Les Controverses de la foi chrétienne (Disputationes de controversiis) (page 89)

Robert Bellarmin · Doctrine

Texte français, domaine public · Source : jesusmarie.free.fr — Les Controverses, 34 livres · 336 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Je réponds que Nicolas n’a pas voulu nier que puisse convenir au souverain pontife le gouvernement temporel. Car, il était lui-même pontife et en même temps prince politique de Rome, de Ravenne, et d’autres cités que ses prédécesseurs avaient reçues des empereurs. Il a simplement voulu dire qu’il ne convenait pas que le même soit pontife de toute la terre et empereur de toute la terre. Non pas parce que cela répugne à l’évangile et ne peut absolument pas se faire, mais parce que, pour conserver l’humilité, le Christ a voulu que le pontife ait besoin de la protection de l’empereur dans les choses temporelles, et que l’empereur ait besoin de la direction du pontife dans les choses spirituelles. Que ce soit vraiment ce que le Christ a voulu, on le comprend facilement en constatant que c’est à Tibère qu’il a laissé l’empire, et qu’à Pierre, il n’a donné que le pontificat.

FIN DE LA TROISIÈME CONTROVERSE GÉNÉRALE

2018 01 04 a20h57 fin

Appendice à la 3ème Controverse (4 chap., p.169-187ou188)

Fichier placé sous le régime juridique du copyleft avec seulement l'obligation de mentionner l'auteur de la première édition de cette première traduction en français des Controverses de Saint Robert Bellarmin : JesusMarie.com, France, Paris, 2019.

Saint Robert Bellarmin Les Controverses de la Foi Chretienne contre les Heretiques de ce Temps

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Saint Robert Bellarmin

Les Controverses de la Foi Chrétienne contre les Hérétiques de ce Temps

Disputationes de controversiis christiniæ fidei adversus hujus temporis hæreticos.

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2018 01 11 a22h51 debut 4ème Controverse Générale : Les Conciles

Livre 1 : La Nature et la Cause des Conciles (21 chap.) CHAPITRE 1

L’ORDRE suivi dans LA DISPUTE

Nous avons disserté, jusqu’à présent, sur la tête de l’église militante. Il nous faut maintenant disserté de l’Église elle-même. L’Église peut-être envisagée de deux façons, en tant qu’elle est réunie en conciles, ou en tant qu’elles répartie sur toute la surface de la terre. Nous parlerons donc d’abord des conciles, et ensuite seulement de l’Église elle-même. Nous plaçons la dispute sur les conciles avant celle sur l’Église, même si l’ordre de la nature semblerait nous persuader du contraire, parce que la dispute sur les conciles a des rapports plus étroits avec la dispute sur le souverain pontife, que n’en a la dispute de l’Église. La dispute sur les conciles portera sur deux points : la définition d’un concile légitime, et ceux qui n’attribuent aucune autorité aux conciles. Toute cette dispute sera divisée en trois parties. Nous ferons d’abord quelques réflexions préliminaires qui permettront de mieux comprendre. Quels sont ceux qui ont écrit sur ce qu’est un concile, quand et combien de conciles il y a-t-il eu ? Toutes ces choses nous les exposerons sans argumenter, à la manière d’un simple récit. Nous définirons ensuite ce que postule proprement la nature d’un concile légitime, en traitant de la matière, de la forme, de la fin, et de la cause efficiente des conciles, ainsi que des choses que les adversaires requièrent dans les conciles. Enfin, nous disserterons de l’autorité des conciles, en elle-même, et comparée avec l’autorité de l’Écriture et du pape.

CHAPITRE 2

Ceux qui ont écrit sur les conciles

Pour commencer par le commencement, ceux qui traitent de ce sujet, d’abord et avant tout : les livres eux-mêmes des conciles, qui ont été hélas mal conservés, qui souffrent de plusieurs lacunes, et qu’on doit corriger par le recours aux anciens manuscrits. Nous avons aussi beaucoup de décisions de conciles dans les décrets de Gratien, de Juonis, Burchard, Martin Bracarenfissité. On peut en lire certains extraits dans le livre des synodes de saint Hilaire, dans le livre 6 d’Isidore (Étymologie ca 16), dans Bède (livre des six états, à Constantin 1V), dans Freculphum (fin de la chronique), Jean Psellum et Photin (livre des sept conciles).

En plus de ces anciens, on trouve un grand nombre d’écrivains modernes, comme Thomas Waldensis (livre2, doctrine de la foi, chapitre 26, verset 27), Jean de Turrecremata (livre 3, les sommes de l’Église), Jean Gerson (différents traités du pouvoir de l’Église et des conciles), Denys le Chartreux (trois livres sur les conciles), Jean Eck (enchiridium), Iodocus Chichrouaeus (dans la défense du concile de (Sienne), Iodocus Titelatanus (dans la défense du concile de Trente), Jean Cochlaeus (livre des conciles) Jean Roffensis (contre l’article de Luther 28 et 29). Cajetan (dans les opuscules), Albert Pighius (livre 6 de la hiérarchie ecclésiastique), le cardinal Hosius (explication du symbole, chapitre 24, livre 2, contre les prolégomènes de Brentius), Pierre a Soto (la défense de confession contre Brentius), Jean Antoine Delphin (livre 2 sur l’Église), Melchior Cano (les lieux théologiques), Hugo (dans l’œuvre appelée synodes hugoniens). De même Jacobatius (dans son livre sur les conciles), Gaspar Villa-pandaeus (dispute pour le concile de Trente), Alfonse Castro (livre 4 des hérésies), Guillaume Lindanus (livre 3, chapitre 7, panoplie évangéliques).

