Les Controverses de la foi chrétienne (Disputationes de controversiis) (page 35)
Deuxièmement. On cite plusieurs passages du livre 2, chap. 3, du livre 3, chap 6, 9, 11, 11, 16, 18, du livre 4, chap 1, 2, 37, et livre 5 où saint Irénée répète souvent que le Dieu d’Israël créateur du ciel et de la terre est le Père du Christ, et que le Christ aurait été un séducteur s’il avait prêché un autre Dieu que son Père etc. Ils en déduisent que le Christ n’est pas un seul Dieu avec le Père, puisque le Père et le Fils sont distincts, sont deux et non un; et qu’un seul des deux est dit Dieu d’Israël Créateur. Je réponds que saint Irénée a souvent répété ces choses à cause des hérésiarques Marcion et Valentin qui introduisaient un autre créateur et Dieu d’Israël, en plus du Père du Christ. De plus, le fait que le Père du Christ soit appelé créateur et Dieu d’Israël n’implique pas nécessairement que le Fils ne soit pas Créateur et Dieu d’Israël, mais il s’ensuit plutôt qu’il l’est. Car, comme un homme engendre un homme, un roi un roi, ainsi un Créateur engendre un Créateur, et un Dieu un Dieu, avec cette différence que la nature divine est indivisible. Dieu engendre un Dieu qui est le même, mais qui est distinct par la personne, tandis qu’un homme engendre un homme qui ne lui est semblable que par l’espèce.
Troisièmement, ils nous objectent que saint Irénée n’applique qu’au seul Père, et non à toute la trinité, ces mots du Deutéronome 6 : « Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique. » Car, c’est ce qu’il dit aussi au livre 4, chapitre 2 : « Le Christ confesse son Père, que la loi aussi annonce en disant : Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est le seul Dieu. » Je réponds que saint Irénée ne dit pas que ce passage doive être entendu du seul Père; et que nous ne l’attribuons pas à la trinité de façon à ce qu’il ne s’applique pas à chaque personne séparément. Car la trinité n’est pas, comme le rêvent nos adversaires, distincte du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Mais tout ce qui est attribuée à une personne appartient aux deux autres, à l’exception des relations. Clément d’Alexandrie (livre 1, pédagogue, chap 5) : « On s’entend pour dire que, étant Dieu, le Fils n’a rien appris. Car personne ne fut jamais plus grand que le Verbe, ni le maître ni le docteur de celui qui est le seul Maître. N’avouent-ils donc pas, malgré eux, que le Verbe est né parfait du Père parfait ? » Livre 3, dernier chapitre : « Nous louons un seul Père, et le Fils avec le Saint-Esprit, qui lui seul est toutes choses, par qui seul sont toutes choses, qui est infiniment bon, infiniment beau, infiniment sage, infiniment juste, à qui la gloire maintenant et dans les siècles des siècles. Amen. » Ensuite, Ruffin atteste dans son apologie en faveur d’Origène, que ce Clément, dans tous ses écrits, a célébré une seule gloire et une seule majesté des trois personnes.
Pour le troisième âge, nous avons six auteurs. Le premier, Origène. Il a été disciple de saint Clément. On trouve, dans ses écrits, des blasphèmes éhontés contre le Fils de Dieu et l’Esprit Saint, comme on le voit pas la lettre qu’Épiphane a écrite à Jean de Jérusalem, et par la lettre que saint Jérôme a écrite à Avitus au sujet des erreurs d’Origène. On a pensé alors que ces erreurs avaient été ajoutées après coup par les Ariens, comme le prétend Ruffin dans son apologie pour Origène. Car on trouve dans ses écrits des phrases tout à fait catholiques. Et saint Athanase, dans sa lettre sur le décret du synode de Nicée, cite Origène contre les Ariens, et ajoute que les ariens n’ont rien pu tirer des Anciens en faveur de leur hérésie.
De plus, Clément, le maître d’Origène, et le disciple d’Origène saint Grégoire le thaumaturge s’expriment droitement sur la trinité. Comment est-il donc probable qu’il ait mal enseigné ? Origène, dans le livre 7 sur l’épitre aux Romains, chap 9 dit : « Je m’étonne comment, en lisant ce que l’apôtre dit : « un seul Dieu Père, de qui toutes choses, et un seul Jésus-Christ par qui toutes choses », certaines personnes nient qu’on doive confesser Dieu le Fils de Dieu, sans craindre de parler de trois dieux. Et que feront-ils de ce passage de l’apôtre dans lequel le Christ est clairement décrit comme Dieu au-dessus de toutes choses ? Ils ne se rendent pas compte ceux qui parlent ainsi qu’en disant que le Seigneur Jésus-Christ n’est pas le Dieu unique, ils font en sorte que Dieu le Père ne soit pas le Seigneur. De la même façon, ils disent que Dieu le Père n’est pas un seul Dieu pour qu’on ne croie pas que le Fils soit Dieu. L’un et l’autre est Dieu » De même : « Celui qui est au-dessus de tous n’a personne au-dessus de lui. Car il n’est pas après le Père, mais du Père. » Et un peu plus bas : « Nous est montré en toute clarté la nature de la trinité et de sa substance, qui est au-dessus de toutes-choses.»
