Les Controverses de la foi chrétienne (Disputationes de controversiis) (page 73)
La deuxième. Toutes les nations sont promises au Christ, comme l’enseigne saint Augustin dans son commentaire du psaume 71 : « toutes les nations le serviront ». Et le « Christ est mort pout tous ». Voilà pourquoi, dans l’apocalypse, on nous présente des élus de toutes les nations, de tous les peuples, de toutes les langues, et de toutes les tribus. Et il en conclut que la prédication doit être universelle au sens propre. Enfin, en Matthieu 24, il est dit que l’évangile du royaume doit être prêché dans l’univers entier en témoignage pour tous les peuples, c’est-à -dire pour que, au jour du jugement, aucun peuple ne puisse excuser son infidélité en plaidant l’ignorance. Avant le jugement général, une prédication universelle doit donc avoir eu lieu.
Aux citations de saint Paul, saint Augustin répond dans sa lettre 80. Il écrit que, quand saint Paul dit (Romains 10) : « toute la terre a entendu leur voix), il emploie le passé pour un futur, comme a fait David, dont il cite les paroles. Il ajoute aussi que quand Paul dit (colloss 1) : « l’évangile est dans tout le monde », il ne veut pas dire qu’il y soit en acte, mais en vertu, parce que la semence du verbe divin avait déjà été lancée dans tout le monde par les apôtres. En croissant et en fructifiant, elle finirait par remplir en acte tout l’univers. Exemple. Quelqu’un qui aurait allumé des feux dans différentes parties d’une ville aurait vraiment allumé le feu dans toute la ville, car en se développant et en s’étendant, ce feu recouvrera toute la ville. Et c’est ce que veut dire l’apôtre en employant les mots croissant et fructifiant. Le feu n’occupait pas encore toute la ville, mais, dans la mesure où il se propageait, on peut dire qu’il l’occupait, non en acte, mais en puissance.
On pourrait aussi répondre avec saint Jérôme (chapitre 20 de Matthieu) et avec saint Thomas (chapitre 10 aux Romains), que l’évangile est parvenu de deux façons à toutes les nations. La première, par la rumeur publique et par la transmission de bouche à bouche, l’autre, par les prédicateurs patentés, et par la fondation des églises. De la première manière, l’évangile s’est fait connaître à toutes les nations du monde connu au temps des apôtres. Et c’est ainsi qu’on doit comprendre le commentaire de saint Jean Chrysostome du chapitre 24 de saint Matthieu. De la deuxième manière, l’évangile n’est pas encore parvenu dans l’univers entier, mais il y parviendra en son temps, et à son heure. Ajoutons enfin, qu’il ne serait pas absurde de concéder que le Seigneur ait parlé au sens propre, et l’apôtre au sens figuré. Car les raisons qui nous obligent à prendre les paroles de Jésus au sens réel, n’ont pas la même force dans le cas de saint Paul. Surtout parce que le Seigneur parle du futur, et saint Paul du passé. CHAPITRE 5 : On explique la deuxième démonstration
On tire la deuxième démonstration de l’autre signe qui précède les temps de l’antichrist : la dissolution de l’empire romain. Car, il faut savoir qu’à la fin, l’empire romain sera divisé en douze rois dont nul ne sera ou ne sera dit le roi des romains, même si tous occuperont certaines provinces de l’empire romain. Comme actuellement le roi de France, d’Espagne, la reine d’Angleterre, et peut-être d’autres, détiennent des parties de l’empire romain, sans être des rois ou des empereurs romains. Tant que cela n’arrivera pas, l’antichrist ne peut pas venir. Cela, saint Irénée le prouve avec Daniel (capitres 2 et 7), et l’Apocalypse (chapitre 17). Car, au chapitre 2, Daniel décrit la succession des principaux règnes jusqu’à la fin du monde par une certaine statue dont la tête en or représente le premier royaume, celui des Assyriens, la poitrine en argent, le second, le royaume des Perses, le ventre en bronze, le troisième, celui des Grecs, et les jambes en fer, le quatrième, celui des romains. Il a été longtemps bipartite, comme les jambes qui sont au nombre de deux, et qui sont longues.
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Ensuite, de ces deux jambes sont sortis dix doigts, et c’est dans ces doigts, que toute la statue se survivait, car tout l’empire romain devra être divisé en dix rois, dont aucun ne sera le roi des romains, comme aucun doigt n’est une jambe. Et, au chapitre 7, Daniel désigne les quatre mêmes royaumes par quatre bêtes. Et il ajoute que de la dernière bête, sortiront dix derniers rois qui proviendront, certes de l’empire romain, mais qui ne seront nullement des empereurs romains, comme les cornes qui naissent de la bête ne sont pas la bête elle-même. Enfin, saint Jean (chapitre 15 de l’apocalypse), décrit une bête avec sept têtes et dix cornes, sur laquelle une femme était assise. Et il explique que cette femme est la grande ville qui est sise sur sept collines, la ville de Rome. Les sept têtes sont les sept monts, et aussi sept rois, lequel chiffre indique tous les empereurs romains. Il dit que les dix cornes sont dix rois qui règneront ensemble à une certaine époque. Et, pour que nous ne pensions pas que ce seront des rois romains, il ajoute que ces rois auront en haine la prostituée, et la persécuteront, parce qu’ils se diviseront l’empire romain entre eux, au point de le détruire complètement.
