Politique tirée de l'Écriture sainte (page 10)
monde , par ces paroles de Lamech , do ia race de Gain, à ses deux femmes Ada et Sella (5) : n Eco u Lez ma voix, femmes - n de Lantech ; prêtez l’oreille a mon discours* J’ai e tué un homme pour mon malheur ; et un jeune * homme dont la blessure me perce moi- même. On » prendra sept fois vengeance de Caïn* et de Lame ch » septante fois* » Les hommes s’accoutument an crime, et l’habitude de le voir le leur rend moins horrible* Mîiis. il o’en est pas ainsi du la justice* La vengeance s’appesantit sur Lantech, qui, bien éloigné de profiter de la pu¬ nition de Caïn un de ses ancêtres, et de s’éloigner du crime par cet exemple domestique , semble plutôt avoir pris Caïn pour son modèle* La juste sévérité que Dieu fait éclater si visible^ ment dans les saints livres , quand les crimes se sont multipliés , et sont parvenus jusqu’à un certain excès, doit être en quelque sotie le modèle de celle des princes dans le gouvernement des choses hu¬ maines* (1) HL Reg. 1. 5^ 6. —f fa)/, lîeg ni. jy. >4 seq* £3) Gm* iv* r£à t POLITIQUE ARTICLE Y Les obstacles à la justice, FUGFÜSmOüï. Premier obstacle : îa corruption et (es présmi w N’àybz point d’égard 'au s: personnes ni aux pii » sens ; car les présens aveuglent les yeux des sageir « et changent les paroles des justes (ij. » ■ Moïse ne dit pastis aveuglent les yeux des médians, et ils en changent les paroles. 11 dît : Ils aveuglent h yeux des sages, et ils changent la parole des juslcs. Auparavant, le juge parloit bien ; le présent est venu, et ce n’est pins le même homme; une nouvelle jm prudence j que son intérêt lui fournit, le fait change de langage. Ce ne sont pas toujours les grands jm sens qui produisent cet effet; les petits , donnés r propos, marquent quelquefois un secret empre s s enter d amitié, qui incline et gagne le cœur. Ceux qui sont, par leur dignité, au-dessus de et genre de corruption, ont d’antres présens à eraiodfl. les louanges et les flatteries. Qu’üs se mettent blet dans l’esprit cette parole du Sage (2} : « Ne louez pcM »
l’homme avant sa mort. » Toute louange donné! aux vî vans est suspecte. « Aimez la justice , ù tous qui » jugez la terre (3). a Ne soyez point le jouet d’uis subtil flatteur. Les services rendus é l’Etat sont encore une autre manière de séduire les rois. « Ne regardez point h 55 personnes, » dit le Seigneur. Les services deman¬ dent une autre sorte de justice, qui est celle de la ré* compense. Prince, vous la devez; mais ne payez pas cette dette aux dépens d’autrui. CO 'Veut, xvu h*. — (2) EccL xi. 3o. — (3) JVp. 1. 1. TltVEE DE l’ÉCMIHKE. LIT. tllf. 3»'{3 11e ïROPOSITION. La prévention : second ôbstacleC'est anè espèce de folie qui empè clic de raisonner** „ Le fou n’écoute pas les paroles du prudent (ij , » et ne veut entendre autre chose que ce qu il a dans son cœur. , L'homme prévenu ne vous écoute pas; d est souru ♦ la place est remplie, et la vérité n’en trouve plus. Salomon opposait à la prévention cette hum e prière : « Donnez à voire serviteur un cœur docile* Et * Dieu lui donna un coeur étendu comme le sable de la mer (a) » capable de tout* L’esprit du prince doit être une glace nette et Unie, où tout ce qui vient, de quelque cote que ce soit, est représenté comme il est, selon la vérité* 11 dans un parfait équilibre ; U ne se détourne ni à droite ni A gauche (5)* C'est pour cela que Dieu l’a mis au faîte des choses humaines; afin que, libre des attaques qui lui viendront de ce qu'il a au-dessous de lui, il ne reçoive des impressions que (l'en haut }c est- adire de la vérité. * Âpprenez-moi, Seigneur, la v fr¬ it rite, et la discipline, cl la science (4)- Il y a deux moyens d'éviter les préventions. L un est de considérer que nos jugemens seront revus par celui qui dit ; « Je jugerai les justices (5). » Entrez dans l'esprit du juge supérieur, cl dépouillez- vous de vos préventions* . L'autre moyen : « Jugez du prochain par vous- « même (fi), » Ainsi , sorti de vous-même , vous ju¬ gerez purement-, et vous ferez comme vous voudriez qu’on vous fît. III4 PROPOSITION.
Autres obstacles : ta paresse et la précipitation* h Ayez les yeux dans votre tête* Soyez attentif : . (i) Prw. *viil a, — (a) IIL Reg. (3) IkuL v. 3a — (4) P$> cxviiï. 66, — — (6) JSccl. xx xi , 1 8 T ni. g. iv. 39. — (5) Ibid. LxxïVi 3. rontiQttï ” Ct que Pa,,piéres précédent vos pas fil. „ q0 n^-vons le temps de considérer : ne précipiter» JU^'1Rcn! -' nc ceignez pas la peine de penser' ‘ Vli mii|c impatient ne peqt rien faire à propos » et n’opère que des folies fa). » lPh i»ospr>nitreSf*e Ct * !" le prince doit op. S e .m ^lan“- Nûus <"4 e mâl,eie (3)* et J est mutile de h répétera ive raorosmoK. Xæ pitié et 'la rigueur* dnMp&?‘Niîeî%^ânne fn.'^cmc,,î’ Pas mène ‘ Panitt. INous lavons déjà vu. „ Rendez mini * to^Ie«ent œil pour œil/dent pour Tnt Z cfllé° GW d ” T°UrneZ vo!re pilié d’un Ln ZZ1 d" Oppresse, et du peuple qui souffre Co|££rmeS !njUSleS ^ Vifn£> faut .voir D’autres penchent toujours à la rigueur. Mais vont prince, ne vous détournez ni à droite ni à gauche On se détourné vers la gauche, lorsqu’en tendant au i v chement et à la mollesse, on aLbiit la sévÏS la Z. '., n,c folt Pas mieux en se détournant vers gueuÆbif “ P0USam lr°P Ioin]a/i' dnnn ^ * U'T'er k ,0rt’ f;lit so"vcnt qu’on k donne a qui ne I a pas. On vent déterrer les auteurs ï Zw V’ Plut0‘ T dü les ^ impunis en en charge 1 innocent. La justice alors devient une oppression. Mais le Sage a dit : . Celui qui Ion! „ "P11 j et celui qui condamne le juste, l’un el 1 autre est abominable devant Dieu (5). „ T4 P&QPO&mOX. La colère. La colère est une passion des plus indignes du prince. n™- «v. =5. -(a) Prv,. x,v. 17.- TIREE DE l’eCRITURE. EIV. Tl II* On doit s’exercer à la vaincre , quand on aîme la jus¬ tice, dont elle est Temiemie. « L’homme patient est » il référé au courageux : et -Celui qui surmonte sa co- » 1ère, vaut mieux que celui qui prend pesTilleS ( ij. » L’empereur Théodose le Grand avoit bien compris cette maxime du Sage. Ce prince tact de fois victo¬ rieux, et illustre par ses conquêtes, encore qu it tut naturellement d’unè colère impétueuse, profita si bien des conseils de saint Ambroise , qu’à la fin , comme dit ce Père (3) , il se lenpit obligé quand on le pnoit ,1c pardonner; et quand Héto.it ému par un sentiment plus \ il' de la colère , o’étoit alors qu’il se porto U plus facilement à la clémence.
y i* paorosmoK. Les cabales et l a chicane, a Rompez les liaisons dos impies ( des hommes n injustes ) : ne permettez pas qu'un accable I umo- » cent; et ôtez-lui cette charge trop pesante à ses n épaules (3). » Soyez en garde contre la protection que trouvent les richesses, 'abandonnez pas le pauvre sOus pré¬ texte qu’il n’a personne qui prenne en m tîn sa dé¬ fense. C’e^t l’effet du crédit et de la cabale. « Le B ru;he a fait quelque outrage ( à im innocent ) , et » il- frémit. ïl est le premier à se plaindre et é me- » nacer. Le pauvre , au contraire , quoique ojfoiise b et outragé , n’osera ouvrir \w bouche ,(4j* 11 Veillez doncj et pénétrez le fond des choses, vous qui aunez la justice# , . , Pour les cl de a ncs j il est écrit (o) « Qm aime les s procès y aune sa ruine. » Lt la justice les doit réprimer, pour sou propre bien* aussi bien que pour celui des autres. (i) P/w, XV t. 3s. —(2 )/fmbr. de cbttu Tftfodos. omt, n. 1 3 ; 10m . ii, col. îaoi.— (3) haù zyiinG*— (4) EccL xiu. 4, — (5) Pivi\ a.V U. 19* fOIITlQÇf TJI^ PROPOSITION, Les guettes, et la négligence. Trop occupé de la guerre, dont faction esfsi'viw on ne songe point à Ja justice. Mais il est Jg DiHjQj au milieu de tant de eiipr-rpc ai ^ ■, qu’il combat toit les Moabiies, les Ammom^l! ^ns, les Philistins, Jcs Idu^éens, emmS.r ennemis : « David faisoit jugement et justice à ï » son peuple (i). . C’est ià régner véritnlden, que de fatre régner la justice au milieu du un ce scitSUGrrC5 " SOrtC qU’eüe ^ man<)ue à qui ; rwVf SOieri:X °rdinairemen‘ de rendre la juslfc dans les grands lieux : et on la néglige dans les vilte d'»„ Î7 ''•* "r* "*«■ « 2»«S», iS ecm d an bon roi* cest Ezéchlas dont il parle au’r son temps, « le jugement habimit dans la sol du de » lieu^M ),,a!Icf,le,loit sa séance dans les grandi l1, W* ”, Tu d appelle le Carmel, selon 1W; i ^‘igue s amie. La justice éclairoit jusqu'au* lietn les plus ecar.es : les pauvres sentoienUon secouS J abondance ne corrompoit point ceux qui la rendaient Yin* proposition* Il faut régler les procédures de ta justice .