Saint Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée, dans la profession de foi présentée par Eusèbe, d’après la traduction de Ruffin (livre 7, histoire, chap 25), et d’après saint Grégoire de Nysse dans Grégoire le thaumaturge, et dans le tome du concile 5, dit que « le Verbe de Dieu est le vrai fils du vrai Père, Dieu de Dieu, invisible d’invisible, éternel d’éternel ». Et il ajoute : « La trinité parfaite n’est en aucune façon divisée par la majesté, l’éternité et le règne. » De même : « On ne trouve dans la Trinité ni serviteur, ni créature, ni ajout, » Saint Denys, évêque de Rome, a édité de célèbres livres, dont parle Saint Athanase dans sa lettre sur les phrases de Denys évêque d’Alexandrie : « Les volumes de l’évêque de Rome Denys écrits contre ceux qui affirment que le Fils est une œuvre ou une créature de Dieu montrent clairement que l’hérésie des ennemis du Christ, les ariens, n’est pas condamnée aujourd’hui pour la première fois, mais qu’elle l’a déjà été auparavant. » De même, dans son épitre sur le décret du concile de Nicée, le même saint Athanase reprend ces paroles de Denys, évêque de Rome : « J’entends dire que quelques-uns parmi vous, qui sont des maîtres de la parole divine, professent une doctrine qui est diamétralement opposée aux rêveries de Sabellius. Car lui blasphème en disant que le Fils est le Père et que le Père est le Fils, mais eux en confessant trois dieux, en répartissant l’unité sainte en trois substances étrangères, Car il est nécessaire d’unir le Verbe de Dieu au Dieu de tous, et de le faire demeurer en lui, de leur joindre aussi le Saint-Esprit; de constituer et d’unir une sainte trinité dans un seul Dieu plus puissant que toutes choses, comme dans un sommet et un principe. Car la doctrine du séducteur Marcion mettait une scission, une division dans la monarchie en trois principats, mais c’est une institution qui vient du diable, non des vrais disciples du Christ. Eux savent que les saines Écritures prêchent clairement l’existence d’une trinité. C’est pourquoi ils ne disent jamais que c’est l’ancien ou le nouveau testament qui les ont amenés à professer trois dieux. De plus, tu ne trouveras pas moins en faute ceux qui croient que le Fils de Dieu est une œuvre, qu’il est un seigneur créé, alors que les saintes Écritures emploient des mots qui se rapportent à la génération, non à une formation ou une création. » Et plus bas : « C’est ainsi qu’on peut garder ensemble la divine trinité et la profession de la monarchie » Avec ces paroles, prononcées il y a 1300 de cela, il a condamné non seulement les ariens non encore nés, mais même les trithéistes et les samosatiens de notre temps.
L’évêque saint Denis d’Alexandrie, accusé par l’évêque de Rome Denys, d’avoir enseigné que le Fils de Dieu était une créature, écrivit son apologie, dont saint Basile cite certains passages (dans son livre sur le Saint-Esprit, chapitre 29, et dont saint Athanase a fait plusieurs citations, dans son épitre sur la doctrine de Denys d’Alexandrie : « Parce qu’il est la splendeur de la lumière éternelle, il est, à tout point de vue, éternel. » Et plus bas : « De cette façon, l’unité qui est indivisible nous la dilatons en trinité; et en unité, la trinité qui ne peut pas diminuer ». Ensuite, quand on l’accusa de dire que le Fils unique était du nombre des choses créées, et qu’il n’était en aucune façon consubstantiel à son Père : « Je montre qu’il est faux le crime dont on m’accuse, celui de nier que le Christ est consubstantiel à Dieu ». Voilà pour saint Denys.