On prouve ensuite la même chose par une citation de saint Paul (1 Thess 2) où il dit : « Et vous savez ce qui le retient maintenant, pour qu’il ne soit révélé qu’en son temps. Que celui qui le retient le retienne jusqu’à ce qu’il ne le puisse plus. Et c’est alors que se révèlera l’impie. » Saint Paul n’ose pas mettre par écrit ce qu’il leur avait expliqué oralement sur la destruction de l’empire romain. Mais, voici le sens de ses paroles. Vous savez ce qui empêche l’antichrist de veni. Je vous ai déjà dit que c’était l’empire romain qui l’empêchait, parce qu’il n’a pas encore mis le comble à ses péchés. Or, l’antichrist ne viendra pas avant que l’empire romain ne soit détruit à cause de ses péchés. Donc, que celui qui tient l’empire romain, qu’il le tienne, c’est-à -dire qu’il règne jusqu’à ce que l’empire soit aboli, et c’est alors que se révèlera l’impie. C’est ainsi qu’expliquent ce texte les pères grecs et latins. Saint Cyrille (catéchèse 15) écrit, en commentant ce texte : « Il viendra l’antichrist prédit, quand seront accomplis les temps de l’empire romain. » Saint Jean Chrysostome, commentant lui aussi ce texte, écrit : « Quand sera renversé l’empire romain, alors viendra l’antichrist. » Theophylacte et Oecumenius disent la même chose.
Chez les latins. Tertullien (apologie, chapitre 32) écrit que les chrétiens prient pour que perdure l’empire romain, parce qu’ils savent que quand il aura été détruit, la suprême calamité du monde sera imminente. Et Lactance (livre 7, chapitre 15) écrit, en expliquant ce qui précèdera l’antichrist et la fin du monde : « Le nom romain qui régit maintenant le monde (mon âme a horreur de le dire, mais je le dis parce que cela arrivera) sera enlevé de la terre, et l’empire retournera en Asie, et l’Orient règnera de nouveau, et l’Occident servira. » Dans son commentaire de ce passage, saint Ambroise écrit que l’antichrist viendra après l’effondrement et la chute de l’empire romain. Saint Jérôme (question 11 à Algasie) écrit en commentant ce même passage : « Tant que ne sera pas venue, d’abord, la dissolution, qui fera en sorte que se séparent de l’empire romain tous ceux qui en sont sujets, tant que l’empire romain n’aura pas été détruit, et tant que l’antichrist ne sera pas apparu, le Christ ne viendra pas. Que se dissolve seulement l’empire romain qui contient tous les peuples, et qu’il soit aboli, alors se révèlera l’impie, qui n’est autre que l’antichrist, comme tous le comprennent. »
Que ce signe n’ait pas encore été accompli au temps ou les transylvaniens antitrinitaires placent la venue de l’antichrist, en l’an 200, qui peut le nier ? Car, alors l’empire romain était florissant, et l’a été encore longtemps. Que ce signe ne soit pas encore accompli à notre époque, qui en doute, car demeurent encore la succession et le nom des empereurs romains. Par une providence admirable, quand disparut l’empire romain en Occident qui était une des jambes de la statue de Daniel, il est demeuré intact et indemne en Orient, comme étant l’autre jambe de la même statue. Et comme l’empire d’Orient devait être détruit par les Turcs, comme il l’a été en effet, Dieu a dressé en Occident une autre jambe, c’est-à -dire l’empire occidental de Charlemagne, qui dure encore aujourd’hui. Il importe peu que, selon la prophétie de saint Jean, Rome tombe et perde l’empire. Car, l’empire romain peut très bien continuer sans la ville de Rome, et on peut appeler empereur romain un roi qui est privé de Rome, pourvu qu’il succède à un autre empereur en dignité et en pouvoir, et qu’il soit le maître d’un plus ou moins grand nombre de provinces. Autrement, on ne pourrait appeler empereurs romains ni Valens, ni Arcadius, ni Théodose junior, ni leurs successeurs jusqu’à Justinien, puisqu’ils n’ont jamais régné sur Rome. Ni même Charlemagne et ses successeurs, car ils n’ont pas non plus régné sur Rome.
