Les Controverses de la foi chrétienne (Disputationes de controversiis) (page 74)

Robert Bellarmin · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Les Controverses, 34 livres · 336 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Mais il faut leur opposer sans gauchir la sentence commune unanime des anciens. Ils enseignent tous que, d’après les textes cités, l’antichrist ne règnera que trois ans et demi.

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2017 11 14 19h24 début CHAP 8 suite et fin Le martyr Hyppolite (dans son discours sur la consommation du monde) écrit : « L’antichrist règnera trois ans et demi sur la terre, et après ces trois ans, son règne et sa gloire lui seront enlevés ». Saint Irénée (fin du livre 5) : « Il règnera trois ans et six mois, et ensuite viendra le Seigneur dans le ciel. » Saint Jérôme (chapitre 7 de Daniel) : « Un temps signifie un an, des temps, deux ans, et un demi temps, six mois, pendant lesquels les saints seront soumis au pouvoir de l’antichrist. » Saint Cyrille (catéchèse 15) : « L’antichrist règnera trois ans et demi seulement. Cela, ce n’est pas des livres apocryphes que nous l’apprenons, mais de Daniel. » Et saint Augustin (livre 20, chapitre 12 de la cité de Dieu) : « Le règne de l’antichrist, qui sera extrêmement pénible pour l’église, n’aura à être supporté que pendant un court laps de temps. Même celui qui lit à moitié éveillé ne peut se permettre de douter qu’un temps, des temps et un demi-temps signifient une année, deux années et six mois. Et ces trois années et demi sont même converties en jours et en mois. » Enseignent la même chose Theodoret (chapitre 7 de Daniel), Primasius, Bède, Anselme, Haymo, Arethus, Richard, et Rupert dans l’Apocalypse.

On le prouve aussi par l’enseignement de l’Écriture sur la libération du démon. « Malheur à la mer et à la terre (apocalypse 12) parce que le démon descend vers vous avec une grande colère, sachant que le temps qui lui est alloué est bref. » Et l’apocalypse 20 : « Il l’a lié pendant mille années, après quoi il sera délié pour un peu de temps. » Comment cela peut-il être vrai, je le demande, si l’antichrist doit régner 1260 ans ? Il sera ainsi délié plus longtemps qu’il aura été lié. Troisième preuve. Comme le disent saint Augustin (livre 20, chapitre 8 de la cité de Dieu) et saint Grégoire (livre 3, chapitre 12 de la morale) : « Si cette persécution extrêmement cruelle n’était pas aussi brève, beaucoup périraient qui ne périront pas. » C’est ce que dit d’ailleurs le Seigneur, en saint Matthieu 24 : « Si ces jours n’étaient pas abrégés, aucune chair ne serait sauvée ». Or, comment pourra-t-elle être brève, si elle dure plus de mille années?

Quatrième preuve. Le Christ n’a prêché que trois ans et demi. Il convient donc qu’on ne permette pas à l’antichrist de prêcher plus longtemps. La cinquième. Le nombre mil deux cent soixante ans, que les adversaires imaginent, ne concorde en aucune façon aux paroles de Daniel et de Jean. Car, par temps, on doit, de toute nécessité, entendre un chiffre, un jour, une semaine, un mois, une année, un lustre, un jubilé, un siècle ou un millénaire. Si l’on entend un millénaire, l’antichrist aura régné trois mille cinq ans, ce que les adversaires eux-mêmes n’admettent pas. Si nous parlons d’un siècle, les temps de l’antichrist formeront trois cent cinquante ans. Ce qu’ils n’admettent pas, non plus. On peut dire la même chose d’un jubilé, etc. Sixième preuve. Quand nous lisons, dans Daniel, que le roi Nabuchodonosor sera privé de son trône pendant sept temps, tous entendent par ces sept temps, sept années. Si, dans le cas de l’antichrist, on voulait entendre des années d’années, comme le veulent les adversaires, il faudrait dire que Nabuchodonosor a été privé de son trône pendant mille cinq cent cinquante cinq années.

Il n’est pas difficile de réfuter leurs arguties. Car, quand Chytraeus soutient qu’on ne peut pas entendre les trois ans et demi de Daniel et de Jean au sens propre du terme, parce que l’histoire enseigne que l’antichrist a régné bien plus longtemps, il fait manifestement ce que les philosophes appellent une pétition de principe. Il s’accorde, en effet, ce qui est à prouver. Car, ce qu’on cherche c’est : est-ce que l’antichrist est déjà venu ? Quand, donc, il ajoute que l’antichrist règnera jusqu’au second avènement du Christ, et qu’il conclut de là qu’il doit régner plus longtemps que trois ans et demi, ne voit-il pas qu’il fait une pétition de principe, ou bien qu’il parle pour ne rien dire ? Car, il ne peut tirer cette conclusion que dans la mesure où il assume que l’antichrist est déjà venu, ce sur quoi porte la controverse.