Tertullien (livre 4 contre Marcion) : « Il dit que tout lui a été livré par le Père. Crois, s’il est le Fils du Créateur, que ce n’est pas à un Fils inférieur que le Créateur a tout livré, mais à Celui par qui il a tout fait. » Et dans son livre contre Prax, chapitre 3 : « Parce que la règle de la foi a été transférée de plusieurs dieux créés à l’unique et vrai Dieu, ne comprenant pas que cet unique Dieu il faut le comprendre selon l’économie, ils ont peur de cette économie. Le nombre et la répartition de la trinité ils les voient comme une division de l’unité, alors que, loin d’être détruite par la trinité, c’est d’elle-même que l’unité dérive en trinité. » Il est à noter que Tertullien appelle économie l’ordre et la disposition des trois personnes. Un peu plus bas, au chapitre 9, il dit : « Voici ce que je dis : autre est le Père, autre est le Fils, autre est le Saint-Esprit. Il interprète mal les personnes, ou en pervertit le sens, celui qui y voit une diversité, et qui fait dépendre la séparation du Père, du Fils et du Saint Esprit de la diversité (des natures). Je me vois contraint de condamner ceux qui, jaloux de la monarchie, s’opposent à l’économie, c’est-à-dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui considèrent que c’est par la diversité, non par la distribution que le Père est différent du Fils, pas par la division, non par la distinction, de sorte que le Père et le Fils ne soient pas semblables, mais différents l’un de l’autre par le mode. » Et plus bas : « Comment tu dois recevoir le mot « autre », je l’ai déjà professé, par le nom de la personne, non de la substance, pour marquer une distinction, non une division. Du reste, je tiens partout une seule substance en trois adhérents. » Et plus bas, au chapitre 13 : « Si dans l’Écriture, on ne trouvait le nom que d’une seule personne divine, on aurait raison de ne pas donner au Christ le nom de Dieu et de Seigneur. Car nul autre qu’un seul Dieu n’était prêché. » Et un peu plus bas : « Je suis bien loin de dire des dieux, ou des seigneurs, mais je marche sur les traces de l’Apôtre. Et s’il faut donner le même nom au Père et au Fils, j’appellerai le Père Dieu et Jésus-Christ Seigneur. Je pourrais appeler Dieu le Christ seul, comme le fait le même apôtre : « desquels est le Christ, Dieu, au-dessus de tout, béni dans les siècles ». Et plus bas, chapitre 17 : « Et le nom du Père est Dieu tout-puissant, le Très-Haut, Seigneur des vertus, Roi d’Israël, Celui qui est. Nous disons que ces titres conviennent au Christ, qu’il a toujours agi conformément à eux, et que c’est en eux qu’il s’est manifesté aux hommes. Car il dit : « Tout ce qui appartient à mon Père est à moi ». Pourquoi pas aussi ces noms ? » Et plus bas : « Ces trois sont une seule chose (unum, neutre), pas un seul (unus, masculin). L’unité se rapporte à la substance, le nombre à la distinction des personnes ».
Ces textes peuvent expliquer les citations apportées, sous forme d’objection, par Gentilis et les transylvaniens. Ils nous opposent d’abord un passage du livre contre Hermogène, pas très loin du début : « Car le Père n’a pas pu exister avant le Fils, ni le juge avant le délit. Il fut un temps où ni le délit ni le Fils n’existaient, qui a fait Dieu juge et Père. » Je réponds que ces mots ne sonnent pas bien, et qu’il ne faut les revendiquer. Ils ne veulent quand même pas dire que, pour Tertullien, le Fils de Dieu n’a pas toujours existé comme Dieu. Car, dans son livre contre Prax, chapitre 8, il dit : « La parole est donc toujours dans le Père, comme il le dit lui-même : Je suis dans le Père. Et il est toujours auprès de Dieu, comme il est écrit dans saint Jean. La parole était auprès de Dieu, et n’a jamais été séparée du Père, car moi et le Père nous sommes une seul chose » Et au chapitre 5, avait dit : « Avant toutes choses, Dieu seul était. Seul, car il n’y avait avec lui personne ou rien d’extérieur à lui. Mais, du reste, il n’était pas vraiment seul, puisqu’il avait avec lui son logos » Ce Fils dont parle Tertullien contre Hermogène, dont il dit qu’il n’a pas toujours existé, ce n’est pas le Verbe de Dieu, mais le Fils par adoption, c’est-à-dire n’importe lequel saint ange ou saint homme. Car, il ne s’agit pas ici du Christ, mais de la créature douée de raison, qui vient de l’extérieur, et qui, dans le temps, a donné à Dieu le nom de Père. Ou, si ce Fils est le Verbe de Dieu, par le temps où il n’était pas il ne faut pas entendre un vrai temps, mais la priorité d’origine. Car ce que Tertullien veut dire ici c’est seulement qu’on ne peut appeler Dieu Père qu’après qu’il ait eu un Fils. Mais la première explication est plus facile à comprendre et est aussi plus solide.