Que l’empire romain continue, on peut le prouver par cette seule raison, parce que celui qui est maintenant empereur précède tous les rois chrétiens, même les plus grands et les plus puissants. Enfin, parce qu’il est admis que c’est du consentement des Romains, que Charles a été créé empereur, d’après Paul diacre (livre 23) et que l’empereur grec, par ses légats, l’a salué comme empereur, comme l’atteste Adon (dans sa chronique en l’an 810), et que les Perses et les Arabes l’ont comblé de présents à titre d’empereur, comme le rapporte Othon Frisigensis (livre 5, chapitre 31). Les luthériens eux-mêmes se glorifient d’avoir de leur parti trois princes électeurs. Ils ne peuvent donc pas nier que l’empire romain dure encore. En comparant l’empire babylonien avec l’empire romain, Orosius a raison de dire (livre 2, chapitre 4) que Dieu a agi avec plus de douceur envers les Romains qu’envers les Babyloniens. Car, 1164 ans après sa fondation, Babylone, la capitale de l’empire, a été prise en un jour. L’empereur a été tué, l’empire a été démantelé et anéanti. Après le même nombre d’années depuis sa naissance, 1164, Rome a été prise par les Goths, mais l’empereur Honorius en est sorti sain et sauf, et l’empire a été épargné.
C’est ici qu’apparait la mauvaise foi des adversaires. Ils pensaient, en effet, qu’un affaiblissement de l’empire romain suffisait pour qu’arrive l’antichrist. Or, ce n’est pas un affaiblissement mais une destruction que jugeaient nécessaire saint Paul, saint Jean, Daniel, ainsi que les pères Irénée, Cyrille, Chrysostome, Theophylacte, Oecumenius, Tertullien, Ambroise, Lactance, Jérôme, Augustin. Mais, Luther, Illyricus et Chytraeus objectent que cette démonstration apporte de l’eau à leur moulin. Car saint Jean avait prédit (apocalypse 13) que la bête qui signifiait l’empire romain, serait blessée mortellement, mais serait guérie par l’antichrist. Ce qui est arrivé, selon eux, quand le pape a réinstauré l’empire occidental qui avait déjà péri, en donnant à Charlemagne le titre et la dignité d’empereur. Cette translation ou cette instauration d’un empire manifeste clairement, selon eux, que le pape de Rome est le vrai antichrist. Voir Illyricus (dans son livre contre la primauté du pape, et la centurie 8, chapitre 10, colonne 751), et Chytraeus (chapitre 13 de l’apocalypse). Illyricus cite même un texte de saint Ambroise pour confirmer son opinion : « L’antichrist rendra aux Romains la liberté, mais sous son nom. » C’est, dit-il, ce que le pape a fait quand il a créé un empereur des romains qui dépendait de lui.
Je réponds que, dans l’Apocalypse, on ne lit nulle part que l’antichrist devait guérir la bête qui représentait l’empire romain. Voici plutôt ce que nous y lisons : « une des têtes de la bête mourra, et ressuscitera un peu après, par l’opération du dragon, c’est-à -dire du diable ». Presque tous les anciens auteurs appliquent ce passage à l’antichrist, qui fera semblant d’être mort, pour imiter la vraie mort et la vraie résurrection du Christ, et séduire ainsi un grand nombre. C’est ce qu’explique saint Grégoire (livre 2, épitre 3), ainsi que Primasius, Bède, Haymo, Anselme, Richard, et Rupert, au chapitre 13 de l’apocalypse. Et le texte lui-même nous oblige à ne pas voir Charlemagne dans cette tête de la bête qui est mort et qui revient à la vie, mais l’antichrist. Cette tête, en effet, comme Jean l’écrit, n’eut de pouvoir que pendant quarante-deux mois. Elle blasphémait Dieu et ceux qui habitent dans le ciel; elle commandait à tous les peuples, toutes les tribus, toutes les langues, et était adorée par tous les habitants de la terre. Or, dans la vie de Charlemagne ou de ses successeurs, nous ne lisons rien de semblable. Car, il a régné plus longtemps que quarante-deux mois, n’a blasphémé ni Dieu ni les saints, mais les a plutôt grandement honorés, et sa très grande piété fut imitée par beaucoup de ses successeurs.