Chytraeus et Bullingerus affirment que Daniel et Jean ont pris un chiffre précis pour un chiffre imprécis. Je réponds que cela ne peut se faire que quand le chiffre est plein et parfait, comme 10, 100 et 1000, et non quand les chiffres sont d’une grande diversité, et quand sont mêlés les grands avec les petits. On doit prendre un chiffre précis pour un chiffre imprécis quand, par exemple, l’Écriture nous dit que le démon sera lié pendant 1000 ans, comme l’expliquent saint Augustin (livre 20, chapitre 8 de la cité de Dieu) et saint Grégoire (33, chapitre 12, morale). Mais pas quand elle présente un temps, des temps et un demi temps, 1260 jours, ou 42 mois. Car à quoi servirait la diversité des chiffres, si ces chiffres désignaient un temps incertain ?

À l’argument d’Illyricus, je réponds qu’on trouve effectivement dans l’Écriture, correctement employées, des semaines d’années, mais non des jours à la place d’années, ni des mois d’années. Nous lisons, en effet, dans le Lévitique (25), des semaines d’années : « Tu te compteras sept semaines d’années. » On comprend parfaitement pourquoi on le dit, car, en grec, en latin et en hébreu, la semaine tire son nom du chiffre sept.

Donc, comme sept jours forment une semaine de jours, sept années forment une semaine d’années. Des mois ou des jours d’années, jamais nous ne lisons cela. Et ce serait parler incorrectement, parce que le mot mois ne provient pas d’un chiffre, mais du cours de la lune, qui est de 30 jours. Voilà pourquoi les Hébreux appellent un mois une lune. Les Grecs en font autant. Semblablement, le mot jour ne signifie pas un chiffre, mais le temps de la lumière (Genèse 1) : « Dieu appela le jour lumière, et la nuit ténèbres. » Le texte d’Ézéchiel ( « je t’ai donné un jour pour un an ») est loin de nous contredire. Il ne veut pas dire que des jours signifient, littéralement, des années, car, il aurait fallu alors qu’il dorme sur son côté gauche pendant 390 années. Mais, il n’a pas vécu si longtemps. Il faut donc dire que ces jours correspondent, quand même, vraiment à des années, parce que ces 390 jours de dormition étaient le signe des 390 années pendant lesquelles Yahvé a toléré les péchés des Israélites.

À l’objection de Chytraeus tirée de saint Luc, chapitre 13 ( « il faut que je marche aujourd’hui, demain et après-demain »), je réponds que ces paroles ne peuvent pas signifier que Jésus prêchera pendant trois ans, parce que ces paroles il les a prononcées pendant sa dernière année de vie publique. Car, comme l’écrit saint Jérôme (dans son livre sur les écrivains ecclésiastiques à Jean), et comme le texte le dit de lui-même, saint Matthieu, saint Marc et saint Luc n’écrivirent pas les paroles et les actes des deux premières années de Jésus, mais seulement de la troisième. Par ces trois jours, le Seigneur indique peut-être le nombre de jours qu’il devra marcher pour se rendre à Jérusalem, comme le pensent saint Albert et Cajetan, ou tout simplement le peut de temps qu’il lui restait à vivre et à prêcher, comme Jansénius l’interprète intelligemment. Quand aux jours et aux mois angéliques, Illyricus et Chytraeus devront nous montrer à quel endroit ils les ont trouvés. Certainement pas dans l’Écriture. CHAPITRE 9 : On explique la sixième démonstration

On tire la sixième démonstration du dernier signe qui viendra après l’antichrist, la consommation du monde. Car l’avènement de l’antichrist se produira un peu avant la fin du monde. Donc, si l’antichrist était déjà venu, comme le prétendent nos adversaires, le monde aurait déjà pris fin. En parlant deux fois de l’antichrist, Daniel (chapitre 7) raconte et explique une vision. Dans les deux cas, il ajoute : après l’antichrist, suivra immédiatement le jugement ultime. « Je considérais les cornes, et voici qu’apparut une autre corne petite, et trois des premières cornes furent chassées de sa face. Je regardais jusqu’à ce que des trônes soient posés, et s’assoie l’ancien des jours, etc. » Et plus bas, expliquant sa vision : « Les quatre bêtes sont quatre royaumes. Les dix cornes seront des rois, et un viendra après eux, et il sera plus fort que ceux qui l’ont précédé, et il humiliera trois rois.

Et ils seront livrés dans sa main pendant un temps, des temps et un demi-temps. Et le jugement commencera. » La prophétie de Jean dans l’apocalypse 29 est semblable : « Après ces choses, il faut qu’il soit relâché pendant un peu de temps; et j’ai vu des sièges, sur lesquels ils s’assirent, et le jugement leur a été donné etc. » Et après avoir dit que l’antichrist règnerait mille deux cent quatre-vingt dix-jours, il ajouta : « Bienheureux celui qui espère et se rend jusqu’à mille trois cent trente cinq jours », c’est-à-dire jusqu’à 45 jours après la mort de l’antichrist. Car, c’est alors que le Seigneur viendra pour juger, et qu’il rendra les couronnes de justice aux victorieux, comme l’expliquent saint Jérôme et Theodoret, dans leurs commentaires de ces passages.