Ils font une autre objection tirée du livre contre Prax. : « Quand je reconnais le Fils, je confesse le second du Père. » Je réponds qu’il appelle le Fils deuxième, et le Saint-Esprit troisième en raison de l’ordre d’origine, non à cause de degrés différents de nature. Car, dans son livre contre Hermogène, bien avant la moitié, il dit : « La divinité n’a pas de degrés. Elle est unique ». Et dans son livre contre Prax il répète souvent que le Père et le Fils ont une seule et même substance. Voilà pourquoi, quand dans le même livre, il dit que « le Fils se distingue du Père non par le statut, mais par le degré, il entend par degré l’ordre des personnes. Ils font, au même endroit, l’objection suivante : « Le Père est toute la substance, le Fils, une dérivation et une portion du tout ». Je réponds que puisque Tertullien enseigne que la divinité n’a pas de degrés, et qu’il est évident pour lui qu’elle est indivisible, il faut, de toute nécessité, entendre ces paroles de la seule distinction des personnes, qui est le sujet principal de son livre. Il dit que le Verbe est une portion et le Père toute la substance, parce que le Père est la source et le principe des autres personnes, et a, pour cette raison, une certaine supériorité. Et c’est de cette façon qu’il s’explique lui-même au chapitre 9 : « Le Fils est une dérivation et une portion, comme il le reconnait lui-même : parce que le Père est plus grand que moi. Ainsi, et le Père est différent du Fils, et est plus grand que le Fils. Le Père est autre que le Fils et plus grand que lui, comme autre est celui qui engendre et autre celui qui est engendré; autre celui qui envoie, et autre est celui qui est envoyé. » Mais juste avant, quand il parlait de la substance, il avait dit : « Le Fils n’est pas autre que le Père ».
Quatrièmement, autre objection tirée du même livre chap 15 : « Il s’ensuivra que nous concevrons le Père comme invisible à cause de la plénitude de la majesté, et le Fils visible à cause du mode de dérivation. » Il conclut de là que, dans toutes les apparitions de l’ancien testament, c’est toujours le Fils qui a été vu, et que le Père est demeuré invisible. Je réponds que, pour Tertullien, le Père est dit invisible et le Fils visible non parce que, par sa nature, le Fils soit visible, et le Père invisible par sa nature. Mais parce que le Père, comme il le pense, lui, et beaucoup d’autres, n’est jamais apparu sous une forme visible. Tandis que le Fils a souvent, tant dans l’ancien testament que dans le nouveau, assumé pour un temps des formes visibles. Et quand il dit que le Fils est visible par mode de dérivation, il ne parle pas de la dérivation du Fils depuis le Père par une génération éternelle, mais de la dérivation vers nous par l’assomption d’une forme visible. Qu’il en soit vraiment ainsi, on le prouve par ce qu’il dit un peu après : « Nous disons que le Fils est invisible par son nom, en tant que logos, et Esprit de Dieu de la condition de la substance, même maintenant; et, en tant que Dieu, parole et esprit. Il fut visible avant la chair de la façon dont il le dit à Aaron et à Marie : s’il y a un prophète parmi vous c’est en vision que je serai connu par lui ». En second lieu, parce que, un peu plus bas, il dit que c’est du Père qu’a été dit à Timothée : « Au roi immortel des anges, au seul Dieu invisible ». Mais c’est le contraire qui est vrai, car on peut le dire du Fils, puisqu’il est avéré qu’il a été vu mort, là ou on parlement clairement de la forme humaine.
Il faut observer ici que Tertullien cherche à enlever partout une occasion de prouver que le Père est le Fils, contre l’hérésie de Prax. Et parce que l’Écriture dit que Dieu a été vu par Abraham, Jacob, Moïse et Isaïe, et que le Christ a été vu par les apôtres, Tertullien tire de cela un argument pour prouver qu’il y a en Dieu deux personnes, une invisible et une autre visible. Et, pour que l’argument ait plus de poids, il applique au Fils tous les cas où il est dit que Dieu est apparu; et Père tous les endroits où il est dit qu’on ne peut voir Dieu. Son argument n’est pas très convaincant, car la même personne divine peut être dite visible et invisible, visible dans l’espèce créée, invisible dans son essence et dans sa personnalité. Mais nous pouvons quand même en déduire que son intention n’était pas de nier la divinité du Christ, mais d’affirmer sa personnalité propre.
Cinquièmement, ils objectent (dans livre de la trinité) que le seul Dieu des Juifs est le Père du Christ, qu’on ne peut rien comparer au Dieu Père, et que le Fils ne peut pas enlever au Père le privilège d’être le seul Dieu. Je réponds d’abord que ce livre n’est pas de Tertullien, autant parce que sont nommés les sabelliens qui n’étaient pas encore nés au temps de Tertullien, que parce que saint Jérôme (livre 2 contre Ruffin) attribue ce livre à Novatien. Je dis ensuite que ces passages ne nous sont pas contraires. Car il est vrai que le Dieu unique des Juifs est le Père du Christ, vrai qu’il n’a pas enlevé au Père le privilège d’être le seul Dieu,, parce que le Christ n’est pas un second Dieu, mais le même Dieu que le Père. Il est vrai également qu’on ne peut rien comparer au Père, si tu regardes l’origine, puisque il est le principe des autres personnes, et non vice-versa. Ce qui n’empêche pas l’égalité des trois personnes dans la substance.