Enfin, ni Charlemagne ni ses successeurs n’ont eu un empire qui s’étendait sur toutes les nations, toutes les tribus, tous les peuples et toutes les langues. C’est une chose universellement connue et admise. Au sujet de saint Ambroise. Il n’a pas dit que l’antichrist devait créer un nouvel empereur, comme le fit le pape, mais qu’après avoir détruit l’empire romain, il restituerait la liberté aux Romains, ce que le pape n’a pas fait. CHAPITRE 6: On explique la troisième démonstration
La troisième démonstration on la tire de la venue d’Énoch et d’Élie, qui vivent encore, et qui continuent à vivre pour s’opposer un jour au retour de l’antichrist, pour garder les élus dans la foi du Christ, et, finalement, convertir des (ou les ) Juifs. Or, il est certain que rien de tout cela n’est encore arrivé. Quatre textes nous parlent de ce sujet. Le premier est de Malachie (4) : « Je vous enverrai Élie le prophète, avant que vienne le grand jour du Seigneur, et il convertira les cœurs des pères aux fils, et les cœurs des fils aux pères. » Le deuxième (Eccl 48). Nous y lisons au sujet d’Élie : « Toi qui as été reçu dans un tourbillon de feu, et dans un char igné de chevaux. Toi qui es inscrit dans les jugements des temps pour apaiser la colère du Seigneur, réconcilier le cœur du père avec celui du fils, et restituer les tribus de Jacob. » Et au chapitre 44 : « Énoch plut à Dieu, et il fut transporté dans le paradis, pour qu’il donne aux nations la pénitence. » Le troisième est Matthieu 17 : « Élie viendra, et restituera tout. » Enfin, le quatrième : « Je donnerai à mes deux témoins de prophétiser pendant 1260 jours. »
Theodore Bibliander rapporte ces quatre textes dans sa chronique (table 14), mais il soutient que, par Énoch et Élie, il faut entendre tous les ministres fidèles que Dieu a suscités au temps de l’antichrist, tels que Luther et Zwingli, et les autres. Et il conclut ainsi : « Voilà pourquoi c’est la preuve d’une imagination infantile ou d’une rêverie judaïque que d’attendre que vienne en personne, en chair et en os, Énoch et Élie. » Chystraeus enseigne la même chose, et il le prouve en affirmant que ce qui est dit d’Élie, le Seigneur l’a appliqué à saint Jean-Baptiste (Matthieu 11) : « C’est lui l’Élie qui viendra. » Il présente aussi pour preuve que saint Jérôme entend, par le chœur de tous les prophètes, la doctrine de tous les prophètes.
Nous ne pensons pas, nous, que ce soit la preuve d’une imagination infantile ou d’une rêverie judaïque de penser qu’Énoch et Élie viendront réellement, en personne, en chair et en os. Et nous pensons même que ceux qui enseignent le contraire professent une hérésie, ou une erreur voisine de l’hérésie. Et nous en ferons la démonstration par quatre textes de l’Écriture. Qu’on ne puisse pas entendre les paroles de Malachie au sens de docteurs, comme l’enseignent Luther et Zwingli, cela saute aux yeux. Car, Malachie annonce qu’Élie convertira les (ou des) Juifs, et que c’est pour les Juifs qu’il est principalement envoyé, « pour restituer les tribus d’Israël). Or, Luther et Zwingli n’ont converti aucun Juif.
Qu’on ne puisse pas non plus l’entendre, à la lettre, de saint Jean-Baptiste, mais seulement d’Élie, rien n’est plus clair. Car, Malachie parle du second avènement du Christ, quand le Messie viendra pour juger le monde. Voici, en effet, ses propres paroles : « Avant que ne vienne le jour du Seigneur grand et redoutable ». Or, le premier avènement n’est pas appelé jour grand et redoutable, mais temps acceptable, jour de salut. Voilà pourquoi il est dit : « De peur que, à ma venue, je ne frappe la terre d’anathème. » C’est-à -dire, de peur que, venant pour juger, et ne trouvant que des méchants, je ne condamne toute la terre. J’enverrai donc Élie, pour que j’en aie quelques-uns que je puisse sauver. Or, dans le premier avènement, le Seigneur n’est pas venu pour juger, mais pour être jugé, non pour perdre, mais pour sauver. Je répondrai un peu plus loin aux paroles de Mathieu 11. Au sujet de saint Jérôme, je réponds que même si dans son commentaire de Malachie, il ne pensa pas que le prophète parlait du véritable Élie, il pensa et enseigna le contraire dans son commentaire de Matthieu 11 et 17. Que ce soit là l’interprétation commune des fidèles, saint Augustin l’atteste dans la cité de Dieu (livre 20, chapitre 29).
Nous allons prouver maintenant que l’Ecclésiastique parle vraiment d’Énoch et d’Élie. Car le livre inspiré dit qu’Enoch viendra pour que « celui qui a été transporté dans le paradis apporte la pénitence aux Gentils. ». Il dit aussi que celui qui a été enlevé dans un char de feu viendra pour restituer les tribus d’Israël. Toutes ces caractéristiques ne peuvent s’appliquer qu’à ces deux personnages. Je n’en finis plus de m’étonner de l’idée qui est passée par la tête de Jansénius. En commentant ce passage, il écrit que même si tous les anciens sont de l’opinion que c’est Élie lui-même qui viendra, ce texte n’a pas ce qu’il faut pour nous en persuader, car on peut dire que l’Ecclésiastique a écrit ces choses selon l’interprétation qu’on faisait en son temps des paroles de Malachie, selon lequel Élie viendrait en personne. Or, cette prédiction ne devait pas se réaliser dans la personne d’Élie, mais dans celle de saint Jean-Baptiste, qui viendrait dans l’esprit et la vertu d’Élie. S’il en est vraiment comme l’enseigne Jansénius, il s’ensuit que l’Écriture s’est trompée, et a écrit des faussetés. Mais, si je ne me trompe, Jansénius aurait plus tard changé d’avis, car, commentant le chapitre 17 de saint Matthieu, il enseigne qu’on ne peut entendre le passage de Malachie que littéralement. Il est donc forcé d’enseigner la même chose au sujet de celui de l’Ecclésiastique.