On tire la même chose de Matthieu 24 : « Cet évangile du royaume sera prêché dans le monde entier en témoignage à toutes les nations, et alors ce sera la consommation ». C’est-à-dire qu’un peu après, ce sera la fin du monde. Et plus bas : « Aussitôt après la tribulation de ces jours, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière. Et, alors apparaîtra le signe du Fils de l’Homme. » Même chose dans 2 Thessaloniciens 2 : « Alors, se révèlera l’impie, que le seigneur Jésus tuera par le souffle de sa bouche, et détruira par l’éclat de son avènement. » L’apôtre enseigne là que presqu’immédiatement après l’antichrist, le Seigneur viendra. Car très bref est le temps des ruses et des tromperies de l’antichrist que commenceront à détruire Énoch et Élie, et dont triomphera totalement le Christ par sa venue, et les horribles signes qui la précèderont. Saint Jean nous enseigne la même chose : « Petits enfants, c’est la dernière heure. Et comme vous avez entendu dire que l’antichrist vient, et que maintenant beaucoup sont devenus des antichrist, nous savons par là que c’est la dernière heure. » Saint Jean dit là que l’époque qui va du Christ à la fin du monde est la dernière heure, c’est-à-dire la dernière époque, le dernier âge, comme saint Augustin l’explique. Et il le prouve par la raison suivante : parce que nous savons que l’antichrist viendra à la fin du monde. Voici donc, en bonne et due forme, l’argument de saint Jean. Nous savons que l’antichrist viendra à la fin du monde. Or, nous voyons qu’il y a déjà plusieurs de ses précurseurs, qui sont des antichrist mineurs. Comme ce signe est certain, voici la dernière heure, ou le dernier âge. On pourrait aussi raisonner ainsi sur la dernière heure de la nuit. Nous savons que le soleil se lèvera à la fin de la nuit. Or, nous voyons déjà beaucoup de ses rayons percer à travers les nuages.

Nous savons donc que c’est la dernière heure de la nuit.

Nous trouvons la même chose dans l’enseignement unanime des anciens pères. Saint Irénée (fin du livre 5), Tertullien (livre sur la résurrection), saint Augustin (livre 20 chapitre 19 et autres de la cité de Dieu). Nous l’apprenons aussi de la confession de nos adversaires. Car, nos adversaires admettent que l’antichrist règnera jusqu’à la fin du monde, et qu’un peu après sa mort, arrivera la fin du monde. Ce signe, joint au précédent, démontre irréfutablement que l’antichrist n’est pas encore venu, et qu’il n’est pas le souverain pontife. Car, si le monde finit tout de suite après la mort de l’antichrist, et si l’antichrist, après son apparition, ne règne que trois ans et demi, le temps qui s’écoulera entre la mort de l’antichrist et la fin du monde sera si bref, qu’il peut passer pour une seconde. Or, avec l’un et l’autre glaive, le pape a, selon le témoignage même de nos adversaires, régné plus de 500 ans. Et, pourtant, le monde dure encore.

CHAPITRE 10

Le nom de l’antichrist

Suit la quatrième dispute qui portera sur le nom et la marque de l’antichrist. Tous reconnaissent que ces mots de saint Jean se rapportent à l’antichrist : « Et il fera en sorte que tous, les petits comme les grands, les riches comme les pauvres, les hommes libres comme les esclaves, aient une marque sur la main droite ou sur le front. Et personne ne pourra acheter ou vendre sans avoir la marque, le nom ou le chiffre de la bête. Voici ce qu’est la sagesse. Celui qui a de l’intelligence qu’il compte le chiffre de la bête, car c’est un chiffre d’homme, et son numéro ou son chiffre est 666. » Au sujet de ce chiffre, il y a plusieurs opinions. La première. Ce numéro ne désigne pas le nom de l’antichrist, mais le temps de son avènement et de sa mort. C’est ainsi que Bellingerus (préface d’une homélie sur l’apocalypse) veut que soit désigné là le temps de l’avènement de l’antichrist. Les magdebourgeois sont à peu près du même avis. Car (dans la centurie 1,livre 2, chapitre 4), ils veulent que ce soit le temps de la mort de l’antichrist qui est désigné là. De même, certains auteurs qui, au témoignage de Clictoveus (livre 4 sur Damascène, 28) veulent que ce soit la mort de l’antichrist Mahomet qui soit désignée là. Lyranus est de leur avis, même s’il ne considère pas que Mahomet soit l’antichrist, car il pense que ce chiffre 666 indique la date de la mort de Mahomet.