Saint Cyprien traite de la vanité des idoles : « Dieu est le seul Seigneur de tous, car cette sublimité ne peut avoir d’égal, puisqu’elle tient à elle seule toute la puissance. » Et plus bas : « C’est notre Dieu, c’est le Christ ». Et, au livre 2 à Quirinus, chapitre 6, que le Christ soit Dieu, il le prouve à partir de passages, qui du consentement universel, parlent du Dieu d’Israël. Comme Genèse 35 : « Fais un autel pour le dieu qui t’es apparu quand tu fuyais Ésaü. » De même en Isaïe 45 : « En toi est Dieu, et il n’y pas de vrai Dieu en dehors de toi. Tu es un Dieu caché, Dieu Israël Sauveur ». Même chose aux Romains 9 : « Desquels est le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni dans les siècles » Ces textes montrent clairement que, pour saint Cyprien, le Christ est le vrai Dieu d’Israël ».
De saint Cyprien, les transylvaniens revendiquent un passage du livre 2, chapitre 6, le seul lieu dans l’explication du symbole où il est dit que Dieu le Créateur est le Père du Christ, qu’il y a un seul Dieu le Père, un seul Seigneur Jésus-Christ, un seul Esprit saint. » Je réponds d’abord que cette explication du symbole n’est pas de saint Cyprien, mais de Ruffin. Car là sont réfutés nominalement Arius, Eunomius et Photin qui, au temps de saint Cyprien, n’étaient pas encore nés. Tu peux par là te faire une idée de l’érudition des transylvaniens, qui n’ont pas encore appris en quels siècles ont vécu leurs prédécesseurs et leurs parents. Je dis ensuite qu’un peu après les paroles citées par les transylvaniens, se trouve une réfutation explicite de leur enseignement. Car voici ce que dit l’auteur : « C’est un conseil provenant de la vanité qui fait enseigner à Paul Samosate, et à son successeur Photin, que le Christ n’a pas existé avant les siècles, mais que Dieu a été fait par un homme. C’est la vanité encore qui leur fait professer que le Christ n’est pas né de la substance elle-même du Père, mais qu’il a été créé à partir du néant; que le Fils a eu un commencement, et qu’il est inférieur au Père ».
Mais on peut dire avec plus de raison que c’est conseillés par la vanité que les transylvaniens non seulement enseignent la même chose, mais qu’ils revendiquent des livres qui les réfutent dans les termes les plus nets. Je dis ensuite qu’étant Fils du Créateur, il est lui-même Créateur, et semblable au Père parce que, en naissant, il a reçu toute l’essence de son Père. Nous ne voyons pas d’inconvénient à appeler le Père le Dieu unique, car on dit aussi que le Fils est le Seigneur unique. Et, pourtant qui nierait que le Père est Seigneur ?
Pour le quatrième âge, nous avons le concile de Nicée, formé de 318 Pères. Il a rédigé un symbole qui est rapporté par Ruffin (livre 10 de son histoire, chapitre 6). Ce symbole a été repris par le concile de Constantinople (chapitre 1) et expliqué par saint Athanase et saint Cyrille. Presque tous les pères en ont gardé un souvenir honorable. Dans ce symbole, voici ce qui est dit du Fils. D’abord, qu’il est le vrai Dieu. Ensuite, qu’il est de la même substance que le Père, Troisièmement, qu’il est éternel. Quatrièmement, qu’il est, comme le Père, immuable, et inconvertible. Cinquièmement, qu’il a été engendré, non fait. Les Pères ne pouvaient donc pas réfuter plus clairement ceux qui voulaient faire du Fils une créature.
Sur ce symbole les transylvaniens portent un jugement étonnant. Car (au livre 1, chap 1) ils disent que c’est le symbole de l’Antichrist; que ces mots « engendré, non fait » sont un délire de l’Antichrist, puisqu’ils sont si contraires aux mots de saint Paul qui dit (Rom 1) : « Il a été fait de la semence de David ». Et « il a été fait d’une femme (Galates 4). Dans le livre 2 du chapitre 6, ils disent que leur enseignement est contenu dans ce symbole qui dit que « le Père seul est l’unique Dieu Créateur », car il commence ainsi : « Nous croyons dans un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en un seul Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu. »
Mais dans l’un et l’autre cas ils délirent. Car, quand le symbole dit que le Fils a été engendré et non fait, il parle du Christ en tant que Dieu, car il dit, un peu après : et il s’est incarné et s’est fait homme. Le même symbole enseigne donc que le Christ a été fait et qu’il n’a pas été fait : fait en tant qu’homme, non fait en tant que Dieu. Il n’est que trop évident que quand saint Paul dit qu’il a été fait d’une femme et de la semence de David, il parle de la nature humaine qu’il a assumée dans le temps. Et à un autre endroit, il enseigne qu’il n’a pas été fait d’une matière créée, mais qu’il a été engendré par le Père avant toute créature. De plus, quand on dit ici que le Père est le seul Dieu, comme nous l’avons plusieurs fois répété, et que le Fils est le Seigneur du Seigneur, ce n’est pas pour exclure le Père du nom de Seigneur, ou le Fils du nom de Dieu. Car le sens n’est pas que seul le Père est Dieu, mais que le Père est ce Dieu qui est le Dieu unique.