CHAPITRE 3

Le nom et l’origine du concile

Dans l’Église, le mot concile a le même sens que, dans la société civile, le mot comices, ou états généraux. Car, quand surgit une controverse dans une république, les princes du royaume et les magistrats se rassemblent en un seul corps, et statuent sur la façon d’y faire face. Il en est ainsi dans l’Église. Quand on soulève une controverse sur un sujet religieux, les préposés aux Églises se rassemblent, et prennent en commun une décision sur les remèdes à porter. C’est ce que nous voyons rapporté par les actes 15, quand, à Jérusalem a été célébré le premier de tous les conciles généraux, lequel fut suivi par plusieurs autres. Quant à l’origine des conciles, même si un Albert Pighius (livre 6, chapitre 1 de la hiérarchie céleste) soutient qu’elle est pleinement humaine, et qu’elle a été conçue par la raison humaine, il est plus probable qu’elle soit divine. Car le concile de Chalcédoine (dans la lettre à Léon), et le sixième synode (acte 17), le pape Célestin (dans l’épitre au concile d’Éphèse), et le concile de Tolède 2, pas loin du début) enseignent tous que c’est des conciles que parlait le Christ quand il a dit : « Quand deux ou trois seront réunis en mon nom, je suis au milieu de vous. » De plus, il est croyable que les apôtres, qui étaient remplis du Saint-Esprit, ne se soient pas réunis en concile sans en avoir reçu l’admonition du Saint-Esprit. Ne disent-ils pas : « Il a semblé bon à l’Esprit- Saint et à nous (actes 15) » ? De plus, même si c’est la raison naturelle qui dicte que, dans les choses douteuses, les princes consultent des hommes compétents, le fait que seuls les évêques soient convoqués, et qu’ils le soient non à titre de conseillers, mais de juges, cela ne semble pas être une invention de la seule raison humaine. Il est, de toute façon, certain que la célébration de conciles, qu’on retrouve à tous les siècles de l’histoire de l’Église, descende d’une tradition apostolique. Les traditions apostoliques je n’oserais pas, pour ma part, les appeler des inventions humaines.

Le nom latin de concile on le trouve et dans l’ancien et dans le nouveau testament, pour désigner les assemblées de Juifs. Mais le nom grec (synode) ne se trouve pas dans l’Écriture. Le nom grec, synode, apparait cependant dans les cannons des apôtres (canon 38), où il est commandé à tous les évêques de célébrer des conciles deux fois à chaque année. On le trouve ensuite dans Eusèbe (livre 5, chap 23, de son histoire de l’église), et puis dans tous les auteurs.

CHAPITRE 4

Les sortes de conciles

Il y a quatre sortes de conciles : les généraux, les nationaux, les provinciaux, et les diocésains. Saint Augustin parle des trois premiers dans son livre 2 sur le baptême contre les donatistes, où il dit que les conciles provinciaux, et les plus grands comme les régionaux, peuvent être amendés par les conciles pléniers. Le concile de Tolède 4, canon 25, se souvient de la dernière catégorie de conciles. On appelle généraux les conciles qui peuvent et doivent intéresser les évêques de toute la planète, à moins qu’ils ne soient légitimement empêchés, et qui ne sont présidés légalement que par le souverain pontife, ou par un de ses légats. On les appelle oecuméniques, c’est-à-dire planétaires.

On appelle nationaux les conciles qui rassemblent les archevêques et les évêques d’un royaume ou d’une nation, qui sont présidés par un patriarche ou primat, comme les conciles romains, tolèdains et africains. Il faut noter que même s’ils sont distincts des généraux et des provinciaux, ces conciles nationaux sont de vrais conciles. Car, on les appelle souvent des conciles universels, comme pour les conciles romains tenus par le pape Symmaque. En effet, on lit toujours : « concile général présidé par le pape Symmaque », même si les seuls participants étaient des évêques d’Italie. Il en va de même pour le concile de Tolède 3 (canon 18). On y lit : « prescrit ce saint et vénérable synode », alors que, à ce concile, seuls participèrent les évêques d’Espagne.

Il en va de même aussi pour le concile de Carthage 4. On appelle ces conciles généraux ou universels, non au sens fort du terme, mais seulement parce qu’ils étaient généraux dans tel royaume. Ils sont appelés provinciaux par Gratien (dist. 3, canon) parce qu’ils sont limités à certaine provinces, et ne s’étendent pas à tous, comme ceux qui sont vraiment généraux.

On appelle provinciaux les conciles où ne se réunissent que les évêques d’une seule province, sous la présidence d’un archevêque ou d’un métropolitain. On trouve un grand nombre de conciles de ce genre dans les tomes des conciles. Les diocésains ne réunissent que les prêtres d’un seul diocèse, et ils sont présidés par l’évêque. On trouve peu de ces exemples dans les tomes des conciles. Et avec raison, car il n’y a là, en dehors de l’évêque qui préside, personne qui ait une juridiction. L’autre division des conciles répartit les conciles en quatre. Certains ont été approuvés par le siège apostolique, et ont été reçus par l’Église universelle, certains ont été complètement réprouvés, d’autres approuvés en partie, en partie réprouvés, d’autres enfin n’ont été ni approuvés ni réprouvés.