Cette opinion est d’une grande absurdité. D’abord, parce que saint Jean dit explicitement qu’il parle du chiffre du nom de la bête. Deuxièmement, parce que cette bête, dont c’est le chiffre, prescrira à tous les marchands et consommateurs de se servir de ce signe dans leurs achats et leurs contrats. Ce passage de l’apocalypse (13) ne présente donc pas le numéro de la mort de la bête, puisqu’il se rapporte à elle quand est encore en vie. Troisièmement, parce qu’il est faux que Mahomet soit mort en l’an 666. Certains, en effet, disent qu’il est décédé en l’an 637, comme Matthieu Palmerius, d’autres en 630, comme Cedrenus (dans son histoire), d’autres, enfin, en 638, comme Jean Vaseus (dans sa chronique de l’Espagne.)

La deuxième opinion est celle de David Cytraeus (chapitre 13 de l’apaocalypse). Il enseigne que le nom de l’antichrist est, en grec, lateinos, ou, en hébreu romanus. L’antichrist est donc le pape puisqu’il est le prince latin, que c’est le pontife romain qui règne et domine dans le Latium. Theodore Bibliander enseigne la même chose à la table 10. Et, à la page onze de sa chronologie qui commence par l’année 600, il inscrit les papes latins. Les raisons qu’ils donnent sont au nombre de deux. La première, parce que saint Irénée enseigne (livre 5) qu’il est vraisemblable que ce chiffre soit le futur nom de l’antichrist. L’autre, parce que les lettres de ce nom forment le chiffre 666. Prenons le mot grec lateinos : l(30), a(1), t(300), e(5), i(10), n(50), o(70), s(200) : 666. Le mot hébreu qui correspond à romanus a six lettres, dont voici les chiffres respectifs : 200, 6, 40, 10, 10, 400 : 666.

Cette opinion est des plus téméraires. Car, d’abord saint Irénée dit, il est vrai, que le mot lateinos peut avoir des rapports avec l’antichrist. Mais, il ajoute qu’il est plus probable que le nom de l’antichrist ne soit pas lateinos mais teitan, car ce mot donne aussi le chiffre 666, et il est beaucoup plus noble, puisqu’il signifie le soleil. Voici les lettres du mot teitan : t(300), e(5), i(10), t(300), a(1), n(50) : 666. De plus, la conjecture de saint Irénée, qui avait une certaine valeur à l’époque, est aujourd’hui dénuée de toute vraisemblance. Car, il dit qu’il est probable que l’antichrist porte le nom de latin, non parce qu’il dominerait le latium, mais parce que c’étaient alors des latins qui régnaient dans le monde de son temps. Comme l’antichrist doit être un roi très puissant, il contrôlera certainement les puissants royaumes qui se trouvaient alors. Or, dit saint Irénée, le plus puissant de tous les royaumes est celui des latins, car ce sont eux qui règnent véritablement. Cette façon de voir les choses, qui est propre à une époque particulière, ne vaut plus aujourd’hui. Car, ce ne sont plus les latins qui règnent sur le monde. Les plus puissants sont les Turcs. Et en Occident, ce sont les Espagnols ou les Gaulois, non les romains.

De plus, pour que le mot latini signifie romain, il doit s’écrire avec un simple i. Et alors, il ne rend pas ce chiffre 666. On peut aussi réfuter de cette façon le commentaire sur le mot hébreu (romanus), car il ne peut pas se terminer par la lettre hébraïque (…) puisqu’il est un nom masculin. Cette terminaison, en effet, est une terminaison féminine en hébreu. Or, si on enlève cette lettre hébraïque, il manque 400 chiffres pour former le 666. De même, pour que le nom grec lateinos soit le nom de l’antichrist, il faut qu’il soit un nom propre et beaucoup usité, comme Arethas l’enseigne. Car il doit être exhibé comme signe par tous ceux qui achètent et qui vendent. Or, le mot lateinos est un mot commun. Aucun pape, non plus, n’a eu comme nom propre le mot latin. Ce n’est pas non plus un mot usité. En effet, les papes ne s’appellent jamais latins, mais évêques ou papes. De plus, le mot romain fut le nom propre d’un seul pape, qui n’a pas pu être l’antichrist car il n’a vécu que quatre mois. En dehors de là, ce nom est un nom commun.