En plus du concile de Nicée, nous avons, dans le même siècle, le concile de Constantinople formé de 150 pères. Il décréta, de nouveau, que le Fils est consubstantiel au Père. Nous avons aussi, dans ce siècle un grand nombre de pères illustres tant grec que latins. Saint Athanase a écrit cinq longs discours contre les ariens, et toutes ses œuvres combattent l’arianisme. Saint Basile a écrit cinq livres théologiques contre Eunome. Saint Grégoire de Nysse, continuant le travail de son frère, en a écrit cinq autres pour réfuter les eunomiens. Saint Cyrille de Jérusalem a écrit cinq catéchèses sur ce sujet, de la septième à la onzième. Épiphane a écrit avec beaucoup de précision contre Paul de Samosate (hérésie 65), et contre les hérétiques ariens (hérésie 69).
Chez les latins, saint Hilaire a écrit douze livres sur la trinité. Lucifer Calaritanus a écrit un livre pour Athanase contre l’empereur Constance, et un autre dans lequel il enseigne qu’il faut mourir pour le Fils de Dieu. Marius Victorin a écrit quatre livres contre les ariens. Grégoire Béticus un livre sur la foi contre les ariens. Saebadius un livre contre les ariens, Saint Ambroise cinq livres sur la foi, Philastrius, dans un livre sur les hérésies, réfuta brièvement Paul de Samosate et les ariens.
De cette quatrième époque, ils n’ont d’objection à faire qu’aux écrits de saint Hilaire et de saint Ambroise. Car, saint Hilaire (dans son livre 9 sur la trinité) dit que seul le Père est l’unique vrai Dieu, même si le Christ est Dieu.. Saint Ambroise (au chapitre 1, 1 à Timothée) applique au seul Père ces paroles : « Au roi immortel des siècles, à l’invisible et seul Dieu. » Et ailleurs, il applique au seul Père ce qui a été dit par le Seigneur : « Nul n’est bon que Dieu ». Et au chapitre 6, il rapporte au seul Père ces mots : « Qui seul est Puissant, Roi des rois, et Seigneur de seigneurs ». Je réponds que, quand saint Hilaire dit que seul le Père est le vrai Dieu, il ne nie pas que le Fils soit le vrai Dieu, car le Fils est compris dans le Père, puisqu’il est de la même essence que lui. Les paroles que les transylvaniens citent ( au livre 2, chap 6 du livre 9 de saint Hilaire) enseignent ce qui suit : « Mais peut-être que le Père étant seul le vrai Dieu, il n’a pas laissé au Christ d’être Dieu. Il ne lui a pas laissé si le seul Dieu Père ne lui a pas laissé d’être le seul Seigneur. Si Dieu le Père unique ne lui a pas refusé d’être le seul Seigneur, de la même façon le seul vrai Dieu Père n’a pas refusé au Fils d’être vrai Dieu. » Ici, saint Hilaire confesse ouvertement que le Christ est vrai Dieu, une seule chose avec le Père, comme il est l’unique et vrai Seigneur avec Dieu le Père.
Au premier texte de saint Ambroise cité, nous répondons que ce livre n’est pas de saint Ambroise. Je dis ensuite que dans ces commentaires, l’auteur attribue au seul Père ces épithètes (roi des rois, invisible, bon puissant) non parce qu’il est le seul à les posséder, mais parce qu’il est le seul à les avoir de lui-même. Car, au chapitre 6, il s’explique ainsi : « Toutes ces choses le Père les a, et le Fils les a semblablement en tant que reçues du Père » Il attribue au Père seul l’invisibilité, car seul le Père n’est pas apparu sous une forme sensible. Tertullien dit que c’est le Fils qui est apparu en divers lieux, et c’est Tertullien que cet auteur suit. Et parce que les transylvaniens osent faire dire à saint Ambroise qu’il a enseigné la supériorité du Père éternel, notons ce passage (livre 5, de la foi, chapitre ultime) : « C’est vers toi, Père tout puissant, qu’avec des larmes, je dirige ces paroles. Je suis porté à te dire inaccessible, incompréhensible, inestimable, mais je n’ose pas dire que ton Fils est inférieur. » Et un peu plus bas : « Si je disais plus grand que le Fils, comme Arius l’affirme, je parlerais en impie. » De même au chapitre 2 aux Philippiens : « C’est en toute justice qu’il s’est égalé à Dieu. Car, c’est en sachant qu’il était dans la forme de Dieu, qu’il s’est manifesté égal à Dieu. » Quelle impudence c’est donc d’affirmer qu’Ambroise prêche partout la supériorité du Père sur le Fils, quand, en pesant bien ses mots, il n’ose déclarer le Père supérieur ou le Fils inférieur, mais le proclame plutôt égal à Dieu ? Mais ce n’est ni le premier ni le dernier mensonge des hérétiques.
