Afrique du Nord (Numidie)

Apulée (c. 125-170) est originaire de Madaure en Numidie (actuelle Algérie), province romaine d’Afrique du Nord.

5. Dans les Métamorphoses, comment Lucius se retrouve-t-il transformé en âne ?

  • Un onguent pris par erreur
  • Sa propre incantation ratée
  • Le sortilège d’un ennemi
  • La malédiction d’une déesse
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Réponse : Un onguent pris par erreur

Dans les Métamorphoses d’Apulée, Lucius se transforme en âne en utilisant par erreur un onguent magique au lieu de celui prévu.

6. « Miserere mei, Deus » (Ps 50, 1). Que signifie « miserere » ?

  • Écoute
  • Aie pitié
  • Souviens-toi
  • Pardonne
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Réponse : Aie pitié

« Miserere » est l’impératif de « misereri » (déponent, 2e conj.) = aie pitié. « Mei » = de moi (génitif). « Misereri » régit le génitif.

7. Quel conte célèbre est enchâssé dans les Métamorphoses (livres IV-VI) ?

  • Psyché et Cupidon
  • Circé et Ulysse
  • Didon et Énée
  • Pyrame et Thisbé
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Réponse : Psyché et Cupidon

Le conte de Psyché et Cupidon est enchâssé dans les Métamorphoses d’Apulée (livres IV-VI), récit allégorique sur l’amour et l’âme.

8. « In loco pascuae ibi me collocavit » (Ps 22, 2). Que signifie « loco pascuae » ?

  • Un lieu de prière
  • Un lieu de paix
  • Un lieu de pâturage
  • Un lieu de repos
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Réponse : Un lieu de pâturage

« Loco » = ablatif de « locus » (2e décl.). « Pascuae » = génitif de « pascua » (pâturage). Un lieu de pâturage verdoyant.

9. Comment se termine le roman des Métamorphoses ? Qui délivre Lucius de sa forme d’âne ?

  • Isis lui rend l’homme
  • Il mange des roses seul
  • Vénus le transforme
  • Un magicien le guérit
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Réponse : Isis lui rend l’homme

À la fin des Métamorphoses, la déesse Isis apparaît à Lucius et lui rend sa forme humaine en lui faisant manger des roses.

10. « Cor mundum crea in me, Deus » (Ps 50, 12). À quel mode est « crea » ?

  • À l’infinitif
  • Au subjonctif
  • À l’indicatif
  • À l’impératif
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Réponse : À l’impératif

« Crea » = crée (impératif présent 2e sg. de « creare », 1re conj.). Le psalmiste demande à Dieu de créer en lui un cœur pur.

11. « At ego tibi sermone isto Milesio varias fabulas conseram. » Que signifie « Milesio » dans cette phrase d’ouverture ?

  • Style milésien des contes
  • Langue de Milet, grec ancien
  • Rigueur de Milet, philosophe
  • Méthode de Milèse, rhéteur
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Réponse : Style milésien des contes

« Milesio » = dans le style milésien (adj. abl.). Les « contes milésiens » sont un genre de récits divertissants et licencieux venus de Milet.

12. Comment peut-on qualifier le style latin d’Apulée par rapport au latin classique ?

  • Baroque et exubérant
  • Sobre et militaire
  • Cicéronien équilibré
  • Poétique et lyrique
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Réponse : Baroque et exubérant

Apulée (IIe s.) utilise un latin baroque et exubérant, riche en néologismes, archaïsmes et effets rhétoriques élaborés.

13. « Nam et si ambulavero in medio umbrae mortis, non timebo mala » (Ps 22, 4). Que désigne « umbra mortis » ?

  • Le voile du temple
  • L’ombre du soir
  • La vallée obscure
  • L’ombre de la mort
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Réponse : L’ombre de la mort

« Umbra mortis » = l’ombre de la mort. « Umbra, -ae » (1re décl.) + « mortis » (gén. de « mors », 3e décl.). Image du Psaume du Berger.

14. Complétez le Ps 50, 19 : « Sacrificium Deo spiritus ____; cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies. »

  • Immolatus
  • Contribulatus
  • Perfectus
  • Sanctus
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Réponse : Contribulatus

« Contribulatus » = brisé, contrit (part. parfait passif). « Spiritus contribulatus » = un esprit brisé/contrit. Sacrifice agréable à Dieu.

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Dans ce chapitre : Introduction à la Vulgate

  1. Saint Jérôme et la traduction de la Vulgate
  2. La Genèse en latin : In principio creavit Deus
  3. Les Psaumes en latin : Dominus regit me et Miserere
  4. Apulée et les Métamorphoses