Enfin, si les mots lateinos et romanus étaient les seuls à former le chiffre 666, nos adversaires compteraient peut-être un point. Mais, on peut en trouver un grand nombre qui rendent ce chiffre. Le martyr Hyppolite (dans son discours sur la consommation du monde) a indiqué un mot dont les lettres donnent 666 : apnoumai, qui signifie en latin nego, et en français, je nie. Arethas en a trouvé sept : lampètès, qui veut dire illustre; teitan, le soleil; onikrètès, vainqueur; kakos o dèxos, un chef dépravé, alèthès blaberos, vraiment nuisant, palai baskanos, aurefois enviant; adikos, agneau innocent. Primasius en a ajouté un autre : antemos, contraire. Rupert, et avant lui, Haymo, en ont découvert deux autres : gensèrikos, qui est un nom gothique, et DCLXVL latin, qui fait 666, si à la manière des latins, on entend par D ,50, par C, 100, par L, 500, par X, 10, et par V, 5, par L, 1.

Parmi les auteurs récents, Guillaume Lindanus (livre 3 sur les doutes) note que Martinum Lutherum rend le chiffre 666, si, à la manière des grecs et des hébreux, on prend les lettres latines pour des chiffres. A=l B=2 C=3 D=4 E=5 F=6 G=7 H=8 I-9 K=10, L=20, M-30, N=40, O=50, P=60, Q=70, R=80, S=90, T=100, V=200, X=300, Y=400, Z=500. Gilbert Gnebrardus a noté qu’en hébreu, le nom Luther donnait le chiffre 666. Voici les chiffres correspondant aux lettres hébraïques que je ne puis écrire : 4, 2, 4, 10, 4, 20, 10, 400, 200, 10, 6, : 666. Et voici les chiffres du mot saxoneios : s=200, a=1, x=60, o=70, n=50, e=5, i=10, o=70, s=200 : 666.

La troisième opinion est celle de beaucoup de catholiques qui pensent que l’antichrist doit s’appeler antemos, parce que ce nom lui convient, et parce que ses lettres correspondent au chiffre 666. C’est ce que pensent Primasius, Anselme et Richard. Cette opinion a déjà été réfutée par Rupert, parce que le nom que Jean insinue ne sera pas un nom imposé par les adversaires, mais un nom qu’il usurpera lui-même, et dont il se targuera au point d’ordonner qu’on l’inscrive sur le front des hommes. Or, il n’est pas crédible qu’il assumera un nom odieux ou vil, tel qu’est entemos, ainsi que tous les autres noms précédemment proposés. La quatrième opinion est celle de Rupert, qui estime que ce nom ne signifie pas le nom de l’antichrist, mais la triple prévarication du diable accomplie dans l’antichrist. Car, parce qu’il ne parvient pas au septennat où se trouvent le repos et la béatitude, le chiffre six est le numéro d’une créature qui, par la prévarication, échappe au repos. Or, le diable n’a pas commis une triple prévarication, mais il en a plutôt triplé une. Il a d’abord prévariqué quand il a péché contre lui. Ensuite, quand il a fait pécher le premier homme. C’est alors qu’au simple six, il ajouta le chiffre soixante. Et quand il séduira l’univers, il ajoutera six cent à soixante.

La cinquième opinion est celle de Bède, qui, par une voie contraire, enseigne que le chiffre six est le chiffre parfait, parce que Dieu a fait le ciel et la terre en six jours. Il ajoute que le chiffre soixante est encore plus parfait, et que le chiffre six cent est le plus parfait. Il en déduit que l’antichrist est décrit par le chiffre 666, parce qu’il a usurpé le tribut parfait de louanges qui est du au seul Dieu. En figure de quoi, nous lisons (3 Rois, chapitre 10), que le poids de l’or qu’apportait Salomon dans le temple à chaque année, était de six cent soixante six talents. Mais ces deux opinions ne semblent pas suffisamment cadrer avec ce que dit saint Jean à propos du nombre, à savoir qu’il sera le nombre d’un nom, et non d’une dignité ou d’une prévarication. Mais, ces opinions les pères ne les présentèrent que comme des hypothèses ou des conjectures.

L’opinion la plus vraie on la trouve donc chez ceux qui confessent leur ignorance, et qui avouent qu’on ne connait pas encore le nom de l’antichrist. C’est ce que pense saint Irénée (livre 5), Aretha (dans son livre sur l’apocalypse). Il me plait de transcrire au complet les propres paroles de saint Irénée, ne fût-ce que parce que Chytraeus nous exhorte à le lire : « J’exhorte les doctes à parcourir les pages 333 et 334, qui sont les dernières, qui traitent de l’apocalypse. Dans ces pages, il discute sobrement et pieusement sur le nombre de la bête, et il indique, entre autres, que l’antichrist sera un latin ou un romain, et portera le nom de lateinos, etc. » Mais laissons plutôt la parole à saint Irénée :