"V°U8 Pousuivrez justement cc qui est juste (S).» Ce SuSnarTs*! aVOir ^ if faut «°0« le pour- “ 2 t0l,MS T0,efVans fraude, sans détout, MBS vio cnce, sans se faire justice à soi- même, ma.s en l’attendant de la puissance publique. ïvo iy7/‘ neg‘ Vllil' i5* — W huL ***«■ tG. — (3) Dtllt, UE L^ECKlTlTiLE» L1V* IX. LIVRE NEUVIÈME. des secours de la royauté. psaumes; les richesses, ou les finances; les conseils. ARTICLE PREMIER. De la guerre , et de ses justes motifs- , généraux et particuliers, lfe PR G POSITION. Dieu forme ies princes guerriers. C’est ce qui fiiit dire à David : « Rénî soit le 5e iTi grieur mon Dieu, qui donne de là force u jnes( y bras pour le combat ,, et forme nies mains a la » guerre (i). » n' proposition Dieu fait un commandement exprès aux Israé¬ lites de faire la guerre. Dieu ordonne à son peuple de faire la guerre a certaines nations. ■; , Telles éloient les nations, dont il est écrit (a) : « Vous détruirez devant vous plusieurs nations : le a Bétheen, ïe Gergéséen , rAmonliéen, le Cliana- » néen, le Pberésceii, ïe lie Vécu, et le Jébuséen : n sept nations plus grandes et plus fortes que vous; „ maïs Dieu les a livrées entre vos mains,; afin que h vous les exterminiez de dessus ïu terre. Y oiis no fü- b rez jamais’ de traités avec elles, et vous n en aureï » aucune pitié. » (i) Pst c^Liiii i. — (a> ftrnf. yii. i , 3POLITIQUE l'jt encore : « Vous ne ferez jamais Je pais üv« , 2e? : et J0UJ m ,el!r aucun bien Jurant touj Vo raT V°tre We ' *» (o*"e l’éternité ) . , ^e .fuerre n toute outrance, à feu et A LL rreconciJ inble, commandée au peuple de Dieu ' privé6 de^^*10' |Si>Üi estPllili miséricorde, « prne Je la royauté, pour avoir épargné le^ Ann de Dieu? ’ U" Je CtiS JJei,p!M Cliananéens maudis nl* PROPOSITIONDieu avoü promis ces pays à A braham , et à a postérité. Abra].8amdfl^?IeS d'int ,C Sei«"e"r «Toit promis i Abi aham Je lui Jonner fe pays, par ces paroles fâ)- * l9 yeux> et “’agarJe depuis le lieu où ta < ” * J? don™™ ^ufe la terre qui est devant' loi ,1 *' mdi, et au nord , vers l’orient et vers l’occident " fljr,alia,n’ -lufjd(4)- rJonlraTf ta postéS »
toute cette terre, depuis 1e Nil qui arrose l’Vyptt » ' Se!! S l CIITCfEu|,1‘ral' : lRS CiQêeSifii tient de nof;îeSrAm°rrheenS> “ at *« IVe PROPOSITION, Dieu voulait châtier ces peuples, et punir (eut impiété. men^m na‘ÎOns ahoi™iles * et dès le corna tû"te S(,rte d’idolâtrie , d’inSSn^i’T et.e8;,r?“ maudite depuis Chain et U anaan à qui la mahee avoit passé en nature, par £ H .‘î "f : 5 “rompues. Comme il est écrit dans J a ^iloesse (5J : « Seignèjur^ yous les aviei ïïtu, 6. " (2) / XV. 7 , 8, q, et seq, - TIREE DE L* ÉCRITURE- LiV. IX, 34$ » en horreur* parce que leurs actions étaient odieuses, » et le iirs sacrifices exécrables. teapeuples immolaient « leurs propres en fans à leurs dieux; ils n epargaoient » ni leurs hôtes ni leurs amis ; et vous les avez perclus 3> par k main de nos ancêtres , parce que leur malice » étoit naturelle et incorrigible, » Tels étaient , dit le Saint-Esprit dans ce divin livre, les anciens habitons de la Terré Sainte, Et c’est pour¬ quoi Dieu les en chassa par un juste jugement, pour la donner aux Israélites* ■y* proposition. Dieu avait supporté ces peuples avec une longue patience* « Les iniquités (les AmorrKéSis ne sont pas encore » accomplies, » dît le Seigneur A Abraham (0*. Quelque volonté qu'il eftt de donner à un serviteur si Gdèle et si chéri, l’héritage qu’il avoit promis à sa foi ; il en suspend la donation actuelle, par un conseil de miséricorde. Mais encore combien durera ce délai? Quatre cents ans, dit-il (a) ; pendant lesquels il exerce la patience de son peuple, et attend ses ennemis a la pénitence. En attendant, dit-il, «Tes enfant seront affligés quatre ï> ce nis ans. » Tant il a de peine à déposséder de leur terre, des peuples médians et maudits. , Arbitre de Tunivers, qui vous obligeait à tant de ménagemens, vous qui ne craignez personne ? comme il est marqué dans le livre de la Sagesse (3). *Et qu a- ïï voît-onàvous dire, quand vous eussiez fait périr » une des nations que vous avez faites? Mais c est b que vous voulez montrer que vous faites tout avec »
justice, et que plus vous Otes puissant, plus vous ïi aimez ù pardonner. » (i) €cn. xv, i&- - (a) Ibid. l3, - (3) Sap. ni. i3, i4, j5j i G. 35o miffQiit vtc morosiTio>\ mTamaTL!Z ,?we t’0? d^rède {cs rien (Js ***» *" b(e- <!rfjïf #>f ,ïo i ur P tUfj ^Ien De se sert pus de ce fc-fj iZT* sou verain > P««r «pfeS é sîble^et U .. .l !1’5)'"1 e"ta|roi^,t ]a jouissance pnipeuele nfJ^ 60 .deP0B, fc» 1KI!U le dorme,- à son P (’Vet p . un juste châtiment de leurs crimes àâ&B*ÏÏ "T ^ d— cet ordre ex,* » vnt e ' 1 ' ' ' * '0îtï Passerez par les confins de la société Ve” t?utes l°ls du commerce et de » t int er il 005 fc ie[frez Ieurs vivres argent comai £’ VTKZ )I,SquV‘ r“« ^'c vous puise, 4 - av cû lfP,U 'S-et qUf V0US ( Sans un » SüTlemÆr^f 51 rafC VüUS ne Passerez , ,j& » détourné 1 ,te ’ «ois vous prendrez un cl, e min avec eü™ FUr ‘W°| occasi°u de querelle « monite:™ Cnr»ics M'êtes et les An,- onneSf j> descendans de Lot cousin d’Àbrah-nn • cS£ri,de ï,“" '-r™— n ™; » iSï Eiff ,“",'"1 «U c,r i' »« >»•'* <!»»• . f :.r rs; î ‘e m ** *» * « t]K ts des gtanb, et d autres noms odieux (S), qui, ■'»; £ »“„fs-.v _ w »* * TIRÉE »B L-ËCEITCKE, ht. IX. 33» dans le' strie de l’Ecriture, signifient des hommes robustes et de grande taille, mais sangmmmes, mjustes, violons, oppresseurs et rtnsgun. Et 1 Ecri¬ ture le marque , pour montrer que > eu ^oit livrés ù une juste vengeance, quand il les chassa de leurs terres ; encore que ce ne fût pas avec un com¬ mandement aussi exprès, et une providence aussi par¬ ticulière , qu’il la fil paroîlre ù son peuple dans la couo ut" te de la Terre Mainte, , . t En un mot, Dieu veut que l’on regarde les terres comme données par lui-même à ceux qui les ont pre¬ mièrement occupées , et qui en sont demeures en pos¬ session tranquille et immémoriale ; sans quil soit permis de les troubler dans leur jouissance, ni d in¬ quiéter le repos du genre humain. 1 Dieu veut aussi que l’on conserve le souvenir de la parente, et des origines communes , si éloignées qu’elles soient.