Il est évident que les paroles de Jésus en saint Matthieu (17) se rapportent à Élie lui-même et non à saint Jean-Baptiste, parce que saint Jean-Baptiste était déjà venu et avait terminé son parcours quand le Seigneur a dit : « Élie viendra ». On peut également prouver que ce passage ne s’applique pas à tous les docteurs, mais au seul Élie. D’abord, parce que les apôtres qui posèrent une question sur Élie furent Pierre, Jacques et Jean. Et ce qui les incita à poser cette question ce fut la transfiguration du Seigneur, pendant laquelle ils virent Moïse et Élie. Donc, quand ils lui demandent : « que penser de ce que les scribes disent qu’Élie doit venir d’abord », ils parlent de cet Élie qu’ils viennent de voir sur la montagne. C’est pourquoi, en répondant : « Élie viendra et restituera toutes choses », le Seigneur parle de cet Élie particulier qui est apparu dans la transfiguration. Ensuite, on peut conclure la même chose des paroles : « Et il restituera toutes choses. » Car, restituer toutes choses c’est ramener à la vraie foi les (des) Juifs, les hérétiques, et peut-être beaucoup de catholiques, qui ont été trompés par l’antichrist.
Mais Bibliander insiste. En disant, en Matthieu 11, au sujet de saint Jean Baptiste, que « c’est lui l’Élie qui viendra », c’est comme s’il disait que c’est lui l’Élie promis par Malachie. Je réponds. Voici ce que le Seigneur veut dire. Jean a été l’Élie promis, non à la lettre, mais en figure. Voilà pourquoi il dit d’abord : « et si vous voulez l’accepter. » C’est comme s’il disait : l’Élie promis viendra en personne lors du dernier avènement. Mais, si vous le voulez, recevez aussi Élie dans le premier avènement, dans la personne de saint Jean-Baptiste. Ce n’est pas pour rien qu’il ajoute : celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. Il indique par là clairement qu’ en disant que Jean-Baptiste est Élie, il a énoncé un mystère. Que les paroles de saint Jean dans l’Apocalypse (11) doivent s’entendre d’Énoch et d’Élie, et non de tous les docteurs, le même saint Jean nous le fait comprendre clairement en disant qu’ils seront tués par l’antichrist, que leurs corps demeureront sans sépulture sur la place publique de Jérusalem pendant trois jours, qu’ils ressusciteront après trois jours, et qu’ils monteront au ciel. À aucun des docteurs ne sont arrivées ces choses.
Chytraeus essaie quand même de répondre dans son commentaire de ce passage. Il dit que saint Jean parle des nombreux ministres luthériens qui devaient être tués par les papistes, à qui Dieu a rendu la vie, quand il les a reçus en vainqueurs dans son ciel. Il ajoute ensuite, plus bas, qu’à ces ministres massacrés, la vie du corps sera restituée au jour ultime de la résurrection. Il ajoute aussi, au même endroit, que la restitution de cette vie peut signifier, ce que nous voyons de nos yeux, l’appel de nombreux ministres qui, avec le même zèle et la même vertu, remplaceront ceux qui ont été tué. Mais ces réponses ont peu de poids.
On ne peut soutenir la première, car la béatitude de l’âme n’est pas la restitution de la vie perdue, mais l’acquisition d’une nouvelle vie. De plus, les deux témoins de l’Apocalypse ressusciteront à la vue de tous, et leurs corps seront emportés dans les airs. Ce qui est sans rapport avec la béatitude de l’âme.
La deuxième réponse ne vaut guère mieux. Car, saint Jean dit que ces deux témoins ressusciteront avant le dernier jour, quand le monde continuera, donc,encore à exister. Saint Jean ajoute que cette résurrection des témoins frappera leurs ennemis d’une grande frayeur; et qu’après, il y aura un tremblement de terre, et que sept mille hommes périront. La troisième réponse est à côté de la question. Car, l’Écriture dit que ce sont ceux qui sont morts qui ressusciteront et qui seront élevés dans le ciel. Or, nous n’avons encore vu aucun ministre ressusciter et monter au ciel. Et que penser de ce que saint Jean nous dit au sujet des sacs qu’Élie et Énoch porteront pour prêcher ? Ils les détestent tellement ces sacs que s’ils en avaient auparavant, ils s’en défont immédiatement quand ils deviennent luthériens.