Le cinquième âge va de 400 à 500. Il y a eu, pendant ce temps, deux conciles œcuméniques qui approuvèrent de nouveau le concile de Nicée, le premier concile d’Éphèse contre l’épitre à Nestor, et le concile de Chalcédoine, act 2. Nous avons en suite un grand nombre de Pères qui écrivirent pour enseigner la véritable doctrine christologique. Parmi les auteurs grecs, il y eu saint Jean Chrysostome qui a prêché avec une grande éloquence et une grande doctrine dans son sermon intitulé que le Christ est Dieu, et dans son commentaire sur cette parole de saint Paul : « Alors le Fils lui-même si soumettra à lui ». Dans ses commentaires du chapitre 1 de Jean, aux Colossiens, aux Philippiens, et ailleurs. Il y a eu aussi Théophile d’Alexandrie dans u Pasch. Saint Cyrille édita cinq livres sur la trinité, contre les ariens, et quatorze livres sur le trésor. De plus, dans son commentaire de l’évangile de saint Jean, il ne perd jamais une occasion de réfuter les ariens. Théodoret, livre 4 des hérésies, des fables, livre 2 aux Grecs, Et dans sa lettre su bienheureux Paul, ils parlent contre ceux qui nient que le Christ est le vrai Dieu..
Chez les latins, Gaudence, dans son traité 7 sur l’Exode, et dans sa lettre à Paul sur « le Père est plus grand que Moi », dans laquelle il réfute admirablement bien les ariens. Saint Jérôme s’est souvent opposé aux ariens, et les a convaincus (surtout dans son livre contre Lucifer, et dans son épitre à Marcella), d’enseigner les erreurs de Montan. Et dans une autre à Avitus traitant des erreurs d’Origène, et dans deux lettres au pape Damase sur le mot hypostase. Saint Augustin a écrit cinq livres sur la trinité, trois contre l’arien Maximin, un livre contre les erreurs des ariens, et quelques lettres (comme 174 et les suivantes) dans lesquelles il réfute brillamment les ariens. Enfin, dans son commentaire sur l’évangile de saint Jean, il dénonce souvent l’arianisme. Idacius Clarus a écrit à Varimadum contre les ariens, en sept livres sur l’incarnation, dans lesquels il a beaucoup parlé contre les ariens. C’est ce qu’a fait aussi Prosper (livre 3 des promesses et des prédictions de Dieu, chapitres 2,3,4), saint Léon le Grand dans sa très célèbre épitre à Flavien, et souvent dans ses lettres et ses sermons, principalement le sermon 1 de la Pentecôte, où il détruit l’hérésie arienne. L’évêque Céréale fait la même chose, dans son livre contre l’arien Maximin.