CHAPITRE 5

Les conciles généraux approuvés

On peu compter un par un les conciles généraux qui ont été jusqu’à maintenant approuvés : il y a en a dix-huit. Le premier est celui de Nicée qui a été célébré en l’année du Seigneur 327, et qui a pris fin en 330, qui fut la quinzième année de papauté de saint Sylvestre, et la vingtième de l’empereur Constantin. Ce concile réunit 318 pères, dont les patriarches Alexandre d’Alexandrie, Eustache d’Antioche, Macaire de Jérusalem, et Métrophanes de Constantinople, même si ces deux derniers n’étaient pas patriarches, et ne l’ont été que longtemps après. Certains, comme Métrophanes, ne participèrent pas en personne au concile, mais par le délégué Alexandre, qui lui succéda par la suite. Voir Metaphrate dans son sermon sur ce qui s’est passé à Nicée. On a mis fin à deux controverses, une sur le jour de Pâque, l’autre sur la divinité du Christ, contre l’hérésie des Ariens. Or, cet Arius, le prince des hérétiques est décédé subitement, dix ans après, dans les latrines, quand il allait à la selle.

De plus, que le concile de Nicée ait été célébré avant la mort d’Arius, ce n’est pas tout à fait certain. Car, Épiphane (hérésie 69) dit explicitement que, contrairement à ce que racontent les historiens Ruffin (livre 10 chapitre 13) et Socrate (livre 1, chapitres 19 et 25) et d’autres, le concile de Nicée a été célébré après la mort d’Arius. On ne peut pas concilier ces deux récits divergents en disant qu’il y a eu deux Arius, comme le suggère Sulpitius (livre 2 de l’histoire sacrée). Car, même s’il y a eu deux Arius, c’est le même Arius qui a péri dans les latrines et qui est placé par les uns avant le concile, et par les autres, après. Et il semble que les historiens ont été mieux informés, surtout parce que dans le synode 5, on s’est demandé s’il était permis de condamner quelqu’un après sa mort. On ne se serait certainement pas posé cette question si Arius avait été condamné par le concile de Nicée après sa mort. Mais c’est quelque chose qui importe peu, et il n’y a aucune raison de s’y attarder davantage.

Le deuxième synode est celui de Constantinople. Il fut célébré sous l’empereur Théodose senior et le pape Damase, contre Macédoine qui niait la divinité du Saint-Esprit. Cent cinquante évêques y participèrent, provenant de diverses provinces, dont les patriarches de Constantinople Nectaire, d’Alexandrie Timothée, d’Antioche Meletius, et de Jérusalem Cyrille. Selon la chronologie de Prospère, ce concile se tint pendant le consulat des Augustes Gratien et Théodose, c’est-à-dire, en l’an du Seigneur 383, ou en 84, comme le veut Socrate, ou 81, selon Onufrius. Pfellus (dans son livre sur les sept synodes) met un intervalle de 56 ans entre le premier synode et le second. Si on ajoute le nombre d’années 56 à 327, date à laquelle le concile de Nicée a commencé, nous obtenons 383, le chiffre que Prospère nous présente dans sa chronique. Il est à remarquer que ce concile ne fut formé que d’Orientaux : aucun évêque d’Occident n’y a participé. Le pape Damase avait convoqué un synode d’Occidentaux, et y avait invité les évêques orientaux qui s’étaient rassemblés à Constantinople. Mais les évêques orientaux n’ayant pas pu venir pour des raisons valables, le pape a accepté leurs excuses, et ces deux synodes, qui poursuivaient les mêmes buts et usaient des mêmes termes, furent fondus ensemble, et n’en devinrent qu’un.

Et c’est à cause de cette fusion des deux synodes que le concile de Constantinople a été considéré comme légitime et oecumique. Voir Théodoret (livre 5, chapitres 9 et 10 de son histoire).

Le troisième concile est celui d’Éphèse 1, qui a été convoqué sous l’empereur Théodose junior et le souverain pontife Célestin. Deux cents évêques s’y rendirent, dont les patriarches Cyrille d’Alexandrie, qui tenait la place du pontife romain, Jean d’Antioche, et Juvénal de Jérusalem. Jean était encore en route quand le décret du concile a été voté. Il commença donc par s’opposer à Cyrille, puis se réconcilièrent ensuite, pensant et s’exprimant de la même façon. La cause du concile fut la nouvelle hérésie de Nestor, évêque de Constantinople, qui divisait le Christ en deux personnes. Ce concile fut célébré pendant le consulat de Bassus et d’Antiochus, comme le rapportent Prospère (dans sa chronique) et Socrate (livre 7, chapitre 34), c’est-à-dire en l’année du Seigneur 434. Ajoutons que Vincent Lérins (dans son livre sur les nouveautés profanes de mots, vers la fin) dit : « Trois ans avant, un concile a été célébré à Éphèse, pendant le consulat des illustres Bassus et Antiochus. » Quoi de plus clair. Pour tout ce synode, voir Liberatum (dans le bréviaire chapitres 5, 6, 7, 8), Socrate (livre 7, chapitre 34), Évagre (livre 1, chapitre 4), et le synode lui-même traduit récemment du grec au latin, et qui est compilé en deux volumes.