Ainsi, quelque éloignés que fussent les Israélites de Lot cl d’Esaii, et même sans considérer qii Esau avoitété un mauvais frère, il veut toujours qu on se souvienne des pères communs, et qu Esati comme Jacob venoit d’Isaac : parce qu’il est le pere et le protecteur de la société humaine; et qu il veut taire respecter aux hommes toutes les liaisons du *;in.ç> pour rendre, autant qu’il se peut, la guerre odieuse pur toute sorte de litres. tii" proposition. Il y a c Vautres justes motifs de faire ta gué, fre : 4cs actes d* fiostiUté in jusH'S 3 te refus du passage demandé à des conditions équitables , le droit des gens vio lé en ta personne des ambassadeurs. Outre le motif du commandement exprès’ de Dieu comme juste juge * qui ne paroi t qu 'une lois dans l’Ecriture j eu voici encore dJautrcs. Quatre rois conjurés entrèrent dans le pays du roi de Sodome > do roi de Gopaorrhe^ et de trois autres BOUTIQUE »«Sem(i^TSiS fTl vîclor!c,is’ «I ca?‘f * Pa,,'.W lesquels étoit Lut, ^evei^ït^ qui demeuroij dans Sodorne. Mais Dil* i * A'*î?ham > Pare lln littérateur, Son oncï ^ ces ravisseurs, 1rs tailla f„ n AL i;un P° «suivit femmes captives avec un pl?ce,sJ ramena Lot , les le butin. Dieu a«réa sa Jnnj°lîlb!'^1e et tpyt son grand pontife ]e célèiire Me/rfeV^ 'i Lé',iir par excellente iigure de Jésus-Chrfi1 ^ ^ la pIus rencontre *des Iméîites'1 'nonr "î*1 ù ma'“ arm6e à 1* taillèrent en pièces nmP C9 attWî « le lui prirent soixante ^villes nnT ??l'e1sse,,r '“juste , et murailles et de leurs tours (‘,f ° L' îl!ïuteui' <le leurs j ustes. t^po u r 'ferefus'd if passage Hf^ in" goitreux, mais juste 0uV.n m f i if tl,mmierit «i ^ÜVSg"* roi d m' “ Séhon^dfeS^i?* de* * » SÎble légation ) ■ Noos n i ^ fulre celtepai- » mais nous ne prendrons a a" 1 f0P Volre kTre> » droite ni à gauche • f c“n$t°«r suspect, ni j » chemin v,m,feT ’ nûus marcherons dans le grand » seul passage. » >ous Ornions que k * ssêr?”** peuples (â) « f1 v,ci * ^er,L e *ucc tes attires » ;lr'"4- !'■ — * arrêter*^™»* , - i>LH,b ntî voulons po ut »
d iu V ja I ^ TÛIJ,UtlS (111- ' cuir jusqu’au Jourarjrra: r'* *"*■ • qu'on n’entreprenne nas le n * ‘ P',ur™ qu’on le demandé enn in- r^SS"'?C PMr lfl f°‘'ce, et clara justement la ^ if a ef|"'ta,)lo‘ Ainsi on di1 istement la guerre a Se],on , dont Dieu endurcit (O Gën. xîv. ï et TIRÉE CE l’ÉCRCTCRE* ’’ ^ le cœur, pour ensuite lui refuser tout pardon; et il fut mis sous le joug. . . Voilà donc deux justes motifs de Taire la guerre l’injuste refus du passage demande à des conditions équitables , et l’hostilité manifeste qui vous rend agresseur injuste. , , ‘ Il faut rapporter à ce dernier motif ce qu a fait le neuple de Dieu pour s'affranchir d’un joug injuste¬ ment imposé, pour venger sa liberté opprimée, et pour défendre sa religion par l’ordre expies «le D‘C n Et tel a été le motif des guerres des Macliabees, ainsi qu’il a été rapporté ailleurs (i). Enfin celui du droit des gens viole en la personne des ambassadeurs , est un des plus ira portails. u Nans, roi des Ammonites, étant mort, et son lits » étant monte sur !e trône, David dit : Je montrerai t e n l’amitié à Hanon, comme son père m on a tait » paroîtrè (a). » Les Ammonites, qui connoissoient peu le cœur généreux et reconnoissant de David , per¬ suadèrent à leur roi que ces ambassadeurs étoicnt des espions, qui venoicntreconnoîlrelcfoiblc de la place, et exciter les peuples à la rébellion. Ainsi il leur fit un traitement indigne; et, sentant combien ils av oient offensé David, ils se liguèrent conlre lui avec les rois voisins. Mais David envoya contre eux Joab, avec une armée, et marcha lui-même en personne, pour achever cette guerre, qui lui fut heureuse. C’est à quoi se réduisent les motifs de la guerre, qu’on nomme étrangère, qui sont marques dans l’Ecriture. (0 Ci-devant, lir. vi , art. ni, n* propos. , pag. 32S et suir. — (a) II. Seg. n, i, set stq. POLITIQUE ARTICLE IL Qtis injustes motifs de la guerre, re PROPOSITION. Premier motif ; (es conquêtes eunêaieum. Ce motif paroît bientôt après le déloge en la ».
mne de iNerarod , homme farouche, nui devient par son humeur violente, le premier des conqn t expressément marrni sl i .1 - v fu-una uuft cniHNi * (î). Mais il est expressément marqué, qu’il Ihk des enlans de Cluis, fils de Cham , le seùlÆenf!? de Hoe qui ail mérité d’clre maudit par son pète Le( titre de conquérant prend naissance dans «lit nu c . et I .Ecriture exprime cet événement, en di¬ sant « qu il fut Je premier puissant siirfû terre ; » c’e-1- •i-üire , qu il fut le premier que l’amour de la puis sauce porta ù envahir les pays -voisins. 1 II* PROPOSITION. Ceux qui aiment ia guerre, et ta font pour contenter leur ami ition, sont déclarés ei me¬ nus de Dieu. « Je redemanderai voire sang de la main de toute les betes, eide celles do tous les hommes qui au- îi ront répandu le sang humain , qui est celui de km » leies. v ci répandra le sang humain 3 son sang sera * parce que Lhommé est fait a rima^edo » Bien (a), n 0 Dieu a tant d'horreur des meurtres, et de la cru A ellJTSMm du san£ humain 5 qu’il veut en quelque façon qu on regarde comme coupables jusqu’aux bêtes qui e versent. JJ sembleroit, à entendre ces paroles, que Dieu vu o droit obliger lus animaux farouches a respec¬ ter 1 ancien caractère de domination qui nous a voit etc donné sur eux, quoique presque effacé par Je pc* (0 C'en, x- B? t), io, u. — (aj Ibid, îx. 5, 6. cl» ait jet TIREE UE l’ÉCEITERE. ht. IX. 5;'5 èhé. Le violement en est réputé aux bèl.ea comme ufi attentat : et c’est une espèce de pMilioQ J ^ iétit, de les rendre st odieuses, qu on ne qu’à les pendre et à les foire moum;. ta raison de cette défense est admirable ■ « L est» » di Jl que l’homme est fait à l’image Je ta. » Celte belle ressemblance ne peut trop partie sm la terre Au lieu de la diminuer par les meurtres » Dieu leut au contraire, que les hommes se multiplient : « Croisses» leur dit-il (.} , et remplis^ la One si ravir à un seul homme le présent dnm Ue C’«t attenter contre Dieu, qui a nus sur l’homme l’empreinte de son visàge^comb|en plus sorit détestables à ses yeux ceux qui sacnCent tant de lions d’hommes et tant d’en fan s innocents a leui »m biiion ?
