Les syllogismes

Chapitre 9 : Les outils du philosophe · cours « Philosophie I » · 8 questions

La forme parfaite du raisonnement déductif : majeure, mineure, conclusion.

Aristote

Syllogismus

Définition

Le syllogisme est la forme classique du raisonnement déductif. Aristote l'a décrit dans les Premiers Analytiques, et il est resté pendant plus de deux mille ans l'outil central de la logique. Un syllogisme se compose de trois propositions :

L'exemple de Socrate

Prenons l'exemple le plus célèbre : « Tout homme est mortel (majeure). Socrate est un homme (mineure). Donc Socrate est mortel (conclusion). » La majeure énonce une vérité générale. La mineure rapporte un cas particulier à cette vérité générale. La conclusion applique la vérité générale au cas particulier.

Le terme moyen

Dans le syllogisme classique « Tout homme est mortel / Socrate est un homme / Donc Socrate est mortel », le terme « homme » joue un rôle capital : c'est le terme moyen. Il apparaît dans les deux prémisses mais disparaît de la conclusion, car sa fonction est précisément de relier le terme mineur (Socrate) au terme majeur (mortel). Le terme moyen est la clef du syllogisme : sans lui, aucun lien ne pourrait être établi entre les deux termes extrêmes.

Figures et modes

Aristote a classé les syllogismes en quatre figures, selon la position du terme moyen dans les prémisses. La tradition médiévale a donné des noms mnémotechniques à chaque mode valide : Barbara, Celarent, Darii, Ferio pour la première figure. Les voyelles de ces noms codent le type de chaque proposition : A désigne l'universelle affirmative, E l'universelle négative, I la particulière affirmative et O la particulière négative. Ainsi Barbara (AAA) est le mode le plus parfait, composé de trois universelles affirmatives. Parmi les règles fondamentales du syllogisme, l'une est absolue : de deux prémisses négatives, on ne peut jamais tirer de conclusion valide, car deux exclusions ne permettent pas d'établir un lien entre les termes. Enfin, il faut distinguer la validité formelle de la vérité matérielle : un syllogisme peut être parfaitement valide dans sa forme (la conclusion découle nécessairement des prémisses) tout en ayant des prémisses fausses et une conclusion vraie. La validité concerne la structure logique du raisonnement, non la vérité de son contenu.

Majeure, mineure, conclusion : le syllogisme est la forme parfaite du raisonnement déductif depuis Aristote.

Testez-vous : 8 questions

1. De combien de propositions se compose un syllogisme ?

  • Deux
  • Cinq
  • Trois
  • Quatre
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Réponse : Trois

Un syllogisme se compose de trois propositions : la majeure (vérité générale), la mineure (cas particulier), et la conclusion (application de la vérité générale au cas particulier).

2. Dans le syllogisme classique « Tout homme est mortel / Socrate est un homme / Donc Socrate est mortel », quel est le terme moyen ?

  • Mortel
  • Tout
  • Homme
  • Socrate
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Réponse : Homme

Le terme moyen est « homme » : il apparaît dans les deux prémisses mais pas dans la conclusion. C’est lui qui relie le terme mineur (Socrate) au terme majeur (mortel).

3. Comment s’appelle le premier mode valide de la première figure, selon la mnémotechnique médiévale ?

  • Barbara
  • Celarent
  • Darii
  • Ferio
Voir la réponse

Réponse : Barbara

Barbara (AAA) est le premier mode de la première figure : trois propositions universelles affirmatives. C’est le mode le plus parfait et le plus naturel du syllogisme.

4. Que signifie la voyelle « E » dans les noms mnémotechniques des syllogismes ?

  • Particulière négative
  • Universelle affirmative
  • Universelle négative
  • Particulière affirmative
Voir la réponse

Réponse : Universelle négative

Les voyelles codent le type de proposition : A = universelle affirmative, E = universelle négative, I = particulière affirmative, O = particulière négative.

5. Peut-on tirer une conclusion valide de deux prémisses négatives ?

  • Jamais
  • En 1re figure seule
  • Toujours
  • Si particulière
Voir la réponse

Réponse : Jamais

De deux prémisses négatives, on ne peut rien conclure. C’est l’une des règles fondamentales du syllogisme : deux exclusions ne permettent pas d’établir un lien entre les termes.

6. Combien de figures Aristote a-t-il classé pour les syllogismes ?

  • Trois
  • Cinq
  • Deux
  • Quatre
Voir la réponse

Réponse : Quatre

Aristote a classé les syllogismes en quatre figures, selon la position du terme moyen dans les prémisses. La première figure est la plus naturelle et la plus parfaite.

7. Pourquoi le terme moyen est-il appelé la « clef » du syllogisme ?

  • Il relie les deux extrêmes
  • Il est le plus important
  • Il est toujours universel
  • Il figure dans la conclusion
Voir la réponse

Réponse : Il relie les deux extrêmes

Le terme moyen est la clef du syllogisme car c’est lui qui connecte le terme mineur (sujet de la conclusion) au terme majeur (prédicat de la conclusion), sans lui-même apparaître dans la conclusion.

8. Un syllogisme valide peut avoir des prémisses fausses et une conclusion vraie.

  • Vrai
  • Faux
Voir la réponse

Réponse : Vrai

Un syllogisme valide peut effectivement avoir des prémisses fausses et une conclusion vraie. La validité concerne la forme logique du raisonnement (la conclusion découle nécessairement des prémisses), non la vérité matérielle des prémisses.

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Dans ce chapitre : Les outils du philosophe

  1. Les outils du philosophe
  2. Définition, division, argumentation
  3. Les syllogismes
  4. Les sophismes à éviter