Une deuxième preuve. Nous savons, par l’enseignement unanime des pères, qu’Élie et Énoch viendront en personne. Car, c’est ce que disent Hilaire, Jérôme, Origène, Chrysostome, et tous les autres commentateurs de Matthieu chapitre 17. De même Lactance (livre 7, chapitre 17), Theodoret (dans le dernier chapitre de Malachie), et saint Augustin (traité 4 sur saint Jean), et Primasius (chapitre 11 de l’apocalypse). Ceux qui commentèrent l’apocalypse affirmèrent la même chose, comme Bède, Richard. Arethas dit même explicitement que toute l’Église croit depuis toujours dans la venue future d’Énoch et d’Élie, et dans leur lutte à l’antichrist. De même saint Jean Damascène (livre 4, chapitre 18), Hyppolite martyr (dans son discours sur la consommation du monde), ainsi que saint Grégoire (livre 14, chapitre 11 ou 12, et livre 9, chapitre 4 des morales) , et saint Augustin (livre 9, chapitre 6, de la Genèse à la lettre,)
Troisième preuve. Car, autrement on ne pourrait pas donner de raison pour laquelle ils ont été enlevés avant la mort, pourquoi ils continuent à vivre dans une chair mortelle, et doivent mourir un jour. Car, voici ce qu’enseignent les Juifs, comme le rabbi Salomon, au chapitre 5 de la Genèse : « Énoch a été tué par Dieu avant le temps, parce qu’il était doux et changeant. Ils soutiennent aussi que, quand Élie a été transporté par un char de feu, il a été entièrement consumé par ce feu. Et c’est peut-être ce que pensent aussi les luthériens qui nient qu’ils reviendront en chair et en os. Mais, cependant, tous les catholiques croient d’une foi vive qu’ils continuent à vivre avec leurs corps. Qu’Énoch ne soit pas encore mort c’est ce qu’enseigne l’Apôtre aux Hébreux (11) : « Énoch a été enlevé pour qu’il ne voie pas la mort. » Qu’Énoch et Élie ne soient pas encore morts, mais qu’ils mourront un jour, l’enseignent en plus de ceux qui ont été cités, Irénée, Tertullien, Jérôme, Augustin et Épiphane. En parlant d’Énoch et d’Élie, saint Irénée écrit : « Les prêtres qui sont les disciples des apôtres enseignent qu’Élie et Énoch ont été transportés dans le paradis terrestre, et qu’ils y demeureront jusqu’à la consommation, défiant toute corruption. » Tertullien : (livre contre les Juifs, chapitre 2), dit, au sujet d’Énoch : « Celui qui n’a pas encore goûté la mort, vrai candidat de l’éternité. » Épiphane (dans Ancor, au sujet d’Énoch et d’Élie) : « Ces deux là demeurent, dans leur corps et dans leur âme, à cause de l’espoir. » Et saint Jérôme (dans son épitre à Pammachus contre Jean de Jérusalem) : « Énoch a été transporté dans sa chair. C’est dans sa chair aussi qu’Élie a été emporté dans le ciel. Ils ne sont pas encore morts, et ils habitent le paradis. » Saint Augustin (livre sur le péché originel, chapitre 23) : « Nous ne doutons nullement qu’Énoch et Élie continuent à vivre avec les corps dans lesquels ils sont nés. »
CHAPITRE 7 : On explique la quatrième démonstration
La quatrième démonstration on la tire de ce qu’on est certain que la persécution déclenchée par l’antichrist sera la plus grande et la plus cruelle de toutes; et qu’elle fera cesser toute cérémonie religieuse publique, et interdira les sacrifices. Or, nous ne voyons encore rien de tout cela. Que cette persécution sera très grande, nous le savons par Matthieu (24) : « Il y aura alors une tribulation d’une grandeur telle qu’il n’y en a jamais eu de semblable depuis le début du monde, et qu’il n’y en aura jamais. » Et nous lisons dans l’Apocalypse : « Alors, Satan sera libéré, » lui qui, jusqu’à ce moment, a été lié. Commentant ce passage (dans la cité de Dieu, livre 20, chapitre 8 et 9), saint Augustin enseigne qu’au temps de l’antichrist, Satan sera relâché. Et la persécution qui s’ensuivra sera d’autant plus acharnée et cruelle qu’elle sera guidée par un Satan déchainé et délié. Il conclut donc que Satan déploiera toutes ses énergies et toutes ses ressources pour abattre l’église. Et Hyppolite martyr (dans discours sur la consommation du monde) ainsi que saint Cyrille (catéchèse 15) enseignent que les martyrs que l’antichrist torturera et tuera seront plus illustres que leurs prédécesseurs, car ceux du passé luttaient contre des hommes ministres du diable, mais ceux du futur se battront contre le diable en personne. Or, il est certain que nous n’avons rien vu de semblable arriver en l’année 600, ni non plus en l’an mille.
