Saint Augustin et les Confessions
Confessiones, De Civitate Dei, De Trinitate.
Confessiones Augustini
Une autobiographie qui est prière
Les Confessions de saint Augustin (397) sont le premier chef-d'œuvre autobiographique de l'histoire. Augustin y raconte sa longue quête de Dieu et s'adresse directement au Seigneur à la deuxième personne : c'est une prière autant qu'un récit. Première ligne : « Fecisti nos ad te, Domine, et inquietum est cor nostrum donec requiescat in te. » Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi. « Fecisti » est le parfait de facere (faire) à la deuxième personne du singulier : tu as fait. « Nos » est l'accusatif du pronom nous. « Ad te » emploie l'accusatif te après la préposition ad : on écrit ad te et non ad tu, car tu est le nominatif réservé au sujet. « Inquietum » (neutre, de in- privatif + quietus) signifie sans repos, agité. « Requiescat » est le subjonctif présent de requiescere, exigé par donec au sens de « jusqu'à ce que ».
Le tutoiement divin
« Magnus es, Domine » : Augustin écrit es (deuxième personne du singulier de esse : tu es) et non est (troisième personne : il est), parce qu'il s'adresse à Dieu face à face. Tout au long des Confessions, ce tutoiement divin donne au texte sa force de prière intime.
Sero te amavi : l'antithèse
Au livre X, Augustin s'exclame : « Sero te amavi, pulchritudo tam antiqua et tam nova, sero te amavi ! » Tard je t'ai aimé, beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t'ai aimé ! « Sero » est l'adverbe signifiant tard. L'expression « tam antiqua et tam nova » est une antithèse, figure de style qui oppose deux qualités contradictoires pour exprimer l'infinie richesse de Dieu : éternellement ancien dans son être, toujours nouveau dans la découverte qu'en fait l'âme convertie. Ce procédé rhétorique est caractéristique du style augustinien.
Tolle, lege : la conversion
Le « Tolle, lege » (VIII, 12) marque l'instant de la conversion : « Audiebam vocem dicentis : Tolle, lege ; tolle, lege. » « Tolle » est l'impératif de tollere (prends) et « lege » l'impératif de legere (lis). Ce moment, où Augustin ouvre les Épîtres de saint Paul au hasard et y lit le verset qui le convertit, est l'un des plus célèbres de la littérature mondiale.
Fecisti nos ad te : Tu nous as faits pour toi. Le parfait d'Augustin qui résume toute la vie chrétienne
Testez-vous : 8 questions
1. Qui a écrit les Confessions en latin, œuvre autobiographique adressée à Dieu ?
- Saint Ambroise
- Saint Jérôme
- Saint Grégoire
- Saint Augustin
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Réponse : Saint Augustin
Saint Augustin (354-430) rédigea les « Confessiones » en latin, récit autobiographique de sa conversion, adressé à Dieu.
2. « Fecisti nos ad te, Domine. » Que signifie « fecisti » ?
- Vous avez fait
- Vous faites
- Faites
- Vous ferez
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Réponse : Vous avez fait
« Fecisti » = tu as fait / vous avez fait (parfait de « facere », 2e pers. sg./pl.). « Nos » = nous (acc.). « Ad te » = vers toi.
3. « Inquietum est cor nostrum. » Que signifie « inquietum » ?
- Sans repos
- Inquiet
- Hésitant
- Silencieux
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Réponse : Sans repos
« Inquietum » (adj. neutre) = sans repos, agité. Formé du préfixe privatif « in- » + « quietus ». Citation célèbre de saint Augustin.
4. « Donec requiescat in te. » Quel est le mode du verbe « requiescat » ?
- Le subjonctif
- L’infinitif
- L’impératif
- L’indicatif
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Réponse : Le subjonctif
« Requiescat » est le subjonctif présent de « requiescere » (se reposer). « Donec » + subj. = jusqu’à ce que. Citation de saint Augustin.
5. « Sero te amavi, pulchritudo tam antiqua et tam nova. » Que signifie « sero » ?
- Sérieusement
- Le soir
- Tard
- En vain
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Réponse : Tard
« Sero » = tard (adverbe). « Sero te amavi » = Tard je t’ai aimé. Célèbre exclamation de saint Augustin dans les Confessions (X, 27).
6. « Fecisti nos ad te. » Pourquoi « ad te » et non « ad tu » ?
- « Te » est l’accusatif
- « Te » est l’ablatif
- « Te » est le datif
- « Tu » est féminin
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Réponse : « Te » est l’accusatif
« Ad » régit l’accusatif. « Te » est l’accusatif du pronom « tu ». « Tu » est le nominatif (sujet), jamais après une préposition.
7. « Magnus es, Domine. » Pourquoi Augustin utilise-t-il « es » (2e personne) et non « est » (3e personne) ?
- C’est le subjonctif
- C’est du pluriel
- Il s’adresse à Dieu
- C’est une erreur
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Réponse : Il s’adresse à Dieu
Augustin s’adresse directement à Dieu (tutoiement divin) : « es » (2e sg. de esse) = tu es. Les Confessions sont une prière adressée à Dieu.
8. Dans le style augustinien, quel procédé est utilisé dans « tam antiqua et tam nova » ?
- L’hyperbole
- La métaphore
- L’antithèse
- L’allitération
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Réponse : L’antithèse
« Tam antiqua et tam nova » = si ancienne et si nouvelle. L’antithèse oppose deux qualités contradictoires. Procédé rhétorique cher à Augustin.
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Dans ce chapitre : Les Pères latins
- Saint Augustin et les Confessions
- Saint Grégoire le Grand : Pasteur et Docteur
- Tacite : historien de Rome