Le quatrième synode est celui de Chalcédoine qui a été convoqué contre l’hérésie de l’archimandrite Eutychès, qui ne reconnaissait dans le Christ, après l’incarnation, qu’une seule nature, la nature divine. Ce concile se tint sous le pontife Léon 1, et l’auguste Maxime et Martien, pendant le consulat de ce même Martien, comme l’atteste le concile. Or, le consulat de ce Martien eut lieu en l’an du Christ 454, selon la computation de Mattaeus Pelmerius, de Grégoire Haloandrus. Ou en 452, selon Onuphrium (dans son livre sur les pontifes romains). Pfellus met trente ans entre le troisième et le quatrième synodes. Sic cent trente évêques furent présents, dont le patriarche Dioscurus d’Alexandrie, qui fut éjecté par la suite, Maxime d’Antioche, Anatholius de Constantinople, et Juvénal de Jérusalem. Voir Liberatum (dans le bréviaire c. 11) et Evagrium (livre 2, chapitres 2, 3, 4 de son histoire).

Le cinquième synode général fut, comme plusieurs le pensent, célébré sous Agapet et Memnas. Dans le second tome des conciles, il porte le nom de cinquième concile, et contient quatre actes. Mais il fut réellement un concile particulier qui précéda le véritable cinquième concile, comme nous l’apprennent Zonaras (dans la vie de Justinien) et Nicéphore (livre 17, chapitre 9. » Le cinquième vrai concile s’est réuni à Constantinople, sous le pape Vigile et l’empereur Justinien senior, l’an 12 après le consulat de Basile, comme nous le lisons au commencement de ce même concile, qui se tint en l’an de l’incarnation du Seigneur 553 ou 556, selon Pfellus, qui le veut postérieur de 102 ans au quatrième concile. Cent soixante cinq évêques y participèrent, comme le rapporte le même Pfellus, dont les patriarches Eutychès de Constantinople, Apollinaire d’Alexandrie, Domnius d’Antioche, et Eutochyus de Jérusalem, lequel n’a pas participé personnellement, mais par ses légats; et il l’a confirmé par un opuscule, comme Nicéphore le rapporte (livre 17, chapitre 27). La cause de la convocation de ce concile fut l’hérésie d’Origène qui sévissait alors. Origène fut donc condamné, ainsi que Didyme l’aveugle, Évagre et leurs sectateurs. On condamna également les écrits de Théodore de Mopsuète, et de Thédoret de Cyr, ainsi que la lettre dite d’Ibas à Marie la perse. Voir, au sujet de ce synode, Zonaras (lieu cité), Nicéphore (livre 17, chapitre 17), saint Grégoire (livre 1, épitre 24), Évagre (livre 4, chapitre 38), Liberatum (dans le bréviaire, chapitres 23 et 24, même si on ne peut pas facilement croire tout ce qu’il dit). De toute façon, son récit ne concorde pas avec les autres.

Le sixième synode fut célébré à Constantinople la douzième année de Constantin 1V, (comme l’indique Paul diacre dans sa vie), laquelle était la 681 ou 685ième année du Seigneur, selon Pfellus, qui intercale 129 années entre les cinquième et sixième synodes. Dans le concile lui-même, on trouve qu’il a eu lieu en la vingt-huitième année de Constantin. Ce n’est pas une erreur des copistes, comme le pense Illyricus (centurie 7, chapitre 9). Car même s’il ne devint empereur après la mort de son père qu’à l’âge de 17 ans, il régna plusieurs années avec son père, comme l’explique Zonaras, puisqu’il avait été couronné par son père avant le départ de celui-ci pour la Sicile. Il date donc le concile en comptant les années de règne de Constantin depuis son premier couronnement; alors que Paul le diacre compte les années de règne à partir de la mort de son père. Deux cent quatre-vingt-neuf évêques y participèrent, selon Paul diacre, et selon aussi le texte du synode 7, actes 3. Bède le vénérable, cependant, (dans son livre des six états, près de la fin), Rhegino (livre 1), Ado de Vienne et Freculphus dans sa chronique ne comptent que 150 pères. Il y eux deux patriarches seulement de présents, celui de Constantinople, Georges, et d’Antioche, Macaire, car ceux d’Alexandrie et de Jérusalem envoyèrent des légats. Le souverain pontife Agathon fut présent et présida par ses légats. Dans ce synode fut condamnée l’hérésie de ceux qui ne reconnaissaient qu’une volonté dans le Christ. Voir, au sujet de ce synode, les auteurs précités, Albert Pighius dans la diatribe, et dans l’apologie de François de Turrin pour le sixième et le septième synode. Albertus présente aussi les deux symboles six et sept comme ils nous sont parvenus, en affirmant, contrairement à Turrien, qu’ils ont été faussés et modifiés. Ce qui nous semble plus vrai, comme nous l’avons déjà expliqué dans le quatrième livre du souverain pontife.

Le septième synode a été réuni à Nice en l’an 8 de Constantin et d’Irène, comme l’écrivent Paul le diacre (livre 23 sur les choses romaines) et Cedrenus dans son aperçu historique. Ce fut en l’année 781 de la naissance du Christ, selon le diacre Paul, ou 786, selon Cedrenus, ou 789, selon Onuphrius. Pfellus le place en la dixième année de Constantin et la 789 du Christ. Il compte soixante-ans entre le sixième concile et le septième, ce qui n’a aucune chance d’être vrai. Faute de copistes ? Les pères furent au nombre de 350, dont un seul patriarche, celui de Constantinople, Tharasius, car les autres patriarches se firent représenter par des légats. Le pape Hadrien présida par ses légats, et condamna avec le reste du synode, ceux qui privaient d’honneur les images sacrées du Christ et des saints. Reportez-vous à ce que nous avons dit là-dessus quand, lors du concile de Francfort, nous avons discuté du culte des images.