nie pbopûsitioic. Caractère des conrjuércms ambitieux, tracé par le Saint-Esprit. Après que Nabuchodonosor, roi de Ninive et d’Assyrie eut défait et subjugue Arphaxad, roi des üiédes (a), « son empire fut éleve, et soiiecem ! lia : et il envoya à tous les peuples qui héament » dans la Cilicie, à Damas, vers fc L'h"sIySL » mel aux Arabes, aux Galtleens, dans les vastes I plaines d’Esdrélon , aux Samaritains, et aux envi- » ronsdn Jourdain, et à toute la tenede Jesat jus » qu’aux limites de l’Ethiopie. Il dépêcha ses envoyés „ à tous ces peuples , pour les obliger cte se soumettre „ à sa puissance Hais ces nations MojU» dateur » liberté) renvoyèrent ses ambassadeurs „ vides, cl sans leur rendre aucun honneur. Alors le „ roi d’Assyrie entra en indignation , et jura qu i! „ dé fen droit contre tous ces peuples, » ou plulo qu’il se vengerait de leur résistance. 4 Voilà le premier trait d’un conquérant injuste. Il n a pas plus tût subjugué un ennemi puissant, qu H croit (j) Gen, ix. 7. — (a) Judith, 1. 5, 6 et seij. POi.niQi"B q«e tout est à lui ; il n’y a peuple qu’il n’oppresse -J T si on refuse le joug, son orgueil s’irrite, il „e J) JtC' point d attaquer, il rroil avoir sur tous un droit l.p ” tune. 1 arce qu il est le plus fort, il ne se regarde k ’ comme agresseur; et il appelle défense, le desii * fjtT )f$ ïr TCS dcs Pci,P1l‘s libres. Comme si tV fl toit une rébellion, de conserver sa liberté contre „ ffuonésnmf-r Ptar,e Plf q"C, dc '**&'«*> # fc f guenes quil entreprend ne lui paroissenl qu'un, * juste punition des rebelles. Il passe outre : et, non content d’envahir tant d' pays qui ne relèvent dc lui par aucun endroit, il en ne rien entreprendre digne de sa grandeur, s’il ne* rend maître de tout l’uni vers. C’est la suite du car», tere de cet injuste conquérant. « La parole fut ij. » pan due dans le palais du roi d’Assyrie, qu’il se d- » tendron et se vengeroït. Et appelant ses ■ vicia » conseillers, ses capitaines et ses guerriers, il leur » déclara, dans une assemblée tenue exprès en par- »
ticulier avec eux, que sa volonté étoit de soumettre ” “ W«,c®PWe toute la terre habitable (i). » Ce a doit point un conseil qu’il demandoit à cetlt grande assemblée, il n’a pour conseil que son orgueil indomptable ; et, sans consulter davantage, pour en venir à 1 execution, « il donne ses ordres à Holoferae, » chef general de sa milice ( grand homme .de » guerre) : et, dn-jj, ne pardonne à aucun royaume, * “ V“c«ne Pla« forte : que vos yeux ne soient * touches d aucune pitié, et que tout fléchisse sons * ma lo r(a). » C’est le second trait de cet orgueilleux caractère. Ce ÿuperbe rot u a pas besoin de conseil ; rassemblée de ses conseillers n’est qu’une cérémonie, pour déclarer d une maniéré plus solennelle ce qui est déjà résolu, et pour mettre tout eij mouvement. Mais voici un dernier trait. C’étoit de ne respecter ni connoitre ni pieu ni homme, et de n’épargner au¬ cun temple, pas même celui du vrai Dieu, qu’il cùf (0 Judith, u. i, 2, 3, - (a) Ibü, 4, 5j g. tm ëë df l’kcmture, tir. ix. 35 j Voulu mettre en cendre s avec tous les autres , au mi¬ lieu de Jérusalem, Gtfr a il avoït commandé à Holo- » terne d’ex ter miner tous les dieux, afin qu’il n’y eût u de Dieu que le seul Nabiidiodonosor, dans toutesjj îes terres que ses armes fiuroient subjuguées (i). Gela se fait en deux manières i ou en s’attribuant ouvertement les honneurs divins, ainsi qu’il est arrivé presque a tous les conquérons du paganisme : ou par îeseiTets, lorsqu’ avec un orgueil outré, sans songer qu’il y ait un Dieu , on se rapporte ses victoires A soimême, à sa force, et à scs conseils, et que l’on semble dire en son coeur : « Je suis un Dieu, » et ÿe me suis fait mol -même : comme il est écrit dans le pro¬ phète (3). Ou, pour répéter les paroles d’un autre Nabncliodouosùr (3) : k N’est-ce pas IJ cette grande Babyione, » que j’ai bâtie dans la force de ma puissance , et dans » l’éclat de ma gloire, pour être le siège de mon em- * pire? fl sans songer qu’il y a un Dieu, à qui on doit tout. Tel est le caractère des conquérons ambitieux, qui, enivrés du succès de leurs armes victorieuses* se disent les martres du monde, et que leur bras est leur Dieu.
iv° proposition. Lorsque Dieu semble accorder tout à de tô/s conquémus 3 il leur prépare un châtiment ri¬ goureux . « J’ai donné toutes les terres et toutes les mers J a Nabucbodoncsor roi de Babjlone , mon serviw leur (‘4) > Dt ministre de mes justes vengeances. » Ce n’est pas à dire qu’il les ait données afin qu’il en fût le légitime possesseur : c’est-à-dire que, par un secret jugement, il les a abandonnées- A son ambition, pour les occuper et les envahir, llien S’échappera de ses mains : « et jusqu’aux oiseaux du cid ( c’est-A- * dire ce qu’il y a de plus libre), y tombera (5), » (1) Judith, in, i3,- — (a) Ezech. xxvm. 2, t)( — £3} Dan* iT. 27. *— Jcrem. xxyiï, b, — (5) Dan. 11, 38. 558 fOUTIQTS Voilà en apparence une faveur Lien déclarée \ m le retour est terrible, « Le marteau qui a brisé les n« « tîons île Fumvers, est brisé lui-même (i). Le S » gneur a rompu la verge, dont il a frappé le teste i a monde d'une plaie irrémédiable (a). Je tombe s » tei5 £> superbe 3 dît le Seigneur des armées :ir » jour est Tenu, et le temps où tu seras visité (par! n justice divine). Dieu renversera Babyïone, coto « il a fait Sodome et Gomorrbe , et ne lui laisse* a aucune ressource (5). Il n’y a plus de remède n ses maux \ son jugement est monté jusqu'il d eicux s et a percé les nues (4)* » y* rimrosiTiON* Second injuste motif de ta guerre ; te pillage. Ainsi s’armèrent les quatre rois dont on vient é parler (5) ; et ils enlevèrent le riche butin ? et les cap¬ tifs qu’ Abraham délivra. Si Ton souffre de telles guerres, il n’y aura plus di royaume ni de province tranquille. C’est pourquoi Dieu oppose à ces ravisseurs la magnanimité d’ÀbrjSam , qui ne se réserve rien du butin qu’il avoitfc cous, que ce qui appartéiloit à ses alliés, compagnon de son entreprise. Et au surplus, il ne veut pas qat personne se pftt vanter sur la terre, « d’avoir cnricli » Abraham (6). fl Souvent aussi Dieu livré ceux qui pillent à d'autres pillards. Ecoutez Isaïe (7). «r Malheur à vous qui pi!- j) ]ez , ne serez-vous pas pillés vous-mêmes?
Et vous » qui méprisez (toutes les lois de la justice, et crojret a p 0 u v o i r to u t vo ï e r i m p u u éme n L ) , ne se rez-vo u s pis a méprisés par quelque autre plus puissant que vous? » Oui, quand vous aurez cessé de piller, ou vous pib a Jera* Et quand, las de combattre, vous cesserai de (i) Je rem. l. a 3. — (2) /s ai. xiv. 5 , G . — £ 3 ) Jemu. 1. 3 ï , 4°- — (4) li . 9. — (5) Gcn. xiv, 9, ] c t 13. ü- devafii 1 an. 1 , vm propos. , pag. 35i- - — ■ (G) Ibid. dS, «|. — ■ (7) JW, xsxiu. i. TIRÉE Î>E l’ÉCRITTWVE* LfY* IX. 5% b mépriser vos ennemis ( au milieu des périls d’une n guerre injuste), vous tomberez dans le mépris* » viB proposition. Troisième injuste motif ; la jalousie . « Isaac s’énrîçbit, et sa puissance allait toujours » croissant , jusqu’à ce qu’il devint très-grand : et » alors les Philistins, lui portant envie, exercent * contre lui des hostilités et des violences injustes. b Et le roi du pays lui fit dire : Retirez-vous, parce « que vous êtes devenu beaucoup plus puissant que a nous (i). » Quoique cette raison de lui nuire ffit basse et injuste, il céda pour le bien de la paix , se retirant dans Je voi¬ sinage : et Paifaire se termina par un traité de paix solennel, où ses ennemis reconnurent le tort qu’ils avoîent et Je bon droit d’Isaac. vir proposition. Quatrième injuste motif : la gloire des armes , et (a douceur de ta victoire* Premier exemple. Il n’y a rien de plus flatteur que cette gloire mili¬ taire : elle décide souvent d’un seul coup des choses humaines, et scmbJn avoir une espèce de toute-puis¬ sance, en forçant les évéuemens ; et c’est pourquoi elle lente si fort les rois de la terre* Mais on va voir combien elle est vaine. Amasias, roi de Juda, avoit remporté des victoires signalées contre Pldumée, et en avoit pris les forte¬ resses les plus renommées* Enflé de ce succès, « il » envoya des ambassadeurs à Joas , roi d’Israël , pour » Jui dire (a) : Venez, et voyons-nous (à main ar- » mée; éprouvons nos forces). Joas (plus modéré) »
lui fit répondre : Vous avez prévalu contre les en- » fans d’Edom, et votre coeur s’est endé : contentez- (i) Gerié xxyi. 13, ijçtsccj.— (a) IF* lîeg. 3 et seq* 55o somtQç* » tous Je celte gloire 3 et demeurez en repos. H » quoi voulez-vous tous attirer un grand ma!, ettoin >3 » ber tous et votre peuple sous nia main ? Amrisi- ^ » n’acqtiïeâÿà pus A ce sage conseil. Le roi d’Isruj ïi ‘ marcha : ils se virent > comme Àmasias l'avoit pr ?> posé, A B^thsamés , ville de Juda. Ceux de M, « lurent battus , et prirent la fuite : Joas prît km&m » elle ramena dans Jérusalem, cl fit démolir quafo » cents coudées de murailles de cette ville royale) t î> en enleva tout l’or et tout l’argent qui s’y trouva! » et tous les vaisseaux la maison du Seigneur (A » celle d’Obédcdon, ou Marche ave il reposé du temp » de David) , et do palais ; et prit des otages , etc- » tourna à Sain a rie*» Tel fut le fruit de la qucrclli que fit Amasias à Joas, sans autre sujet que celui à'w vainc gloire, cl de faire paroître scs forces et le Mu¬ rage des siens. T IIIe PROPOSITION* Second exempte du même motif? qui fait m combien ia imiation en est dangereuse, Nccliao, roi d’Egypte, marcha en bataille eoMii » les Charcamites le long de 1 Euphrate : et Jo> » alla à sa rencontre (i)- Riais Séchao lui envoya é ^ ambassadeurs pour lui dire * Qu’ai-je A déim^ >, avec vous, roi de Juda? Ce n’est pas a vousif yt j’en veux : j’attaque un antre pays , où Dieu un » commandé de marcher en diligence; ne cornhJilki m plus contre Dieu , qui est avec moi , de peur sj* jt je ne vous fasse périr. Josias ne voulut point » retourner, mais il se mit en étal de faire la guern- » et ne voulut point écouter Nccliüo, qui lui parB » de la part de Dieu. U s’avança donc pour combat » dans la plaine de Mageddo. Blessé par les archère -*J m dit à ses serviteurs : Relirez-moi du combat, car je w suis blessé* On l’enfeVa de son chariot pour te iMifr » pointer dans un autre qui le sui voit, scion lu couluni^ v des rois, et on le ramena à Jérusalem, OÙ il mom (i) II.