« Il est plus sur et moins périlleux de soutenir l’accomplissement de la prophétie, que de rechercher des noms qui correspondent au chiffre 666, puisqu’on ne peut, dans l’Écriture, trouver aucun nom formant ce chiffre. On ne cessera pas, pour autant, de se poser des questions. Car, comme on trouve beaucoup de noms ayant ce chiffre, il est difficile d’apercevoir cette aiguille dans ce tas de foin. Ce n’est donc pas à cause du manque de noms ayant ce chiffre que nous disons cela, mais à cause de la crainte de Dieu et du zèle pour la vérité. Enarxas, par exemple, est un nom qui a le nombre de lettres voulues, mais nous n’affirmons rien à son sujet. Le mot lateinos, qui a le chiffre 666, a une certaine vraisemblance, car le véritable royaume a ce nom : ce sont en effet des latins qui règnent aujourd’hui. Mais, nous n’irons pas pavoiser à cause de cela. Le mot teitan, par contre, est de tous les noms qui forment le chiffre 666, celui qui me semble le plus remarquable. » Et plus bas : « Même si le mot teitan a une si grande vraisemblance qu’il ne serait pas surprenant que, parmi tous les mots suggérés, ce soit ce nom que porte celui qui viendra, nous ne nous attarderons pas là-dessus, et nous n’affirmerons pas non plus que c’est ainsi qu’il s’appellera, car s’il avait fallu que son nom soit connu à notre époque, l’auteur de l’apocalypse l’aurait donné lui-même. »

Que Chytraeus écoute donc comment saint Irénée parle prudemment, pieusement et sagement. Et qu’il ne lui impute pas faussement ce qu’il n’a pas dit. Car, saint Irénée n’a pas jugé que l’antichrist serait un latin ou un romain. Mais il a dit, et répété plusieurs fois, qu’on ne pouvait pas, en ce temps, connaitre le nom de l’antichrist. Et cela pour deux raisons, dont il approuva la meilleure. La première, parce qu’on trouve beaucoup de noms qui forment ce chiffre. Et, parmi cette multitude, il est difficile de découvrir lequel est le bon. La deuxième. Si Dieu avait voulu que cela soit connu à notre époque, il l’aurait fait savoir par saint Jean lui-même. Et il ajoute que ce n’est pas le grand nombre des mots qui le fait parler ainsi, mais la crainte de Dieu et le zèle de la vérité. Voilà pourquoi il a présenté trois noms enarxas, lateinos, et teitan. Le second lui paraissait plus vraisemblable que le premier, et le troisième plus que le deuxième; mais aucun comme certain.

On peut ajouter une troisième raison tirée de saint Irénée. Car, disputant un peu avant, avec ceux qui, à leur gré, attribuaient à l’antichrist de faux noms, il déclara qu’ils en subiront de grands inconvénients. Car, ils s’exposent au péril de se tromper, et de tromper les autres, et d’être ainsi plus facilement séduits par l’antichrist. Car, quand il viendra, et qu’il arborera un autre nom que celui qu’ils avaient imaginé, ils ne le considéreront pas comme l’antichrist, et ils ne l’éviteront pas.

Ces inconvénients, les luthériens ne les ont certainement pas évités, et surtout le dernier. Car, comme ils sont persuadés que le pape est l’antichrist, comment pourront-ils reconnaitre le véritable antichrist quand il viendra ? Comment pourront-ils l’éviter?

Il est à noter que le nom de l’antichrist sera archiconnu quand il viendra. Car, avant que le Christ vienne, les Juifs ne savaient pas de quel nom l’appeler, même si les prophètes avaient dit beaucoup de choses sur lui. Il y eut même une Sybille (premier livre des chants des sybilles) qui fit connaitre le numéro du nom du Christ futur, 888. Cependant, personne ne pouvait dire qu’il s’appellerait Jésus. Mais après la venue du Christ, toutes les controverses prirent fin, et tous savent à n’en pas douter que son vrai nom est Jésus. Ce nom qui avait été annoncé pourtant par la sybille.« Mais, dit la Sybille, j’enseignerai quelle la est la somme de son nom. Huit nonades, autant de décades d’ajoutées, et huit hécatontades le signaleront aux infidèles. C’est un nom humain. Garde-le en mémoire ! : I(J)=10, è=8, s=200, 0=70.

Il arrive souvent que les prophéties paraissent obscures et ambigües jusqu’à ce qu’elles soient accomplies, comme saint Irénée l’enseigne, et le prouve (livre 4, chapitre 43). On peut de ces prophéties, tirer un argument irréfutable pour prouver que le pontife romain n’est pas l’antichrist, et que l’antichrist n’est pas encore venu. Car, si l’antichrist était venu, et s’il était le pontife romain, cela sauterait aux yeux. Car, depuis que le Christ est venu, il n’y a, parmi les turcs, les Juifs et les païens, aucune controverse au sujet de son nom. Mais la controverse fait toujours rage au sujet du nom de l’antichrist, comme il appert des opinions citées et réfutées. On est donc en droit de conclure que la prophétie de saint Jean n’est pas encore réalisée, que l’antichrist n’est pas encore venu, et que le pape n’est pas l’antichrist.