Le huitième concile est le quatrième de Constantinople. Il a été célébré sous le pontificat du pape Hadrien 11, et le règne de Basile 111, comme on le voit écrit dans les actes du synode; et en l’an 870. Les évêques participants furent au nombre de 383, dont le patriarche Photius, et ensuite Ignace de Constantinople. Les autres patriarches se rendirent présents par leurs légats. Il faut se rappeler qu’en ce lieu, trois synodes ont été célébrés dans la cause de Photius. Une au temps du pape Nicholas et de Michel l’empereur, dans lequel fut déposé Ignace et ordonné Photius, ce dont nous parle Zonaras dans la vie de Michel. On ne peut douter que ce synode ait été profane, comme les lettres des papes Nicholas 1 et Adrien 11 nous le montrent. L’autre concile est celui que nous appelons le huitième. Il est conservé, tout imparfait qu’il soit, dans les tomes des conciles. Dans ce concile, on a déposé Photius et rappelé Ignace. C’est Zonaras qui nous parle de ce concile dans la vie de l’empereur Basile. Le troisième est celui que, au temps du même Basile, a célébré Jean V111 par ses légats. Dans ce synode, le successeur d’Hadrien, à la mort d’Ignace, rétablit Photius. Et s’il est vrai ce que les Grecs ont dit au concile de Florence, les actes du précédent concile auraient été résiliés pour qu’on enlève le « et du fils » du symbole des apôtres. Mais cela n’a aucune vraisemblance. Voilà pourquoi je me persuade facilement qu’a été inventé de toutes pièces ce que l’on dit de Jean V111 (comme saint Antonin l’enseigne dans sa somme ecclésiale, p3, titre 22 chapitre 13, verset 10) ou qu’il est vrai que Photius ait été, après la mort d’Ignace, ramené sur le siège de Constantinople par les légats du pape Jean V111. Et Turrianus montre que ce sont des fictions, des inventions et des mensonges des Grecs. Ce qui me confirme dans cette opinion c’est que Zonaras se souvient du rétablissement de Photius, et non de l’abrogation du concile 8, ni du retrait de « et du Fils » du symbole des apôtres. Et aussi parce que les Grecs, au concile de Florence (session 6) ne reconnurent pas comme concile œcuménique ce synode tenu sous Jean V111, même s’il eut été très avantageux pour eux de reconnaitre sa légitimité. Passons maintenant des conciles orientaux aux occidentaux.

Le neuvième est celui du premier concile du Latran. Il a réuni au-delà de 900 évêques, en 1123, dans le but de récupérer la terre sainte occupée par les Sarrasins, au temps des empereurs Calixte et Henri. Platina et Onuphrius n’en parlent pas. Le dixième est celui de Latran 2, qui réunit 2000 évêques contre des antipapes, et pour le droit du clergé, au temps des empereurs Innocent et Lothaire. Platina et Onuphrius n’en parlent pas. Le onzième est celui de Latran 111, qui rassembla environ 300 évêques, pour la réformation de l’Église, et contre les Vaudois, en l’an 1180, au temps des empereurs Alexandre 3 et Frédéric 1, comme le rapportent Onuphrius, Guillaume de Tyr, qui fut présent (livre 10, chapitre 26, de la guerre sainte.) Le douzième est celui de Latran 1V, qui rassembla 1283 pères, dont 472 évêques, l’an 1215, contre différentes hérésies, et pour la terre sainte, au temps d’Innocent 111 et de l’empereur Frédéric 2, selon Matthieu Palmerius, Platina, et Onuphrius. Le treizième est celui de Lyon 1, l’en 1245, contre l’empereur Frédérique, et pour la terre sainte, au temps d’Innocent 1V et de Frédéric 11, selon Matthieu Palmerius, Onuphrius et Platina. Quelques décrets de ce concile ont été conservés, dans les décrétales du sixième. Le quatorzième est celui de Lyon 2. Le nombre de participants a été de deux mille, dont les 500 évêques. Il a été convoqué en 1274 contre l’erreur des Grecs au temps de Grégoire X et de l’empereur Rodulphe, selon Palmerius, Platina et Onuphrius. Il reste, de ce concile quelques-uns des décrets dans le sixième.