Par, xxxv. 20, 2 j et s?q. tirée i>e i/ÉtmmmE. tiv- ix+ 3Gi w pleuré de tout le peuple t et principalement de Je-* » rémie, dont les lamentations se chantent encore au* * jourd’hui par tout Israël. » Si un si bon roi se laisse tenter par le désir de la victoire, ou eu tout cas par celui de faire la guerre sans raison, que ne doit* on pas craindre pour les autres? ix* proposition. Oïl combat toujours avec une sorte de désavan¬ tage > quand on fait fa guerre sans sujet. Ou peut remarquer, sur ces deux exemples, que c’est un désavantage de faire la guerre sans raison. Une bonne cause ajoute a ux autres avantages de la guerre , le courage et la confiance. L’indignation contre l'injustice augmente la force, et fait que Ton combat d’une manière plus déterminée et plus hardie. On a meme sujet de présumer qu’on a Dieu pour soi ; parce qu’on y a la justice, dont il est le protecteur naturelOn perd cet avantage , quand on fait la guerre sans nécessité, et de gaîté de cœur : de sorte que, quelque puisse être l’événement, selon les terribles et profonds jugemens de Dieu, qui distribue la victoire par des ordres et par des ressorts très-caches , lorsqu’on ne met pas la justice de son coté, oo peut dire, par cet endroit-là, que l’on combat toujours avec des forces inégales. C’est même déjà un effet de la vengeance de Dieu, d’être livré à l’esprit de la guerre. Et il est écrit d’Arnasias , dans Toccasion que nous venons de voir, que ce prince ne voulut pas écouter les sages conseils du roi d’Israël, qui le détournoït d’une guerre injuste* ment entreprise : « parce que c’étoit la volonté du * Seigneur, qu’il fût livré aux mains de ses ennemis, » à cause des dieux d’Idumée qu’il avoit servis (1). » (i) II. Par , sxv* 20. Bossuet. Politique, politique £' PROPOSITION» 36a On a sujet d* espérer que Von met Dieu de mi coté , quand on y met (a justice* j « Seigneur, dïsoit JosapHat (i), les entons d’Am- » mon et de Moab, et les liabîians de la monîapt » de Soir, ont été épargnés par nos ancêtres , lors* »■ qu’ils sortaient de l’Egypte : et ils se sont détournés iî à côté j pour ne passer point sur ces terres, et nV »
voir pas occasion de combattre ees peuples. ït ■u eux, au contraire, ils assemblent une armée k- » mense pour nous chasser de la terre que yous nm avez donnée. Vous donc, notre Dieu, ne les jugti) rez-vous pas, puisque nous n’avons point assez à » force pour nous opposer à cette prodigieuse multi* >i Lude qui tombe sur nous ? Nous ne savons que faire jï pour leur résister, et il ne nous reste que de Jcifi a les yeux vers vous. » Ainsi pria Josaphat : et il reçut dans le moment de! assurances de la protection de Dieu. xi* PROPOSITION* Les plus forts sont assez souvent (es plus cirçow pects à prendre (es armes * On en a vu les exemples dans les guerres d’Àma&ÎAi et de Josias. J’en ajouterai encore un dans un toit par¬ ticulier* Dans une déroute des entons d'Israël du parti ïbboseth , conduit par Àbner contre David (a) s « Asacit » un des frères de Joab, qui se fioit en la légèreté de » ses pieds plus vîtes que ceux des chevreuils habi- » tans des forets, poursuivoît Àbner sans se détourner )> ù droite ni a gauche, et allant toujours sur ses p^* « Abner regarda un moment derrière, et lui diM u Etes-vous Àsaël P Oui, répondit-il» Àbner poursui" î> vit ; Retirez-vous d’un côté ou d’un autre, et alta- (i) IL Par. xx. xo, ira seq. — {2) If. Reg. iu i Jj ]® ci seq. tibêe ol uy. ix. oG5 ■a chez 'Voos à qui vous voudrez parmi U jeunesse fu¬ it gîtivc , pour en avoir la dépouillé* Asael ne cessa » point de le presser : et Àbner répéta encore : Reti- » rez-vuus , je vous prie, et cessez de me poursuivre ; h autrement ? je serai contraint de vous percer, et de » vous laisser attaché à la terre : et ■ comment pourK rai- je après ce fa lever les yeux devant votre frère n . Joab ? Àsuel méprisa ce discours; et Aimer le frappa dans l'aine, et le perça d’outre eu ou Ere. Il mourut U sur-le-cliamp de sa blessure ; et tous les passans » s’arrètüîont pour voir Âsaél couché par terre* w On no pouvoit garder pins de modération , dans sa supériorité, que le faisait Àbncr, un des vailkns humnes de son temps , ni ménager davantage Joab et Àÿaël* xn* morosuTox* Sanglante dérision des conquéram par te pro¬ phète Isaïe.
« Comment êtes-vous tombé bel astre qui luisiez u au ciel comme Tétoite du matin? Vous qui frappiez » les nations, et disiez en votre cœur: Je monterai y> jusqu’au ciel ; je m’élevcraï au-dessus des astres; je » prendrai séance sur la montagne du temple où Dieu « a fixé sa demeure à côté du nord ; je volerai au-desjj sus des nues, et je serai semblable au Très-Haut » Mais je vous vois plongé dans les enfers, dans Ta- >î b|mç profond du tombeau* Ceux qui vous verront, v se baisseront pour vous considérer dans ce creux, » et diront en vous regardant' : IS’est-ee pas là celui » qui troubloît la terre, qui ébranïoit les royaumes 5 » qui a fait du monde un désert, qui eu a désolé les, » villes et renfermé ses captifs dans des cachots ? Les jj rois des Gentils sont morts dans la gloire, et en- » terrés dans leurs sépulcres; maïs vous, on vous en a a arraché, et vous êtes resté sur k terre, comme » une branché inutile et impure , sans laisser de posjj téritc (i)* » (l) JW. XI V. 10, i3 et $çq. 5o4 rouTfQi? ë Et u n peu devant (j) : « Quand vous ôtes tomltf » î\ terre, tout l’univers est demeuré dans l'étonne- » ment et dans le silence: les pins mômes se sont ré n jouis, et ont dit que depuis votre mort personne ne si les coupe plus (pour en construire des vaisseaux, » et en faire des machines de guerre ). L'enfer a éi: sa troublé par votre arrivée, et a envoyé au-devant dt i) vous les géants. Les rois de la terre se sont élevés, » et tous les princes des nations; et tous vous disent : » Quoi donc, vous avez été blessé conirne nous? Vous » êtes devenu semblable à nous? Votre orgueil fri » précipité dans les enfers; votre cadavre est gisant » dans le tombeau ; vous êtes couché sur la pourri » tare, et votre couverture sont les vers ? » XllV PROPOSITION* Deux parûtes du Fils de Dieu? qui anéantissent ht faussé gloire* et éteignent l’amo ur des conq uêtes, Ï1 n'y a rien au-dessus de ces expressions , que li simplicité de ces deux paroles du Fils de Dieu (2): « Que sert à l'homme de conquérir le monde , s’il »
pe rd s o n û m e ? Et q u’est-ee qu ’on d 0 11 n erâ e n é cli ange » pour son a me ? * Et encore, pour foudroyer d'un seul mot la fans» gloire : « Ils ont reçu leur récompense (5)* » Ils oui prié dans les coins des rues ; ils ont jeûné : ils ont fait l'aumône. Ajoutons : îls ont exercé ces grandes vertm militaires, si laborieuses et si éclatantes, pour faire parler les hommes : « En vérité, je vous le dis ; ils, «ri » reçu leur récompense. » Ils ont voulu qu’on parlai d'eux: Us sont conlens; on en parle par tout l'uni¬ vers; îls jouissent de ce bruit confus dont ils étaient çnivrês; et, vains qu’ils étoîent, ils ont reçu une ré¬ compense aussi vaine que leurs projets : RecepèffiSff mercedem suam , vaut vanam , comme dit sajrt Augustin (4)* (i) Ist v. xiv* fi, 7 et seg. — (à) fflatth. xvr* 2G. - (3) Ibid. vi. 3 ? S, — (J{) la Ps , cxvni j serin, xu, n. a] tQto* CQÏ. 1ÏQ& TIÜEE frE lîécWT’ÜBE* WT* Que de sueurs 5 que de travaux, disoit Alexandre fmaîs que de sang répandu) , pour fane parler les Athéniens ! Il sentoit la vauiié de celle frivole recom¬ pense; cl en même temps il se rgpaissoit.de cetie Fumée* ARTICLE III* Des ipierres entre tes citoyens f avec leurs motijs , et des réglés quony doit suivre . I” FU o position* Premier exe } ïtp te. Ou résout iei guerre entre tes tribus par un faux soupçon; et en s’expliquant on fait lu paix . Ceux de ïa Iribu de Ruben et de Gud, et la moitié de la tribu de Manassé , étoîent séparés de leurs frères par le Jourdain; et ils érigèrent sur les bords de ce fleuve un autel d’une grandeur immense* Le reste des en fa ns d'Israël, ayant appris qu’on érigeoit contre eux eet autel dans la terre de Chanaau, s’assemblèrent tous en Silo pour combattre contre eux; et en allenrtant envoyèrent un député de chaque tribu, avec P innées fils d’Eléazar, souverain sacrificateur. Comme iis furent arrivés dans la terre cle Galuad, où ils trou¬ vèrent les R u bonis tes , et les autres qui éle voient cet autel, ils leur parlèrent ainsi (i) : * Quelle est cette h transgression de la loi de Dieu?