Les hérétiques disent que ce sont eux qui subissent maintenant la persécution de l’antichrist, parce que quelques-uns d’entre eux finissent sur le bucher. Mais quelle comparaison peut-on faire entre cette persécution et celles de Néron, de Domitien, de Dèce et d’autres ? Car, pour un hérétique qui, aujourd’hui, meurt sur le bucher, mille chrétiens étaient autrefois mis à mort. Et cela, dans tout l’empire romain, et non dans une seule province. Aujourd’hui, le pire châtiment est celui du feu, mais les tourments d’alors étaient d’un sadisme et d’un raffinement dans la cruauté inimaginables et inconcevables. Lire, à ce sujet, Cornelius Tacite dans Néron, et Eusèbe, dans son histoire ecclésiastique. Dans la vie de saint Marcellin, saint Damase rapporte que, pendant un mois seulement, dix-sept mille chrétiens ont été mis à mort par Dioclétien. Et Eusèbe, qui vivait à cette époque, écrit (au livre 8, chapitre 6 de son histoire), que les prisons étaient tellement bondées de martyrs que la barbarie satanique ne disposait plus d’aucun lieu. Dans tout son livre véridique, il rapporte que, pendant deux ans, il y eut tellement de martyrs couronnés qu’il est impossible de les énumérer tous. Ajoutons que nos hérétiques ont tué, en France et en Flandre, pendant ces dix ou quinze dernières années, beaucoup plus de catholiques que les inquisiteurs n’ont brulé d’hérétiques pendant cent ans. On ne peut donc pas appeler cela une persécution, mais une guerre civile. Car, comme l’enseigne saint Augustin, (épitre 80 à Hésych), quand arrivera la vraie persécution de l’antichrist, seuls les fils de l’Église seront tourmentés. Au temps de Diocléltien et des autres empereurs persécuteurs, les chrétiens ne cédaient pas, comme ceux de maintenant ne cèdent pas non plus.
S’il faut vraiment parler de persécution, ce sont les catholiques qui sont persécutés plutôt que les luthériens et les calvinistes. Car, ce sont les catholiques qui sont été expulsés de plusieurs provinces, qui ont perdu leurs églises, leur patrimoine, et même leur patrie, pendant que les nouveaux ministres de l’évangile envahissaient les biens d’autrui. Et comme nous pouvons l’apprendre des commentaires de Laurent Surius, et des autres historiens de ce temps, la fureur des calvinistes a, pendant peu d’années, tué plus de catholiques que le tribunal des princes catholiques n’a condamné d’hérétiques pour avoir abjuré leur foi. Que cette persécution ultime doive arriver dans le futur, saint Augustin (livre 20, chapitre 11 de la cité de Dieu) le prouve par les paroles mêmes de l’Apocalypse : « Et ils encerclèrent les camps des saints, et la cité bien-aimée. » Ces paroles signifient que les impies seront tous ensemble dans l’armée de l’antichrist, et qu’ils combattront ouvertement toute l’église des saints. Car, il y a maintenant plusieurs chrétiens fictifs dans l’Église qui, cachant leur malice, sont de cœur en dehors de l’Église, mais corporellement seulement dans l’Église. « Mais alors, dit saint Augustin, ils sortiront précipitamment des antres de leurs haines pour persécuter ouvertement l’Église. » Il est évident que cela n’est pas encore accompli en notre temps qui connait, comme jamais, un grand nombre de faux frères et de chrétiens fictifs. Mais pourtant, cette fameuse persécution n’est encore ni connue ni déclarée, de sorte que ni ceux qui affirment en être les victimes, ni nous qu’on accuse d’en être les auteurs ne peuvent dire quand elle a commencé.
Il est certain, pourtant, que les persécutions de Néron, de Domitien et des autres empereurs ont été décrites minutieusement par Eusèbe, Orose, Sulpice. Personne n’a de doute sur la date où elles ont commencé et où elles ont fini. Il en est de même de l’avènement du Christ. Comme il a vraiment et réellement eu lieu, nous savons parfaitement en quel temps il s’est produit, et à qui il a été manifesté en premier lieu. Et il n’y pas, parmi nous, à ce sujet, d’opinions divergentes. Or, les hérétiques qui disent que l’antichrist est déjà venu, et qu’il a persécuté l’Église pendant un si grand nombre d’années, ne peuvent pas présenter un seul auteur qui raconte à quel moment l’antichrist est venu, à qui il est apparu en premier, ou quand a commencé la persécution. Et ils diffèrent tellement d’opinion entre eux que l’un prétend qu’il est venu en l’an 200, un autre en l’an 606, un autre encore en l’an 773, et d’autres, enfin, en l’an 1000, et 1200. De sorte qu’ils ne ressemblent pas à des gens qui veillent, mais à ceux que le calme endort.