Le quinzième est celui de Vienne, qui a réuni 300 évêques en l’an 1311, contre différentes hérésies, au temps de Clément et de l’empereur Henri V11. Palmerius, Platina, Onuphrius ont conservé les décrets de ce concile qu’ils appellent Clémentines. Le seizième est celui de Florence (j’omets celui de Pise, de Constance et de Bâle, dont nous parlerons plus loin), en l’année 1439. Cent quarante et un pères ont soussigné, et plusieurs autres qui divergeaient d’opinion avant la signature. Il portait sur les erreurs des Grecs, et il eut lieu au temps du pape Eugène 1V et de l’empereur Albert, selon Matthieu Palmerius, et Platina. Le dix-septième est celui du Latran V, qui a réuni 144 pères contre des schismes et différentes affaires, au temps de Jules 11 et de Léon X et de l’empereur Maximilien, de 1512 à 1517. Le dix-huitième est celui de Trente, commencé en 1545 et fini en 1563 contre les erreurs des luthériens, au temps des papes Paul 111, Jules 3, et Pie 3 et des empereurs Charles 5 et Ferdinand. Le nombre des participants est décrit ainsi par Gaspard Villalpandaeus, dans la dispute cinq du concile de Trente : « Furent présents six cardinaux, quatre légats, trois patriarches, trente-deux archevêques, deux-cent vingt-huit évêques, cinq abbés, sept ministres généraux d’ordre, plusieurs procureurs d’évêques. » Il n’y a aucun article de ces conciles qui n’ait pas été approuvé par le pape et reçu par les catholiques. Car, pour les huit premiers, le prouve le décret dist 16, le canon les saints 8. Pour les neuf autres, il est facile de constater qu’ils ont été approuvés parce qu’ils ont été présidés par le souverain pontife. Le dernier a été confirmé par Pie 1V. Les Grecs, eux, ne reçoivent que les sept premiers conciles, comme on le voit dans le concile de Florence (sessions 5 et 6). Les luthériens, eux, ne reçoivent que les cinq premiers, comme nous le montrent les madgebourgeois (centurie 8, c. 9, et centurie 9, chapitre 9.) Les euthychiens qui existent encore en Asie, ne reçoivent que les 3 premiers.

Les quelques nestoriens qui existent encore n’acceptent que les deux premiers. Les trinitaires qui vivent en Hongrie et en Pologne n’en acceptent aucun.

CHAPITRE6

Les conciles généraux réprouvés

Le premier concile général réprouvé est le concile d’Antioche, en 345, en l’an cinq de Constance, comme le rapportent Socrate (livre 2, chapitre 5) et Sozomène (livre 3 chapitre 5), dans lequel fut condamné saint Athanase et ouverte la voie au renversement du concile de Nicée. Il est à noter que la somme des conciles confond ce concile avec les autres, car il y en a eu sept en tout à Antioche. Le premier et le second contre Paul de Samosate, au temps du pape Denys, à peu près en 269. Voir Eusèbe (livre 7, chapitres 23, 24, 25 et 26). Le troisième fut un concile arien, au temps de Jules en 345, comme nous l’avons dit plus haut. Le quatrième qui est macédonien à cause de son hérésie, eut lieu en l’an 367, au temps du pape Libère (chronique de saint Jérôme). Le cinquième est un concile provincial catholique composé de 30 évêques, dont les 25 canons sont dans le premier tome des conciles. Il semble avoir eu lieu au temps de Julien et de Libère. Voir Sozomène (livre 6, chapitre 4). Le sixième est inséré dans l’acte 14 du concile de Chalcédoine.

Le deuxième concile général est celui de Milan, en l’an 354, au temps de ce même Constance, dans lequel, d’une façon détournée, fut condamnée la foi catholique par 300 évêques. Ruffin (livre 10, chapitre 10), Socrate (livre 2, chapitre 29). Le troisième général est celui d’Ariminium en 363, sous le même Constance, en présence d’au moins 300 évêques. Ruffin (livre 10, chapitre 21), Socrate (livre 2, chapitre 29), Basile (épitre 5 à Athanase). Le quatrième est celui d’Éphèse 2, au temps de Théodose junior, en l’an 449, dans lequel a été tué, par la faction de Dioscore, Flavien, évêque de Constantinople, pendant que fuyaient les légats du pape Léon 1. Ce concile confirma l’hérésie d’Eutychès. Ce synode a été condamné par le pape Léon dans ses épitre au clergé et au peuple de Constantinople, à Théodose, et à Pulchérie, qui sont les 22, 23, 24, 25ièmes. Voir le bréviaire de Libératus (chapitre 12), Évagre (livre 1, chapitres 9 et 10). Le cinquième est le concile de Constantinople sous Léon l’Isaurien, en 730, contre les saintes images, en la treizième année de son règne. Ce concile est réprouvé, car aucun patriarche n’y participa à l’exception de saint Germain, qui cependant ne consentit pas. C’est pourquoi il fut éjecté de son siège de Constantinople. Le sixième est le concile de Constantinople sous Constantin Copronyme, en l’an 755, auquel participèrent 755 évêques, mais aucun patriarche, à l’exception du pseudo évêque de Constantinople. On définit, dans ce concile, qu’il fallait abolir les images du Christ et des saints. Ce concile a été réprouvé par le synode 7, acte 6. Au sujet de ces deux conciles de Constantinople, voir Paul diacre (livre 21 et 22, des choses romaines), et Zonara (dans ses annales).

Il est à noter que ce synode est faussement appelé par certains le troisième concile d’Éphèse, comme par l’auteur de la somme des conciles (au début du synode 6) et par Sixte de Sienne (livre 5 de la bibliothèque sainte, annotation 247). Car tous les anciens lui donnent le nom de Constantinople, comme cela parait clairement par le titre du concile, qui a été inséré dans le concile 7, acte 6. La cause de l’erreur semble avoir été la suivante. C’est l’évêque d’Éphèse, Théodose, qui présida à ce synode profane. Le septième est le concile de Pise, en l’an 1511, convoqué par l’empereur et le roi de France et d’autres cardinaux contre Jules 11. Il a été réprouvé peu après dans le concile du Latran sous Jules 11 (sessions 2 et 3). On peut compter comme huitième concile celui de Wittemberg, que les luthériens appellent général, qui eut lieu en présence de 300 pasteurs, et qui a été présidé par Luther, en l’année 1536. Voir Cochlaeus dans les actes de Luther, et Surium dans son commentaire sur les choses accomplies sur la terre en 1536.