Pourquoi aban- » donnez-vous le Dieu d'Israël, et bâtissez-vous /»n m au tel sacrilège p o ur vous élu îgner de son culte ? Q ue » si vous croyez que la terre que vous habitez est ini- » monde (faute d’etre sanctifiée par un autel) , venez » plutôt avec nous dans la terre où est établi le tabeiv j> naeîe du Seigneur, ety demeurez* Nous vous prions » seulement de ne pas délaisser le Seigneur ni notre », société, en établissant un autre autel que celui du (?) Jos. xxn* \Dt ii et seq. KJirnQTt » Seigneur notre Dieu ; etdè ne point attirer sur vous » toute sa juste vengeance, comme fit Achan par son » blasphème, a Ceux de Ptuben et les autres répondirent à ce dis- » cours : Le Seigneur Je très-puissant Lieu sait, Èi » tout Israël en sera témoin, que nous ntodcvonscc! » autel que pour être un mémorial éternel du droit » que nous mous, nous et nos entons, sur les hoto * eau sic s; de peur qu’un jour vous ne leur disiez: jj Vous n’ayez point de part au culte de Dieu, Fhîniés! u qui étgit le clief de la légation, ayant ouï cette ri " ponae prononcée par les Ilubériisles et les autres; a avec exécration dü sacrilège qidon leur imputait, a » lit rapport à tout le peuple qui en fui content : El » le nouvel anïel fui 'appelé ; TéMbigiiasto queli a Seigneur étoit Dieu . a On voit par là, que les tiibus allbîënt armer con! rt' leurs frères, qu ils eslimôieni prévaricateurs* ïaaif que > sans rien précipiter, on en vint à un e n lier éclairpissement, comme la prudence et la charité le voulût et la paix fut faite, u* fbo position* Second exempte. Le peuple arme pour la justt punition d'un crime, faute d’en livrer Ù auteurs * Ln le vite , toisant son chemin, logea en passant da n? la ville de Gabaa , qui appartenait à ceux de Benja¬ min : il en fut indignement traité, lui et sa tomme, qui mourut entre tours bras impudiques (i). Le lévite pour exciter la vengeance publique , en partagea b corps mort en douze morceaux, qui! dispersa dan? tofcrs les confins d’Israël, À cc spectacle, chacun s’é* crioît (2] : « On n’a jamais vu une telle chose en ii »
raël, Assemblez-vous , dit-on aux tribus, et ordon- » mz en commun ce qu’ri faut faire, » Les tribus étant assemblées , il fut ordonné qtiV (0 Jud. xix, 1 , 2 et scq. — (a) Ibid. 3o, TIRÉE DE RÉCRITURE. LIT. IX. 5tJ' vant toutes choses on demandèrent les coupables ( ■)• Mais, au lieu de les livrer, ceux de Benjamin en en, t reprirent la défense, et se jetèrent dans Caban, au nombre de vingt-cinq mille combattons, tous gens de main et de courage, et très-instruits dans ur te l‘ guerre. Cependant les tribus entreprirent une guéri e si difficile; et après divers combats avec un événement douteux, la tribu de Benjamin fut exterminée, u l#jeserve de six cents hommes, qui avoienl échappe a tant de sanglantes batailles. Outre la difficulté de cette guerre, il y ayolt en¬ core à considérer l'extinction d’une tribu dans suie C’est de quoi toutes tes tribus ét oient affligées : « Quoi » donc, disoit-on (a), il périra une. des tribus , une « des sources d’Israël î » Mais la justice 1 emporta ■ et tout ce qu’obtint le regret d’une perle si considé¬ rable, c’cst d’aider celle misérable tribu, autant qu ou pouvoit, è se rétablir par le mariage. m° PROPOSITION Troisième exempte. On procédait par tes armes à ta punition de ceux qui ne venaient pas a Parmée étant mandés par ordre publie. C’est ce qui paroîl flans la même guerre? où Vou introduisit une accusation en denÿjidant ■ ^Qui sont » ceux qui ne sc sont pas rendus à 1 assemblée geno- » raie P On trou vu que ceux de .Tabès Gatuad y avoieuL }> manqué ; et on choisit dix mille des meilleurs sol” » dais pour les passer au fil de l’épée (5)* », Gédéon avait puni à peu près de racine ceux de Soccoth i qui, par un esprit de révolte? refusèrent des vivres A l’armée qui mar choit A TennemL II prit la tour de Pbanuel , où ils inéUoicnt leur espérance ; il la démulit? et en fit mourir les -habituas (ÿ* C’est ainsi qu’on ôte aux rebelles et aux mutins les forteresses dont ils abusent , et on laisse un exemple u la postérité du chuLîment qu’on eu fait.
f r ) Ju(L xx. i, 2i:ï seq* — (2) IbicL xxu A , G } n et seef* — (3) ibüL S.f), 10. —(4) IbkL viii. 5, G Jtjgh POHTIQÜE On voit clairement, par ces exemples, que la mJ sance publique doit être armée, afin que la foi» demeure toujours au souverain. ïvc proposition Quatrième exempte. La guerre entre David tt Is b o set ii , fils tlcSailL Tout le royaume de Saiil, après la mort de a pnnee , apportenoit à David. Dieu eu étoit non seJ le ment le maître absolu, par son domaine souverain et universel, mais encore le propriétaire, par ses titre particuliers sur la famille d’Abraham , et sur tout h. peuple d’Israël. Dieu donc ayant donné ce rayauin' entier à David, qu’il avoit fait sacrer par Samuel, d a sa I lamilte, on ne peut douter de son droit: et néaniuüiüs Dieu vouloit qu’il conquît ce royaume qui lui, apportaient à si juste titre. Ce droit de David avoit été reconnu par tout le peuple, et même par la famille de Saül, J on aî lias, fil? I oc Saul, dit a David (1): « Je sais que vous régnem * sur Israël , et je serai le second après vous : et mon » père ne Ignore pas, » En effet, Saül lui-même, dans un de ses bons momens, avoit parlé à David'ca ces termes (a) : « Comme je sais que vous régnera 1} très-certainement , et que vous aurez en main Je ji royaume d Israël, jurez- mot que vous conservera 3) les restes de ma race, » Ainsi le droit de David étoit I constant* Ce qui retarda l'exécution de la volonté de Dieu , lut qii Aimer , fils de N or, qui commando it les armée* sous Saul 5 fit valoir le nom de ce prince, et mit son iils Isboseth sur le trône durant sept ans (5) ; pendant que David régnoit a Hébron sur la maison de Juda* Quelque certain et reconnu que fût le droit de David, il n’usa pas de ses avantages durant cette guerre, et ménagea le sang des citoyens* En ce temps, les Phi¬ listins , ennemis du peuple de Dieu, n’entreprenobnt O)7- %■ xuir xxiv* ai * 33, — (3W/. 1 ii, S et seq * hé tirée de l'écriture- lit. ix. 56$ rien 5 et David n’a voit rien A craindre du côte des etran¬ gers : ainsi il ne pressoil pas Isboseth , cl le laissa deux ans paisible , sans faire aucun mouvement La guerre s'alluma ensuite ; « et il y eut un combat assez roue »
entre les deux partis (i). » Mais Abncr , d’une hau¬ teur où il s’étoit rallié, avec ce qu’il -a voit du troupes plus affectionnées A la maison de Saul , qui étaient uellcs de la tribu de Benjamin, d’oü, il était, « ayant „ eric u Joab, qui poursuîvoit âprement l'année en h déroule (a) : Jusqu’à quand poursuivrez-vous des » fugitifs ? et voulez-vous les passer tous au fil de » Fépce? Ignorez- vous çe que peuvent de braves gens » dans le désespoir; et ne vaut-il pas mieux empêcher }i vos troupes de pousser a bout leurs frères? » Joab ne demandait pas mieux , et n’eut pas plus tôt oui le reproche d’Àbner, qu’il lui répondit: « Vive le Scij> gneur! si vous aviez parlé plus tôt, le peuple, dès a Fe matin, auroit cessé de poursuivre son frère, Il » fit en même temps sonner la retraite ; et le combat, a qui avoit duré jusqu’au soir, cessa à 1 instant. » ^ On voit , en celte conduite, l’esprit où Pon était d’épargner le sang fraternel , c’est-à-dire celui des tribiis toutes sorties de Jacob. C’est le seul combat mémorable qui fut donné ; et , quelque rude qu il eût été , on ne trouva parmi les morts que dix- neuf hommes du côté de David ; et de celui d’Abner, quoi¬ que battu , seulement trois cent soixante. On remarque meme que David n’alla jamais en personne A cette guerre , de peur que la présence du roi Rengageât un combat général. Ce prince ne vou¬ lût! pas tremper ses moins dans le sang de ses sujets ; et il ménagea, autant qu’il pou voit, les restes de ta mai¬ son do Saul , a cause do Jonathas. Ce ne furent que rencontres particulières , où , comme « David aîloït a toujours croissant et se fortifiant de plus eu plus , P pendant que la maison de Salil ne cessait de dimio nuer (5) », il crut qu’il valait mieux la laisser tom- (i )//, He«. n, ij.— (a) Ibid. a6, 27,28. -(3) Ibid. nu 1. ° POLITIQUE lier comme d’ellc-mêmc , que de la poursuivre Tout rouloit, dans le parti d’Isboseth, sur le créJü du seul Abrrer. David n’a voit qu’à le ménager , d i profiter comme il fit dos mécorncntcmcns qu’il rcrevoit tous les jours d’un maître également foible tt Jmutain Abncr en son âme sa voit que David étoit lo roi légitimé^ et un jour, maltraite par Isboseth, il |, menaça de (aire régner David sur tüut Israël, connut le seigneur 1 avoit ordonné et promis fa).