Ajoutons comme confirmation, la confession d’Augustin Marloratus, qui dans sa longue explication du nouveau testament d’après différents commentateurs luthériens et calvinistes, écrit, au sujet de ce passage : « Il y a, de ce texte, autant de commentaires que de commentateurs, ce qui le fait paraître obscur et énigmatique. » Si cette prophétie est donc encore obscure et énigmatique, c’est donc qu’elle n’est pas encore accomplie. L’antichrist n’est donc pas encore venu, car, une fois accomplies, les prophéties sont d’une clarté éblouissante. Pourquoi donc, Marloratus, dis-tu dans ta préface, avec forfanterie et outrecuidance, qu’il est tellement évident que le pontife romain soit l’antichrist, que s’ils se taisaient, eux, les pierres le crieraient ?

CHAPITRE 11

La marque de l’antéchrist

Au sujet de la marque de l’antichrist, il y a deux ou trois opinions. La première est celle des hérétiques de ce temps, qui enseignent que la marque de l’antichrist est un signe quelconque, marquant l’obéissance due au pontife romain et l’union du papiste avec lui. Mais ils ne s’entendent pas tous sur la nature de ce signe. Henricus Bellingerus (sermon 61 sur l’apocalypse) veut que ce soit l’onction du saint chrême, par laquelle tous les chrétiens inscrivent sur leur front qu’ils obéiront au pape. Théodore BIbliander (chronique, table 10) veut que la marque de l’antichrist soit la profession de la foi romaine, qui empêche à tout jamais de professer la vraie foi chrétienne. Car, en professant la foi romaine, il ne peut pas, pense-t-il, professer la vraie foi chrétienne. David Chytraeus, en plus de ces deux choses, ajoute le serment de fidélité que plusieurs sont obligés de prêter au souverain pontife; ainsi que l’onction sacerdotale, qui est reçue sur le front et la main, et « qui imprime, comme le racontent les papistes, un caractère indélébile. » Enfin, les génuflexions devant les statues, le pain consacré, les messes pour les morts.

Ne sont pas différentes les choses qu’enseignent Sébastien Meyer, et les autres cités par Augustin Marloratus dans son commentaire sur ce passage de l’apocalypse. Mais, il est facile de réfuter ces rêvasseries. D’abord, parce que leurs explications ne concordent pas avec le texte lui-même. Ensuite, parce que toutes choses étaient présentes dans l’église catholique avant que le christ ne vienne selon eux. La première raison.

On lit que le caractère sera unique, non multiple. Car, c’est toujours au singulier que l’Écriture parle de la marque, du nom, et du numéro du nom de l’antichrist. Il n’y aura donc qu’une seule marque. L’antichrist n’aura de même qu’un seul nom propre, et un seul numéro de son nom. En multipliant les marques, nos adversaires indiquent donc qu’ils ne connaissent pas celui dont parle saint Jean. La deuxième raison. Cette marque sera, pendant tout le temps du règne de l’antichrist, commune à tous les hommes, comme l’indiquent clairement ces paroles : « Il fera en sorte que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres ou esclaves reçoivent la marque. » Or le serment d’obéissance et l’onction sacerdotale ne sont le fait que de quelques personnes. Troisièmement, l’Écriture indique que la marque sera reçue indifféremment sur le front ou sur la main : « Il fera en sorte que tous reçoivent la marque sur la main ou sur le front. » De toutes les choses dont parlent nos adversaires, aucune ne convient à cette description. Car, l’onction du saint chrême ne peut pas être reçue sur la main; la profession de la foi romaine ne se fait ni par le front, ni par la main, mais par la bouche et le cœur. Le serment de fidélité est prêté par la main et la bouche, mais jamais sur le front. L’onction sacerdotale ne se fait ni sur la main droite, ni sur le front, mais sur la tête, et sur les doigts des deux mains. Enfin, les génuflexions devant les statues et l’eucharistie ne se font pas avec les mains et le front, mais avec tout le corps, et surtout avec les genoux.

Quatrièmement. L’Écriture dit que, pendant le règne de l’antichrist, personne ne pourra vendre ou acheter sans montrer la marque, ou le nom ou le numéro de son nom. Or, comme ils sont nombreux ceux qui achètent et vendent dans les états pontificaux sans avoir été oints par le saint chrême, sans être prêtres, et sans avoir prêté de serment de fidélité ! Dans la ville de Rome elle-même, où siège le pontife romain, les Juifs ne font-ils pas publiquement du commerce ? Ne vendent-ils et n’achètent-ils pas sans avoir reçu aucune de ces marques ? Venons-en à l’autre raison, et prouvons que tous ces signes sont antérieurs au soi-disant avènement de l’antichrist. Selon l’opinion de nos adversaires, l’antichrist n’est pas venu avant l’année 606. Et pourtant, Tertullien qui a vécu autour de 200, parle de l’onction du saint chrême dans son livre sur la résurrection de la chair : « Le chair est lavée pour qu’elle soit purifiée; la chair est ointe pour que l’âme soit consacrée. » Saint Cyprien a vécu autour de 250, et il se souvient des onctions (livre 1, épitre 12) : « Il est nécessaire que soit oint celui qui a reçu le baptême, pour qu’en recevant l’onction, il devienne un oint de Dieu, et puisse avoir la grâce du Christ. » Saint Augustin a vécu autour de 420. Et pourtant, il dit dans son traité 118 sur saint Jean : « Que dire de ce que tous savent que le signe du Christ n’est autre que la croix du Christ ? Si ce signe n’est pas tracé sur le front des croyants, ou sur l’eau par laquelle ils sont régénérés, ou sur l’huile par laquelle ils sont oints du saint chrême, ou sur le sacrifice par lequel ils sont vivifiés, leurs rites ne produisent aucun effet ».