CHAPITRE 7

Les conciles en partie confirmés et en partie réprouvés

Le premier concile à moitié confirmé et à moitié réprouvé est celui de Sardaigne en l’an 351, au temps de Constance et de Jules 1, en présence de 376 évêques. Parmi ces évêques, les 300 évêques occidentaux confirmèrent la foi catholique, comme l’explique saint Hilaire dans son livre des synodes; les évêques orientaux qui restaient ont souscrit à la foi arienne. Voir Socrate (livre 2, chapitre 16), Sozomène (livre 3, chapitres 10 et 11 de son histoire) et Théodoret (livre 2, chapitres 7 et 8).

Le deuxième est le concile de Smyrne, qui a été célébré cinq ans après celui de Sardaigne, c’est-à-dire en l’année du Seigneur 356, sous le pontificat du pape Libère et pendant le règne de Constance. Dans ce concile, deux formules différentes de foi furent éditées : une composée en grec par Marcus Aurethusius qui subit ensuite un illustre martyre sous Julien, qui semble celle que présente saint Hilaire dans son livre sur les conciles, et qu’il appelle catholique. D’autres en composèrent une autre en latin qui est tout simplement blasphématoire, et que rejette saint Hilaire au début de son livre. Dans ce même concile, l’hérésie de Photius fut condamnée, et cette condamnation fut approuvée par toutes les églises. Voir Socrate (livre 1, chapitre 24), Sozomène (luivre 4, chapitres 5 et 6). Voir aussi Épiphane (hérésie 71) qui semble avoir pris Sardaigne pour Smyrne. Le cinquième est le concile quinisexte, dans lequel sont contenus les canons de Trullo. Car on apprend des réflexions de Tharasius sur le septième synode (acte 4) que le synode 6, célébré au temps de l’empereur Constantin 1V, n’avait édité aucun canon; mais, qu’après quelques années, au temps de Justinien, les évêques sont retournés à Constantinople, et ont, dans le palais appelé Trullo, composé 102 canons dit trulliens. Ce concile a été appellé par Balsamonus quinisexte, parce qu’il n’est ni le cinquième ni le sixième concile, et qu’il a ajouté des canons au cinquième synode et au sixième. On n’est pas absolument certain de la date de ce concile, car Théophane, qui est un historien, citant François Turrianus (dans son livre du synode 6), enseigne que le concile a été célébré 17 ans après la fin du vrai synode 6, la deuxième année du règne de Justinien. Mais Tharasius (dans le synode 7, acte 4) et Épiphane, dans le même synode (acte 6, tome 1) disent que c’est cinq ans après la fin du concile que les canons ont été composés, ce qui semble plus probable, car autrement, je ne verrais pas ce que fut ce synode erratique de Constantinople qui eut lieu au temps de Justinien et du pape Serge, et qui a été réprouvé par le pape, comme le rapporte Bède le vénérable (dans son livre des six états), Paul diacre (livre 6, chapitre 4), Othon Fringensis (livre 5, chapitre 13), Rheginon (livre 1), et Adon de Vienne (dans sa chronique, en l’an 17 après la dissolution du concile. Car, 27 ans après la clôture du concile, ce n’est pas Serge qui était pape, mais Constantin. Et il est certain que Bède et Tharasius sont plus anciens que Theophane, d’autant plus que Bède vivait au temps où Serge était pape.

Ces canons nous disons qu’ils sont partiellement approuvés et partiellement réprouvés, parce que le pape ne fut présent, ni en personne, ni par ses légats, quand ces canons furent votés. Et le pape Serge qui régnait à ce moment, réprouva explicitement ce synode erratique, comme le dit Bède le vénérable (dans son livre sur les six états au mot justinien). Ils ont été aussi approuvés en partie parce que même si, par eux-mêmes, ces canons n’ont aucune valeur, quelques-uns d’entre eux ont été par la suite approuvés par le pape ou par d’autres conciles légitimes, comme le canon 82 sur la peinture des images. Ceux qui ont été reçus pas Hadrien et par le synode 7, comme on le voit par les actes 2 et 4 du septième synode. Revoir ce que nous avons dit contre ce synode quinisexte (cinq-sixième), dans le livre 2 du souverain pontife (chapitre 18). Le quatrième est celui de Francfort, célébré en l’an 794, près de Reins (livre 2) par le pape Hadrien 1 et Charlemagne, roi des francs. Ce concile a été confirmé par le pape seulement là où il définit que le Christ n’est pas fils adoptif de Dieu. Mais le souverain pontife réprouve l’autre partie du concile qui taxe d’erreur le septième concile œcuménique. Voir ce que nous avons dit là-dessus dans le livre 2 des conciles, chapitre 9.

Le cinquième est le concile de Constance qui réunit presque mille pères, dont plus de 300 évêques. Il fut commencé en 1414 sous Jean XX111, et prit fin en 1418 sous le pape Martin 5 et l’empereur Sigismond. À cause des premières sessions où il a été défini que le concile était supérieur au pape, il a été réprouvé par le concile de Florence, et par le dernier du Latran. Mais les dernières sessions de ce concile sont reçues par tous les catholiques, ainsi que tout ce qu’a approuvé Martin 5. Le sixième est le concile de Bâle, commencé en l’an 1431, et continué à Bâle, et ensuite à Lausanne jusqu’à l’année 1449. Le pape arrêta alors et condamna ce concile, ainsi que le pape Félix V qui avait été fait pape, de façon schismatique, par le concile. Voir les actes du concile et la bulle de Nicholas V. Aucun décret de ce concile n’a été ratifié ou approuvé, sauf certaines dispositions qui concernent les bénéfices ecclésiastiques, faites par le concile et approuvées par le dit Pape Nicolas V. Mais le concile lui-même a été réprouvé par le dernier concile du Latran (session 11).