Il traita en eflcl avec David , à qui il avoit' gntns tout Israël et tout Benjamin, en leur disant : « lJ& s Q Tant-hier yüus cherchiez David pour le faire foi; » accomplissez donc ce que le Seigneur a dit ■ Qu’Il " ^Ll.y.C,'0lt Par sa main lotit Israël de la main de » Philistins (5). » 11 arriva, dans ces conjonctures s que Joah tua Abncr en trahison* « Et sa mort ne fut pas plus tût sue » par Isboseth , que les bras lui tombèrent de foi- » blesse , et que tout Israël fut mis en troubles h) , U qm donna la hardiesse à deux capitaines devo fenrs , de le tuer lui-même en plein jour dans son fit, ' OU 1Ï dormoit sur le midi ; et iis apportèrent sa tetca David (5)* Ainsi finit la guerre civile , comme David l’avoi! ! toujours espéré, sans presque verser de sang- dans lu Combats. Mais David, dont les mains en étaient pures, de peurqu’on ne crût qu’il avoit eu part à IV sassmat d’Abnerct à celui d’Isboseth, s’en disculpa par deux actions éclatantes , qui lui gagnèrent tous les cœurs. La conjoncture des temps, oû le règpe qui commençuu étoit encore peu affermi, ne permettait pas* avul de faire punir Joab , dont la personne était importante cl les services nécessaires, te qu’il put taire an sujet du meurtre d’Abner, fut de dire à toute TIRÉE BE Jy ÉCRITURE- tlY- IXl’armée , et ù Joab même (i) : « BBlchlro* vos habits, „ et revête*- vous <le sacs , et pleurez dans les lime- » railles d’ Aimer. David lui-même smyoït le cercueil. » Et quand on eut enterré Abner , David éleva sa voix , „ et dit en pleurant; Abner n’est pas mort comme » un lâche : les mains n’ont pas etc liées , ainsi qu oii » fait aux vaincus ; ni tes pieds n’ont pas etc mis « dans les entraves : lu es tombé comme il arrive aux , plus braves, devant des en fans d’iniquité. A ces » mots. tout Israël redoubla ses pleurs. Et comme „ toute la multitude venoit pour manger avec le roi « pendant le jour; A Dieu ne plaise , dit David , que » {’ Interrompe le deuil, et que je goête mi morceaii » de pain, avant lé coucher du soleil.
Ainsi Dieu me » soit en aide. Tout le peuple entendit ce serment ; « et louant ce que lit David , le reconnut innocent du îj meurtre d’Abncr- ». . f . Il fit plus , et « disoit tout haut à ses serviteurs (a) > ftc voyez-vous pas qulsraél perd aujotirdhur un » grand capitaine ? Pour moi, je suis faible encore ; et sacré depuis peu de temps. Ces en fans de Sarvia » (c’ètoit Joab et Àbisaï son frère) me sont durs : -» le Seigneur rende aux médians suivant leurs crimes.» C’est tout ce que permettent la conjoncture des tçifîpç* Pmir ce qui regarde fdhoaeth, quand ces deux che s de brigands * Baana et Récbab, lui en apportèrent a tète, croyant lui rendre un grand service : « yiv$ » Seigneur, dit-il (3) , qiti toujours delivre de » toute angoisse. Celui qui vient m annoncer la mor ' » de Saül , dont il se vantoit d’être l’auteur , et qtji -h crovoît m’apporter une nouvelle agréable, dont il » alLendoit récompense , fut mis a mort par mon » ordre- Combien plus redemanderai -je à deux \> traîtres le sang d’urt homme innocent, qu ils ont tue '» sur son lit, et qui ne leur avoît fait aucun mal - » Ainsi périrent cc3 deux voleurs, comme avait peu celui qui sc glorifie it devoir tué le roi Saüb La aille- (i) 11: Jîeg. ni. 3i, 32 et seq* (2) Nid, 3S , 3p.— (3 )IbkL iv. . hPOUTiqrE rence qu’y mit David , fi 'est que celui-ci fut puni comme meurtrier de l’oint du Seigneur ; et ceui-li lurent tués comme coupables du. sang d’un hbmSe innocent qui ne leurfnisoit aucun mai, sans l’sippcler 1 oint du Seigneur, parce qu’en effet il ne l’étoit J, On voit, par la conduite de David, que dni w guerre civile un bon prince doit ménager le sang de citoyens. S il arrive des meurtres , qu’on pourrait lui attribuer à cause qu’il en profite, il doit s’en justifier «-hautement, que tout le peuple en soit content. T' PROPOSITION, Cinquième et sixième exempte. La guerre chik a Absaton cl de Sèba , avec {‘histoire d'A- ü&mas. Jamais prince n’étoit né avec de plus grands avare iages naturels , ni plus capable de causer de grandi muuvemens, et de former un grand parti dans ûi £tal, qu Absalon fils de David.
Outre les grâces nui accompagnaient toute sa personne (.), c’étoit le pim accueillant , et le plus prévenant de tons les hommes 11 paroilre nri amour immense pour la justice, et savait flatter, parce! endroit-lé, tous ceux qui p,v xotssoient avoir le moindre sujet de se plaindre (al. ftons 1 avons observé ailleurs : et je ne sais si no us avons aussi remarqué que David s’éloit peut-être un peu ralenti de ce côté-lé , durant qu’il étoit occupé de Bethsabee. Quoi qu’il en soit, Àbsalonfsut profiter de b conjoncture , où la réputation du roi son père se ni h lait elre entamée par cette foiblesse, et encore plus par le meurtre odieux d brie, un si brave homme, si attaché âu service 3 et si fidcïe (V son maître. D étoit le fils aîné du roi ; le trône Jeregardoil; cl il en étoit si proche, qu’é peine lui restoit-il un pas i faire poury monter. Pour se donner un relief proportionné à une si haute naissance, « il se fit des chariots, et des ca- (l_) IJ. Bcg. xi y. 25, — (s) llnd, jy, 2 d TlEÉË DE l’&CMIÜBE. Uf' IX* » vàliers , avec cinquante hommes qui le ftâcè- » doienffO " ; et U imposait au peuple avec cet éclat. Ce fut une faute contre la bonne politique ; et il ne faïloit rien permettre d'extraordinaire ù un esprit si entreprenant. Le roi, peu déliant de sa -nature, et tmiïours trop indulgent a ses eofans , ne le reprit pas de cette démarche hardie. Absalon le gnvoit gagner par les flatteries; et , privé dans une disgrâce de la présence du roi, il lui fit dire (a) : « Pourquoi m a- » ycï-vous retire de Gcssur ou j etois banni m > >i falloit laisser achever mes jours. Que je voie La lace » du roi , ou qu’il me donne la mort. >1 Quand il eut assea établi ses intelligences par tout le royaume, et qu'il se crut en état d’éclater T. il ch oiritlft rifle d’Hébron , l’ancien siège de la royauté, qui lui «toit tout acquise, pour se déclarer. Le prétexte de s’éloigner de la cour ne pou voit etre plus spécieux, ni plus flatteur pour le roi: « Pendant que j étuis banni „ de votre cour > j’ai lait vœu, si je revends a JeruB salem pour y jouir de votre présence * de sacrifier »
au Seigneur dans Hébron (5). » Àbsahm ne fut pas plus tôt à Hébron, qn il fit donner le signal de la révolte h tout Israël. Et on secm de lovn côtés : « Absalon règne dans Hébron (4> » Ce prince artificieux engagea dans ce voyage deux cents hommes des principaux de Jérusalem (o) , qui ne pensoient à rien moins qu’à faire Àbsalou roi ; mais ils se trouvèrent cependant forcés à se déclarer pour lui. En même temps on vit paraître à la tête de son conseil , « Achitophel , le principal ministre et le con- » seiller de David (fl); que l’on cornu I toit comme » Dieu , et sous David , et depuis sous Absalon (?)- » En même temps A ma sa , capitaine renommé, fut mis ù la tête de ses troupes (8); et ce prince n oublia nen pour donner de la réputation à son parti. . Pour imprimer , dans tous les esprits que 1 alla ire (O J7- fieg' XT* l- “ (a) IhiiL SIVt ” s XY‘ „ g ^ (3) Ibid. ir. — (5) Ibid, n,— (6) Ibid, 12. (7) Ibid* ivi- 2 J. — Ibül' mu s5. ù7:i FOUTHJtE ttyU in-econdliaLJe , Achitophel conseilla à Absalon, nussitot Cjn.il lut arrive a Jérusalem, d’entrer en pfejj jour dans I appartement des femmes du roi f,V a£. dont ;tUn Itmit rrr0it [,°ut,aSe! qu’il faisoit au rai , | 11 f.?"111?'1 ,a couche, tout le monde sentit ails: :‘,0t 1U '* ?tmt mS*g<' «ans retour, et qu’il n’y avait plus de ménagement. 1 J lel étoit l’état des affaires du côté des rebella Considérons maintenant la conduite de David. 1! commença d’abord par se donner du temps pow reconnoitre ; et, abandonnant Jérusalem, od le rebelle devoit venir bientôt le plus fort, pour l’acnblcr sans ressource , il se retira, dans un lieu caché * düjjert j avec ï LÎitc des troupes (a). Comme îl sentit la main de Dieu qui le punissait, selon la prédiction de Nathan, il entra à la Mérité dam 1 humiliation qm convenait i un coupable que s™ Dieu frappent , sc retirant à pied en pleurant «(c oute sa suite , la iete couverte , et rcconnoissant k doigt du Seigneur (3). Mais en même temps il nW b ba p.as son devoir; Car, ayant vu que tout le royaume etoil en péril par cette révolte, il donna tous les ordres nécessaires- pour s’assurer tout ce qu’il avoit de plus cotm,ne ,e$ logions entretenues de ;,4t!