Enfin, qu’au temps de l’antichrist cesseront, à cause de l’atrocité de la persécution, le culte public de l’Église, et, en particulier, le saint sacrifice de la messe, Daniel l’enseigne clairement au chapitre 12 : « Depuis le temps où sera aboli le sacrifice perpétuel, 1290 jours ». Tous les anciens sont unanimes pour dire que ce texte parle du temps de l’antichrist. C’est ce que disent saint Irénée (livre 5), saint Jérôme et Theodoret, dans leurs commentaires de ce passage, Hyppolite le martyr (dans son discours sur la consommation du monde), et Primasius (chapitre 11 de l’apocalypse). Voici quel en est le sens. L’antichrist interdira tout le culte divin qui se pratique actuellement dans les églises, et surtout le sacrosaint sacrifice eucharistique. Les faits démontrent que cela n’est pas encore arrivé.
On peut, de ce texte, tirer trois conclusions. La première. L’antichrist n’est pas encore en action personnellement dans le monde, puisque le saint sacrifice est toujours offert dans les églises catholiques. La deuxième. Le pontife romain n’est pas l’antichrist. Il en est plutôt tout le contraire, car ce sacrifice qu’il devrait abolir, il l’honore, et en prend soin comme de la prunelle de ses yeux. La troisième. Les hérétiques de notre temps sont, plus que les précédents, des précurseurs de l’antichrist, car ils ne désirent rien tant qu’abolir le saint sacrifice de la messe. CHAPITRE 8 : On explique la cinquième démonstration
La cinquième démonstration on la tire de la durée du règne de l’antichrist. L’antichrist, en effet, ne règnera que trois ans et demi, tandis que le pape a régné spirituellement dans l’Église plus de 1500 ans. On n’en trouve aucun qui aurait ceci en propre avec l’antichrist de n’avoir régné que trois ans et demi. Le pape n’est donc pas l’antichrist; et l’antichrist n’est pas encore venu. Que le règne de l’antichrist ne durera que trois ans et demi on l’apprend de Daniel (chapitres 7 et 12), ainsi que de l’apocalypse (chapitre 12) où nous lisons que le règne de l’antichrist durera un temps, des temps, et un demi temps. Or, par temps on entend un an, par des temps, deux ans, et par un demi-temps, la moitié d’une année. Et c’est ainsi que l’explique saint Jean lui-même. Car, dans l’Apocalypse (11 et 13), il dit que l’antichrist règnera 42 mois, c’est-à -dire trois ans et demi. Et, dans le chapitre 11, il dit qu’Énoch et Élie prêcheront pendant 1260 jours, c’est-à -dire trois ans et demi. En effet, les Hébreux utilisaient les années et les mois lunaires. Et même s’ils les convertissaient en années et en mois solaires, en ajoutant à tous les six ans une lunaison, treize années lunaires et demi font exactement 42 mois, ou 1260 jours, car l’année lunaire pleine et parfaite se compose de douze mois de trente jours chacun, comme l’enseigne saint Augustin (livre 15, chapitre 14 de la cité de Dieu ).
Il ne faut pas voir une contradiction dans ce que Daniel enseigne. Il dit, en effet, que l’antichrist règnera pendant 1290 jours, donc 30 jours de plus de ceque saint Jean ne lui assigne. Or, Jean parle d’Énoch et d’Élie qui seront tués par l’antichrist un mois avant que ne périsse l’antichrist. À cette explication, les hérétiques opposent trois réponses. La première. Chytraeus (chapitres 11 et 13 de l’Apocalypse). Il dit qu’on ne peut pas accepter le trois années et demi, parce que les faits le démentent, et que saint Paul enseigne formellement que l’antichrist continuera à régner jusqu’à l’avènement du Christ. La seconde. Bellingerus (dans son sermon 46 sur l’apocalypse), dit la même chose. Et la raison qu’il apporte est la même que celle de Luther (dans sa supputation des temps). Le chapitre 20 de l’apocalypse enseigne que l’antichrist sera relâché en l’an mille. L’avènement de l’antichrist avec le glaive temporel a donc eut lieu en l’an mille après Jésus-Christ. Il a donc régné plus que cinq cents ans. On doit en conclure que les 42 mois indiquent un chiffre incertain. La troisième. Les magdebourgeois (centurie 1, livre 2, chapitre 4, col 438) répondent que Daniel et Jean ont pris un jour pour une année. On doit donc comprendre que les mille deux cent soixante jours signifient mille deux cent soixante années. Et la raison en est peut-être que tous voient dans les 70 semaines de Daniel soixante années, non soixante jours. Et, dans Ézéchiel 4, il est dit : « Je t’ai donné un jour pour une année ». Et Luc 13 : « Il faut que je marche aujourd’hui, demain et après-demain », c’est-à -dire j’ai trois années à vivre. Chytraeus y va de son explication personnelle. Il dit que les ans et les mois dont parle l’Apocalypse au chapitre 11 sont angéliques et non humains.