CHAPITRE 8

Le concile qui n’a été ni manifestement approuvé, ni manifestement réprouvé.

Le concile qui n’est ni approuvé ni réprouvé semble être celui de Pise en l’année 1409. Il a déposé Grégoire X11 et Benoit X111, et élut Alexandre V. Saint Antonin (3 part tit 22, chapitre 5, versets 2 et 3 de sa somme historique) déclare que ce concile fut illégitime et non un vrai concile ecclésial. Ce que les circonstances semblent démontrer, car c’est pour enlever le schisme, qu’il a été convoqué. Mais loin de l’enlever, il ne fit que l’augmenter. S’il avait été, hors de tout doute, réprouvé, Alexandre V1 ne se serait certainement pas appelé le sixième de ce nom, mais le cinquième. Ajoutons que l’opinion commune est à l’effet qu’Alexandre et son successeur furent de vrais papes. Et il est certain que parmi les trois qui se disaient alors papes, ces deux étaient reconnus comme vrais papes. Pour chacun de ces conciles en particulier, voir les tomes des conciles, et le décret de Gratien (dist 16, canon synode 6, et dist 20, canon des guerres, ainsi que la chronique d’Onuphrius, et le second livre de la chronologie de Genebrard.).

CHAPITRE 9

L’utilité et la nécessité de la célébration des conciles.

Après nous être acquittés de ces pré-requis, il faut expliquer en quoi consistent les conciles. On peut les réduire à quatre causes : la cause finale des conciles, la cause efficiente, la cause matérielle et la cause formelle. Commençons par la cause finale, qui est la première des causes. Nous exposerons d’abord les raisons pour lesquelles les conciles sont convoqués. Nous nous demanderons ensuite si la convocation d’un concile est nécessaire, ou simplement utile. Nous énumérerons enfin six raisons pour lesquelles on convoque des conciles.

La première cause est une hérésie nouvelle, c’est-à-dire qui n’a pas encore été condamnée. Et c’est pour cette cause que furent convoqués les sept premiers conciles généraux. L’Église a tellement vu dans les nouvelles hérésies un grand péril pour la foi qu’elle n’a pas pensé pouvoir y résister efficacement sans que tous les princes de l’Église joignent leurs forces, et forment une armée capable de se ruer sur les ennemis de la foi. La seconde cause a été le schisme entre les pontifes romains. Et c’est pour cette raison que fut célébré un concile au temps du pape Corneille, un autre au temps du pape Damase, ainsi qu’au temps de Symmaque, d’Innocent 11, et d’Alexandre 111. Et au temps de Grégoire X11 et de Benoit X111, celui de Pise et de Constance. Car il n’y a pas de remède plus puissant qu’un concile, comme la preuve en a été donnée plusieurs fois. La troisième est la résistance à un ennemi commun à toute l’Église. C’est de cette façon qu’ont été convoqués des conciles pas Urbain 11, Calixte 11, Eugène 111 et par d’autres pontifes, pour la guerre contre les Sarrasins. Des conciles ont aussi été célébrés pour déposer des empereurs, comme Grégoire 111 contre Léon 111, Grégoire V11 contre Henri 1V, Innocent 1V contre Frédéric 11.

La quatrième cause. Si on soupçonne le pape d’être un hérétique, ou un tyran incorrigible. Il faudrait alors convoquer un concile soit pour déposer le pape s’il était convaincu d’hérésie, soit pour lui faire une remontrance, s’il parait incorrigible dans sa conduite morale. Car, comme on le dit dans le synode 8 (acte ultime, chapitre 21), les conciles généraux peuvent s’enquérir des controverses suscitées autour du pontife romain, mais non porter audacieusement un jugement sur lui. Ne lisons-nous pas qu’un concile a été convoqué dans les causes du pape Marcellin, de Damase, de Sixte 111, de Symmaque, et Léon 111 et 1V, et qu’aucun de ces papes n’a été condamné par un concile; que Marcellin s’est lui-même imposé une pénitence devant le concile, et que les autres se purgèrent ? Voir Platina, et les tomes des conciles. La cinquième cause est le doute sur l’élection d’un pontife romain. Car, si les cardinaux ne pouvaient pas ou ne voulaient pas créer de pape, si tous périssaient ensemble, ou si un doute persistait sur ceux qui étaient qualifiés pour procéder à une élection, on devrait renvoyer l’élection d’un nouveau pape à un concile général, même s’il n’est pas vraisemblable qu’une semblable hypothèse se réalisât jamais. La sixième est la réforme générale des abus et des vices, qui pénètrent dans l’Église. Même si le pape peut, à lui seul, prescrire des lois valant pour toute l’église, les choses se font plus harmonieusement si c’est avec l’approbation d’un concile général que le pape impose ces nouvelles lois. Voilà pourquoi nous avons vu que presque tous les conciles passent des lois sur la réforme des mœurs. Voir, à ce sujet, Jean de Turrecremata (livre 3, chapitres 9 et 10).

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