Cenî,,,,i comme la troupe étrangère ISt1 ^lh;fn i «*“"» Sadocct Abialhar avec leur iamille Il songea- aussi J être averti des démar¬ ches du part, rebelle , en diviser les conseils , et dé- trmre) celui d Achitophel qui étoit le plus redoutaApres avoir ainsi arrêté le premier feu de- la ra¬ ie ion , et pourvu aux plus pressans besoins , par des ordres qui lui réussirent, il se mit en état de cornnaitre. Il partagea lui -même son année en trois qu f aiït une fois observerj; parce que ceüe Jï- i ision etoit nécessaire pour faire combattre sans oon* (0 //. litÿ. XVI. 30. 2r. — fï) Ibid xv ,/ ,b .* _ 3a letsft}*6’ 93 * 30i “ $ IUcL 1$) Ibid, ji, tirée de l'écriture. tir, ix* ^>7^ fusion , sort jut de gronda corps d’armées telles qu'on Jcs a voit alors. Il en nomma les officiers et les comni and an s f et leur dit : « Je marcherai à votre tête (»}.-» II vit bien qu'il y alloit du tout pour la royauté , et crut qu'il n’avoît point à se ménager, comme on a vu qu'il avoit fait contre Ishoscth. Tout le peuple s'y opposa , en lui disant « qu ils le » comptaient lui seul pour dix mille hommes : et que, » quelque malheur qui arrivât clans le combat, ils js ne serment point sans ressource , tant que le roi » leur reste roi t (2). » r Nous avons remarqué ailleurs (3), qu’il ne fit point le faux brave à contre-temps, et qu'il céda aux sages conseils qui a voient pour objet le bien du royaume. Il n'oublia pas le devoir de père , et recommanda tout haut à Joah, et aux autres chefs, de sauver AbsaIon (4). Le sang royal est un bien de tout l'Etat, que David devoit ménager, non seulement comme père , mais encore comme roi. Ü11 sait l'événement de ta bataille ; comme Absaion y pérît, malgré les ordres de David ; et comme , pour épargner les citoyens, on cessa de poursuivre les fuyards (5). David cependant fit une faute considérable, où le jeta son bon naturel. Il s'afïïigeoït démesurément de la perte de son fils , s'écriant sans cesse d’un ton la¬ mentable: k Mon fils Absaion, Absaion mon fils, qui me d o mi era de m o 11 ri r c n votre pla ce!
Q Ab sal 0 n » mon cher fils , mon fils bien-aimé (6) ! » La nouvelle en vînt h Tarin ée , et la victoire fut changée en deuil : le peuple étoît découragé, et comme un peuple battu, et mis en déroute , il iTosoit paraître devant le roi (7). Ce qniobligea enfin Joabà lui don¬ ner le conseil que nous avons remarqué ailleurs (8). Et ce qui doit faire entendre aux princes que dans (1) IL lie g. xv m. 1 et seq . — (2) ïbiçf, 3. — (J) Ci-devant , lii *. m> art* m > propos* } pag. 87. — (4) ^1* *VV.V 5 , 12. — (5) Ibid, 0.7 et seq. — (o) Ibid. 33. — (7 ) Ibid* xix. 1 , 2 et seq. ■— (8) d-dcyCLTil j tir. Y> art* Uj mr propos* j y-a". i Sq et 160. 8^8 mmiQirn ks guerres civiles , malgré sa propre douleur, laquelle il faut fan e effort, on doit savoir prendre par! à la joie publique que la victoire inspire ; autrement on aliène les esprits, et Ton s’attire et au royaume de nouveaux malheurs. Cependant ta rébellion ne fut pas sons suïle. Séha, fils de lïijchri, dé la famille de Jérnini, qui étoit celle de Saiil, souleva j par ces paroles de mépris, le pcup[ç encore ému (i) : « Nous n’ayons rien de commun w avec David, et Je fils tTlsaï ne nous touche en rien, » Le roi connut le péril , et dit à Amasa : Hfitei-vout » d assembler tout Judo- Il exécuta cet ordre lentem ment^ et David dit a Abisnï : Le fils de Bochri runtj ! » va faire plus de mal qu’Absaton; hâtez-vous dmiCj » et prenez ce qu il y a de meilleures troupes, sans » lui laisser le temps de se reconnoître, et de sW b parer de quelque ville. » Àhisaï prit les légions è | Cerethî et de Phéletlii , avec ce qu’il y avoit de mcü* Jenrs soldats dans Jérusalem, Joab , de son coté, poursuivoit Séha , qui alloît de tribu en tribu soulevais! Je peuple , et emmenant ce qu’il pouvait de troupes choisies. Mais Joab fit entendre à ceuxd’Àbéla, où le rebelle s’étoit renfermé, qu’il ne s’agîssoit que de lui seul. A sa persuasion, une femme sage du pays, qui se pkdgnojt qu’on vouloit perdre une si belle ville , su! la délivrer en faisant jeter a Joàb lu tete de Séba pan dessus les murailles.
Ainsi finit lu révolte, sans qu’il en coûtât de san** que celui du chef des rebelles, La diligence de David K sauva I Etat. Il avoit raison de penser que cette seconde révolte qui venoit comme du propre mouvement du peuple, et d’un sentiment de mépris, était nltis à craindre que celle qu avoit excitée Ja présence du fils du roi. Jï connut aussi combien il était utile devoir de vieux corps de troupes sous su main : et tels furent les remèdes qu’il opposa aux rebelles. On peut rapporter , à ce propos , ce qui arriva à Àdonias , fils de David (aj. Ce prince, sc pré valant do (i)//. fog. xx, i j 2 et scq.—(2) ///. Meg. h i ÿj, S fUe f TIREE UE l' ECRITE KE- RIE. IX. ” / 7 h vieillesse du roi son père, dont il étoil l’alné^TOOluit malgré lui s’emparer du royaume , el s entendent pour cela avec Joab, et avec Abiathar, gian< ; 1 cateur. Mais Sadoc, le prince des prêtres apres lui, a Banaias avec les troupes dont il avoil dément, et la force (le l’armee de David, n eto.tpomt pour Adonias. David , avec ce sccour. , p guerre civile qu’ Ado nias , soutenu duu grand parti, méditait, et laissa !c royaume paisible a balomon, a nui il le destinoit par ordré de D.ieu. Ainsi l’on continua à recoimoitre 1 utilité des trou¬ pes entretenues, par lesquelles un roi demeure toujours armé ? et le plus fort. y i* r^OPOSITlOÏT. Dernier exemple des guerres civiles : celle qui commencions Roùam, par ta division- des dix Tribus* La cause de cette révolte , dans laquelle le royaume d’Israël ou des dix Tribus fut érige, viendra plus à propos ci-après dans d’autres endroits. Nous reuurq' Enprèm*erl!S!!Vc )es r"is dc Ü grande révolte qui partagea le royaurtg, obli.es * “ défendre non seulement contre le trader (i) , ma» encore contre leurs frères rebelles, bâtirent dans le territoire de la tribu dc Juda un grand nombre de nouvelles forteresses , et des arsenaux, ou |l ^ ^ de des magasins de vivres en abondance , el u la lois de. toute sorte d’ar mures (a). „ En second lieu , ils se préparèrent a reconquer.^ar les armes le nouveau royaume que la rébellion avoit élevé contre la maison de David.