Pour une raison semblable, appartenir à l’église catholique fut, avant l’an 600, le signe et la marque d’un homme vraiment catholique. Saint Augustin (épitre 162) écrit au sujet de Cécilien qui vécut autour de 300 : « Il pouvait ne faire aucun cas de la multitude des ennemis qui conspiraient contre lui, quand il se voyait uni par lettres à l’Église romaine, dans laquelle est toujours demeurée en vigueur la principauté de la chaire apostolique, et aux autres pays qui ont apporté la foi en Afrique ». Saint Ambroise vécut autour de 390. Dans son oraison funèbre sur la mort de son frère Satyre, il dit : « Celui qui se sentirait découragé, agirait-il en évêque, ou serait-il en communion avec les autres évêques catholiques ? C’est-à-dire serait-il en union de pensée et de sentiment avec l’église romaine ? » Victor Uticensis vécut autour de l’année 490. Dans son livre 1 sur la persécution des Vandales, il écrit : « Pour persuader le roi de ne tuer aucun catholique, un prêtre arien lui dit : « Si tu en fais périr un par le glaive, les romains commenceront à le prier comme un martyr ». Par le mot romains, il désignait les catholiques africains, car les ariens n’employaient ce mot pour aucune autre raison pour que signifier qu’ils professaient la foi de l’église romaine, et qu’ils ne suivaient pas la perfidie arienne.

Le serment d’obéissance fait au pape nous le trouvons au temps de saint Grégoire (livre 10 de ses épitres, épitre 31), et donc avant l’an 606. Au sujet de l’onction sacerdotale, nous avons le témoignage de saint Grégoire de Naziance, qui a vécu autour de 380. Dans son apologie à son père, quand il fut sacré évêque de Sasime, il écrit : « Sur moi de nouveau l’onction et l’esprit. Et de nouveau je pleure et je me sens triste. » Dans cette lettre, il fait mention de deux onctions, une qui lui fut donnée quand il fut consacré prêtre, et l’autre lors de son ordination épiscopale. De même, dans le discours 1 sur la paix, il dit, parlant de Basile qui, après avoir été créé évêque, récusa la province : « Bien que lui ait été accordé l’intelligence, le talent de la négociation, que le soin de tout le troupeau lui ait été remis, qu’il ait été oint par l’huile du sacerdoce et de la perfection, il hésite encore, dans sa sagesse, à accepter la préfecture. » Au sujet du sacrifice offert pour les défunts, que suffise le témoignage de saint Augustin qui (livre sur les hérésies, chapitre 10), enseigne qu’un des dogmes qui était propres à l’hérétique Arius était justement qu’il ne fallait pas offrir d’oblations pour les morts.

Au sujet de l’adoration des images, nous nous contenterons de saint Jérôme qui a vécu autour de 400. Voici ce qu’il dit dans sa vie de Paula : « Prostrée devant le crucifix comme si elle le voyait pendant, elle l’adorait. » Enfin, au sujet de l’adoration de l’eucharistie, saint Ambroise, lui aussi, suffira. Il écrit (dans son livre 3, chapitre 12, sur le Saint-Esprit) en expliquant : adorez l’escabeau de ses pieds : « Par escabeau, on entend la terre, par terre, la chair du Christ, que nous adorons aujourd’hui dans nos mystères, que les apôtres, comme nous avons dit plus haut, adorèrent dans le Seigneur Jésus. » Saint Augustin dit à peu près la même chose dans son explication du psaume 98.

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Donc, comme ces choses dans lesquelles nos adversaires veulent voir des marques de l’antichrist, ont existé plusieurs années avant sa naissance, il faut, de toute nécessité, ou que l’antichrist les ait apprises de l’Église, --et dire cela, c’est confondre l’antichrist avec le Christ- ou qu’aucune de ces marques n’ait de rapport avec l’antichrist. Et c’est ce que nous affirmons. Que ces considérations suffisent pour anéantir ces opinions téméraires et absurdes de nos adversaires, qu’ils ne sont capables de prouver par aucun texte ou aucun argument qui tient la route.

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