Les transylvaniens nous objectent quelques passages tirés de ces pères. D’abord, saint Jean Chrysostome qui a dit (chapitre 1 de son homélie 4 sur Timothée) : « Le Père a par lui-même d’être le roi des siècles, immortel, invisible, mais le Fils l’a en le recevant du Père ». Ils concluent de ce texte que le Fils a été fait Dieu par un don de grâce, roi immortel. Mais cette pensée répugne à saint Jean Chrysostome. Car il dit : « Le Père l’a par la nature, nous par la grâce. Est-ce la même chose pour le Fils ? Pas du tout. Car ce qui est vrai c’est que le Fils l’a, lui aussi, par nature » Et un peu plus bas : « Quand j’entends que le Père est le roi des siècles, je n’enlève pas non plus la domination au Fils. Car ces choses sont communes au Père et au Fils. »
En second lieu, ils trouvent à redire à un texte de saint Cyrille (livre 10 du trésor, chapitre 4) où il applique au Père, non à la trinité, le passage suivant : « Je suis le premier et le dernier ». Je réponds qu’en disant que ces paroles conviennent au Père, saint Cyrille ne nient pas qu’elles conviennent aussi au Fis. Car, au chapitre 6, il dit : « Ce n’est pas pour rabaisser le Fils que ces paroles sont dites du Père, à moins qu’on pense, comme dans les fables grecques, qu’entre le Père et le Fils, il y a une rivalité et une guerre. Mais c’est pour le rejet des faux dieux, que le Père est appelé premier et dernier, et Dieu éternel, car en l’appelant père il entend nécessairement aussi le fils (puisque le Père et le fils ont la même nature.) » Et au chapitre 4 : « Comme le Fils est lui-même incréé par sa nature, le Seigneur de tous, et le Créateur etc. »
Troisièmement, ils disent de saint Jérôme, que, longtemps réfractaire à la vérité, il a quand même, vaincu par la clarté des textes scripturaires, confessé que c’est le Père qui est le Dieu unique. Car, au chap 4 de l’épitre aux Éphésiens, il dit que ce « un seul Dieu et Père de tous » doit être rapporté à Dieu de le Père. Mais saint Jérôme, au même endroit, réfute cette calomnie. Car il dit en toutes lettres « qu’on n’exclut pas le Fils quand on dit que le Père est Dieu, comme on n’exclut pas le Père quand on dit que le Fils est Seigneur. » « Si, comme l’imaginent les Ariens, Dieu le Père est le seul Dieu, ils devront, par la même logique, soutenir que Jésus-Christ est le seul Seigneur. Et ainsi le Père ne sera pas Seigneur et le Fils ne sera pas Dieu. Mais loin de nous l’idée que, dans la déité, il n’y ait pas de domination, et que dans la domination, il n’y ait pas de déité. Il n’y a qu’un seul Seigneur et un seul Dieu, parce que la domination du Père et du Fils est une seuls divinité. Et c’est pour cela qu’il n’y a qu’une seule foi, parce que nous croyons la même chose du Père, du Fils et du Saint-Esprit »
Enfin, ils essaient même de prendre en faute le grand saint Augustin (livre 6 de la trinité, chapitre 9) : « Que ferons-nous de ce témoignage du Seigneur ? Car il disait au Père, et il donnait le nom de Père à celui à qui il parlait quand il a dit : « Voici quelle est la vie éternelle, qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu. Il faut donc se demander si nous sommes efforcés de comprendre que ce qu’il voulait insinuer par là c’était que seul le Père était le vrai Dieu, et qu’il ne fallait pas donner le nom de Dieu à chacune des trois personnes ? » Saint Augustin semble dire ici que nous sommes forcés d’affirmer que seul le Père est le vrai Dieu. Ce qui fait exulter les transylvaniens au livre 2, chapitre 6, car, en s’opposant à cette vérité, saint Augustin approuverait la leur. Ne supportant pas une lumière si resplendissante, il aurait été contraint, malgré lui, de professer la vérité.
Mais ces pauvres transylvaniens entendent ce qu’ils veulent bien entendre, Car la proposition : seul le Père est le vrai Dieu peut avoir deux sens. Le premier : aucune personne de la trinité n’est vrai Dieu à l’exception du Père. Le deuxième : le Père, même considéré à part, est le seul vrai Dieu. Le premier sens est arien, est c’est celui qu’on adopté les transylvaniens. L’autre est catholique, et c’est celui que saint Augustin entendait communiquer, comme il appert des paroles citées : « il faut peut-être appeler le Père le seul vrai Dieu, pour qu’on ne pense pas que le nom de Dieu ne convient pas à chacune des trois personnes. » De plus, saint Augustin exclut explicitement les ariens qui niaient que le Fils était vrai Dieu. Et il dit en conclusion : « Nous avons démontré, aussi brièvement que nous avons pu, l’égalité de la trinité et l’unique substance semblable. »
Dans le sixième âge, nous avons le synode 5 qui, au chapitre 1, enseigne les trois personnes d’une unique substance; et qui, au chapitre 11 dit anathème à Arius et à Eunome. Nous avons aussi saint Fulgence dans le livre sur la foi à Pierre, chap 1, dans le livre 3 à Monime, et dans un autre livre sur des objections d’Arianor, dans un livre à Transimundum, Nous avons aussi Vigilium tridentinum, livres 3 et 4 contre Eutychès, et dans la dispute d’Athanase, de Sabellius, d’Arius et de Photin. Jean Maxence dans sa profession de foi. Nous avons également Boèce Severinum, qui a écrit un livre profond sur la trinité. Les transylvaniens (livre 2, chap 5) prétendent qu’il a déraillé, et enseigné le sabellianisme parce qu’il a dit que la répétition du même être ne constitue pas une énumération différente, quand on dit Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit. » Mais ici c’est vraiment eux qui délirent, fascinés qu’ils sont par le démon. Car Boèce ne parle pas de la répétition de la même personne mais de la même divinité, ce que nous sommes forcés de professer à moins de vouloir introduire plusieurs dieux comme les païens.